URSS (75) Armée de Terre (23)

Les armes de l’Armée Rouge (6) : artillerie antiaérienne

Avant-propos

Comme le char à entraîné l’apparition de l’artillerie antichar, l’avion à entraîné l’apparition de l’artillerie antiaérienne.

Les premiers avions étant utilisés pour la reconnaissance et l’observation, on pouvait développer le camouflage pour y échapper mais cela était insuffisant pour échapper à la chasse et aux bombardiers.

Canon de 75 modèle 1897 AA 15.jpg

Canon de 75mm modèle 1897 en position de tir antiaérienne

Il fallait riposter mais l’absence logique d’armes dédiées on réutilisa des armes non-prévues pour cet usage. Ce fût d’abord des mitrailleuses d’infanterie mais aussi des canons médians, la France utilisa son couteau suisse à savoir le célébrissime «75».

Après guerre l’augmentation des performances des avions entraîna le déclassement des mitrailleuses d’infanterie remplacées d’abord par des mitrailleuses lourdes puis par des canons légers automatiques.

On trouvait également des canons médians/lourds utilisés souvent pour protéger des sites stratégiques en arrière du front en raison de leur encombrement.

La RKKA n’échappe pas à cette évolution. Même chose pour l’organisation des unités contre-avions avec à la fois des unités intégrées aux unités de mêlée mais aussi des unités indépendantes, suivant le schéma des unités antichars.

Durant le conflit l’évolution de l’armement sera limitée, les pièces d’artillerie antiaériennes utilisées étant tous en service en juin 1950.

Canon automatique de 25mm M1940 (72-K)

Canon de 25mm modèle 1940 (72-K) 13.jpg

Le canon antiaérien léger de base de la RKKA est un canon de 25mm M1940. Adopté en 1940, il est monté dans sa version de base sur un affût à quatre roues pour faciliter sa mobilité. Ultérieurement des affûts doubles et quadruples sont mis au point pour augmenter la puissance de feu. La production se poursuit jusqu’en 1955 et se termine après la sortie de 8540 pièces.

Sur le plan organisationnel, ce canon est utilisé aussi bien au sein des unités de mélée que dans des unités spécialisées. C’est ainsi que les divisions de fusiliers disposaient pour le type 1940 d’une compagnie antiaérienne avec trente-deux pièces (25 et 37mm avec parfois des unités homogènes) et pour le type 1945 un bataillon mixte antichar/antiaérien avec trois compagnies antiaériennes, une équipée de 25mm et deux équipées de 37mm.

Les divisions de montagne et les divisions aéroportées disposent d’une compagnie antiaérienne avec seize canons de 25 ou de 37mm, le premier étant souvent préféré en raison d’un poids et d’un encombrement moindre.

Les unités de cavalerie disposent d’un bataillon antiaérien et d’une batterie antiaérienne dans chaque régiment de combat.

Les divisions de chars et les divisions motorisées disposent d’un bataillon antiaérien avec un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, deux compagnies antiaériennes légères et deux compagnies antiaériennes lourdes.

Les brigades de chars indépendantes disposent d’une compagnie antiaérienne avec douze à vingt-quatre canons de 25 et de 37mm.

Les batteries indépendantes (ultérieurement transférées à la VVS), les régiments et les brigades indépendantes sont essentiellement équipées de pièces lourdes mais disposaient également de canons de 25mm pour assurer la protection terrestre et antiaérienne rapprochée des batteries.

Le canon de 25mm était ce qu’on appelle une honnête arme. Il est remplacé à partir de 1962 par un affût double de 23mm, le ZU-23-2 qui donna également naissance à un redoutable automoteur chenillé ZSU-23-4. La carrière s’est poursuivie à l’étranger notamment en Asie et en Afrique.

Caractéristiques Techniques

Type : canon antiaérien automatique léger

Calibre : 25mm

Cartouche : 25x218mmSR

Poids : 1210kg

Longueur 5.3m largeur 1.7m hauteur 1.8m

Champ de tir vertical -10° à +85° Champ de tir horizontal 360°

Portée maximale effective 2400m cadence de tir 240 coups par minute

Equipe de pièce : six hommes

Canon de 37mm M1939 (61-K)

Canon de 37mm modèle 1939 3.jpg

A la même époque que le canon de 25mm, les soviétiques vont mettre en service un canon de 37mm, nouant un duo «25-37mm» pour couvrir leurs unités de mélée là où d’autres pays préféraient le 20 et le 37mm ou le 20 et le 40mm.

Son développement à commencé à la fin des années trente, équipant l’armée de terre, l’armée de l’air et même la marine.

Il à pour origine l’achat de canons de 25mm Bofors modèle 1933 qui poussa la RKKA à initier le développement d’un canon de 45mm.

Cela donna naissance au canon de 45mm 49-K mais l’Armée Rouge trouvant le 45mm trop gros pour un canon automatique préféra développer un canon de 37mm inspiré du Bofors de 25mm. La décision est officiellement notifiée en janvier 1938, les premiers essais étant lancés en octobre 1938.

Comme pour le canon de 25mm, la première version du canon de 37mm était monté sur un châssis à quatre roues, le ZU-7, pièce servit par huit hommes. Rapidement des versions doubles et quadruples ont vu le jour pour créer de véritables murs de feu contre l’aviation ennemie.

Durant le conflit des affûts furent montés sur camions et des projets de canons automoteurs antiaériens furent étudiés mais sans voir le jour avant septembre 1954. Cela permis néanmoins aux ingénieurs soviétiques de se faire les dents en attendant de mettre au point le fameux SPAAG ZSU-23-4 et le moins connu ZU-57-2.

La production lancée en 1940 est toujours en cours en 1950 et ne va s’achever qu’après le conflit en 1956 après la sortie de plus 32000 pièces rien que pour l’armée de terre. En comptant les pièces de l’armée de l’air et de la marine on estime le nombre total de pièces produites à environ 39500.

Le canon de 37mm est resté en service jusqu’au milieu des années soixante même si dès 1959 le canon de 57mm S-60 à commencé à le remplacer (certaines sources font état d’une utilisation pendant les dernières semaines du conflit mais ce n’est pas du tout certain).

Outre l’URSS, le canon de 37mm et ses variantes ont été utilisés par l’Angola, l’Albanie, l’Algérie, la Bolivie, le Burundi, le Cameroun, le Congo, Cuba, l’Ethiopie, le Gabon, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Namibie, le Laos, la Somalie, la Syrie, la Tanzanie, le Yemen, la Zambie, le Zimbawe, l’Afghanistan, l’Albanie, le Bangladesh, la Bulgarie, l’Egypte, la Finlande, la Guinée-Bissau, l’Indonésie, l’Irak, Le Maroc, la Mongolie, la Malaisie, le Nicaragua, le Pakistan, la Pologne, la Chine, la Roumanie, le Soudan, le Thaïlande et la Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques

Type : canon antiaérien léger

Calibre : 37mm

Projectile : projectile 37x250mmR

Poids : 2100kg Poids du projectile 8kg

Longueur du tube : 2.7m

Champ de tir vertical -5° à 85° Champ de tir horizontal 360°

Cadence de tir : 160 à 170 coups par minute Portée maximale (tir terrestre) 5000m (plafond) 4000m

Equipe de pièce : 8 hommes

Canon de 76mm M1938

Canon de 76mm AA M1931.JPG

Avant l’apparition du missile sol-air, la défense antiaérienne terrestre se basait sur deux types d’armes : des canons légers automatiques pour la protection à basse altitude des unités de combat et des canons médians pour assurer la défense à moyenne/haute altitude ainsi que de la zone arrière.

La RKKA n’échappe pas à la règle et dévellope au début des années trente un canon de 76.2mm antiaérien, le modèle 1931. Cette pièce est modernisée, modifiée, améliorée sous la forme du canon de 76mm M1938.

Ce canon est monté sur un châssis à quatre roues baptisé ZU-8. Il est mis en service comme son nom l’indique en 1938 et produit jusqu’en 1942 quand sa fabrication cesse au profit d’un canon plus puissant, le canon de 85mm M1939 (52-K).

On ignore aujourd’hui pourquoi les soviétiques ont développé en si peu de temps un canon de 76.2 et un canon de 85mm. Ce qui est certain c’est que les deux pièces vont cohabiter au sein des unités antiaériennes de l’Armée Rouge.

Si les unités d’infanterie ne disposent que de pièces légères (25 et 37mm) au sein de leurs unités antiaériennes, les divisions de chars et les divisions motorisées disposent au sein de leur bataillon antiaérien de deux compagnies antiaériennes lourdes armées soit de canons de 76.2 ou de 85mm, chaque compagnie disposant de huit pièces.

Au sein des unités indépendantes de défense contre-avions (régiments et brigades indépendantes) on trouve des régiments équipés de canons de 85mm et de 100mm.

La production du canon de 76.2mm M1938 est estimée à 985 canons. En juin 1950, 700 pièces sont encore en service.

Ces canons sont principalement utilisées pour la défense contre-avions mais aussi pour la lutte antichar voir pour le tir sol-sol en appui de l’infanterie.

De nombreuses pièces sont capturées par les allemands qui satisfaits par cette pièce produisent les munitions nécessaires.

Ce canon va servir pour sa mission initiale mais aussi pour la lutte antichar en armant des chasseurs de chars combinant des châssis de chars déclassés avec un canon monté dans un affût ou dans une casemate plus ou moins soignée.

Le canon de 76mm M1938 est retiré du service actif peu après la fin du second conflit mondial même si des pièces sont restées stockées en cas de besoin pour un nouveau conflit.

Caractéristiques Techniques

Type : canon antiaérien médian/lourd

Calibre : 76.2mm

Projectile : obus encartouché 76.2x558mm R

Poids en configuration de route 4210kg en ordre de combat 3650kg projectile 6.6kg

Longueur du tube : 4.1m (55 calibres)

Champ de tir vertical -3° à +82° Champ de tir horizontal 360°

Portée maximale en tir antiaérien 9300m Cadence de tir 10 à 20 coups par minute

Equipe de pièce : 10 hommes

Canon de 85mm M1939 (52-K)

Canon de 85mm modèle 1939 (52-K) 2.jpg

A la fin des années trente tout en travaillant sur un canon de 76.2mm (le futur M1938 évolution du M1931) les soviétiques décidèrent de mettre au point un canon antiaérien plus puissant capable d’abattre des avions volant plus haut, plus vite et étant mieux protégés.

Ce canon qui à été mis au point à partir du canon de 76mm M1931 (on à simplement fait plus gros) est adopté officiellement en 1939 d’où sa désignation de canon de 85mm modèle 1939.

La production est lancée en 1940 mais comme toute nouvelle arme elle est lente ce qui explique probablement pourquoi le canon de 76mm que nous avons vu précédemment est resté en production jusqu’en 1942 quand le 52-K devient la seule pièce d’artillerie antiaérienne médiane produite par l’industrie russe.

De ce canon va être mis au point un canon de char, le D-5 qui va armer le T-34/85 et le SU-85 (respectivement char et canon d’assaut) mais aussi un canon antichar dont la mise au point comme nous l’avons vu à été particulièrement longue en raison du perfectionnisme des ingénieurs engagés.

Il connait son baptême du feu durant le second conflit mondial étant utilisé pour la défense contre-avions mais aussi la lutte antichar voir le tir sol-sol notamment dans une période où tout était bon pour stopper l’avancée allemande qui dans les premiers jours semblait absolument irrésistible.

Sur le plan de l’organisation, les canons de 85mm étaient soit intégrés aux divisions de chars/divisions motorisées sous la forme de deux compagnies lourdes du bataillon antiaérien ou formaient des régiments et des brigades antiaériennes indépendantes, les régiments disposant de seize canons, les brigades regroupant deux ou trois régiments soit 32 à 48 pièces.

Une version améliorée du M1939 est ensuite adoptée, le canon de 85mm M1944 avec un obus plus lourd (ce qui nécessite des modifications de mécanismes), un tube plus long, un frein de bouche plus costaud et différents mécanismes pour absorber le recul.

Le M1944 remplace le M1939 sur les chaines de montage à partir de 1945, la production continuant jusqu’en 1956 alors que depuis 1952, un canon antiaérien de 100mm était en production même si il arriva trop tard pour remplacer totalement le canon de 85mm ce qui ne l’empêcha pas de faire le coup de feu face aux attaques d’une aviation allemande en grand état de faiblesse.

Après la fin du second conflit mondial, de nombreux M1939 et M1944 ont été cédés à des pays ayant adopté l’idéologie communiste ou faisant montre d’un certain intérêt pour celle-ci qu’il s’agisse des pays du pacte de Varsovie, de pays d’Asie ou d’Afrique. Des pays neutres ont aussi récupéré ce canon en service dans certains pays de ce qu’on appelait jadis le tiers-monde.

Ce canon à aussi été utilisé par les allemands et les finlandais. Si les seconds se sont contentés d’utiliser les obus de 85mm d’origine, les premiers après avoir épuisé les obus russes réalésèrent les canons pour leur permettre de tirer des obus de 88mm.

Caractéristiques Techniques du M1939

Type : canon antiaérien lourd

Calibre : 85mm

Projectile : obus encartouché 85x558mmR

Poids en ordre de route 4220kg en ordre de combat 3057kg Poids du projectile 9.2kg

Longueur : 7.05m longueur du tube : 4.7m (55 calibres) largeur 2.15m hauteur 2.25m

Champ de tir vertical -3° à +82° Champ de tir horizontal 360°

Portée maximale en tir terrestre 15650m (10500m en tir antiaérien) Cadence de tir : 10 à 12 coups par minute

Equipe de pièce : 7 hommes

Canon de 100mm M1951 (64-K)

Canon de 100mm modèle 1947 (KS-19) 3.jpg

C’est au printemps 1943 que le directorat général de l’artillerie demanda le développement d’un canon antiaérien plus puissant pour pouvoir succéder à terme au canon de 85mm. En bons joueurs d’échecs, les russes voulaient avoir un voir deux coups d’avance.

Pour éviter les impasses techniques et technologiques, les russes firent preuve de pragmatisme en partant du canon de 85mm M1939 pour aboutir à un canon de 100mm. Deux prototypes sont commandés en septembre 1944, testés par le constructeur puis évalués par l’armée au printemps 1945.

Des améliorations sont apportées mais la RKKA n’est pas encore convaincue. Elle commande huit pièces de pré-série, pièces livrées au printemps 1946 pour des tests intensifs. Le programme est alors mis en sommeil jusqu’en septembre 1949 quand il est relancé. Enfin le canon est adopté en 1951 sous le nom de canon de 100mm M1951 (64-K).

La production est lancée au printemps 1952, les premiers canons livrés à……l’armée de l’air qui assure la défense contre-avions des grandes villes. La RKKA doit attendre le printemps 1953 pour équiper ses unités indépendantes (régiments et brigades) qui sont chargées de couvrir les arrières, manquant singulièrement de cibles alors que la Luftwafe est de plus en plus affaiblie.

Comme pour les pièces de 85mm, les canons de 100mm seront également utilisées pour le tir terrestre contre les chars mais aussi en combat urbain.

Le conflit terminé cette pièce va peu à peu supplanter le canon de 85mm au sein de l’armée soviétique. Quelques alliés privilégiés vont recevoir quelques exemplaires de ce canon à la production assez faible (1940 exemplaires entre 1951 et 1960).

Les derniers exemplaires sont retirés du service par les forces armées soviétiques à la fin des années soixante. Des projets de canons automoteurs antiaériens ont été étudiés mais n’ont jamais abouti. N’aboutit également pas des projets de canons de 130 et de 152mm dont le poids fût jugé trop important par les soviétiques.

Caractéristiques Techniques du M1951

Type : canon antiaérien lourd

Calibre : 100mm

Projectile : obus encartouché 100x730mmR

Poids en ordre de route 4750kg en ordre de combat 3498kg Poids du projectile 12.5kg

Longueur : 8.30m longueur du tube : 5.5m (55 calibres) largeur 2.15m hauteur 2.65m

Champ de tir vertical -5° à +90° Champ de tir horizontal 360°

Portée maximale en tir terrestre 19650m (14500m en tir antiaérien) Cadence de tir : 6 à 9 coups par minute

Equipe de pièce : 12 hommes

Les Armes de l’Armée Rouge (7) : lance-roquettes multiples et lance-flammes

Avant-propos

A la fin du Moyen-Age, la poudre à canon invention chinoise très ancienne arrive en Europe provoquant une première RAM (Révolution dans les Affaires Militaires) en mettant à bas les châteaux forts et en rendant les grands féodaux impuissants face aux états centralisés.

Pendant plusieurs siècles, les seules armes à feu étaient les canons et les arquebuses. A la fin du 18ème et au début du 19ème siècle sont apparus des fusées, une adaptation militaire des feux d’artifice.

Leur utilisation par les britanniques lors des guerres napoléoniennes ne fût pas une réussite ce qui explique pourquoi elles sont tombées en désuétude. Il faudra attendre les progrès de la technique et de la technologie pour que les fusées fassent leur réapparition dans le monde militaire et pour ne plus jamais le quitter.

Durant le premier conflit mondial les français utilisèrent les fusées Prieur pour abattre les ballons d’observation allemands. Ces fusées étaient très efficaces contre la fragile enveloppe des Drachen.

Après la fin du premier conflit mondial la fusée air-air ne suscita guère d’intérêt à la différence de la fusée ou de la roquette tirée du sol.

Il ne s’agissait pas de créer de puissants barrages d’artillerie, de noyer une zone sous les explosifs mais d’améliorer les capacités de la Défense Contre-Avions à une époque où le bombardier lourd semblait être une arme impossible à stopper par des moyens traditionnels.

Si les différents projets de fusées sol-air ne débouchèrent pas sur des réalisations concrètes, cette volonté donna naissance aux premiers lance-roquettes multiples. Si la France et la Grande-Bretagne restèrent longtemps à l’écart, les allemands avec leurs Nebelwerfer (faiseurs de fumée) et les soviétiques avec leurs «mortiers de la garde» étaient à la pointe.

15 cm Nebelwerfer 41 30.jpg

Un Nebelwerfer de 150mm

Pour des raisons de commodités, je vais placer dans cette catégorie les lance-flammes, l’arme de la terreur, l’arme du génie pour traiter les blockhaus. Cette arme utilisée par des fantassins comme par des véhicules était une arme tout autant pratique que psychologique. Souvent la seule menace, un seul jet enflammé à distance pouvait provoquer la reddition d’un ouvrage, les hommes préférant la reddition à une mort abominable.

Les «mortiers de la garde»

C’est sous ce nom étrange que sont appelés au sein de la RKKA les lance-roquettes multiples en service dans l’armée rouge. C’est dire leur importance pour qu’une telle dénomination aussi banale soit choisit.

Étonnamment les services de renseignement allemands ne signalèrent pas la présence de lance-roquettes multiples au sein de la RKKA.

Incompétence ou arrogance vis à vis d’une race dite inférieure ? Probablement un peu des deux. Ce qui est certain c’est que les Landser furent désagréablement surpris par la présence de ces armes qui parvinrent à stopper temporairement l’avancée allemande.

Initialement les lance-roquettes multiples soviétiques formaient des régiments indépendants en réserve d’état-major mais entre septembre 1948 et juin 1950, les nouvelles divisions d’artillerie reçurent un régiment de «mortiers de la garde» généralement vingt-quatre lanceurs répartis en trois compagnies de trois batteries de quatre avec des véhicules de ravitaillement et de protection.

BM-13-16 6.jpeg

BM-13-16

Deux modèles sont en service au début du conflit, le BM-13-16 (seize rampes de roquettes M-13 de 132mm) et le BM-8-36 composé de trente-six rampes de roquettes M-8 de 82mm. Ces rampes pouvaient être montées sur un char ou sur un camion pour améliorer sa mobilité.

Si certaines roquettes occidentales utilisaient la rotation pour stabiliser le projectile et améliorer la précision, les soviétiques peut être conscient que la précision n’était pas le fort de cette arme se contentèrent d’ailettes.

Il fallait donc de nombreuses roquettes pour détruire une cible ce qui explique que le lance-roquettes étaient clairement une arme de saturation et non une arme de précision.

La RKKA l’utilisa donc essentiellement pour préparer les offensives en déclenchant un terrifiant feu de Wotan contre les positions ennemies. Une batterie de quatre BM-13 pouvait lancer une salve en 7 à 10 secondes, salve de 4.35 tonnes d’explosifs sur une surface de 400000 mètres carrés soit l’équivalent du tir de 72 canons.

Au cours du conflit une nouvelle roquette de 300mm fit son apparition pour compléter par le haut les roquettes de 82 et de 132mm.

D’abord utilisée par des affûts tractés de quatre ou huit rampes, la roquette M-30 ainsi que la M-31 de même calibre furent ensuite utilisées par des rampes montées sur camions, toujours dans le but d’améliorer la mobilité, d’éviter la contrebatterie et la capture en cas de contre-attaque ennemie. Cela nous donna un nouveau système d’arme logiquement baptisé BM-4-300 ou BM-8-300.

Les soldats soviétiques bien peu ou fait de ses appellations officielles baptisèrent ce système Katyusha du nom d’une chanson populaire des années quarante concernant une jeune fille attendant le retour de son fiancé parti faire son service militaire, tout ça partant d’une lettre K inscrite sur les projectiles (la marque de l’usine Komintern de Voronezh). Les allemands eux les baptisèrent Stalinorgel ou «Orgues de Staline», un nom aussi célèbre voir plus que que le premier.

Le développement des «mortiers de la garde» commença en juin 1938. Les ingénieurs soviétiques ne partirent pas d’une feuille blanche puisqu’ils disposaient d’un modèle, la roquette air-sol RS-132 d’un calibre de 132mm comme le suggère sa désignation.

La simple adaptation de la roquette air-sol à l’usage sol-sol se révélant décevante, les soviétiques modifièrent largement l’arme et le lanceur pour aboutir en août 1939 au système BM-13. Les premiers tirs avaient lieu fin 1938, se révélant prometteurs même si les artilleurs s’inquiétaient du temps très long pour recharger les vingt-quatre roquettes (50 minutes). Voilà pourquoi le nombre de roquettes fût réduit à seize sur les modèles de série.

La production en série démarra à l’été 1940 d’abord à train de sénateur avant de s’accélérer à mesure que la guerre semblait chaque jour plus probable. 1200 lanceurs ont été produits entre 1940 et juin 1950.

Après un temps de latence due au déménagement des usines (et à une certaine panique), la production continua, s’emballant même.

En effet les roquettes tout comme les lanceurs ne nécessitaient pas de grands moyens industriels ce qui permettaient aux usines qui ne pouvaient usiner des tubes de canons de participer tout de même à l’effort de guerre.

Résultat en septembre 1954 12750 lanceurs et plusieurs centaines de milliers de roquettes ont été produites et en grande partie utilisées par les soviétiques au grand dam des allemands et de leurs alliés.

Si la majorité des Katyusha furent installés sur des camions Zis (Zis-5 et 6), d’autres véhicules portèrent ces systèmes aussi simples qu’efficaces à savoir le tracteur d’artillerie STZ-5, des camions alliés livrés dans le cadre du prêt-bail.

Les BM-8-36 et BM-8-24 étaient montées sur des camions, des chars légers T-40 et T-60 mais aussi dans une version légère (BM-8-8) sur la GAZ-67, l’équivalent soviétique de la Jeep. Certains de ces véhicules utilisaient également l’impressionnant lanceur BM-8-48 qui comme son nom l’indique disposait de quarante-huit roquettes de 82mm.

Les BM-4-300 et BM-8-300 étaient montés sur des camions 6×6. A la fin du conflit des BM-12-300 furent mis en service mais visiblement trop tard pour être effectivement employés au combat.

Une batterie-type de BM-13-16 disposait de quatre véhicules de tir, deux véhicules de rechargement et deux véhicules de soutien technique.

En temps on ajoutait souvent un détachement de protection avec des autos blindées voir des chars légers ainsi que quelques fantassins pour éviter un coup de main contre les batteries. Trois batteries forment une compagnie appelée division et trois divisions un régiment.

Si les alliés occidentaux délaissèrent le lance-roquettes multiples une fois le conflit terminé, les soviétiques eux gardèrent pour Katyusha les yeux de Chimène. Ils perfectionnèrent les roquettes et leurs lanceurs pour aboutir au BM-21 de 122mm, au BM-27 de 227mm et au BM-30 de 300mm, ces véhicules pouvant lancer des roquettes explosives, fumigènes et mêmes chargées de gaz ou de matières bactériologiques.

En ce qui concerne les données techniques, la roquette M-8 de 82mm disposait de 640g d’explosifs et pouvait atteindre la portée maximale de 5900m. Les roquettes M-13 de 132mm pouvaient atteindre la portée de 8740m avec 4.9kg d’explosifs, la portée étant augmentée dans une version améliorée (11800m). la roquette M-20 de 132mm peu utilisée disposait de 18.4kg d’explosifs qu’il pouvait délivrer à 5050m.

Si la roquette M-30 de 300m pouvait déposer ses 28.9kg d’explosifs à 2800m, la M-31 pouvait elle atteindre la portée maximale de 4325m (réduite à 4000m dans une version améliorée).

Lance-flammes

Accordant une place importante au génie, les soviétiques ne pouvaient pas négliger le lance-flammes, une arme redoutable et redoutée pour son efficacité militaire comme son impact psychologique.

Plusieurs modèles furent utilisés, des modèles employés par des sapeurs d’assaut mais aussi depuis des chars ce qui évitait d’exposer des spécialistes au feu de l’ennemi.

Les principaux modèles de lance-flammes sont le FOG-2 et le duo ROKS-2/3. Ces deux modèles de lance-flammes assez semblables avaient été dessinés avec un souci de camouflage, les réservoirs ressemblaient à un paquetage et le projecteur à un fusil Mosin-Nagant ce qui dans la confusion du champ de bataille pouvait permettre de gagner de précieuses secondes notamment face à un ennemi désorienté et démoralisé.

La mise à feu se faisait par des cartouches Tokarev 7.62x25mm spécialement modifiées pour cet usage. Le ROKS-2 était la première version et la ROKS-3 une version simplifiée pour accélérer encore la production, une version baptisée ROKS-4 arriva trop tard pour participer au conflit.

Les lance-flammes ROKS pesaient 22.7kg, disposaient d’un réservoir de carburant de 9 litres avec un réservoir d’un litre de nitrogène pour la propulsion. La portée maximale théorique était de 45m mais en pratique cela ne dépassait pas 25m.

A côté de ces lance-flammes officiels on trouve également des armes incendiaires improvisées qu’il s’agisse du célèbre cocktail Molotov (dont la paternité est contestée entre les républicains espagnols et les finlandais.

Ce qui est certain en revanche c’est que ce sont les finnois qui ont baptisé cette arme ainsi) et l’Ampulomyot, un projecteur de bouteilles incendiaires, une arme improvisée dans les heures sombres de l’été 1950 mais vite abandonnée car tout autant obsolète que dangereuse pour son utilisateur.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s