Japon (66) Armée de Terre (6)

Armes collectives de l’infanterie (3) : mortiers

Avant-Propos

Après trois mois de combats en terrain ouvert (août-novembre 1914), la première guerre mondiale renoua avec une forme de combat longtemps privilégiée par rapport aux batailles rangées à savoir la guerre de siège.

Ce type de conflit nécessitait de pouvoir attaquer un ennemi invisible (ou presque) car lui aussi retranché. Pour le détruire les armes à tir tendu comme le remarquable «75» français étaient inefficaces. Il fallait des armes à tir courbe.

Les premières armes spécifiques à ce type de conflit furent les mortiers de tranchées comme les célèbres Minerwerfer allemands qui engendrèrent une riposte française avec le non moins célèbre Crapouillot.

Si ces mortiers de tranchée n’eurent pas une grande postérité (ils disparurent sans bruit au cours des années trente), une autre arme créée durant le premier conflit mondial eut une descendance jusqu’à nos jours à savoir le mortier d’infanterie.

Le mortier de tranchée était une arme efficace mais nécessitait un entrainement assez long, bref des spécialistes, des artilleurs. L’infanterie réclamait de pouvoir disposer de ses propres appuis, s’estimant être la seule à pouvoir diriger correctement les feux d’appui (et quand on connait le nombre de «tirs amis» on ne peut pas vraiment lui donner complètement tort).

Il fallait pour cela une arme simple, facile à utiliser et rapide à produire en nombre. Le mortier d’infanterie naquit en Grande-Bretagne avec le mortier Stokes.

Le principal était simple : une plaque, un tube et un bipied. L’obus était introduit par le tube, tombait au fond, un ressort projetait l’obus de mortier à distance.

Si certains pays cherchèrent des modes de fonctionnement alternatifs, on peut clairement dire que dès l’origine la forme canonique du mortier à été fixée. Cette forme n’évoluerait plus jusqu’à aujourd’hui.

Tous les pays s’équipèrent de mortiers, des mortiers utilisés en fonction de leur calibre à différents échelons, le mortier léger au niveau du groupe ou de la section, le mortier moyen au niveau de la compagnie ou du bataillon et le mortier lourd au niveau du régiment et de la brigade.

Certains s’équipaient même de compagnies ou de bataillons indépendants de mortiers lourds notamment pour mettre en œuvre des obus fumigènes voir des obus chargés de gaz de combat.

Quand aux calibres, ils varièrent en réalité assez peu du trio «60-81-120» même si certains pays s’équipèrent de mortiers de 40 à 50mm, de mortiers de 76.2mm ou de mortiers de 107mm.

Quant aux mortiers d’un calibre supérieur à 120mm, ils sont pour moi de véritables pièces d’artillerie et pas vraiment des mortiers d’infanterie. Ils sont d’ailleurs peu nombreux, seule l’URSS utilisant massivement des mortiers très lourds de 160 voir de 240mm.

A noter que le Japon comme l’Allemagne va aussi utiliser des canons d’infanterie en l’occurence le canon d’infanterie de 70mm type 92.

Mortier de 50mm type 98

Adopté en 1938 (type 98 = année 2598 du calendrier japonais), le mortier de 50mm était un mortier classique à chargement par la bouche et tube lisse. A la différence d’autres mortiers légers japonais, la plaque de base était carrée et l’élévation fixe.

Ce mortier léger était le mortier léger standard de l’infanterie japonaise et équipait l’immense majorité des unités d’infanterie de la Dai-Nippon Teikoku Rikugun. Un rapport américain citant des soldats pris sous le feu de ce mortier déclara avec euphémisme «un tir inconfortablement précis».

Le conflit terminé, quelques mortiers de ce type ont été récupérés par les guérillas qui secouaient le joug coloniaux européens. Ces armes étaient moins utilisés pour des combats fixes que pour des tirs de harcèlement contre des bases militaires.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 50mm Poids : 21.77kg Poids du projectile 4.5kg Longueur du tube : 64cm (640mm) Elevation : +40°

Mortier de 70mm type 11

Type 11 Infantry Mortar 2.png

Ce mortier d’un calibre inhabituel (70mm) à été mis en service dans l’armée de terre japonaise en 1922.

Il à ainsi participé à la deuxième guerre sino-japonaise et au second conflit mondial. Sa désignation fait référence à la onzième année du règne de l’empereur Taisho qui en 1912 avec succéder à l’empeur Meiji. Il à néanmoins été peu à peu remplacé par le canon d’infanterie type 92 de même calibre.

Ce mortier est un mortier en apparence classique avec un long tube et un projectile introduit par la gueule du canon mais il se distingue en étant le seul mortier rayé de l’arsenal nippon. Il ne disposait pas d’un bipied mais d’un monopied. Outre le projectile explosif standard, ce mortier mettait en œuvre un obus larguant une mine antiaérienne.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 70mm Poids total 60.66kg Longueur du tube 75cm Elevation : +37° à +77° en site 23° en azimut Portée maximale efficace 1500m Equipe de pièce : dix hommes

Mortier de 81mm type 97

Type 97 Infantry Mortar 3.JPG

Le mortier de 81mm type 97 à été comme son nom l’indique adopté officiellement en 1937. C’était un mortier classique, démontable en trois fardeaux pour permettre son transport.

Durant le second conflit mondial une version fût utilisée comme arme anti-sous-marine à bord des escorteurs, une arme baptisée type 12, 1952 ayant été l’année d’adoption d’une arme dont on peut interroger l’efficacité.

Comme pour le type 11, le type 97 utilisait un obus explosif et un obus transportant une mine antiaérienne destinée à servir de pièces antiaérienne improvisée. Là encore on peut s’interroger sur son efficacité.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 81mm Poids total 65.83kg Poids du projectile 3.3kg Elevation : +45° à +85° Longueur totale 142.2cm Longueur du tube 125.7cm Largeur (plaque de base) 67.3cm Portée maximale efficace 2800m

Mortier de 81mm type 99

Mortier Type 99 81 mm.JPG

Le mortier de 81mm type 99 était considéré comme un petit mortier de tranchée. Adopté en 1939 (d’où sa désignation), ce mortier était l’un des nombreux descendants du mortier Brandt qui lui même était une évolution du Stokes.

Mortier à tube lisse, le type 99 se distinguait par un tube très court (21.75 pouces contre 45.34 pour le type 97) mais pouvait lui aussi se démonter en trois fardeaux.

La mise à feu ne se faisait pas comme dans un mortier traditionnel mais à l’aide d’une gachette. Deux types d’obus au moins on été utilisés par ce mortier, un obus explosif et un obus fumigène.

Calibre : 81mm Poids 24kg Poids du projectile 3.3kg Longueur totale 71.7cm Longueur du tube 55.2cm Largeur de la plaque de base 67.3cm Elevation : +45° à +85° Portée maximale efficace 2000m

Mortier de 90mm type 94

Type 94 Light Mortar.gif

 

Le mortier de 90mm type 94 à été adopté en 1935. C’est un mortier lourd à tube lisse, un véritable substitut à une pièce d’artillerie de campagne.

L’idée des ingénieurs japonais l’ayant conçu était de pouvoir confier cette arme à une unité d’infanterie manquant de moyens de transport ou devant opérer en terrain difficile.

Mis en service à temps pour participer à la deuxième guerre sino-japonaise, ce mortier opéra également durant le second conflit mondial, essentiellement depuis des positions fixes en raison de son poids et de la faiblesse logistique nippone qui allait en s’aggravant tout au long du conflit pourquoi qu’un nombre non négligeable de type 94 à été pris par les américains.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 90mm Poids : 159kg Longueur du tube 1.27m Elevation en site : +45° à +80° Pointage en azimut -29.18° à +26.5° Portée maximale effective : 3800m

Mortier de 90mm type 97

Type 97 Light Mortar.jpg

Produit à environ 750 exemplaires, le mortier d’infanterie type 97 est une version simplifiée du type 94.

Mortier de conception et de facture classique (suivant les canons imposés par le mortier Stokes), il était plus léger que son devancier de 54.4kg principalement en supprimant le mécanisme de recul et en équipant d’un bipied plus léger. Il se démontait plus facilement et était donc en théorie plus facile à transporter que son devancier.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 90mm Poids total 105.69kg Longueur totale : 133.6cm Longueur du tube 121.9cm Largeur de la plaque de base 73.6cm Elevation en site : +45° à +90° Portée maximale effective 3790m

Mortier de 120mm type 2

Ce mortier de 120mm était un mortier à tube lisse et chargement par la bouche avec un système de mise à feu comparable à un mortier type Stokes-Brandt. Le bipied était également inspiré du mortier Brandt modèle 1927/31. Comme les mortiers de 90mm, ce mortier était généralement utilisé depuis des positions fixes.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 120mm (12cm) Poids : 260kg Longueur totale 1.535m Longueur du tube 1.36m Élévation en site : +45° à +80° Portée maximale effective 4200m

Mortier d’infanterie de 150mm type 96 et type 97

Ces deux mortiers d’infanterie d’un calibre aussi élevé qu’inhabituel (150mm) ont été mis en service respectivement en 1936 et 1937, le second étant la version allégée du premier qui ne disposait pas du système d’absorption du recul monté sur le premier, son tube était également plus court. Leur production à été assez limitée avec 90 type 96 et 110 type 97.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 150mm Longueur du tube 1.325m (type 97) 1.395m (type 96) Poids total : 722kg (type 96) Poids des projectiles : 23.68 ou 25.65kg selon les sources Elevation en site : +45° à +80° Portée maximale : 3900m

Canon d’infanterie de 70mm type 92

Type 92 Battalion Gun 9

Après la défaite de 1918, la Reichswehr réduite à 100000 hommes sans armes lourdes ne peut que penser la guerre prochaine. Pour cela elle étudie soigneusement les leçons du premier conflit mondial et estime que l’infanterie doit disposer de sa propre artillerie d’appui. L’Allemagne met au point un canon de 75mm et un obusier de 150mm.

Cette idée inspira peut être les japonais qui développèrent eux aussi un canon d’infanterie mais limitèrent leurs ambitions à une pièce légère pouvant être aisément mise en œuvre par l’infanterie.

Adopté en 1932 (2592 = 1932 dans le calendrier japonais), cette arme était reconnaissable entre tous avec un long affût, deux grandes roues lenticulaires, un tube court et un bouclier (souvent démonté pour réduire le poids).

Cette arme devait être remorqué par des chevaux ou des mules voir par ses servants sur de courtes de distance. Cette arme était utilisée au niveau de la brigade avec une section de deux canons type 92.

Ces canons tiraient des obus explosifs, à shrapnels, fumigène et perforant même si ce dernier était peu efficace. Arme ayant une portée assez courte, sa précision n’était pas excellente ce qui explique qu’il était vulnérable en terrain ouvert mais assez efficace et redoutable dans la jungle ou en zone urbaine.

Cette arme utilisable aussi bien comme canon que comme un quasi-mortier à remplacé le mortier de 70mm type 11 même si au cours de la guerre, les deux armes cohabitaient.

Le conflit terminé, quelques exemplaires ont été utilisées après guerre par des unités irrégulières même si leur carrière à été réduite et limitée par le manque de munitions.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 70mm Longueur du canon : 0.62m Poids en action : 212.470kg Poids du projectile (brisant) 3.795kg Pointage en site : -10° à +50° Pointage en azimut 90° Portée maximale 2745m environ

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