URSS (70) Armée de Terre (18)

Mortiers

mortiers Stokes

Mortier Stokes

Avant-propos

Au début du vingtième siècle les différentes armées imaginaient la guerre comme au siècle précédent, une série de batailles en terrain ouvert, des masses d’hommes qu’un général habile devrait faire manœuvrer pour vaincre l’ennemi.

L’artillerie se compose essentiellement d’armes à tir tendu. Il y à bien des obusiers à la trajectoire courbe mais leur mission est surtout de détruire les fortifications ennemies, la prise de places fortes étant jugée indispensable pour éviter que l’ennemi ne menace des lignes de communication ou les mouvements des troupes amies.

Comme souvent la guerre qui se déclenche en août 1914 ne va pas se dérouler comme prévu. Au conflit court et en terrain ouvert Mars préfère un conflit long en terrain cloisonné. Sur le front occidental notamment (mais le front oriental n’est pas forcément exempté) un double réseau de tranchées se fait face.

Ces réseaux sont immunisés contre les canons et les autres armes à tir tendue. Il faut des armes puissantes pour neutraliser abris et positions de mitrailleuses mais surtout des armes à tir courbe.

Oh certes il y à bien des obusiers mais il s’agit d’armes lourdes, encombrantes et leur déplacement en premier ligne les met en danger d’être contrebattues. D’où l’invention d’armes plus légères à tir courbe pouvant être mises en œuvre par l’infanterie.

Minenwerfer Lanz 91 3

Minenwerfer

Si le mortier de tranchée (Crapouillot, Minenwerfer) n’à pas eu de réelle descendance, le mortier d’infanterie inventé par le britannique Stokes est toujours présent un siècle après sa création.

C’est une arme simple mais il fallait y penser à savoir un tube, une plaque de base et un bipied, un chargement par la bouche, un projectile effilé tombant au fond, une baguette qui active un percuteur, arme le projectile qui explose au sol après une trajectoire parabolique permettant de neutraliser une position cachée à la vue de tous.

Le mortier devient l’arme principale pour l’appui-feu de l’infanterie. Quelques pays vont produire des canons d’infanterie mais comme pour les mortiers de tranchée ils n’auront pas de descendance.

Les premières armes étaient d’un calibre médian mais très vite des armes plus légères et des armes plus lourdes sont développées. Généralement la section dispose d’un mortier d’un calibre de 50 à 60mm (les calibres inférieurs se révéleront des impasses avec un projectile trop léger et des armes trop complexes), la compagnie ou le bataillon d’un mortier d’un calibre entre 70 et 80mm alors que le régiment dispose de mortiers d’un calibre dépassant les 100mm.

L’infanterie peut ainsi disposer d’un solide appui-feu, le mortier bien manié constituant une menace redoutable. N’importe quel soldat ayant été pris sous le feu de mortiers ne pourra dire autre chose qu’il s’agit d’une expérience fort désagréable.

L’URSS ne fait pas exception en équipant son infanterie de mortiers de 50mm, de 82mm, de 107 et de 120mm. Ce dernier inspiré du Brandt français était particulièrement redoutable et si efficace que les allemands le copièrent pour équiper leurs propres troupes.

Mortier de 50mm RM-38/RM-39/RM-40/RM-41

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Mortier de 50mm RM-38

 

Le mortier le plus léger de la RKKA est le RM-38, un mortier de 50mm, le calibre le plus léger pour un mortier de section efficace (les armes d’un calibre inférieur n’étant pas de franches réussites).

Sa conception est classique avec une plaque de base, un long tube et un affût bipied. Il ne peut être pointer qu’à deux angles, le premier étant de +45° et le second +75°. La portée est réglée par un série de valves au pied du tube.

Cette arme se révéla efficace mais complexe et chère à fabriquer. Voilà pourquoi après la construction de quelques exemplaires, le RM-39 puis le RM-40 et enfin le RM-41 lui succédant sur les chaines de montage.

Au sein de l’armée soviétique, les mortiers sont dit de compagnie (RM), de bataillon (BM) et de régiment (HM). Le mortier de 50mm est donc le mortier de compagnie, le développement commença en 1937 avant d’être adopté l’année suivante et mis en production en 1939.

La production du RM-38 cessa en 1940 remplacé par le RM-39 qui lui même fût remplacé par le RM-40 en 1941 et enfin le RM-41 en 1943. Seul le dernier était un mortier neuf, les RM-39 et 40 étant des évolutions du RM-38.

La production du RM-41 va se poursuivre jusqu’en 1952 quand les soviétiques décident de cesser la production des mortiers légers pour se concentrer sur le trio 82/107/120mm.

Des mortiers de 50mm ont été capturés par les allemands et les finlandais et réutilisés par leurs nouveaux propriétaires.

Détail amusant, les allemands avaient eux aussi cessé la production de leurs mortiers de 50mm pour se concentrer sur leur excellent mortier de 80mm.

Les mortiers en service dans la RKKA n’ont pas connu une longue carrière après guerre mais certains connaissant une nouvelle jeunesse en Chine et aux mains de maquisards vietnamiens

Caractéristiques Techniques du mortier de 50mm RM-38

Type : mortier d’infanterie

Calibre : 50mm

Poids en ordre de combat 12.1kg Poids du projectile : 0.85kg

Longueur hors tout 78cm Longueur du tube 55cm

Elevation verticale : 45 ou 75° (82° sur certains modèles) Champ de tir horizontal 6°

Portée maximale à 45° 800m Portée maximale à 75° 402m Portée maximale à 82° 100m

82-BM-37

Mortier de 82mm M1937 21

Mortier de 82mm M1937

Le 82-BM-37 ou le mortier de 82mm M-37 est un mortier désigné B.I Szayrin et mis en service comme son nom l’indique en 1937.

Ce mortier à été conçu en partant du mortier de 81mm Brandt modèle 1927/31. Par rapport à son prédécesseur 82-PM-36 (le Brandt produit sous licence) il adopte une plaque de base ronde, des mécanismes de pointage horizontal et vertical modifiés, des organes de visée simplifiés (pour accélérer la production ? Pour des raisons d’efficacité ?) et des absorbeurs de choc pour réduire les mouvement de la pièce.

Mortier principal au sein du bataillon de fusiliers soviétique, le 82-BM-37 fût comme nombre d’armes soviétiques capturé par les allemands qui le réutilisèrent quand il y avait suffisamment de munitions pour cela. Ce fût la même chose pour la Finlande et la Hongrie.

Au cours du conflit une version améliorée baptisée M-37M est mise en production, se distinguant de son prédécesseur par une plaque de base plus légère et un système pour empêcher le double chargement toujours possible dans le feu de l’action.

Outre l’URSS, l’Allemagne, la Finlande et la Hongrie, le mortier de 82mm M-37 à été utilisé par l’Afghanistan, l’Egypte, la Grenade, l’Irak, la Chine, le Cambodge, la Corée, la Syrie, la Tanzanie et le Vietnam.

Caractéristiques Techniques

Type : mortier médian d’infanterie

Calibre : 82mm

Poids total : 56kg Poids du projectile 3.05kg

Longueur du tube : 1.22m

Champ de tir vertical : +45° à +75° Champ de tir horizontal 6° à 15°

Portée maximale 3040m Cadence de tir 25 à 30 coups par minute

Mortier de 120mm M1938

Mortier de 120mm M1938 2.jpg

Mortier de 120mm M1938

Le plus gros mortier de l’arsenal soviétique est le mortier de 120mm M1938. Appelé également 120-PM-38, cette arme s’inspire du mortier Brandt de 120mm modèle 1935 et du mortier de 81mm du même constructeur, produit sous licence sous la désignation 82-PM-36.

En 1937 les soviétiques produisent une version modifiée du 82-PM-36 appelée 82-PM-37, cette arme servant de base de travail pour le futur mortier de 120mm modèle 1938. La principale différence entre le 82-PM-37 et le 82-PM-36 est la plaque de base ronde, des mécanismes de pointage modifiés et des absorbeurs de choc sur le bipied.

Grosso modo, le 120-PM-38 est essentiellement une version agrandie du 82-PM-37. En raison de son poids ce mortier bénéficiait d’un affût double ce qui permettait également son remorquage par un véhicule automobile ou par des chevaux.

Initialement le mortier était employé au niveau du régiment mais au cours du conflit ils furent employés au niveau du bataillon pour renforcer les mortiers plus légers. Facile à mettre en batterie, il pouvait délivrer rapidement un feu particulièrement désagréable pour l’ennemi.

Aux missions classiques d’appui s’ajoutèrent ce que les français appelaient des raids mortiers. Trois ou quatre pièces déployées rapidement, délivrant en quelques minutes plusieurs dizaines de projectiles avant de se replier pour éviter le feu de contrebatterie ennemi.

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Mortier de 120mm M1945

Après plusieurs années de production, le 120-PM-38 céda la place sur les chaines de montage au 120-PM-45, un mortier plus simple à fabriquer et disposant de certaines modifications de détail sur la plaque, les organes de manœuvre et les organes de visée.

Au cours du conflit une troisième évolution vit le jour. Baptisée 120-PM-51, cette ultime version inspira les allemands pour un mortier de 120mm capable de faire pièce à leurs cousins soviétiques.

Outre les allemands, les finlandais et les roumains capturèrent des 120-PM-38, les roumains mettant au point leur propre version.

A noter que les troupes de montagne disposaient de mortiers de 107mm, des mortiers désignés 107-PBHM-38 qui étaient une version réduite du mortier de 120mm modèle 1938.

Caractéristiques Techniques du 120-PM-38

Type : mortier lourd

Calibre : 120mm

Poids en configuration de voyage 477kg Poids en ordre de combat 280kg Poids du projectile 16kg

Longueur du tube 1.86m (15.5 calibres)

Champ de tir vertical +45° à +80° Champ de tir horizontal 6°

Portée maximale 6000m Cadence de tir : 10 coups par minute

Equipe de pièce : 6 hommes

 

Mortier de 107mm PBHM-38

Comme nous le savons toutes et tous, le combat en zone montagneuse est particulièrement difficile pour des raisons qui s’expliquent par la géographie et le climat. Il impose des armes et un équipement particulier.

Le mortier de 120mm M1938 est une arme remarquable mais encore trop encombrante pour les troupes de montagne. D’où la mise au point d’un mortier lourd plus léger, un mortier de 107mm.

La perte en terme de puissance de feu était minime mais avec un poids et un encombrement inférieur, l’arme pouvait par exemple être remorquée par des animaux de bat comme ceux qu’utilisent souvent les troupes de montagne. Elle pouvait être démontée en plusieurs fardeaux quand le terrain ne se prêtait pas à un ordre mode de transport.

Ce mortier de 107mm était plus encore que pour les unités de fusiliers une véritable artillerie de poche puisqu’il était utilisé comme artillerie divisionnaire au sein des unités de montagne soviétique.

Des pièces ont été capturées par les allemands et retournées contre leurs anciens propriétaires. Ce mortier à aussi équipé après guerre la Chine ce qui explique la capture de mortiers de ce modèle par les français et les américains durant les deux guerres du Vietnam.

Caractéristiques Techniques

Type : mortier lourd

Calibre : 107mm

Poids en ordre de combat 170kg Poids du projectile 9.1kg

Longueur du tube 1.67m

Champ de tir vertical +45° à +80° Champ de tir horizontal 3°

Portée maximale effective 6300m Cadence de tir : 15 coups par minute

Equipe de pièce : 5 hommes

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2 réflexions sur “URSS (70) Armée de Terre (18)

  1. Toujours aussi passionnant et minutieux 🙂 Je savait que l’URSS avait obtenu des licences de moteurs d’avions mais je ne connaissait la vente de celles de mortiers.

  2. clausmaster dit :

    Moi non plus tout comme j’ai découvert que le Tupolev SB aurait pu être produit sous licence par la Tchécoslovaquie en échange de la licence d’un canon de montagne Skoda de 75mm

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