URSS (71) Armée de Terre (19)

Les armes de l’Armée Rouge (3) : Artillerie de campagne

Avant-propos

L’apparition des bouches à feu (bombes et couleuvrines) à la fin du Moyen-Age provoqua une révolution militaire et politique.

Le coût de ces armes était tel qu’il fallait augmenter les ressources fiscales ce qui les mettaient hors de portée même des grands féodaux, marquant le triomphe des Etats Nationaux.

Le développement de l’artillerie ne cessa de se poursuivre avec l’amélioration des tubes et des affûts. Il s’agissait d’obtenir une pièce maniable et puissante pour opérer sur le champ de bataille.

Au 19ème siècle le bronze céda la place à l’acier, le chargement par la gueule au chargement par la culasse.

La Russie n’échappe à cette évolution et si Putilov produisit de belles et bonnes pièces d’artillerie avant le premier conflit mondial, l’armée tsariste manqua toujours de canons et de munitions pour prendre l’avantage sur le champ de bataille.

La RKKA en dépit de ces concepts d’art opératif et d’opérations en profondeur ne négligea pas l’artillerie. Elle développa de nouvelles pièces de campagne mais des pièces lourdes.

En juin 1950, les canons soviétiques n’ont pas vraiment à rougir des pièces étrangères. Il reste des canons tsaristes mais la majorité des pièces ont été mises au point sous le régime soviétique. Si au début du conflit les allemands font jeu égal voir se montrent supérieurs, peu à peu l’artillerie rouge va prendre le dessus.

Contrairement à ce qu’on cru nombre d’auteurs et d’observateurs après la fin du conflit, l’artillerie soviétique ne l’as pas emporté uniquement en produisant plus de canons et plus de munitions mais aussi en profitant de progrès techniques en matière de détection des cibles et de conduite de tir mais aussi en adoptant des tactiques de pointe.

Il y avait certes toujours des barrages massifs avec de nombreux canons et obusiers tirant pendant de (très) longues minutes mais les soviétiques pouvaient être plus subtils avec des barrages éclairs (inventés par les allemands au cours du premier conflit mondial au détriment des russes), des doubles voir des triples barrages roulant. On verra aussi la tactique de l’encagement avec des tirs pour couvrir une percée de l’infanterie ou des chars.

En ce qui concerne les calibres les russes utilisent des canons et des obusiers de 76mm, de 107 et de 122mm.

Canon de 76.2mm modèle 1902 et modèle 1902/30

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Canon de 76.2mm modèle 1902

Le canon de 76mm modèle 1902 modifié 1930 était le canon de campagne le plus ancien de la RKKA en service en septembre 1939. Il était employé au niveau de la division.

Mis en service au début du vingtième siècle il était le principal canon de l’artillerie de campagne tsariste lorsqu’éclate le premier conflit mondial. Il est donc employé au cours de ce qui aurait du être la «Der des Ders» mais aussi au cours de la guerre civile russe (dans les deux camps).

Après l’implosion de l’empire russe des canons de ce type se sont retrouvés en Pologne et en Finlande, la Roumanie et la Turquie rachetant des canons une fois la paix revenue. En 1928 le canon de 76mm modèle 1902 était le principal canon de l’artillerie de l’Armée Rouge avec 2500 canons en service.

Naturellement ce canon était en passe d’être déclassé par des canons plus modernes. Comme la production de pièces modernes prenait du temps, décision est prise de moderniser ce canon.

Entre 1927 et 1930, vingt pièces ont choisis pour tester différents modèles de modernisation. La configuration choisie voyait le tube être agrandit passant de 30 à 40 calibres (de 3.210m à 4.280m) ce qui augmentait la vitesse initiale et la portée, le trou dans le bouclier était agrandit pour permettre une augmentation du champ de tir vertical, un nouveau viseur est installé, des pneumatiques remplaçant les roues en bois pour permettre la traction automobile.

Grâce à ses modifications, la vitesse initiale passait à 662 m/s, l’angle d’élévation passait de 17 à 37°, la portée maximale passant elle de 8500 à 13290m.

Outre la modernisation de pièces existantes, des pièces neuves sont produites. Ces canons qui reçurent des obus perforants de 6.3kg pouvaient être utilisé pour la lutte antichar, pouvant pénétrer 56mm de blindage à 500m sous 30° d’incidence et 49mm à 1000m sous 30° d’incidence.

En dépit de cette modernisation, la conception générale du canon était dépassé. La production cesse dès 1937 quand une nouvelle pièce divisionnaire la F-22 est adoptée. Elle va progressivement remplacer les M1902 et les M1902/30.

En 1945 on comptait encore 850 M1902 et 1200 M1902 en service. Cinq ans plus tard en juin 1950 on comptait 550 M1902 et 700 M1902/30 en service mais pour la plupart ces canons étaient utilisés par des unités de seconde ligne ou loin des combats sur le front russe.

Comme les allemands ont capturé des M1902 et des M1902/30 il est probable que des divisions engagées en Europe disposaient encore de canons de ce type. Les allemands ont réutilisés ces canons dans les Balkans, en Italie et même à l’ouest mais pour des batteries côtières notamment dans le Pas de Calais, en Belgique et aux Pays-Bas.

Ce canon n’est plus en service en septembre 1954 quand le second conflit mondial s’achève. Les pièces encore disponibles sont feraillées tandis que d’autres sont confiées à des musées ou à des mémoriaux.

Canon de 76.2mm modèle 1902 mod. 1930 4.jpg

Canon de 76.2mm modèle 1902/30

Caractéristiques Techniques

Type : canon de campagne

Calibre : 76.2mm

Projectile : obus encartouché QF 76.2x385mm

Poids en ordre de combat : 1350kg (2380kg en configuration route) Poids du projectile 7.5kg

Longueur du tube : 40 calibres (4.280m)

Champ de tir vertical : -3° à +37° Champ de tir horizontal : 5°

Portée maximale : 13290m

Cadence de tir : 10 à 12 coups par minute

 

Canon de 76.2mm modèle 1927

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Le canon de 76mm modèle 1927 est un canon destiné à l’appui rapproché de l’infanterie. Intégré au niveau du régiment il peut être considéré comme un canon d’infanterie (et aurait donc pu être traité dans la partie précédente).

Entré en production en 1928, c’était un canon court muni d’un bouclier très enveloppant, son affût monté sur roues en bois pour la traction automobile en attendant une variante munie de pneumatiques pour la traction automobile.

Produit jusqu’en 1942 à environ 8500 exemplaires, ce canon était utilisé au niveau du régiment de fusiliers ou de cavalerie avec une batterie de quatre pièces.

Il était initialement prévu de le remplacer par un nouveau canon de même calibre mais au final on préféra remplacer la batterie de quatre canons par une section (ou un peloton) de six mortiers de 120mm, plus souples d’emploi et tout aussi efficaces. Cela n’empêcha pas la production d’un canon régimentaire mais en petit nombre.

En juin 1950 sur les 8500 canons produits on estime le nombre de pièces encore en service à environ 3500 à la fois dans des zones épargnées par l’offensive allemande mais aussi sur le front ce qui explique la capture de canons de ce modèle par les finlandais, les allemands et même les hongrois.

Ces trois armées réutilisèrent ce canon moins dans leurs unités de mêlée que sur des positions fortifiées qu’elle soit à l’intérieur des terres ou sur le trait de côte.

Au niveau tactique ce canon était utilisé pour détruire les fortifications de campagne mais aussi pour neutraliser du personnel à découvert.

Caractéristiques Techniques

Type : canon d’infanterie

Calibre : 76.2mm

Projectile : 76.2x167mm R

Poids : 780kg Poids du projectile 6.2kg

Longueur : 3.5m Longueur du tube : 1.25m (16.4 calibres) largeur 1.7m hauteur 1.3m

Champ de tir vertical : -6° à +25° Champ de tir horizontal 6°

Portée maximale efficace 4.2km

Cadence de tir : 10 à 12 coups par minute

Canon de 76.2mm divisionnaire M1939 F-22 (USV)

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Ce canon de 76.2mm (3 pouces pour nos amis anglo-saxons) est mis en service comme son nom l’indique en 1939 pour remplacer les canons obsolètes modèle 1902 et 1902/30. Il équipait la division de fusiliers et plus précisément l’unique ou les deux régiments d’artillerie.

Ce canon disposait d’un affût à double flèche pour faciliter le pointage, un bouclier et un tube de 42 calibres. Signe des temps il dispose de pneumatiques et non de roues en bois ce qui signifie qu’il est prévu dès l’origine pour la traction automobile.

La culasse est à ouverture vertical avec un mécanisme d’absorption du recul à fonctionnement hydraulique. Les systèmes de visée et les mécanismes de pointage sont placés de part et d’autre du tube.

Le développement de ce canon commence en 1937 pour remplacer le modèle 1902/30 mais aussi le 76.2mm modèle 1936 (F-22) pourtant tout récent.

La RKKA émet une spécification en mars 1937 pour un canon capable d’atteindre une élévation de 45° avec un poids limité à 1500kg. Les munitions doivent être celles des canons précédents pour conserver une communauté logistique.

Trois bureaux d’étude (Kirovskiy, bureau de l’usine n°92 et le bureau AKB-43) se lancent dans le projet. C’est le bureau n°92 sous la direction de V.G. Grabin qui l’emporte. Bien que le canon soit désigné F-22 (USV), il s’agissait d’un canon d’une conception entièrement neuve.

La production est lancée en 1939 avec cette année là la production de 140 canons et 1010 en 1940, la production se poursuivant en 1941 (1500), 1942 (2000) et 1943 (2500). La production cesse donc après la sortie de 7150 canons.

La production cesse alors, la RKKA décida de passer au 107mm pour l’artillerie divisionnaire. Ce plan n’était pas totalement bouclé en juin 1950. Voilà pourquoi nombre de divisions de fusiliers utilisaient aussi bien des canons de 76, de 107mm ou de 122mm au sein de leurs régiments d’artillerie ce qui se révéla une bonne solution.

Voilà pourquoi durant le conflit la production de canons de 76mm se poursuivit, ces canons équipés d’obus explosifs et d’obus perforants permettant de se servir de ces canons aussi bien pour l’appui-feu que pour la lutte antichar.

Selon l’organisation de 1939 chaque division de fusiliers disposait de deux régiments d’artillerie, un régiment léger avec un bataillon à trois batteries de quatre canons de 76mm et deux bataillons mixtes (une batterie de 76mm et deux batteries de 122mm) et un régiment d »obusiers avec 20 obusiers de 122 et de 152mm.

En mars 1942, les divisions de fusiliers virent leur composante artillerie totalement réorganisée avec deux régiments mixtes, un régiment disposant d’un bataillon de 76mm (trois batteries de quatre pièces) et de deux bataillons mixtes (une batterie de quatre canons de 76mm et deux batteries d’obusiers de 122mm), un deuxième régiment étant équipé de trois bataillons de trois batteries de quatre pièces, deux batteries de quatre canons de 107mm et une batterie de quatre obusiers de 152mm.

Attention néanmoins à ne pas prendre cette description au pied de la lettre, il y avait parfois des exceptions en raison d’un problème d’approvisionnement de tel ou tel modèle de canon.

Le canon de 76mm modèle 1939 (F-22 USV) était aussi utilisé par l’artillerie de réserve au sein des divisions d’artillerie et des unités antichars.

Produit à 12700 exemplaires, ce canon à été aussi utilisé par les allemands, les finlandais, les hongrois et les roumains.

Si les premiers pour des raisons de communauté logistique préférait l’utiliser sur des positions fixes (bien que certains furent utilisés sur des chasseurs de chars et des canons d’assaut improvisés), les trois autres l’utilisaient au combat dès qu’il y avait suffisamment de munitions.

Ce canon à été retiré du service actif courant 1957, les soviétiques décidant d’unifier leur artillerie divisionnaire avec des canons de 107mm même si au final des obusiers de 122mm allaient équiper les divisions d’infanterie de l’armée soviétique.

Caractéristiques Techniques

Type : canon divisionnaire

Calibre : 76.2mm

Cartouche : 76.2x385mm R

Poids en position de combat 1470kg Poids en configuration de voyage 2500kg Poids de l’obus 6.2kg (explosif) 5.28kg (perforant)

Longueur : 5.95m Longueur du tube 3.2m largeur 1.94m hauteur 1.7m

Champ de tir vertical : -6° à +45° Champ de tir horizontal 60° (30° de par et d’autre de l’axe)

Portée maximale effective 13290m Cadence de tir : 15 coups par minute

Equipe de pièce : 5 hommes

Canon de 76.2mm modèle 1942 (Zis-3)

 

Le canon de 76.2mm modèle 1939 (F-22 USV) était un bon canon mais les soviétiques n’étaient pas totalement satisfaits.

Un nouveau modèle ou plutôt une évolution du F-22 est lancée au printemps 1940 avec un nouvel affût inspiré de celui du canon antichar de 57mm Zis-2. Cet affût supportait une nouvelle évolution du F-22 avec un tube muni d’un frein de bouche pour réduire l’impact du recul.

Signe des temps la facilité de fabrication fût prise en compte pour produire toujours plus vite toujours plus d’armes. Les allemands ne prirent ce facteur en compte que trop tard pour renverser la vapeur même si cela n’aurait pas changé grand chose.

La production commence fin 1942 d’abord aux côtés du F-22 USV puis seul. 750 canons sont produits en 1942/43, 1200 en 1944, 1500 en 1945, 800 en en 1946, 1000 en 1947, 750 en 1948, 1200 en 1949 et 450 jusqu’en juin 1950 soit un total de 7650 canons.

La production se poursuit pendant le conflit pour équiper l’artillerie divisionnaire, les divisions d’artillerie, les unités antichars et ce n’est qu’une partie de l’utilisation puisque des canons Zis-3 furent utilisés à bord de canons d’assaut notamment le SU-76.

La production va littéralement exploser. Si en 1950 seulement 950 pièces ont été produites en raison du déménagement des usines, la production devient massive en 1951 avec la sortie de 18500 pièces, 25000 pièces en 1952, 17500 en 1953 et 12000 en 1954, la production ne cessant qu’en 1956 avec la sortie de 85750 canons.

Ce canon était très apprécié par les soldats soviétiques par sa fiabilité, sa robustesse et sa facilité d’utilisation même par des servants inexpérimentés. Comme les autres canons, le Zis-3 était utilisé au sein de batterie de quatre canons, un bataillon comprenant trois batteries, trois bataillons pouvant former un régiment.

Ce canon va aussi être utilisé par les allemands sur des positions fixes mais aussi sur des chasseurs de chars (Panzerjäger), les finlandais pour l’appui-feu de l’infanterie, les roumains l’utilisant comme canon antichar d’abord en pièce tractée puis en chasseur de char, montant sur le châssis du char R-2 et un Zis-3 en superstructure.

Un prototype de canon d’assaut utilisant ce même canon ne dépassant pas le stade du prototype suite au basculement roumain du côté soviétique, la RKKA livrant à son nouvel allié des canons d’assaut SU-76 déjà en voie de déclassement.

Après le second conflit mondial ce canon équipa les armées des «Démocraties Populaires» (Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Albanie en attendant la Yougoslavie), la Chine et différents pays africains ayant adopté le modèle soviétique. Certains pays pauvres continuant d’utiliser ce canon en 2019.

Caractéristiques Techniques

Type : canon divisionnaire

Calibre : 76.2mm Projectile : 76.2x385mm R

Poids en ordre de combat : 1116kg Poids en configuration de voyage : 2150kg

Longueur du tube : 3.4m (42.6 calibres) largeur 1.6m hauteur 1.37m

Champ de tir vertical : -5° à +37° Champ de tir horizontal 54°

Portée maximale 13290m

Cadence de tir : supérieure à 25 coups par minute

Equipe de pièce : sept hommes

Canon de 76mm régimentaire modèle 1943

Canon de 76mm M1943 12

A la fin des années trente les soviétiques se préoccupèrent de remplacer le canon de 76mm modèle 1927 au sein des régiments de fusiliers et de cavalerie. C’est le canon de 76mm modèle 1943 qui devait le remplacer avec un canon de 76mm M1927 modernisé sur l’affût du canon antichar de 45mm.

Ce canon se révéla efficace mais alors que le développement du canon était bien lancé on préféra confier l’appui-feu à des mortiers de 120mm. La production lancée en 1944 cessa en 1948 après la sortie de 4500 pièces.

En juin 1950, 2500 pièces étaient encore en service ou dans les dépôts. Les troupes soviétiques ayant perdu énormément de matériel durant les premières semaines de conflit, toutes les armes disponibles sont sortis des dépôts, les canons de 76mm modèle 1943 ne faisant pas exception à la règle.

Une fois le front stabilisé et l’industrie soviétique lancée sur le chemin de records de production toujours plus hallucinant (et naturellement magnifiés par la propagande), le canon de 76mm M1943 est peu à peu retiré des unités encore équipées servant davantage sur des positions fixes ou pour l’instruction.

En septembre 1954 quand le second conflit mondial se termine on estime à 550 pièces le nombre de M1943 encore en service. Elles sont rapidement retirées du service, certaines étant livrées aux communistes chinois qui vont les utiliser durant la guerre civile (1955-1959) et durant les premières années du nouveau régime. La date de retrait des derniers canons est incertaine.

Caractéristiques Techniques

Type : canon d’infanterie

Calibre : 76.2mm

Projectile : 76.2x167mm R

Poids en ordre de combat 600kg Poids en configuration de route 1300kg Poids du projectile 6.2kg

Longueur du tube 1.25m (16.5 calibres)

Champ de tir vertical -8° à +25° Champ de tir horizontal 60°

Portée maximale effective 4200m

Cadence de tir : 10 à 12 coups par minute

Canon de montagne de 76mm modèle 1909

Canon de montagne de 76.2mm modèle 1909 2.jpg

Le combat en milieu montagneux à toujours été complexe et toujours redouté par les différents état-majors. Ici la résistance aux éléments et un relief particulièrement escarpé rendait la manœuvre particulièrement difficile ce qui en faisait un lieu idéal pour la défense, défense qui voyait l’emploi de troupes spécialisées qui n’ont pour la plupart vu le jour qu’à la fin du XIXème siècle.

En dépit de progrès en matière de route et de chemins carrossables il était impossible d’utiliser les pièces d’artillerie standards. Il fallait des canons ou des obusiers de petite taille, facile à utiliser et pouvant être démontés en plusieurs fardeaux pour par exemple être portés à dos de mule.

Le canon de 76mm modèle 1909 est un canon français de la compagnie Schneider. Il est issu d’un canon de 75mm, le 75mm Schneider-Danglis 06/09, un canon mis au point par le colonel Danglis, un officier grec. Ce canon par un étrange concours termina sa carrière en Finlande, quarante pièces étant vendues en 1939 à Helsinki par Athènes.

Ce canon intéressa les russes qui demandèrent une version compatible avec les calibres qu’ils utilisaient à savoir le 76.2mm. Il s’agissait de remplacer le canon de montagne de 3 pouces modèle 1909.

Ce canon mis en service comme son nom l’indique en 1909 va donner naissance à une variante de forteresse en 1910 et une variante à canon court en 1913. 2108 canons ont été produits dont 48 directement par Schneider et les autres sous licence par la Russie.

Remplacé par un canon de même calibre à partir de 1938, il n’était en théorie plus en service en juin 1950. Et pourtant quelques exemplaires ont été capturés par les allemands. Les archives étant muettes sur l’origine de ces canons, l’hypothèse la plus célèbre est la capture par les troupes allemandes dans la région de Leningrad de canons de forteresse et non de pièces de montagne. On ignore également ce que les allemands ont fait des antédiluviennes pièces d’artillerie.

Caractéristiques Techniques

Type : canon de montagne

Calibre : 76.2mm

Projectile : 76.2x191mm R

Poids en configuration de route 1225kg en configuration de combat 627kg Poids du projectile 6.23kg

Longueur du tube : 1.25m (16.5 calibres)

Champ de tir vertical -6° à +28° Champ de tir horizontal 50°

Portée maximale effective 8550m

Canon de 76mm de montagne modèle 1938

Canon de 76.2mm de montagne M1938 3.jpg

A la fin des années trente la RKKA décide de remplacer l’antédiluvien canon de montagne modèle 1909 par une pièce plus moderne.

Pour gagner du temps l’URSS décide en 1937 d’acheter la licence du canon de montagne tchèque Skoda M1936 de 75mm. C’était un échange de bons procédés, Prague récupérant au passage la licence de production du bombardier Tupolev SB même si les événements de 1938/39 empêcheront la malheureuse Tchécoslovaquie de produire ce bombardier.

Bien entendu dans son calibre d’origine le canon n’était pas adapté à une production et à un emploi en masse dans les rangs de la RKKA.

Aussi en 1937/38, une équipe de l’usine n°7 dirigée par L.I Gorlitskiy est chargée d’adapter le canon aux désidératas de l’armée soviétique. C’est l’acte de naissance du canon de 76mm de montagne M1938 (modèle 1938).

Le canon est de facture classique pour une pièce de montagne avec une taille réduite, un bouclier très couvrant et la possibilité de le démonter rapidement pour le transport sur des animaux de bat, la présence de roues à pneumatiques permettant néanmoins de le remorquer.

Ce canon à été produit à environ 1500 exemplaires pour équiper l’artillerie des troupes de montagne mais aussi les parachutistes qui avaient besoin eux aussi d’une pièce d’artillerie tout autant compacte que démontable. Quelques canons furent capturés par les allemands et par les finlandais. En URSS ce canon à été retiré du service en 1960, remplacé par des canons plus modernes et plus puissants.

Caractéristiques Techniques

Type : canon de montagne

Calibre : 76.2mm

Poids : 785kg Poids du projectile 6.23kg

Longueur 4.24m Longueur du tube 1.63m (21.4 calibres) largeur 1.28m Hauteur 1.35m

Champ de tir vertical -8° à +65° Champ de tir horizontal 10°

Portée maximale effective 10720m Cadence de tir : 10 à 15 coups par minute

Canon de 107mm modèle 1910/30

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Canon de 107mm modèle 1910

Le canon de 107mm modèle 1910 modifié 30 est une évolution du canon russe inventé par la firme Putilov avec l’aide technique et financière des établissements Schneider qui à partir de ce canon d’un calibre réel de 106.7mm développèrent leur célèbre canon de 105L modèle 1913S.

Ce canon à été largement utilisé par l’armée tsariste durant le premier conflit mondial puis par les deux camps dans la guerre civile russe. Arme d’excellente conception, le 107mm modèle 1910 était obsolète ou en voie obsolescence au début des années trente.

D’où la mise au point d’une variante modernisée, adoptée en 1931 mais désignée M1910/30. Elle se caractérisait par une culasse plus large et un tube plus long (10 calibres de plus) muni d’une frein de bouche ce qui permettait d’augmenter la portée. Des projectiles séparés furent introduits, les mécanismes d’élévation et de chargement mis au goût du jour.

Ce canon resta en production jusqu’au milieu des années trente avant de céder la place à des canons plus modernes.

La fabrication était assurée par l’usine Bolchevik installée à Leningrad ainsi que par l’usine Barricade de Stalingrad. Outre la production de pièces neuves, des canons en service furent modernisés dans différentes usines. On estime la production entre 828 et 900 pièces selon les sources.

Ce canon va rester en service jusqu’au milieu des années quarante, étant remplacé progressivement par le canon de 107mm M1940 (M-60) dont la mise au point fût longue même si son efficacité consola (un peu) les ingénieurs et les techniciens concernés par le programme.

Il connu néanmoins le feu en combattant les japonais lors des incidents de 1938/39 mais aussi durant la guerre d’Hiver. Si contre les japonais cinq canons furent perdus, aucun ne le fût durant la guerre d’Hiver.

En juin 1950 moins d’une centaine de pièces était encore disponible dont une poignée en Europe ce qui explique la capture de quelques canons par les allemands, les finlandais et les hongrois. Le petit nombre de pièces et donc de projectile explique probablement pourquoi ils n’ont pas été retournés contre leurs anciens propriétaires.

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Canon de 107mm modèle 1910/30

Caractéristiques Techniques

Type : canon d’artillerie de corps d’armée

Calibre : 107mm (réel 106.7mm)

Poids : en ordre de combat 2535kg en configuration de route 3000kg poids des projectiles 16.54kg pour l’obus explosif 18.71kg pour l’obus perforant

Longueur : 7.53m longueur du tube 3.9m (4.05m avec le frein de bouche) Largeur 2.06m hauteur 1.74m

Champ de tir vertical -5° à +37° Champ de tir horizontal 6°

Portée maximale effective 16130m Cadence de tir : 5 à 6 coups par minute

Equipe de pièce : 5 à 6 coups par minute

Canon de 107mm M1940 (M-60)

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Le canon de 107mm modèle 1940 à été mis au point pour doter l’artillerie divisionnaire soviétique d’un puissant canon polyvalent capable d’appuyer les fusiliers et de leur fournir une défense antichar contre les blindés allemands.

La production est lancée en 1940. Elle est d’abord lente et difficile mais peu à peu les ouvriers et les techniciens parviennent à produire rapidement cette puissance pièce.

A la fin des années trente, l’artillerie divisionnaire soviétique s’appuyait sur des canons de 76.2mm et des obusiers de 122mm. Le maintien du premier calibre s’expliquait en partie par la présence de stocks abondants de munitions mais surtout de machines-outils adaptées à la fabrication de tels canons.

Néanmoins ce canon de 76mm était jugé trop faible pour l’appui-feu (les fortifications de campagne étaient de plus en plus solides) mais aussi pour la lutte antichar à une époque où des informations alarmantes parvenaient en Russie sur l’épaisseur des blindages des chars allemands.

La décision de remplacer les canons de 76mm par des canons de 107mm est prise dans la seconde moitié de 1937. Un premier projet de canon de 95mm est proposé mais il est abandonné au printemps 1940 au profit d’un canon de 107mm dont le développement avait été lancé à l’automne 1938. Ce calibre déjà utilisé par l’armée impériale n’était pas un inconnu pour les russes.

L’usine n°172 est chargée de mettre au point ce nouveau canon, développant trois prototypes baptisés M-25, M-45 et M-60. Les trois prototypes passèrent avec succès les évaluations et c’est la dernière version qui fût sélectionné, les essais étant menés du 13 décembre 1939 au 23 avril 1940.

Des modifications sont réalisés et après une nouvelle campagne d’essais du 11 au 25 octobre 1940, le canon est officiellement adopté. Un projet concurrent le Zis-24 combinant un canon plus long (73.5 calibres soit 7.864m !) avec l’affût de l’obusier de 152mm M1937 (ML-20) fût dévellopé mais trop cher et trop lourd il fût abandonné.

Le M-60 allait également être développé en version «canon de forteresse» mais fort peu de pièces allaient être produites pour ce rôle. Comme nous l’avons vu plus haut les débuts de la production furent tellement difficiles qu’on envisagea de l’abandonner.

Finalement après quelques mesures énergiques la production parvint à devenir régulière. En 1941 65 canons sont produits suivis par 150 l’année suivante en 1942.

Si 250 canons sont produits en 1943, le nombre passe à 550 en 1944, 700 en 1945, 250 en 1946, 500 en 1947, 750 en 1948, 450 en 1949 et 150 jusqu’en juin 1950 quand la production est interrompue. 3815 canons sont donc sortis avant l’offensive allemande.

La production ne va pas reprendre avant septembre 1952 avec la sortie jusqu’à la fin du conflit de 1750 pièces soit une production totale de 5565 canons utilisés comme pièce d’artillerie de campagne et comme pièce antichar.

Sur le plan organisationnel, ce canon à été utilisé au niveau des divisions de fusiliers, des corps d’armée, au sein des divisions d’artillerie mais aussi au sein des unités antichars même si l’utilisation de projectiles séparés limitait la cadence de tir. Des canons ont été capturés en petit nombre par les allemands mais le manque de munitions fit que ces pièces furent peu utilisées.

La carrière de canon après guerre à été assez courte, les divisions de fusiliers d’après guerre recevant des obusiers de 122mm plus modernes et des canons de 152mm plus légers. Les derniers canons M-60 ont été retirés du service au début des années soixante même si il n’est pas impossible que certaines unités de réserve l’ait conservé quelques années de plus.

Caractéristiques Techniques

Type : canon médian

Calibre : 107mm (réel : 106.7mm)

Poids en ordre de combat 4000kg Poids en configuration de route 4300kg Poids du projectile 18.71kg (perforant) 17.2kg (explosif)

Longueur : 8.09m Longueur du tube : 4.47m (41.8 calibres) largeur 2.20m hauteur 1.92m

Champ de tir vertical -4.5° à +45° Champ de tir horizontal 60°

Portée maximale effective : 19km Cadence de tir : 6 à 7 coups par minute

Equipe de pièce : huit hommes

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