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Les «Pays-Bas» et le Moyen-Age

Barbares et Carolingiens

Les «invasions barbares» sont le déplacement de peuples entiers d’Europe Centrale voir des plaines d’Asie centrale, souvent sous la pression de peuples plus belliqueux et plus agressifs.

Face à ces peuples qualifiés de barbares par les romains (car ne maîtrisant ni le latin ni le grec), l’Empire alternait fermeté et souplesse, ouverture et fermeture pour le meilleur et pour le pire.

A partir du 4ème siècle, les invasions de peuples germaniques se multiplient, les différents peuples se taillant de véritables royaumes indépendant aux frontières ou loin à l’intérieur du territoire romain sans que les différents empereurs et leurs hommes-liges ne puissent y faire grand chose.

Suite à l’effondrement de l’Empire romain d’Occident, le territoire actuel des Pays-Bas va être occupé par trois principaux peuples. Au nord et sur le littoral on trouve les Frisons, au nord-est les bas-saxons et au sud les Francs.

Le royaume frison émerge v.650 et disparaît en 734. les Francs occupent les territoires à l’ouest de la Meuse et donc le sud de l’actuel territoire des Pays-Bas. Si les francs saliens poussent davantage vers le sud, ils restent toujours solidement positionnés dans leur territoire d’origine.

C’est également à ces périodes qu’émerge la future langue néerlandaise. Appelée vieux néerlandais, cette langue doit beaucoup aux francs saliens et un peu aux frisons et aux saxons.

La christianisation varie selon les peuples, les francs suite au baptême de Clovis en l’an 496, les bas-saxons quelques années après mais les frisons se montreront nettement plus rétifs, Saint Boniface étant martyrisé en l’an 754.

Au début du huitième siècle, les frisons entrent en conflit avec les Francs. Le royaume frison disparaît en 734, la partie occidentale du territoire (jusqu’au petit fleuve Lauwers) étant conquis, la partie orientale ne l’étant qu’en 785 suite à la défaite de Widukind, un chef saxon.

charlemagne

Charlemagne, roi des francs et empereur d’Occident

En 814, Charlemagne, empereur d’occident depuis l’an 800 décède. Lui succède son fils Louis le Pieux qui maintien l’empire uni simplement parce qu’il fût le seul fils survivant du fils de Pépin le Bref.

En l’an 843, le traité de Verdun (premier texte en «français» et en «allemand») divise l’empire franc en trois entités.

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A l’ouest on trouve la Francie occidentale qui deviendra le Royaume de France, la Francie médiane du centre de l’Italie à la Frise et la Francie orientale (communément appelée Germanie, noyau du futur Saint Empire Romain Germanique).

La Francie Mediane était un regroupement de territoires hétéroclites avec le territoire franc entre les rivières Rhin et Scheldt, la côte frisone baignée par la mer du Nord, l’ancien royaume de Bourgogne (moins une petite partie qui allait devenir notre Bourgogne), la Provence et le Royaume d’Italie.

Le futur territoire des Pays-Bas appartient donc à cette création totalement artificielle mais très rapidement les territoires vont être absorbés par la Francie orientale suite aux traités de Meersen et de Ribemont.

Les Pays-Bas et le Saint Empire Romain Germanique

De 840 à 880 ce qui allait devenir les Pays-Bas est victime de raids et même d’un début de colonisation viking mais en 920, le roi Henri 1er de Germanie dit «Henri l’oiseleur» stoppe cette avancée en libérant Utrecht. Les Pays-Bas sont progressivement réintégrés au futur Saint Empire Romain Germanique entre les 10ème et 11ème siècle.

Comme ailleurs en France et en Angleterre, le pouvoir central se montre incapable de faire face aux raids vikings bien trop mobiles pour être contrés par les lourdes armées carolingiennes ou saxones. Ce sont donc des chefs locaux qui assurent la défense ce qui leur vaut une stature nouvelle et leur permet de s’émanciper du pouvoir central.

C’est vers l’an 1000 que les futurs Pays-Bas vont acquérir leur caractéristique majeur : l’aménagement des terres humides, des marécages, le gain de terre sur la mer.

C’est la civilisation du polder qui va faire la réputation des ingénieurs néerlandais au point qu’ont allait les chercher dès qu’il s’agissait d’aménager un terrain de ce type ou un terrain particulièrement ingrat.

Les fermiers flamands et les habitants d’Utrecht qui avaient acheté ces terres donnèrent naissance au 12ème siècle à la région de Hollande.

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Otton 1er

En l’an 962, le roi de Germanie Otton 1er rétablit la dignité impériale qui avait disparu en l’an 888, c’est l’acte de naissance du Saint Empire Romain Germanique qui allait durer jusqu’en 1806. En dépit des efforts menés par de nombreux empereurs, jamais cet état ne deviendra un état central et unifié.

Dignité prestigieuse et symbolique, le titre d’empereur implique un poids politique très faible. Les différents titulaires de cette charge élective ne devaient leur puissance qu’à leur domaine patrimonial.

Dans ce qui allait devenir les Pays-Bas, les villes se développent, devenant toujours plus riches et puissantes. Des comtés et des duchés émergent, entités féodales souvent en guerre les uns contre les autres.

Les futurs Pays-Bas ne sont pas territoire négligeable pour les empereurs, un important domaine impérial se trouvait à Nijmegen. C’est d’ailleurs là bas que décéda l’impératrice Théophano, épouse d’Otton II et mère d’Otton III.

A l’orée du 11ème siècle, sur le territoire actuel du royaume des Pays-Bas différentes puissances féodales émergent, se confrontent.

On trouve le comté de Hollande (créé en 862 suite au don d’un territoire par l’empereur à un chef viking), le duché de Geldre, le duché de Brabant et l’évêché d’Utrecht qui occupe la moitié du territoire batave actuel. Les régions de Frise et Groningue étaient elles le domaine réservé de la petite noblesse.

La puissance d’Utrecht est cependant en trompe l’œil. En effet comme la fonction épiscopale était élective, à chaque décès du titulaire, les élections généraient tensions et affrontements. En revanche les autres états étaient nettement plus libres de leurs mouvements.

Les guerres, les escarmouches sont continuelles, chacun voulant s’emparer du territoire de l’autre et si le duc de Geldre et le comte de Hollande cherchaient à s’emparer du territoire de l’évêque d’Utrecht, la Hollande tentait également de s’emparer de la Zeelande et de la Frise avant autant de succès que le Brabant qui cherchait à devenir la puissance dominante dans la région.

Cette période d’incertitude va durer pendant de nombreuses années puisqu’il faudra attendre l’émergence de la puissance bourguignonne pour que la situation change vraiment.

Les Pays-Bas à l’heure bourguignonne

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Les puissants duc de Bourgogne, cousins des rois de France appartenaient donc à la famille Valois qui eux mêmes étaient des cousins des Capétiens directs.

Le cœur de leur puissance était situé dans le nord-est de la France actuel avec le duché de Bourgogne et la Franche-Comté. Ils vont progressivement acquérir par conquête mais surtout par mariage des territoires appartenant au royaume de France et au Saint Empire Romain Germanique.

Les possessions bourguignonnes étaient regroupées en deux grandes ensembles, les «pays de par deça» qui regroupaient des territoires appartenant aujourd’hui à la France, à la Belgique et aux Pays-Bas à savoir la Flandre, l’Artois, le Brabant,le Limbourg,le Hainaut,le Naumurois, la Hollande et la Zélande notamment et les «pays de par delà» (Bourgogne Franche-Comté).

A l’origine de la puissance bourguignonne figure la cession du duché de Bourgogne à Philippe le Hardi, fils cadet de Jean II le Bon. En théorie ce territoire est un apanage et devait revenir au domaine royal mais aucune clause n’est prévue ce qui signifie que Philippe le Hardi pouvait transmettre de duché à ses héritiers. Seule une extinction totale de la lignée permettrait ce retour.

Certes le duc de Bourgogne était le vassal du roi de France mais on sait le poids effectif de cet hommage de vassal à suzerain.

En 1369, Philippe le Hardi épousa la fille du comte de Flandre, entamant le long processus d’unification qui aurait pu pourquoi aboutir à un état tampon allant de l’Italie à la mer du Nord, séparant la France de l’Allemagne mais comme nous le verrons la puissance bourguignonne allait être éphémère.

Par le mariage, l’achat et la conquête les ducs de Bourgogne vont tenter d’unifier leurs territoires mais ne parviendront jamais à transformer cet agrégat de territoires en un état unifié ayant conscience de son unicité. Il aurait fallu pour cela qu’un sentiment national bourguignon émerge mais cela n’arriva jamais.

Charles le Téméraire fût probablement celui qui fût le plus motivé pour centraliser ses états mais sa mort au siège de Nancy en 1477 mit fin à la puissance bourguignonne et au rêve d’un pur état bourguignon.

Les acquisitions des ducs de Bourgogne s’étendaient depuis la Picardie et le comté d’Artois au sud jusqu’à Groningue au nord. Le duché du Luxembourg s’y ajoute en 1443 mais la principauté de Liège sépare les territoires bourguignons ce qui pousse les ducs à imposer un protectorat rigoureux.

Cette montée en puissance inquiétait fortement le roi de France. Un duel titanesque opposa Louis XI et Charles le Téméraire, l’araignée cynique d’un côté le prince du Moyen-Age égaré dans la Renaissance naissante.

Si le Téméraire remporta quelques succès, le temps jouait pour Louis XI qui cynique profitait de l’impulsivité du duc de Bourgogne. En occupant la Lorraine, le duc de Bourgogne s’attira l’hostilité des cantons suisses. Il est battu à plusieurs reprises avant donc de mourir au siège de Nancy.

Louis XI se jeta sur les possessions bourguignonnes. Les états généraux des Pays-Bas implantés à Malines supprimèrent toutes les institutions centralisatrices des duc de Bourgogne. Ils conseillèrent à Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire d’épouser Maximilien d’Autriche de la famille des Habsbourg afin de faire face à l’invasion française et ce dépit des avertissements de Louis XI.

Suite à la guerre, Louis XI va conserver le duché de Bourgogne mais les Pays-Bas, le comté de Bourgogne (Franche-Comté) passèrent sous l’autorité des Habsbourg. Une nouvelle ère s’ouvre pour les Pays-Bas, une ère symbolisée par un homme : Charles Quint.

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