17-Aviation navale (45)

SNCAO CAO-700M

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

En 1937, l’armée de l’air lance le programme technique A20 demandant un bombardier multimoteur à cinq membres d’équipage pour compléter les futurs Lioré et Olivier Léo 451 et Amiot 351 (sans parler de leurs dérivés respectifs).

Ce programme aboutit à la mise au point du SNCAO CAO-700, un bombardier lourd quadrimoteur qui reprenait le fuselage de l’hydravion torpilleur Loire-Nieuport LN-10 (le perdant de la compétition l’opposant au Bloch MB-480 qui donna naissance au MB-481) avec de nouvelles ailes et pour motorisation quatre moteurs Gnôme Rhône 14N-49 identiques à ceux du Léo 451.

Dès la mise au point de ce quadrimoteur, décision est prise de développer plusieurs variantes dont une variante de reconnaissance maritime pour la marine baptisé CAO-700M et qui permet à l’Aviation Navale de se doter de l’équivalent pour la Luftwafe du Focke-Wulf Fw200 Condor.

Le CAO-700 version bombardier effectue son premier vol le 24 juin 1940 et devant des résultats satisfaisants, la marine commande deux prototypes en version CAO-700M, prototypes qui effectuent leurs premiers vols respectivement le 8 octobre et le 2 novembre 1940.

Les essais se passent bien et dès le 4 janvier 1941, la marine passe une première commande de 54 appareils pour équiper cinq unités dont une composite ce qui explique ce chiffre de 54 alors que l’effectif type d’une escadrille c’est douze appareils. Cette commande est honorée entre mars et décembre 1941 à raison de six appareils par mois ce qui constitue une excellente cadence.
Une deuxième commande est passée en avril 1942 pour 46 appareils qui doivent équiper six escadrilles dont quatre composites et deux conventionnelles. Cette commande est honorée entre juillet  1942 et juin1943 à raison de quatre appareils par mois.

Les unités étant toutes équipées, les commandes auraient pu s’arrêter là mais il faut prévoir les pertes et donc un volant de fonctionnement d’où la commande en septembre 1943 de 50 appareils soit un taux de remplacement de 50%. Cette commande est honorée entre octobre 1943 et octobre 1944 (quatre appareils par mois environ).

Enfin, quatrième et dernière commande, en septembre 1947, 50 appareils sont commandés pour renouveler un stock qui à en partie fondu puisque 15 appareils ont déjà été perdus (et remplacés y compris dans les unités déployées dans l’Empire). Cette commande est honorée entre octobre 1947 et juin 1948.

Tous ces appareils sont de type CAO-700M mais après cette quatrième commande, ce modèle va céder la place au CAO-710M, version améliorée équipée de moteurs plus puissants, d’un armement défensif accru et d’une capacité nouvelle : un radar aéroporté.

-L’Escadrille 16E est la première à recevoir le nouvel appareil et ce dès sa création le 12 juillet 1941 sur la base aéronavale de Sidi-Ahmed. Douze CAO-700M flambants neufs lui sont ainsi confiés pour patrouiller en Méditerranée pour notamment surveiller les mouvements de la flotte italienne.

Elle participe également à de nombreux exercices avec d’autres unités de la marine mais également avec des unités de l’armée de l’air.

Au 1er septembre 1948, la 16E à utilisé un total de seize appareils soit quatre appareils perdus et remplacés par des appareils stockés en métropole et qui rejoignent donc en vol la Tunisie et Sidi-Ahmed.

A l’annonce des bombardements allemands en Scandinavie, l’escadrille 16E renforce sa présence au dessus de la Mare Nostrum en surveillant notamment les mouvements de la flotte italienne depuis le port de Tarente.

-L’Escadrille 2T reçoit en septembre 1941 douze CAO-700M en remplacement de ses seize Latécoère Laté 298 et devient donc l’Escadrille 12E. Déployée à Fréjus-Saint Raphaël, elle assure la surveillance des approches de Toulon et l’appui des unités de la 2ème Escadre en leur offrant une capacité de surveillance à long rayon d’action.

Durant ses sept années d’utilisation opérationnelle, l’escadrille 12E perd trois appareils : un mer et deux suite à des atterrissage hasardeux, ces appareils sont remplacés par des appareils issus des stocks de la marine. Si le premier coûte malheureusement la vie à son équipage, les deux autres ne provoquent pas de pertes en vie humaines.

-Toujours en septembre 1941, une nouvelle escadrille reçoit le premier véritable avion de patrouille maritime français.

Il s’agit de la 14ème Escadrille de Bombardement (14B) basée à Tripoli-du-Liban qui dispose de 6 CAO-700M en plus de ses 8 bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456.

En dépit d’une activité intensive, elle ne perd jusqu’en septembre 1948, un appareil qui se crashe en mer après avoir manqué l’aterrissage à Tripoli-du-Liban, crash qui ne fait que des blessés parmi l’équipage.
-L’Escadrille 7E est officiellement créée le 7 décembre 1941 sur la base aéronavale de Lann-Bihoué prêt de Lorient. Elle reçoit douze CAO-700M pour assurer une mission de sanctuarisation du Golfe de Gascogne et de traque des sous-marins et des raiders allemands loin dans l’Atlantique.

Deux appareils sont perdus jusqu’au 31 août 1948, un en mer (équipage porté disparu présumé mort) et un à terre à l’atterrissage, l’équipage étant blessé mais l’appareil irrécupérable est cannibalisé pour fournir des pièces détachés. Les appareils perdus sont promptement remplacés.

A partir du 31 août 1948, les douze CAO-700M vont se relayer pour maintenir une patrouille permanente dans le Golfe de Gascogne en liaison avec leurs homologues mais rivaux de la 9E basée à Lanvéoc-Poulmic.

-L’escadrille 9E est activée en septembre 1942 sur la base de Lanvéoc-Poulmic. Elle remplace numériquement au sein de la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) l’escadrille 5B/12R qui devenue escadrille embarquée à rejoint Hyères-Le Palyvestre. Ses douze appareils sont les derniers de la commande n°1.

Elle est chargée de missions de surveillance et de patrouille maritime dans l’Atlantique et dans le Golfe de Gascogne en coopération avec le 7E basée à Lann-Bihoué prêt de Lorient.

Un appareil perdu en mars 1945 à l’atterrissage (deux morts et trois blessés) et un deuxième est réformé en septembre 1947 suite à des fragilités structurelles au niveau des bâtis moteurs 2 et 3, ces deux appareils étant  remplacés par des appareils stockés à cet effet.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et vont se relayer pour notamment couvrir les convois atlantique sans oublier la traque des sous-marins et d’éventuels croiseurs auxiliaires allemands même si leur présence si près des côtes françaises est assez peu probable.

-L’Escadrille 13R créée en septembre 1941 avec douze Bloch MB-131 sur la BAN de Than-Son-Nut près de Saïgon reçoit le 21 juillet 1943 douze CAO-700M, appareils venus de France en vol ce qui constitue un véritable périple. Ces appareils étant les premiers CAO-700M de la deuxième commande.

Cette unité quitte Than-Son-Nut en novembre 1947 pour rallier la base aéronavale de Cam-Ranh et poursuivre ses missions de surveillance qui le conduisait aussi bien dans le Golfe du Tonkin que dans le Golfe du Siam.

Elle participait également à de nombreux exercices avec les FNEO, l’armée de l’air et l’armée de terre, s’essayant par exemple au parachutage de conteneurs en montagne pour ravitailler des garnisons isolées mais également au bombardement terrestre.

Cette unité perd deux appareils suite à des accidents à l’atterrissage à Than-Son-Nut en 1945 et 1946, deux appareils réformés et cannibalisés, deux appareils venus de France en vol  rejoignant Cam-Ranh en décembre 1947.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 13R participe à des missions de surveillance au large des côtes indochinoises de crainte que le Japon ne profite de la guerre en Europe pour attaquer en Indochine.

-L’Escadrille 18E équipée depuis sa création (10 octobre 1941) de huit Bloch MB-131 reçoit enfin en septembre 1943 des appareils plus adaptés à sa mission. En effet, les cinq Bloch MB-131 encore en état de vol sont remplacés par quatre CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456.
Cette escadrille est chargée en cas de conflit d’attaquer la flotte italienne de la mer Rouge et son trafic commercial même si un conflit entre la Grande Bretagne et l’Italie entrainerai la fermeture du canal de Suez aux italiens.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 et maintiennent une garde vigilante dans le détroit de Bab-El-Mandeb en coopération avec les forces de surface et les forces britanniques présentent en force dans la région, les CAO-700M pistant les navires italiens et les Léo 456 se tenant prêts à neutraliser à la bombe ou à la torpille les navires de guerre italiens présents dans la région.

Entre septembre 1943 et septembre 1948, l’escadrille 18E à perdu un CAO-700M, vite remplacé par un avion venu de métropole.

-L’Escadrille 22E voit le jour le 10 juin 1944 sur la base aéronavale d’Alger-Maison Blanche avec pour équipement douze CAO-700M de patrouille maritime.

Cette escadrille est chargée de renseigner la 4ème Escadre sur les mouvements de la flotte italienne notamment les unités venant de Sardaigne et de Sicile qui pourraient vouloir s’en prendre au trafic commercial entre les ports d’Afrique du Nord et ceux de métropole.

En septembre 1948, les douze appareils d’origine sont encore en service soit un taux d’attrition nul et dès le 1er septembre, la 22E va maintenir une présence permanente au dessus des flots, n’hésitant pas à aller jusqu’en Sardaigne, les CAO-700M se ravitaillant en Corse ou sur le continent en fonction de la durée de la patrouille avant de retourner à leur base d’Alger.

-L’Escadrille 24E est officiellement activée le 15 juin 1947. Équipée de huit CAO-700M et de huit Lioré et Olivier Léo 456, la 24ème escadrille d’exploration à pour mission à la fois de surveiller la Mer de Corail en coopération avec la marine et l’armée de l’air australienne et si nécessaire l’interdiction à l’ennemi _sous entendu japonais_ de ces eaux, le Léo 456 n’étant pas le plus mauvais des bombardiers-torpilleurs.

Quand éclate la guerre en Europe le 5 septembre 1948, les CAO-700M redouble d’activité tout comme les Léo 456 qui multiplie les entrainements au lancement de torpilles et au bombardement à moyenne et basse altitude. Tous les appareils arrivés en juin 1947 sont encore en service quinze mois plus tard.

-L’Escadrille d’Aviation Navale des Antilles (EANA) est créée administrativement en novembre 1946 mais ce n’est qu’en juin 1947 qu’elle reçoit ses appareils dont quatre CAO-700M de patrouille maritime et secondairement de bombardement.

Ces appareils qui sont encore tous en service en septembre 1948 ont pour mission de surveiller les petites Antilles depuis leur base de Fort de France-Schoelcher même si leur long rayon d’action leur permettait également de surveiller les côtes sud-américaines, les avions faisant alors une escale de ravitaillement à Cayenne avant de rentrer en Martinique.

-En octobre 1947, une nouvelle flottille voit le jour, la 1ère flottille mixte d’aviation navale basée à Dakar-Bel Air et qui regroupe comme son nom l’indique des hydravions et des avions terrestres dont ceux de la 19E (six CAO-700M et 8 Lioré et Olivier Léo 456).

Cette flottille créée le 7 juin 1947 doit lutter notamment contre les sous-marins et les raiders allemands dans l’Atlantique Sud.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et à partir du 5 septembre 1948, les CAO-700M et même les Léo 456 vont patrouiller au large de Dakar, assurant des patrouilles de surveillance mais également la couverture de convois.

Au 1er septembre 1948, l’Aviation Navale à commandé et reçut 200 CAO-700M mais seulement cent ont été mis en ligne au sein de onze unités (cinq composites et six conventionnelles).

Un total de quinze appareils à été perdu, appareils tous remplacés, le stock étant donc tombé à quatre-vingt cinq  appareils qui au 1er septembre 1948 sont dispersés en métropole. Si quarante reste stockés à Orly, vingt ont gagné en vol la Bretagne sur un site qui deviendra après guerre la base aéronavale de Landivisiau et vingt-cinq un site secret dans le Morvan.

Caractéristiques Techniques du CAO-700M

Type : avion quadrimoteur de patrouille et d’attaque maritime  basé à terre

Poids : à vide 11375kg maximale 18000kg

Dimensions : Envergure 24.92m Longueur 27.90m Hauteur : 4.80m

Motorisation : quatre moteurs radiaux Gnôme et Rhône 14 N-19 14 cylindres en étoile refroidis par air et développant 1140ch au décollage et entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 540 km/h à 5300m Autonomie 2000km en version patrouille maritime Plafond opérationnel 12700m

Armement : une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm dans le nez vitré servie par le bombardier-navigateur (1200 cartouches), un canon de 20mm en tourelle SAMM à l’arrière avec 75 coups et deux mitrailleuses de 7.5mm alimentées à 3000 cartouches dans le poste inférieur arrière.

Une soute à bombe dans le fuselage pour 1500kg de bombes ou deux torpilles de 400mm. Les soutes à bombes dans les ailes de la version bombardier ont été remplacés par des réservoirs supplémentaires. En mission de patrouille maritime, la soute à bombe peut embarquer des fusées éclairantes voir des appareils photos.

Equipage : pilote et copilote installés en tandem dans le poste supérieur, un bombardier-navigateur dans le nez vitré, un canonnier dans la tourelle arrière et un radio dans le poste inférieur arrière

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Martin 167F

Martin 167F

Martin 167F

Alors que les nuages sombres s’accumulaient sur l’Europe, l’armée de l’air se mit à chercher tout azimut à moderniser ses forces. L’industrie aéronautique nationale _récemment nationalisée et encore au stade semi-artisanal_ peinant à fournir en temps et en heure des appareils, elle se tourna vers l’étranger et notamment vers les Etats-Unis.

En 1937, l’United States Army Air Corps (USAAC) lança un programme de bombardier, réclamant un bimoteur triplace volant au minimum à 322 km/h et pouvant emporter 544kg de bombes sur 1930 km.

Cinq constructeurs répondirent à ce concours. Si le Bell 9 et le Boeing Stearman X-100 restèrent à l’état de projet, trois constructeurs présentèrent des projets qui aboutirent à une production en série : le North American NA-40 plus connu sous le nom de B-25 Mitchell, le Douglas model 7 et le Glenn-Martin 167W, les deux derniers équipant l’armée de l’air sous les noms respectifs de Douglas DB-7 et Martin 167A3.

245 Glenn-Martin 167W furent livrés à la France jusqu’en décembre 1940. L’armée de l’air reçut l’immense majorité des appareils mais l’Aéronautique Navale reçut 40 appareils qui pendant un temps l’encombrèrent, l’Aviation Navale ne sachant qu’en faire.

Finalement, une unité va être créée en Indochine, l’escadrille 15B de reconnaissance et d’attaque maritime, basée à Than-Son-Nut près de Saïgon.

Créée officiellement le 21 septembre 1941, elle dispose de douze Martin 167F amenés en Indochine par bateau, en caisse et remontés sur place.

En novembre 1943, les dix appareils survivants sont remplacés par douze Bloch MB-175T de reconnaissance et d’attaque maritime. Stockés à Than-Son-Nut, ils doivent servir d’appareils de réserve en cas de conflit.

En septembre 1946, deux Martin 167F sont envoyés à Sidi-Ahmed pour remplacer au sein de la S.E deux Bloch MB-131 à bout de souffle.

Les autres appareils confiés à l’Aviation Navale sont stockés puis cédés à l’armée de l’air pour remplacer les appareils perdus par cette dernière

Caractéristiques Techniques du Martin 167F

Type : bimoteur triplace de reconnaissance et d’attaque maritime

Poids : à vide 4890kg maximal 7124kg

Dimensions : Envergure18.69m Longueur 14.22m Hauteur 5.01m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-SC-3G de 1065ch entrainant une hélice tripale Curtiss

Performances : vitesse maximale 489 km/h vitesse de croisière 408 km/h Autonomie 1800 à 2800km Plafond pratique 8830m

Armement : quatre mitrailleuses FN de 7.5mm dans le bord d’attaque des ailes, une mitrailleuse de 7.5mm en tourelle dorsale et une autre dans le poste de tir inférieure. 80Kg de charge militaire composé de bombes de 10 ou de 50kg voir d’une torpille de 400mm

Equipage : 3 hommes

Lioré et Olivier Léo 456

Lioré et Olivier LéO 451 de l'armée de l'air

Lioré et Olivier LéO 451 de l’armée de l’air

Influencé par les idées du général italien Giulio Douhet, la jeune armée de l’air s’était équipée d’avions à tout faire appelés BCR (Bombardement Combat Reconnaissance) qui s’étaient révélés comme souvent bon en rien et mauvais en tout.

Corrigeant le tir, l’armée de l’air lance en novembre 1934 le programme B5 qui demandait un bombardier performant. Un an plus tard, le nombre d’hommes d’équipage est réduit à quatre, le programme B5 devenant donc B4.

La firme Lioré et Olivier ultérieurement intégrée à la SNCASE proposa le Lioré et Olivier Léo 45 qui effectua son premier vol le 16 janvier 1937. Equipé de nouveaux moteurs, l’appareil devint le Léo 451 et fût commandé en série par l’armée de l’air.

L’Aviation Navale à  la recherche d’un bombardier-torpilleur bimoteur basé à terre s’intéressant aux bombardiers produits par l’armée de l’air et jeta son dévolu sur le Lioré et olivier Léo 451, demandant certaines modifications pour permettre à l’appareil d’opérer au dessus de la mer, donnant naissance au Léo 456 dont le prototype effectua son premier vol le 21 mai 1940.

Après des essais concluants, la marine passe commande le 12 septembre 1940 de 64 appareils pour équiper cinq escadrilles. A noter que les 12 premiers exemplaires sont des Léo 451 qui seront ultérieurement transformés en Léo 456.
A cette première commande satisfaite entre novembre 1940 et août 1941 succède une deuxième commande de 32 appareils en janvier 1942 pour constituer une réserve d’appareils, ces appareils étant livrés entre mars et juin 1942.

La troisième commande passée en septembre 1943 voit l’Aviation navale commander 88 Lioré et Olivier Léo 456 répartis équitablement entre les unités en ligne (44) et pour le volant de fonctionnement (44), ces appareils étant livrés entre novembre 1943 et juillet 1945. Le total des appareils commandés est donc de 184 appareils.

-La première escadrille à être équipée est l’escadrille 7B créée en mai 1941 sur la base de Lann-Bihoué près de Lorient. Elle est équipée de douze Lioré et Olivier Léo 451, identiques à ceux de l’armée de l’air.

Huit de ces appareils sont transformés en Léo 456, les quatre autres sont perdus avant d’être transformés et son remplacés par quatre Lioré et Olivier Léo 456 issus des stocks ou livrés neufs à l’escadrille.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 date à laquelle l’escadrille est mise en alerte pour faire face à toute éventualité.

Le 5 septembre 1948, à l’annonce des bombardements allemands sur le Danemark et la Norvège, elle reçoit l’ordre de faire mouvement vers le Nord de la France et l’aérodrome de Lille-Lesquin, première étape vers soit un déploiement avancé en Belgique ou en Grande Bretagne.

-L’Escadrille 14B créée en juin 1941 est une escadrille mixte basée à Tripoli-du-Liban disposant de huit Lioré et Olivier Léo 456 en plus des six CAO-700M

Comme pour les autres escadrilles du Commandement Levant de l’Aviation Navale (CLAN), l’escadrille 14B à une double mission : défense des mandats syriens et libanais et appui à la DNL en lui fournissant une capacité de reconnaissance et de riposte lointaine.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si en sept ans d’entrainement actif, elle à perdu deux Léo 456 (en plus d’un CAO-700M) remplacés par des appareils venus de France en vol.

Ces derniers décollaient d’Orly, se ravitaillaient à Marignane, traversant la Méditerranée direction Sidi-Ahmed où ils se ravitaillent à nouveau pour franchir la dernière étape en direction Beyrouth même si parfois, ils font étape en Crète ou à Chypre suite à un accord avec les autorités grecques et britanniques.

Le 1er septembre 1948, l’escadrille 14B est mise en alerte suite aux tensions de plus en plus importantes en Méditerranée, les CAO-700M tout comme les Léo 456 effectuant de nombreuses patrouilles au large des côtes syro-libanaises. L’état d’alerte est allégé à partir du 10 septembre 1948.

-L’Escadrille 12B est créée le 13 juillet 1941 sur la base de Sidi-Ahmed, l’escadrille de bombardiers-torpilleurs de la 4ème FAN. Opérant souvent de concert avec la 10B _un Bloch MB-175T guidant trois ou quatre Léo 456_, l’escadrille 12B participe aussi à plusieurs exercices avec l’armée de l’air avec entrainements communs au bombardement, _les deux entités apportant leur expertise dans des domaines étrangers à l’autre_ ou des duels amicaux entre chasseurs et bombardiers, l’un des exercices entrainant la perte d’un Léo 456 et d’un D-520 en mars 1944.

Le 6 mai 1945, un Léo 456 de l’unité largue une bombe réelle de 100kg sur le torpilleur léger l’Alsacien lors d’un exercice de défense aérienne à la mer, bombe qui détruit la tourelle II mais sans faire de victime. Fort heureusement, les exercices avec la 6ème EL se passent le plus souvent sans incidents.

Jusqu’au 31 août 1948, l’escadrille 12B va perdre trois bimoteurs, remplacés par des appareils issus des stocks de l’Aviation Navale.

Le 1er septembre 1948, l’escadrille est mise en alerte, les exercices et entrainement sont suspendus, l’unité se préparant à mener des missions de guerre. Les plans sont actualisés, les appareils révisés…… . L’Italie ne bougeant pas, les exercices reprennent le 8 septembre 1948, exercices se faisaient de plus en plus souvent avec des munitions de guerre au cas ou……. .

-L’Escadrille 8T est transformée sur Lioré et Olivier Léo 456 en novembre 1941 avec seize appareils de ce type. Une fois sa transformation achevée, l’unité est transférée de la 4ème FH à la 2ème FAN et de Saint Mandrier, elle rejoint Fréjus-Saint Raphaël.

Ces appareils étaient toujours en service en septembre 1948 même si sur les seize du début, seuls onze étaient encore présents, trois ayant été perdus au cours d’exercices et deux réformés suite à une usure prononcée et à la découverte de faiblesses structurelles rendant le vol à basse altitude dangereux.

-L’Escadrille 3B est transformée sur douze Lioré et Olivier Léo 456 à partir du mois de mars 1942, l’unité étant considérée comme opérationnelle sur cet appareil en juin de la même année. Elle reste basée à Lanvéoc-Poulmic.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial même si il ne reste que neuf appareils du lot initial, les trois appareils restant étant des appareils de remplacement. L’attaque sur la Norvège et le Danemark entraine la mise en alerte de l’escadrille qui reçoit l’ordre de se tenir prêt à être déployée en Angleterre ou en Ecosse.

-L’Escadrille 15T est créée le 15 juin 1945 sur la base aéronavale de Calais-Marck pour compléter les forces de la 1ère FAN. Elle est équipée de douze appareils.

Cette escadrille déclarée opérationnelle le 4 août 1945 doit interdire La Manche et les côtes du Benelux à la marine allemande si cette dernière voulait appuyer une progression de la Heer en Belgique selon un plan inspiré du plan Schlieffen de 1914.

Elle pourra aussi participer à l’appui du corps de bataille engagé en Belgique. Au 5 septembre 1948, les douze appareils d’origine sont pleinement opérationnels se prépare à participer à de futures opérations de guerre.

-L’Escadrille 16T est créée sur la base aéronavale d’Alger-Maison Blanche en juin 1944 avec douze Lioré et Olivier Léo 456 pour appuyer les unités de la 4ème Escadre.

Ces douze élégants bimoteurs sont chargés de frapper la flotte italienne et son commerce à l’aide de bombes, de torpilles voir de roquettes après par exemple avoir été guidés par un CAO-700M de la 22E et protégés de la chasse ennemie par des D-520 de la 14C.

Au 5 septembre 1948, l’unité (qui à utilisé un total de dix-sept Lioré et Olivier Léo 456) est sur le pied de guerre, parée aussi bien à attaquer à la torpille les navires italiens qu’à bombarder la Sicile, la Sardaigne où le sud de la péninsule italique.
-L’Escadrille 24T est officiellement activée en avril 1947 à Haïphong avec douze bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456.

Bien qu’intégrée à la 12ème flottille d’aviation navale, la 24T est basée à Haïphong avec une double mission : l’attaque à la torpille d’une force navale ennemie pénétrant dans le Golfe du Tonkin et l’appui des troupes au sol défendant le Tonkin et notamment la ligne Haïphong-Hanoï appelée Ligne Doumer.

En septembre 1948, l’unité est toujours basée dans le grand port du nord de l’Indochine et à l’annonce des raids allemands sur la Norvège et le Danemark, les douze bombardiers-torpilleurs sont dispersés pour éviter qu’un raid surprise japonais ne neutralise d’un coup l’unité.

-En juin 1947, huit Lioré et Olivier Léo 456 arrivent démontés à Fort de France à bord ducargo  Anadyr des Messageries Maritimes. Remontés et testés en vol, ils intègrent aussitôt l’Escadrille d’Aviation Navale des Antilles (EANA) avec pour mission l’interdiction maritime.

Caractéristiques Techniques du Lioré et Olivier Léo 456

Type : bombardier-torpilleur bimoteur quadriplace

Poids : à vide 7530kg maximale 11400kg

Dimensions : Envergure 22.52m Longueur 17.20m Hauteur 5.24m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnôme & Rhône 14N 38/39 dévellopant 1030ch à 4800m entrainant des hélices tripale Ratier

Performances : vitesse maximale 495 km/h vitesse de croisière 360 km/h autonomie maximale : 2300km avec charge militaire (2900km sans charge militaire) Plafond pratique 9000m

Armement : un canon de 20mm Hispano-Suiza HS-404 approvisionné à 120 coups en poste arrière remplacé ultérieurement par un affût double de mitrailleuses de 7.5mm alimenté à 3000 coups, une puis deux mitrailleuses fixes de 7.5mm dans le nez avec 5000 coups et une mitrailleuse ventrale dans une cuve retractable avec 100 coups. 1400kg de charge militaire dont 1000kg en soute (bombes ou une torpille).

17-Aviation navale (33)

Escadrille 21T

Cette escadrille est créée le 21 juin 1947 sur la base de Lann-Bihoué prêt de Lorient en même temps que la 11ème flottille d’aviation navale (11ème FAN), le groupe aérien du porte-avions léger Henriette de France

La principale mission de ce porte-avions est l’appui des croiseurs et des contre-torpilleurs de la 3ème Escadre Légère, appui qui passe par la fourniture d’une capacité de reconnaissance lointaine et une ombrelle aérienne contre l’aviation ennemie voir un appui-feu avec notamment la 21T et ses six Latécoère Laté 299-5.

Du 25 juin au 12 août 1947, l’escadrille 21T participe avec le reste de la 11ème FAN à un entrainement aviation intensif entre Casablanca et Dakar avant de rentrer à Brest le 19 août.

Après la traversée de longue durée du 24 septembre au 29 novembre, la 21T sort à nouveau pour entrainement du du 25 au 30 décembre 1947 et du 4 au 12 janvier 1948.

Du 12 au 18 février 1948, elle participe à l’exercice «Centaure» avec les croiseurs de la 3ème Escadre Légère  puis enchaîne par deux entraînements organisés du 27 février au 12 mars 1948 et du 29 avril au 8 mai dans le Golfe de Gascogne avant de terminer par un entrainement au large de Dakar du 16 mai au 2 juin.

Le porte-avions Henriette de France subissant un petit carénage du 10 juin au 5 août, la 21T comme le reste de la 11ème FAN s’entraine depuis la terre avant de retrouver leur plate-forme opérationnelle à partir du 12 août pour remise en condition puis entrainement jusqu’au 4 septembre.

Suite à l’attaque allemande sur la Norvège et le Danemark, les alliés décident de riposter, voulant à tout prix éviter une Norvège sous la botte allemande.

L’Henriette de France reçoit pour mission de couvrir le convoi transformant le corps expéditionnaire franco-polonais à Rosyth pour rejoindre les troupes anglaises prévues pour cette riposte terrestre. L’escadrille 21T va assurer une mission de patrouille anti-sous-marine tout en se préparant à sa future mission d’assaut en Norvège.

Escadrille 22T

Pour renforcer les capacités de l’aéronavale depuis Dakar, décision est prise de créer une flottille mixte regroupant hydravions et avions.

L’escadrille 5R équipée de Loire 130 étant la seule unité basée en AOF, décision est prise de créer en  cette année 1947 plusieurs escadrilles dont une escadrille de douze hydravions torpilleurs Bloch MB-481

Cette unité créée officiellement le 12 septembre 1947 va assurer la protection du port de Dakar  contre un possible raid antisurface mais également contre les sous-marins opérant au large de la capitale de l’AOF.

Au 5 septembre 1948, l’unité qui dispose de douze hydravions (tous du lot d’origine) multiplie les patrouilles anti-sous-marines au large de Dakar pour protéger les convois partant de ce port et ralliant Casablanca, Le Verdon et Brest.

Escadrille 23T

En mars 1947 est créée  la 23ème escadrille de torpillage (23T) équipée de huit hydravions torpilleurs Bloch MB-481. Comme les autres unités de la 11ème flottille d’hydravions, cette escadrille est basée à Cam-Ranh.

Sa mission est d’appuyer les FNEO et compenser la probable infériorité des forces navales françaises contre les japonais en menant de nuit un raid surprise contre les forces japonaises.

En septembre 1948, le nombre d’avions à été porté à douze avec l’arrivée de douze appareils démontés. Si quatre d’entre-eux sont montés et utilisés par la 23T, les huit autres sont montés mais stockés à Than-Son-Nut comme réserve d’attrition.

Escadrille 24T

En avril 1947 est activée la 24ème escadrille de torpilleurs qui reçoit comme équipement douze bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456.

Bien qu’intégrée à la 12ème flottille d’aviation navale, la 24T est basée à Haïphong avec une double mission : l’attaque à la torpille d’une force navale ennemie pénétrant dans le Golfe du Tonkin et l’appui des troupes au sol défendant le Tonkin et notamment la ligne Haïphong-Hanoï appelée Ligne Doumer.

En septembre 1948, l’unité est toujours basée dans le grand port du nord de l’Indochine et à l’annonce des raids allemands sur la Norvège et le Danemark, les douze bombardiers-torpilleurs sont dispersés pour éviter qu’un raid surprise japonais ne neutralise d’un coup l’unité.

17-Aviation navale (18)

Escadrille 11R

En septembre 1939 est activée à Saïgon sur l’aérodrome de Than-Son-Nut l’escadrille 8S6 qui dispose de six Loire 130C et de deux CAMS-55 pour l’entrainement et les taches de servitude.

Cette unité assure des missions de surveillance côtière et doit en cas de conflit appuyer en haute mer les FNEO.

En octobre 1940, l’escadrille 8S6 du Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) devient l’escadrille 11R.

Cette escadrille perd au cours de l’année 1941 ses CAMS-55 mais reçoit deux autres Loire 130 ce qui porte le nombre d’appareils en ligne à huit. Elle est redéployée à Cam-Ranh à partir de janvier 1945.

En juin 1947, les cinq Loire 130C survivants sont remplacés par douze Consolidated PBY-5 Catalina, la version amphibie du célèbre hydravion de patrouille ce qui accroit ses capacités de patrouille et d’action.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 11R participe à un dispositif de surveillance des côtes de la Cochinchine.

Escadrille 12R

L’ascendance de l’escadrille 12R est particulièrement complexe. En septembre 1939 existe une escadrille AB-2, l’escadrille de reconnaissance et de surveillance de la F1A, la flottille du Béarn qui est équipée de dix Levasseur PL.101, sa base terrestre étant Lanvéoc-Poulmic prêt de Brest.

A l’origine, elle devait recevoir des bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-401 mais le débarquement de la flottille du Béarn entraine sa transformation en unité mixte opérationnelle/instruction.

Elle conserve ses vieux Levasseur pour d’éventuelles missions de guerre (même si les PL.101 sont plus des antiquités volantes qu’autre chose) et va recevoir des CAO-600 pour assurer la formation pratique des pilotes et des observateurs destinés notamment au groupe aérien du Joffre.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) avant d’être rebaptisé 5B. En décembre 1941, il ne reste plus que sept Levasseur PL.101 mais on compte six CAO-600.

Levasseur PL.101 appontant sur le Béarn

Levasseur PL.101 appontant sur le Béarn

Les derniers PL.101 sont interdits de vol en mars 1942 à une époque où l’escadrille est entièrement transformée sur CAO-600 soit neufs appareils. Elle est alors rebaptisée 12R et intègre la 6ème flottille d’aviation (6ème FAN), ralliant sa nouvelle base de Hyères-Le Palyvestre.

Cette unité est chargée d’une mission d’éclairage au profit du porte-avions et des forces navales avec secondairement des missions de torpillage et d’attaque. Secondairement, on verra certains CAO-600 expérimenter le commandement de la chasse voir même la chasse lourde.

Du 2 septembre au 12 décembre 1946, le Joffre est immobilisé pour un petit carénage et l’escadrille 12R troque ses huit CAO-600 (trois appareils perdus et remplacés, un appareil perdu mais non remplacé) par neuf CAO-610 qui sont tous en service en septembre 1948.

Escadrille 13R

Bloch MB-131

Bloch MB-131

Le 12 septembre 1941 est activée à Than-Son-Nut l’escadrille 13R destinée à renforcer les capacités de surveillance aéromaritime au profit des FNEO. Faute d’un matériel moderne, elle dispose de douze Bloch MB-131 cédés sans déplaisir par l’armée de l’air.

Le 21 juillet 1943, douze CAO-700M arrivent à Than-Son-Nut pour remplacer les Bloch MB-131 dont seulement huit étaient encore en service, quatre appareils ayant été réformés suite à une usure prononcé de la cellule et des moteurs.

Cette unité quitte Than-Son-Nut en novembre 1947 pour rallier la base aéronavale de Cam-Ranh et poursuivre ses missions de surveillance qui le conduisait aussi bien dans le Golfe du Tonkin et dans le Golfe du Siam.

Cette unité perd deux appareils suite à des accidents à l’atterrissage à Than-Son-Nut en 1945 et 1946, deux appareils réformés et cannibalisés, deux appareils venus de France en vol (!) rejoignant Cam-Ranh en décembre 1947.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 13R participe à des missions de surveillance au large des côtes indochinoises de crainte que le Japon ne profite de la guerre en Europe pour attaquer en Indochine.

Escadrille 14R

Cette escadrille est créée à Arzew près d’Oran à l’automne 1941 pour renforcer les capacités de surveillance au profit de la 4ème escadre.

Officiellement activée le 30 septembre 1941 avec douze Consolidated Catalina, l’escadrille 14R intègre la 10ème flottille d’hydravions qui se compose également de l’escadrille 14E (douze Potez-CAMS 141) et de l’escadrille 12T (douze Bloch MB-481).

Ces appareils assurent des patrouilles vers le détroit de Gibraltar en liaison avec les britanniques installés à Gibraltar mais également vers l’est jusqu’aux approches immédiates de la Sardaigne et de la Sicile. Outre la surveillance pure, la lutte anti-sous-marine devient une mission prégnante pour l’unité.

Deux appareils sont perdus en patrouille (équipages disparus présumés morts) et remplacés par deux PBY-2.

Comme les autres unités de surveillance, la 14R participent à des patrouilles permanentes au large des côtes nord-africaines avant de se préparer à couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

Escadrille 15R

Le 1er juin 1943 est créée la 7ème flottille d’aviation navale à Lanvéoc-Poulmic, la 7ème FAN étant le groupe aérien du porte-avions Painlevé.

Comme la 12R, l’escadrille 15R est équipée de neuf CAO-600 de reconnaissance, d’éclairage, de torpillage voir de bombardement. Secondairement, ces appareils pouvaient mener des missions de commandement de chasse voir de chasse lourde.

Au cours du transit Atlantique lors de la traversée de longue durée du Painlevé (15-20 juillet 1944), un CAO-600 en exercice de torpillage est victime d’une panne de moteur. S’écrasant en mer, il ne laisse aucune chance à son équipage.

Entre décembre 1946 et janvier 1947, cette unité est transformée sur CAO-610, version améliorée du CAO-600.

Après un exercice du 1er au 5 septembre 1948, l’escadrille 15R se prépare aussitôt à participer à des opérations de guerre en mer du Nord à bord du Painlevé en compagnie notamment des cuirassés Lorraine et Normandie.

17-Aviation navale (10)

D-Missions et tactiques

Couvrir et appuyer la flotte

La mission de l’Aviation Navale est d’assurer la couverture aérienne des différentes flottes et d’assurer son appui :

-Les groupes aériens embarqués doivent couvrir et appuyer le corps de bataille. Les chasseurs D-790, D-795 et MB-159M doivent protéger les cuirassés et les croiseurs de bataille des avions-torpilleurs et des bombardiers en piqué ennemis alors que les avions-torpilleurs et les bombardiers en piqué amis doivent amoindrir, ralentir le corps de bataille eadverse en particulier si notre corps de bataille est inférieur à celui de l’ennemi.

Les avions d’observation embarqués doivent repérer et pister les navires ennemis. Ils peuvent attaquer des cibles aux défenses limitées dans des missions de reconnaissance armée.

Latécoère Laté 299

Latécoère Laté 299

La menace sous-marine doit également être prise en compte ce qui explique que les avions-torpilleurs Laté 299 puis 299-5 sont régulièrement utilisés pour des patrouilles ASM qui à défaut d’être une assurance tout risque rendent difficile que l’écran des torpilleurs soit dépassé.

Il n’est donc pas (encore ?) question de confier le cœur du dispositif tactique aux porte-avions qui sont vus comme des auxiliaires brillants mais des auxiliaires tout de même.

-Les escadrilles d’hydravions basés à terre ont pour principale mission la reconnaissance stratégique et la lutte ASM.

L’envoi de troupes d’Afrique du Nord et d’Afrique Noire en Métropole rend nécessaire l’organisation de convois entre les ports de l’AOF, du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie et ceux du sud de la France, convois qui doivent bénéficier d’une couverture aérienne permanente. La présence d’un hydravion étant jugé comme suffisante pour contrarier la poursuite du convoi par un sous-marin.

-Les escadrilles d’hydravions torpilleurs doivent assurer à la fois des patrouilles ASM mais également des missions offensives contre la navigation ennemie.

-Les escadrilles d’avions basés à terre doivent assurer différentes missions. Elles doivent assurer la protection des côtes, des bases de la marine mais également mener des opérations offensives en bénéficiant du fait que les bases nord-africaines sont hors d’atteinte d’une menace terrestre italienne.

Les escadrilles de chasse basées à terre ont pour mission première de protéger les bases navales de la marine avec ou sans le soutien des unités de l’armée de l’air dont la mission première est la protection active du territoire en traquant les bombardiers allemands et italiens qui ne manqueront d’attaquer le territoire national.

Cela n’exclut pas des missions d’escorte de bombardiers et des avions-torpilleurs basés à terre notamment lors des raids dans des régions où la menace de la Regia Aeronautica voir de la Luftwafe est prégnante.

Les avions de patrouille maritime auront deux missions différentes. Les CAO-700M, puissants quadrimoteurs seront chargés de mener une veille permanente dans les zones sensibles comme le Golfe de Gascogne, le détroit de Sicile……. .

Ils pourront mener aussi des missions de lutte ASM en chargeant leurs soutes de grenades ASM aéroportées, leur efficacité dans cette mission ne pouvant qu’être décuplée par la mise au point d’un détecteur acoustique aéroporté.

Les Bloch MB-175T seront chargées de missions de reconnaissance armée. Armés de bombes et de roquettes, ces bimoteurs meneront des missions de patrouille, de maraude prêts à intervenir contre la navigation ennemie qu’elle soit militaire ou civile.

Les bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456 seront chargés de missions d’attaque planifiées, décollant par exemple suite à la découverte d’un convoi par un hydravion ou un avion de patrouille maritime CAO-700M et Bloch MB-175T.

Cas particuliers

Quand la France entre en guerre en septembre 1948, l’emploi de l’aviation navale est réglé par un texte daté de septembre 1944.

Il à été rédigé par le CV Sanguinetti qui après avoir commandé l’escadrille 4C basée à Sidi-Ahmed de 1942 à 1944 et avoir effectué un passage par l’EMG, commandera la 10ème flottille d’hydravions à Arzew de 1946 à 1948, prenant ensuite le commandement du porte-avions Joffre à Toulon au moment de la déclaration de guerre.

Ce document indique les axes généraux de l’action de l’Aviation Navale qu’elle soit basée à terre ou embarquée puis des exemples, des pistes d’actions plus précises en fonction des théâtres d’opérations.

-En Manche et en mer du Nord, les unités de la CNAN pourraient empêcher un déploiement massif de la Kriegsmarine en mer du Nord, d’appuyer l’ELN, les marines belges, néerlandaises et britanniques.

-Dans l’Atlantique, l’absence de menace navale majeure pousserait les unités de la CAAN à nettoyer le Golfe de Gascogne d’un éventuel déploiement de sous-marins allemands voir espagnols (même si le CV Sanguinetti estime cette hypothèse peu vraisemblable) et de couvrir les convois Dakar-Casablanca-Brest.

Des missions plus offensives seront également possibles notamment pour les groupes aériens des porte-avions Painlevé et Henriette de France qui pourraient dissuader l’Espagne de nous attaquer mais plus vraisemblablement, ces porte-avions soient passeront en Méditerranée ou renforceront la Home Fleet en mer du Nord.

-En Méditerranée, les CNMAN et CSMAN auront fort à faire tant la menace de la Regia Marina est jugée prégnante.

Se rappelant de l’expérience de la guerre de Pologne, le CV Sanguinetti estime que l’Italie ne déclenchera pas la guerre ce qui permet d’envisager une phase défensive durant laquelle la répartition des rôles sera la suivante :

Les escadrilles basées à terre qu’il s’agisse d’hydravions et d’avions seront chargées de couvrir les convois entre la métropole, l’Afrique du Nord et le Levant, couverture contre les sous-marins et les navires de surface.

Les groupes aériens embarqués du Joffre et du Commandant Teste auront aussi leur rôle à jouer en assurant au sein de groupes de combat la couverture éloignée des convois en empêchant les cuirassés et surtout les croiseurs de la Regia Marina d’arriver à portée de tir.

En phase offensive, les unités basés à terre assureront la traque de la navigation italienne, des navires de guerre mais également des missions de mouillage de mines. Ils appuieront également les navires de surface mais également les sous-marins.

-Le CLAN (Commandement Levant de l’Aviation Navale) aura une mission essentiellement défensive pour couvrir la navigation allant et venant des mandats syriens et libanais. Ils opéreront également en coopération avec la Mediteranean Fleet basée à Alexandrie. Une attitude plus offensive est bien entendue possible notamment contre le Dodécanèse.

-Le CAGAN (Commandement Antilles-Guyane de l’Aviation Navale) aura pour principale mission de couvrir les Caraïbes contre la menace des sous-marins et des raiders, menant des patrouilles avec et sans l’appui des navires de surface. Ils opéreront en collaboration avec les avions et hydravions basés à Dakar.

-Le CAEFAN (Commandement de l’Afrique Equatoriale Française de l’Aviation Navale) aura pour principale mission la lutte contre les sous-marins et les raiders de surface. La présence de forces navales italiennes non négligeables en mer Rouge devrait voir de possibles affrontements entre la marine italienne et l’aviation navale dans la région.

-Le CPAN (Commandement Pacifique de l’Aviation Navale) aura essentiellement des missions de souveraineté, les menaces contre la Nouvelle Calédonie et la Polynésie semblant réduites.

-Le CIAN (Commandement Indochine de l’Aviation Navale) aura fort à faire tant la menace japonaise contre l’Indochine est évidente.

Si le groupe aérien de l’Alienor d’Aquitaine aura pour principale mission de couvrir les FNEO (un croiseur lourd, un croiseur léger, quatre torpilleurs légers),  les avions et hydravions basés à terre auront pour mission de rendre inconfortable à la marine japonaise le Golfe du Tonkin et les côtes de l’Annam et de la Cochinchine.

14-Navires légers (7) avisos coloniaux classe Bougainville (6)

L’Amiral Charner

L'Amiral Charner en mer, son Potez 452 embarqué

L’Amiral Charner en mer, son Potez 452 embarqué

-L’Amiral Charner est mis sur cale aux Chantiers Maritimes du Sud Ouest de Bordeaux le 27 mai 1931 lancé le 1er octobre 1932 et admis au service actif le 20 avril 1934.

A sa mise en service, l’Amiral Charner est affecté à Saïgon au sein des FNEO où il arrive en août mais il est rapidement affecté à Nouméa et ce de novembre 1934 à septembre 1935 quand il rallie à nouveau Saïgon et l’Indochine où il va rester déployé, étant le seul des avisos coloniaux à n’être jamais revenu en métropole après sa mise en service.

Avec le retour des croiseurs légers Lamotte-Picquet et Primauguet et du croiseur lourd Suffren en métropole, l’aviso colonial devient le plus grand navire des FNEO et donc navire-amiral. Il reste basé à Saïgon et la réorganisation de septembre 1940 ne change rien à sa situation opérationnelle.

Du 15 mars au 30 mai 1941, l’Amiral Charner est échoué dans l’unique bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon. Il y subit une remise en état complète de sa coque et son appareil propulsif sans oublier l’armement et les locaux-vie.

Armé pour essais le 15 juin 1941, il sort pour essais du 16 au 18  puis pour remise en condition du 20 juin au 4 juillet date à laquelle il est de nouveau disponible.

Le 21 mars 1944, il assiste à l’arrivée à Saïgon du patrouilleur Branlebas. A noter qu’en dépit de l’ouverture de la base de Cam-Ranh, l’aviso colonial et le patrouilleur vont rester basés à Saïgon.

L’Amiral Charner est échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon du 10 au 27 juin 1944 pour remise en état et modernisation de ses capacités militaires avec le débarquement de ses installations d’hydraviation et la modernisation de la DCA (quatre canons de 37mm modèle 1941 et six canons de 25mm modèle 1939-40 en affûts doubles).

Armé pour essais le 10 juillet 1944, il réalise ses essais réglementaires du 11 au 13 j puis sa remise en condition du 15 au 29 juillet 1944, étant de nouveau disponible le lendemain.

Du 18 au 29 août 1945, l’Amiral Charner participe avec les torpilleurs légers Niçois et Savoyard à la remise en condition du croiseur léger Duguay Trouin qui venait de connaître une période d’indisponibilité accidentelle.

Le 24 février 1947, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande au Cambodge. La France bien décidée à ne pas se laisser  marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que l’Amiral Charner retrouve en mer après avoir appareillé de Saïgon le croiseur lourd Tourville, le croiseur léger Duguay-Trouin et le pétrolier-ravitailleur Rhône  pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise.

Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam-Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947, l’Amiral Charner lui poursuivant sa mission de surveillance jusqu’au 10 mars date de son retour à Saïgon.

Du 27 septembre au 4 octobre 1947, l’Amiral Charner participe à la remise en condition du croiseur lourd Tourville, les deux navires faisant escale à Haïphong du 5 au 12 octobre où les compagnies de débarquement des deux navires sont mises à terre pour réprimer de violentes émeutes entre viets et chinois.
Du 10 octobre au 27 décembre 1947, l’Amiral Charner est échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 7 janvier 1948, sortant pour essais du 8 au 10 puis pour remise en condition du 12 au 26 janvier 1948. Il est de nouveau disponible le 30 janvier et reprend sa mission de présence et de patrouille.

Il alterne entre le Golfe de Siam et le Golfe du Tonkin, bénéficiant pour ses patrouilles du soutiens des avions et hydravions de l’aéronavale qu’il s’agisse des appareils de la 11ème flottille d’hydravions (Catalina et Bloch MB-481) ou les avions de la 12ème FAN (CAO-700M, MB-175T et Léo 456) et intensifie ses patrouilles à l’automne 1948 notamment dans le Golfe du Tonkin.

9-Croiseurs légers (2)

A-Croiseurs légers classe Duguay-Trouin

Le croiseur léger Duguay Trouin en 1936

Le croiseur léger Duguay Trouin en 1936

Les Duguay Trouin ou la renaissance de la Marine Nationale

Comme nous l’avons vu plus haut, la construction des trois premiers convoyeurs d’escadrilles (peut être que les marins français prévoyaient que le Lamotte Picquet et ses deux sister-ship seraient utilisés comme navires de commandement pour les flottilles de torpilleurs) fût abandonnée en raison du déclenchement de la première guerre mondiale.

Néanmoins même en l’absence de la guerre, la construction aurait été probablement reportée car le 13 mars 1915, le directeur central des constructions navales écrivait au préfet maritime de Toulon lui demandant de surseoir aux travaux préparatoires ordonnés par les dépêches du 17 juillet et du 30 octobre 1914 puisqu’il avait été décidé de reprendre le projet à zéro.

Le Comité technique se réunit donc à nouveau le 21 juillet 1915 pour examiner les plans modifiés du Lamotte Picquet : déplacement porté de 4500 à 5026 tonnes, longueur portée à 143.80m, 14.25m de large (45cm de plus), tirant d’eau de 4.92m (+62cm), puissance propulsive portée à 44000ch sur deux lignes d’arbre qui donnait une vitesse de 29.5 noeuds et une autonomie de 3800 miles à 14 noeuds et de 700 à 29.5 noeuds. L’armement principal restait inchangé mais nouveauté 4 canons de 65mm antiaériens étaient installés.

Le projet est cependant repoussé car il ne satisfaisait pas les marins et de toute façon la saturation des arsenaux occupés par l’entretien de la flotte, la construction d’une poussière navale (escorteurs, patrouilleurs, dragueurs, cannonières…….) et la production de munitions et de matériels pour l’armée de terre repoussait la construction à la paix.

Le projet n’est pas abandonné et régulièrement amendé aboutissant à un avant projet approuvé par le Conseil Supérieur de la Marine en septembre 1919 qui donnait les caracteristiques suivantes :

-Déplacement : 5270 tonnes

-Longueur (hors tout) 146.30m (entre perpendiculaires) 145m largeur : 14.50m tirant d’eau 5.20m

-Puissance propulsive : 54000ch donnant une vitesse de 30 nœuds

-Armement : 8 canons de 138mm en quatre tourelles doubles dans l’axe, 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm

Le 13 janvier 1920, le ministre de la Marine Georges Leygues dépose sur le bureau des Assemblées un projet de loi dit «Projet 171» qui prescrit l’arrêt définitif de la construction des cinq cuirassés de classe Normandie, la construction de six éclaireurs d’escadre et de douze torpilleurs éclaireurs. Ce projet n’est pas adopté car Georges Leygues perd son portefeuille de ministre.

Le projet subit de nombreuses modifications. Réuni le 1er avril 1920, le CSM envisage pour les croiseurs légers des navires de 7500 tonnes, filant à 34 noeuds, armés soit de 8 canons de 138mm jumelés ou bien de 7 canons de 155mm toutes dans l’axe plus 4 tubes lance-torpilles de 550mm et des canons AA (probablement le versatile «75»).

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922.

Entre temps, le projet définitif avait été adopté soit un navire de 8000 tonnes, long de 175m large de 17.20m avec un tirant d’eau de 5.60m, une puissance propulsive de 102000ch propulsant le navire à 34 nœuds avec un armement composé de 8 canons de 155mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières dans l’axe), 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm.

Le Duguay-Trouin

Le Duguay-Trouin à la mer

Le Duguay-Trouin à la mer

-Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 4 août 1923, lancé le 14 août 1924. Il est armé pour essais le 1er août 1925, armé définitif le 10 septembre 1926 et enfin admis au service actif le 15 février 1927.

Avec ses deux sister-ship, il forme la 3ème Division Légère de la 2ème Escadre. La division est affecté en Méditerranée (1ère escadre) d’août 1928 à 1933. Après plusieurs périodes de travaux, il rejoint le Lamotte-Picquet au sein d’une 2ème D.L de la 2ème Escadre. Cette division est dissoute le 1er juillet 1936 et le croiseur est affecté à la Division d’Instruction de la 1ère Escadre à Toulon.

Durant la guerre de Pologne, il est affecté à Lorient au sein de la 5ème escadre, formant une division hétéroclite avec le croiseurs mouilleur de mines Pluton qui connaitra un sort funeste à Casablanca le 13 septembre 1939.

Ce court conflit terminé, les trois croiseurs légers sont regroupés en Méditerranée au printemps 1940 pour former une toute nouvelle 6ème DC avec pour port d’attache Toulon bien qu’un temps on envisagea de les déployer à Bizerte.

Cette décision ne fait pas l’unanimité, certains officiers réclamant l’envoi de ces navires outre-mer en raison de leur vulnérabilité de la crainte de voir l’Allemagne reprendre brutalement la guerre.

Ce déploiement en Méditerranée n’est cependant que temporaire puisque dès la mise en service des trois premiers croiseurs de classe De Grasse (De Grasse Chateaurenault Guichen), les Duguay-Trouin retrouveront les colonies.

Le Duguay-Trouin sortait d’un grand carénage à Lorient, travaux effectués du 22 janvier au 15 mai 1940. Après des essais à la mer du 15 au 18 mai, il quitte Lorient le 20 mai pour arriver à Toulon le 27 mai 1940.

Il devient navire-amiral de la 6ème DC rejoint par le Lamotte-Picquet venu d’Indochine en août 1940, le Primauguet retrouvant Toulon en novembre 1940.

Le Duguay-Trouin reprend la mer pour exercices au large des côtes de Provence  du 7 au 20 juin, faisant escale à Port-Vendres du 21 au 28 juin avant de rentrer à Toulon le 30 juin. Il est au mouillage aux Salins d’Hyères du 1er au 12 juillet avant de rentrer à Toulon pour les célébrations du 14 juillet 1940.

Il ressort pour exercices du 25 au 30 juillet, du 4 au 9 août et du 13 au 20 août avant d’être indisponible pour une période d’entretien à flot et les permissions de l’équipage du 21 août au 5 septembre 1940.

Il ressort du 15 au 25 septembre 1940 pour un exercice combiné avec le Lamotte-Picquet revenu d’Indochine. Les deux croiseurs font escale à Calvi du 26 au 30 septembre et à Bastia du 1er au 8 octobre. Ils sont de retour à Toulon le 10 octobre.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs.

La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’ Amirauté décide de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941

Le Duguay-Trouin sort pour la première fois en 1941 du 12 au 21 janvier pour un exercice combiné avec le Lamotte-Picquet, les deux croiseurs se poursuivant mutuellement avant de faire escale à Nice du 22 au 27 janvier, rentrant à Toulon le 28 janvier.

Le Duguay-Trouin est en travaux à flot du 30 janvier au 15 février avant une sortie pour essais du 16 au 20 février avant une remise en condition du 21 février au 1er mars 1941. Il est au mouillage aux Salins d’Hyères du 2 au 12 mars 1941 avant de rentrer à Toulon le 13 mars 1941.

Le 6 avril 1941, le Duguay-Trouin quitte Toulon, fait une escale de ravitaillement à Bizerte le 10 avril et arrive à Beyrouth le 16 avril. Il relève le Primauguet au sein de la DNL, transmettant son rôle de navire-amiral de la 6ème DC au croiseur relevé.

Le Duguay-Trouin est déployé au sein de la DNL d’avril à août 1941, alternant entre exercices, missions de surveillance et escales dans les ports de la région notamment la Syrie, le Liban, la Palestine et l’Égypte. Il s’entraine du 13 au 30 mai avec le Jean de Vienne et La Marseillaise.

Le 17 août 1941, le Lamotte-Picquet arrive à Beyrouth et relève le Duguay-Trouin qui quitte le Liban le lendemain 18 août pour rentrer à Toulon le 25 août. Il est indisponible pour entretien jusqu’au 15 septembre quand il reprend la mer pour essais du 16 au 18 septembre avant de s’entrainer avec le Primauguet qui lui rétrocède le pavillon de navire-amiral de la la 6ème DC.

Les deux croiseurs sont à la mer du 21 septembre au 12 octobre, faisant escale à La Ciotat du 28 au 30 septembre et à Marseille du 13 au 16 octobre avant de rentrer à Toulon le 18 octobre 1941. Les deux croiseurs sont de nouveau à la mer pour exercice du 20 au 30 octobre avant une escale à Nice du 1er au 4 novembre, le Primauguet et le Duguay-Trouin rentrant à Toulon le 6 novembre 1941.

Le 25 novembre 1941, le Lamotte-Picquet après avoir été relevé par le Primauguet rentre à Toulon et retrouve la 6ème DC qu’il rejoint effectivement après une période d’entretien intermédiaire. Les deux croiseurs vont effectuer e nombreuses sorties pour exercices.

Les deux croiseurs sortent ainsi du 4 au 12 décembre pour un entrainement combiné qui se termine par une escale à Ajaccio où les deux navires sont présents du 13 au 17 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre après un exercice de défense aérienne à la mer pour entrainer l’aviation basée en Corse.

Le Duguay-Trouin est au bassin du 5 au 12 février 1942 (bassin n°1 du Missiessy) pour une période d’entretien allégée. Si les hélices sont inspectées puis changées et que la coque est grattée et repeinte, les principaux travaux concernent surtout l’armement.

En effet, plusieurs radars sont installés, l’armement en torpilles est allégé avec les seules douze torpilles en poste dans les tubes et la DCA est changée.
Les 4 canons de 75mm modèle 1922 sont remplacés par 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples et les 6 affûts doubles de 13.2mm sont remplacés par 8 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples (en attendant la disponibilité de l’affûts doubles). La catapulte est maintenue mais le Gourdou-Lesseure GL.832 est remplacé par un Loire 130.

Après des essais à la mer du 15 au 27 février 1942, le Duguay-Trouin sort pour entrainement avec son sister-ship Lamotte-Picquet du 28 février au 5 mars. Rentré à Toulon le lendemain 6 mars, le Duguay-Trouin ressort le 12 mars 1942 direction le Levant pour un nouveau déploiement au sein de la DNL.

Après une escale à Bizerte du 16 au 18 mars, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth le 22 mars 1942 où il relève le Primauguet qui gagne Bizerte pour subir la même modernisation que son successeur au Levant. Le même jour, le Lamotte-Picquet devient navire-amiral de la 6ème DC.

Le premier «8000 tonnes» va être déployé dans la région jusqu’au mois de juillet 1942 et comme durant son premier déploiement un an plutôt, le Duguay-Trouin va assurer des missions de surveillance, d’entrainement et de police coloniale. Les deux croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise font escale à Lattaquié du 6 au 12 juillet, à Beyrouth du 13 au 17 juillet avant de manoeuvrer avec le Duguay Trouin, navire-amiral de la DNL du 18 au 27 juillet 1942

En effet le 15 avril, les druzes se révoltent à nouveau, presque vingt ans après la révolte de 1925 et comme la précédente, cette révolte est durement réprimée.

Le croiseur léger va assurer des missions de transport rapide, de contrôle des eaux pour intercepter de possibles ravitaillement en armes et également d’appui-feu, tirant contre la terre à plusieurs reprises jusqu’à la fin de la révolte début mai.

Le Duguay-Trouin est relevé par son sister-ship Lamotte-Picquet le 21 juillet 1942 et quitte Beyrouth le 25 après un entrainement avec son sister-ship pour l’habituer au théâtre d’opérations. Il fait escale à Bizerte du 28 juillet au 4 août avant de rentrer à Toulon le 10 août après une escale à Ajaccio du 7 au 9 août. Il est indisponible à Toulon pour entretien du 11 au 31 août 1942.

Il reprend la mer pour essais du 1er au 5 septembre avant remise en condition du 8 au 15 septembre 1942. Il est ensuite au mouillage aux Salins d’Hyères du 16 au 27 septembre, effectuant des sorties quotidiennes pour s’entrainer. Il est de retour à Toulon le 30 septembre 1942.

Alors qu’approche son redéploiement en Indochine,  le Duguay Trouin est mis au bassin du 10 octobre au 15 novembre 1942 pour une véritable remise en état.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont inspectées, des éléments des lignes d’arbre sont changées tout comme la catapulte pour hydravions. Les radars sont changés pour essayer de mettre fin aux interférences régulièrement signalées.

En ce qui concerne la DCA, les 8 canons de 37mm Schneider en affûts simples sont remplacés par quatre affûts doubles et renforcés par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles.

Le Duguay-Trouin est en essais à la mer du 17 au 27 novembre avant un stage de remise en condition du 1er au 8 décembre 1942.

Le 17 décembre 1942, le croiseur léger De Grasse arrive à Toulon pour relever numériquement parlant le Duguay Trouin, les deux navires manœuvrant ensemble du 18 au 24 décembre, jour de l’admission au service actif du nouveau fleuron de la force de croiseurs de notre marine.

Le 8 janvier 1943, le croiseur léger Duguay Trouin quitte Toulon pour un long périple en direction de l’Indochine, l’Amirauté ayant choisit la voie du cap de Bonne Espérance et non du canal de Panama. Arrivé à Dakar le 19 janvier après une escale à Casablanca du 13 au 16 janvier, le croiseur effectue une école à feu à Rufisque du 20 au 31 janvier.

Reprenant la mer le surlendemain 2 février, le croiseur fait escale à Abidjan du 5 au 7 février, à Pointe-Noire du 10 au 15 février, à Simonstown du 18 au 22 février, à Diego-Suarez su 27 février au 1er mars, à  Singapour du 5 au 9 mars avant d’arriver à Saïgon son nouveau port d’attache le 16 mars 1943.

Il est indisponible du 17 mars au 24 avril, passant au bassin de l’Arsenal d’Indochine du 19 mars au 15 avril. Armé pour essais, il sort du 16 au 21 avril avant un stage de remise en condition dans le Golfe du Tonkin du 25 avril au 9 mai, rentrant à Saïgon le 13 mai après deux jours d’escale à Haïphong (10 au 12 mai).

Le 14 mai 1943, le croiseur léger Duguay-Trouin devient navire-amiral des FNEO.  

Outre sa fonction de navire-amiral (représentations publiques notamment), le croiseur va effectuer des missions de surveillance et d’appui-feu le long des côtes vietnamiennes.

Il quitte Saïgon le 20 mai pour une mission de surveillance le long des côtes du Tonkin, mouillant du 23 au 25 mai en baie de Cam Ranh même si officiellement la base navale est encore en travaux.

Reprenant la mer le 26 mai, le Duguay-Trouin entame sa mission de surveillance, allant et s’éloignant de la côte, utilisant son Loire 130 pour augmenter son rayon d’action. Le 2 juin 1943, l’hydravion est lancé pour une mission de surveillance à 75 miles au sud d’Haïphong.

L’hydravion capte alors un appel de détresse d’un poste isolé attaqué par une bande armée. Le croiseur accélère et se rapproche de la côte.

De 9.15 à 9.22, les huit canons de 155mm tirent 152 obus qui sauve le poste de l’annihilation. Le croiseur met à terre sa compagnie de débarquement (64 hommes) pour soutenir le poste attaqué. Le Duguay-Trouin reste déployé dans la région jusqu’au 15 juin le temps que le poste soit reconstruit et sa garnison renforcé.

Le croiseur léger poursuit sa mission de surveillance jusqu’au 27 juin, faisant escale à Haïphong du 28 juin au 4 juillet avant de rentrer à Saïgon le 7 juillet. Il est indisponible jusqu’au 15 juillet quand il ressort pour une nouvelle mission de surveillance cette fois au sud de Saïgon. Il est à la mer jusqu’au 4 août quand il rentre à Saïgon deux jours plus tard.

Le Duguay-Trouin ressort pour un exercice de combat de nuit du 21 au 28 août, mouillant la journée au pied du Cap Saint Jacques.

Il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 30 août au 5 septembre puis un exercice de bombardement littoral du 12 au 18 septembre.

Il est indisponible en raison d’une avarie du 19 septembre au 15 octobre avant une période d’essais du 16 au 22 octobre suivit d’un stage de remise en condition du 23 octobre au 7 novembre 1943.
Il ressort pour un exercice combiné avec d’autres navires des FNEO du 15 au 27 novembre avant une escale à Haïphong du 28 novembre au 2 décembre et à Tourane du 3 au 7 décembre avant de rentrer à Saïgon le 9 décembre 1943. Le Duguay-Trouin ressort encore deux fois pour exercices du 10 au 15 décembre et du 17 au 22 décembre.

Après une période d’indisponibilité du 23 décembre 1943 au 8 février 1944 (passage au bassin du 2 au 27 janvier), le Duguay-Trouin ressort pour essais du 9 au 12 février avant d’être en entrainement/remise en condition du 14 au 27 février.

Le 1er mars 1944, la ville de Saint Malo devient la ville marraine du croiseur léger, Réné Duguay-Trouin étant originaire de la cité corsaire.

Le 2 mars 1944, il quitte Saïgon pour Cam-Ranh où il mouille au milieu de la baie, participant lors du 7 au 12 mars à l’inauguration de la grande base navale qui manquait tant à la marine française en Indochine. Désormais, le croiseur léger va être basé à Cam Ranh et non plus à Saïgon.

Il quitte son nouveau port d’attache le 18 mars 1944 pour un nouvel exercice de combat de nuit jusqu’au 25 mars avant une escale à Haïphong du 28 mars au 2 avril. Il enchaine par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 3 au 20 avril avant de rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1944.

Le Duguay-Trouin ressort pour une nouvelle mission de surveillance du Tonkin secoué par plusieurs attaques de bandes armées. Ces groupes non identifiés mènent la vie dure aux postes isolés mais sont encore trop faible pour s’attaquer aux villes.

A la mer du 27 avril au 15 mai, il tire presque 240 obus de 155mm et une centaine d’obus de 90mm contre la terre, dégageant plusieurs patrouilles et plusieurs postes assaillis. Il est de retour à Cam-Ranh le 18 mai 1944.

Le 27 mai 1944, il accueille au large de Cam-Ranh le croiseur lourd Duquesne. Après une période d’indisponibilité du 28 mai au 15 juin 1944 (avec un passage au bassin du 30 mai au 10 juin), le croiseur lourd devient navire-amiral des FNFEO en remplacement du Duguay Trouin.

Alors que le Duquesne est engagé dans des missions de transport rapide pour participer à la construction de la «Ligne Doumer», le Duguay-Trouin va assurer essentiellement des missions de surveillance du sud de l’Indochine.

Il ressort ainsi du 15 au 27 juin 1944 pour une mission de surveillance dans le Golfe du Siam avant une mission de surveillance des approches de Saïgon du 4 au 16 juillet.

Après une période d’indisponibilité pour entretien et permissions de l’équipage du 17 juillet au 8 août, le croiseur léger ressort pour essais du 9 au 12 août avant remise en condition du 15 au 27 août 1944.

Le Duguay-Trouin ressort pour une mission de représentation dans les ports de la région. Il quitte Cam-Ranh le 4 septembre, fait escale à Manille du 11 au 15 septembre, à Batavia du 27 au 30 septembre, à Singapour du 4 au 8 octobre et à Kuala Lumpur du 10 au 14 octobre avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 octobre 1944.

Il ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin, appareillant le 4 novembre et patrouillant dans le golfe du 7 au 15 novembre avant une escale à Haïphong jusqu’au 18 novembre quand il reprend la mer pour une deuxième patrouille de surveillance jusqu’au 30 novembre quand il fait escale à nouveau à Haïphong jusqu’au 3 décembre, début d’une troisième patrouille de surveillance jusqu’au 17 décembre au cours de laquelle, il tire contre la terre à plusieurs reprises. Il rentre à Cam-Ranh le 20 décembre et reste au port jusqu’à la fin de l’année.

Alors que le Duquesne est en petit carénage, le Duguay-Trouin redevient provisoirement le navire-amiral des FNEO. Il ressort du 7 au 20 janvier 1945 pour un exercice combiné avec l’aviso colonial Amiral Charner avant que les deux navires fassent escale ensemble à Saïgon jusqu’au 27 janvier quand ils rentrent à Cam-Ranh le 30 janvier 1945.

Le Duguay-Trouin ressort le 7 février pour transporter un bataillon d’infanterie coloniale entre Tourane et Haïphong. Il débarque le bataillon le 12 février et rentre à Cam-Ranh le 15 février.

Le Duguay-Trouin et le Duquesne manœuvrent ensuite ensemble du 19 au 27 février pour la remise en condition du croiseur lourd.

Le Duguay-Trouin ressort du 7 au 20 mars pour un entrainement combiné dans le Golfe du Tonkin avant de rentrer à Cam-Ranh le 25 mars 1945.

Le Duguay-Trouin quitte Cam-Ranh le 5 avril 1945 en compagnie du croiseur lourd Duquesne pour des manœuvres conjointes dans le Golfe du Tonkin avec l’armée de l’air et l’armée de terre. Ils arrivent à Haïphong le 10 avril, retrouvant sur place la Flottille Côtière du Nord (FCN).

Cette FCN mise en place en 1943 est composé de navires réquisitionnés, de quelques navires de construction locales chargées de la sécurité des ports et du delta. Son navire-amiral après avoir été un temps le vieil aviso Nancy (toujours en service mais qui sert de ponton) est depuis mars 1944 le patrouilleur ex-torpilleur léger La Cordelière.

L’exercice commence le 11 avril 1945 d’abord à terre sur carte pour à la fois entrainer les état-majors, régler les différentes fréquences radios. Les choses sérieuses commencent le 12 avril avec un exercice de défense aérienne à la mer où des avions de l’armée de l’air vont tenter d’attaquer et de couler les deux croiseurs et la «poussière navale» de la FCN.

Les 13 avril et 14 avril 1945, le croiseur lourd effectue une simulation de tir contre la terre dans le cadre d’un assaut amphibie contre le port d’Haïphong, ce raid amphibie étant mené par un groupement composite composé de Légionnaires, de troupes coloniales et de supplétifs vietnamiens.

Face à ce débarquement, la garnison d’Haïphong (4000 hommes) peut compter sur l’appui du Groupement Mécanisé Colonial (GMC), une sorte de division cuirassée renforcée qui bien que puissant montre des difficultés à opérer dans le Delta. Si les assaillants ne parviennent pas à s’emparer de la ville, ils font suffisamment de dégâts pour rendre le port inopérant.

Durant tout cet exercice le croiseur léger lui à assuré l’appui de la garnison en tirant notamment des obus fumigènes et des obus éclairants qui provoquent d’ailleurs quelques incendies vite maitrisés.

L’exercice se termine le 16 avril par des manœuvres combinées, un exercice de synthèse où toutes les épreuves précédemment exécutées sont réalisées simultanément. Les deux croiseurs quittent le Golfe du Tonkin le 19 avril 1945 pour rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1945.

Le Duguay-Trouin est en petit carénage du 25 avril au 12 juin 1945, subissant des essais à la mer du 13 au 16 juin avant remise en condition du 17 au 27 juin.

Le 6 juillet 1945, il retrouve à la mer le croiseur lourd Duquesne et les torpilleurs légers Niçois et Savoyard pour pour de nouveaux exercices jusqu’au 15 juillet 1945 quand les quatre navires remontent la rivière Saïgon pour mouiller à Saïgon jusqu’au 25 juillet avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 juillet 1945.

Après une indisponibilité accidentelle du 28 juillet au 12 août, le Duguay-Trouin ressort pour essais du 13 au 17 août avant une remise en condition en compagnie de l’aviso colonial Amiral Charner et des torpilleurs légers Niçois et Savoyard du 18 au 29 août avant de rentrer à Cam-Ranh le 1er septembre 1945.

Il ressort pour un exercice de défense aérienne à la mer du 8 au 15 septembre, les avions de l’armée de l’air revendiquant avoir couler quatre fois le croiseur léger alors que ce dernier revendiqua la destruction de vingt-quatre avions.

Après une escale de ravitaillement à Cam-Ranh les 16 et 17 septembre, le croiseur léger ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande au cours de laquelle, le Loire 130 embarqué à été remplacé par un Dewoitine HD-731 plus moderne. La mission de surveillance commence le 20 septembre et s’achève le 2 octobre quand le croiseur léger met cap sur Cam-Ranh où il est de retour le 6 octobre 1945.

Il ressort du 7 au 18 octobre pour une mission de surveillance dans le golfe du Tonkin avant de rentrer à Cam Ranh le 21 octobre 1945.

Le croiseur léger Duguay-Trouin ressort le 25 octobre pour un exercice avec les autres navires des FNEO. L’exercice commence par un raid des quatre torpilleurs légers (les torpilleurs légers Catalan et Béarnais sont arrivés le 16 octobre) contre le croiseur lourd suivit par le même exercice contre le croiseur léger puis par l’attaque du croiseur léger par les quatre torpilleurs menés par le croiseur lourd avant que l’inverse ne soit réalisé. Après un exercice de défense aérienne à la mer, la force navale rentre à Cam-Ranh le 29 octobre 1945.

Le Duguay-Trouin ressort du 4 au 10 novembre 1945 pour une mission de surveillance au large des côtes de la Cochinchine avant une escale à Saïgon jusqu’au 15 novembre, la compagnie de débarquement du croiseur léger défilant dans les rues de la grande ville de Cochinchine. Il est de retour à Cam-Ranh le 18 novembre 1945.

Après une période d’entretien à flot à couple du navire-atelier Albert Caquot du 21 novembre au 12 décembre (travaux sur les auxiliaires et les chaudières, visite des hélices, renforcement de la DCA _portée à six affûts doubles de 37mm et huit affûts doubles de 25mm soit 12 canons Schneider de 37mm et 16 canons de 25mm Hotchkiss_, entretien de la catapulte), le croiseur léger ressort pour essais jusqu’au 15 décembre avant remise en condition jusqu’au 24 décembre 1945.

Le Duguay-Trouin effectue une nouvelle mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 7 au 21 janvier avant une escale à Tourane jusqu’au 23 janvier, rentrant le 25 janvier 1946 à Cam-Ranh.

Le Duguay-Trouin ressort avec le croiseur lourd Duquesne et les torpilleurs légers Nicois et Catalan pour un exercice combiné avec l’armée de l’air au large de Saïgon du 28 janvier au 9 février 1946 avant de rentrer à Cam-Ranh le 14 février 1946.

Il ressort pour un entrainement au combat de nuit du 1er au 9 mars, faisant ensuite escale à Tourane du 10 au 15 mars avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 16 mars au 12 avril, se ravitaillant régulièrement à Haïphong.

Après une ultime escale dans le grand port du Tonkin du 13 au 21 avril, le croiseur léger rentre à Cam-Ranh le 23 avril 1946 à l’aube.

Après une école à feu au large de Cam Ranh du 7 au 10 mai 1946, le croiseur léger effectue une mission de transport rapide entre Saïgon et Tourane du 11 au 15 mai avant une mission de surveillance des mouvements de la marine japonaise depuis l’île d’Haïnan. Cette mission qui à lieu du 17 au 28 mai 1946 ne sera pas reconduite suite aux protestations de l’ambassade du Japon à Paris. Le croiseur léger est de retour à Cam-Ranh le 30 mai 1946.

Le 5 juin 1946, il quitte Cam-Ranh pour un exercice combiné avec le croiseur lourd Duquesne au large de Saïgon. Les deux navires effectuent des simulations de raids antinavires, de bombardements littoraux puis subissent les assauts répétés d’avions de l’armée de l’air basés à Tan-Son-Nuth.

Le 10 juin 1946 alors que les deux croiseurs allaient rentrer à Cam-Ranh, la ville d’Haïphong est secouée par de très violentes émeutes doublées d’une attaque de postes isolés qui ne laissent aucun doute sur le caractère prémédité de l’opération.

La garnison de 5000 hommes est dépassée par les événements et réclame des renforts. Le transport par la mer étant le plus rapide, on ordonne aux deux croiseurs de gagner en urgence Tourane pour embarquer des renforts.

C’est ainsi que le Duquesne embarque 500 légionnaires du 5ème REI alors que le Duguay Trouin embarque 300 hommes du 11ème RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale) qu’ils débarquent à Haïphong le 12 juin 1946.

Ces 800 hommes vont former un groupe mobile occasionnel avec des chars Somua S-35 et des automitrailleuses Panhard du GMC. Leur apparition soulage la garnison en repoussant les bandes armées officiellement non identifiées et permettant à la garnison de rétablir l’ordre dans la ville.

Les croiseurs ont participé à cette reprise en main, le Duquesne tirant 58 obus de 203mm pour soulager plusieurs postes attaqués alors que le Duguay-Trouin tirait 120 obus de 155mm, obus explosifs et éclairants pour empêcher les infiltrations nocturnes.

Les deux croiseurs vont rester sur zone jusqu’au 5 août pour éviter que les braises ne se rallument avant de rentrer à Cam-Ranh le 10 août.

Après une période d’indisponibilité du 11 au 31 août 1946, le croiseur léger ressort pour essais du 1er au 5 septembre avant un entrainement combiné avec les torpilleurs légers avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 6 au 21 septembre, étant donc bien loin du lieu d’échouage du croiseur lourd Duquesne.

La marine nationale ayant renoncé à réparer le navire, le Duquesne cesse d’être un navire opérationnel et donc du navire-amiral des FNFEO le 16 septembre 1946 en attendant l’arrivée du Tourville.

En effet dès le 12 octobre 1946 _date du désarmement officiel du Duquesne_, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez. Le croiseur lourd subit une remise en état, un petit carénage étoffé (ou un grand carénage allégé c’est selon) au bassin du 14 octobre au 10 décembre 1946.

Après des essais à la mer du 11 au 14 décembre 1946, le croiseur lourd quitte Diego-Suarez, passant le relais en haute mer au Primauguet le 17 décembre 1946. Il fait escale à Singapour du 21 au 23 décembre avant de mettre cap sur Cam-Ranh où il arrive le 29 décembre 1946.

Après un passage au bassin du 2 au 27 janvier, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 29 janvier au 3 février avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône du 4 au 20 février 1947.

Le 21 février 1947, le croiseur lourd Tourville devient le navire-amiral des FNFEO en remplacement du Duguay-Trouin

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que le Tourville appareille de Cam-Ranh le 25 février en compagnie du Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône, étant rejoints en mer par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise. Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam-Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947.

Après un dernier entrainement combiné du 12 au 29 mars 1947, le croiseur léger débarque ses munitions puis est échoué au bassin le 4 avril pour un grand carénage. Il y reste jusqu’au 2 octobre 1947 quand il est remis à flot pour des travaux complémentaires jusqu’au 18 octobre.

Armé pour essais le 21 octobre 1947, le Duguay-Trouin est en essais du 22 octobre au 4 novembre avant un stage en remise en condition du 5 au 17 novembre.

Il sort pour une mission de surveillance du Golfe du Tonkin le 20 novembre, patrouillant du 23 novembre au 8 décembre avant une escale à Haïphong jusqu’au 12 décembre quand il reprend la mer pour une nouvelle mission de surveillance jusqu’au 22 décembre quand il met cap sur Cam-Ranh qu’il atteint le 24 décembre dans la soirée, restant au port jusqu’à la fin de l’année.

Le Duguay-Trouin ressort pour entrainement du 5 au 12 janvier avant de patrouiller au large du Delta du Mékong accueillant le 19 janvier 1948, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine qui arrive à Cam-Ranh après 40 jours de traversée depuis la métropole, comité d’accueil également composé du croiseur lourd Tourville.

Son arrivée renforce considérablement le pouvoir de nuisance des FNEO. Sa présence rend quasiment caduque une possible agression thaïlandaise sans pour autant éliminer l’hypothèse d’une intervention japonaise.

Le porte-avions passe au bassin du 21 janvier au 15 février et est en essais du 17 au 22 février. Ce n’est que le 24 février 1948 que le croiseur lourd peut opérer avec le porte-avions. L’Alienor d’Aquitaine et le Tourville vont ainsi s’entrainer en compagnie du Duguay-Trouin et du Rhône jusqu’au 6 mars 1948.

Le croiseur léger ne va pourtant pas opérer de manière régulière avec le porte-avions, effectuant plusieurs entrainements en solitaire du 12 au 18 mars et du 25 mars au 4 avril avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 10 avril au 12 mai, se ravitaillant régulièrement à Haïphong. Durant ces patrouilles, il tire une centaine d’obus de 155mm et d’une dizaine d’obus de 90mm contre la terre.

Le pétrolier Niger

Le pétrolier Niger

De retour à Cam-Ranh le 17 mai 1948, il appareille le 21 mai en compagnie du pétrolier Niger pour gagner Balikpapan pour charger du mazout afin d’alimenter les dépôts de Cam-Ranh. Les deux navires font escale à Singapour le 27 mai avant d’arriver à Balikpapan le 3 juin.

Le mazout chargé, le pétrolier et le croiseur reprennent la mer le 5 juin 1948 pour rentrer à Cam-Ranh le 12 juin pour décharger sa cargaison.

Les deux navires reprennent la mer le 14 juin pour aller chercher un nouveau chargement. Arrivés à Balikpapan le 24 juin après la traditionnelle escale à Singapour, le pétrolier charge ses tonnes mazout puis repart avec le croiseur le 26 juin, arrivant à Cam-Ranh le 5 juillet 1948.

Le croiseur et le pétrolier vont encore effectuer trois autres rotations. La première du 7 juillet au 1er août, la seconde  du 3 au 25 août et la troisième du 27 août au 14 septembre 1948.