22-Armée de terre : armement et matériel (22)

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Ce canon antichar à été mis au point pour la ligne Maginot ce qui explique peut être un calibre hétérodoxe pour la lutte antichar confiée au duo 25/47mm même si l’existence de canons de 37mm issus du premier conflit mondial (char FT et canon de tranchée TR 16) rend moins étrange la présence d’un canon de ce calibre sur la ligne Maginot, canon encore en service en septembre 1948 en dépit d’une incapacité à détruire les chars allemands les plus lourds.

Ce canon de 47 calibres tirait des obus de 0.9kg (boulets modèle 1936) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 30 à 40mm de blindage à raison de 20 coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Une arme remarquable

Nous venons de le voir, la France disposait depuis très longtemps d’une arme de 47mm, une arme mise au point par la marine qui avait besoin d’un canon à tir rapide pour contrer les torpilleurs. D’où la mise au point du canon de 47mm modèle 1885 qui modernisé et rendu semi-automatique devint le canon de 47mm modèle 1902.

Très rapidement, ce canon à été dépassé par la croissance rapide des torpilleurs et dès le premier conflit mondial, on peut considérer que cette pièce est dépassée pour le tir antisurface. La marine débarque donc ces pièces et les stocke à terre.

Ces canons peuvent cependant encore faire très bien l’affaire en combat terrestre. En effet, un canon tirant rapidement des obus à haute vitesse initiale est un atout évident pour contrer les blindés qui eux aussi prennent du poids notamment au niveau du blindage.

Si durant le premier conflit mondial, les allemands pouvaient détruire des chars lourds britanniques avec des fusils antichars de 13mm (Mauser Gewher T) cela devient de moins en moins évident avec les années.

Au début des années trente, on lance bien le programme du canon antichar de 25mm mais il devient rapidement évident que ce canon va être vite dépassé par la course au blindage, une arme d’un plus gros calibre s’impose.

A cette même époque, le canon de 47mm modèle 1902 passe entre les griffes de l’établissement de Puteaux (APX) pour une nouvelle modernisation destinée à offrir une arme antichar à la ligne Maginot et aux véhicules blindés, donnant naissance respectivement au modèle 1934 et au modèle 1935.

Un appel d’offres est lancé pour une arme antichar d’infanterie ce qui suppose une arme suffisamment puissante pour être militairement crédible face aux blindés ennemis mais également une arme suffisamment légère pour permettre d’être trainée à bras pour l’entrée et la sortie de batterie.

Deux constructeurs proposent leurs prototypes dès 1933, APX et Schneider du Creusot. Cette dernière dispose de certaines particularités intéressantes mais des qualités balistiques nettement inférieures (70mm de blindage à 400m contre 89mm pour l’APX) fait que c’est l’arme de Puteaux qui est sélectionnée, les essais commençant à Bouges le 19 février 1934.

A l’origine arme d’infanterie, ce canon de 47mm devient une arme relevant de l’artillerie, l’infanterie préférant se concentrer sur le 25mm en dépit du fait qu’on sait que ce canon sera rapidement dépassé. Le 14 décembre 1936, le canon APX de 47mm est adopté sous le nom de «matériel de 47 modèle 1937»

Extraordinaire est le mot pour caractériser ce canon entouré d’un secret quasiment aussi absolu que l’était le 75mm modèle 1897, canon indirectement à l’origine de l’affaire Dreyfus. Le canon de 47mm ne déboucha pas heureusement sur une affaire de cette ampleur.
En terme de portée, le canon de 47mm peut détruire à 1000m les chars allemands les plus lourds, les Panzer III et IV et jusqu’à 1600m, les performances sont excellentes. Sa grande cadence de tir (15 à 20 coups/minute) permettant à un canon de stopper net une attaque de blindés si le canon est bien employé et que le terrain s’y prête.

Si les premiers tests ont été menés avec des obus modèle 1902, en service le modèle 1937 va utiliser des projectiles conçus pour lui, l’obus utilisé (modèle 1936) étant un obus perforant à coiffe de magnésium qui à deux utilités : aider à corriger le tir et enflammer des bidons d’essence. Des obus explosifs modèle 1932 existent mais sont peu distribués tandis que des essais d’obus à mitraille ne sont pas poursuivis jusqu’à la production en série.

Les nombreux exercices menés avant guerre ayant montré une vulnérabilité de la pièce à l’infanterie, un obus explosif légèrement perforant est mis en service en 1946 ce qui rend la pièce apte à neutraliser une infanterie mordante et permet également de détruire des véhicules non blindés sans avoir recours aux munitions perforantes. Des munitions fumigènes et éclairantes sont également mises au point mais apparemment fort peu distribuées.

Ce canon est conçu pour être remorqué par tracteur (véhicule à six roues Laffly W15T et semi-chenillés Somua MCJ) et par des chevaux, un mode de transport peu adapté à la lutte antichar ce qui explique qu’à partir de 1944, toutes les unités antichars sont motorisées.

Les unités équipées

Les premières commandes de série sont passées au quatrième trimestre 1937, la première série de commandes totalisant 1214 pièces. Portée à 1646 pièces, elle doit permettre la mise sur pied de 137 batteries de douze pièces (1644 canons) pour dans un premier temps équiper 51 batteries de douze pièces pour les divisions d’active et celles mises sur pied à la mobilisation.

La fabrication est organisée en un véritable puzzle, les bouches à feu à Bourges, les freins récupérateurs les roues et les lunettes sont produites par Puteaux (APX), les affûts étant sous-traités entre plusieurs fabricants, l’assemblage étant réalisé à Puteaux.

Les premiers canons de série sont livrés le 12 janvier 1939 par l’APX puis transférés au Parc Régional de Réparations et d’Entretien (PRRE) de Bourges chargé de la livraison aux unités.

A l’époque, le rythme de livraisons prévu est de trente pièces par moi en février et doit passer à trente-cinq en mars et quarante pour juin, ce pic ne devant pas être dépassé puisque le modèle 1939 doit alors prendre le relais.

Quand éclate la guerre de Pologne, 339 canons ont été livrés aux armées. L’effort se poursuit jusqu’à la fin de l’année mais est notablement ralentit après la fin du conflit officielle le 15 décembre 1939.

Cela n’empêche pas l’industrie de livrer 755 pièces de plus portant le total à 1094 canons en ligne soit potentiellement un total de 91 batteries divisionnaires antichars.

La démobilisation réduit bien entendu le nombre de pièces en ligne. Contrairement à ce qui était prévu, toutes les DI d’active y compris les divisions d’infanterie alpine reçoivent une batterie divisionnaire antichar à douze canons, des batteries qui vont progressivement être toutes motorisées y compris dans les DI non motorisées.

La démobilisation terminée, nous trouvons en ligne dix-sept divisions d’infanterie (type Nord-Est et motorisées), quatre divisions d’infanterie coloniale, quatre divisions d’infanterie nord-africaine et trois divisions d’infanterie alpine soit vingt-huit divisions et vingt huit BDAC soit un total de 336 canons en ligne en métropole.

Ce canon va aussi équiper dans l’Empire les DIA, les DLI et les DM, leur donnant un punch remarquable face à un ennemi ne disposant que de chars légers et moyens assez médiocre.

Chacune de ses divisions dispose en effet d’une compagnie antichar disposant de six canons de 25mm et de huit canons de 47mm .

Cela nous donne au total quatre vingt pièces en ligne portant le total à 416 mais ce nombre augmente rapidement avec la constitution d’un total de treize DLI qui disposant chacune de huit canons de 47mm porte le total à 520 canons en ligne, le reste étant stocké pour équiper les unités de mobilisation.

La production du modèle 1937 s’arrête au chiffre 1646, le modèle 1939 prenant le relais selon un rythme plus lent _temps de paix armée oblige_ et pour un rôle différent comme nous allons le voir dans la partie suivante.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1937

Calibre : 47mm Poids totale en batterie : entre 1050kg et 1150kg (en fonction du type de roues et du constructeur de l’affût) Longueur totale en ordre de route : 4.10m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 68° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 47mm modèle 1939 et modèle 1941

Canon de 47mm modèle 1939

Canon de 47mm modèle 1939

Comme nous l’avons vu plus haut, le modèle 1937 est une excellente arme. Cela n’empêche pas l’armée de terre d’envisager dès 1938 une version améliorée alors que le modèle 1937 est tout juste en production et que les livraisons aux unités n’ont pas commencé.

L’idée à la base de cette amélioration est la volonté de pouvoir passer rapidement d’une cible à l’autre, les pièces antichars étant fondamentalement inférieures en nombre aux chars assaillants.

Si les canons tractés sont fixes ou peu mobiles, les chars peuvent venir de face mais aussi sur les côtés voir en cas de débordement de la position par l’arrière.

On étudie donc la possibilité d’avoir un canon tirant à 360°, avantage qui compense largement l’inconvénient de l’augmentation de poids (environ 300 kilos de plus).

Cette idée n’est pas neuve, le vénérable canon de 75mm modèle 1897 avait reçu pour certains d’entre eux au moins une plate forme Arbel permettant de pointer le canon à 360°, un principe similaire va être choisit pour le nouveau canon antichar.

La technologie choisit est un affût composé de trois flèches disposées à 120° et munies de flèches d’ancrages. En configuration route, deux flèches sont réunies et attachées au véhicule tracteur, la troisième est relevée et arrimée à l’affût, la volée du canon étant orientée vers le véhicule tracteur.

En batterie, l’affût tri-flèche est rigidifiée et repose sur le sol, les roues se relevant de part et d’autre du bouclier qui est droit et pas muni de la partie inférieure du modèle 1937.
Il dispose également d’un frein de bouche et de nouvelles roues à pneumatiques increvables Baudou ce qui permet de le remorquer à une vitesse plus importante, un plus évident en cas de guerre de mouvement et que contrairement au modèle 1937, le futur modèle 1939 doit être un canon uniquement remorqué par tracteurs.

Les premiers essais ont lieu à l’automne 1938, d’abord des essais de roulage puis des séances de tir et ce du 15 septembre au 12 octobre 1938. Ces essais se révèlent prometteurs et peuvent espérer une mise en production rapide, production qui sera lancée quand toutes les commandes du modèle 1937 seront honorées.

Adopté en 1939, le «47 APX» devient officiellement le matériel de 47 modèle 1939 et commandé le 6 janvier 1940 à près de 1000 exemplaires en dépit du fait que la démobilisation est prévue pour l’été ce qui réduira considérablement les besoins en matériel antichar.

La production du modèle 1939 ne commence que début juillet 1940 et les premières pièces sortent à la mi-août. La commande initiale de 1000 pièces est réduite à 500 puis finalement à 240 pièces qui sont stockées, devant servir à la mobilisation pour former des BDAC.

La production est ainsi stoppée en mai 1941 et n’aurait du reprendre qu’au moment de la mobilisation mais la réorganisation à partir de 1944 des DC et des DLM entraine la création d’escadrons antichars portés qui vont permettre à ce canon d’être à nouveau produit sous un modèle amélioré baptisé modèle 1941 (tube plus long de 54 calibres).

Chaque brigade cuirassée (DC) et chaque brigade légère mécanique (DLM) dispose d’un escadron antichar porté avec douze canons de 47 montés soit sur des Laffly W 15, des Lorraine 39L et des Renault 40R (VBCP) soit un total de 28 escadrons portés et de 336 canons produits sans leur affût.

Le canon de 25mm devenant rapidement dépassé en Europe, on décide de le remplacer au sein des DI et des DIM les canons de 25mm par des canons de 47mm modèle 1941 en dépit d’un poids plus élevè rendant délicat sa mise en œuvre par l’infanterie.

Les 240 pièces stockées ressortent de la naphtaline pour rééquiper les huit D.I.M, les neuf DI type Nord-Est, les quatre D.I.C et les quatre D.I.N.A, les vingt-cinq divisions d’infanterie vont se partager les pièces existantes tandis que la production est relancée.

Chaque division possède une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm tandis que les trois régiments d’infanterie de ligne dispose également de douze canons alors que les BCP/BCA disposent de deux canons de 47mm par bataillon puis six à la Compagnie d’Engins de la Demi-Brigade.

Les DIC et les DINA disposent également de canons de 47mm selon le même principe que les DI motorisés et DI type Nord-Est soit pour ces huit divisions un total de 384 pièces.

Le total avant mobilisation est de 960 canons en ligne plus 240 pièces en stock, la production s’accélérant à la mobilisation pour équiper les divisions de mobilisation même si nombre seront mises sur pied avec des canons de 25mm en attendant mieux.

A la mobilisation, six RAAC sont mis sur pied, chaque régiment disposant de 24 canons soit un total de 144 canons modèle 1941.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1939

Calibre : 47mm Poids total en batterie : environ 1300kg (1375kg pour le modèle 1941) Longueur totale en ordre de route : 4.29m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m (54 calibres pour le modèle 1941 soit 2.538m) Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 360° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Ce canon Tout Azimut (TAZ) à été développé pour remplacer le vénérable modèle 1897 dans le domaine de l’artillerie de campagne mais également dans le domaine de l’artillerie antichar. La priorité allant à l’artillerie de campagne, l’équipement d’unités antichars à canons de 75mm étant reportée sine die.

Finalement ce n’est qu’à la mobilisation que sont mis sur pied des Régiments Autonomes Antichars (RAAC) numérotés 401 à 406, régiments organisés de la façon suivante :

-Un Etat-major avec un poste de commandement, les transmissions, le renseignement et des éclaireurs motocyclistes.

-Une batterie hors-rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Trois groupes à quatre batteries organisés en un état-major, une colonne de ravitaillement et quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 47mm modèle 1939 et deux batteries équipées de canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Ces six régiments disposent donc au total de 144 canons de 75mm TAZ modèle 1939, d’autres exemplaires étant produits et stockés pour créer une volant de fonctionnement.

Caractéristiques Techniques du canon de 75mm TAZ modèle 1939

Calibre : 75mm Longueur du canon 2.995m Poids  en batterie 2000kg Poids de l’obus : 7.250kg Cadence de tir : 20 coups/minute Portée : 12500m Pointage en site : -11° à +25° Pointage en azimut sur 15° Vitesse initiale de l’obus : 700 m/s Equipe de pièce : sept hommes

Projets et prototypes

La production de pièces antichars modernes n’empêchait pas les services compétents d’envisager le futur en lançant une politique de prototypes destinée à occuper les bureaux d’études sans forcément aboutir à une production en série.

On trouve ainsi un projet de canon de 47mm à très haute vitesse initiale (980 m/s), un peu l’équivalent du canon à charge creuse mise au point par les allemands et qui aura son équivalent français au printemps 1948 sans aboutissement industriel.

On trouve également une version antichar du canon Schneider modèle 1939 de 90mm dont le prototype apparaît au printemps 1945. Douze exemplaires sont commandés en septembre 1945 et livrés entre mars et juin 1946 pour former une batterie expérimentale.

Sa mise en production est lancée en juin 1948 en vue à terme de compléter les RAAC avec une éventuelle batterie indépendante de six canons, canons capables de détruire tous les chars allemands y compris les Tigre.

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22-Armée de terre : armement et matériel (21)

Canon de 37mm TR modèle 1916

Canon de 37mm TR modèle 1916

Canon de 37mm TR modèle 1916

Ce canon de 37mm à été mis au point par les Établissements de Puteaux (APX) pour lutter contre les nids de mitrailleuse des tranchées avant de connaître une deuxième utilisation sous la forme du canon de 37mm SA modèle 1916 sur le petit Renault FT.

Ce canon utilisant une munition explosive fût un temps utilisé comme arme antichar, rôle pour lequel il n’était absolument conçu. Mis en œuvre par les unités de mobilisation, il quitte les unités de mobilisation lors de la démobilisation ou peu avant, remplacés dans les unités maintenus par des canons de 25mm Hotchkiss ou Puteaux.

Caractéristiques Techniques du canon de 37mm TR (Tir Rapide) modèle 1916

Calibre : 37mm Longueur hors tout : 3.50m Longueur de la partie rayée du canon : 790mm Longueur en calibres : 21 Poids en batterie : 108kg Poids sur affût rouleur : 160kg Cadence de tir : 15 coups/minute

Canon de 29/20mm Larsen

Ce canon d’origine danoise est une arme antichar à grande vitesse initiale tirant un projectile sous calibré, l’obus en lui même ayant un diamètre de 20mm avec une jupe de 29mm. Ce canon est expérimenté au printemps 1939, canon monté sur le même affût que le canon de 25mm modèle 1937.

Les essais montrent une usure rapide du tube (durée de vie de 250 coups), Manhurin est chargé de développer une munition moins agressive qui permet de doubler la durée de vie soit 500 coups.

Ce canon va être commandé en série seulement en septembre 1942 en petite série pour équiper les Bataillons de Chasseurs Alpins (BCA) en remplacement des canons de 25mm soit six canons par BCA soit un total de soixante-douze canons plus trente-six canons de réserve soit un total de cent huit canons livrés entre novembre 1942 et août 1943.

Ces canons sont toujours en service en septembre 1948, des canons pouvant être remorqué par un véhicule léger type Laffly V10 ou par traction hippomobile.

Caractéristiques Techniques du canon de 29/20mm Larsen

Calibre : 29/20mm Poids : environ 200kg Longueur : 3.4m

Canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934

canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934

canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934

Prélude

Quand s’achève le premier conflit mondial, l’armée française dispose de deux armes de Défense contre les blindés (DCB) mais deux armes inadaptées à cette mission et pour cause, les blindés étant apparus au cours du conflit.

La première est le canon de 37mm modèle 1916 utilisé par les fantassins et les cavaliers. Conçu pour neutraliser les blockhaus de mitrailleuses, il tirait des obus explosifs donc impropres à détruire les blindés tout comme le canon de 75mm modèle 1897.

Dans l’immédiat après guerre, un programme est lancé le 11 mai 1921 pour deux armes. Le «programme Duval» envisage deux armes : une mitrailleuse de 15mm antiaérienne et antichar et un canon d’un calibre inférieur à 37mm, ces deux armes compensant la modestie de leur calibre par une grande vitesse initiale pour leur permettre de percer 20mm de blindage.

En attendant une solution intérimaire est trouvée avec la remise en état de 200 canons de 37mm bien qu’il s’agisse d’une solution d’urgence largement inadaptée.

Pour ne rien arranger, le programme du 11 mai 1921 ne débouche sur rien de concret qu’il s’agisse de la mitrailleuse de 13.5mm (non poursuivie), celle de 13.2mm devient une arme antiaérienne et le canon Puteaux de 20mm montre aussitôt les limites d’un calibre trop réduit.

Il faut attendre 1928 pour qu’un nouveau programme soit lancé. Exit la mitrailleuse et place au seul canon, un canon de 25mm suffisamment léger pour pouvoir être utilisé par l’infanterie.

Deux concurrents vont ainsi participer au programme, l’établissement national APX et le constructeur privé Hotchkiss de Levallois.

Les prototypes sont prêts en 1933, Hotchkiss et APX présentant leurs armes aux essais en mars 1934 et c’est l’arme d’Hotchkiss est rapidement préférée, devenant le canon de 25mm SA (Semi-Automatique) modèle 1934.

Devant l’urgence des besoins, une commande de 200 exemplaires est passée alors que l’expérimentation par les services officiels se poursuit.

On verra rapidement que cet empressement se paiera par de nombreux problèmes techniques nécessitant une interruption des livraisons entre janvier et juin 1939 suite à la volonté de l’infanterie d’adopter un matériel plus léger sous la forme de deux modèles, le modèle 1937 de l’APX et le modèle 1934 modifié 39 d’Hotchkiss.

Durant la phase d’industrialisation, est étudiée la mise en œuvre de ces canons de 25mm. Le programme d’armement 1937-40 dit des 14 milliards prévoit pas moins de 8000 canons de 25mm ce qui doit au moins sur le papier équiper chaque régiment d’infanterie de douze pièces (six à la CRE et deux dans chaque bataillon à  la compagnie d’accompagnement) alors que chaque division d’infanterie doit disposer de trois compagnies divisionnaires antichars qui à terme pourraient former un bataillon antichar. En ajoutant les quatre canons du GRDI, chaque division pourrait disposer de 76 canons.

Les livraisons ne cessent d’augmenter, 980 pièces ayant été réceptionnées au 1er janvier 1936 et juste avant l’interruption, 3655 pièces ont été livrées aux armées. Pourquoi une telle interruption ?

Tout simplement parce que comme l’avons vu, l’infanterie souhaite la pièce la plus légère possible et que le modèle 1934 est loin d’être la pièce la plus légère. La production doit bifurquer vers le modèle 1937 et surtout le modèle 1934 mod.39.

Néanmoins durant la guerre de Pologne, la production du modèle 1934 est reprise, le temps que l’industrialisation du modèle 1934 mod.39 aboutisse ce qui fait qu’un total de 4450 pièces sont produites jusqu’au 30 juin 1940 quand la production est définitivement stoppée pour ne jamais reprendre.

Tous les canons de 25mm ne vont pas être mis en ligne, une grande partie va être stockée. En effet avec la démobilisation, le nombre de divisions d’infanterie est réduit de manière très importante avec notamment dix sept DI qui reçoivent les 76 canons prévus (soixante-douze pour la division stricto sensu et quatre pour le GRDI rattaché à la division) soit un total de 1292 pièces en ligne, pièces qui sont d’abors à traction automobile ou hippomobile puis totalement motorisées.

Les quatre DIC et les quatre DINA disposent également de soixante-seize pièces ce qui fait un total de 304 canons. Les trois DIAlp disposent elles aussi de soixante-seize canons soit un total de 228 pièces ce qui porte le total à 1824 canons en ligne sur 5150 pièces produites.

Les autres canons de ce modèle vont être distribués progressivement aux unités dans l’Empire notamment au sein des deux Divisions Marocaines et des huit Divisions d’Infanterie d’Afrique soit un total de 736 pièces.

Cela porte le total à 2560 pièces sur 4450 canons. Le solde de 2590 n’est pas totalement stocké, une partie est cédée ou plutôt vendue aux pays alliés que ce soit la Grande Bretagne (voir ci-après), le gouvernement polonais libre (100 pièces), la Yougoslavie (120 pièces), la Belgique (45 pièces) et les Pays Bas (45 pièces) soit un total de 310 canons, laissant en stock un total de 1580 canons qui sont stockés ou utilisés pour tests et autres expérimentations notamment de nouveaux projectiles destinées à prolonger la carrière de ce canon.

La Grande Bretagne va également recevoir des canons. Entre octobre 1939 et décembre 1940, l’armée britannique reçut cinquante canons par mois soit un total de 700 canons dont un grand nombre montés sur véhicules.

Progressivement, le nombre de canons en service va se réduire, les DI, les DIM, les DIC et les DINA  recevant notamment des canons de 47mm plus à même de faire face aux blindés allemands mais ce canon de 25mm était toujours en service en septembre 1948 dans l’Empire.

Caractéristiques Techniques du Hotchkiss modèle 1934

Calibre : 25mm Poids du matériel complet en batterie : 480kg Longueur hors tout 3.71m Hauteur en batterie 1.10m Portée pratique : 800 à 1000m Cadence de tir : théorique 30 coups pratique 15 à 20 coups Pointage en direction : 30° à gauche et à droite Pointage en hauteur : -5° à +15° Perforation : acier dur 50mm à 400m  

Canon de 25mm Puteaux modèle 1937

Canon de 25mm Puteaux modèle 1937

Canon de 25mm Puteaux modèle 1937

Comme nous l’avons vu plus haut, le programme de 1928 avait vu le lancement de deux projets concurrents, l’un proposé par l’industrie (celui de Hotchkiss) et l’autre proposé par l’atelier de construction de Puteaux (APX).

La mise au point de ce canon fût très longue. Un premier projet de 1931 fût rejeté, obligeant l’APX à remettre l’ouvrage sur le métier pour présenter une nouvelle arme en septembre 1933, un projet de 398kg.

En dépit de nombreux défauts techniques, le prototype APX reste en course en dépit d’une infériorité évidente vis à vis d’Hotchkiss. Peut être faut-il y voir la méfiance viscérale des ingénieurs d’État vis à vis de tout ce qui viens de l’industrie privée……… .

Après l’adoption du modèle Hotchkiss, le modèle APX est présenté à nouveau en janvier 1935, les problèmes sont réglés mais à cette époque, l’armée à besoin d’un matériel nettement plus léger. Le général Gamelin réclamant un canon nettement plus léger que les 480kg du modèle Hotchkiss, le matériel APX pesant 400kg n’est pas adopté.

Puteaux décide de reprendre totalement le projet pour obtenir un canon antichar léger qui est présenté en mars 1936 pour expérimentations. Le 7 septembre 1936, l’état-major demande que 400 canons soit commandés, canons adopté officiellement sous le nom de matériel de 25mm SA modèle 1937 puis de canon de 25mm SA léger modèle 1937.

Les premiers canons sont livrés en septembre 1938 et quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, 319 canons ont été livrés aux armés, nombre porté début juin à 1065 exemplaires sur un total de 2550 canons commandés.

Cette commande est annulée le 1er juillet 1940 suite à la démobilisation et la volonté de privilégier les projets de Hotchkiss, une vraie rupture, le général Villeneuve n’ayant pas une véritable méfiance vis à vis de l’industrie privée.

Les canons Puteaux étaient utilisés de manière  indistincte dans les différentes unités. Cela change à partir de septembre 1940. Décision est prise d’affecter ces canons aux RIF (où pourtant une pièce lourde n’est pas un vrai handicap) et aux RIl, des régiments à créer.

Au final, quatorze régiments d’infanterie légère sont équipés de ce canon tout comme vingt-sept régiments d’infanterie de forteresse ou assimilés soit un total respectif de 252 et de 752 canons, le total global de pièces en ligne étant de 904 canons sur un total de 1065 canons en ligne, le reliquat étant stocké, une réserve limitée, la reprise de la production n’étant pas prévue.

Caractéristiques Techniques du canon de 25mm SA léger modèle 1937

Calibre : 25mm Poids du matériel complet en batterie : 300kg Longueur hors tout 3.46m Hauteur en batterie 1.03m Portée pratique : 1500m Cadence de tir :  20 coups Pointage en direction : 30° à gauche et à droite Pointage en hauteur : -10° à +15°

Canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934 mod.39

Comme nous l’avons vu, le canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934 était une excellente arme balistiquement parlant. Le seul défaut qu’on pourrait reprocher à cette arme est un poids élevé qui rend délicate la manoeuvre à bras nécessaire pour l’entrée et la sortie de batterie.

Cette arme donna ainsi naissance à trois dérivés, le modèle 1935 raccourci pour équiper les automitrailleuses chenillées et surtout les automitrailleuses à roues type Panhard et Gendron-Somua, le modèle destiné à la ligne Maginot et enfin le modèle 1934 mod.39, une version allégée du modèle 1934.

Pour alléger le modèle 1934, la firme Hotchkiss va s’inspirer du modèle de Puteaux _au dévellopement long et chaotique_ et présente son prototype le 28 août 1938, un prototype qui à perdu près de cent kilos par rapport au modèle 1934.

Au final, ce canon pèse 70kg de plus que le projet APX mais il est bien équilibré et supporte des vitesses de traction bien supérieures. Le canon modèle 1934 modifié 1939 est adopté officiellement au mois de mars et va être livré aux dragons portés (dont certains possédaient des canons de 25mm modèle 1934) et aux chasseurs portés.

Chaque régiment de dragons portés dispose de 12 canons de 25mm ce qui porte le total à 192 pièces alors que les bataillons de chasseurs portés dispose de quatre canons soit un total de 48 pièces, portant le total à 240 pièces pour les canons en ligne plus 120 canons de réserve soit une production totale de 360 canons.

Paradoxalement cette pièce la plus moderne des trois va être l’une des premières à être remplacée puisque rapidement (automne 1945), les dragons portés et les chasseurs portés vont recevoir un canon de 47mm modèle 1941 plus à même de combattre les nouveaux chars allemands. Les pièces retirées du service vont être précieusement stockées.

Caractéristiques Techniques du Hotchkiss modèle 1934 mod.39

Calibre : 25mm Poids du matériel complet en batterie : 370kg Longueur hors tout 1.13m Longueur totale 3.46m Hauteur en batterie 1.08m Portée pratique : 800 à 1000m Cadence de tir : théorique 30 coups pratique 15 à 20 coups Pointage en direction : 30° à gauche et à droite Pointage en hauteur : -5° à +15° Perforation : acier dur 50mm à 400m