Italie (18) Artillerie et systèmes d’armes (2)

Canons de 135mm

Tourelles triples de 135mm cuirassé Andrea Doria.jpg

Tourelles triples de 135mm à bord du cuirassé Andrea  Doria

Dans l’immédiat après guerre les italiens construisirent des cacciatorpidiniere, des contre-torpilleurs armés de canons de 120mm, un calibre proche de celui utilisé par les autres pays qu’il s’agisse de la France (130mm), de la Grande-Bretagne (114 et 120mm), des Etats-Unis (127mm).

Rien n’empêchait donc l’Italie de continuer à produire ce calibre en dépit du fait que la France avait choisit un calibre plus élevé pour ses contre-torpilleurs le 138mm et ne parlons pas de l’Allemagne qui eut l’idée saugrenue d’armer ses Zerstörer de canons de 150mm !

Pourtant à la fin des années trente, la Regia Marina mis en service un canon de 135mm, canon qui allait équiper de nombreuses classes de navires qu’il s’agisse des croiseur-éclaireurs classe Capitani Romani, des croiseurs antiaériens Etna et Vesuvio, les cuirassés Andrea Doria et Caio Duilio après leur refonte, des cuirassés classe Francesco Caracciolo, les contre-torpilleurs classe Palestro et Commandante Medaglie di Oro et bien entendu les porte-avions Italia et Don Juan de Austria.

Deux modèles de canons de 135mm sont ainsi mis au point, l’OTO M1937 et le Ansaldo M1938, des canons quasiment identiques, les différences étant de l’ordre du détail.

Les Capitani Romani qui disposaient de huit canons de 135mm en quatre tourelles doubles ne pouvaient pas tirer contre avions à l’origine mais progressivement les tourelles furent modifiées et devinrent des tourelles DP (Dual Purpose/Double Usage) mais seulement pour huit d’entre-eux, quatre navires conservant leur tourelle monovalente.

C’est le cas pour les cuirassés Andrea Doria et Caio Duilio qui disposaient de canons de 135mm pour la lutte antisurface et de canons de 90mm pour la défense contre-avions. Il y eut bien le projet de remplacer les tourelles triples d’origine par les tourelles triples imaginées pour les cuirassés Francesco Caracciolo et Marcantonio Colonna mais ce projet ne se concrétisa jamais.

Une tourelle double DP fût mise au point pour armer les porte-avions Italia et Don Juan de Austria, tourelle qui allait être également utilisée sur les deux croiseurs antiaériens Etna et Vesuvio ce qui après tout est logique puisque ces deux navires qui combinent une classe de Condottieri avec un armement de Capitani Romani étaient destinés à protéger les deux «ponts plats» de la Regia Marina.

Si cette tourelle double allait armer les deux cuirassés Francesco Caracciolo et Marcantonio Colonna mais pour les nouveaux destroyers de classe Palestro (en attendant les Commandante Medaglie di Oro) on développa un canon à double usage en affût simple, les premiers embarquant quatre canons, les seconds ajoutant une cinquième pièce.

Après cette présentation qui semble un peu anarchique il me semble raisonnable de présenter cela de manière plus synthétique et plus claire :

-Classe Capitani Romani : huit canons de 135mm monovalents en quatre tourelles doubles (deux avant deux arrières). Huit unités ont ultérieurement vue leurs tourelles modifiées pour tirer également contre-avions (Attilio Regolo, Cia Mario, Claudio Tiberio,Giulio Germanico,Ottaviano Augusto,Paulo Emilio,Scipione Africano,Ulpiano Traiano), les quatre restants conservant donc une artillerie monovalente (Claudio Druso Cornellio Silla Pompeo Magno et Vispanio Agrippa).

-Cuirassés Andrea Doria et Caio Duilio : après leur refonte ces navires embarquent douze canons de 135mm en quatre tourelles triples concentrées à l’avant, encadrant le bloc-passerelle. Ces tourelles triples sont monovalentes.

-Cuirassés Francesco Caracciolo et Marcantonio Colonna : seize canons de 135mm en huit tourelles doubles, quatre installées à l’avant de part et d’autre du bloc-passerelle, quatre autres installées axialement au dessus de la tourelle III de 406mm.

-Porte-avions Italia et Don Juan de Austria : huit canons de 135mm polyvalents en quatre tourelles doubles installées comme sur le Joffre à l’avant et à l’arrière de l’ilôt.

-Croiseurs antiaériens Etna et Vesuvio : inspirés de deux croiseurs vendus à la Thaïlande, ces deux unités combinent une coque de Condottieri avec un armement inspiré des Capitani Romani avec six tourelles doubles polyvalentes de 135mm (deux avant superposées, deux latérales au milieu et deux superposées à l’arrière).

-Contre-torpilleurs classe Palestro et Commandante Medaglie di Oro : les premières études ont semble-t-il envisagé des tourelles doubles (une partie des archives à disparu) mais au final les Palestro vont embarquer quatre canons de 135mm en affûts simples sous masque, un canon polyvalent. Les Commandante Medaglie di Oro vont ajouter un cinquième canon, donnant aux derniers destroyers construits par la Regia Marina un faux-air de contre-torpilleur français ce qui provoquera parfois des méprises au combat.

Le canon de 135mm qu’il soit M1937 ou M1938 est un canon de 45 calibres (longueur du tube = 6.075m) tirant des obus de 32.7kg à une distance maximale de 19600m à raison de six à sept coups par minute.

La tourelle double modèle 1938 pèse 42 tonnes en ordre de combat, pointant en site de -7° à +45° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 120° de part et d’autre de l’axe à raison de 5° par seconde. Chaque canon possédant 80 obus, les tourelles doubles embarquent 160 projectiles ce qui porte le nombre d’obus embarqués à un total variant entre 640 et 960 projectiles.

La tourelle double modèle 1942 pèse 54 tonnes en ordre de combat permettant au canon de pointer en site de -7° à +90° à raison de 7° par seconde et en azimut sur 120° de part et d’autre de l’axe à raison de 8° par seconde. La dotation en munitions n’évolue pas.

La tourelle triple modèle 1937 pèse 105 tonnes en ordre de combat. Elle permet à ses canons de pointer en site de -5° à +45° et en azimut sur 120° de part de l’autre à raison de 10° par seconde. La dotation en munitions étant de 80 obus par canon, les navires disposant de tourelles triples disposent au total de 960 obus mais parfois plus.

La tourelle triple modèle 1944 pèse 120 tonnes en ordre de combat, permettant aux canons qui y sont abrités de pointer de -7° à +80° à raison de 7° par seconde et en azimut sur 160° de part et d’autre l’axe. La dotation en munitions n’évolue pas.

L’affût simple modèle 1942 pèse 27 tonnes en ordre de combat, pointant en site de -7° à +80° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 120° de part et d’autre de l’axe à raison de 7° par seconde. La dotation en munitions est de 100 obus par canon soit 400/500 coups pour la totalité du navire.

Canons de 120mm

Tourelles doubles de 120mm cuirassé Guilio Cesare.jpg

Tourelle de 120mm à bord du cuirassé Giulio Cesare 

Si dans la marine française le calibre médian standard est le 130mm (le 138mm finira par céder définitivement la place au canon de 130mm car plus apte à la Défense Aérienne à la Mer [DAM]) dans la marine italienne c’était le canon de 120mm qui équipa les torpilleurs (torpidiniere), les contre-torpilleurs (cacciatorpidiniere), les cuirassés refondus de classe Conte di Cavour ainsi que des sous-marins.

C’est ainsi que les contre-torpilleurs des classes Sella (quatre navires mis en service en 1926/27), Sauro (quatre navires mis en service en 1926/27) et Turbine (huit navires mis en service en 1927/28) sont armés de deux modèles de canons, l’OTO M1926 et le Vickers Terni M1924, deux canons de 45 calibres soit un tube long de 5.40m.

Ces canons tirent des obus explosifs de 22kg, perforants de 23.15kg à une portée maximale de 17500m à raison de six à sept coups par minute.

Ces canons sont embarqués en affûts doubles à raison de quatre pour la classe Leone, un puis deux pour la classe Sella, deux pour la classe Sauro et deux pour la classe Turbine. L’affût double pèse 16.9 tonnes et permet aux canons de pointer en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe et en azimut de -10° à +33°. La dotation en munitions est inconnue.

On trouve également à bord des sous-marins classe Balilla et Fieramosca un canon de 120mm OTO M1924 dont les performances sont semblables à celles décrites ci-dessus.

L’Ansaldo M1926 est un canon de 50 calibres (longueur du tube : 6m) tirant des obus de 23.5kg à une distance maximale de 19600m à raison de six coups par minute.

Ce modèle équipe notamment les unités de la classe Freccia (quatre unités), de la classe Folgore (quatre unités) et enfin celles de la classe Navigatori (douze unités), les deux premières classes disposant de deux affûts doubles, la dernière disposant de trois affûts doubles.

Les canons de 120mm OTO M1931 et M1936 équipent les contre-torpilleurs de classe Maestrale ainsi que les premiers Soldati.

Ce sont des canons de 50 calibres (longueur du tube : 6m) tirant des obus de 23.5kg à une distance maximale de 19600m à raison de six coups par minute. Ces deux classes disposent de deux affûts doubles. Ultérieurement une partie des Soldati vont remplacer l’obusier OTO M1933/34 tirant uniquement des obus éclairants par un cinquième canon de 120mm en position centrale.

Ces affûts doubles pèse environ vingt tonnes et permettent aux canons de pointer en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe, en site de -10° (-7° M1931) à +35° (33° pour M1931)

Les cuirassés de classe Conte di Cavour après leur refonte reçoivent douze canons de 120mm OTO M 1933 en six tourelles doubles.

Ce canon de 50 calibres tire des obus de explosifs de 23 kg à une distance maximale de 18200m (site +35°) à raison de 6 à 7 coups par minute. La tourelle double pèse 34 tonnes en ordre de bataille et peut pointer en site de -10° à +42° et en azimut sur 150°. La dotation en munitions est inconnue.

Les dernières unités de classe Soldati sont équipés de canons de 120mm Ansaldo M1936/37/40 dont les performances sont semblables aux précédents. En effet ce canon de 50 calibres (longueur du tube 6m) tire des obus de 23.15kg à une distance maximale de 22000 (+45°) à raison de six à sept coups par minute.

En 1944, un nouveau canon de 120mm est mis au point l’Ansaldo M1944 mais il est produit en petit nombre, la Regia Marina décidant d’armer ses torpidinere et caccatorpidiniere de canons de 135mm jugés plus efficaces contre le 130mm français.

Ce canon va équiper des sous-marins, des navires auxiliaires, les grands dragueurs de mines inspirés des M-Boote allemands ainsi que des batteries côtières.

C’est un canon de 50 calibres (longueur du tube : 6m) tirant des obus explosifs de 25kg et perforants de 21.8kg à une distance maximale de 19800m à raison de huit à dix coups par minute.

Si un affût double n’à pas dépassé le stade du prototype (poids 27 tonnes champ de tir vertical -10 à +70° champ de tir horizontal 240° , rotation verticale de 6° par seconde rotation horizontale de 5° par seconde, 100 projectiles par canon), l’affût simple à lui été produit en série.

Pesant 13 tonnes, cet affût simple sous masque permettait au canon abrité de pointer de -10° à +85° à raison de 6° par seconde en site et en azimut sur 300° à raison de 6° par seconde. La dotation en munitions est de 100 à 150 coups par pièce.

Canons de 102 et de 100mm

Un mot rapide sur des canons de 4 pouces (102mm) utilisés par la Regia Marina. Deux modèles sont utilisés, le Schneider-Armstrong modèle 1917 embarqiés sur les navires auxiliaires et les torpilleurs de classe Sirtori, La Masa, Palestro et Generali alors que le modèle 1919 est embarqué sur la classe Curtatone.

Ces deux canons sont des canons de 45 calibres (longueur du tube 4.59m) tirant des obus explosifs de 13.74kg et perforants de 16kg à une portée maximale de 15000m (perforants) à une élévation de 35° à raison de sept coups par minute.

Si le modèle 1917 utilise un affût simple de 4.6 tonnes, le modèle 1919 utilise un affût double de 10 tonnes, les deux affûts permettant de pointer en site de -5° à +35° et en azimut sur 300° (150° de part et d’autre de l’axe).

Ces deux canons sont utilisés massivement jusqu’au milieu des années quarante quand les différents torpilleurs armés de ces canons sont retirés du service actif. Certains seront remis en service, armés avec les mêmes canons pour des missions de patrouille et d’escorte.

Les canons récupérés sur les navires définitivement désarmés et démolis sont réutilisés sur des auxiliaires ou pour assurer la défense côtière.

Après le premier conflit mondial, l’Italie récupère de nombreux canons de 100mm Skoda auprès de feu la Koninkligche & Kaiserliche Kriegsmarine (KuK Kriegsmarine), la marine austro-hongroise. De ces canons vont découler plusieurs modèles nationaux de canons de 3.9 pouces.

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Canon de 100mm OTO M1931

Le premier canon de 100mm italien est le canon de 100mm OTO M1927. Embarqué sur les sous-marins de classe Foca et Brin, cette pièce est peu réussie et va donc être rapidement remplacée.

Ce canon est une pièce de 43 calibres (longueur : 4.3m) tirant des obus explosifs de 13.8kg à une distance maximale de 11000m (+35°) à raison de huit à dix coups par minute, l’affût simple pouvant pointer en azimut sur 360° et en site de -5° à +35°. Ce canon n’est plus en service après 1939. Stockées les pièces en état ont été parfois réutilisées pour la défense côtière ou à bord de dragueurs auxiliaires.

Le canon de 100mm de 47 calibres (longueur du tube : 4.70m) OTO 1924/1927/1928 est un véritable canon antiaérien équipant les cuirassés classe Conte di Cavour ainsi que la quasi-totalité des croiseurs.

Ce canon de 47 calibres tire des obus explosifs de 26kg à une distance maximale de 15240m (+45°) en tir antisurface et de 10000m en tir antiaérien (+85°) à raison de 8 à 10 coups par minute. L’affût double italien peut pointer en site de -5° à +85° et sur 360° en azimut. La dotation en munitions est inconnue.

Les canons de 100mm OTO M1931/35/38 sont embarqués sur les sous-marins succédant au peu réussi OTO M1927.

C’est un canon de 47 calibres (longueur du tube 4.70m) tirant des obus explosifs de 13.8kg à une distance maximale de 12600m (+35°) à raison de huit à dix coups par minute. L’affût simple pèse 4.7 tonnes, permettant au canon de pointer en azimut sur 360° et en site de -5° à +32/35° selon les modèles. La dotation en munitions est inconnue.

Un autre modèle de canon de 100mm modèle 1931 est embarqué sur les torpilleurs et les corvettes. Ultérieurement un modèle 1937 est aussi mis au point, une version améliorée du modèle 1931 qui est lui même issu de l’OTO M1928.

C’est un canon de 47 calibres tirant des obus explosifs de 14.2kg à une distance maximale de 15400m (+45°) à raison de huit à dix coups par minute. L’affût simple qui pèse 6.3 tonnes permet au canon de pointer en site de -6° à +45° (-10 à +60° pour le modèle 1937) et en azimut sur 360°, chaque pièce possédant 260 coups dont soixante obus éclairants.

Canons de 90mm

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Canon de 90mm

Au milieu des années trente, la marine italienne décide de relancer la construction de cuirassés et réfléchit donc à l’artillerie à embarquer. Il fallait à la fois choisir le calibre de l’artillerie principale mais également l’artillerie secondaire.

Si sur la première génération des cuirassés type dreadnought et superdreadnought l’artillerie secondaire n’avait que pour fonction de repousser les torpilleurs voir les croiseurs ennemis désormais il fallait prendre en compte la menace aérienne.

Si certains pays choisirent la voie de l’artillerie secondaire polyvalente avec plus ou moins de succès d’autres comme l’Allemagne ou l’Italie préférèrent dissocier les deux fonctions. Si la Kriegsmarine décida d’équiper ses grosses unités de canons de 150 et de 105mm, la Regia Marina décida de choisir le canon de 135mm pour la lutte antisurface et le canon de 90mm pour la défense aérienne à la mer.

Deux modèles ont été mis au point, deux modèles quasiment identique, l’Ansaldo M1938 et l’OTO M1939. Ils vont être embarqués sur les cuirassés classe Andrea Doria et Littorio à raison respectivement de dix et de douze canons en affûts simples.

Lors des réflexions concernant les croiseurs antiaériens Etna et Vesuvio (qui auraient du être accompagnés de certains Condottieri reconstruits), l’armement de ces CLAA (Croiseurs Légers Ant-Aériens) devait être composé de seize canons de 90mm en affûts doubles mais au final on préféra le canon de 135mm, un calibre plus polyvalent.

Ces canons de 50 calibres (longueur du tube 4.50m) tirent des obus de 10.1kg à une portée maximale de 16000m en tir antisurface et de 10800m en tir antiaérien à raison de 12 coups par minute.

Ces canons sont mis en œuvre par des tourelles simples avec quatre-vingt dix coups immédiatement prêts au tir. L’affût simple pèse 19.07 tonnes et permet au canon de pointer en site de -3° à +75° et en azimut sur 120° de part et d’autre de l’axe. La dotation globale en munitions est de 5842 projectiles et 50 obus éclairants pour les Littorio, 4700 projectiles et 50 obus éclairants pour les Andrea Doria. Ultérieurement des canons de 90mm ont remplacé les vieilles pièces de 76.2mm embarquées sur les navires auxiliaires.

Canons de 76.2mm et 65mm

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Canon de 76.2mm modèle 1914

-En septembre 1939 quelques navires auxiliaires de la Regia Marina disposaient encore de canons de 3 pouces (76.2mm), des canons de conception et de fabrication britannique, des canons Armstrong modèle 1916 et 1917.

Ces deux modèles de canons sont des pièces de 40 calibres (longueur du tube 3.048m) tirant des obus explosifs de 14.3kg et antiaériens de 13.3kg à une portée maximale de 10000m (+42°) à raison de 15 coups par minute. L’affût utilisé par les italiens permettait au canon de pointer en site de -10° à +65° (puis à +75°) et en azimut sur 360°.

Ces canons usés et dépassés sont remplacés au cours des années quarante par des canons de 90mm, les canons retirés du service étant stockés, certaines ressortant des magasins à l’automne 1948 pour armer des navires réquisitionnés, défendre des mouillages et des ports….. .

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Canon de 65mm modèle 1939

-A la fin des années trente l’Italie décide de développer un nouveau canon antiaérien d’un calibre inhabituel de 65mm. Ce canon va embarquer sur les croiseurs-éclaireurs Capitani Romani, les porte-avions classe Italia et les croiseurs légers antiaériens classe Etna.

Les Capitani Romani embarquaient six puis huit canons de 65mm en affûts simples, les Italia embarquaient également huit canons alors que les Etna embarquaient six pièces de ce type.

Le canon de 65mm modèle 1939 est une pièce de 54 calibres (longueur du tube : 3.510m) tirant des obus explosifs de 4.8kg à une distance maximale de 7500m (+45°) en tir antisurface et de 5000m en tir antiaérien à raison de 15 à 20 coups par minute.

L’affût simple sous masque pouvait pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 120° de part et d’autre de l’axe. L’approvisionnement en munitions est de 750 coups par affût pour les porte-avions et de 500 pour les croiseurs même si en pratique le chiffre était plus faible.

Durant le conflit ce canon se révéléra assez médiocre avec de nombreux problèmes techniques ce qui fit qu’au cours du conflit beaucoup de navires débarquèrent tout ou partie des canons de 65mm au profit de pièces plus légères de 20 et de 37mm.

Artillerie légère

Canons de 37mm

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Canons de 37mm en affûts doubles

Si la France utilisa le trio mitrailleuse de 13.2mm/canon de 25mm/canon de 37mm, la marine italienne adopta un trio différent pour sa défense antiaérienne à courte à portée en remplaçant le canon de 25mm par un canon de 20mm. On pouvait également ajouter quelques canons Vickers-Terni de 40mm présents en petit nombre et à l’utilisation anecdotique.

Plusieurs modèles de canons de 37mm équipent la marine italienne, tous fournis par la célèbre firme Breda à savoir les modèles 1932,1938, 1939 et 1945 même si ce dernier ne va pas remplacer tous les modèles plus anciens.

Le Breda modèle 1932 est un canon de 54 calibres tire des obus explosifs de 1.63kg à une distance maximale efficace de 4000m (+45°) en tir surface et de 5000m en tir antiaérien (+80°) à raison de 60, 90 ou 120 coups par minute.

L’affût double modèle 1932 pèse 5 tonnes en ordre de combat, peut pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 120°. La dotation en munitions est d’environ 1500 obus par canon.

Les performances des autres modèles étaient similaires. Si les modèle 1932 et 1938 étaient montés sur des affûts doubles, le modèle 1939 était monté sur un affût simple alors que le modèle 1945 était lui disponible en affût simple, double et même quadruple même si ce dernier modèle à été produit à moins d’une cinquantaine d’exemplaires.

Le Breda modèle 1945 est un canon de 60 calibres (soit un tube de 2.22m de long contre 1.998m pour les modèles précédents) tirant des projectiles explosifs de 1.67kg à une distance maximale efficace de 5500m (+45°) en tir antisurface et de 5500m en tir antiaérien (+80°) à raison de 60 à 150 coups par minute.

Durant le conflit, le nombre de canons de 20 et de 37mm augmenta à bord des grandes et des petites unités de combat pour tenter de contrer une domination aérienne ennemie toujours plus importante avec un succès limité, les franco-britanniques sachant très bien depuis la campagne de Norvège à quel point il était difficile à une flotte de tenir sous la domination aérienne ennemie même avec une DCA dressant un mur de feu.

Dans l’immédiat après guerre, les canons de 20 et de 37mm furent réutilisés par la marine italienne même si très vite la future Marina Militare Italiana préféra l’Oerlikon de 20mm et le Bofors de 40mm.

Canons de 20mm

Canon de 20mm Breda.jpg

Canons de 20mm Breda 

La mitrailleuse de 13.2mm étant rapidement déclassé pour la Défense Aérienne à la Mer (DAM), le canon de 20mm était le principal canon léger défendant les torpilleurs, les contre-torpilleurs, les croiseurs et cuirassés avec le canon de 37mm, formant une double couche plus ou moins efficace.

Comme pour les 37mm, la marine italienne possédait plusieurs modèles de canons de 20mm, des modèles présents en petit nombre (Oerlikon suisse, Flak 38 allemand) et d’autres présents en grand nombre, des modèles de la firme Breda (modèle 1935, modèle 1939,modèle 1940 et modèle 1944).

Le Breda modèle 1935 est un canon de 65 calibres (longueur du tube : 1.30m) tire des obus de 134g à raison de 240 coups par minute. La portée maximale est de 5500m en tir surface et 2900m en tir antiaérien. La dotation en munitions moyenne est de 1500 coups par pièce.

Les modèles 1939,40 et 44 ont des performances similaires, le modèle 44 ayant une portée maximale supérieure (6000m) et une cadence de tir maximale portée à 300 coups par minute.

Si le modèle 1935 est un affût double stabilisé pesant 2330kg, les modèles 1939 et 40 sont des affûts simples de 312.5kg alors que le modèle 1944 est un affût double stabilisé. Un projet d’affût quadruple n’à pas dépassé le stade de l’intention.

Les affûts doubles de 20mm pouvaient pointer en azimut sur 240° (soit 120° de part et d’autre de l’axe) et en site de -10° à +90°.

Mitrailleuse de 13.2mm Breda M1931

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La mitrailleuse de 13.2mm Breda M1931 est la version produite sous licence de la Hotchkiss M1930

La mitrailleuse de 13.2mm Breda M1931 est une version produite sous licence de la Hotchkiss modèle 1929 française. Embarquée en affûts simples et doubles, cette mitrailleuse à été peu à peu remplacée par des canons de 20mm plus efficaces.

Cette mitrailleuse à un canon de 70 calibres (longueur du canon : 1.67m) tirant des projectiles de 0.125kg à une distance maximale de 2500m en tir horizontal et 1600 en tir vertical à raison de 450 coups/minute, l’alimentation se faisant par des bandes de 150 coups.
A noter que des mitrailleuses de 6.5mm, 7.35 et 8mm ont été embarquées à bord des navires italiens soit les armes de la compagnie de débarquement ou des armes embarquées spécifiquement pour ce rôle.

Mines, torpilles et armes ASM

Torpilles

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Torpille de 450mm embarquée sur le Savoia Marchetti SM-79 Sparviero

Quand éclate la guerre de Pologne (appelée également Three Months War par les anglo-saxons), la marine italienne dispose d’un stock de 3650 torpilles appelées siluri dans la langue de Dante.

De nombreux modèles (trente-six) sont disponibles, modèles disponibles en deux calibres à savoir 450mm et 533mm. Ces torpilles sont fabriquées par deux entreprises, Whitehead avec des usines à Fiume et Livourne alors que l’entreprise Silurifico Italiano fabriquait ses anguilles à Naples.

Dans le domaine des navires de surface et des sous-marins, on trouvait plusieurs modèles. Le premier baptisé W250/533.4×7.20 ce qui signifie une torpille Whitehead de 533mm disposant d’une charge explosive de 270kg, une torpille pouvant attendre une portée maximale de 3000m à 43 nœuds, portée maximale réduite à 10000m à 28 nœuds. Une version Veloce (rapide) peut atteindre la portée maximale de 4000mà 50 nœuds et de 12000m à 30 nœuds.

La torpille W250/533.4×6.50 utilisée par les sous-marins peut atteindre des cibles à 4000m à 48 nœuds et à 12000m à 30 nœuds. On trouve également les torpilles W260/533.4×720 et W260/533.4×7.20 aux performances similaires.

On trouve également la torpille SL270/533.4×7.20I, une torpille de sous-marins pouvant toucher une cible de 3000m à 42 nœuds, 7000m à 32 nœuds, 9200m à 30 nœuds et 12000 à 26 nœuds.

La torpille pour sous-marins W 250/533.4×6.50 peut atteindre des cibles à 4000m à 49 nœuds et 8000m à 38 nœuds.

La torpille pour croiseurs et destroyers Si270/533.4×7.2 «M» peut atteindre une cible à 4000m à 46 nœuds, 8000m à 35 nœuds et enfin à 12000m à 29 nœuds.

On trouve également des torpilles de modèles suivants : SL 250/533.4×7.50(A) (1930), W 300/533.4 x6.84 (1929), SL 260/533.4 x6.86 (1930), W 270/533.4 x6.84 (1935) et SL 270/533.4 x6.84L (1935).

On trouve également quatre modèles de torpilles de 450mm équipent des sous-marins et des petits bâtiments de surface.

La torpille W200/450×5.75 est une torpille de 450mm embarquée à bord des sous-marins classe Cagni pouvant toucher une cible à 3000m à la vitesse de 44 nœuds, la portée passant à 8000m quand la vitesse tombe à 30 nœuds.

La torpille Si200/450×5.36 embarquée sur les vedettes lance-torpilles peut toucher une cible à 2000m à la vitesse de 44 nœuds. La torpille W200/450×5.25 embarquée sur les vedettes lance-torpilles peut toucher une cible à 4000m à 46 nœuds.

Les avions-torpilleurs italiens utilisent des torpilles de 450mm disposant d’une charge militaire de 130kg d’une portée de 2000m à 38 nœuds ou de 3000m à 36 nœuds. La torpille Fiume W de 450mm dispose elle d’une charge militaire de 200kg avec une portée de 3000m à 40 nœuds . La torpille Sl à des performances équivalentes.

Mines

En italien mine se dit torpedine une réminiscence du temps où le mot torpille désignait les mines marines. Les modèles sont essentiellement des modèles à orin.

La désignation comprend le nom du concepteur, une lettre pour le constructeur, la charge explosive en kilos et l’année de mise en service.

Les mines mouillées par les bâtiments de surface sont les P 200/1936 déclinée en une version à antennes et une version acoustique, les P 200 P/5, les P 150/1938 CR, les P 125/1938 coloniale pour les eaux tropicales, les Vickers-Ellia 145/1925, les Ellia P145/1930 et 1935 et les Bollo P125/1938 , 1932 et 1933.

Les mines mouillées par sous-marins sont les P 150/1935 PA ae, les P150/1939 Paae et les T 200/800 ae. Mines mouillées par des tubes horizontaux sur le Micca ainsi que les sous-marins type Balilla Bragadin Calvi Foca (4 à 36 mines). On trouve également la mine de fond Delta (380kg de charge militaire) largable par avion et par vedette et une mine aéroportée disposant de 335kg d’explosifs.

Des mines anciennes datant de la première guerre mondiale (Harlé 75/70/100 Mines C100) ainsi que des mines allemandes (UMA UMB EMC FMC EMF TMA TMB,LMB) sont encore utilisées tout comme des mines capturées notamment en Yougoslavie et en Grèce.

Armes ASM

Dans le domaine de la lutte ASM, la Regia Marina dispose de grenades ASM et de torpilles remorquées dont certains modèles ont été exportés en France, les fameuses Torpilles Ginocchio, une arme jamais utilisée au combat mais dont on peut doûter de la fiabilité et de l’efficacité.

De l’autre côté des Alpes on trouvait trois modèles baptisés 30/1927 IA, 46/1927 GP et 46/1927BF, des modèles en service jusqu’au milieu des années quarante quand elles sont débarquées et stockées. Certaines seront ressorties au cours du conflit pour que les italiens se rendent compte de l’inanité du concept.

Les grenades ASM appelées bombe di profondita sont divisées en trois catégories, les BTG (Bombe Torpedini da Getteo), les VVB (Bombe per lanci multipli) et BGS (Bombe da Getto a scoppio).

La désignation comprennant la charge explosive et l’année de mise en service, on trouvait donc les BTG 50/1917 (réglages à 25,50,75 et 100m), les BTG 50/1927 IA à armement automatique, les BTG 100/1927 IA, BTG 50/1936 IALB, BTG 100/1936 ALB, BTG 30/1941, BTG 150/1941, WDB de 125kg, WBF de 60kg et BGS 50/1942. Ces charges mouillées par grenadeur ou mortiers. Durant le conflit des essais de lance-roquettes ASM ont été menés mais n’ont pas abouti à une production en série. Peu de nouveaux modèles de grenades ASM ont été mis en service.

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