Mitteleuropa Balkans (212) Slovaquie (6)

ARMEE DE TERRE SLOVAQUE

Une histoire militaire des tchèques et des slovaques

Si l’armée tchécoslovaque voit le jour en 1918 cela ne signifie pas que l’histoire martiale des tchèques et des slovaques à commencé à la fin du premier conflit mondial, elle est bien plus ancienne. Comme je manque de sources ce sera forcément un balayage très grossier.

Armée Noire

Les armées permanentes apparaissent à la fin du Moyen-Age. Parmi les pionniers nous trouvons la France de l’universelle aragne (Louis XI) et la Hongrie de Mathias Corvin et son Armée Noire car portant des armures sombres.

Cette armée à l’existence éphémère (1458-1494) comprenait à l’origine 6 à 8000 mercenaires puis 15 à 2000, les effectifs maximum étant atteint en 1485 avec 20000 cavaliers et 8000 fantassins. Elle était composée essentiellement de tchèques, d’allemands, de serbes, de polonais et de hongrois.

Armée du Saint-Empire

L’Armée du Saint-Empire en version originale Reichsheer voit le jour en 1422 et disparaît en 1803 quand le Saint Empire Romain Germanique disparaît au profit de l’Empire d’Autriche. Elle est composée de contingents du Saint-Empire dont la mobilisation doit être votée par la Diète Impériale. A noter que l’empereur possédait sa propre armée (Kaiserliche Armee).

En 1681 le Cercle d’Autriche qui incluait la Bohème devait fournir 2522 cavaliers et 5507 fantassins.

La mobilisation de cette armée est difficile car les Etats membres de l’Empire qui depuis la paix de Westphalie (1648) peuvent lever leurs propres unités renaclent à les laisser à l’empire et quand c’était le cas les unités étaient de piètre qualité.

En 1702 à la Diète de Ratisbonne dans le contexte de la Guerre de Succession d’Espagne le projet d’une armée impériale permanente est rejettée.

Armée commune, armées territoriales autrichiennes et hongroises

Armée territoriale hongroise en 1918

Jusqu’à l’implosion de l’Autriche-Hongrie il n’existait pas d’unités tchèques ou d’unités slovaques spécifiques probablement pour éviter qu’ils ne servent de creuset à une révolte nationale. Les tchèques et les slovaques servaient donc dans l’armée commune ou dans les armées territoriales de Transleithanie et de Cisleithanie.

La Gemeinsanne Armee (Armée Commune) voit le jour le 15 mars 1867 suite au compromis austro-hongrois. Elle est aussi connue après sa disparition sous le nom de KüK Armee et de Csaszari es kiralyi hadsereg.

Les tchèques et les slovaques font partie sans nul doute des 57 régiments allemands pour les premiers et des 45 régiments hongrois pour les seconds. Même topo au sein des 15 régiments de dragons impériaux et royaux, des 16 régiments de hussards impériaux et royaux et des 11 régiments de uhlans impériaux et royaux.

En juin 1914 l’armée commune c’est seize corps d’armée, quarante-neuf divisions d’infanterie représentant 76 brigades d’infanterie et 14 brigades de montagne, huit divisions de cavalerie soit seize brigades montées.

L’armée commune c’est un total de 102 régiments d’infanterie à quatre bataillons chacun, quatre régiments bosniens à quatre bataillons, quatre régiments de fusiliers du Tyrol à quatre bataillons chacun, trente deux bataillons de fusiliers et un bataillon de fusiliers bosniens.

L’artillerie c’est quarante-deux régiments d’artillerie de campagne, onze régiments d’obusiers de campagne, onze bataillons d’artillerie hippomobile, quatorze bataillons d’obusiers lourds, onze régiments d’artillerie de montagne, six régiments d’artillerie de forteresse, huit puis dix bataillons indépendants d’artillerie de forteresse.

La langue de commandement est l’allemand mais comme les régiments sont rarement pour ne pas dire jamais homogènes les officiers et surtout les sous-officiers doivent connaître les langues des hommes du rang.

On trouve également des tchèques et des slovaques au sein de l’armée territoriale hongroise ou Honved ainsi que dans l’armée territoriale impériale-royale autrichienne (K.k Landwehr).

L’armée royale hongroise complétait l’armée commune. En dépit de son caractère territorial elle était mieux équipée que l’armée commune pour la simple et bonne raison que si les hongrois étaient réticents à financer la Gemeinsanne Armee en revanche l’armée territoriale succédané d’une armée hongroise indépendante c’était différent…… .

Cette armée s’appuie sur six districts dont deux nous concernent plus particulèrement, le troisième district qui couvre la région de Kosice et le quatrième qui couvre la région de Bratislava.

Elle comprend deux divisions d’infanterie à deux brigades chacune, deux divisions de cavalerie à deux brigades chacune, douze brigades indépendantes d’infanterie ce qui représente au total trente-deux régiments d’infanterie, dix régiments de hussards, huit régiments d’artillerie de campagne et un bataillon d’artillerie hippomobile.

A Kassa sont stationnées la 77ème brigade indépendante d’infanterie ainsi que la 24ème brigade de cavalerie de la 11ème division de cavalerie et le 3ème régiment d’artillerie. A Pozsony (Presbourg/Bratislava) est stationnée la 73ème brigade d’infanterie.

Les légions tchécoslovaques

Sous ce terme figure différentes unités composées de volontaires et d’anciens prisonniers de guerre qui ont combattu aux côtés des alliés que ce soit sur le front français, sur le front italien et surtout sur le front russe. Leur but ultime est d’obtenir un Etat Tchéco-Slovaque. Les effectifs ne sont pas négligeables puisqu’on tourne autour de 100000 hommes.

La Légion tchécoslovaque en Russie

Commençons par la plus importante, la légion tchécoslovaque en Russie. Le 5 août 1914 la Stavka autorise la création d’une unité composée de tchèques et de slovaques vivant dans l’Empire russe, cette unité étant appelée les Compagnons Tchèques soit en version originale Ceska Druzina.

L’unité est opérationnelle en octobre 1914 et rattachée à la 3ème Armée. Elle est utilisée comme unité de choc en menant des patrouilles, en capturant des prisonniers pour interrogatoires et au nettoyage des tranchées.

Pour augmenter les effectifs de l’unité, la Russie autorise le recrutement dans les camps de prisonniers avant de finalement rétropédaler du moins officiellement car localement c’était une tout autre histoire.

Début 1916 la Druzina devient le 1er régiment de fusiliers tchéco-slovaque. Toujours en 1916 deux autres régiments sont créés permettant la mise sur pied d’une Brigade de fusiliers Tchéco-Slovaques soit en version originale Ceskoslovenska strelecka brigada. Cette unité se distingue durant l’offensive Kerensky au cours de la Bataille de Zborov (1er-2 juillet 1917).

La brigade tchéco-slovaque est ici engagée pour la première fois en unité constituée. Elle parvient à percer le dispositif germano-autrichien mais si ce succès à été militairement limitée en revanche sur le plan politique, diplomatique et de propagande les bénéfices ont été énormes.

C’est cet événement qui permet officiellement le recrutement des tchèques et des slovaques au sein des camps de prisonniers. Un quatrième régiment s’ajoute à la brigade, brigade qui devient la 1ère Division du Corps Tchécoslovaque en Russie (Ceskoslovensky sbor na Rusi) aussi connue sous le nom de Ceskoslovenska legie (Légion Etrangère). Une deuxième division à quatre régiments est créé en octobre 1917 portant les effectifs en 1918 à environ 40000 hommes.

En novembre 2017 à lieu la Révolution d’Octobre. Le président du Conseil National Tchécoslovaque Tomas Masaryk présent en Russie décide d’évacuer la Légion Tchécoslovaque de Russie pour qu’elle continue à combattre en France. L’évacuation doit se faire depuis Vladivostok ce qui impose de traverser toute la Russie !

Les bolchéviques donnent leur accord en février 1918 mais le 18 février les allemands lancent l’opération FAUSTCHLAG, l’ultime offensive à l’est, une véritable promenade de santé. Les tchécoslovaques doivent combattre les allemands pour évacuer.

Un accord est trouvé avec le gouvernement bolchévique le 25 mars 1918 mais doivent céder une partie de leurs armes. Des tensions réciproques se font jour, les partisans de Lénine soupçonnant les tchécoslovaques d’aider les Blancs alors que les tchécoslovaques soupçonnent les bolcheviques d’envoyer des communistes tchèques pour semer la zizanie. En mai 1918 ils traversent la Russie entre Penza et Vladivostok.

Le 14 mai 1918 ont lieu à Tchelyabinsk des affrontements entre tchécoslovaques qui allaient vers l’est et anciens prisonniers de guerre magyars qui allaient vers l’ouest. Trortsky ordonne le désarmement des légionnaires tchéco-slovaques mais ces derniers refusent et vont tailler leur chemin à coup de fusil, parvennant à contrôler Vladivostok à la fin du mois de juin.

A la mi-juillet ils contrôlent la portion Samara-Irkutsk du Transsibérien. En septembre tous les bolcheviques ont été chassés du Transsibérien. Approchant Iekaterinbourg, ils provoquent indirectement l’exécution de la famille impériale.

Les alliés interviennent à Vladivostok pour permettre l’évacuation des tchèques et des slovaques non sans arrières pensées. 70000 japonais, 829 britanniques, 1400 italiens, 5002 américains et 107 français.

Les victoires tchécoslovaques vont clairement contribuer à la reconnaissance d’un Etat Tchéco-Slovaque indépendant même si on peut se demander si il y avait une autre alternative.

La première guerre mondiale étant en passe de se terminer, la Légion Tchécoslovaque va participer officiellement à la guerre civile russe aux côtés des Blancs avec des effectifs qui sont passés à 61000 hommes.

Le 28 octobre 1918 l’indépendance tchécoslovaque est officiellement proclamée à Prague ce qui donne envie aux légionnaires de rentrer au pays. Ils sont d’autant plus impatients que le 18 novembre 1918 le gouvernement provisoire de toutes les russies à été renversé par l’amiral Kolchak.

Durant l’hiver 1918/1919 ils défendent le Transsibérien vital pour le ravitaillement des armées blanches. Cette mission est menée par les tchécoslovaques appuyés par d’anciens prisonniers de guerre polonais, roumains et yougoslaves.

Le 14 novembre 1919 Omsk la capitale de l’amiral Kolchak tombe aux mains des bolcheviques. C’est alors une fuite éperdue vers l’est de tous ceux qui ont à craindre des nouvelles autorités. Les tchécoslovaques sont neutres, refusant de protéger l’amiral Kolchak et le livrant même aux SR (Socialistes Révolutionnaires).

Un armistice est signé entre les tchécoslovaques et la 5ème armée Rouge le 7 février 1920. les tchèques et les slovaques peuvent rallier Vladivostok en laissant l’or impérial. Le même jour l’amiral Kolchak est exécuté.

Les tchécoslovaques sont enfin évacués entre mars et septembre 1920. Au total 67739 personnes sont évacuées dont 56455 soldats, 3004 officiers, 6714 civils 1716 femmes 717 enfants 1935 étrangers et 198 autres. Ces hommes vont former le cœur de la nouvelle Armée Tchécoslovaque. 4112 tchécoslovaques ont été tués (première guerre mondiale et guerre civile russe) sans compter les disparus et les déserteurs.

Légion Tchécoslovaque en France

Les tchèques et les slovaques souhaitent s’engager le font au travers de la Légion Etrangère. Le 31 août 1914, la 1ère compagnie du 2ème Régiment Etranger d’Infanterie est créée à Bayonne avec essentiellement des tchèques. Elle se distingue à Arras en 1915 mais suite à de lourdes pertes elle est dissoute et les effectifs dispersés.

De nouvelles unités sont créées par un décret du gouvernement français le 19 décembre 1917. En janvier 1918 le 21ème régiment de fusiliers tchécoslovaque voit le jour à Cognac avec d’anciens prisonniers de guerre et des volontaires venus des Etats-Unis. En mai le 22ème régiment est créé, ces deux régiments intégrant la 53ème division d’infanterie qui va combattre d’abord en Haute-Alsace puis en Champagne et en Argonne. Au total 650 tchéco-slovaques sont morts au combat sous uniforme français.

Légion Tchécoslovaque en Italie

Les tchèques et les slovaques ont aussi combattu sur le front italien. En janvier 1918 le quartier général de la 6ème Armée donne son accord pour créer des escadrons de reconnaissance en recrutant parmi les prisonniers de guerre slaves et plus généralement tchèques et slovaques. Ce sont les Esploratori Cecoslovacchi (Explorateurs Tchécoslovaques).

Ces escadrons d’éclaireurs sont regroupés en septembre 1918 au sein du 39ème régiment de la Légion Tchécoslovaque d’Italie.

Entre-temps (avril/mai 1918), cinq régiments sont créés le 31ème RI à Pérouse, le 32ème RI à Assisi, le 33ème RI à Foligno, le 34ème RI à Spaleto et le 35ème RI formé en octobre 1918.

Les unités forment deux divisions, la VI. Division avec les 31ème, 32ème et 35ème alors que la VII. Division avec les 33ème, 34ème et 39ème RI soit un total de 25000 hommes.

Les unités tchécoslovaques vont combattre sur la Piave mais sont en réserve lors de la bataille de Vittorio Veneto.

Le 8 décembre 1918 Tomas Masaryk, le roi Victor-Emmanuel III, le président du conseil Orlando et le commandant en chef Armando Diaz passent en revue les unités tchécoslovaques avant leur rapatriement qui à lieu en 1919, l’unité ralliant la Slovaquie pour combattre les hongrois dans un après-guerre aussi trouble qu’incertain.

En juillet 1919 le général Pellé à la tête d’une mission militaire française remplace le général Piccione. Cette mission doit organiser l’armée tchécoslovaque en combinant unités locales et unités ayant combattu à l’étranger.

Ces unités vont se montrer instables et source de troubles, combattant les socialistes, les allemands des Sudètes et les juifs. Ils dégradent les monuments habsbourgeois et réclament la dictature de Masaryk.

Mitteleuropa Balkans (50) Bulgarie (14)

Une histoire militaire de la Bulgarie (2) : aux temps modernes (1878-1954)

Les prémices

Drapeau des opalchentsi

L’armée bulgare renait officiellement le 22 juillet 1878 (10 juillet selon le calendrier julien) quand douze bataillons d’opalchentsi qui venaient de participer à la guerre de Libération (appelée également neuvième guerre russo-ottomane) forment une armée nationale plus de quatre siècles après la fin de l’indépendance bulgare.

2011 : des passionnés d’histoire militaire célèbre le 133ème anniversaire de l’indépendance bulgare. Ils portent la tenue des opalchentsi qui s’illustrèrent durant la guerre russo-ottomane de 1877/78.

Les opalchentsi sont des volontaires bulgares qui décident d’aider la Russie dans sa guerre contre l’empire ottoman mais aussi prendre leur revanche sur l’écrasement de la révolte 1876, écrasement d’une violence telle que cela avait suscité l’écœurement de l’opinion publique européenne.

Ils sont regroupés à Samara et vont jouer un rôle majeur dans deux des quatre batailles du col de Skipka (deuxième bataille du 21 au 26 août 1877 et quatrième bataille du 5 au 9 janvier 1878).

Fusil Chassepot modèle 1866

Armés de fusils Chassepot (probablement pour maintenir l’illusion que la Russie n’étaient pas derrière eux), ils formèrent trois brigades numérotées 1, 2 et 3, chaque brigade disposant deux bataillons (druzhina) de cinq compagnies chacune. A ces trois brigades vont s’ajouter six druzhina indépendants numérotés 7 à 12.

Selon la Constitution de Tarnovo, tout les hommes âgés de 21 à 40 ans sont éligibles au service militaire et plus généralement aux obligations militaires.

En 1883 l’armée bulgare connait une première réorganisation. Les douze bataillons d’infanterie cités plus haut sont regroupés au sein de quatre brigades stationnées à Sofia, Pleven, Muse et Shumen. A cela s’ajoute une brigade de cavalerie.

La jeune armée bulgare ne tarde pas à connaître le baptême du feu puisque dès 1885 un conflit l’oppose à la Serbie.

Ce conflit est d’abord favorable à Belgrade mais la contre-attaque bulgare bouscule les troupes serbes qui doivent se replier sur leurs bases de départ et même battre en retraite devant la poussée des troupes de Sofia. Seule la menace d’une intervention austro-hongroise côté serbe stoppa l’avancée bulgare.

A l’époque l’armée de terre bulgare aligne un peu moins de 30000 hommes organisés en huit régiments à trois bataillons regroupés dans les quatre brigades vues plus haut. Comme chaque régiment possède environ 700 hommes on compte 5600 fantassins, le reste des effectifs étant composée de cavaliers (neuf escadrons) et d’artilleurs qui arment douze batteries à huit canons sans compter les services nécessaires.

Pour ce conflit elle peut également compter sur la milice de Roumélie Orientale unie par union personnelle à la principauté de Bulgarie. Cette milice mobilise d’abord ses unités de première ligne (douze bataillons d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et quatre canons) bientôt suivies par ses unités de deuxième ligne soit douze autres bataillons.

Ces bataillons vont opérer avec le deuxième échelon bulgare composé de huit bataillons, vingt bataillons de volontaires et trois bataillons macédoniens.

L’armée de terre bulgare dans les guerres balkaniques.

L’armée bulgare dans la première guerre balkanique

Tableau représentant les soldats bulgares au combat durant les guerres balkaniques

Le commandant nominal de l’armée bulgare est le tsar Ferdinand 1er mais le commandement effectif est assuré par son adjoint, le Lieutenant-General Mihail Savorov, son chef d’état-major était le Major-General Ivan Fichev avec comme chef d’état-major adjoint le colonel Stefan Nerezov.

L’armée bulgare déploie 366029 hommes soit la moitié des forces terrestres de la Ligue Balkanique qui va combattre l’empire ottoman pour chasser les forces de la Sublime Porte du continent européen.

En Thrace, les bulgares déploient trois armées plus une division de cavalerie. Des forces sont également placées sous l’autorité de la 2ème armée serbe sur le théâtre d’opérations occidental. On trouve également un détachement déployé dans les monts du Rhodope.

La 1ère Armée Bulgare dispose de la 1ère Division d’Infanterie «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie), de la 3ème Division d’Infanterie «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie) et de la 10ème Division d’Infanterie composée de deux brigades à deux régiments d’infanterie.

La 2ème Armée Bulgare disposait de la 8ème Division d’Infanterie «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, du détachement Haskovo avec une brigade d’infanterie, un détachement d’artillerie et une brigade de cavalerie à deux régiments.

La 3ème Armée Bulgare disposait de la 4ème Division d’Infanterie «Preslav» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 5ème Division d’Infanterie «Danube» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de la 6ème Division d’Infanterie «Bdin» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui.

La seule Division de Cavalerie de l’armée bulgare opère sur le théatre d’opérations de la Thrace avec deux brigades, la 1ère disposant de deux régiments alors que la 2ème dispose de trois régiments.

Sur le Théâtre occidental, la Bulgarie déploie une division au sein de la 2ème Armée serbe, la 7ème Division d’Infanterie «Rila» composée de trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités de cavalerie, de génie et d’artillerie. Elle opère en compagnie d’une division serbe composée de quatre régiments d’infanterie, d’un régiment d’artillerie et d’un régiment de cavalerie.

Le Détachement du Rhodope se compose de l’unique 2ème divisions d’infanterie de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

Naturellement l’ordre de bataille évolue durant le conflit. Après la première bataille de Catalca, les gouvernements bulgares et ottomans signent un armistice le 3 décembre 1912 et se mettent d’accord pour attendre une conférence de paix à Londres.

Les pourparlers ont lieu au palais de St James et n’avaient pas beaucoup avancé quand le 23 janvier 1913 les Jeunes Turcs dirigés par Enver Bey lancent un coup d’état et s’emparent du pouvoir à Constantinople. Le nouveau gouvernement est déterminé à s’emparer d’Andrinople à tout prix ce que ne pouvait accepter la Bulgarie. L’armistice est dénoncé le 29 janvier 1913 et les combats vont reprendre.

Ce sont les ottomans qui prennent l’initiative. Laissant de petites forces en Epire et en Albanie, les ottomans engagent toutes leurs forces en Thrace avec une offensive combinant attaques terrestres et attaques amphibies.

Durant la période de l’Armistice, les bulgares réorganisent leur stratégie en Thrace. Au début du mois de décembre, ils réalisent que les arrières de la 2ème Armée à Adrianople mais aussi ceux des 1ère et 3ème Armées pouvaient être menacées par une offensive ottomane utilisant la péninsule de Gallipoli comme base de départ.

Pour contrer cette menace le haut commandement bulgare décida de transféré ses forces jadis déployées sur le front occidental dans une nouvelle 4ème Armée bulgare avec 93389 hommes sous le commandement du Major Général Stiliyan Kovachev.

Pendant ce temps à Adrianople, une nouvelle 11ème Division d’Infanterie est formée. Elle est accompagnée par deux divisions d’infanterie serbes ce qui permet aux bulgares de déployer d’autres forces sur la ligne Chataldzha.

Sur la ligne Chataldzha située en Thrace à 35km à l’oust d’Istanbul on trouve d’abord la 1ère Armée bulgare sous le commandement du Lieutenant-Général Vasil Kutinchev qui commandait également le dispositif combinant les 1ère et 3ème armées bulgares.

Cette armée dispose de la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie auxquels il faut ajouter des unités d’appui et de soutien, de la 3ème DI «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et la 10ème DI qui comprend deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 3ème Armée bulgare commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriez comprend la 4ème DI «Preslav» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 5ème DI «Danube» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et de la 9ème DI «Pleven» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 4ème Armée bulgare déployée dans la péninsule de Gallipoli dispose de la 2ème DI de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, de la 7ème DI «Rila» à trois brigades (une à trois régiments, une à un seul régiment et une brigade à deux régiments) plus des unités d’appui dont un régiment de cavalerie et un bataillon de pionniers et de la division de cavalerie avec deux brigades à trois régiments montés, une brigade d’infanterie à deux régiments et des unités d’appui et de soutien.

Toujours dans la péninsule de Gallipoli, on trouve sous le commandement du Major-General Genev le Macedonian-Adrianpolitian Volunteer Corps composée de trois brigades à quatre bataillons d’infanterie plus des unités d’artillerie.

Dans la région d’Andrinople : on trouve la 2ème Armée Bulgare qui dispose de la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments plus des unités d’artillerie et du génie, de la 11ème DI à deux brigades à deux régiments d’infanterie, d’une brigade indépendante à deux régiments d’infanterie et d’un détachement d’artillerie indépendant. A cela s’ajoute également deux divisions serbes, la 1ère DI «Timok» et la 2ème DI «Danube».

La division d’infanterie type de l’armée bulgare se compose de trois brigades d’infanterie à deux régiments d’infanterie disposant chacun de quatre bataillons d’infanterie soit un total de vingt-quatre bataillons pour la division. A cela s’ajoutait deux régiments d’artillerie, un régiment de cavalerie et un bataillon du génie.

Pour des raisons tactiques, les 1ère et 2ème division cédèrent chacune une brigade pour permettre la formation d’une 10ème division qui ne disposait donc que de seize bataillons d’infanterie.

Cette armée bulgare va jouer un rôle majeur durant ce conflit en participant à plusieurs batailles contre les armées ottomanes.

L’armée bulgare au combat. Un autre tableau dans un style plus « naïf »

Le premier affrontement est constitué par la bataille de Kardzhali le 21 octobre 1912, une bataille opposant des effectifs comparables (8700 bulgares et 42 canons contre 9000 ottomans qui ne disposaient que de 9 canons). Les bulgares l’emporte et attache définitivement au pays la ville de Kardzhali et la partie orientales du massif des Rhodopes. Si les bulgares n’ont que 9 morts et 42 blessés, les ottomans ont 200 tués et blessés et abandonnent aux bulgares 19 prisonniers.

Trois jours après cet affrontement, 150000 soldats bulgares affrontent à la bataille de Kirk-Kilisse environ 100000 ottomans. Après une tentative ottomane de séparer les 1ère et 2ème armées ottomanes, la poussée bulgare oblige les troupes de la Sublime Porte à battre en retraite.

Les bulgares ont eu 887 tués et 4034 blessés sans oublier 824 portés disparus. De leur côté les ottomans ont subit des pertes deux fois plus importantes avec 1500 tués et blessés sans oublier 2 à 3000 prisonniers, 58 canons et 2 avions capturés par les bulgares.

Du 28 octobre au 2 novembre 1912 108000 bulgares (avec 116 mitrailleuses et 360 canons) affrontent 130000 ottomans (appuyés avec 300 canons) à la bataille de Lule-Burgas.

C’est la bataille la plus sanglante de la guerre, les ottomans devant se replier sur les monts Catalca où une puissante ligne fortifiée protège les approches de la capitale ottomane, Constantinople située à seulement 30km. Le bilan humain est terrible avec côté bulgare 2536 tués et 17000 blessés alors que du côté ottoman la note du boucher de nos «amis» anglais est encore plus élevée avec 22000 tués et blessés, 2800 prisonniers et 50 canons capturés.

Les 17 et 18 novembre 1912 à lieu la première bataille de Catalca. Cet affrontement indécis oppose 176430 bulgares contre 140571 ottomans.

Les bulgares subissent de très lourdes pertes ce qui leur impose d’arrêter toute progression ce qui permet aux ottomans de revendiquer la victoire (car même si ce n’est pas vrai en temps de guerre la communication et la propagande c’est presque aussi important que les manœuvres et les combats).

1506 soldats bulgares ont été tués auxquels il faut ajouter 9127 blessés et 1391 disparus soit un total de 12024 hommes hors de combat contre 5 à 10000 tués et blessés côté ottoman. Les pertes inférieures expliquent pourquoi les ottomans ont pu revendiquer la victoire même si cette victoire ne peut pas vraiment changer le cours de la guerre clairement dominé par la Ligue Balkanique.

Le 27 novembre 1912 à lieu la bataille de Merhamli entre bulgares et ottomans (effectifs exacts inconnus). Après une poursuite des bulgares, les ottomans doivent franchir la rivière Maritsa mais la majorité doit se rendre aux bulgares puisque sur les 10000 soldats ottomans engagés 9600 vont être faits prisonniers.

Le 26 janvier 1913 à lieu la bataille de Bulair. Environ 10000 bulgares affrontent quasiment 40000 ottomans (NdA chiffres incertains et contestés). Les ottomans tentent de dégager la forteresse d’Andrinople (aujourd’hui Edirne) assiégée par les bulgares depuis le début du conflit. L’attaque est rapidement contrée par les bulgares.

En ce qui concerne les pertes là aussi il y à contestation puisque l’unique source est bulgare et c’est ainsi que selon Sofia on trouve 114 tués et 416 blessés du côté bulgare et côté ottoman plus de 6000 morts et 10000 blessés.

Du 3 février au 3 avril à lieu la deuxième bataille de Catalca. C’est une bataille d’usure qui se termine de manière incertaine.

Du 9 au 11 février 1913 les bulgares affrontent les ottomans lors de la bataille de Sarkoy. Cet affrontement est la conséquence de la bataille de Bulair et comme la bataille de Bulair se termine par une victoire bulgare.

Là aussi les pertes sont très incertaines. Si du côté bulgare j’ignore les effectifs engagés et donc les pertes, côté ottoman on trouve près de 20000 hommes et 48 canons plus des navires (deux croiseurs et deux cuirassés) et au niveau des pertes on annonce 882 tués, 1842 blessés et 55 disparus.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

La première guerre balkanique se termine par la signature du traité de Londres le 30 mai 1913. Ce traité voit les grandes puissances européennes intervenir. Une Albanie indépendante voit le jour, les îles de la mer Egée sont cédées à la Grèce sauf celles de Imhos et de Tenedos qui commandent l’accès aux détroits turcs, la Crète appartient définitivement à la Grèce.

Tous les territoires européens de l’empire ottoman à l’ouest d’une ligne Enos-Midio sont cédés à la Ligue Balkanique qui doit en assurer le partage. C’est le début d’un processus qui allait conduire à la deuxième guerre Balkanique.

Mannlicher M1888

En ce qui concerne l’équipement de l’armée bulgare on trouve plusieurs modèles de pistolets et de revolvers comme le Frommer-Stop austro-hongrois, le Beholla et le Luger P-08, plusieurs modèles de fusil (Mauser modèle 1871/84, Peabody-Martini Henry, Mannlicher M1888 et M1895) mais aussi le fusil mitrailleur Madsen.

L’armée bulgare dans la deuxième guerre balkanique

Suite aux problèmes du partage des dépouilles entre les vainqueurs, la Bulgarie se retourne contre ses anciens alliés bientôt renforcés par l’empire ottoman. Le conflit sera bref se terminera par un désastre pour Sofia qui parviendra tout de même à conserver quelques territoires.

Durant la 1ère guerre Balkanique la Bulgarie avait mobilisé 599878 hommes sur une population masculine de 1914160. 33000 soldats sont morts sans compter les 50000 blessés ou malades (typhus et cholera).

En dépit de la mobilisation de nouveaux bulgares issus des territoires conquis en Thrace et en Macédoine, l’armée bulgare ne dispose que de 500491 hommes alors que les anciens bulgares pouvaient mobiliser 83% des effectifs présents durant la première guerre soit plus que la Bulgarie.

Les bulgares vont déployer cinq armées contre la Grèce et la Serbie, ne laissant qu’un maigre rideau contre les ottomans et rien sur la frontière avec la Roumanie.

On trouve onze divisions d’infanterie, une division de cavalerie, le corps des volontaires macédonio-adrianopolitain. A cela s’ajoute en réserve sous l’autorité directe du haut-commandement deux divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie indépendante.

La force de combat globale était donc de 297 bataillons d’infanterie, 47 escadrons de cavalerie et 186 batteries d’artillerie. Sur le plan matériel la situation s’est améliorée mais comme nous le verrons dans le récit du conflit cela ne va pas suffire.

Le commandant en chef est toujours nominalement assuré par le tsar Ferdinand 1er mais au quotidien le commandement est assuré par le Lieutenant-General Mikhail Savov avec comme adjoint en titre le chef d’état-major général, le Major-General Ivan Fichev mais comme ce dernier est opposé à une nouvelle guerre, il est suppléé sans être débarqué par son adjoint, le colonel stefan Nerezov.

Cette situation ne dure pas car peu après le début du conflit, le Lieutenant-General Savov est viré mais reprendra du service en assurant le commandement combiné des 2ème, 4ème et 5ème armée.

Pour le remplacer dans ses fonctions, Ferdinand 1er le remplace par le général Dimitriez nettement plus russophile, son adjoint le général Racho Petrov assurant le commandement de la 3ème Armée.

Ordre de Bataille des troupes opérant contre l’armée serbe

Face aux troupes de Belgrade, Sofia déploie tout d’abord la 1ère Armée placée sous le commandement du Lieutenant-General Vasil Kutinchev.

Elle comprend la 5ème Division d’Infanterie «Danube» composée de deux brigades d’infanterie à deux régiments plus des unités d’appui et de soutien, la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui de soutien et enfin d’une brigade d’infanterie indépendante à deux régiments également. Sous le commandement direct de l’armée on trouve escadrons de cavalerie pour l’éclairage.

La Troisième Armée commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriev comprend la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 13ème DI à trois régiments d’infanterie, une brigade d’infanterie à deux régiments, une division de cavalerie à deux brigades à deux régiments plus des unités d’appui et un régiment de cavalerie indépendant.

La Cinquième Armée commandée par le Major-General Stefan Toshev comprend la 4ème DI «Preslav» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 12ème DI à trois régiments d’infanterie, la Brigade Odrin à deux régiments d’infanterie, de l’artillerie d’armée et un régiment indépendant de cavalerie.

La Quatrième Armée commandée par le Major-General Stiliyan Kovachev comprend la 2ème DI thrace à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 7ème DI «Rila» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, deux brigades d’infanterie indépendante.

Elle dispose également du corps des volontaires macédonio-adrianopolitain composé de trois brigades à cinq bataillons d’infanterie plus des unités d’appui. Sous l’autorité directe de l’armée on trouve un régiment de cavalerie et un régiment d’Opalchenis.

Ordre de bataille des troupes engagées contre l’armée grecque

Face à l’armée grecque les bulgares déploient la Deuxième Armée commandée par le Lieutenant-General Nikola Ivanov. Elle comprend la 3ème DI «Balkan» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien mais aussi la 11ème DI à trois régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, trois brigades indépendantes d’infanterie ainsi que des unités dépendant directement de l’armée à savoir un régiment d’infanterie, un régiment de cavalerie, des escadrons indépendants de cavalerie, un bataillon de garde-frontières et une section d’obusiers.

Forces déployées en Thrace orientale (face aux turcs)

Face aux turcs les bulgares ne déploient qu’un écran pour jalonner et freiner autant que faire se peut une poussée ottomane. On trouve d’abord une brigade d’infanterie issue de la 10ème DI (d’où sa désignation de 2/10) avec deux régiments d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et une section d’artillerie. A cela s’ajoute un régiment d’infanterie et deux régiments de cavalerie, tous les trois indépendants.

Réserve du Haut-Commandement

Le haut-commandement bulgare conserve sous son autorité directe en réserve stratégique la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus une unité d’artillerie et un bataillon de pionnier.

Ce conflit est donc la conséquence du premier où les anciens alliés de la Ligue Balkanique vont se déchirer des territoires.

C’est la Bulgarie qui prend l’initiative en attaquant la Serbie et la Grèce le 29 juin 1913. Belgrade et Athènes vont être ultérieurement aidés par le Monténégro le fidèle allié de la Serbie mais aussi pour la Roumanie et l’empire ottoman ce qui fait que l’armée bulgare va devoir combattre en même sur tous les fronts. C’était déjà quasiment impossible pour armée de premier ordre alors l’armée bulgare vous pensez…… .

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui à provoqué de nombreuses pertes.

La bataille de Bregalnica (rivière alimentant le Vardar) est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie. C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec 20000 tués côté serbo-monténégrin et 30000 côté bulgare.

Du 2 au 4 juillet 1913, les grecs remportent la bataille de Kilkis-Lachanas. 75000 bulgares (57 bataillons d’infanterie et 10 escadrons de cavalerie) appuyés par 175 canons affrontent 117000 grecs (73 bataillons d’infanterie et 8 escadrons de cavalerie). Cette bataille fait suite à la bataille précédente

Les serbes tiennent le choc et les grecs parviennent de leur côté à contre-attaquer, infligeant aux bulgares une sérieuse défaite, la pire de ce conflit. Les bulgares ont 6971 tués et blessés plus 2500 prisonniers et 19 canons perdus alors que les grecs ont perdu 8828 tués et blessés.

La ville une fois prise est vidée de sa population bulgare. L’armée grecque divise alors ses forces, une partie met cap à l’est et la Thrace occidentale, le reste avance la vallée creusée par la rivière Struma, les grecs battant les bulgares à la bataille du lac Doiran (5/6 juillet 1913).

Cette bataille oppose deux brigades bulgares issus de la 2ème armée à deux divisions grecques (3ème et 10ème DI).

Conséquence de la bataille de Kilkis-Lachanas, cette bataille voit les bulgares qui avaient détruit les ponts sur le Styrmon et la ville de Serres être sérieusement malmenés ce qui entraîne une retraite vers le nord. Les grecs s’emparent de plusieurs villes et menacent la capitale bulgare. A cela s’ajoute un débarquement amphibie grec à Kavala.

Les pertes traduisent le déroulement des combats. La moitié des troupes bulgares est tuée, blessée ou capturée alors que les grecs n’ont que des pertes minimes avec 252 tués et 755 blessés.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu».

C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis. Si les pertes serbes sont inconnues, les bulgares perdent plus de 1000 hommes (280 tués et 820 blessés).

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Peu après les bulgares remportent la bataille de Demir Hisar les 9 et 10 juillet toujours contre les grecs.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Cette bataille se termine par des pertes assez élevées avec 2400 tués et 4620 blessés côté bulgare, 2500 tués et 4850 blessés côté serbe, 107 tués et 570 blessés côté monténégrin.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre.

Euletherios Venizelos

Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale.

Les roumains ? Oui les roumains qui déclarent la guerre le 10 juillet 1913 suite à un désaccord frontalier avec Sofia. Quand les grecs acceptent la proposition bulgare d’un armistice les troupes roumaines sont à Vrazhebdria à onze kilomètres du centre de Sofia.

Les troupes de Bucarest vont envahir la Doubroudja du sud mais également franchir le Danube dans la région de Corabia.

Les ottomans vont également se joindre à la curée à partir du mois de juillet. Pas moins de 200 à 250000 turcs vont envahir la Thrace occidentale. Les bulgares en sous-effectifs évacuent Adrianople (Edirne) en catastrophe le 19 mais comme les turcs ne l’occupe pas, ils reviennent le lendemain pour l’abandonner définitivement cette fois le 21.

Le 23 juillet 1913 Edirne est occupée par les ottomans. C’est symboliquement très importante car cette ville capturée par Murad 1er dans les années 1360 avait été la première capitale européenne des ottomans, statut qu’elle conservera jusqu’à la prise de Constantinople en 1453.

L’invasion ottomane de la Bulgarie provoque la panique chez les paysans de la région qui se réfugient dans la montagne. Les troupes ottomanes n’ont pas eu à souffrir de pertes au combat mais ont perdu 4000 hommes des suites du choléra.

Les russes menacent alors Constantinople d’intervenir dans le Caucase et envoient la flotte de la mer Noire menacer la capitale ottomane. C’est alors la Grande-Bretagne soucieuse de ne pas trop laisser de place à Saint-Pétersbourg dans la région qui décide d’intervenir.

De toute façon les différents belligérants sont épuisés, éreintés par neuf mois d’un conflit qui annonce tristement les horreurs du premier conflit mondial.

La deuxième guerre Balkanique se termine par le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913. Les ottomans demandent à participer mais les anciens alliés de la Ligue Balkanique refusent. Cette fois les Grandes Puissances vont intervenir pour éviter qu’une nouvelle paix insatisfaisante ne provoque une troisième guerre.

Scandinavie (81) Finlande (19)

Armes de l’infanterie (3) : mortiers

Mortier de 50mm RM-38/RM-39/RM-40/RM-41

RM-38 2

Mortier de 50mm RM-38

En septembre 1939 les seuls mortiers en service dans l’armée finlandaise étaient des mortiers de 81mm, les Breda modèle 1935 mais aussi le Kranaatinheitin m/33.

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Benelux (59) Belgique (20)

Artillerie lourde

Comme tous les pays, l’artillerie belge disposait de canons et d’obusiers intégrés aux divisions mais aussi de canons plus lourds au niveau du corps d’armée, chaque CA belge disposant d’un régiment de 105 ou 120mm et d’un régiment de 150 ou 155mm.

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Dominions (50) Afrique du Sud (15)

Artillerie

Artillerie de campagne

Au risque de vous surprendre, l’artillerie sud-africaine était quasi-exclusivement équipée de canons et d’obusiers d’origine britannique, certains étant fabriqués sous licence en Afrique du Sud, une production qui allait soit de A à Z ou qui se rapprochait davantage du montage de sous-ensembles fournis par l’industrie britannique. Certaines armes étaient ainsi assemblées pour les besoins britanniques et non sud-africains, une sorte d’échanges de bons procédés.

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URSS (70) Armée de Terre (18)

Mortiers

mortiers Stokes

Mortier Stokes

Avant-propos

Au début du vingtième siècle les différentes armées imaginaient la guerre comme au siècle précédent, une série de batailles en terrain ouvert, des masses d’hommes qu’un général habile devrait faire manœuvrer pour vaincre l’ennemi.

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URSS (64) Armée de Terre (12)

Artillerie

En guise d’avant-propos

Durant le premier conflit mondial l’artillerie à joué un rôle fondamental. Un seul exemple : 37 millions c’est le nombre d’obus tirés par les français et les allemands à Verdun, 37 millions de projectiles en dix-mois du 21 février au 16 décembre 1916 soit 3.7 millions d’obus par mois, six obus par soldat tué !

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