Italie (39) Navires légers (1)

NAVIRES LEGERS

Avant-propos

L’apparition de la torpille automobile à permis de relancer l’idée qu’un petit navire pouvait détruire un plus gros que lui. Bon ça c’était dans la théorie car dans la pratique le torpilleur ne bouleversa pas autant la guerre navale qu’espéré par ses thuriféraires.

Peu à peu le torpilleur prend du poids laissant un vide comblé par les premières vedettes lance-torpilles qui allaient combattre durant le premier conflit mondial. L’Italie peut se targuer d’avoir mis au point des vedettes qui s’illustrent en détruisant le cuirassé Sven Itsvan.

Une trentaine d’unités est ainsi construite entre 1918 et 1936 suivis à la fin des années trente par trente-huit unités du type 513.

Aux côtés des MAS, on trouve deux nouveaux type, les MS et les VAS, les premières étant des vedettes lance-torpilles plus grosses, les MAS des vedettes de lutte anti-sous-marine.

La production de ces navires se poursuit durant la guerre, la marine italienne compensant l’attrition de ces grandes unités de surface en se lançant dans une véritable guérilla navale avec vedettes lance-torpilles, sous-marins de poche mais cette stratégie ne fait que retarder l’inévitable.

A côté de ses vedettes, l’Italie va construire comme on l’à vu des torpidiniere da scorta, de véritables «mini-destroyers» comparables aux Hunt britanniques ou aux Le Fier français.

Gabbiano.jpg

Ces navires sont cependant longs à construire, l’Italie cherche à s’équiper à peu de frais de navires de combat économiques utilisables non seulement pour l’escorte mais pour d’autres missions secondaires. Ce sera l’acte de naissance de la classe Gabbiano, des navires considérés comme des corvettes bien que la marine italienne les classent dans la catégorie des torpilleurs d’escorte.

Comme ces navires ont été construits après octobre 1948, leur cas sera étudié dans la partie consacrée au programme de guerre.

A côté de ces vedettes et de ses corvettes, on trouve des sloops coloniaux déployés comme l’Eritrea en AOI ou en Extrême-Orient comme le Lepanto.

On trouve également des chasseurs de sous-marins et des dragueurs de mines. Trente-sept dragueurs de mines sont en service dans la Regia Marina en septembre 1939, des unités assez anciennes de 200 tonnes construites entre 1916 et 1926, unités complétées à partir de septembre 1948 par la réquisition de chalutiers ce qui ne compense qu’imparfaitement la construction de véritables dragueurs de mines.

Minensuchboot Typ 1940 4.jpg

M-Boot

Ces derniers sont inspirés des Minuschenboot (M-Boot) allemands sont plus gros et leur armement plus lourd leur permet de mener des missions d’escorte. Seize grands dragueurs de mines sont ainsi construits peu avant le début du second conflit mondial suivis de huit autres durant le conflit.

Vedettes lance-torpilles

Avant-propos

L’apparition de la torpille automobile entraîna logiquement celle de son navire porteur, tout naturellement appelé torpilleur, torpedo boat ou encore torpidiniere selon que l’on soit locuteur de la langue de Molière, de Shakespeare ou de Dante.

Les premiers torpilleurs étaient des navires de taille réduite mais leur croissance fût très rapide, la barre de 1000 tonnes étant franchie peu avant le premier conflit mondial, les torpilleurs gagnant en puissance ce qu’ils perdaient en discrétion.

MAS.jpg

MAS

Cela laissa la place à un nouveau type de navire de petite taille, la vedette lance-torpilles appelée en Italie Motoscafo Armato Silurante (MAS) c’est à dire «vedette armée de torpille», un type de navire avec lequel les marins italiens allaient s’illustrer en coulant le cuirassé austro-hongrois Sven Itsvan.

Une trentaine d’unités est ainsi construite entre 1918 et 1936 suivis à la fin des années trente par trente-huit unités du type 513.

Aux côtés des MAS, on trouve deux nouveaux type, les MS et les VAS, les premières étant des vedettes lance-torpilles plus grosses, les MAS des vedettes de lutte anti-sous-marine.

La production de ces navires se poursuit durant la guerre, la marine italienne compensant l’attrition de ces grandes unités de surface en se lançant dans une véritable guérilla navale avec vedettes lance-torpilles, sous-marins de poche mais cette stratégie ne fait que retarder l’inévitable.

Carrière opérationnelle

Après le premier conflit mondial, la marine italienne continua de dévelloper ce type de navire efficace pour un coût limité.

Ce «système d’armes» intéresse même l’étranger puisque quatre vedettes type MAS sont exportées en Albanie en 1926, vedettes capturées par les italiens au printemps 1939 mais détruites durant le second conflit mondial, l’Albanie récupérant des vedettes italiennes dans les ports albanais en guise de compensation.

Douze ans plus tard, en 1938, quatre vedettes lance-torpilles sont transférées aux nationalistes espagnols pour renforcer les moyens de la fraction de la marine ralliée au général Franco.

Après avoir construit une trentaine d’unités entre 1918 et 1936, les italiens produisent à la fin des années trente cinquante exemplaires du type 500 (MAS 500 à 550), des navires que l’on peut diviser en deux série, les vingt-cinq premiers exemplaires étant des navires de 17m déplaçant 26/27 tonnes alors que les vingt-cinq autres étaient des navires de 18m et de 29 tonnes.

Au tout début des années quarante, vingt-cinq exemplaires supplémentaires (MAS 551 à 575) sont construits portant le total à soixante-quinze exemplaires, ces vedettes remplaçant les vedettes plus anciennes retirés du service en raison d’une usure prononcée et d’un certain nombre de problèmes techniques.

Depuis les années vingt, les italiens cherchaient à construire une sorte de «Super-MAS», une vedette plus puissante, plus robuste capable de supporter un armement supérieur tout en gardant une vitesse élevée.

Après plusieurs prototypes infructueux, les italiens parviennent à mettre sur pied un modèle satisfaisant de grande vedette lance-torpilles et ce grâce à un concours de circonstances.

En mars 1943, une vedette lance-torpilles yougoslave s’échoue sur les côtes italiennes. Cette vedette n’est pas de fabrication italienne mais à été produite par les chantiers navals allemands Lürssen.

Les italiens proposent aux yougoslaves de déséchouer la vedette et de la réparer à leurs frais ce que Belgrade accepte. Cette réparation est l’occasion pour les ingénieurs italiens d’inspecter la vedette et ses composants sous toutes ses coutures, permettant d’affiner le nouveau projet de vedette lance-torpilles, la Motosiluranti est née.

Cette vedette est nettement plus grosse puisqu’elle déplace 62 tonnes mais grâce à de puissants moteurs diesels peut filer à 45 ans en mer calme.

Son armement se compose de deux torpilles de 533mm avec deux recharges et pour la première fois un armement défensif important avec un canon de 37mm, deux canons de 20mm et deux mitrailleuses de 13.2mm.

Une version anti-sous-marine baptisée Vedette Antisommergibili (VAS) est également développée avec la même coque mais une propulsion moins puissante. Cette vedette est armée d’un canon de 20mm, de deux mitrailleuses de 13.2mm et de seize grenades anti-sous-marine, une vedette à l’efficacité limitée en l’absence d’un sonar efficace.

Vingt-quatre MS (MS-576 à 600) sont commandées en septembre 1944 et mis en service au printemps suivant. Elles sont complétées par 16 VAS (VAS-1 à 16) livrées à l’automne 1946.

Résultat quand l’Italie entre en guerre en octobre 1948, la Regia Marina aligne une flotte imposante de vedettes lance-torpilles :

-Vedettes lance-torpilles type 500 : sur soixante-quinze exemplaires construits entre 1936 et 1937, il n’en reste que cinquante-deux en service (MAS-500 à 512, 515,519,521,523 à 530,535,536,538,539,541 à 549,552 à 560,562,564,566,567,573,575)

-Vedettes type MS : vingt-quatre exemplaires tous en service (MS-576 à 560)

-Vedettes type VAS : seize exemplaires tous en service (VAS-1 à 16)

L’Italie possède donc en service une force respectable de quatre-vingt douze vedettes dont soixante-seize lance-torpilles.

Ces vedettes sont stationnées essentiellement en Italie à Tarente, La Spezia,La Maddalena, Messine mais également à Tripoli, Benghazi et Massawa et Rhodes.

Ces vedettes vont être rejointes par de nouvelles MS issues du programme de guerre (256 exemplaires commandés mais seulement cent-vingt achevées) pour mener une guerilla navale vis à vis des alliés, la marine royale compensant ici son infériorité dans d’autres domaines.

Au total la marine italienne va donc utiliser 212 vedettes de conception et de construction nationale plus des vedettes capturées en Albanie, en Yougoslavie et en Grêce. Le chiffre total est incertain mais il n’est pas au dessus de 250 navires de ce type.

Opérant de nuit car trop vulnérables de jour, les MAS et autres MS vont provoquer des pertes assez sensibles aux marines alliées même si ces pertes ne seront rien comparer au stress engendré par leur présence ou leur non présence.

A plusieurs reprises ont assistera à de véritables psychoses, des navires alliés ouvrant le feu sur de supposées vedettes qui n’existaient que dans l’esprit de marins stressés et épuisés.

Les pertes vont être terriblement lourdes et la fin du conflit voit se passer un conflit fratricide entre vedettes ralliées au gouvernement co-belligérant et vedettes opérant sous contrôle du gouvernement inféodé aux allemands.

En septembre 1954 quand les armes se taisent enfin, les vedettes rescapées sont peu nombreuses et en assez mauvais état. La marine italienne parvient à conserver seize vedettes en service, histoire de préserver la flamme et surtout de capitaliser sur l’expérience opérationnelle.

Il faudra attendre les années soixante pour que de nouveaux navires rapides d’attaque soient mis en service, navires qui allaient porter les couleurs non plus de la Regia Marina mais de la Marina Militare Italiana.

Une flotte nombreuse de canonnières rapides, de patrouilleurs lance-missiles et d’hydroptères qui devaient mener une guerilla navale contre l’Eskadra, la flotte soviétique de la Méditerranée.

Avisos et canonnières

Avant-propos

Entre le 17ème et le 19ème siècle la puissance des marines se mesurait dans le nombre de navires de ligne en service.

Ces navires étaient de véritables monstres pour l’époque avec des dizaines de canons de tous calibres (à ma connaissance les plus gros embarquaient 130 pièces, la norme standard étant de 74 canons), des mats immenses, une surface de voilure colossale.

Le tout formait de véritables forêts de mats sur les flots, de puissantes escadres qui se disputaient la suprématie sur les océans et à ce petit jeu la Grande-Bretagne fût la plus forte….. .

Ces navires étaient cependant coûteux à mettre en œuvre et pas toujours adapté à un certain nombre de missions comme la course, la liaison, la protection du trafic commercial.

Des navires plus petits étaient nécessaires, des navires appelés brick, flûtes,avisos ou frégates, des navires plus maniables et qui pouvaient tenir tête à des navires plus puissants si ils étaient bien menés.

Ces navires pouvaient mener aussi ce qu’on appellent des «descentes», les ancêtres des opérations commandos. Un navire mouillait quelque part, tirait quelques boulets et surtout débarquait des troupes pour tout détruire. Cette tactique était particulièrement efficaces outre-mer où l’opposition militaire était faible pour ne pas dire inexistante.

Menée généralement depuis des canonnières, cette tactique reçut le nom de «politique de la canonnière».

Tous les pays possédant des colonies ou simplement des intérêts commerciaux dans des pays lointains possédaient des navires appelés canonnières ou avisos, des navires légers, relativement bien armés (les avisos coloniaux français possédaient trois canons de 138mm) et disposant d’une bonne autonomie pour montrer le pavillon et faire respecter les intérêts politiques et commerciaux du pays concerné.

L’Italie n’échappe pas à la règle même si sa flotte coloniale fût toujours réduite, question de priorité. Il y eut bien des projets grandioses à la fin des années trente avec croiseurs, contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins mais très vite la Regia Marina se montra plus réaliste en se contentant de navires d’une puissance et d’une efficacité militaire réduite.

Mouilleurs de mines classe Azio

 

Avant-propos

Si aujourd’hui les mines et les torpilles sont deux choses bien distinctes cela n’à pas toujours été le cas. Les deux termes se confondaient et ce n’est qu’avec l’apparition de la torpille automobile que les deux armes se sont mis à diverger de manière radicale.

La mine marine était une arme d’un rapport coût/efficacité imparable, un arme de quelques milliers de francs pouvait couler un navire bien plus onéreux.

Pour assurer le mouillage des mines on pouvait utiliser le sous-marin, l’avion ou le bâtiment de surface qu’il s’agisse d’une mission secondaire (croiseurs, destroyers) ou de leur mission principale.

Se pose alors un problème. Comment faire financer un navire conçu spécifiquement pour être utilisé en temps de guerre ? Facile en couplant cette mission opérationnelle avec une autre mission ou un autre usage.

C’est ainsi que les six mouilleurs de mines classe Azio construits par la marine italienne étaient également conçus comme stationnaires outre-mer. C’est cette mission qu’ils vont assurer, mouillant une poignée de mines contrairement à leur mission initiale.

Carrière opérationnelle

Les six navires de cette classe (Azio,Lepanto,Legnano,Ostia,Dardanelli,Milazzo) ont été construits aux Cantiere Navale Triestino (CNT) de Monfalcone (Dardanelli,Milazzo,Ostia) ainsi qu’aux Cantiere Navale Riuniti (CNR) d’Ancone (Azio,Legnano,Ostia), les trois premiers marchant au mazout, les trois derniers au charbon.

Ces navires passèrent la quasi-totalité de leur carrière outre-mer, le Lepanto restant par exemple en Chine jusqu’à sa fin tragique en avril 1953 quand il fût coulé par le Japon suite au basculement italien dans le camp allié, le Japon détruisant le navire avant même de savoir ce que l’équipage avait décidé.

L’Ostia fût déployée en mer Rouge depuis le port de Massawa en Erythrée, restant en service jusqu’à sa destruction en juillet 1950 par l’aviation britannique.

Les Dardanelli et Milazzo furent vendus à la marine vénézuelienne en 1938. Rebaptisés General Soublette et General Urdaneta, ces navires ne furent désarmés qu’à la fin des années cinquante avant d’être démolis.

L’Azio stationné en Somalie est coulé par l’aviso D’Entrecasteaux lors d’un duel au canon désespéré au large de Mogadiscio.

Le Legnano fût déployé en ASI depuis le port de Benghazi. Le 1er juillet 1949 alors qu’il venait d’appareiller pour transférer des hommes à Tripoli il est surpris par un bombardement britannique.

Si la majorité des bombardiers Bristol Blenheim Mk V attaquent la ville, quelques uns se risquent à attaquer une cible navale mouvante.

Avec certainement beaucoup de réussite, les bombardiers britanniques placent une bombe de 1000 livres (454kg) qui provoque un terrible incendie, imposant l’évaluation du navire mais avant que le navire ne soit évacué, une violente explosion coupe le navire en deux, ne laissant que fort peu de survivants.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 718 tonnes pleine charge 954 tonnes

Dimensions : longueur 62.5m largeur 8.7m hauteur 4.8m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Thornycroft développant 1500ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 15 nœuds distance franchissable 4000 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : deux canons de 102mm Terni (ou Ansaldo Schneider) modèle 1914, un canon de 76mm Ansaldo modèle 1917 40 mines

Equipage : 5 officiers et 66 officiers mariniers/QMM

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