Etats Unis (58) sous-marins (1)

SOUS-MARINS

Avant-Propos

USS Holland (SS-1) 12

Le USS Holland (SS-1)

Quand éclate la guerre de Sécession en avril 1861, l’affrontement entre le Nord et le Sud ressemble au duel entre David et Goliath. Le Sud ne possède guère d’industrie et doit sa survie à l’exportation de l’or blanc (le coton) et à l’importation d’armes et de munitions.

Le Nord le sait bien et lance le plan Anaconda, le blocus des ports du sud pour étrangler l’économie de son adversaire et abréger le conflit qui par beaucoup d’aspects ressemblait aux conflits du vingtième siècle.

Pour désserer cet étau, le sud fait feu de tout bois en inventant le cuirassé, en utilisant la guerre de course (pourtant abolie au traité de Paris en 1856) mais également le sous-marin ou plutôt le torpilleur submersible qui portait une torpille sur une hampe ce qui rendait l’approche dangereuse.

Cette première tentative est sans lendemain immédiats. Les technologies ne sont pas mures pour aboutir à un sous-marin ou un torpilleur submersible efficace au delà d’un estuaire.

Ce n’est qu’à la fin du dix-neuxième siècle que les premiers sous-marins au sens moderne du mot sont mis au point notamment par un américain John Holland. L’US Navy achète son premier sous-marin en 1900, le Holland construit par l’Electric Boat Company. Peu à peu de nouveaux sous-marins sont mis au point, prennant à chaque fois un peu de poids.

Les Etats-Unis entrent en guerre au printemps 1917 suite à la décision allemande de mener une guerre sous-marine totale et sans restriction.

Le programme naval de 1916 prévoyait la construction de soixante-sept sous-marins (cinquante-huit sous-marins côtiers et neuf sous-marins d’escadre) mais l’entrée en guerre repousse la construction à l’après guerre, les sous-marins américains utilisés durant le conflit étant construits avant guerre ou durant la période de neutralité.

Des sous-marins américains sont engagés en Europe (Méditerranée et Mer du Nord) pour contrer les sous-marins allemands avec des résultats médiocres. On essaye même le sous-marin à l’escorte de convois mais cette mission est abandonnée après que l’O-6 ait été pris pour cible par un navire marchand armé puis par un destroyer.

Après guerre, l’US Navy récupère six sous-marins ex-allemands mais contrairement à la France, elle se contente de l’utiliser pour des essais et des expérimentations afin de progresser dans la conception de sous-marins modernes.

Durant la période 1919-1939, la marine américaine construit plusieurs sous-marins sans se distinguer des autres marines, les sous-marins américains restant des torpilleurs submersibles plus rapides en surface qu’en plongée, préférant souvent utiliser leur artillerie en surface plutôt que leurs torpilles dont l’efficacité était sujette à caution. Quelques gros sous-marins sont égalements construits pour la guerre de course mais également le mouillage de mines.

Si le traité de Washington (1922) n’impose pas de limitation aux sous-marins, le traité de Londres (1930) limite le tonnage à 2000 tonnes avec une artillerie d’un calibre maximale de 130mm.

USS Argonaut (SS-166) 17

Néanmoins chaque pays reçoit la possibilité de construire trois unités d’un tonnage maximal de 2800 tonnes ce qui permet à la France de conserver le Surcouf à l’époque le plus gros sous-marin du monde avec une tourelle double de 203mm. Les Etats-Unis utiliseront cette possibilité pour conserver l’Argonaut, le Nautilus et le Narwhal.

En septembre 1939, la marine américaine disposait de soixante dix-sept sous-marins anciens et de vingt-cinq sous-marins modernes. A cela s’ajoute douze sous-marins en construction quand éclate la guerre de Pologne. Comme dans les autres catégories, les sous-marins les plus anciens vont céder la place à des unités plus modernes.

Géographie et théâtre d’opérations aidant, la marine américaine ne distingue pas sous-marins côtiers et sous-marins océaniques, l’Atlantique et surtout le Pacifique imposant des sous-marins endurants pour durer mais également tout simplement pour assurer le transit vers les zones de chasse.

USS Sargo (SS-188) 3

Quand démarre cette répétition du second conflit mondial, l’US Navy dispose comme classe de sous-marins de la classe Dolphin (un sous-marin), de la classe Cachalot (deux exemplaires mis en service en 1933 et 1934), des dix exemplaires de la classe Porpoise (deux mis en service en 1935, sept en 1936 et le dernier en 1937), des six exemplaires de la classe Salmon (un exemplaire mis en service en 1937 et cinq en 1938) et de six des dix exemplaires des sous-marins de classe Sargo, quatre rejoignant la flotte américaine à l’automne. Cela nous donne un total de vingt-cinq sous-marins dit modernes.

USS O-15 (SS-76) 4

A ces submersibles «modernes» s’ajoutent des unités plus anciennes mais qui n’ont pas à rougir de la comparaison avec les submersibles britanniques ou français. Parmi ces vétérans, on trouve neuf sous-marins type V, 41 exemplaires de la classe S, 19 exemplaires de la classe R et 8 exemplaires de la classe O soit 77 sous-marins.

Durant la Pax Armada, la flotte est renouvelée et augmentée. Les sous-marins les plus anciens (type O, type R, type S, type V, USS Dolphin, Cachalot et Porpoise) sont retirés du service avant septembre 1948. Quasiment tous sont démolis à l’exception des Porpoise conservés pour l’écolage des futurs sous-mariniers et l’entrainement des opérateurs sonars.

La flotte sous-marine américaine appelée Silent Service (service silencieux) s’organise autour de la classe Salmon (quatre navires en service, deux ayant été perdu, un avec son équipage et le second victime d’un incendie sans pertes humaines), de la classe Sargo (dix exemplaires construits, tous en service en septembre 1948), de la classe Tambor (douze exemplaires construits, dix encore en service, deux sous-marins s’étant échoués et jugés trop endommagés pour être réparé à un coût descent), de la classe Mackerel (deux exemplaires construits tous en service en septembre 1948).

USS Mackerel (SS-204) 5

Ces vingt-six exemplaires sont tous déployés dans l’Atlantique, effectuant des incursions dans les Caraïbes.

L’essentiel du service silencieux est donc déployé dans le Pacifique, au sein de l’Asiatic Fleet avec Cavite pour base (Guam servant de base de ravitaillement) et au sein de la Pacific Fleet depuis Midway, Pearl Harbor et San Diego.

USS Gato (SS-212) 6

La classe Gato est la première classe des Fleet Submarine,un modèle standard de sous-marin. Les premiers sous-marins de ce type sont construits à partir de 1940, les premiers étant en service à partir de 1943.

Douze sous-marins sont mis en service en 1943, douze en 1944, seize en 1945, huit en 1946, huit en 1947 et huit en 1948 soit soixante-quatre exemplaires, tous déployés dans le Pacifique même si suite au déclenchement du conflit en Europe, une flottille passe sur la côte est pour participer aux patrouilles de souveraineté (Neutrality Patrol), chaque flottille disposant de huit sous-marins.

Dans le cadre du programme de guerre, la production des Gato n’est pas poursuivie, l’US Navy préférant la construction des Balao, une version améliorée des Gato, tirant pleinement les leçons du retour d’expérience des innombrables exercices.

USS Balao (SS-285) 7

Trente-deux Balao sont commandés au budget 1948 et mis sur cale dès 1949, les premières unités étant mis en service à la fin de l’année 1950. Le programme de guerre finance la construction de trente-deux exemplaires supplémentaires, portant le total des Balao à soixante-quatre unités.

Le RETEX des opérations permet la mise au point des Tench, l’ultime évolution des Fleet Submarine dont quarante-huit exemplaires sont commandés en février 1952. Les premiers exemplaires sont mis en service début 1954 pour participer aux dernières opérations du conflit. Seize Tench ne seront finalement pas achevés, limitant leur nombre à seulement trente-deux submersibles.

USS Amberjack (SS-522) 4

Quand la seconde guerre mondiale éclate en Europe, l’US Navy aligne un total de quatre-vingt dix submersibles.

Le conflit terminé, les sous-marins les plus anciens ou les plus usés sont désarmés, démolis ou mis en réserve. Seuls sont maintenus en service des Gato, des Balao et des Tench dont une partie sera modifiée pour tirer les leçons du conflit, les faisant passer du statut de torpilleur submersible à celui de véritable sous-marin, naviguant et combattant quasi-exclusivement en plongée.

Une partie sera cédée à des marines étrangères pour leur permettre de reconstituer à moindre frais leur flotte sous-marine.

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