Japon (32) Destroyers (2)

Destroyers classe Fubuki

DD Fubuki

Le Fubuki

Avant-propos

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les japonais comme les allemands sont dans l’obligation de mener des guerres courtes et brutales. En l’absence de ressources naturelles importantes, ils ne peuvent se permettre le luxe de mener des guerres longues, des guerres d’usure.

Se développe donc le concept de bataille décisive (Kantai Kessen coté japonais Entscheidungsschlacht côté allemand), une bataille censée décider du cour de la guerre, idée qui ignore bien des choses en matière de résilience des systèmes politico-militaires.

Pour remporter cette bataille, le Japon va opposer à la quantité la qualité, des navires plus puissants, plus rapides, mieux armés. Elle va appliquer ce concept aussi bien aux cuirassés, aux porte-avions qu’à ses destroyers.

L’apparition du Fubuki marque l’entrée du destroyer dans une nouvelle ère. Oh certes les français avaient bien construits de puissants contre-torpilleurs armés de cinq canons de 130 ou de 138mm avec un armement en torpilles non négligeable mais ce concept n’avait pas fait école dans les marines anglo-saxonnes.

Avec le Fubuki ce sont tout simplement les bases du destroyer moderne qui sont posés avec six canons de 127mm en trois tourelles doubles et un armement en torpilles plus que conséquent à savoir neuf tubes lance-torpilles de 610mm en trois plate-formes triples. Menés par des équipages très entrainés, les Fubuki allaient être des adversaires redoutables.

Les origines du Fubuki sont assez anciennes. A la fin du premier conflit mondial, l’état-major de la marine japonaise demande un destroyer capable de filer à 39 nœuds avec une distance franchissable de 4000 miles nautiques à 14 nœuds avec un armement en torpilles important.

Ces navires doivent opérer avec les nouveaux croiseurs en dévellopement (les futurs croiseurs type Washington). Le premier destroyer appelé Fubuki est connu comme destroyer type spécial (Tokugata) tout simplement car il détonnait clairement dans les flottes de destroyers japonais et mondial.

A noter que comme les destroyers précédents, les Fubuki ne devaient porter que des numéros mais en raison de plusieurs facteurs (impopularité parmi les équipages, confusion dans les transmissions) ils allaient recevoir des noms en août 1928.

Initialement, les Fubuki devaient être des destroyers de 2000 tonnes, avec des canons de 127mm en affûts simples et deux plate-formes doubles de 610mm capable de filer à 40 nœuds.

Suite à la signature du traité de Washington (1922), le déplacement fût réduit à 1680 tonnes, avec plus de canons et plus de tubes lance-torpilles. En raison d’une puissance propulsive identique, la vitesse était plus faible.

A la différence des destroyers précédents, les Fubuki ne disposaient pas du puits entre le gaillard d’avant et le bloc-passerelle. L’armement était composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles (une avant deux arrières). Les tubes lance-torpilles étaient regroupés en trois plate-formes triples. Les tourelles étaient installées en position A/X/Y, les tubes lance-torpilles en positions D/P/Q.

Carrière opérationnelle

Les dates clés

Les vingt-quatre unités de classe Fubuki sont divisés en trois sous-séries, le type I avec dix unités, le type II avec dix unités et enfin le type III avec quatre unités.

Type I

-Le Fubuki (Blizzard) (35) est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru (province de Kyoto) le 19 juin 1926 lancé le 15 novembre 1927 et admis au service actif le 10 août 1928.

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Le Shirayuki

-Le Shirayuki (Neige blanche) (36) est mis sur cale aux chantiers navals de Yokohama le 19 mars 1927 lancé le 20 mars 1928 et admis au service actif le 18 décembre 1928. (Pour l’anecdote Shirayuki est également le nom du cheval préféré de l’empereur Hiro-Hito).

-Le Hatsuyuki (première neige) (37) est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 12 avril 1926 lancé le 29 septembre 1928 et admis au service actif le 30 mars 1929.

-Le Miyuki (« Neige profonde ») (38) est mis sur cale aux chantiers Uraga Dock Company le 30 avril 1927 lancé le 29 juin 1928 et admis au service actif le 29 juin 1929.

-Le Murakumo (Nuages noirs) (39) est mis sur cale aux chantiers navals Fujinagata d’Osaka le 25 avril 1927 lancé le 27 septembre 1928 et admis au service actif le 10 mai 1929.

-Le Shinonome (Crépuscule) (40) est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 12 août 1926 lancé le 26 novembre 1927 et admis au service actif le 25 juillet 1928.

-L’Usugumo («nuages fins») (41) est mis sur cale aux Ishikawajima Shipyards de Tokyo le 21 octobre 1926 lancé le 26 décembre 1927 et admis au service actif le 26 juillet 1928.

-Le Shirakumo («nuage blanc») (42) est mis sur cale aux Fujinagata Shipyards d’Osaka le 27 octobre 1926 lancé le 27 décembre 1927 et admis au service actif le 28 juillet 1928.

-L’Isonami («brisants») (43) est mis sur cale aux chantiers de l’Uraga Dock Company le 19 octobre 1926 lancé le 24 novembre 1927 et admis au service actif le 30 juin 1928.

-L’Uranami («vague du rivage») (44) est mis sur cale aux chantiers de l’Uraga Dock Company le 28 avril 1927 lancé le 29 novembre 1928 et admis au service actif le 30 juin 1929.

Type II

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L’Ayanami

-L’Ayanami («vagues tourbillantes») (45) est mis sur cale aux Fujinagata Shipyards d’Osaka le 20 janvier 1928 lancé le 5 octobre 1929 et admis au service actif le 30 avril 1930.

-Le Shikinami («vagues diffusantes») (46) est mis sur cale au Maizuru Naval Arsenal le 6 juillet 1928 lancé le 22 juin 1929 et admis au service actif le 24 décembre 1929.

-L’Asagiri (brouillard du matin) (47) est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 12 décembre 1928 lancé le 18 novembre 1929 et admis au service actif le 30 juin 1930.

-Le Yugiri («Brume du soir») (48) est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 1er avril 1929 lancé le 12 mai 1930 et admis au service actif le 3 décembre 1930.

-L’Amagiri (« Brouillard celeste ») (49) est mis sur cale aux Ishikawajima Shipyards le 28 novembre 1928 lancé le 27 février 1930 et admis au service actif le 10 novembre 1930.

-Le Sagiri («Brume») (50) est mis sur cale aux chantiers de l’Uraga Dock Company le 28 mars 1929 lancé le 23 décembre 1929 et admis au service actif le 31 janvier 1930.

-L’Oboro («Obscurité») (51) est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 29 novembre 1930 lancé le 8 novembre 1930 et admis au service actif le 31 octobre 1931.

-L’Akebono (« Aube ») (52) est mis sur cale aux Fujinagata Shipyards d’Osaka le 25 octobre 1929 lancé le 7 novembre 1930 et admis au service actif le 31 juillet 1931.

-Le Sazanami (« Cascades ») (53) est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 21 février 1930 lancé le 6 juin 1931 et admis au service actif le 19 mai 1932

-L’Ushio (« Marée ») (54) est mis sur cale aux chantiers de l’Uraga Dock Company le 24 décembre 1929 lancé le 17 novembre 1930 et admis au service actif le 15 novembre 1931.

Type III

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L’Akatsuki dans le Yang-Tsé 

-L’Akatsuki («Aube») est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 17 février 1930 lancé le 7 mai 1932 et admis au service actif le 30 novembre 1932.

-L’Hibiki («Echo») est mis sur cale à l’arsenal de Maizuru à Osaka le 21 février 1930 lancé le 16 juin 1932 et admis au service actif le 31 mars 1933.

-L’Ikazuchi («Tonnerre») est mis sur cale aux chantiers de l’Uraga Dock Company le 7 mars 1930 lancé ne 22 octobre 1931 et admis au service actif le 15 août 1932.

-Le Inazuma (« Eclair ») est mis sur cale aux Fujinagata Shipyards d’Osaka le 7 mars 1930 lancé le 25 février 1932 et admis au service actif le 15 novembre 1932.

Les Fubuki dans la guerre

En septembre 1939, il ne reste plus que vingt-trois Fubuki en service dans la marine impériale. En effet, le Miyuki à été perdu le 9 juin 1934 lors d’une collision avec l’Inazuma. Si l’Inazuma n’à été que légèrement endommagé, le Miyuki à sombré (le bilan est incertain, on parle de cinq morts).

Ces destroyers vont à la fois escorter des grandes unités (cuirassés, croiseurs de bataille, porte-avions) les protégeant contre les avions, les sous-marins et les destroyers ennemis. Ils vont aussi participer à une véritable guerilla navale notamment dans les Salomons avec le célèbre «Tokyo Express», des destroyers ravitaillant de nuit les garnisons japonaises.

Deux navires seulement vont survivre au conflit, les Ushio et Ibiki, le premier utilisé par la marine chinoise jusqu’en 1972 et le second capturé par les américains en Corée puis cédé aux soviétiques en 1955.

Les vingt et un navires restant sont donc perdus durant le conflit. Trois sont perdus aux Philippines suite à une attaque aérienne menée par le Yorktown (Shirayuki) ou lors d’un combat entre le croiseur léger Nagara et quatre destroyers opposés au Boston et à trois destroyers (Shirakumo Ayanami), un autre est perdu lors de la bataille du Golfe de Thaïlande les 3 et 4 avril (Uranami)

Trois autres sont coulés durant la campagne des Salomons dans des duels épiques avec leurs homologues américains (Hatsuyuki Yugiri Amagiri) réduisant donc la flotte à dix-neuf unités.

Lors de l’offensive américaine contre la Nouvelle-Guinée, le Murakumo est coulé par l’aviation embarquée ennemie, le Usugumo est torpillé par un sous-marin américain et enfin l’Isonami est coulé lors d’un duel contre des destroyers américains.

Le Fubuki est coulé en Nouvelle-Guinée par l’aviation américaine en août 1952, le Shinonome est victime d’un sous-marin américain au large des Philippines en janvier 1953.

Les Shikinami et Asagiri sont coulés lors du débarquement américain aux Philippines, le premier par l’aviation et le second lors d’un duel contre des destroyers américains. Deux autres sont coulés dans les Mariannes, les deux par l’aviation embarquée, les Ikazuchi et Inazuma.

Lors de la sortie suicide du cuirassé Yamato et du croiseur lourd Tone, trois Fubuki participent à l’expédition, les Sagiri Oboro et Akebono. Si le Sagiri est coulé par un sous-marin et le Akebono par les destroyers accompagnant les cuirassés américains, le Oboro survit à cette sortie de février 1954. Replié à Sasebo, il sera coulé en avril 1954 par l’aviation embarquée américaine.

En avril 1954, les destroyers Sazanami et Akatsuki accompagnent le cuirassé Fuji et le croiseur léger Sukawa. Ils sont tous les deux coulés par l’aviation embarquée américaine.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1778 tonnes pleine charge 2090 tonnes à l’origine. Après le chavirage du Tomozuru, il est porté à 2050 tonnes standard et 2400 tonnes à pleine charge

Dimensions : longueur 118.5m largeur 10.4m tirant d’eau : 3.2m

Propulsion : deux turbines à vapeur à engrenages alimentées par 3 (Fubuki type III) ou 4 (Fubuki I et II) chaudières développant une puissance totale de 50000ch et actionnant deux hélices

Vitesse maximale : vitesse maximale 37 noeuds réduite après 1934 à 33-34 noeuds. Distance franchissable : 4350 miles nautiques à 15 noeuds

Armement :

12.7cm type 3 Year Gun.jpg

-6 canons de 127mm type 3 (modèle 1914) en trois tourelles triples type A (Fubuki type I) et type B (Fubuki type II et III) (une avant deux arrière)

-22 canons de 25mm modèle 1926 (type 96) en affûts simples doubles ou triples

-10 mitrailleuses de 13mm modèle 1923 (type 93) en affûts simples, doubles et quadruples

-9 tubes lance-torpilles de 610mm en trois plate-formes triples (la première entre les deux cheminées, la seconde derrière la cheminée n°2 et la troisième juste derrière de la tourelle n°3). Les destroyers embarquent 18 torpilles ce qui permet le rechargement après une salve.

-18 charges de profondeur.

Equipage : 197 officiers et matelots

Destroyers classe Hatsuharu

Hatsuharu.jpg

Le Hatsuharu

Avant-propos

Les six destroyers de classe Hatsuharu sont dérivés des Fubuki. Cependant entre-temps le traité de Londres à été signé (avril 1931), limitant le déplacement maximal des destroyers à 1850 tonnes (au delà c’est un croiseur).

Bien qu’estimant que ces traités les brident de manière injuste, les japonais se doivent pour l’instant de les respecter. Les nouveaux destroyers doivent donc être plus courts et plus légers que les Fubuki mais sans réduire de manière exagérée la puissance offensive.

C’est donc une véritable quadrature du cercle à laquelle vont être confrontés les architectes navals nippons. Ils réduisent l’armement en torpilles de neuf à six tubes (toujours en plate-formes triples), suppriment les torpilles de réserve et réduise également l’artillerie avec cinq canons de 127mm, quatre en tourelles doubles (une tourelle avant et une tourelle arrière) et un en une tourelle simple installée à l’avant. C’est d’ailleurs la première fois qu’un destroyer japonais disposent de deux affuts à l’avant.

En dépit de ces actions, les Hatsuharu se montrèrent très chargés dans les hauts et très instables, devenant dangereux par mer formée. Le chavirage du torpilleur Tomozuru puis l’incident impliquant des navires de la 4ème flotte (1934 et 1935) entraînèrent des modifications profondes pour tenter d’améliorer cette stabilité. En dépit de ces travaux, ces navires furent moins bien réussis que les Fubuki.

Initialement il était prévu douze navires mais au final les six derniers furent transformés en destroyers classe Shiratsuyu. Les six unités de classe Hatsuharu sont financés aux budgets 1931 et 1933.

Carrière opérationnelle

Les dates clés

-Le Hatsuharu («printemps précoce») est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 14 mai 1931 lancé le 27 février 1932 et mis en service le 30 septembre 1933.

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Le Nenohi

-Le Nenohi («nouvel an») est mis sur cale aux chantiers navals de l’Uraga Dock Company le 15 décembre 1931 lancé le 22 décembre 1932 et mis en service le 30 septembre 1933.

-Le Wakaba («jeunes feuilles/pousses») est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 12 décembre 1931 lancé le 18 mars 1934 et mis en service le 31 octobre 1934.

-Le Hatsushimo («premiers froids») est mis sur cale aux chantiers navals de l’Uraga Dock Company le 31 janvier 1933 lancé le 4 novembre 1933 et mis en service le 27 septembre 1934.

-L’Ariake («Aube») est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki implantés à Kobé le 14 janvier 1933 lancé le 23 septembre 1934 et mis en service le 25 mars 1935.

-Le Yugure («crépuscule») est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 9 avril 1933 lancé le 6 mai 1934 et mis en service le 30 mars 1935.

Les Hatsuharu aux combats

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Le Yugure à succombé aux torpilles et aux obus de 127mm des destroyers américains lors de la campagne des Salomons

Les six destroyers classe Hatsuharu sont coulés durant la guerre du Pacifique. Le Hatsuharu est coulé lors de la campagne de Malaisie lors de la bataille du Golfe de Thaïlande où il est torpillé par un destroyer néerlandais. Deux «anguilles» touchent le destroyer qui cassé en deux coule rapidement ne laissant qu’une poignée de survivants.

L’Ariake est coulé par l’aviation embarquée américaine lors de la campagne des Salomons, encaissant quatre bombes de 227kg qui entrainent l’explosion des torpilles et des charges de profondeur, coulant rapidement, ne laissant qu’une poignée de survivants.

Le Yugure est coulé lors de la campagne des Salomons, étant victime des obus de 127mm et des torpilles de destroyers américains lors de la véritable guerilla navale opposant les destroyers des deux flottes.

Le Nenohi est coulé lors de la campagne de Nouvelle-Guinée, étant victime de l’aviation embarquée américaine (deux torpilles et deux bombes) en août 1952.

Les deux derniers Hatsuharu (Wakaba Hatsushimo) sont engagés dans la sortie suicide du cuirassé Yamato et du croiseur lourd Tone et si le Wakaba est coulé par un sous-marin américain lors de l’approche vers le théâtre d’opérations Chine-Formose, le Hatsushimo se replie au Japon. Il sera coulé par l’aviation embarquée américaine à Kobe le 27 juillet 1945.

Carrière opérationnelle

Déplacement : standard 1530 tonnes

Dimensions : longueur 109.5m largeur 10m tirant d’eau 3.38m

Propulsion : deux turbines à engrenages Kampon alimentées en vapeur par trois chaudières développant 42000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 4000 miles nautiques à 14 nœuds

Armement : cinq canons de 127mm (quatre en affûts doubles _un à l’avant et un à l’arrière_ et un en affût simple à l’avant), deux canons de 40mm Vickers en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 610mm en deux plate-formes triples et dix-huit charges ASM

Peu avant le début du second conflit les canons de 40mm ont été remplacés par six canons de 25mm dont le nombre va progressivement augmenté entraînant le débarquement du canon de 127mm simple avant. Les charges ASM sont passés de dix-huit à trente-six

Equipage : 212 officiers et marins

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