Italie (35) Sous-Marins (1)

SOUS-MARINS

Avant-propos

Si le sous-marin à fait son apparition dès le début du XIXème siècle et qu’il à participé à la guerre de Sécession avec des succès d’estime, les torpilleurs submersibles de l’époque étaient plus dangereux pour leurs utilisateurs que pour l’ennemi.

Il faut finalement attendre la fin du 19ème siècle pour que le sous-marin efficace apparaisse avec l’action de pionniers de talent comme Maxime Laubeuf et John Holland. Les grandes marines s’équipent de ce drôle d’engin pouvant naviguer sous la surface des flots.

Néanmoins quand éclate le premier conflit mondial les performances au combat du sous-marin sont inconnues. Il faudra l’action des U-Boot de la Kaiserliche Marine pour que plus personne ne mette en doute les capacités de ce type navire à tel point que dans la période 1919/1939 les britanniques essayeront d’obtenir l’interdiction de ce type d’arme, action bloquée par les autres pays qui pour des raisons différentes avaient besoin du sous-marin.

L’Italie n’échappe pas à la règle et en septembre 1939 dispose de cent sous-marins (sept anciens et quatre-vingt treize modernes) sans compter que seize unités sont en chantier.

Durant la période de la Pax Armada, la flotte sous-marine italienne évolue avec le désarmement des unités les plus anciennes et le remplacement par des unités plus modernes.

A noter qu’à la différence des navires de surface les sous-marins ne sont pas conservés en réserve, étant rapidement démolis ou coulés comme cibles, quelques rares unités échappant à ce sort en servant de sous-marin d’entrainement mais elles sont peu nombreuses.

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L’Argonauta

C’est ainsi qu’entre septembre 1939 et septembre 1948 trente-trois sous-marins sont désarmés (sept de classe Argonauta, huit de classe Sirena, quatre de classe Balilla, quatre de classe Mameli, quatre de classe Vittori Pisani, deux classe Settembrini et quatre de classe Squalo).

Durant la période de la Pax Armada, la marine italienne construit plusieurs classes de sous-marins peinant à standardiser sa flotte autour d’un ou deux modèles. Elle va également construire des sous-marins de poche type CA/CB/CM.

La Regia Marina va également travailler sur des sous-marins de transport mais ces navires ne seront construits que durant le conflit, devant permettre le ravitaillement de l’Africa Septentrionale Italiana (ASI) alors que l’envoi de navires de surface devient de plus en plus hasardeux en raison notamment de la supériorité navale et aérienne alliée.

Ironie de l’histoire quand les premiers sous-marins seront mis en service, la Libye italienne aura succombé aux offensives alliées. Le programme sera donc réduit et les sous-marins en service serviront avec un succès modeste à ravitailler le Dodécanèse et la Sardaigne (six mis sur cale, _deux mis en service, quatre abandonnés sur cale_ six abandonnés avant tout début de construction).

Sur le plan des sous-marins plus conventionnels, huit sous-marins de classe Flutto avaient été commandés avant guerre, quatre étant en service en septembre 1948 et quatre autres en achèvement à flot. Dans le cadre du programme de guerre, seize exemplaires seront commandés mais seulement douze seront achevés, les quatre derniers étant abandonnés sur cale.

L’Italie commande en septembre 1952 une classe de sous-marins à haute performance mais les huit unités commandées ne seront pas mis sur cale avant avril 1953. Ils n’auront même pas le temps d’être baptisés à tel point que certains historiens doutent de leur existence.

Durant le conflit les sous-marins italiens vont subir de lourdes pertes sous les coups des avions, des hydravions, des navires de surface voir même des sous-marins ennemis. Rares sont les unités encore à flot quand l’Italie bascule dans le camp allié en avril 1953.

Quand le conflit se termine en septembre 1954, les rares submersibles encore disponibles sont récupérés par les alliés. Après une évaluation pour la forme ils sont démolis ou coulés au large comme but sonar pour les écoles d’écoute.

Dans le cadre du traité de Paris, la France aurait voulu interdire le sous-marin à la Marina Militare Italiana mais les questions géopolitiques et la guerre froide naissante auront raison de cette volonté, les Etats-Unis cédant plusieurs sous-marins à la marine italienne pluq précisément deux Fleet Submarine type Gato, les USS Finback (SS-230) et Wahoo (SS-238).

Ces sous-marins vont permettre aux sous-mariniers italiens d’acquérir les bases du combat sous-marin moderne en attendant la construction de sous-marins nationaux dont la qualité n’avait rien à envier aux réalisations étrangères.

Sous-marins classe Balilla

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Le Domenico Millelire

Carrière opérationnelle

Les quatre unités de classe Balilla (Balilla,Domenico Millelire,Antonio Scesia,Enrico Toti) ont été construits aux chantiers navals Otero-Terni-Orlando (OTO) de La Spezia, navires mis en service en 1928.

Ces navires ne sont plus en service en septembre 1948, ayant été désarmés en 1945 en raison d’une usure prononcée.

Ils ne sont pas réarmés quand l’Italie entre en guerre et sont coulés par l’aviation, les épaves étant relevées après guerre et démolies.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 1464 tonnes plongée 1927 tonnes

Dimensions : longueur 86.75m largeur 7.8m tirant d’eau 4.12m

Propulsion : deux moteurs diesels Fiat de 2000ch chacun deux moteurs électriques Savigliano de 1100ch chacun

Performances : vitesse maximale 17 noeuds en surface 9 noeuds en plongée distance franchissable 3000 miles nautiques à 17 noeuds en surface, 8 miles nautiques à 9 noeuds en plongée Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm (150 coups), deux mitrailleuses de 13.2mm avec 3000 cartouches par mitrailleuse, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à l’avant, deux à l’arrière) avec douze projectiles, quatre mines

Equipage : 52 officiers et marins

Sous-marins classe Mameli

Carrière opérationnelle

Les quatre sous-marins de classe Mameli (Pier Caproni,Giovanni da Procida,Goffredo Mameli,Tito Speri) sont les premiers sous-marins construits depuis le premier conflit mondial en Italie, les unités étant mises en service à la fin des années vingt.

Ces sous-marins sont toujours en service en septembre 1939 mais ne le sont plus en septembre 1948, le Pier Caproni étant désarmé en juin 1945, le Giovanni da Procida l’est en décembre 1945, le Goffredo Mameli est désarmé en mars 1946 et le Tito Sperri l’est en septembre 1946.

En septembre 1948 ils servent de leurres dans les ports italiens. Ils sont soit coulés (Pier Caproni, Tito Sperri) ou sabordés pour échapper à la capture (Giovanni da Procida,Goffredo Mameli). Les épaves sont relevées et démolies une fois la guerre terminée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 830 tonnes plongée 1010 tonnes

Dimensions : longueur 64.6m largeur 6.52m tirant d’eau 4.33m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch deux moteurs électriques de 500ch

Performances : vitesse maximale 17 noeuds en surface 7.5 noeuds en plongée Distance franchissable inconnue Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm, deux mitrailleuses de 13.2mm Breda, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue, deux à la poupe) avec dix torpilles

Equipage : 52 officiers et marins

Sous-marins classe Pisani

Carrière opérationnelle

Cette classe est composée de quatre navires (Vittor Pisani,Des Geneys,Giovanni Bausan,Marcantonio Colonna) construits par les chantiers navals Cantiere Navale Triestino (CNT) sis à Monfalcone.

Leur mise en service à lieu en 1929 et après une grosse dizaine d’années de service ils sont désarmés respectivement en septembre 1943, janvier 1944, mai 1944 et décembre 1942.

Ils devaient être démolis en 1948 mais ils sont toujours là quand le second conflit mondial éclate ce qui explique qu’ils deviennent des leurres pour les avions alliés qu’ils soient de reconnaissance ou de bombardement.

Le Vittor Pisani est coulé à La Maddalena, le Des Geneys sombre à Naples, le Giovanni Bausan à Tarente et le Marcantonio Colonna à Ancone. Les épaves sont relevées après guerre et démolies.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : en surface 880 tonnes en plongée 1058 tonnes

Dimensions : longueur 68.2m largeur 6.09m tirant d’eau 4.3m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch, deux moteurs électriques de 550ch

Performances : vitesse maximale 17.3 noeuds en surface 9.2 noeuds en plongée distance franchissable 4230 miles nautiques à 9.3 noeuds en surface, 7.3 miles à 4 noeuds en plongée

Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm, deux mitrailleuses de 13.2mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue, deux à la poupe) avec neuf torpilles

Equipage : 49 officiers et marins

Sous-marin Ettore Fieramosca

Ettore Fieramosca (1929).jpg

L’Ettore Fieramosca

Carrière opérationnelle

L’Ettore Fieramosca est un sous-marin de grande croisière (grande crociera) ou croiseur sous-marin, le seul de la Regia Marina.

Les grandes marines inspirées des sous-marins de transport et des croiseurs sous-marins allemands de la première guerre mondiale ont l’idée de construire des sous-marins de grande croisière destiné à mener une guerre de course.

Si le Surcouf français ou le Nautilus américain sont connus, l’Ettore Fieramosca est un illustre inconnu, un submersible souvent connu des seuls spécialistes.

Construit par les chantiers navals Franco Tosi de Tarente, il à été mis sur cale le 17 juillet 1926 lancé le 14 juin 1929 et mis en service le 15 décembre 1931.

Toujours en service en septembre 1948, stationné à Tarente, l’Ettore Fieramosca effectue des patrouilles en Méditerranée mais également des missions de transport en direction de l’Africa Septentrionale Italiana (ASI) et du Dodécanèse.

Le 14 février 1949, il est surpris en surface par des CAO-700 français au large des côtes libyennes. Il est touché par trois bombes alors qu’il tentait de plonger. Le sous-marin disparaît, une épaisse couche d’huile remontant à la surface signalant que la coque épaisse à été crevée. L’épave n’à été retrouvée qu’en 1965.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 1556 tonnes plongée 1965 tonnes

Dimensions : longueur 82.4m largeur 8.04m tirant d’eau 5.3m

Propulsion : deux moteurs diesels de 2250ch deux moteurs électriques de 1000ch

Performances : vitesse maximale 18 noeuds en surface 9 noeuds en plongée distance franchissable 5300 miles nautiques à 8 noeuds en surface Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm modèle 1931, quatre mitrailleuses Breda de 13.2mm en deux affûts doubles, quatre tubes lance-torpilles de 533mm

Aviation : embarquement prévu d’un hydravion dans un hangar étanche mais le sous-marin à été achevé sans hangar

Equipage : 78 officiers et marins

Sous-marins classe Bandiera

Carrière opérationnelle

Ces quatre sous-marins mis en service entre 1928 et 1930 sont dévellopés à partir de la classe Pisani à savoir une coque simple avec un double fond central. Ces navires sont baptisés Fratelli Bandiera,Luciano Manara,Ciro Menotti et Santorre Santarosa.

Le Ciro Menotti et le Luciano Manara participent à la guerre d’Espagne en appuyant les nationalistes, les attaques n’étant jamais revendiquées même si les différents protagonistes du conflit savaient bien d’où les attaques venaient qu’il s’agit des torpilles ou des bombardements côtiers.

Ces sous-marins sont désarmés entre septembre 1945 et mars 1946. Mouillés à l’écart à Tarente, ils vont servir de leurres dans différents ports italiens, jouant pleinement leur rôle puisque le Fratelli Bandiera est coulé à La Spezia, le Luciano Mara à Tarente, le Ciro Menotti à Brindisi et le Santorre Santarosa à Naples. Toutes les épaves sont relevées et démolies après guerre.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 936.65 tonnes en plongée 1146.87 tonnes

Dimensions : longueur 69.8m largeur 7.18m tirant d’eau 4.4m

Propulsion : deux moteurs diesel Fiat de 1500ch deux moteurs électriques Savigliano de 1300ch une batterie de cent-douze éléments

Performances : vitesse maximale 15.1 noeuds en surface 8.2 noeuds en plongée distance franchissable 4740 miles nautiques à 8.5 noeuds en surface, 8.2 miles à 8.2 noeuds en plongée

Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm, deux mitrailleuses Breda de 13.2mm six tubes lance-torpilles (quatre à la proue, deux à la poupe) avec douze torpilles

Equipage : 52 officiers et marins

Sous-marins classe Squalo

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Le Delfino

Carrière opérationnelle

Ces quatre sous-marins de moyenne patrouille (media crociera) ont été construits par les chantiers Cantieri Reuniti dell Adriatico de Monfalcone.

Baptisés Squalo, Narvalo,Delfino et Tricheco, ces navires ont été mis en service au début des années trente. Sur le plan technique cette classe annonce la prolifique série des “600 tonnes” tout en état issus de la classe Bandiera et de la classe Bragadin.

Ces sous-marins sont désarmés respectivement en septembre 1946, janvier 1947, mars 1947 et octobre 1947 à la fois à cause de l’usure naturelle mais également pour permettre aux nouveaux sous-marins de disposer d’équipages expérimentés.

Au printemps 1948, le Squalo est remis en service comme sous-marin d’entrainement alors que la guerre s’annonce chaque jour plus probable. Ses trois sister-ships vont eux être cannibalisés pour permettre au Squalo de disposer d’un stock confortable de pièces détachées.

Devenus des coques vides, les Narvalo, Delfino et Tricheco vont être sabordées comme blockships pour protéger le port de Naples.

Les trois Squalo utilisés comme blockships seront relevés au printemps 1955 pour commencer à agrandir le port de Naples alors que le Squalo échappa miraculeusement à la destruction.

Son équipage refusant de rallier le gouvernement co-belligérant, il se fera interner à Majorque, l’équipage étant rapatrié dans le nord de l’Italie sous contrôle allemand.

Le sous-marin quand à lui sera récupéré par les espagnols qui un temps vont vouloir le remettre en service avant d’y renoncer. Il servira finalement de but sonar au large de Carthagène pour entraîner les navires anti-sous-marins de la marine espagnole.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : en surface 937 tonnes en plongée 1146 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 69.80m largeur 7.18m tirant d’eau 4.45m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch chacun, deux moteurs électriques de 840ch

Performances : vitesse maximale 15.1 noeuds en surface 8 noeuds en plongée distance franchissable 5650 miles nautiques à 8 noeuds en surface 100 miles nautiques à 3 noeuds en plongée Immersion opérationnelle 80m

Armement : un canon de 120mm avec 152 coups, deux mitrailleuses de 13.2mm Breda en affûts simples, huit tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la poupe, quatre à la proue) avec douze torpilles

Equipage : 52 officiers et marins

Sous-marins classe Bragadin

Bragadin.jpg

Le Bragadin 

Carrière opérationnelle

Les deux unités de classe Bragadin (Marcantonio Bragadin, Filippo Corridoni) sont des sous-marins de moyenne patrouille mis en service au début des années trente après avoir été construits aux chantiers navals Franco Tosi de Tarente.

Ils étaient donc en fin de carrière en septembre 1948 et auraient été probablement désarmés peu de temps après si le second conflit mondial n’avait pas éclaté à l’automne 1948.

CAO-700M

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

Ces deux sous-marins succombent au cours du conflit, le Marcantonio Bragadin étant coulé par un destroyer britannique au large de l’Egypte en septembre 1950 alors que son sister-ship est coulé par un CAO-700M de l’Aviation Navale au large des côtes tunisiennes en mars 1951.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 981.36 tonnes plongée 1167.25 tonnes

Dimensions : longueur 68m largeur 7.2m tirant d’eau :

Propulsion : deux moteurs diesels Tosi de 1500ch, deux moteurs électriques Marelli de 832ch, une batterie de 120 éléments

Performances : vitesse maximale 11.5 noeuds en surface 7 noeuds en plongée distance franchissable 2290 miles nautiques à 11.7 noeuds, 4180 miles nautiques à 6.5 noeuds en surface 10 miles nautiques à 7 noeuds en plongée 86 miles nautiques à 2.2 noeuds Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm, deux mitrailleuses de 13.2mm, quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec six torpilles, deux tubes lance-mines

Equipage : 55 officiers et marins

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