17-Aviation navale (9)

C-Bases

Peu de changement ont lieu entre septembre 1940 et septembre 1948, les bases existantes sont modernisées et agrandies. Il est cependant prévue qu’en cas de guerre que les unités soient dispersées sur des bases de l’armée de l’air, des aérodromes civiles voir des implantations austères de campagne.

-La base centrale de l’Aéronautique Navale reste à Orly. Les hydravions ne pouvant amerir à Orly, une annexe spécifique leur est dédiée, l’hydrobase militaire des Mureaux. Ces deux bases sont agrandies et modernisées pour accueuillir toujours plus d’appareils.

-Les bases de Lanvéoc-Poulmic près de Brest, celle de Cherbourg-Chantereyne en Normandie et celle de Berre sur l’étang du même nom au nord de Marseille restent les principales bases de l’Aviation Navale.

-Elles sont relayées sur la côte nord-ouest par la base aéronavale de Rochefort et celle de Hourtin qui est une base-école et en Méditerranée par celle de Saint Mandrier, Hyères, Cuers-Pierrefeu, Frejus Saint Raphaël et Aspretto.

La BAN de Hyères-Le Palyvestre voit son statut s’améliorer puisque c’est la base qui accueille le groupe aérien du porte-avions Joffre quand celui-ci est à quai à Toulon.

En Afrique du Nord, l’aéronautique navale dispose de quatre bases aéronavales : Port Lyautey au Maroc, Arzew en Algérie, Sidi Ahmed et Karouba en Tunisie.

La base d’Alger n’est pas à proprement parler une BAN mais l’aéronavale s’installe dans une partie du gigantesque complexe d’Alger-Maison Blanche qui regroupe également une base aérienne et un  terminal civil.

Au Levant, les avions et hydravions du CLAN sont concentrés à Tripoli du Liban d’abord en profitant des installations d’Air France puis en disposant d’installations construites spécifiquement pour l’Aviation Navale

Aux Antilles, on trouve la base aéronavale de Fort de France-Schoelcher alors que l’aérodrome de Cayenne accueille l’unique hydravion basé dans la seule colonie française d’Amérique du Sud.

-Une base est établie à Djibouti et une autre à Diego-Suarez pour couvrir la montée en puissance des FNAEF.

Dans le Pacifique, l’Aviation Navale dispose d’une base à Fare-Ute près de Papeete pour couvrir la Polynésie tandis qu’une base est établie en Nouvelle-Calédonie à Tantouta au nord de Nouméa. Il accueilleira également des unités de l’armée de l’air.

-La quasi-totalité des bases aéronavales auxiliaires armées durant la guerre de Pologne sont désactivées à l’exception de celle de Calais-Marck (couverture de Dunkerque, future base de l’ELN), Querqueville (pour désengorger Cherbourg-Chantereyne), Lorient-Lann Bihoué et celle de l’étang de Thau pour désengorger celle de l’étang de Berre.

-La décision de construire une base navale à Cam-Ranh enraine la construction d’une base aéronavale à proximité qui disposera d’installations auxiliaires à Haïphong et à Pnom-Penh.

La base de Than-Son-Nhut près de Saïgon pourra servir de base de réserve et servira en tout cas de lieu de regroupement où les nouveaux appareils affectés aux FNEO seront pris en charge par leurs équipages où ils prendront le relais des équipes de convoyages venues en vol depuis la France à moins qu’ils ne prennent le relais des ouvriers de l’aéronautique navale ayant remonté les avions venus en caisse..

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15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (10)

Le Liamone

-Le Liamone est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 4 avril 1940 lancé le 15 janvier 1942 et mis en service le 10 mars 1943 à Cherbourg son port d’armement.

Il quitte Cherbourg le 12 mars 1943, charge du mazout, du gazole et du matériel à Brest le 13 mars puis reprend la mer le 15.

Le Liamone fait escale à Casablanca du 20 au 23 mars avant de rallier Toulon le 28 mars 1943, intégrant la 2ème Escadre pour soutenir notamment les cuirassés et le porte-avions Joffre comme le 21 mars 1945 quand il ravitaille successivement le Provence, le Joffre et leurs quatre torpilleurs d’escadre ou encore le 29 août 1945.

Du 16 au 22 septembre 1945, le Provence sert de plastron au groupe aérien du Joffre, étant ravitaillés à plusieurs reprises par le Liamone. Les cinq navires font escale à Tunis du 23 au 27 septembre avant de tous rentrés à Toulon le 29 septembre 1945.

Du 26 février au 7 avril 1946, Le PRE Liamone est échoué dans le bassin Vauban n°7 pour son premier grand carénage. Outre une remise en état complète, il reçoit un radar et un complément de DCA. Armé pour essais le 15 avril, il sort pour essais les 16 et 17 avril puis pour remise en condition du 19 au 30 avril 1946.

Le 5 mai 1946, le PRE Liamone quitte Toulon en compagnie du cargo rapide Tlemcen et des contre-torpilleurs Desaix Marceau et Kléber (12ème DCT) pour un entrainement de division délocalisé à Dakar et dans le Golfe de Guinée.

Les cinq navires arrivent le 15 mai 1946 à Dakar. Après quelques jours de relache pour réparer le matériel et reposer les hommes, la 12ème DCT entame son cycle d’exercice par une école à feux du 18 au 21 mai avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 23 au 27 mai puis un exercice de défense et d’attaque de convois du 29 mai au 5 juin au cours duquel le Tlemcen et le Liamone sont alternativement protégés par deux contre-torpilleurs et attaqué par le troisième.

Après une nouvelle escale à Dakar du 6 au 9 juin, les trois contre-torpilleurs accompagnés du cargo et du pétrolier ravitailleur quittent la capitale de l’AOF le 10 juin puis rallient Abidjan le 15 juin après un transit marqué par une série d’exercices.

Alors que le Tlemcen est mouillé dans la lagune pour servir de base mobile, la 12ème DCT et le pétrolier-ravitailleur reprennent la mer pour une nouvelle série d’exercice ayant pour thème la protection d’un cargo rapide et ce du 17 au 25 juin. La petite escadre fait ensuite escale à Conakry du 27 au 30 juin, à Libreville du 2 au 6 juillet et à Pointe-Noire du 8 au 11 juillet.

Ils rallient le Tlemcen au large d’Abidjan le 14 juillet et les cinq navires entament le transit retour en direction de Toulon, faisant escale à Dakar du 17 au 20 juillet, Casablanca du 24 au 27 juillet avant de rallier Toulon le 1er août 1946.

Le 8 septembre 1947, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Liamone quitte Toulon en compagnie des contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT) Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) pour un entrainement de division au large du Levant. Les six contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée sans escale Toulon-Beyrouth, étant ravitaillés deux fois par le PRE avant d’arriver à destination le 16 septembre 1947.

Le cycle d’entrainement commence le 19 septembre par une école à feu qui s’achève le 27 septembre 1947. Après une escale à Lattaquié du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions s’affrontent dans un exercice de défense et d’attaque de convois, convoi symbolisé par l’aviso colonial La Grandière et le pétrolier-caboteur Ardèche, les deux divisions assurant tour à tour la défense et l’escorte du convoi sans parler des périodes où les deux divisions sont recomposées.

Après un ravitaillement auprès du Liamone le 10 octobre, les deux divisions de contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 octobre quand ils rallient le port de Beyrouth.

La 2ème et la 5ème DCT accompagnés du PRE quittent le Levant le 25 octobre, relachent à Bizerte du 30 octobre au 4 novembre avant de rentrer à Toulon le 7 novembre 1947 au matin.

Le 5 septembre 1948, le pétrolier-ravitailleur Liamone était à quai à Toulon, en entretien. Il accélère sa remise en condition pour être prêt à mener des missions de guerre.   

Le Rhône

-Le Rhône est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) sis à Bordeaux le 12 septembre 1944 lancé le 12 mars 1946 et mis en service le 4 octobre 1946 à Brest son port d’armement.

Affecté en Indochine, il quitte Brest dès le 1er octobre soit avant sa mise en service pour rallier son port d’attache. Il traverse l’Atlantique à bonne vitesse, se ravitaillant à Fort de France le 9 octobre et arrivant à l’entrée du canal de Panama le 12 octobre. Il franchit le canal interocéanique les 13 et 14 octobre.

Après un bref ravitaillement à Balboa le 15 octobre avant de traverser le Pacifique direction Pearl Harbor où ils font escale du 19 au 21 octobre avant de reprendre leur route, faisant escale à Guam du 26 au 28 octobre, à Subic Bay du 5 au 8 novembre avant de rallier Cam-Ranh le 11 novembre 1946.

Du 13 au 30 novembre 1946, Le Rhône est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour inspection et travaux après une longue traversée. Il sort pour essais les 1er et 2 décembre puis remise en condition du 4 au 10 décembre 1946.

Du 4 au 20 février 1947, Le PRE Le Rhône participe à la remise en condition du croiseur lourd Tourville en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

Dès le lendemain, une petite escadre appareille de Cam-Ranh, escadre composée des croiseurs Tourville et Duguay Trouin ainsi que du PRE Le Rhône, bientôt rejoints par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise.

Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947, l’amiral Charner lui ralliant Saïgon.

Du 23 octobre au 15 novembre, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Le Rhône soutien le croiseur lourd Tourville pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande, relayé par des avions et des hydravions pour pister les unités de la marine thaïlandaise.

Du 24 février au 6 mars 1948, Le Rhône sort pour un entrainement en compagnie du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine, du croiseur léger Duguay-Trouin et du croiseur lourd Tourville.

Le 5 septembre 1948, Le Rhône est à quai à Cam-Ranh, s’apprêtant à sortir pour des exercices communs à tous les navires des FNEO.

La Garonne

-Le Garonne est mis sur cale aux Forges et Chantiers de Gironde (FCG) le 4 octobre 1944 lancé le 4 avril 1946 et mis en service le 12 novembre 1946 à Brest, son port d’armement.

Affecté à Diego-Suarez, il quitte Brest le 15 novembre, font escale à Casablanca du 20 au 23 novembre, franchit les colonnes d’Hercules le 24 novembre pour pénétrer en Méditerranée.

La Garonne fait escale à Bizerte du 28 au 30 novembre, est à Alexandrie du 5 au 8 décembre avant de franchir le canal de Suez les 9 et 10 décembre. Il est à Djibouti du 15 au 18 décembre avant de rallier Diego-Suarez le 26 décembre 1946.

Bien que classé PRE, La Garonne va servir autant de ravitailleur rapide pour les navires des FNAEF mais également de transport pétrolier, chargeant à Adaban (Iran) et à Basrah (Irak) du mazout et du gazole pour alimenter les dépôts de Djibouti et de Diego-Suarez.

Le 24 août 1948, il quitte Diego-Suarez en compagnie de la corvette La Rouennaise pour rallier Adaban afin de charger du mazout pour les dépôts de Diego Suarez. Les deux navires arrivent à destination le 2 septembre, chargeant du mazout les 3 et 4 septembre, appareillant dans la nuit du 4 au 5 septembre pour rentrer à Diego Suarez le 14 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des PRE de classe La Seine

Déplacement : standard 8490 tW pleine charge 21200 tonnes 14800 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 160m longueur à la flottaison 158m longueur entre perpendiculaires 153m largeur 22m tirant d’eau 9m pleine charge

Propulsion : deux groupes de turbines Parson alimentées par trois chaudières dévellopant 14750ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 noeuds (14 noeuds en service courant) rayon d’action inconnu

Electronique : un radar de navigation

Capacités : douze citernes pour le transport de mazout (huit citernes), de gazole (deux citernes), de carburant aviation (deux citernes) soit 12000 tonnes de mazout, quatre soutes pour vivres et pièces détachées (170 tonnes au total).

Le ravitaillement à lieu à couple avec quatre postes pour combustible et un en flèche. Deux grues de 25 tonnes pour le transfert à couple et à flot de charges lourdes.

Armement : deux canons de 100mm modèle 1925 et huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles. Des mitrailleuses de 7.5mm sont embarquées au moment de l’entrée en guerre.  

Equipage : 140 officiers et marins

14-Navires légers (20) avisos-dragueurs coloniaux classe Chamois (5)

La Généreuse

-La Généreuse est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 1er juin 1940 lancé le 5 septembre 1941 et mis en service le 14 mars 1943

Armé à Lorient, il quitte le port morbihanais le 17 mars 1943, fait escale à Casablanca du 21 au 23 mars, à Bizerte du 27 au 30 mars, à Alexandrie du 4 au 7 avril, franchit le canal de Suez les 8 et 9 avril avant de rallier Djibouti le 16 avril 1943.

Affecté hors rang au sein des FNAEF, il est rejoint mi-octobre par son sister-ship L’Heureuse ce qui permet l’activation de la 9ème DEL qui atteindra son format définitif avec la mise en service de l’Alfred de Courcy (décembre 1943) et de la Victorieuse (janvier 1944).

Dans cette zone stratégique, la mission de la 9ème DEL est essentiellement d’empêcher l’Italie de miner les détroits et de bloquer une artère vitale pour les convois notamment allant vers l’Australie et l’Asie du Sud Est mais également venant des antipodes, notamment l’envoi en Europe de divisions australiennes et néo-zélandaises. Elle va aussi participer aux escortes de convois qu’ils soient côtiers ou océaniques.

Le 22 avril, l’aviso-dragueur colonial quitte Djibouti pour Diego-Suarez où il va subir son premier grand carénage. Arrivé sur place le 30 avril 1946, il est échoué dans le bassin n°1 du 5 mai au 15 juin 1946 pour une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 27 juin, effectuant ses essais officiels les 28 et 29 juin puis sa remise en condition du 1er au 14 juillet, l’aviso-dragueur quittant Diego-Suarez le 16 juillet pour rentrer à Djibouti le 23 juillet 1946 au soir.

Le 5 septembre 1948, La Généreuse était en entretien à flot (propulsion et artillerie principale notamment). Il accélère aussitôt ses travaux pour être prêt le plus rapidement possible.

La Précieuse

-La Précieuse est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) le 13 novembre 1940 lancé le 2 mars 1943 et mis en service le 8 juin 1944.

Affecté à Dakar, il quitte Lorient _son port d’armement_ le 10 juin 1944 et rallie son port d’attache le 17 juin 1944, intégrant la 10ème DEL déjà composée de l’Amiral Duperré et de La Rieuse en attendant l’Amiral Gourdon.

Comme les autres DEL, la 10ème va effectuer des missions de surveillance, de dragage de mines et d’escorte notamment contre les sous-marins ennemis qui pourraient s’en prendre aux convois Dakar-Casablanca-Brest ou aux convois reliant la Guyane et les Antilles à l’Afrique ou à la Méditerranée.

Du 20 juillet au 2 septembre 1947, il est échoué dans la forme n°1 de la base navale de Dakar pour son premier grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 16 septembre, effectuant ses essais réglementaires les 17 et 18 septembre puis sa remise en condition du 20 septembre au 2 octobre.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer pour entrainement mais rentre aussitôt à Dakar pour ravitailler et se préparer à de véritables missions de guerre.

La Victorieuse

-La Victorieuse est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 12 février 1941 lancé le 5 septembre 1942 et mis en service le 12 janvier 1944.

Il quitte Lorient _son port d’armement_ le 17 janvier 1944, se ravitaille à Casablanca le 22 janvier avant de pénétrer en Méditerranée, faisant escale à Bizerte du 28 au 31 janvier puis à Alexandrie du 4 au 7 février 1944.

Il franchit le canal de Suez les 8 et 9 février et puis rallie Djibouti le 18 février 1944, intégrant la 9ème DEL où il retrouve ses sister-ships La Généréuse L’Heureuse et L’Alfred de Courcy.

Comme ses compères de la division, il doit assurer des missions d’escorte et de dragage de mines dans la région, une artère vitale pour les alliés.

Le 25 janvier 1947, l’aviso-dragueur colonial La Victorieuse quitte Djibouti pour Diego-Suarez où il va subir son premier grand carénage. Arrivé dans la grande île le 3 février, il est échoué au bassin n°1 du 7 février au 17 mars pour une remise en état complète.

Armé pour essais le 28 mars, il sort pour ses essais réglementaires les 29 et 30 mars puis pour remise en condition du 1er au 14 avril. Il fait escale à Port des Galêts à La Réunion du 17 au 21 avril avant de rentrer à Djibouti le 28 avril 1947.

Le 5 septembre 1948, il venait d’appareiller pour un exercice de dragage de mines en compagnie de L’Heureuse et de l’Alfred de Courcy.

Cet exercice est annulé et les trois aviso-dragueurs doivent se préparer à des missions de guerre notamment l’escorte de convois entre Madagascar et Djibouti.

L’Amiral Duperré

-L’Amiral Duperré est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de La Loire (ACL) à Saint Nazaire (en compagnie de L’Heureuse) le 10 décembre 1940 lancé le 13 mai 1942 et mis en service le 8 septembre 1943.

Armé à Lorient, il quitte le Morbihan le 15 septembre 1943, se ravitaille à Casablanca le 20 septembre puis rallie Dakar le 24 septembre 1943. Son arrivée permet l’activation de la 10ème DEL qu’il compose avec La Précieuse qui doit encore accueillir La Rieuse et l’Amiral Gourdon.

Comme les autres DEL, la 10ème va effectuer des missions de surveillance, de dragage de mines et d’escorte notamment contre les sous-marins ennemis qui pourraient s’en prendre aux convois Dakar-Casablanca-Brest ou aux convois reliant la Guyane et les Antilles à l’Afrique ou à la Méditerranée.

Du 5 octobre au 20 novembre 1946, l’aviso-dragueur est échoué dans le bassin n°1 du port de Dakar pour son premier grand carénage.

Totalement remis en état, il subit des travaux complémentaires à quai avant d’être armé pour essais le 1er décembre. Ses essais réglementaires ont lieu les 2 et 3 décembre avant remise en condition du 5 au 15 décembre 1946.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer pour entrainement mais rentre aussitôt à Dakar pour ravitailler et se préparer à de véritables missions de guerre.

14-Navires légers (5) avisos coloniaux classe Bougainville (4)

Le D’Entrecasteaux

Le D'Entrecasteaux à Beyrouth

Le D’Entrecasteaux à Beyrouth

-Le D’Entrecasteaux est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence de Port de Bouc le  29 janvier 1930 lancé le 21 juin 1931 et admis au service actif le 6 mai 1933.

A son admission au service actif, le quatrième aviso colonial construit est affecté à la Division Navale de l’Atlantique (DNA), l’ancêtre des FNFA avec pour base Fort de France même si durant la campagne de pêche sur les grands bancs, il gagnait St Pierre et Miquelon pour assister les chalutiers sur les bancs de Terre Neuve.

Après un carénage à Lorient de mai à octobre 1935, le D’Entrecasteaux est renvoyé aux Antilles avec toujours Fort de France comme port d’attache. Il subit un nouveau carénage à Lorient de juillet à novembre 1937 puis de juillet à septembre 1939.

Durant la guerre de Pologne, il est affecté aux Forces Navales stationnées au Maroc pour des patrouilles entre Casablanca et Dakar ainsi que des escortes de convois.

La réorganisation de septembre 1940 affecte l’aviso colonial à Diego-Suarez au sein des Forces Navales d’Afrique Equatoriale Française (FNAEF) pour des missions de souveraineté dans la grande île mais également dans tout l’océan Indien en liaison avec le Savorgnan de Brazza.

Le 30 mars 1941, le D’Entrecasteaux débarque ses munitions et vidange ses soutes. Il est échoué au bassin n°1 du 1er avril au 5 juillet 1941 pour une remise en état complète. Armé pour essais le 21 juillet 1941, il sort pour essais du 22 au 24  puis pour remise en condition du 26 juillet au 10 août 1941.

Il subit un nouveau grand carénage trois ans plus tard, étant échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Diego-Suarez du 12 avril au 3 juillet 1944 où remise en état coïncide avec une modernisation qui voit le débarquement des installations d’hydraviation et le renforcement de la DCA avec quatre canons de 37mm et six canons de 25mm en trois affûts doubles.

Armé pour essais le 15 juillet 1944, il sort pour essais du 16 au 18  et pour remise en condition du 20 juillet au 3 août 1944.

Du 2 au 12 février 1947, le D’Entrecasteaux sort pour un entrainement commun avec le croiseur léger Primauguet.  les deux navires font escale à La Réunion du 13 au 18 février puis à Port Louis (Ile Maurice) du 19 au 25 février avant de rentrer à Diego-Suarez le 28 février 1947.

Du 6 au 21 septembre 1947, il participe à la remise en condition du croiseur léger Primauguet qui sortait d’une période d’indisponibilité. L’aviso colonial et le croiseur léger ressortent pour un exercice de combat de nuit, exercice mené du 24 au 29 septembre 1947, exercice qui se termine par un abordage sans gravité du croiseur par l’aviso.

Du 18 janvier au 1er août 1948, il est navire amiral des FNAEF en remplacement du Primauguet alors en grand carénage à Diego-Suarez.

Du 2 août au 15 octobre 1948, il est échoué au bassin n°1 pour un nouveau grand carénage. Armé pour essais le 1er novembre, il sort pour essais les 2 et 3 novembre puis pour remise en condition du 5 au 17 novembre 1948.

Il peut alors reprendre ses patrouilles anti-raiders aidé pour cela par les moyens aériens stationnés dans la grande île.

14-Navires légers (4) avisos coloniaux classe Bougainville (3)

Le Savorgnan de Brazza

L'aviso-colonial Savorgnan de Brazza

L’aviso-colonial Savorgnan de Brazza

-Le Savorgnan de Brazza est mis sur cale  aux Chantiers Maritimes du Sud Ouest de Bordeaux  le   6 décembre 1929 lancé le 18 juin 1931 et admis au service actif le 21 février 1933.

A son admission au service actif, il est affecté aux FNEO et plus précisément à Shanghai et ce jusqu’en novembre 1935 quand il est affecté dans le Pacifique avec Nouméa comme port d’attache et ce jusqu’en octobre 1936 quand il retrouve Shanghai et les FNEO.

Il reste déployé en Indochine jusqu’en septembre 1939 quand il reçoit l’ordre de rallier la métropole pour des travaux. Les travaux terminés, il est redéployé en septembre 1940 à Djibouti au sein des Forces Navales d’Afrique Equatoriale Françaises (FNAEF).

Comme ses autres sister-ships, le Savorgnan de Brazza va assurer des missions de surveillance et de souveraineté de la Côte Française des Somalis (CFS) aujourd’hui connue sous le nom de République de Djibouti. Cette mission est d’autant plus sensible que Djibouti est menacé au nord et à l’est par l’Érythrée et l’Éthiopie deux colonies italiennes.

Il va aussi effectuer de nombreux exercices seul ou avec des navires venus de métropole et de passage dans l’Océan Indien comme du 9 au 13 décembre 1940 quand le croiseur-école Jeanne d’Arc manoeuvre avec l’aviso-colonial au cours de sa croisière école.

Le 7 janvier 1941, il quitte Djibouti pour rallier Diego-Suarez afin de subir un grand carénage. Il arrive à Madagascar le 12 janvier et est échoué dans le bassin n°1 du 14 janvier au 24 mars 1941 pour une remise en état complète mais sans réelle modernisation de leurs capacités militaires.

Armé pour essais le 7 avril 1941, il sort pour ses essais réglementaires du 8 au 10 avril puis pour sa remise en condition du 12 au 22 avril, ralliant Djibouti le 28 avril 1941, reprenant peu après sa mission de présence et de souveraineté.

Le 11 avril 1942, les contre-torpilleurs Vauquelin Tartu et Chevalier Paul arrivent à Djibouti pour un entrainement de division dans l’Océan Indien. La 7ème DCT effectue un entrainement commun avec le Savorgnan de Brazza du 20 au 30 avril, les quatre navires après un ravitaillement à Aden du 1er au 3 mai, rallient Diego-Suarez le 6 mai 1942.

L’aviso colonial et les contre-torpilleurs vont ensuite manoeuvrer avec l’aviso colonial D’Entrecasteaux stationné à Diego-Suarez du 8 au 17 mai, les cinq navires faisant ensuite escale à La Réunion du 18 au 22 mai.

Le 23 mai, les cinq navires effectuent une spectaculaire école à feux au large de Port des Galets (imaginez le tir simultané de 21 canons de 138mm !) avant de se séparer, le D’Entrecasteaux ralliant Diego-Suarez pendant que la 7ème DCT et le Savorgnan de Brazza rentrent à Djibouti le 30 mai 1942.

Du 23 décembre 1943 au 2 janvier 1944, le Savorgnan de Brazza s’entraine en compagnie du croiseur léger Lamotte-Picquet.

Le Savorgnan de Brazza quitte Djibouti le 15 janvier 1944 pour entrainement dans l’Océan Indien en compagnie du Lamotte-Picquet. Du 18 au 24 janvier, les deux navires se pourchassent, simulant à tour de rôle un navire corsaire et son poursuivant.

Après une escale à Mahé (Seychelles) du 26 au 31 janvier, les deux navires s’entrainent à l’escorte de convois _le Savorgnan de Brazza simulant un cargo rapide transportant un chargement précieux_ du 1er au 8 février avant une escale à Diego-Suarez du 9 au 12 février 1944.

Le 13 février 1944, le Savorgnan de Brazza reprend la mer en compagnie du Lamotte-Picquet et le D’Entrecasteaux pour une phase d’entrainement intensive. Cela commence par un exercice de bombardement littoral du 14 au 19 février suivit d’un ravitaillement à Diego-Suarez avant un entrainement au combat de nuit du 21 au 28 février.

Après un nouveau ravitaillement à Diego-Suarez, le Savorgnan de Brazza et le D’Entrecasteaux embarquent chacun 120 hommes pour une opération amphibie à La Réunion. Le Lamotte-Picquet se charge de neutraliser les défenses côtières de Port-des-Galets le 3 mars avant que les deux aviso ne forcent l’entrée du port pour débarquer ses troupes et reprendre l’île.

Les trois navires patrouillent ensuite autour de l’île de la Réunion pour soutenir la reconquête menée par les 240 fantassins coloniaux en simulant des tirs contre la terre jusqu’au 9 mars 1944. Après une école à feu en mer les 10 et 11 mars, les trois navires font escale à Port-des-Galets du 12 au 16 mars 1944 avant de se séparer, le D’Entrecasteaux rentre à Diego-Suarez alors que le Lamotte-Picquet et le Savorgnan de Brazza rentrent à Djibouti le 20 mars 1944.

A noter que le 30 janvier 1944, le patrouilleur La Melpomène arrive à Djibouti pour relayer l’action de l’aviso-colonial.

Du 8 au 18 juin, le Savorgnan de Brazza s’entraine avec le croiseur léger Lamotte-Picquet, arrivant ce dernier jour à Aden. Le jour même de leur arrivée, des émeutes éclatent dans cette ville.

Les commandants des deux navires français proposent l’intervention de leurs compagnies de débarquement. Cette aide précieuse est acceptée par les autorités locales et 98 soldats français participent à la répression des émeutes non pas directement mais en sécurisant certains lieux sensibles, libérant ainsi des troupes britanniques.

Les deux navires français repartent le 24 juin 1944 pour un nouvel exercice commun en mer d’Oman jusqu’au 5 juillet avant de faire escale jusqu’au 8 juillet à Mascate avant de rentrer à Djibouti le 13 juillet, les compagnies de débarquement des deux navires paradant en ville le lendemain pour la fête nationale.

Le 20 juillet 1944, le Savorgnan de Brazza quitte Djibouti pour rallier Diego-Suarez le 22 afin de subir un nouveau grand carénage qui allie remise en état et modernisation.

Il est échoué au bassin du 25 juillet au 5 septembre 1944, perdant ses installations d’hydraviation et recevant une nouvelle DCA avec quatre canons de 37mm et six canons de 25mm en affûts doubles. Armé pour essais le 20 septembre, il sort pour essais du 21 au 23 septembre et pour remise en condition du 25 septembre au 8 octobre date de son retour à Djibouti

Le 29 mars, le cuirassé Clemenceau, les torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde et le croiseur lourd Colbert arrivent à Djibouti pour participer à une série d’exercices en compagnie du croiseur lourd Tourville et du Savorgnan de Brazza.

Reprenant peu après la mer, la petite escadre est à Aden du 2 au 4 avril avant de rallier Diego-Suarez le 7 avril 1946. L’aviso-colonial reste à Diego-Suarez jusqu’au 17 avril suite à différentes avaries et rentre directement à Djibouti le 25 avril 1946.

Du 28 novembre au 4 décembre 1946, le Savorgnan de Brazza s’entraine avec le croiseur léger Primauguet remplaçant du Lamotte Picquet, désarmé après l’avarie de trop .

Le 30 août 1947, le Savorgnan de Brazza quitte Djibouti pour un nouveau grand carénage à Diego-Suarez. Arrivé à Madagascar le 5 septembre , il est échoué au bassin du 7 septembre au 21 décembre 1947. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 2 janvier 1948, effectuant ses essais officiels du 3 au 5 janvier puis sa remise en condition du 7 au 20 janvier date de son retour à Djibouti.

Il s’entraine également avec le Primauguet et le cuirassé Bourgogne les 15 et 16 mai avant une escale commune à Mascate du 17 au 21 mai 1948, rentrant ensuite à Djibouti le 29 mai 1948.

Quand le conflit éclate en Europe, le Savorgnan de Brazza est  à quai à Djibouti. Il appareille quelques heures plus tard pour une patrouille de quinze jours dans le Golfe d’Aden pour protéger la navigation et contrer les raiders allemands.

9-Croiseurs légers (4)

Le Primauguet

Le croiseur léger Primauguet

Le croiseur léger Primauguet

-Le Primauguet est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 16 août 1923 lancé le 21 mai 1924, armé pour essais le 1er février 1926, armé définitivement le 1er octobre 1926 et admis au service actif au sein de la 3ème division légère avec ses deux sister-ship en avril 1927.

Le troisième croiseur léger de classe Duguay-Trouin est le premier navire français à recevoir une catapulte pour hydravions de type Penhoët. D’août à octobre 1927, le Primauguet est déployé en Extrême Orient pour une croisière qui le conduit jusqu’au Japon.

Il effectue une autre mission de représentation en septembre 1928 avant de rallier Toulon, allant aux Antilles avec le Lamotte-Picquet début 1930 avant de retourner en Extrême Orient de mai 1932 à janvier 1936 et de novembre 1937 à juillet 1939, l’intermède étant occupé par une remise en état à Lorient.

Il passe les trois mois de la guerre de Pologne (septembre-décembre 1939) à Dakar pour patrouiller contre les raiders allemands écumant l’Atlantique.

Il reste déployé dans le port ouest-africain jusqu’au printemps 1940 avant de subir une période d’entretien au bassin du 4 juin au 2 septembre 1940. Après essais et remise en condition du 3 septembre au 1er octobre, il est détaché à Casablanca pour sécuriser le détroit de Gibraltar en liaison avec les britanniques alors qu’il dépendait déjà de la 6ème DC.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs.

La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’Amirauté décide de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941.

Le croiseur léger va effectuer des missions de surveillance, de présence au large des mandats, de transports de troupes et d’appui-feu quand les patrouilles tombaient dans des embuscades. Le 16 avril 1941, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth et relève le Primauguet qui devient au passage navire-amiral de la 6ème DC et rentre à Toulon le 20 avril 1941.

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 2 mai, il sort en compagnie du Lamotte-Picquet pour entrainement du 3 au 12 mai 1941 avant une escale commune à Alger jusqu’au 16 mai 1941. Après un exercice de bombardement littoral pour entrainer les défenses côtières du secteur d’Alger du 17 au 24 mai, les deux croiseurs font escale à Tunis du 26 au 30 mai, sont en entretien à flot à Bizerte du 31 mai au 8 juin 1941 avant de rentrer à  Toulon le 10 juin 1941.

Le 15 juin 1941, la ville de Brest devient ville-marraine du croiseur léger, Hervé de Potzmorguer dit Primauguet ayant périt dans cette ville au cours d’un combat contre les anglais.

Le Primauguet et le Lamotte-Picquet reprennent la mer pour des exercices avec deux divisions contre-torpilleurs de la 2ème escadre du 20 juin au 2 juillet 1941 en l’occurrence les  4ème DCT (contre-torpilleurs Tigre Lynx Panthère) et 7ème DCT contre-torpilleurs (Vautour Albatros Gerfaut) , les croiseurs servant d’abord de plastron aux contre-torpilleurs avant de pourchasser les lévriers des mers. Le groupe occasionnel (deux croiseurs et six contre-torpilleurs) fait escale à Nice du 3 au 10 juillet avant de rentrer à Toulon le 13 juillet 1941.

Le 21 juillet 1941, Port-Vendres inaugure sa nouvelle gare maritime pour les liaisons avec le Maroc et l’Algérie. Le Primauguet comme navire-amiral de la 6ème DC représente la marine pour la cérémonie d’inauguration, restant dans le port occitan jusqu’au 25 juillet quand il reprend la mer pour rentrer à Toulon le 28 juillet 1941. Il est indisponible du 28 juillet au 13 août 1941, reprenant la mer pour essais du 14 au 19 août avant remise en condition du 20 au 27 août 1941.

Le Duguay-Trouin reprend la mer pour essais du 16 au 18 septembre avant de s’entrainer avec le Primauguet qui lui rétrocède le pavillon de navire-amiral de la la 6ème DC. Les deux croiseurs sont à la mer du 21 septembre au 12 octobre, faisant escale à La Ciotat du 28 au 30 septembre et à Marseille du 13 au 16 octobre avant de rentrer à Toulon le 18 octobre 1941.

Les deux croiseurs sont de nouveau à la mer pour exercice du 20 au 30 octobre avant une escale à Nice du 1er au 4 novembre, le Primauguet et le Duguay-Trouin rentrant à Toulon le 6 novembre 1941.

Le 13 novembre 1941, le Primauguet arrive à Beyrouth pour relever son sister-ship. Après deux jours d’exercices en commun, le Lamotte-Picquet quitte le Levant le 16 novembre, ce dernier rentrant à Toulon le 25 novembre.

Le Primauguet comme lors de son premier séjour (décembre 1940-avril 1941) va effectuer des missions de surveillance et de présence au large des côtes de Levant, va surveiller les positions italiennes dans le Dodécannese ainsi que de missions d’entrainement et de maintien de l’ordre via notamment sa compagnie de débarquement ou en transportant des troupes.

Le 22 mars 1942, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth pour relever le Primauguet qui quitte Beyrouth le jour même, gagnant Bizerte. A noter qu’il fait le voyage à vide, ayant débarqué ses munitions à Beyrouth (obus de 155 et de 75mm, torpilles, grenades ASM) avant d’appareiller.

Arrivé le 25 mars à l’aube en Tunisie, il traverse le canal de Bizerte et mouille dans le lac avant d’être échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour une véritable modernisation dont le contenu est identique à celle qu’à subit le Duguay-Trouin.

Les hélices sont inspectées puis changées, la coque est grattée et repeinte, les principaux travaux concernent surtout l’électronique et l’armement. En effet, plusieurs radars sont installés, l’armement en torpilles est allégé avec les seules douze torpilles en poste dans les tubes et la DCA est changée.

Les 4 canons de 75mm modèle 1922 sont remplacés par 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples et les 6 affûts doubles de 13.2mm sont remplacés par 8 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts doubles. La catapulte est maintenue mais le Gourdou-Lesseure GL.832 est remplacé par un Loire 130 plus moderne et plus efficient.

Il est remis à flot le 27 novembre puis conduit au quai d’armement pour des travaux complémentaires jusqu’au 15 décembre avant des essais à la mer au large de la Tunisie du 16 au 21 décembre suivit d’un stage de remise en condition avec école à feu du 22 décembre 1942 au 7 janvier 1943 avant de rentrer à Toulon le 12 janvier 1943.

A cette époque, le Primauguet est le seul croiseur léger de la 6ème DC disponible, le Lamotte-Picquet étant en travaux à Bizerte alors que le Duguay-Trouin avait déjà quitté la 6ème DC pour gagner l’Indochine et être affecté aux FNFEO dont il va devenir au mois de mai le navire-amiral.

Le Primauguet ressort pour entrainement du 21 au 28 janvier avant une escale à Nice du 29 janvier au 4 février suivit d’un entrainement au combat de nuit du 5 au 9 février. Après une escale à Bastia du 10 au 15 février et en rade de Villefranche du 16 au 19 février, il rentre à Toulon le 21 février 1943.

Après une indisponibilité accidentelle mise à profit pour embarquer huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940-41 en affûts doubles du 2 au 15 mars, le croiseur léger sort pour essais au large de Toulon du 16 au 20 mars avant de reprendre l’entrainement en servant de plastron aux défenses côtières du secteur de Toulon et ce du 22 mars au 2 avril. Il mouille aux Salins d’Hyères du 3 au 9 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain 10 avril 1943.

Le 15 avril 1943, il quitte Toulon chargé de matériels, de techniciens et d’ouvriers militaires qu’il débarque à Casablanca le 19 avril 1943. Ses soutes complétées, le Primauguet arrive à Dakar le 23 avril pour un stage au polygone de tir de Rufisque du 25 avril au 8 mai 1943. Après une escale à Port-Etienne du 9 au 15 mai et à Casablanca du 17 au 21 mai, il rentre à Toulon le 26 mai 1943 dans la soirée.

Le Primauguet sort à nouveau du 4 au 12 juin pour un entrainement de défense aérienne à la mer où sa DCA doit défendre le navire contre des avions torpilleurs Bloch MB-175T, des bombardiers horizontaux Bréguet Br695 et des bombardiers en piqué Douglas SBD-3 Dauntless. Après une escale à Nice du 13 au 20 juin, le croiseur léger rentre à Toulon le 22 juin.

Le Primauguet participe du 2 au 13 juillet à la remise en condition de son sister-ship le Lamotte-Picquet, les deux croiseurs rentrant le lendemain à Toulon, les compagnies de débarquement défilant à Toulon pour la fête nationale.

Le 10 octobre 1943, Le Lamotte-Picquet sort de Toulon pour accueillir le Chateaurenault. Ce dernier avait été construit à La Seyne sur Mer  mais venait de réaliser sa traversée de longue durée en Amérique du Sud suivit d’une école à feu à Rufisque.

Le Primauguet aurait du faire de même mais il est immobilisé pour une avarie technique jusqu’au 5 octobre. Réparé, il sort pour essais du 6 au 10 octobre avant un entrainement combiné du 11 au 18 octobre, rentrant à Toulon le lendemain.

Le 19 octobre 1943, la 6ème DC est dissoute mais reconstituée dès le lendemain avec le De Grasse et le Chateaurenault en attendant le Guichen. Le Primauguet est lui placé hors rang en attendant son redéploiement outre-mer.

Le Primauguet ressort pour un exercice avec deux division de contre-torpilleurs de la 2ème Escadre du 21 au 31 octobre en l’occurence les 2ème DCT (Guépard Lion Bison) et 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) plus le contre-torpilleur Marceau chargés d’intercepter plusieurs cargos «ennemis» symbolisés par des cargos affrétés durant cette période par la marine. Le croiseur léger, les torpilleurs et les contre-torpilleurs rentrent à Toulon le soir même.

Après un entrainement aviation du 1er au 5 novembre, le croiseur léger subit une période d’entretien à flot du 6 au 12 novembre avant les essais à la mer réglementaires du 13 au 16 novembre et la remise en condition du 18 au 30 novembre 1943. Après une escale à Bastia du 1er au 5 décembre, il rentre à Toulon le 7 décembre à l’aube.

Le 12 décembre 1943, le croiseur léger Guichen arrive à Toulon. Le troisième croiseur léger de classe De Grasse avait été construit à Bordeaux et venait d’être admis au service actif après son départ de Dakar. A son arrivée à Toulon, il est affecté à la 6ème DC qui atteint son format définitif à trois bâtiments.

Le Primauguet va rester déployé en métropole jusqu’au printemps 1944 le temps que le Guichen prenne ses marques et que son équipage soit rodé. Comme un passage de témoin, le Primauguet va sortir avec le Guichen du 15 au 24 décembre 1943 pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion.

Il est décidé de l’affecter aux Antilles aux sein des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) dont la base principale est Fort de France en Martinique. Avant de rejoindre son nouveau théâtre d’opérations, le croiseur léger va subir un petit carénage à Toulon.

Il est déclaré indisponible le 27 décembre 1943, débarque ses munitions et vidange ses soutes. Il est échoué le 2 janvier dans le bassin n°2 du Missiessy pour deux mois de travaux jusqu’au 15 mars 1944 quand il est remis à flot et remorqué au quai d’armement pour des travaux complémentaires.

Armé pour essais le 6 avril 1944, il sort en mer du 7 au 15 avril puis du 18 au 25 avril avant de refaire le plein de munitions et d’embarquer son nouvel hydravion, un Dewoitine HD-731 flambant neuf mais l’appareil qui lui est destiné s’abime à l’amerrissage.

Après un stage de remise en condition au large de Toulon du 28 avril au 12 mai 1944, le croiseur léger quitte le Var le 14 mai, fait escale à Casablanca le 19 mai puis traverse l’Atlantique en direction de Fort de France où il arrive le 25 mai 1944.

Le 26 mai 1944, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) avec Fort de France comme port d’attache

Le nouveau navire-amiral à une vaste zone de responsabilité correspondant à l’actuelle Zone Maritime Antilles-Guyane (ZMAG) avec comme principaux navires deux avisos coloniaux, le Bougainville stationné à Fort de France et le Lapérouse déployé à Cayenne en Guyane française puis le pétrolier Loing chargé de ravitailler les dépôts carburants depuis les gisements vénézuéliens, mexicains et texans. Le reste est composée d’une véritable poussière navale fait de navires construits sur place ou des unités de seconde main, plusieurs chalutiers notamment.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 9 juin 1944, le croiseur léger ressort pour entrainement avec le Bougainville, un exercice de défense et d’attaques de convois du 12 au 25 juin avant une escale à Pointe à Pitre jusqu’au 30 juin.

Les deux navires ressortent pour un exercice de défense aérienne à la mer du 1er au 8 juillet 1944, l’aviso colonial inaugurant sa nouvelle DCA. Aux quatre canons de 37mm modèle 1925 et aux six mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts doubles, le Bougainville à préféré quatre canons de 37mm modèle 1941 en deux affûts doubles et six canons de 25mm modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Après une nouvelle escale à Pointe à Pitre du 9 au 12 juillet, les deux navires rentrent le lendemain à Fort de France. Le 14 juillet 1944, une mini-revue navale est organisée au large de Fort de France avec le croiseur léger, l’aviso colonial et le pétrolier qui dans la foulée prend la mer pour le Texas afin de charger du mazout.

Le croiseur léger Primauguet ressort pour un exercice combiné du 20 juillet au 8 août 1944 avant de rentrer le lendemain à Fort de France. Il est indisponible jusqu’à la fin du mois d’août avant de ressortir pour essais du 1er au 5 septembre et du 7 au 12 septembre avant de reprendre l’entrainement par une série d’exercices (défense aérienne à la mer, bombardement littoral, défense et attaque de convois, raids amphibies) du 15 septembre au 18 octobre 1944.

Le 25 octobre 1944, le croiseur léger quitte Fort de France pour une croisière de représentation dans sa zone de déploiement. Il fait escale à Caracas (Venezuela) du 27 au 30 octobre, à Port of Spain (Trinité et Tobago) du 2 au 4 novembre et à Cayenne du 7 au 13 novembre 1944. Il repart le lendemain, faisant escale à Belem (Brésil) du 15 au 20 novembre avant de remontrer vers le nord direction Georgetown (Guyana) où le croiseur fait escale du 24 au 28 novembre.

Il mouille ensuite à San Juan (Porto Rico) du 4 au 8 décembre, à Kingston (Jamaïque) du 11 au 15 décembre avant de rentrer à Fort de France le 19 décembre et d’être indisponible jusqu’à la fin de l’année pour réparations et entretien courant, toujours l’occasion d’améliorations diverses et variées.

Après une sortie d’essais du 3 au 10 janvier 1945, le croiseur léger ressort pour entrainement avec le Bougainville du 11 au 30 janvier avant de faire escale à Basse Terre du 1er au 4 février puis de rentrer le lendemain à Fort de France.

Le 5 février 1945, le croiseur léger quitte Fort de France pour le Sénégal, arrivant à Dakar le 11 février 1945, faisant trois jours escale jusqu’au 14. Il assure une Ecole à feu à Rufisque du 15 février au 3 mars avant de revenir dans le port de Dakar.

Il embarque un bataillon de 600 tirailleurs sénégalais et appareille le 5 mars pour Cayenne où il arrive le 9 mars. Il débarque ce bataillon destiné à renforcer la défense de la Guyane française suite à plusieurs attaques de postes par des éléments non identifiés.

Le croiseur léger reprend la mer le 11 mars 1945, manoeuvre avec l’aviso colonial Lapérouse du 12 au 19 mars avant de regagner Fort de France le 27 mars 1945.

Après une période d’entretien à flot du 28 mars au 15 avril, le croiseur léger est à la mer pour essais du 16 au 20 avril avant un exercice combiné avec l’armée de l’air, le croiseur s’entrainant contre les chasseurs Dewoitine D-520 basés à Fort de France et contre les bombardiers moyens Douglas DB-7 du 25 avril au 2 mai 1945.

Rentré à Fort de France le 3 mai 1945, il appareille en urgence le 5 mai avec à son bord une compagnie de gendarmes mobiles qu’il transporte à Pointe à Pitre secouée par de violentes émeutes liés à la mort d’un leader indépendantiste peu après son arrestation. La présence du croiseur est dissuasif pour éviter l’extension des émeutes qui vont néanmoins secouer la Guadeloupe jusqu’à la mi-mai.

Elles servent d’électrochoc et accélère le vote du statut d’autonomie de la colonie qui devient une généralité _un statut à mi-chemin entre le département et la province_ tout comme la Martinique, la Guyane mais également la Réunion.

Le Primauguet rembarque les gendarmes mobiles le 20 mai 1945 et rentre à Fort de France le 22 mai. Il ressort pour un exercice de combat de nuit du 24 au 28 mai avant une escale à Castries (Saint Lucie) du 29 mai au 5 juin. Il rentre à Fort de France le lendemain 6 juin 1945.

Le 12 juin 1945, le Dewoitine HD-730 n°1 s’abime peu après son catapultage au large de Fort de France alors que le croiseur menait un exercice de surveillance et de protection de la Martinique mais son équipage est récupéré après ce bain renforcé.

Le deuxième appareil est interdit de vol mais l’enquête montre que c’est la catapulte qui est en cause et celle-ci est débarquée, une autre est commandée en métropole. En attendant sa livraison, le Dewoitine HD 730 n°2 va être mis à l’eau par la grue mais ne sera pas récupéré, rentrant directement à l’hydrobase de Fort de France.

L’exercice interrompu est repris sans catapulte le 18 juin et s’achève le 25 juin, le navire-amiral des FNFA rentrant à Fort de France le lendemain 26 juin avant une période d’indisponibilité jusqu’au 15 juillet 1945.

Il reprend la mer pour essais du 16 au 20 juillet avant remise en condition avec l’aviso colonial Bougainville du 21 juillet au 3 août. Les deux navires font escale font ensuite escale à Oranjestad (Aruba) du 4 au 8 août, à Wilhelmstad (Curaçao) du 9 au 14 août, à Caracas (Venezuela) du 16 au 19 août avant de rentrer à Fort de France le 22 août 1945.

Il sort à nouveau pour entrainement du 1er au 12 septembre 1945, se ravitaillant à la mer au pétrolier Loing équipé depuis peu d’un système de ravitaillement à la mer à couple. Après une escale à Pointe à Pitre (Guadeloupe) du 13 au 16 septembre, le croiseur léger rentre à Fort de France le lendemain 17 septembre 1945.

Le 21 septembre 1945, le cargo Victor Schoelcher arrive à Fort de France. A bord, des obus de 138mm, de 155mm et de 90mm, plusieurs radars en pièces détachées et surtout une catapulte hydraulique Penhoët et trois Dewoitine HD-731 flambants neufs, les 7ème, 11ème et 13ème appareils de série

Le Primauguet est en travaux du 22 au 27 septembre pour recevoir sa nouvelle catapulte toujours sur la plage arrière, catapulte essayée sans appareils puis en mer avec un Dewoitine HD-731 du 28 au 30 septembre. Il effectue un exercice de surveillance du 1er au 12 octobre avant une escale à Port of Spain du 14 au 19 octobre avant de rentrer à Fort de France le 21 octobre 1945.

Il effectue un exercice de défense aérienne à la mer du 25 au 30 octobre puis un exercice de bombardement littoral du 2 au 8 novembre, guidé par les Dewoitine D-720 de coopération de l’armée de l’air.

Le 12 novembre 1945, il quitte Fort de France pour une Ecole à feu à Rufisque. Il arrive à Dakar le 19 novembre et entame son entrainement le 21 novembre.

Il tire contre la terre du 21 au 25 novembre, en mer du 26 au 30 novembre avant de servir de plastron aux défenses côtières du secteur de Dakar du 2 au 8 décembre.

Après une ultime escale dans la capitale de l’AOF du 9 au 11 décembre, le croiseur rentre à Fort de France le 18 décembre et reste indisponible jusqu’à la fin de l’année.

Après une sortie d’essais du 4 au 10 janvier 1946, il sort pour un entrainement en solitaire, restant en mer non stop du 11 au 30 janvier, ravitaillé à la mer par le Loing.

Il enchaine successivement par un exercice de défense aérienne à la mer (11 au 15 janvier), de bombardement littoral (16 au 21 janvier), de raid amphibie (22 au 25 janvier) et de couverture de la navigation commerciale (26 au 30 janvier) avant de rentrer le lendemain à Fort de France.

Il est indisponible pour avarie du 2 au 20 février 1946, passant au bassin du 3 au 15 février. Il sort pour essais du 21 au 25 février avant remise en condition du 26 février au 5 mars 1946. Il ressort à nouveau pour un exercice de protection des lignes de navigation du 12 au 21 mars avant de rentrer à Fort de France le lendemain 22 mars.

Le 25 mars 1946, il appareille pour une mission de présence dans le sud de sa zone de responsabilité. Il fait escale à Port of Spain (Trinidad et Tobago) du 28 au 31 mars, à Georgetown du 2 au 6 avril et à Cayenne du 9 au 14 avril. Il fait une escale à Belem (Brésil) du 16 au 21 avril avant de rentrer à Fort de France le 27 avril.

Après un exercice de combat de nuit du 1er au 6 mai 1946, le Primauguet transporte une compagnie d’infanterie coloniale entre Fort de France et Pointe à Pitre pour une simulation de raid amphibie couvert par des tirs simulés et des tirs d’obus fumigènes et ce du 8 au 15 mai. Il rentre à Fort de France le lendemain 16 mai 1946.

Le désarmement du Lamotte-Picquet entraine une réorganisation du dispositif français dans l’Océan Indien. On envisage un temps de déployer une division de contre-torpilleurs avant de finalement choisir de déployer à Djibouti le croiseur léger Primauguet. La décision est officiellement prise le 17 mai 1946.

Le Primauguet subit un petit carénage à Fort de France du 24 mai au 12 juillet 1946 pour une remise en état complète, un changement des hélices, une visite des turbines, des chaudières, un grattage de la coque et une nouvelle peinture.

La DCA est renforcée portée à 12 canons de 25mm en six affûts doubles, le nombre de canons de 37mm reste identique (huit en quatre affûts doubles).

Après essais réglementaires du 13 au 25 juillet, le Primauguet appareille le 28 juillet de la Martinique, fait escale à Dakar du 7 au 9 août, Douala au Cameroun du 12 au 15 août, Simonstown (Afrique du Sud) du 22 au 24 août, Diego-Suarez du 27 au 29 août avant de gagner Djibouti le 4 septembre 1946.

Le Primauguet déployé à Djibouti effectue une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden du 12 au 20 septembre avant une escale à Aden du 21 au 27 septembre suivit d’une nouvelle mission de présence et de surveillance du 28 septembre au 4 octobre. Il rentre à Djibouti le 6 octobre 1946. Il sort à la mer pour un exercice de défense aérienne du 10 au 15 octobre avant d’être de retour au port le lendemain, 16 octobre 1946.

Le 10 septembre 1946, le croiseur lourd Duquesne s’échoue au Cap Saint-Jacques en Indochine. A l’issue de longs et coûteux travaux de renflouage, le Duquesne est récupéré mais jugé irrécupérable et désarmé le 4 octobre puis condamné le 9 octobre 1946.

Dès le 12 octobre 1946, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez.

Le croiseur léger reste cependant pour l’instant à Djibouti, sortant pour une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden et au large de la Somalie italienne du 20 au 30 octobre.

A cette occasion, on frôle d’ailleurs l’incident diplomatique, le Dewoitine HD-731 du croiseur est intercepté par un chasseur italien qui probablement dissuadé par sa hierarchie renonce à obliger l’hydravion à amerrir en Somalie. Le croiseur léger rentre à Djibouti le 4 novembre.

Il passe au bassin du 5 au 20 novembre pour inspection suite à des vibrations à grande vitesse et les travaux terminés, il sort pour essais du 22 au 27 novembre avant d’enchainer par un entrainement avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 28 novembre au 4 décembre 1946.

Le 11 décembre 1946, après seulement deux mois à Djibouti, le croiseur léger quitte le territoire de la Côte Française des Somalis pour Madagascar. Le 17 septembre 1946 à 50 miles de Diego-Suarez, il croise le croiseur lourd Tourville en route pour l’Indochine. Le Primauguet s’amarre au quai Gallieni le lendemain 18 décembre 1946.

Le 20 décembre 1946, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales en Afrique Equatoriale Française (FNAEF).

Après une période d’entretien à flot du 21 décembre 1946 au 8 janvier 1947, le croiseur léger sort pour essais du 9 au 12 janvier avant un entrainement au large de Diego-Suarez du 13 au 22 janvier.

Il ressort le 2 février 1947 pour un exercice avec l’aviso colonial D’Entrecasteaux jusqu’au 12 février, les deux navires faisant escale à La Réunion du 13 au 18 février puis à Port Louis (Ile Maurice) du 19 au 25 février avant de rentrer à Diego Suarez le 28 février 1947.

Après une période d’indisponibilité accidentelle du 2 au 20 mars, le croiseur léger ressort pour essais du 21 au 25 mars avant remise en condition du 26 mars au 5 avril 1947. Il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 9 au 15 avril puis par un exercice de bombardement littoral du 17 au 23 avril 1947. Il est de retour à Diego Suarez le 30 avril après une escale à Port-des-Galets à La Réunion du 24 au 28 avril.

Le 5 mai 1947, le croiseur léger appareille pour une vaste tournée dans l’Océan Indien. Il fait escale à Maputo, capitale du Mozambique portugais  du 9 au 14 mai, à Dar-es-Salam (Tanzanie) du 17 au 21 mai, à Zanzibar du 22 au 25 mai, à Monbassa du 26 au 29 mai, à Mogadiscio (Somalie italienne) du 31 mai au 2 juin (et ce en dépit des tensions entre Paris et Rome), à Djibouti du 5 au 8 juin, à Aden du 10 au 13 juin, à Mascate du 15 au 18 juin, à Karachi du 20 au 23 juin, à Bombay du 26 au 28 juin, à Cochin du 30 juin au 2 juillet puis à Colombo du 4 au 7 juillet. Il reprend ensuite le chemin du retour, faisant escale à Mahé du 9 au 11 juillet, à La Réunion du 13 au 15 juillet avant de rentrer à Diego Suarez le 18 juillet 1947.

Après une période d’indisponibilité du 19 juillet au 30 août 1947, le Primauguet ressort pour essais du 1er au 4 septembre avant remise en condition en compagnie du D’Entrecasteaux du 6 au 21 septembre 1947.

Le croiseur léger et l’aviso colonial ressortent pour un exercice de combat de nuit, exercice mené du 24 au 29 septembre 1947, exercice qui se termine par un abordage sans gravité du croiseur par l’aviso mais mis à part un enfoncement à tribord et quelques trous, il n’y à rien à signalé.

Le croiseur léger effectue ensuite un transport rapide, celui d’une compagnie de tirailleurs malgaches à La Réunion pour compléter la garnison désormais organisée autour du bataillon mixte d’infanterie malgache (BMIM) quittant pour cela Madagascar le 2 octobre et arrive le 5 octobre à Port-des-Galets.

Il sert ensuite de plastron aux nouvelles batteries côtières récemment aménagées du 7 au 12 octobre avant de rentrer à Diego Suarez le 14 octobre 1947.

Du 2 au 8 novembre 1947, le Primauguet est à la mer pour un exercice de défense aérienne à la mer avant de gagner Port Louis (Ile Maurice) pour une escale du 10 au 15 novembre, prétexte à une célébration franco-britannique de la fin du premier conflit mondial. Après une escale à La Réunion du 17 au 22 novembre, le croiseur léger rentre à Diego Suarez le 24 novembre.

Après une période d’indisponibilité du 25 novembre au 4 décembre, le croiseur léger sort pour essais du 5 au 8 décembre avant de s’entrainer intensivement du 9 au 13 décembre et du 17 au 23 décembre, passant les fêtes de fin d’année à La Réunion jusqu’au 3 janvier quand il reprend la mer pour rentrer à Diego-Suarez le 5 janvier 1948.

Après une sortie au large du Cap d’Ambre du 10 au 16 janvier 1948, le croiseur léger rentre à Diego-Suarez le lendemain. Il transfert le pavillon de navire-amiral à l’aviso D’Entrecasteaux le 18 janvier puis débarque ses munitions et vidange ses soutes.

Il est échoué dans le bassin n°1 le 20 janvier 1948 et reste au sec jusqu’au 24 juin. La coque est grattée et repeinte, les hélices et les gouvernails inspectées, l’électronique remise à jour, l’artillerie modernisée.

Remis à flot le 24 juin, il passe au quai d’armement jusqu’au 12 juillet quand il est armé pour essais, essais réalisés du 13 au 17 juillet avant remise en condition opérationnelle du 18 au 30 juillet 1948.

Le 2 août 1948, le croiseur léger redevient navire-amiral des FNAEF en remplacement du D’Entrecasteaux qui à son tour va entrer en carénage.

Le croiseur léger sort pour exercices du 5 au 12 août (défense aérienne à la mer). Au cours de cet exercice, le Dewoitine D-720 du GCRO (Groupe Colonial de Reconnaissance et d’Observation) chargé de surveiller le déroulement de l’exercice est abattu accidentellement par la DCA du croiseur mais fort heureusement, l’équipage parvient à sauter en parachute avant que l’avion ne s’abime en mer. Inutile de vous dire que les canonniers à la gâchette un peu trop facile ont entendu parlé du pays……….. .

Après un exercice de bombardement littoral du 13 au 18 août, le croiseur léger s’entraine à la navigation et au combat de nuit du 21 au 26 août, mouillant le jour dans différents lieux de la côte malgache.

Rentré à Diego-Suarez le 27 août 1948, il sort encore pour un exercice de surveillance et d’attaque antinavire du 29 août au 3 septembre, rentrant à Diego-Suarez le 7 septembre après une escale à Port Louis.

Le Primauguet en 1939

Le Primauguet en 1939

Caractéristiques Techniques de la classe Duguay-Trouin

Déplacement :  charge normale 8760 tonnes surcharge 9656 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 181.03m longueur à la flottaison : 175m largeur maximum à la flottaison : 17.2m Tirant d’eau maximum 5.86m

Propulsion : 4 groupes de turbines Parson alimentées par 8 chaudières Guyot du Temple dévellopant une puissance totale de 102000 ch et actionnant quatre hélices quadripales

Performances : Vitesse maximale : 34 nœuds Distance Franchissable : 3600 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : Pont principal 10mm premier pont 20mm Tourelles 30mm Blockhaus 30mm

Électronique :  radars installés au cours de la décennie quarante essentiellement un radar de veille surface, un radar de veille aérienne, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie principale.

Armement d’origine :  8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles; 4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples. Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute

-12 mitrailleuses de 13.2mm en six affûts doubles  

-12 tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples avec un stock de 24 torpilles. La torpille standard est la 23DT qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

-15 grenades ASM de 35kg

Aviation :  une catapulte installée à la poupe avec un hydravion généralement un Gourdou-Lesseure GL-832, un Loire 130 puis un Bréguet Br790 ou un Dewoitine HD-731.

Equipage :  27 officiers 102 officiers mariniers et 452 matelots.

9-Croiseurs légers (3)

Le Lamotte-Picquet

Le croiseur léger Lamotte-Picquet en mars 1932

Le croiseur léger Lamotte-Picquet en mars 1932

-Le Lamotte-Picquet est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 17 janvier 1923, lancé le 21 mars 1924 et armé pour essais le 1er février 1926. Il est armé définitif le 1er septembre 1926 et admis au service actif le 5 mars 1927.

Après plusieurs croisières (Angleterre, Amérique du Sud et Antilles), le Lamotte-Picquet et la 3ème DL est affecté à la 1ère Escadre en Méditerranée en juin 1928 et ce jusqu’en 1932. En 1932, le croiseur est affecté à la 2ème Escadre en compagnie du Duguay Trouin.

Après un grand carénage à Lorient (septembre 1933-décembre 1934), le croiseur est affecté aux Forces Navales  d’Extrême d’Orient (FNEO), quittant Brest le 2 novembre 1935 pour Saigon où il arrive le 30 décembre 1935.

Il reste déployé en Extrême Orient jusqu’au début du mois de juillet 1940 quand il est décidé de le renvoyer en Méditerranée en dépit des protestations du commandement local qui estime nécessaire conserver un croiseur sur place notamment pour dissuader la marine siamoise d’attaquer l’Indochine.

Après une période d’entretien à flot, il quitte Saïgon le 7 juillet 1940 et arrive à Singapour le 14 juillet 1940. Il passe au bassin jusqu’au 22 juillet pour inspection de la coque et des hélices en très bon état alors qu’il n’a pas subit de grands travaux depuis son départ de la métropole.

Il quitte la colonie britannique le 23 juillet, traverse l’Océan Indien à bonne vitesse, fait une escale de ravitaillement à Djibouti le 2 août, remonte la mer Rouge et franchit le canal de Suez le 10 août 1940. Arrivé à Bizerte le 15 août, il est échoué au bassin n°1 pour une période d’entretien jusqu’au 30 août, regagnant Toulon le lendemain 31 août 1940.

Bien qu’officiellement affecté à la 6ème DC, il est loin d’être opérationnel, subissant des essais à la mer du 2 au 9 septembre avant un exercice de remise en condition avec le Duguay-Trouin du 15 au 25 septembre 1940. Les deux croiseurs font escale à Calvi du 26 au 30 septembre et à Bastia du 1er au 8 octobre. Ils sont de retour à Toulon le 10 octobre.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs. La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’Amirauté décide alors de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941

Le Lamotte-Picquet sort pour la première fois en 1941 du 12 au 21 janvier pour un exercice combiné avec le Duguay-Trouin , les deux croiseurs se poursuivant mutuellement avant de faire escale à Nice du 22 au 27 janvier, rentrant à Toulon le 28 janvier 1941.

Le Lamotte-Picquet ressort pour exercice du 5 au 25 février 1941 entre Corse et continent avant de faire escale à Bastia du 26 février au 1er mars. Après un exercice de combat de nuit jusqu’au 8 mars, le croiseur  mouille en rade de Villefranche jusqu’au 12 mars avant de rentrer à Toulon le 14 mars.

Le Lamotte-Picquet ressort pour un exercice de défense aérienne à la mer du 20 au 27 mars avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 30 mars avant de rentrer à Toulon le 2 avril 1941 à l’aube.

Le 3 avril 1941, la ville de Rennes devient ville-marraine du croiseur léger, Toussaint Guillaume Picquet de la Motte étant né dans cette ville de Bretagne.

Le 6 avril 1941, le Duguay-Trouin quitte Toulon, fait une escale de ravitaillement à Bizerte le 10 avril et arrive à Beyrouth le 16 avril. Il relève le Primauguet au sein de la DNL, transmettant son rôle de navire-amiral de la 6ème DC au croiseur relevé.

Le Primauguet arrive à Toulon le 20 avril 1941 et après une période d’entretien à flot jusqu’au 2 mai, il sort en compagnie du Lamotte-Picquet pour entrainement du 3 au 12 mai 1941 avant une escale commune à Alger jusqu’au 16 mai 1941.

Après un exercice de bombardement littoral pour entrainer les défenses côtières du secteur d’Alger du 17 au 24 mai, les deux croiseurs font escale à Tunis du 26 au 30 mai, sont en entretien à flot à Bizerte du 31 mai au 8 juin 1941 avant de rentrer à Toulon le 10 juin 1941.

Du 20 juin au 2 juillet 1941,  les  4ème DCT (contre-torpilleurs Tigre Lynx Panthère) et 7ème DCT contre-torpilleurs (Vautour Albatros Gerfaut) s’entrainent avec les croiseurs légers Primauguet et Lamotte-Picquet, les croiseurs servant d’abord de plastron aux contre-torpilleurs avant de pourchasser les lévriers des mers. Le groupe occasionnel (deux croiseurs et six contre-torpilleurs) fait escale à Nice du 3 au 10 juillet avant de rentrer à Toulon le 13 juillet 1941.

Après une période d’indisponibilité du 14 au 31 juillet, il se prépare à relever le Duguay-Trouin au sein de la Division Navale du Levant (DNL)

Il quitte le Var le 10 août, fait escale à Bizerte le 13 août pour se ravitailler et reprend la mer quelques heures plus tard pour arriver à Beyrouth le 17 août 1941. Il va rester déployé au sein de la DNL jusqu’au mois de novembre 1941.

Le 13 novembre 1941, le Primauguet arrive à Beyrouth pour relever son sister-ship. Après deux jours d’exercices en commun, le Lamotte-Picquet quitte le Levant le 16 novembre, se ravitaille à Bizerte le 19 novembre avant d’arriver à Toulon le 25 novembre 1941. Il retrouve la 6ème DC après une période d’entretien du 26 novembre au 3 décembre 1941.

Les deux croiseurs sortent ainsi du 4 au 12 décembre pour un entrainement combiné qui se termine par une escale à Ajaccio où les deux navires sont présents du 13 au 17 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre après un exercice de défense aérienne à la mer pour entrainer l’aviation basée en Corse.

Après une période d’indisponibilité du 1er au 15 janvier, le Lamotte-Picquet sort pour essais à la mer du 16 au 23 janvier avant un entrainement individuel du 24 janvier au 10 février avant de rentrer à Toulon le 11 février 1942.

Après des essais à la mer du 15 au 27 février 1942, le Duguay-Trouin sort pour entrainement avec son sister-ship Lamotte-Picquet du 28 février au 5 mars. Rentré à Toulon le lendemain 6 mars, le Duguay-Trouin ressort le 12 mars 1942 direction le Levant pour un nouveau déploiement au sein de la DNL.

Le Lamotte-Picquet devient navire-amiral de la 6ème DC dont il est le seul navire disponible puisque le Duguay-Trouin est au Levant et que le Primauguet est en travaux à Bizerte jusqu’à la fin de l’année 1942.

Le Lamotte-Picquet quitte Toulon le 15 mars pour un entrainement dans le golfe du Lion du 18 mars au 7 avril avant une escale à Port Vendres du 8 au 13 avril, à La Ciotat du 15 au 18 avril avant de rentrer à Toulon le 20 avril 1942.

Il ressort du 2 au 9 mai pour un entrainement au combat de nuit avant une escale à Calvi du 10 au 13 mai puis un entrainement au combat antisurface avec pour cible le ravitailleur d’escadre L’Adour qui simule un croiseur auxiliaire. Cet entrainement à lieu du 14 au 25 mai avant de rentrer à Toulon le 29 mai après une escale à Nice du 26 au 28 mai 1942.

Après une période d’indisponibilité du 29 mai au 14 juin pour entretien et permissions de l’équipage, le Lamotte-Picquet reprend la mer pour essais du 15 au 23 juin avant un entrainement avec des unités de la 2ème escadre du 24 juin au 2 juillet 1942.

Il quitte Toulon le 10 juillet 1942, fait escale à Bizerte du 14 au 16 juillet pour ravitaillement et réparations avant de gagner Beyrouth le 21 juillet. Il s’entraine avec le Duguay-Trouin jusqu’au 25 juillet quand le premier croiseur de 8000 tonnes rentre à Toulon.

Le Lamotte-Picquet va rester déployé au sein de la Division Navale du Levant (DNL) jusqu’au mois de décembre 1942. Il ne sera pas relevé, la marine française estimant que la menace sur le Levant est limitée et ne nécessite pas le déploiement permanent d’un croiseur.

Comme durant les autres déploiements, le Lamotte-Picquet va effectuer de nombreuses patrouilles, des escales de courtoisie dans les ports de la région et des entrainements notamment au profit des futures marines libanaises et syriennes, l’indépendance étant prévue pour 1943 (elle ne sera en réalité accordé qu’en mars 1948…….).

Le Lamotte-Picquet quitte Beyrouth le 7 décembre 1942 et arrive le 11 décembre 1942. Il débarque ses munitions et est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage bien mérite qui s’apparente à une véritable refonte à mi-vie.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont changées, des éléments des lignes d’arbre sont changées tout comme la catapulte pour hydravions. Les radars sont changés pour essayer de mettre fin aux interférences régulièrement signalées.

Au niveau de l’armement, les quatre canons de 75mm sont remplacés par quatre canons de 90mm, les torpilles de réserve sont débarquées et la DCA légère totalement bouleversée et modernisée avec huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940-41 en six affûts doubles.

Le croiseur est remis à l’eau le 25 mai 1943 et subit des travaux à quai jusqu’au 17 juin. Il est armé pour essais le 19 juin et subit une batterie d’essais jusqu’au 30 juin 1943.

Il est en remise en condition en compagnie du croiseur léger Primauguet du 2 juillet au 13 juillet 1943, rentrant à Toulon le 14 juillet 1943. Il reste affecté temporairement à Toulon le temps que le Chateaurenault _deuxième croiseur léger de classe De Grasse_ arrive et prenne ses marques.

Le Lamotte-Picquet reprend la mer le 25 juillet pour un entrainement combiné dans le golfe du Lion jusqu’au 4 août quand il fait escale à Marseille jusqu’au 9 août 1943. Reprenant la mer, il manoeuvre avec les contre-torpilleurs du 10 au 20 août avant que le croiseur et les contre-torpilleurs ne mouillent en rade de Villefranche près de Nice du 22 au 27 août avant de rentrer à Toulon le 29 août 1943.

Le Lamotte-Picquet ressort du 4 au 12 septembre pour un entrainement de défense aérienne à la mer avant une escale à Bastia du 13 au 18 septembre avant un nouvel exercice, cette fois de combat de nuit du 19 au 24 septembre. Il rentre à Toulon le lendemain 25 septembre 1943.

Le 10 octobre 1943, il sort de Toulon pour accueillir le Chateaurenault. Ce dernier avait été construit à La Seyne sur Mer mais venait de réaliser sa traversée de longue durée en Amérique du Sud suivit d’une école à feu à Rufisque.

Les deux croiseurs vont manoeuvrer ensemble du 10 au 19 octobre 1943, date à laquelle la 6ème DC est dissoute mais est recrée le lendemain 20 octobre avec le De Grasse et le Chateaurenault en attendant le Guichen dont la mise en service est prévue pour fin 1943-début 1944 (Le Primauguet encore à Toulon est placé hors rang).

Après une période d’entretien à flot du 21 au 30 octobre 1943, le Lamotte-Picquet quitte Toulon le 31 octobre, fait escale à Bizerte le 4 novembre pour se ravitailler en carburant avant de gagner la Méditerranée, franchissant le canal de Suez le 12 novembre après un ravitaillement en carburant à Port Saïd. Il arrive à Djibouti le 17 novembre 1943.

Le 19 novembre 1943, le croiseur léger Lamotte-Picquet devient navire-amiral des Forces Navales de l’Afrique Equatoriale Française (FNAEF).

On peut s’étonner que le navire-amiral des FNAEF ne soit pas stationné à Diego-Suarez, la base navale la mieux équipée (ou en voie de l’être) mais il faut rappeler qu’à l’époque l’Italie revendique Djibouti et que ce point d’appui en apparence en cul de sac peut s’appuyer sur le Somaliland  et le Yémen britannique.

Après un passage au bassin du 18 novembre au 15 décembre 1943, le Lamotte-Picquet sort pour essais du 16 au 22 décembre avant un entrainement en compagnie de l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 23 décembre au 2 janvier 1944.

Le Lamotte-Picquet quitte Djibouti le 15 janvier 1944 pour entrainement dans l’Océan Indien en compagnie du Savorgnan de Brazza. Du 18 au 24 janvier, les deux navires se pourchassent, simulant à tour de rôle un navire corsaire et son poursuivant.

Après une escale à Mahé (Seychelles) du 26 au 31 janvier, les deux navires s’entrainent à l’escorte de convois _le Savorgnan de Brazza simulant un cargo rapide transportant un chargement précieux_ du 1er au 8 février avant une escale à Diego-Suarez du 9 au 12 février 1944.

Le 13 février 1944, le Lamotte-Picquet sort avec le Savorgnan de Brazza et le D’Entrecasteaux pour une phase d’entrainement intensive. Cela commence par un exercice de bombardement littoral du 14 au 19 février suivit d’un ravitaillement à Diego-Suarez avant un entrainement au combat de nuit du 21 au 28 février.

Après un nouveau ravitaillement à Diego-Suarez, le Savorgnan de Brazza et le D’Entrecasteaux embarquent chacun 120 hommes pour une opération amphibie à La Réunion.

Le Lamotte-Picquet se charge de neutraliser les défenses côtières de Port-des-Galets le 3 mars avant que les deux aviso ne forcent l’entrée du port pour débarquer ses troupes et reprendre l’île.

Les trois navires patrouillent ensuite autour de l’île de la Réunion pour soutenir la reconquête menée par les 240 fantassins coloniaux en simulant des tirs contre la terre jusqu’au 9 mars 1944.

Après une école à feu en mer les 10 et 11 mars, les trois navires font escale à Port-des-Galets du 12 au 16 mars 1944 avant de se séparer, le D’Entrecasteaux rentre à Diego-Suarez alors que le Lamotte-Picquet et le Savorgnan de Brazza rentrent à Djibouti le 20 mars 1944.

Après une période d’indisponibilité du 21 mars au 2 avril, le Lamotte-Picquet sort pour un entrainement dans le Golfe d’Aden, entrainement qui le voit engagé en mer du 3 au 12 avril avant une escale à Aden du 13 au 17 avril avant de rentrer à Djibouti le 21 avril 1944.

Il ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden, quittant Djibouti le 28 avril pour une première patrouille du 28 avril au 8 mai. Après une escale à Aden du 9 au 11 mai, il effectue une deuxième et dernière patrouille du 12 au 19 mai avant de rentrer à Djibouti le 21 mai 1944.

Du 24 au 27 mai 1944, le croiseur lourd Tourville fait escale à Djibouti. C’est là qu’à lieu la cérémonie de transfert du pavillon entre le Lamotte-Picquet et le Tourville, ce dernier devenant navire-amiral des FNAEF.

Le croiseur léger repart le 8 juin pour un entrainement en compagnie du Savorgnan de Brazza jusqu’au 18 juin, date de leur arrivée à Aden. Le jour même de leur arrivée, des émeutes éclatent dans cette ville.

Les commandants des deux navires français proposent l’intervention de leurs compagnies de débarquement. Cette aide précieuse est acceptée par les autorités locales et 98 soldats français participent à la répression des émeutes non pas directement mais en sécurisant certains lieux sensibles, libérant ainsi des troupes britanniques.

Les deux navires français repartent le 24 juin 1944 pour un nouvel exercice commun en mer d’Oman jusqu’au 5 juillet avant de faire escale jusqu’au 8 juillet à Mascate avant de rentrer à Djibouti le 13 juillet, les compagnies de débarquement des deux navires paradant en ville le lendemain pour la fête nationale.

Indisponible pour avarie du 17 juillet au 4 août, le Lamotte-Picquet ressort du 5 au 8 août pour essais avant remise en condition du 9 au 21 août. Il enchaine par une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden en appareillant de Djibouti le 24 août.

Le 27 août, en pleine nuit, il repère un navire naviguant tous feux éteints dont l’attitude lui paraît suspecte. Le croiseur arraisonne le cargo suédois Wilhem Carlsson qui transportait du coton entre l’Inde et Egypte. Après vérifications, le cargo est libre de repartir après avoir rallumé ses feux de navigation.

La mission de surveillance s’achève le 12 septembre par une escale à Aden jusqu’au 21 septembre où le croiseur peut réparer un diesel-alternateur recalcitrant qui obligeait le navire à limiter sa consommation électrique. Il est de retour à Djibouti le 24 septembre 1944.

Après une courte sortie d’entrainement du 27 au 30 septembre, le croiseur léger Lamotte-Picquet quitte Djibouti le 10 octobre pour retrouver le lendemain au large, le croiseur lourd Tourville pour un entrainement en commun.

Les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 12 au 19 octobre avant de faire escale à Aden du 20 au 23 octobre et à Mascate du 25 au 28 octobre avant de se séparer : le Lamotte-Picquet rentre à Djibouti son port d’attache le 1er novembre alors que le Tourville rentre à Diego Suarez le 4 novembre 1944.

Le 12 novembre 1944, le croiseur léger quitte Djibouti pour une croisière aux Indes. Il fait escale à Aden le 15 novembre pour débarquer deux marins malades avant de gagner Mascate pour une escale du 18 au 20 novembre.

Il traverse la mer d’Oman pour faire escale à Karachi du 22 au 27 novembre, à Bombay du 29 novembre au 2 décembre, à Cochin du 4 au 8 décembre puis à Trinconmalee du 12 au 15 décembre avant de faire demi-tour, faisant escale à Mahé du 17 au 19 décembre avant de rentrer à Djibouti le 25 décembre 1944.

Le Lamotte-Picquet débarque ses munitions et vidange ses soutes du 5 au 8 janvier 1945 pour subir un petit carénage. Il est échoué au bassin du 12 janvier au 25 juin 1945 avant d’être remis à flot pour des travaux complémentaires à quai jusqu’au 4 juillet. Après des essais à la mer du 5 au 12 juillet, il est en remise en condition du 13 juillet au 14 août 1945.

Il reprend la mer pour un entrainement commun avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 20 août au 2 septembre 1945 suivit d’une escale à Aden du 3 au 7 septembre, à Mascate du 9 au 11 septembre. Ils franchissent le détroit d’Ormuz le 13 septembre, font escale à Abu Dhabi du 15 au 18 septembre puis à Koweit City du 20 au 24 septembre avant de faire demi-tour, se ravitaillant à Mascate le 29 septembre, faisant la dernière partie du voyage sans escale, arrivant ainsi à Djibouti le 4 octobre 1945.

Après une période d’indisponibilité du 5 au 15 octobre pour entretien à flot et repos de l’équipage, le croiseur léger reprend la mer pour des essais du 16 au 19 octobre alors qu’on apprend que son désarmement est envisagé pour 1947/48. Il effectue un entrainement en solitaire dans le Golfe d’Aden du 20 octobre au 3 novembre avant de rentrer à Djibouti le lendemain 4 novembre.
Il ressort pour une mission de surveillance de la Somalie italienne le 12 novembre 1945, patrouillant du 12 au 28 novembre avant une escale à Aden jusqu’au 1er décembre quand il reprend la mer pour une deuxième patrouille du 2 au 10 décembre. Après un rapide ravitaillement à Aden le 11 décembre, il effectue une troisième patrouille du 12 au 22 décembre avant de rentrer à Djibouti le 24 décembre 1945.

Le Lamotte-Picquet effectue une petite sortie du 3 au 7 janvier 1946 au large de Djibouti pour une mission de sécurisée suite à plusieurs incidents armés entre tirailleurs sénégalais et bandits armés.

Le 12 janvier 1946, le croiseur léger était au mouillage dans le grand bassin du port de Djibouti, se préparant à appareiller pour un exercice de défense aérienne à la mer. A 9.45, alors qu’il montait en pression, une chaudière explose tuant cinq chauffeurs tandis que douze étaient grièvement brûlés (trois décéderont par la suite).

L’explosion provoque un incendie qui est vite contenu puis maitrisé. Cette explosion désaxa les turbines bâbord et donc les lignes d’arbre bâbord, les hélices endommageant gravement la poupe avant qu’elle ne soient découplées, provoquant des voies d’eau significative.

Le navire est échoué pour éviter un possible naufrage. Les voies d’eau sont colmatées et l’eau évacuée par les pompes des remorqueurs. Le navire est allégé de son mazout et de ses munitions puis mis au bassin le 15 janvier 1946.

L’inspection montre de très graves avaries d’autant plus graves pour un navire aussi âgé. Sa remise en état ne se justifiant plus, le couperet tombe le 2 février 1946 : le Lamotte-Picquet est désarmé.  

Un temps, on envisagea de conserver l’ancien navire comme batterie flottante à Djibouti mais in fine on préféra le ramener en métropole. Le croiseur est privé de toute son artillerie qui va servir à Djibouti pour renforcer la protection de la Côte Française des Somalis (CFS), quatre canons de 155mm étant installés dans des emplacements bétonnés, les autres étant préservés comme pièces de rechange.

La coque du croiseur léger est prit en charge par le croiseur lourd Colbert le 26 avril 1946 puis remorquée jusqu’en métropole, franchissant le canal de Suez le 3 mai, rentrant à Toulon le 13 mai.

Mouillé au Brégaillon, il est ensuite échoué sur le dock flottant des chantiers navals de la Seyne sur Mer du 14 au 30 septembre pour colmater les brèches dans la coque. La coque est remorquée à Saint Mandrier pour servir de brise-lames puis de ponton-caserne.

Il est mis en place le 12 octobre 1946 et devient officiellement ponton-caserne au printemps 1947, l’intérieur de la coque et les superstructures étant transformées en dortoirs pour le personnel de la BAN, le personnel extérieur voir les navires en refonte à Toulon.

Quand la guerre éclate le 5 septembre 1948, le ponton-caserne reçoit des pièces de DCA pour sa propre protection et celle du port de Toulon, plus précisément huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples plus des mitrailleuses Darne de 7.5mm dont l’effet était plus psychologique qu’efficace.