Japon (67) Armée de Terre (7)

Armes collectives de l’infanterie (4) : grenades, canons et armes antichars

Avant-Propos

Fin 1914, le front occidental se stabilisa après l’échec de la course à la mer. Les alliés et les allemands se faisaient face dans un gigantesque réseau de 700km de tranchées allant de la mer d Nord à la frontière suisse.

En 1915, les alliés recherchèrent la percée tant attendue et tant espérée. Des offensives menées dans les Flandres (britanniques), en Artois et en Champagne (français) débouchèrent sur des gains aussi insignifiants que les pertes étaient épouvantablement élevées.

La cause était le trop fameux triangle M-T-B Mitrailleuses-Tranchées-Barbelées. En dépit d’une artillerie toujours plus puissante, l’infanterie alliée lancée à l’assaut étaient massacrée dans le no-man’s land.

Il fallait trouver des solutions pour percer le front. Après une période où les idées plus ou moins farfelues furent étudiées, les plus lucides comprirent que la seule solution était un véhicule blindé protégé armé de mitrailleuses et/ou de canons pour franchir le no-man’s land, s’emparer des tranchées allemandes et permettre à l’infanterie de franchir ce lieu sinistre sans pertes. Le char de combat était né.

Sa première utilisation le 15 septembre 1916 par les britanniques causa une épouvantable panique dans les rangs allemands qui cependant réussirent à se resaissir en élargissant les tranchées, en amenant au plus près des premières lignes des canons de campagne puis en équipant les unités de l’avant d’un fusil antichar, le Mauser Gewher-T, un fusil de 13mm dont la cartouche inspira John Browning pour sa 12.7x99mm utilisée par sa mitrailleuse M-2 toujours en service presque cent ans plus tard.

Les premières armes antichars étaient donc des fusils lourds capables avec des balles spéciales de percer le blindage de ses monstres blindés. L’augmentation du blindage limita bientôt leur efficacité.

Il imposa l’utilisation de véritables pièces d’artillerie d’un calibre généralement inférieur à 50mm, donnant naissance à des armes suffisamment légères et maniables pour être utilisées par l’infanterie.

Il y avait également des armes plus lourdes mais leur utilisation dépendait davantage de l’artillerie, certains pays utilisant une pièces polyvalente capable d’effectuer des tirs sol-sol et des tirs anti-chars. Citons le canon de 17 livres (76.2mm) britannique et le canon de 75mm TAZ modèle 1939 français.

Avec l’augmentation du blindage des chars et de leur efficacité, les canons antichars les plus légers furent déclassés. En l’absence de chars, les fantassins se trouvaient démunis face aux blindés ennemis.

Si certains pays comme l’URSS développèrent un grand nombre de canons d’assaut, d’autres développèrent au cours des années quarante les premières armes antichars individuelles permettant aux fantassins de détruire seul un tank (il faut cependant noter que ces armes étaient davantage utilisées contre des blockhaus ou des positions enterrées que contre des chars).

Et le Japon dans tout ça ? Elle développa à la fin des années tente un fusil antichar, le type 97 de 20mm mais ce dernier produit en faible nombre se montra d’une efficacité limité.

Dans le domaine des canons antichars, ils utilisèrent des canons de 37mm et de 47mm, canons également utilisés par leurs chars de combat. Ces canons qui n’avaient pas grand chose à envier à leurs homologues furent rapidement déclassés par l’arrivée de chars modernes.

Si le canon de 47mm type 1 était assez à l’aise face au Somua S-35 ou Renault R-35/40, il avait davantage de difficultés à détruire un Sherman ou un Churchill.

Faute de canons antichars plus puissants, les japonais utilisèrent leurs pièces de campagne voir des techniques suicidaires avec des soldats se jetant sous un char avec un paquet de grenades ou des mines déposées à l’aide d’une perche.

Autant dire des méthodes qui généraient une psychose chez les équipages alliés mais qui avaient une efficacité inversement proportionnelle au coût.

Les japonais testèrent bien un lance-roquettes à la fin du conflit mais son introduction tardive courant 1953 ne pouvait changer fondamentalement le cours de la guerre.

Grenades

Comme tous les belligérants, le Japon disposait de différents modèles de grenades qu’elles soient défensives ou offensives, lancées à la main ou nécessitant une aide pour êtres mises en œuvre.

-La grenade type 10 était une grenade utilisable aussi bien à main que depuis un fusil adapté au tir de ces projectiles. Mise en service en 1921, elle est restée en service jusqu’à la fin du conflit. Pesant 530g, elle mesurait 125mm de long, avait un diamètre de 50mm, emportant cinquante grammes d’explosif (TNT). C’était également la première grenade à fragmentation de l’armée japonaise.

-La grenade type 91 à peu à peu remplacé la grenade type 10. Mise en service en 1931 (an 2591 du calendrier japonais), elle était utilisable aussi bien comme grenade à main que comme grenade à fusil depuis un lanceur particulier (type 100) ou par un mortier léger type 89. Elle pesait 530g dont 65 grammes d’explosif.

-La grenade type 97 est une évolution de la type 91 adoptée comme son nom l’indique en l’an 2597 du calendrier japonais (1937). Pesant 450g, elle était chargée de 65 grammes d’explosifs, un delai de 4 à 5s séparant le dépoupillage de l’explosion.

-La grenade type 99 à été mise en service comme sa désignation l’indique en 1939. Grenade à main et à fusil, elle pesait 300g, mesurant 87mm de long avec une diamètre de 41mm, une charge explosive de 58g. C’était une évolution en ligne directe de la type 97.

-La grenade type 4 à été mise en service en 1944 (type 4 = année 2604). C’était une arme pesant 455g avec une hauteur de 102mm, une diamètre d’environ 76mm (il y avait plusieurs constructeurs et donc de légères variations d’un fabricant à l’autre), une charge explosive de 100g.

Cette grenade aurait du devenir la grenade standard de l’armée impériale japonaise mais la production ne suffit jamais à remplacer les modèles précédents.

Fusil antichar type 97

Type 9.gif

Adopté en 1937, le fusil antichar type 97 était une arme antichar d’infanterie assez lourde puisqu’en ordre de combat elle pesait 51.75kg. Tirant des obus de 20mm (chargeur de sept coups installé sur la partie supérieure de l’arme), cette arme pouvait perforer 30mm de blindage à 250m.

Si cette arme se révéla efficace contre les rares chars chinois, elle devint rapidement inefficace contre les chars occidentaux mieux protégés.

Cette arme resta cependant en service car la Dai-Nippon Teikoku Rikugun n’avait rien pour la remplacer et surtout parce que les chars n’étaient pas les seules cibles que pouvait détruire le type 97.

En effet, ce fusil pouvait très bien détruire des véhicules blindés légers, percer un mur ou détruire une embarcation légère. Il était généralement mis en œuvre par deux hommes.

Le type 97 devint même un fusil lance-grenades, un manchon spécial permettait le lancement des différentes grenades à main de l’arsenal nippon. 1570 exemplaires de cette arme ont été produits au profit des forces armées japonaises.

De cette arme fût développée les canons Ho-1 et Ho-3 destinés aux chasseurs et aux bombardiers japonais.

Outre une cartouche perforante-tracante, le type 97 pouvait utiliser un projectil explosif-tracant, un projectile explosif-incendiaire et une munition d’exercice.

Quelques exemplaires furent capturés par les américains et évalués. Cela ne donna rien de concret dans l’immédiat mais planta une graine dans le cerveau de John D. Barret qui se rappela des tests du type 97 pour mettre au point dans les années soixante un fusil de précision lourd.

Caractéristiques du type 97

Calibre : 20mm (cartouche 20x125mm) Longueur totale 2.10m Longueur du canon 1.25m Poids (configuration de transport) 67.5kg (ordre de combat) 51.75kg Cadence de tir : douze coups/minute

Canon antichar de 37mm type 94

Type 94 37mm Anti-Tank Gun 2.jpg

Ce canon antichar à été mis en service comme sa désignation l’indique en 1934 même si il à été mis en service massivement à partir de 1936. Produit à 4200 exemplaires, c’était une évolution, une amélioration du canon d’infanterie type 11 de 37mm.

Ce dernier canon à été utilisé comme arme antichar improvisée un peu comme le canon de 37mm TR modèle 1916 français mais sa vitesse initiale et sa portée trop faible, son rechargement trop lent en faisait une mauvaise arme antichar.

Le développement commença en juillet 1933 et s’acheva un an plus tard. Il aurait du être mis en service dès 1934 mais les militaires japonais le trouvant trop lourd, un design modifié fût imaginé en 1935 et adopté. En dépit de ces modifications, la désignation originale fût conservée.

Outre l’adaptation du type 11, les japonais bénéficièrent de l’étude de canons de 37mm Pak 36 allemands livrés en petit nombre pour des essais.

Utilisé au niveau du régiment avec des groupes de quatre pièces, chaque canon étant utilisé par onze servants, ces canons pouvaient percer 43mm de blindage à 460m.

Il était efficace contre des chars légers et anciens mais il était totalement déclassé face à des chars comme le Somua S-35, le M-4 Sherman ou le Churchill.

En 1941 est adopté un nouveau canon antichar, le type 1 de 47mm. Mis en service fin 1942, le nouveau canon antichar ne remplaça pas complètement le type 94 de 37mm qui resta en service jusqu’en 1954, servant davantage comme canon d’appui d’infanterie et comme pièce sur les positions fortifiées que comme canon antichar.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 37mm (37x165mm) Poids total 324kg Longueur 2.9m Longueur du canon 1.765m largeur 1.19m Elevation en site : -10 à +25° Champ de tir azimutal 60° Cadence de tir 30 coups/minute Portée maximale (théorique) 4500m (effective) 2870m

Canon antichar de 37mm type 1

Type 1 37 mm Anti-Tank Gun 2.jpg

Ce canon adopté en 1941 (2601 si on suit le calendrier japonais) est une évolution du type 94 qui était en voie de déclassement.

Un nouveau canon antichar était en cours de développement mais en attendant, une évolution du type 94 est mise au point. 2300 exemplaires ont été néanmoins produits. Par rapport son devancier, le canon était plus long pour augmenter la vitesse initiale.

Utilisé durant tout le second conflit mondial, cette arme fût rapidement obsolète mais comme le Japon n’avait pas mieux, le type 1 de 37mm resta en service jusqu’à la fin.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 37mm (37x254mm) Poids total 329kg Longueur du tube 1.85m (50 calibres) Elevation en site : -10° à +36° Portée maximale 6000m

Canon antichar de 47mm type 1

Type 1 47 mm anti-tank gun 7.JPG

Quand l’URSS et le Japon s’affrontèrent dans le nord de la Chine, le canon de 37mm type 94 se montra d’une efficacité limitée contre les chars BT.

Un nouveau canon antichar fût donc mis en développement, le Japon sélectionnant le calibre de 47mm, calibre déjà utilisé par l’Italie (via une arme autrichienne) et la France.

Adopté officiellement en 1941, il est donc baptisé canon antichar de 47mm type 1 en référence à l’an 2601 du calendrier japonais. Produit jusqu’en septembre 1952 à environ 4800 exemplaires, ce canon se montra efficace contre la majorité des chars alliés à l’exception des Churchill.

Quand les américains déployèrent massivement le M-4 Sherman, le type 1 commença à avoir du mal à percer le blindage des chars alliés.

En dépit de ces difficultés, ce canon fût utilisé jusqu’en 1954 notamment pour défendre les plages, les tracteurs amphibies et les chalands de débarquement digérant assez mal les obus de 47mm.

Une variante à été mise au point, un canon destiné aux chars japonais. Baptisé également type 1, ce canon avait un tube de 2.25m (48 calibres), pouvant pointer en site de -15° à +20°, perçant 55mm de blindage à 100m et 30mm à 1000m.

Le conflit terminé, ce canon fût utilisé en Indonésie, au Vietnam et en Chine lors des différents conflits suivant immédiatement le second conflit mondial

Caractéristiques Techniques

Calibre : 47mm (47x285mm) Poids total 753kg Poids du projectile 1.4kg Longueur du tube 2.53m (53.7 calibres) Portée maximale 6900m Champ de tir horizontal 60° Champ de tir vertical -10° à +20° Pénétration 76mm à 230m

Mine antichar type 99

La mine antichar type 99 adoptée en 1939 était une charge explosive montée sur une hampe. La charge était munie de quatre points d’attache magnétique.

Avec l’aide de la rampe, le soldat devait déposer la charge sur la cible, s’éloigner et attendre l’explosion qui survenait cinq à dix secondes après l’armement. Une charge pouvait percer 19mm d’acier, deux charges permettaient de pénétrer 32mm.

Quant au porteur, son espérance de vie était limitée ce qui faisait de cette mine une arme suicide à l’efficacité pour le moins limitée.

Caractéristiques Techniques

Poids : 1.21kg Poids de la charge 1.5 livres Hauteur : 4cm Diamètre 12cm

Lanceur de grenades à fusil type 2

Le lanceur de grenades à fusil type 2 est un système permettant aux fusils type 38 et 99 de lancer des grenades à fusil. Deux modèles de grenades furent mises au point, une grenade de 30mm et une autre de 40mm.

Ces grenades mesuraient 160 ou 180mm, pesant 230 ou 370g avec respectivement 50 et 100g d’explosifs. Ces grenades pouvaient pénétrer 38.5mm et vont être surtout utilisés pour frapper des véhicules légers.

Lance-roquettes de 74mm type 12

Produit à 3500 exemplaires, ce lance-roquettes à été mis au point courant 1952 après la capture de plusieurs exemplaires de bazooka américains. Ces derniers sont étudiés, copiés et ces travaux aboutissent à la mise au point d’un lance-roquettes japonais.

A la différence des roquettes américaines stabilisées par des ailettes, les roquettes japonaises utilisaient le procédé Venturi mais comme le lance-roquettes américain, il était démontable en deux parties. Un bipied permettait de stabiliser l’arme au moment du tir.

L’utilisation de cette arme à été assez limitée, peu de lanceurs et peu de roquettes parvenant aux unités japonais aux prises avec les américains. Quelques exemplaires furent capturés par les américains, évalués puis détruits.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 74mm Poids : 8kg Longueur totale 1.5m

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