Mitteleuropa Balkans (81) Roumanie (11)

La marine roumaine dans le second conflit mondial

Situation de la marine roumaine en septembre 1948

Quand éclate le second conflit mondial, trente-quatre ans après le premier et trente ans après la fin de ce qui aurait du être la «Der des Ders», la marine royale roumaine à plutôt fière allure.

Cette marine littorale dispose de moyens qui impose à la flotte soviétique de la mer Noire et dans une moindre mesure la marine ottomane de ne pas la sous-estimer avec notamment un croiseur léger et trois sous-marins.

Cette marine à pour vocation première la défense des côtes roumaines et le contrôle du Danube, tache délicate avec la présence sur la rive orientale de pays plus ou moins hostiles à la Grande Roumanie.

Voilà pourquoi si la division de la mer Noire à bénéficié d’investissements importants, la flottille du Danube conserve des moyens qui imposent à un ennemi voulant franchir le plus grand fleuve d’Europe centrale et orientale de sérieux problèmes et la nécessité de mobiliser des moyens importants.

En cas d’offensive, la marine roumaine devra couvrir le flanc maritime de l’armée de terre en empêchant une flotte ennemie d’attaquer les arrières ou de bombarder les éléments avancés.

Cela explique l’importance de la guerre des mines pour la marine roumaine qui va dresser dès septembre 1948 d’imposants champs de mines défensifs en liaison avec la marine bulgare, une coopération étonnante quand on sait le différent concernant la Dobroudja. La marine royale roumaine prévoit également des mouillages offensifs au large d’Odessa et de la Crimée pour perturber les mouvements de la flotte soviétique.

La marine royale roumaine c’est aussi comme nous le verrons des défenses côtières puissantes qui dissuaderont la RKKF d’engager ses unités lourdes dans le secteur, une aéronavale réduite mais bien entrainée et une infanterie de marine qui ne tardera à s’attirer le respect des Diables Noirs, l’infanterie de marine soviétique aux célèbres T-Shirt rayés.

Au 5 septembre 1948, la marine roumaine dispose des moyens suivants :

-Croiseur léger navire-amiral NMS Miheai Viteazul

Le destroyer Regele Ferdinand camouflé

-Destroyers NMS Regele Ferdinand et Regina Maria

-Torpilleurs légers NMS Marasesti Marasti Vifor Viscol

-Torpilleurs légers classe Ariete NMS Noduca Sborul Smeul et Vartej

Le Delfinul

-Sous-marins NMS Delfinul Marsuinul Rechinul

-Mouilleurs de mines NMS Amiral Murgescu NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor

-Huit Vedettes lance-torpilles

-Bâtiment-base de sous-marins NMS Constansa

-Pétroliers NMS Ploesti et NMS Cluj-Napoca

-Cargo NMS Danubia

-La Flottille du Danube comprend quatre monitors, les NMS Mihail Kogalniceanu Alexandru Lahovari Ion C. Bratianu et Lascar Catargianu mais aussi quatre vedettes acquises auprès des français les NMS Stihi, Dumitrescu, Lepri et Subolocotenet Ghiculea. A cela s’ajoute des patrouilleurs neufs mis en service entre 1947 et 1948 et qui sans le début du conflit auraient remplacé les vedettes anciennement françaises.

Dans les jours qui suivent d’autres navires sont remis en service après une période plus ou moins longue en réserve. Ils ne sont pas de première jeunesse mais peuvent réaliser des missions pas trop exigeantes.

Les hydravions et les avions de l’aéronavale organisent des patrouilles de surveillance et couvrent la mise en place des champs de mines. Ces derniers sont mouillés par l’Amiral Murgescu mais aussi par deux paquebots réquisitionnés et adaptés à cette mission (NMS Vlad Tepes et Domnitor).

Les défenses côtières sont mises en état d’alerte, des travaux défensifs complémentaires les transformant en autant d’ilots inexpugnables (fossés, barbelés, mines, nids de mitrailleuses) qui au delà de la défense stricto sensu des côtes peuvent former autant d’épines dans le flanc d’un ennemi venant du sud ou de l’est.

Les fantassins de marine roumains sont d’abord chargés de défendre les côtes mais très vite et en dépit de l’opposition de l’armée de terre vont se voir offrir un rôle nettement plus offensif comme des coups de main sur des ports ou contre des navires ennemis, inventant sans le savoir les opérations commandos ou renouant avec les descentes du temps de la marine à voile.

Cette unité va s’illustrer par son efficacité à la différence comme nous le verrons d’une autre brigade improvisée mise sur pied avec des équipages réduits au chômage technique par le basculement de la Roumanie dans le camp soviétique.

Au combat !

Si la Marina Regala Romana est plus puissante que son homologue bulgare elle ne peut pas sérieusement contester la domination de la marine soviétique qui dispose en Mer Noire de navires de ligne et de croiseurs.

Elle va choisit une stratégie du faible au fort en harcelant les convois soviétiques voir en menant des missions derrière les lignes ennemies notamment dans le Caucase où on à pu voir des vedettes rapides déposer des hommes dans des zones sous contrôle soviétique.

Elle avait également des missions plus traditionnelle comme des escortes de convois entre Constantsa et Odessa ou encore en direction de la Crimée occupée par des troupes allemandes et des troupes roumaines. Des navires roumains ont pu ainsi opérer depuis Sébastopol après la prise de la ville non sans mal tant les destructions étaient nombreuses.

La marine roumaine menait également des missions d’appui-feu, faisant preuve d’une certaine créativité puisque durant le conflit elle réussit à mettre au point quelques batteries flottantes et autres monitors portant des pièces lourdes. Camouflées, elles constituèrent une vrai nuisance pour l’Armée Rouge qui confia à la marine et à l’armée de l’air le soint de les trouver et de les détruire.

Les hydravions et les avions de l’aéronavale organisent des patrouilles de surveillance et couvrent la mise en place des champs de mines.

Ces derniers sont mouillés par l’Amiral Murgescu mais aussi par des navires marchands réquisitionnés et adaptés à cette mission.

Les défenses côtières sont mises en état d’alerte, des travaux défensifs complémentaires les transformant en autant d’ilôts inexpugnables (fossés, barbelés, mines, nids de mitrailleuses) qui au delà de la défense stricto sensu des côtes peuvent former autant d’épines dans le flanc d’un ennemi venant du sud ou de l’est.

La brigade d’infanterie de marine roumaine est d’abord chargée de défendre les côtes, étant déployés par détachements pour défendre des zones sensibles du littoral roumain en liaison avec l’armée de terre.

C’est clairement un sous-emploi d’une unité qui s’est entrainée de manière intensive pour de véritables opérations de combats.

L’opération BARBAROSSA est l’occasion pour la brigade de montrer ses capacités, occupant dès le 21 juin 1950 à l’aube la rive orientale du Danube sous la forme de têtes de ponts pour permettre un déploiement plus serein des troupes germano-roumaines.

Cette mission effectuée, la brigade va multiplier les coups de main. Dès que le front se stabilisait, les Diables Noirs débarquaient à l’arrière du front pour déstabiliser le dispositif soviétique. Très vite les fusiliers marins soviétiques vont apprendre à respecter leurs homologues roumains.

Cette unité va s’illustrer par son efficacité à la différence comme nous le verrons d’une brigade improvisée mise sur pied avec des équipages réduits au chômage technique par le basculement de la Roumanie dans le camp soviétique.

La marine roumaine va subir de lourdes pertes et fort peu de navires sont encore en service au moment du basculement roumain dans le camp communiste.

Le nouveau gouvernement communiste espère la cession de navires par la RKKF pour continuer la lutte mais Moscou refuse, estimant que la fin de la guerre est proche.

Une partie des équipages forment des unités de fusiliers marins pour combattre en Hongrie où cette brigade de fusiliers marins (Brigada Marinarilor) inexpérimentée dans le combat d’infanterie subit de lourdes pertes.

Des vedettes rapides roumaines vont opérer sur le Danube pour appuyer les troupes au sol roumaines et soviétiques. Certaines étant coulées par des mines larguées par des avions hongrois et allemands.

Elle sera reconstituée à partir de 1957 sous la forme d’une marine littorale (Green Water Navy) avec frégates, sous-marins, vedettes lance-torpilles ainsi que quelques navires amphibies et de soutien, des navires d’abord soviétiques avant que les roumains ne prennent le relais en construisant leurs propres navires.

Le croiseur léger NMS Miheai Viteazul participe à des escortes de convois, bombarde des positions ennemies au sol et attaque des convois côtiers soviétiques notamment ceux évacuant la Crimée en direction de la péninsule de Kerch (ces convois seront peu nombreux, la rapide avance de l’Axe rendant inutile l’évacuation de moyens militaires dans cette direction).

Endommagé à plusieurs reprises, il est coulé le 14 janvier 1953 par l’aviation soviétique alors qu’il couvrait un convoi de renforts en direction d’Odessa. Des bombardiers bimoteurs passent à l’attaque et touchent le croiseur léger à trois reprises. Le croiseur léger s’incline sur tribord puis sombre en quelques minutes ne laissant que fort peu de survivants.

Le NMS Regele Ferdinand est torpillé par un sous-marin soviétique le 7 septembre 1950 (deux torpilles) au large des côtes de Roumanie, le destroyer traquant un sous-marin repéré par un hydravion qui avait tenté sans succès de l’attaquer. En revanche le NMS Regina Maria survit au conflit.

Saisi par les soviétiques au moment du coup d’état communiste, il est interné à Sébastopol puis rendu à la Roumanie en mars 1955. Devenu navire-école sous le nom de Romania, il va jouer ce rôle jusqu’en 1965 quand son usure entraine son retrait du service et sa vente à la démolition.

Sur les quatre torpilleurs de classe Marasesti, deux sont coulés, le Marasesti le 8 octobre 1952 par une mine soviétique au large d’Odessa et le Viscol victime de l’aviation soviétique lors de l’opération PIOTR VELIKYI en septembre 1953 toujours au large d’Odessa. Les deux navires survivent au conflit, opérant au sein de la nouvelle marine roumaine jusqu’à leur désarmement survenu respectivement en 1959 (Marasti) et en 1961 (Vifor).

L’Ariete

Sur les quatre torpilleurs légers classe Ariete (NMS Noduca Sborul Smeul et Vartej), deux sont coulés durant le conflit, le Noduca par des vedettes lance-torpilles soviétiques au large de la Crimée en mars 1953 et le Sborul dans une tempête biblique en octobre 1952.

Le Smeul sévèrement endommagé lors de l’opération PIOTR VELIKY est saisi par les soviétiques lors de la prise d’Odessa qui l’envoient immédiatement à la casse alors que le Vartej refusant de suivre les nouvelles autorités roumaines se réfugiera en Turquie où son équipage sera interné et le navire remis en service dans la marine turque.

Sur les trois sous-marins en service, seul le Delfinul survit au conflit bien qu’il soit saisit en réparations lors du coup d’état communiste. Après inspection les soviétiques estiment qu’il ne leur apporte aucun bénéfice et ordonne que le navire soit démoli.

Le Marsouinul est victime d’une mine……roumaine au large de Constansa le 14 mai 1951 alors que le Rechinul à été coulé par un sous-marin soviétique alors qu’il tentait d’évacuer des commandos roumains engagés derrière les lignes soviétiques en octobre 1952.

Le mouilleur de mines NMS Amiral Murgescu

Le mouilleur de mines NMS Amiral Murgescu survit au conflit. Il est transformé en ravitailleur polyvalent et utilisé par la nouvelle marine roumaine jusqu’à son désarmement en 1974. Il est démoli au début des années quatre vingt.

Les NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor ont moins de chance étant coulés respectivement par un sous-marin soviétique le 14 août 1950 et par des avions frappés de l’étoile rouge le 8 août 1951.

Le Bâtiment-base de sous-marins NMS Constansa est coulé par l’aviation soviétique lors du bombardement de Constansa le 17 juin 1953, trois bombes provoquant l’explosion des torpilles embarquées à bord. Le navire chavire dans le port et coule. L’épave est relevée après guerre et démolie.

En ce qui concerne les navires de soutien, le pétrolier Ploesti va passer le conflit à alimenter des dépôts situés à Odessa et en Crimée. A plusieurs reprises il échappe aux attaques soviétiques qu’elles soient sous-marines, aériennes ou navales mais sa chance l’abandonne le 4 octobre 1952 quand il saute sur une mine mouillée à l’entrée du port de Sébastopol.

Une brèche de 5m de long sur 3m de large entraine son naufrage, suffisamment lent pour permettre aux 45 membres d’équipage d’évacuer même si huit d’entre-eux blessés succomberont à leurs blessures.

Le NMS Cluj-Napoca était à Odessa quand les soviétiques lancent l’opération PIOTR VELIKYI et plus précisément le volet aéroporté baptisé PETERHOF. Deux divisions aéroportées (et une brigade qui sera aérotransportée) sont larguées sur la ville, largages précédés et accompagnés de bombardements navals et aériens.

Le pétrolier roumain allait appareiller au moment où retentit une alerte aérienne. Il appareille en urgence dans l’espoir d’échapper au feu de Wotan mais répéré par un navire soviétique il est la cible de tirs d’artillerie de marine mais aussi de l’aviation qui délaisse un temps l’attaque du port pour inscrire ce navire sur ce tableau de chasse. Dans des circonstances incertaines le navire est touché, chavire, explose et coule en quelques secondes ne laissant aucun survivant.

Le cargo Danubia à lui plus de chance. Sabordé à Sébastopol pour ne pas tomber aux mains des soviétiques, il est relevé par les soviétiques, remis en état et remis en service sous le nom de Prut. Il aurait été désarmé en 1975 et démoli.

La marine roumaine va mettre en œuvre vingt-quatre vedettes lance-torpilles de différents types, ces navires étaient considérés par les soviétiques comme la principale nuisance venant de la marine royale roumaine.

Sur ce total seize ont été perdues durant la guerre (huit par l’aviation, deux par des mines, deux par des batteries côtières et quatre par leurs homologues), les huit dernières usées sont rassemblées dans le port de Constansa et brûlées car considérées comme surplus.

En ce qui concerne la flottille du Danube cette dernière va opérer en soutien des troupes roumaines opérant en URSS. Quand le front se révéla trop éloigné, elle se retrouva sa mission première de sécurisation. Elle protégea la navigation sur le plus grand fleuve européen.

La menace principale étant la mine, elle du transformer une partie de ses moyens pour détruire les mines larguées par des avions occidentaux puis soviétiques et qui causèrent son lot de pertes.

Aux mines s’ajouta la menace des commandos, les britanniques des SBS lançant plusieurs attaques sur les ponts du Danube imposant certaines contre-mesures (filets, vedettes rapides).

En ce qui concerne la Flottille du Danube, les quatre monitors connaissent des sorts différents. Le Mihaail Kogalniceanu transformé en 1918 en monitor hauturier participe à la défense des Bouches du Danube. On envisage un temps de l’envoyer en Crimée mais les roumains y renoncent craignant un naufrage au cours du transit.

Il va donc opérer dans la zone des bouches du Danube pour sécuriser une artère vitale pour l’effort de guerre roumain en particulier et de l’Axe en général. Il est coulé par l’aviation soviétique le 17 octobre 1953, deux bombes l’envoyant ad patres.

L’Alexandru Lahovari endommagé par une tempête est saisi par les soviétiques lors du basculement de la Roumanie. Très usé, il est utilisé comme ponton d’allégement par les soviétiques avant d’être envoyé à la casse en 1957.

L’Ion C. Bratianu est coulé par l’aviation soviétique le 4 mars 1953 alors que le Lascar Catargianu est victime d’une mine larguée dans le Danube par des bombardiers britanniques le 19 décembre 1952.

Les quatre vedettes (NMS Stihi Dumitrescu Lepri Sublocotenent Ghiculea) sont toutes coulées au combat alors que sur les six patrouilleurs mis en service en 1947/48 quatre sont détruits, les deux derniers saisis par les soviétiques étant rendus en 1959 à la Roumanie pour les utiliser comme navires pour garde-frontières jusqu’à leur retrait au cours des années soixante-dix.

Heinkel He114

En septembre 1948 l’Aéronavale roumaine dispose dispose de quatre squadrons, le squadron 101 disposant de huit hydravions Fiat RS-16 (qui ont remplacé les Savoia SM-62 et S.59 en service en septembre 1939), le squadron 102 disposant de dix hydravions Heinkel He-114, le squadron 53 disposant de huit Hawker Hurricane de chasse et le squadron 16 équipé de huit Reggiane Re-2003C.

CANT Z-501

Durant le second conflit mondial un cinquième squadron, le squadron 103 est créé avec des hydravions CANT Z-501 suivit par un sixième squadron, le squadron 104 volant sur des bimoteurs Bristol Blenheim.

Ces six squadrons vont opérer au dessus de la mer Noire. Ils vont assurer la surveillance des côtes, la couverture et l’éclairage des convois, le mouillage de mines mais aussi l’assaut aéromaritime, les appareils d’assaut (Fiat RS-16 et Bristol Blenheim ces derniers vont être remplacés par des Junkers Ju-88) escortés par des Hawker Hurricane (remplacés au cours du conflit par des Focke-Wulf Fw-190) coulant 9800 tonnes de navires marchands soviétiques mais se montrant peu efficace face à la marine soviétique.

L’aéronavale roumaine subit de lourdes pertes face à la montée en puissance de l’aviation soviétique. Elle peine même à remplacer les appareils détruits, l’armée de l’air roumaine n’hésitant pas à détourner certaines livraisons d’appareils pour l’aviation de la marine roumaine. Les rares avions et hydravions encore présents en avril 1954 sont pour la plupart envoyés à la casse car trop usés ou trop anciens pour être d’un quelconque usage.

La brigade d’infanterie de marine comprend en septembre 1948 un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie légère, une compagnie antichar, une compagnie antiaérienne, une compagnie du génie et un peloton d’autos blindées.

Les trois bataillons d’infanterie disposent d’une compagnie de commandement et de soutien, quatre compagnies de combat et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses , mortiers, canons antichars légers) et opèrent à la fois comme une infanterie amphibie mais aussi comme infanterie légère.

Après avoir opéré sur les rives de la mer Noire, la brigade s’installe en Crimée et plus précisément sur la côte sud et plus précisément à Yalta où une base est implantée.

Depuis cette base, la brigade va mener des raids en direction des côtes sous contrôle soviétique notamment dans le cadre de l’opération FRIEDRICH.

Après la contre-attaque soviétique, les diables noirs roumains vont opérer comme pompiers et comme anges-gardiens, freinant les attaques soviétiques et récupérant des soldats isolés.

Repliés sur la Crimée, elle combat dans le cadre de l’opération PIOTR VELIKYI (volet GANGUT), se montrant toujours aussi redoutable au point qu’on racontait que certains Frontoviki hésitait à attaquer les secteurs tenus par les fusiliers marins roumains un peu comme les croisés de la 4ème croisade se gardèrent d’attaquer les secteurs des remparts de Constantinople venus par la garde varègue.

Elle subit des pertes importants mais profite du manque d’allant des soviétiques pour se replier sur Sébastopol et évacuer jusqu’en Roumanie.

Profitant du chaos ambiant qui annonce le coup d’état communiste, la brigade se replie dans le nord de la Roumanie pour se reconstituer, reconstitution difficile suite au coup d’état du 25 septembre 1953.

la brigade choisit de lier son sort aux allemands et va combattre jusqu’à la capitulation allemande, terminant en Hongrie. Des prisonniers roumains sont envoyés en Roumanie où certains sont sommairement exécutés mais beaucoup parviennent à rallier la France, certains s’engageant dans la Légion Etrangère où il vont combattre dans la première guerre du Vietnam notamment.

Organisation

-Un Etat-Major installé à Bucarest

-Escadre de la Mer Noire

-Croiseur léger et navire-amiral NMS Miheai Viteazul placé hors rang

-1ère flottille de torpilleurs : destroyers NMS Regele Ferdinand et Regina Maria

-2ème flottille de torpilleurs : torpilleurs légers NMS Marasesti Marasti Vifor Viscol

-3ème flottille de torpilleurs : Torpilleurs légers NMS Noduca Sborul et Smeul

-4ème flottile de torpilleurs : vedettes lance-torpilles

-Force sous-marine : -Bâtiment-base de sous-marins NMS Constansa (navire-amiral) et les sous-marins NMS Delfinul Marsuinul Rechinul

-Force de soutien : Mouilleurs de mines NMS Amiral Murgescu NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor, pétroliers NMS Ploesti et NMS Cluj-Napoca, cargo NMS Danubia

-Flottille du Danube

-Monitors NMS Mihail Kogalniceanu Alexandru Lahovari Ion C. Bratianu et Lascar Catargianu

-Quatre vedettes fluvialees NMS Stihi, Dumitrescu, Lepri et Subolocotenet Ghiculea.

-Six patrouilleurs fluviaux type BRP-1 (BRP = barca de patrulare fluvială/patrouilleur fluvial)

-Des navires auxiliaires fluviaux (barges, pontons, remorqueurs)
Commandant de l’Aviation de la Marine (comandă de aviație navală)

-Squadron 101 : huit hydravions Fiat RS-16

-Squadron 102 : dix hydravions Heinkel He-114

-Squadron 53 : huit Hawker Hurricane

-Squadron 16 : huit hydravions Reggiane Re-2003C

-Squadron 103 (mars 1949) : huit CANT Z-501

Bristol Blenheim en vol

-Squadron 104 (septembre 1950) : huit Bristol Blenheim (ex-armée de l’air)

Commandement de la Défense Côtière

-Un régiment de génie maritime

-Une division d’artillerie côtière à trois brigades

-Une brigade d’infanteria marina

Dominions (99) Nouvelle-Zélande (10)

La New Zealand Army dans le second conflit mondial

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Soldats néo-zélandais  dans le Pacifique. Vu la décontraction des kiwis, les combats semblent très loin

Mobilisation

La mobilisation des réservistes _il n’est pas encore question de conscription_ commence dès le début du mois d’août. Ils vont compléter les soldats en service permanent. Comme il manque un certain nombre de spécialistes à des postes clés, des australiens mais aussi des britanniques vont intégrer des unités néo-zélandaises le temps que des nationaux prennent le relais.

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Dominions (92) Nouvelle-Zélande (3)

La Nouvelle-Zélande dans le second conflit mondial

Tout comme en 1914, la Nouvelle-Zélande s’engage immédiatement aux côtés de la Grande-Bretagne, déclarant la guerre à l’Allemagne dès le 7 septembre 1948. Cette déclaration est bien entendue symbolique encore que la jeune marine néo-zélandaise va participer à la protection des convois contre les menaces allemandes qu’elles soient de surface ou sous-marines.

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Dominions (90) Nouvelle-Zélande (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.8 : LES DOMINIONS (4) NOUVELLE-ZELANDE

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AVANT-PROPOS

Depuis 2011 je me suis lancé dans une œuvre gigantesque, titanesque, une uchronie traitant d’un second conflit mondial ayant débuté en septembre 1948 et s’étant achevé en septembre 1954 soit un décalage de neuf ans par rapport au second conflit mondial tel que nous l’avons connu.

Je crois que si j’avais su qu’en 2019 je serais encore dans la partie préparatoire au conflit je crois que j’aurais reculé devant une telle ampleur que je suis certain à découragé certains de mes lecteurs.

Commencée en 2011 par la France, je suis toujours rendu en 2018 à la présentation des différentes volumes. Initialement je voulais attendre pour rédiger mon second conflit mondial mais devant l’étendue j’ai donc fait de grandes entorses à cette règle d’or.

Après un Tome 1 beaucoup trop long consacré à la France, j’ai effectué un Tome 2 consacré à l’Allemagne entamé comme la France mais que j’ai fini par réduire de manière drastique avant de finalement faire un tome mêlant parties très détailles, parties (trop) synthétiques et parties équilibrées.

C’est avec le Tome 3 consacré à la Grande-Bretagne que j’ai atteint un vrai équilibre ni trop ni pas assez détaillé. J’ai poursuivi avec le tome 4 consacré aux Etats-Unis, le tome 5 consacré au Japon et le tome 6 dédié à l’Italie.

Dans ces tomes j’ai intégré des éléments consacré au conflit et même à l’après guerre ce qui à provoqué des contradictions avec les tomes précédents.

J’ai l’intention de corriger tout ça mais si je n’arrive pas à le faire à temps la règle édictée dans le tome 6 s’applique toujours à savoir qu’une information récente prime sur une information plus ancienne.

J’ai dit dernier des tomes majeurs tout simplement parce que les tomes suivants seront consacrés non seulement à des puissances secondaires mais à des pays qui ne disposent pas forcément uniquement d’armes nationales.

A quoi bon détailler un avion, un navire ou un char déjà présenté ailleurs ? D’où cette nouvelle distinction entre tomes majeurs et tomes mineurs.

Les Tomes Majeurs sont au nombre de sept (T.1 pour la France T.2 pour l’Allemagne T.3 pour Grande-Bretagne T.4 pour les Etats-Unis T.5 pour le Japon T.6 pour l’Italie et le T.7 pour l’URSS) suivis de Tomes mineurs.

Le Tome 8 va traiter des Dominions (Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande), le Tome 9 du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), un Tome 10 consacré au Portugal, à l’Espagne et à la Turquie, les Tome 11 et 12 consacrés aux autres pays européens, le Tome 13 aux pays d’Amérique Centrale et Latine.

Plus précisément le Tome 11 sera consacré aux pays scandinaves (Norvège, Danemark,Suède,Finlande) mais aussi à la Suisse et à la République d’Irlande alors que le Tome 12 sera consacré aux pays de l’Est et des Balkans (Grèce, Yougoslavie, Hongrie, Bulgarie,Roumanie,Slovaquie) et que le Tome 13 traitera des pays d’Amérique Centrale et Latine à savoir le Brésil, l’Argentine, le Chili, l’Uruguay, le Paraguay, le Pérou, l’Equateur, la Bolivie, la Colombie, le Venezuela, le Mexique et les petits états d’Amérique Centrale (Salvador, Nicaragua, Honduras,Salvador,Panama,Costa Rica)

Mise à jour du 14 novembre 2019 : J’envisage non pas d’abandonner les tomes suivant le Tome 9 (en cours de rédaction) mais les réorganiser avec peut être un Tome sur les pays neutres avec des fiches synthétiques et un ou deux Tome avec les autres petits pays en espérant rester court et synthétique sachant que j’ai toujours tendance à vouloir en faire plus.

Ce Tome 8 va donc être consacré aux principaux dominions britannique en l’occurrence le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Dans ce tome je vais donc aborder l’histoire de ces dominions, l’organisation de leurs forces armées (dont une partie est placée sous le commandement de l’ancienne puissance impériale) et leur équipement.

Je vais traiter successivement du Canada, de l’Afrique du Sud et deux dominions du Pacifique en première ligne face au Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande souvent traduit par le signe ANZAC (Australian New Zealand Army Corps), le corps d’armée australo-néo zelandais qui s’illustra à Gallipoli et aux Dardanelles en 1915 au point de faire de l’ANZAC Day une fête plus importante pour les Aussies et les Kiwis que le jour du souvenir commémorant la fin du premier conflit mondial.

Comme d’habitude bonne lecture.

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Ce texte est le dernier volume du tome 8 consacré au deuxième dominion du Pacifique en l’occurrence Aotearoa (pays du long nuage blanc), la Nouvelle-Zélande, colonie britannique depuis 1840 et dominion en 1907 succédant au Canada (1867) et à l’Australie (1907) mais précédent l’Afrique du Sud (1910).

Pays composé de deux îles indépendantes (île du Nord et île du Sud), isolé du reste du monde mais très proche de l’Australie, la Nouvelle-Zélande fait souvent figure de petit frère au puissant voisin australien, la politique extérieure néo-zélandaise étant souvent la même que celle de l’île-continent.

Même chose sur le plan militaire avec une armée de milice qui envoie des forces expéditionnaires en Afrique du Sud pour combattre aux côtés des britanniques contre les boers (NdA ce qui est assez ironique pour un pays découvert par un explorateur hollandais), en Europe pour le premier conflit mondial en attendant un engagement en Méditerranée et dans le Pacifique pour le seconde conflit mondial.

Si l’influence britannique est naturellement majeure histoire oblige, après le second conflit mondial, l’influence américaine devient importante mais sans être exclusive. Pour preuve depuis 1985 aucun navire américain ne peut faire escale dans les ports du pays car la Nouvelle-Zélande à été déclarée «territoire non nucléaire».

Sur le plan militaire les moyens sont nettement plus réduits, la marine néo-zélandaise ne voit le jour que tardivement et ses moyens sont plus limités. Même chose pour les armées de terre (même si aotearoa lèvera trois divisions d’infanterie et complétera des divisions australiennes) et pour l’armée de l’air.

Cela n’empêchera pas les kiwis de faire bonne figure sur les champs de bataille qu’il s’agisse de la Méditerranée (opération ACOLADE contre Lampedusa et Pantelleria) ou du théâtre d’opérations Asie-Pacifique.

Le conflit terminé, l’occident semble ultra-dominant en Asie-Pacifique. La Corée, le Japon et la Chine sont clairement des satellites américains même si la situation ne semble pas si simple notamment parce qu’il va falloir gérer la délicate question de la décolonisation.

Un traité de coopération et de sécurité (traité de Brisbane) est signé en octobre 1957 entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, les Philippines et la Thaïlande qui est passée du statut d’allié du Japon à celui de pilier du camp occidental dans la région.

Les pays de la région (Inde, Pakistan, Laos, Cambodge, Vietnam, Malaisie, Singapour,Indonésie) vont rejoindre ce traité qui va donner naissance à L’Organisation de Sécurité et de Coopération de l’Asie-Pacifique (OSCAP) censée permettre aux différents pays de coopérer et de se défendre en cas de menace intérieure et extérieure.

En réalité cette organisation se montrera assez inefficace, étant incapable d’empêcher la chute de la Chine dans le camp communiste ou les deux guerres du Vietnam. Elle sera d’ailleurs mise en sommeil en 1980.

HISTOIRE DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE

NdA Comme pour les autres dominions je fais commencer cette historique au moment de la découverte de ce territoire par les européens

Des découvertes européennes au traité de Waitangi (1642-1840)

Abel Tasman et les autres

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Abel Tasman

C’est le 13 décembre 1642 que le néerlandais Abel Tasman découvre l’île du Nord. Ce territoire n’est pas vide, il est peuplé de populations d’origine polynésienne, les maoris dont la date d’arrivée est incertaine. Après avoir fixé une fourchette très large (11ème-14ème siècle 1150-1350), les historiens sont aujourd’hui arrivés à un consensus à savoir une arrivée comprise entre 1250 et 1350.

Au début du seizième siècle, des maoris s’installent sur les îles Chatham développant une culture spécifique, la culture moriori.

Abel Tasman tente bien de débarquer pour explorer mais ses navires sont assaillis par onze waka contre lesquels il ouvre le feu. Quatre de ses marins ont été tués et l’explorateur néerlandais rebaptise ce lieu la baie des Meurtriers.

Au cours de son exploration, Abel Tasman se doute de l’existence du futur détroit de Cook mais le mauvais temps l’empêche de pousser plus loin son exploration.

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James Cook

C’est donc James Cook qui va vraiment découvrir la future Nouvelle-Zélande. Il se rend à trois reprises dans le futur dominion, la première fois en 1769, la seconde en 1773 et la troisième fois en 1777.

L’explorateur britannique réalise des cartes très précises du littoral néo-zélandais au point que ces cartes seront utilisés très longtemps par les différents explorateurs. La future Nouvelle-Zélande va servir de base pour explorer le littoral de l’Australie, marquant les débuts d’un lien puissant entre les deux futurs dominions du Pacifique.

C’est grâce à James Cook que définitivement on comprend que ce nouveau territoire n’appartient au mythique et légendaire «continent austral» que les européens recherchent tout au long du 18ème siècle (Terra Australis Incognita).

D’autres explorateurs vont suivre notamment des français comme De Surville en 1769, Marion Du Fresne en 1772 (au cours de laquelle il décède lors d’affrontements avec les maoris le 12 décembre), D’Entrecasteaux, Duperey et D’Urville.

George Vancouver et William Broughton découvrent en novembre 1791 les îles Snares pour le premier, les îles Chatham pour le second. En février 1793, l’italien Alexandro Malaspina à la tête de deux navires espagnols se rend dans la région mais réalise assez peu de cartes.

Après les explorateurs ce sont les chasseurs de baleine et de phoque mais aussi des marchands qui arrivent en «Nouvelle-Zélande». Des échanges ont lieu avec les maoris qui découvrent à cette occasion les pommes de terre, les mousquets (guerre du Mousquet entre différents groupes maoris entre 1807 et 1842, 3000 affrontements de différente ampleur) mais aussi les maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés, une épidémie de grippe ravageant l’île du Nord en 1790.

Comme dans toutes les sociétés pré-coloniales, le contact avec les européens provoque un bouleversement des structures traditionnelles, l’arrivée de missionnaires chrétiens entraînant de nombreuses conversions plus ou moins sincères.

Un processus de colonisation chaotique

A la différence de l’Australie, le gouvernement britannique n’à pas de plans précis de colonisation, le territoire dépend de la Nouvelle-Galles du Sud. Son isolement et l’absence de ressources importantes semble avoir dissuadé Londres d’investir massivement dans ce territoire.

Les maoris sont partagés sur l’attitude à adopter vis à vis des pakeha (blancs). Certains collaborent en se convertissant à la religion chrétienne tandis que d’autres se réfugient dans une résistance active.

Au début des années 1830, les chefs maoris de l’île du Nord s’inquiètent de l’arrivée des pakeha qui par la présence perturbent la société traditionnelle. Outre leur simple présence, il y à des vols, des viols, des destructions. Les relations se tendent entre maoris et pakehas.

En 1831, treize chefs maoris écrivent à Guillaume IV pour lui demander sa protection. Londres donne son accord car le contexte est tendu, la présence régulière de navires français laissant craindre la possibilité d’une colonisation française.

Si aujourd’hui l’alliance franco-britannique est solide, à l’époque c’est nettement moins évident car après tout nous ne sommes que quinze ans après la fin des guerres napoléoniennes ce qui est fort peu (au 20ème siècle, un diplomate français Paul Cambon dira à propos de l’attitude ambiguë de Londres vis à vis de Paris «le problème des britanniques c’est qu’ils ne savent toujours pas que Napoléon est mort»).

Un représentant britannique, James Busby arrive en 1833 à une époque où on craint une colonisation française mais aussi américaine.

James Busby demande aux chefs maoris de se choisir un drapeau national. Cela s’explique par son caractère symbolique et peu contraignant mais aussi pour une raison bassement pratique : plusieurs chefs maoris se sont lancés dans le commerce maritime et sans pavillon un navire pouvait être saisi (ce sera le cas en 1830 à Sydney).

Le drapeau est adopté le 20 mars 1834. Trente-quatre chefs sont présents lors de la proclamation d’indépendance le 28 octobre 1835. C’est l’acte de naissance des Tribus Unies de Nouvelle Zélande (en maori Wokaminenga o nga Hapu o Nu Tirene) qui représente un pas décisif dans l’unification politique des maoris mais aussi dans le processus de colonisation britannique.

Entre 1835 et 1840, dix-huit autres chefs rejoignent les trente-quatre chefs. Ces cinquante-deux chefs appartiennent tous à l’île du Nord, les chefs maoris de l’île du Sud restant à l’écart de ce processus.

Seule la Grande-Bretagne reconnaît officiellement ce nouvel état, la France et les Etats-Unis se contentant de prendre note.

Il était prévu la réunion d’un parlement ou d’un congrès annuel avec les chefs des différents tribus mais cela restera théorique.

Ce proto-Etat néo-zélandais va prendre fin avec le traité de Waitangi signé le 6 février 1840.

Le Traité de Waitangi ou l’acte de naissance de la véritable colonisation britannique

Depuis presque deux siècles, le traité de Waitangi (Te Triti o Waitangi) fait polémique en Nouvelle-Zélande. Signé entre la couronne britannique et les chefs maoris réunis au sein des Tribus Unies de Nouvelle-Zélande, ce court traité de trois articles met fin à l’indépendance des tribus unies et marque le début de la période coloniale de la Nouvelle-Zélande.

Le traité est d’abord proposé par le capitaine William Hobson. Il reçoit mandat du gouvernement britannique et adopte le titre de lieutenant-gouverneur.

Revenu en Nouvelle-Zélande, il rédige un texte avec l’aide de James Busby, texte traduit par le missionnaire Henry Williams (qui allait assurer également la traduction orale).

De février à septembre 1840 plus de cinquante réunions de discussion furent organisées et près de 500 signatures supplémentaires sont enregistrées. Un nombre équivalent de chefs refusent de signer. Ce traité devient une colonie distincte de la Nouvelle-Galles du Sud le 16 novembre 1840.

Cette signature est depuis devenu un jour férié, le Waitangi Day, le premier ayant eu lieu en 1934 même si ce jour est devenu férié uniquement à partir de 1970. Ce jour est souvent l’occasion pour les maoris de manifester contre le gouvernement néo-zélandais.

Ce traité est court. L’Art 1 reconnaît la souveraineté de la Couronne britannique sur la Nouvelle-Zélande, l’Art 2 garantit aux chefs signataires et à leurs tribus le maintien de leurs prérogatives et possessions immobilières (notamment leurs terres avec un droit de préemption sur les terres mises en vente) et l’Art 3 garantit l’égalité des droits entre maoris et sujets britanniques.

La polémique provient du fait qu’en maori il y à une nuance entre le mot de kawanatanga (gouvernorat au sens littéral) et rangatiratanga (commandement). Cette nuance à pu échapper à de nombreux chefs maoris qui n’ont peut être pas saisi l’importance de l’engagement dans cette signature. De plus en ce qui concerne la propriété foncière, les maoris n’avaient pas la même notion que les pakehas.

A court terme, le traité empêcha l’acquisition de terres par des colons privés, colons qui n’étaient parfois pas des plus scrupuleux. Cela permettait aux maoris de vendre à prix considéré comme juste et aux colons d’être juridiquement couverts.

Rapidement pourtant, le système se délita, les maoris étaient moins vendeurs, les colons avides de terres faisant pression sur les fonctionnaires de la couronne pour obtenir de nouvelles terres ce qui entraîna pots de vin et corruption. Les maoris se révoltèrent à plusieurs reprises et ces révoltes furent réprimées dans le sang. Cela allait aboutir aux guerres maories. En dépit de la mise en place ultérieure de tribunaux fonciers maoris, les récriminations étaient quasi-permanentes.

Ce traité ne peut pas être considéré comme une constitution mais il fait figure de mythe fondateur pour la nation néo-zélandaise, un mythe qui est comme nous l’avons vu loin de faire l’unanimité. Il fait néanmoins partie du bouquet constitutionnel néo-zélandais.

Si la vision idyllique d’une nation unie entre maoris et pakehas ne résiste pas vraiment à l’analyse, ce traité peut être considéré comme un modèle de «colonisation progressiste» qui correspond assez bien au modèle britannique qui évite autant que faire se peut de bouleverser les structures locales.

Avant la signature du traité de Waitangi, les britanniques avaient lancé un premier processus de colonisation systémique avec la création en 1837 d’une Compagnie de Nouvelle-Zélande.

Cette compagnie établit des colonies à Wellington (1840), Nelson (1842), Wanganui (1840) et Dunedin (1848). Elle participa également au peuplement de New Plymouth (1841) et de Christchurch (1850) via des filiales. Elle atteint son apogée en 1841 mais rencontre à partir de 1843 de nombreux problèmes financiers qui conduisent à sa faillite en 1858.

Cette colonie profita d’une situation économique délicate avec un chômage important et une misère qui ne l’était pas moins. Nombre de travailleurs pauvres songèrent à émigrer et cette compagnie devait encadrer l’arrivée de colons européens en Nouvelle-Zélande.

Son action assez mal connue en raison de la disparition de nombreuses archives est néanmoins importante puisque le nombre de colons passe de 2000 en 1839 à 28000 en 1852. Cette compagnie réussit là une précédente compagnie portant le même nom avait échoué en 1825.

Guerres Maories et marche au Dominion (1840-1907)

Guerres Maories

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Hone Heke abat le drapeau à Kororareka. C’est l’acte fondateur des guerres maories

Nous avons l’image d’une colonisation néo-zélandaise pacifique, quasiment parfaite mais en réalité ce processus fût nettement plus heurté avec notamment une série de guerres entre 1845 et 1872, une série de guerres appelées tantôt guerres maories ou guerres néo-zélandaises voir guerres des terres.

Ces conflits opposent britanniques, des miliciens néo-zélandais, des australiens mais aussi des alliés maoris contre des maoris. Au plus fort des combats, le camp britannique engagea 18000 hommes alors que les maoris n’ont jamais pu engager plus de 5000 hommes.

Le conflit ou plutôt les conflits ont pour origines les tensions agraires. La question de la propriété de la terre va générer quiproquos, malentendus et tensions entre maoris et pakehas, dégénérant sur des massacres et des affrontements.

Sur le plan tactique, la guerre n’est pas qu’un conflit du faible (maoris) au fort (britanniques et leurs alliés) mais un conflit où les autochtones de Nouvelle-Zélande vont alterner guérilla et guerre de siège obligeant les britanniques à déployer de l’artillerie lourde pour y venir à bout.

Cette série de conflit fait comprendre aux colons et aux maoris fidèles à la couronne (appelées kupaya ou queenies car fidèles à la reine Victoria) la nécessité de posséder une milice pour la défense locale.

C’est ainsi que l’action des troupes britanniques venues d’Australie mais aussi de la (très) lointaine métropole est relayé par une Militia ainsi que des unités de volontaires levées pour l’occasion comme des groupes de fusiliers volontaires (Volunteer Rifle Groups), des Forest Rangers et donc des kupaya.

Les opposants maoris vaincus voient leurs terres saisies, la vente permettant de financer le conflit.

Le 1er conflit est connu sous le nom de Guerre de Flagstaff (mars 1845-janvier 1846) autour de la baie des Iles sur la côte ouest de l’île du Nord.

Elle est suivie par la Campagne de la Vallée de Hutt en 1846 avec comme toujours le même élément déclencheur : des acquisitions foncières douteuses liées aux interprétations du traité de Waitangi, le forcing des colons pour rendre la situation irrémédiable.

Le 16 mai 1846, un raid maori provoque la mort de huit britanniques et de deux maoris. Ce raid est suivit par la bataille de Battle Hill (la bataille de la colline de la bataille) du 6 au 13 août 1846.

Après une période de relatif calme, une famille de colons est massacré après un incident entre britanniques et maoris.

Un raid de représailles à lieu suivit d’une attaque maori en juillet de la même année. La paix revient début 1848 sans que les problèmes à l’origine du conflit ne soient vraiment réglés.

On trouve ensuite les deux guerres de Taranaki, la première ayant lieu en 1860 engageant 3500 hommes du côté britannique contre un nombre fluctuant de maoris, les chiffres avant de 300 à 1500 hommes. Ce premier conflit se termine par la mort de 238 hommes côté britannique et leurs alliés contre 200 côté maoris.

Le deuxième conflit dure de 1863 à 1866. Les britanniques et leurs alliés engagent pas moins de 14000 hommes. Cela commence par l’invasion de la région de Waikato, invasion terminée en avril 1864 avec la perte de 700 britanniques et assimilés contre 1000 maoris.

En 1865, la confiscation de 12000 km² suite au New Zealand Settlement Act de 1863 relance le conflit. 4000 km² seront confisqués suite à cette guerre.

Ces deux guerres sont l’apogée des affrontements, les trois dernières guerres (Guerre des Cap de l’Est entre avril 1865 et octobre 1866 puis Guerre de Titokawaru de juin 1868 à mars 1869 et enfin le conflit dit guerre de Te Kooti’ de juillet 1868 à mai 1872) étant pour ainsi dire des épiphénomènes.

La marche au dominion

Comme dans tous les territoires sous contrôle britannique se pose la question de l’organisation institutionnelle sachant que contrairement aux pays de droit romain, les pays anglo-saxons n’ont pas de constitution à proprement parler mais une série de texte, une jurisprudence et surtout un usage qui à imposé certaines pratiques et en à ringardisé d’autres.

Le 30 juin 1852, le parlement de Londres vote un texte capital pour l’avenir de l’île au long nuage blanc. C’est le New Zealand Constitution Act qui dote la colonie d’un régiment fédéral, première étape avant celle du gouvernement responsable. Ce dernier est acquis en 1856 dans le contexte troublé que nous venons de voir.

Le 24 mai 1854, le premier parlement de Nouvelle-Zélande se réunit. Moins de dix ans apèrs le gouvernement responsable, le régime fédérale est supprimé avec un renforcement du pouvoir central.

C’est l’occasion de recentrer la capitale qui quitte Auckland pour rallier Wellington. En 1876, le régiment fédérale supprimé de facto est supprimé de jure avec le remplacement des provinces par neuf districts (Abolition of Provinces Act 1875).

Ces neuf provinces sont celle d’Auckland (17 janvier 1873-1er novembre 1876), celle de New Plymouth (17 janvier 1853-1er novembre 1876), celle de Hawke’s Bay issue de celle Wellington (1er novembre 1858 au 1er novembre 1876), celle de Wellington (17 janvier 1853-1er novembre 1876), celle de Nelson (17 janvier 1853 au 1er novembre 1876), celle de Marlborough issue de celle de Nelson (1er novembre 1859-1er novembre 1876), celle de Westland (1er décembre 1873 au 1er novembre 1875, un comté de la province de Canterbury), celle de Canterbury (17 janvier 1853 au 1er novembre 1876) et celle de Southland issue d’Otago (25 mars 1861-5 octobre 1870).

Cette période est marquée par une chute de la population maorie qui passe de 80 à 42000 personnes alors que la population d’origine européenne est multipliée par huit passant de 30000 hommes en 1853 à 250000 hommes en 1870.

Il va falloir attendre plus de trente ans pour devenir un dominion puisque ce n’est qu’en 1907 que la Nouvelle-Zélande décide de devenir un dominion indépendant de l’Australie qui elle avec acquis ce statut dès 1901.

C’est la chambre des représentants néo-zélandaise qui demande respectueusement au roi d’Edouard VII de pouvoir changer la titulature de l’état néo-zélandais, le Dominion of New Zealand devant remplacer le terme de Colony of New Zealand. Le fils de la reine Victoria donne son accord le 9 septembre 1907 sous la forme d’une proclamation lue devant le parlement néo-zélandais le 26.

De 1891 à 1912, les libéraux sont au pouvoir faisant de la Nouvelle-Zélande un véritable laboratoire qui faisait plus envie que pitié. Les femmes néo-zélandaises sont les premières à recevoir le droit de vote en 1893, une loi de conciliation sociale en 1894 et une épargne retraite en 1898.

URSS (74) Armée de Terre (22)

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URSS (70) Armée de Terre (18)

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mortiers Stokes

Mortier Stokes

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