Japon (33) destroyers (3)

Destroyers classe Shiratsuyu

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Le Shiratsuyu

Avant-propos

Comme nous venons de le voir, les Hatsuharu devaient être initialement au nombre de douze unités.

Très rapidement les premiers essais montrèrent que les nouveaux destroyers _premières unités construites en respectant le traité de Londres_ étaient très chargées dans les hauts et instables.

Des mesures correctives sont pris sur les Hatsuharu mais pour la classe suivante, les architectes navals japonais décidèrent de reprendre les plans de fond en comble. Au final en dépit de modifications importantes, les Shiratsuyu étaient assez proches des précédents avec néanmoins des superstructures plus compactes et des cheminées inclinées.

Sur le plan de la propulsion, il n’y eu aucun changement mais sur le plan de l’armement, les Shiratsuyu étaient différents non pas sur l’artillerie principale (toujours cinq canons, quatre en deux affûts doubles et un en affût simple) mais sur l’artillerie antiaérienne (mitrailleuses de 13mm en remplacement des canons de 40mm Vickers) et sur l’armement en torpilles.

En effet, les dix Shiratsuyu ne disposaient que de huit tubes lance-torpilles regroupés en deux plate-formes quadruples, des plate-formes munies de bouclier pour les protéger des paquets de mer et des éclats mais également munies d’une liaison téléphonique avec la passerelle pour améliorer la coordination.

Avant même le début du conflit, l’armement allait évoluer avec le débarquement du canon de 127mm en affût simple remplacé par des canons de 25mm qui allaient également supplanter les mitrailleuses de 13.2mm.

Au cours du conflit, le besoin de renforcement de la DCA entraina le débarquement des torpilles de réserve pour permettre d’augmenter le nombre de canons de 25mm ainsi que l’augmentation des grenades ASM pour tenter de stopper l’offensive des sous-marins américains.

Carrière opérationnelle

Les dates clés

-Le Shiratsuyu («rosée blanche») est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 14 novembre 1933 lancé le 5 avril 1935 et mis en service le 20 août 1936.

-Le Shigure («bruine») est mis sur cale aux chantiers navals de la Uraga Dock Company le 9 décembre 1933 lancé le 18 mai 1935 et mis en service le 7 septembre 1936.

-Le Murasame («averses soudaines») est mis sur cale aux chantiers navals Fujinagata le 1er février 1934 lancé le 20 juin 1935 et mis en service le 7 janvier 1937.

-Le Yudachi («rythme du soir») est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 16 octobre 1934 lancé le 21 juin 1936 et mis en service le 7 janvier 1937.

-Le Harusame («pluie de printemps») est mis sur cale aux chantiers navals de la Uraga Dock Company le 3 février 1935 lancé le 21 septembre 1935 et mis en service le 26 août 1937.

-Le Samidare («pluie d’été à l’aube») est mis sur cale aux chantiers navals de la Uraga Dock Company le 19 décembre 1934 lancé le 6 juillet 1935 et mis en service le 29 janvier 1937.

-Le Umikaze («brise de mer») est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 4 mai 1935 lancé le 27 novembre 1936 et mis en service le 31 mai 1937.

-Le Yamakaze («vent de montagne») est mis sur cale aux chantiers navals de l’Uraga Dock Company le 25 mai 1935 lancé le 21 février 1936 et mis en service le 30 juin 1937.

-Le Kawakaze («vent de la baie») est mis sur cale aux chantiers navals de Fujinagata le 25 avril 1935 lancé le 1er novembre 1936 et mis en service le 30 avril 1937.

-Le Suzukaze («brise tranquille») est mis sur cale aux chantiers navals de la Uraga Dock Company le 9 juillet 1935 lancé le 11 mars 1937 et mis en service le 31 août 1937.

Les Shiratsuyu dans la guerre

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Le Suzukaze à été coulé par un sous-marin américain lors de la première campagne des Philippines (avril 1950)

Dix destroyers de classe Shiratsuyu sont donc en service quand les avions embarqués japonais larguent leurs premières bombes sur la base navale américaine de Pearl Harbor.

Quatre ans et demi plus tard, en septembre 1954, tous ont rejoint Neptune. Pas moins de cinq ont été coulés par des sous-marins.

Le premier à été le Suzukaze torpillé par un Gato alors qu’il sécurisait en avril 1950 les débarquements japonais aux Philippines. Deux torpilles furent fatales au destroyer qui coula en ne laissant qu’un très faible nombre de survivants.

Le Yamakaze à lui été coulé au large de Batavia en décembre 1950 par un sous-marin néerlandais qui avec une seule anguille provoqua l’explosion de la soute à munitions de la tourelle arrière de 127mm. L’avant s’est maintenu à flot quelques minutes permettant l’évacuation d’une partie de l’équipage.

Le Shiratsuyu à lui été coulé par un sous-marin américain le 17 juin 1951 lors de la campagne des Salomons. Le destroyer venait de déposer 800 hommes à terre et repartait rapidement pour se mettre à l’abri avant le jour.

Hélas pour lui à l’aube naissante, un sous-marin le repéra, le poursuivit plusieurs heures avant de décocher une torpille au moment où il s’attendait le moins. L’avant à littéralement volé en éclat, l’arrière dérivant de longues minutes avant de sombrer.

Le Murasame et le Yudachi ont été coulés lors de la deuxième campagne des Philippines, le premier par un sous-marin la veille du premier débarquement américain le 8 mars 1953 et le second un mois et demi plus tard le 24 avril 1953 alors qu’il tentait d’évacuer des garnisons isolées dans le sud de l’archipel pour les ramener à Manille.

Le Kawakaze est coulé le 7 juillet 1950 suite à l’impact d’une mine suivit d’un chavirage qui provoqua un grand nombre de morts.

Le Shigure est coulé lors de la campagne des Salomons le 5 mai 1950 quand il est surpris par des vedettes lance-torpiles américaines après qu’il eut débarqué 150 fusiliers marins. Il détruit deux vedettes mais les six autres MTB lancent douze torpilles. Deux seulement font mouches mais c’est suffisant pour envoyer le destroyer par le fond.

Enfin le Harusame à été coulé lors de la campagne de Nouvelle-Guinée, encaissant des obus de 5 pouces et de 6 pouces avant d’être achevé par une torpille d’un destroyer américain.

Le Samidare à le douteux privilège d’être le seul Shiratsuyu à avoir été coulé par l’aviation le 17 février 1953 lors d’un raid de la Carrier Task Force préparant les futurs débarquements aux Philippines.

Mouillé en baie de Manille, il est surpris par des F4U Corsair qui l’arrose à la mitrailleuse et aux roquettes le laissant désemparé. Il est achevé par les bombardiers en piqué Curtiss SB2C Helldiver qui le coule à l’aide de trois bombes.

Le Umikaze à lui coulé le 17 janvier 1954 au large de Formose. Alors qu’il escortait un cargo entre Kaoshiung et le continent, il connait un problème de propulsion. Sans aucune manoeuvrabilité, il ne peut éviter la collision avec son protégé. Si le cargo se maintien à flot et peut rallier non sans mal Formose, le destroyer coule laissant 105 survivants sur 180 membres d’équipage.

Caractéristiques Techniques

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Déplacement : standard 1712 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 107.5m (longueur entre perpendiculaires 103.5m) largeur 9.9m tirant d’eau 3.5m

Propulsion : deux turbines à engrenages Kampon alimentées en vapeur par trois chaudières développant 42000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34 nœuds (33.3 nœuds après modifications) distance franchissable 4000 miles nautiques à 14 nœuds

Armement : cinq canons de 127mm (quatre en affûts doubles _un avant et un à l’arrière_ et un en affût simple à l’avant), deux mitrailleuses de 13.2mm en affûts simples, huit tubes lance-torpilles de 610mm en deux plate-formes quadruples et seize charges de profondeur

Equipage : 180 officiers et marins

Destroyers classe Asashio

Avant-propos

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Le Asashio

Comme nous venons de le voir, les limitations des traités ont sérieusement handicapé les destroyers japonais et surtout leurs concepteurs.

En voulant concentrer sur des coques plus petites une puissance offensive comparable aux Fubuki, les architectes navals nippons ont dessiné des navires chargés dans les hauts et instables par mer formée ce qui imposa de coûteuses modifications après la mise en service ce qui n’est pas une bonne façon de maintenir opérationnelle une force de destroyers.

Le retrait des traités navals en 1934 permet aux architectes navals japonais de reprendre à zéro la conception des nouveaux destroyers. Ces navires appartenant à la classe Asashio se rapprochent des Fubuki avec un déplacement supérieur à 2400 tonnes (un tonnage que seuls les contre-torpilleurs français avaient atteint avant la guerre de Pologne).

L’armement renoue également avec les Fubuki avec un retour à six canons de 127mm en trois tourelles doubles (une avant et deux à l’arrière) mais le maintien des huit tubes lance-torpilles de 610mm en deux plate-formes quadruples avec une recharge soit seize torpilles.

La DCA est plus fournie avec des canons de 25mm et des mitrailleuses de 13.2mm. Comme sur tous les navires japonais, le nombre de canons antiaériens ne cessa d’augmenter dans une vaine tentative de contrer la domination des airs par les américains.

La lutte anti-sous-marine est (un peu) prise en compte avec des charges de profondeur en nombre (36) et surtout un sonar même si les performances du détecteur ASM étaient médiocres.

Ces dix navires sont financés par un budget additionnel au budget 1934. A noter que les quatre premières unités devaient être du type Shiratsuyu mais pour les problèmes évoqués plus haut ils ont été transformés en Asashio qui au final allaient être dix.

Carrière opérationnelle

Les dates clés

-L’Asashio est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 7 septembre 1935 lancé le 16 décembre 1936 et mis en service le 31 août 1937.

-L’Oshio est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 5 août1936 lancé le 19 avril 1937 et mis en service le 31 octobre 1937.

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Le Michishio

-Le Michishio est mis sur cale aux chantiers navals Fujinagata le 5 novembre 1935 lancé le 15 mars 1937 et mis en service le 31 octobre 1937.

-L’Arashio est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 1er octobre 1935 lancé le 26 mai 1937 et mis en service le 30 décembre 1937.

-L’Asagumo est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 23 décembre 1936 lancé le 5 novembre 1937 et mis en service le 31 mars 1938.

-Le Yamagumo est mis sur cale aux chantiers navals Fujinagata le 4 novembre 1936 lancé le 24 juillet 1937 et mis en service le 15 janvier 1938.

-Le Natsugumo est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 1er juillet 1936 lancé le 26 mai 1937 et mis en service le 10 février 1938.

-Le Minegumo est mis sur cale aux chantiers navals Fujinagata le 22 mars 1937 lancé le 4 novembre 1937 et mis en service le 30 avril 1938.

-L’Arare est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 5 mars 1937 lancé le 16 novembre 1937 et mis en service le 15 avril 1939.

-Le Kasumi est mis sur cale aux chantiers navals Uraga Dock le 1er décembre 1936 lancé le 18 novembre 1937 et mis en service le 24 juin 1939.

Carrière opérationnelle

Les dix navires mis en service entre 1937 et 1939 sont toujours en service en mars 1950. Comme leurs nombreux homologues, les Asashio vont à la fois servir d’escorteurs aux grandes unités (cuirassés, croiseurs de bataille, porte-avions) mais également à attaquer les lignes de communication ennemies au canon et à la torpille.

Sur les dix unités formant la classe Asashio, neuf vont être perdues au cours du conflit, le Kasumi étant capturé par les américains à Formose en février 1954, une section de marines parvenant à empêcher le sabordage du navire.

Ce navire va être utilisé pour rapatrier au Japon les soldats japonais. Cédé à la Chine en mars 1955 et rebaptisé Harbin, le destroyer va être utilisé par la marine chinoise jusqu’en 1972, d’abord comme destroyer opérationnel notamment au cours de la guerre civile chinoise.

Après la défaite des nationalistes en 1958, le destroyer se replie sur l’île de Formose. Après la mise en service de navires plus modernes, le Harbin est utilisé comme navire-école jusqu’à sa perte dans un typhon en mer de Chine en mars 1972.

Trois navires vont être coulés par l’aviation en l’occurence l’Asashio lors de la campagne des Salomons (17 mai 1951), le Michishio lors de la campagne de Nouvelle-Guinée le 7 août 1952 et enfin l’Arashio coulé au large de Formose lors de la tentative suicide menée par le Yamato et le Tone.

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L’Arashio

L’Oshio est victime d’une explosion accidentelle le 4 juillet 1954 à Sasebo après avoir été ironie de l’histoire l’un des rares survivants de l’escadre du Yamato envoyé au sacrifice contre la flotte américaine engagée en Chine et à Formose.

Trois Asashio sont coulés lors de duels antisurface. L’Asagumo est détruit dans les Salomons le 8 août 1951 lors d’un duel contre les destroyers américains, le Natsugumo est coulé par des destroyers américains lors de l’expédition du Yamato alors que le Arare est coulé par des destroyers et des vedettes lance-torpiles américaines lors de la deuxième campagne des Philippines.

Deux Asashio ont été coulés par des sous-marins. Le Yamagumo à été torpillé par un sous-marin américain au large de Singapour en février 1950 alors que le Minegumo est coulé par deux torpilles lancés par une unité du Silent Service en mer intérieure en février 1954.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : pleine charge 2408 tonnes

Dimensions : longueur 118.3m (hors tout) 115m (flottaison) 111m (perpendiculaires) largeur 10.3m tirant d’eau 3.7m

Propulsion : deux turbines à engrenages Kampon alimentées en vapeur par trois chaudières développant 50000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 5700 miles nautiques à 15 nœuds 960 miles nautiques à 34 nœuds

Armement :

-six canons de 127mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières _une à plat pont et une sur le rouf arrière)

-huit canons de 25mm en quatre affûts doubles (nombre porté ensuite à 16 puis à 32 pour les dernières unités) et quatre mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles (rapidement débarquées au cours du conflit)

-Huit tubes lance-torpiles de 610mm en deux plate-formes quadruples (la n°1 entre les deux cheminées et la n°2 entre la cheminée n°2 et le rouf arrière) avec seize torpilles (huit en position de tir et huit stockés au milieu du navire)

-Trente-six charges de profondeur

Equipage : 200 officiers et marins

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