Etats Unis (89) Bases et Arsenaux (3)

Pacific Fleet/Flotte du Pacifique

Puget Sound Navy Yard

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Comme nous l’avons vu, la marine américaine à d’abord construit six arsenaux sur la côte est (Portsmouth, Norfolk, New York, Boston, Philadelphie et Washington), s’appuyant sur ses installations pour opérer dans l’Atlantique.

Avec l’expansion des Etats-Unis, le besoin de bases sur la côte ouest se fait sentir. Pays à la mentalité de pionniers, les américains se cherchent un nouveau but maintenant qu’ils ont atteint la Frontière.

Les immenses espaces du Pacifique, les richesses de l’Asie impose la présence des américains, bien décidés à ne pas laisser les européens seuls sur ces marchés. Un premier arsenal est implanté à Vallejo en Californie en 1854 le Mare Island Navy Yard.

En 1891, la marine américaine achète des terrains dans le nord-ouest pour créer un nouvel arsenal en face de Seattle. Ce site est bordé au sud par Sinclair Inlet, à l’ouest par la base navale de Bremerton (Naval Station Bremerton), au nord et à l’est par la ville de Bremerton.

A sa création, le site est baptisé Navy Yard Puget Sound devenant en 1948 le Puget Sound Navy Yard puis Naval Shipyard en 1954.

Cet arsenal devient une infrastructure majeure de la marine américaine, disposant à la fin du conflit de quatre formes fixes et de six docks flottants.

Assurant le soutien technique des navires stationnés à Bremerton (dont deux porte-avions), le Puget Sound Navy Yard assure ravitaillement et réparations et durant le conflit va assurer ces mêmes missions pour les navires très endommagés. Des refontes majeures sont également menées après guerre ainsi que la construction de quelques navires neufs qu’il s’agisse d’auxiliaires ou de navires de combat.

Le site est toujours opérationnel en 2017. Depuis 2004, le Puget Sound Naval Shipyard, la Naval Submarine Base Bangor et la Naval Station Everett (la NS Bremerton à fermé au début des années quatre-vingt) ont fusionné pour former la Naval Base Kitsap. Cela ne change rien sur les infrastructures, seuls les organes de direction ont été bouleversés.

Naval Station Bremerton

Puget Sound 2

Implantée à l’ouest du Puget Sound Navy Yard, c’est le lieu de stationnement des navires affectés à Bremerton soit en septembre 1948, deux porte-avions (Hornet Bennington), un croiseur léger antiaérien (Oakland), huit destroyers de classe Gleaves, huit destroyers de classe Fletcher, deux ravitailleurs de destroyers (AD), un ravitailleur de munitions (AE), un transport de matériel (AK) et huit pétroliers (AO).

Cette base se compose de dépôts de ravitaillement, d’ateliers et de huit quais permettant l’amarrage de navires.

Cette base à fermé en 1985 au profit de la Naval Station Everett implantée au nord de Seattle sur un site mieux adapté. Le site n’est pas pour autant désaffecté puisqu’il accueille le Bremerton Naval Intermediate Ship Maintenance Facility (NISMF) qui accueillle les navires désarmés en attendant leur vente à la démolition, leur destruction comme cible ou leur transfert à une marine étrangère.

Naval Submarine Base Bangor

 

En 1942, les américains qui craignent une menace japonaise sur l’Alaska envisagent de créer une base sous-marine dans le nord-ouest du pays. Il s’agit d’éviter au navires du Silent Service un épuisant transit depuis San Diego.

Ce projet n’aboutit pas immédiatement mais pour ne pas être prise au dépourvue, l’US Navy achète un terrain situé au nord-ouest de Bremerton, aménageant des quais et une base temporaire comme pour marquer son territoire.

En 1945, un dépôt de munitions est installé et activé en septembre 1946 sous le nom de Naval Weapons Station Bangor, disposant d’obus, de torpilles, de bombes et de roquettes. Les quais sont étendus, les défenses renforcées.

En mars 1950, suite à l’entrée en guerre des Etats-Unis, l’US Navy décide de créer la Naval Submarine Base Bangor officiellement activée en septembre.

C’est d’abord une base tactique avec le ravitailleur de sous-marins USS Nereus (AS-18) qui reste jusqu’en septembre 1951. A cette date, les installations à terre sont suffisamment fortes pour se passer d’un submarine tender.

Cette base est toujours opérationnelle aujourd’hui, étant la seule base sous-marine de la côte ouest des Etats-Unis avec d’importants moyens de soutien et d’entretien.

Naval Magazine Indian Island

Dépôt de munitions de l’US Navy implanté sur les rives du Puget Sound. Ce site est complété par Bangor en 1945. Suite à des changements de priorité et l’évolution des normes de sécurité, le site est fermé en 1995, ne laissant que la Naval Weapons Station Bangor.

Fleet & Industrial Supply Center, Oakland

A la fin des années trente, l’US Navy s’inquiète d’un possible conflit contre le Japon. Plus encore que dans l’Atlantique, le Pacifique impose de terribles servitudes logistiques. En septembre 1940, la marine américaine achète un terrain à Oakland (en face de San Francisco) en vue d’aménager un point d’appui logistique.

Cette zone est gélée jusqu’en septembre 1948 quand le site est aménagé par la marine américaine, une base logistique avec des dépôts, des ateliers et des quais avec grues pour permettre le chargement des cargos qu’ils soient militaires et civils.

Ce site va être particulièrement actif pour envoyer dans le Pacifique des véhicules et du matériel voir parfois des munitions.

Site pérénnisé après le second conflit mondial et utilisé par le MSC, le Fleet & Industrial Supply Center Oakland est fermé en 1995. Plusieurs projets ont été étudiés mais rien n’à aboutit ce qui fait que le site est devenu une friche industrielle.

Long Beach Naval Shipyard

Long Beach Naval Shipyard 3.jpg

Le Fleet & Industrial Supply Center Oakland n’est pas la seule installation envisagée par l’US Navy pour améliorer ses capacités en cas de guerre dans le Pacifique.

A la fin des années trente, les seules installations d’entretien sont situées à Mare Island et au Puget Sound. Il manque un site en baie de San Francisco, un site bien équipé et bien aménagé.

En 1940 débute les travaux sur Terminal Island, une île située entre Long Beach et San Pedro à 23 miles (environ 56km) au sud de l’aéroport international de Los Angeles. Il s’étend sur 87 hectares dont 48 occupés par des installations industrielles.

L’arsenal compte 165 bâtiments, trois formes de radoub et cinq quais représentant 38km de linéaires équipés de grues, les plus petites pouvant soulever 23 tonnes, les plus puissantes 61 tonnes. Des grues flottantes peuvent soulever de 23 à 102 tonnes.

Le site devient actif en 1943 sous le nom de US Naval Drydcok. Uitilisé durant le second conflit mondial, il assure de nombreuses réparations sur des navires trop gravement endommagés pour être réparés par les Advanced Repair Base. Il assure également les grands carénages.

Initialement, il était prévu de le désactiver à la fin du conflit mais au final le site est maintenu actif jusqu’en 2000 quand il est fermé.

Rebaptisé Terminal Island Naval Shipyard en juin 1954, il devient trois ans plus tard le Long Beach Naval Shipyard,nom qu’il va conserver jusqu’à sa fermeture.

Le site est reconverti dans l’industrie légère, les nouvelles technologies. Les formes sont utilisés pour la réparation navale voir pour la démolition comme le site du Mare Island Navy Yard.

Mare Island Naval Shipyard

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C’est une lapalissade de le dire mais la géographie impose à un état sa stratégie qu’elle soit terrestre, navale ou un mélange des deux. Pays-continent, les Etats-Unis d’Amérique atteignent en quelques décennies les rives du Pacifique.

Problèmes les bases et les installations d’entretien sont concentrées sur la côte est et à l’époque, le canal de Panama n’existe encore qu’en songes.

Impossible de déployer des navires dans le Pacifique sans base de ravitaillement et de réparations, sans une rade pour s’abriter.

Suite à la guerre américano-mexicaine, les américains s’emparent de la Californie qui ne manque pas de sites où implanter une base navale. En janvier 1852, une demande officielle est faite pour trouver une base navale sur la côte Pacifique. Le site de Vallejo est choisit six mois plus tard.

Le Mare Island Naval Shipyard situé à 25 miles au nord-est de San Francisco à Vallejo (séparé de la ville par la Napa River) entre en fonction en 1854.

Cet arsenal dispose d’un hôpital, de dépôts de munitions, de dépôts de charbons, de laboratoires et d’école. Outre l’entretien, le Mare Island Naval Shipyard construit des navires y compris un cuirassé, le USS California (BB-44). Peu à peu le site se spécialise dans la construction de sous-marins.

A son apogée, le site possède trois cales de construction, deux formes de radoub et reçoit des docks flottants que le site construit sous forme d’éléments de 50m de long et de 10000 tonnes, ensembles assemblés en fonction des besoins.

Fermé en 2000, le site n’est pas pour autant abandonné, les formes étant régulièrement louées pour des chantiers de réparation navale mais également des démolitions de navires.

Hunters Point Naval Shipyard

San Francisco Naval Shipyard 10.jpg

Installé à San Francisco, cet arsenal fermé en 1994 à eu une existence avant même son acquisition par l’US Navy. En effet, le premier site de construction navale à ouvert dès 1870, un site propriété de Union Iron Works Company qui avec ses deux formes pouvait accueillir les plus gros navires de l’époque.

A une date que j’ignore, le site à été repris par la Bethlehem Shipbuilding Company qui assurait l’entretien de navires civils comme de navires militaires, l’US Navy l’utilisant car plus facile d’accès que Mare Island notamment pour les plus grosses unités.

Disposant de trois docks, il joue un rôle capital durant le second conflit mondial, tellement capital que l’US Navy qui l’avait anticipé avait racheté le site en 1948, le chantier étant alors rebaptisé Hunters Point Naval Shipyard.

Durant le second conflit mondial (1948-1954), le chantier sert de chantier pour les grosses réparations, les refontes, bref tous les travaux que ne pouvaient réaliser les Advanced Repair Bases comme Nouméa ou Guadalcanal.

Après guerre, le site continue ses missions d’entretien et de refonte. En 1977, suite à la fin du conflit vietnamien, l’US Navy décide de se séparer de ce site. En 1980, elle annonce la fermeture du chantier mais six mois plus tard, en mars 1981, elle annonce son maintien et sa cession à une compagnie de réparation navale, la California Shipping Repair Inc qui va assurer la gestion du site jusqu’en 1996, date à laquelle la compagnie fait faillite.

Une ultime tentative de vente du site à une compagnie de réparation navale néerlandaise échoue (les travaux de modernisation et de dépollution auraient été beaucoup trop couteux) et le site ferme définitivement le 14 mars 2000.

Rien ne se passe jusqu’en septembre 2005 quand un conglomérat d’industriels de San Francisco rachète le site pour le transformer. Après la dépollution et la démolition de certains bâtiments, le site pourrait être transformé en zone commerciale ou de bureaux avec une volonté de conserver la mémoire industrielle du site par exemple en conservant une ou plusieurs formes de radoub.

Naval Station San Diego

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Avec ses treize quais, ses 3.95km² de terre et de 1.32km² d’eau, la base navale de Californie est l’un des principaux point d’appui de la Pacific Fleet avec Pearl Harbor et Bremerton. Elle est pourtant la plus récente….. .

En 1918, le site de la futur Naval Station San Diego est occupée par la Pacific Maritime Construction, une entreprise qui connaissait des difficultés financières depuis la fin du conflit et la baisse des commandes.

Souhaitant se séparer de son site de la 32ème rue, la Pacific Maritime Construction négocie pour cela avec la ville de San Diego. L’US Navy qui cherchait à développer ses infrastructures sur la côte ouest se montre très intéressée par le site tout à fait adapté au développement d’une base navale.

Le temps de négocier et de régler les différents problèmes administratifs et les travaux peuvent commencer dès octobre 1921. le 23 février 1922 est officiellement ouverte la U.S Destroyer Base San Diego, le nouveau site californien devant servir dans un premier temps à accueillir les destroyers désarmés en surplus.

Peu à peu le site évolue. Doté d’un hôpital, d’une base aéronavale (NAS North Island), d’une prison, d’ateliers et de dépôts, il dispose de faibles capacités d’entretien, les gros travaux devant avoir lieu au Long Beach Naval Shipyard et au Mare Island Navy Yard.

Au début des années quarante, les américains décident d’augmenter les capacités de la base sud-californienne pour permettre l’accueuil de cuirassés et de porte-avions.

La taille des ateliers et des dépôts est augmentée, NAS North Island est agrandie en gagnant des terres sur la mer mais surtout des docks flottants sont construits à Mare Island pour rendre plus autonome l’US Destroyer Base San Diego.

Après la livraison d’un dock flottant de 3000 tonnes (pour les destroyers) et de trois de 1000 tonnes (pour les unités légères), l’US Repair San Diego _nouveau nom depuis 1943_ recevant en 1946 un dock de 30000 tonnes capable de caréner un porte-avions. Le projet de construire un dock flottant de 70000 tonnes ne se concrétise pas jusqu’à la guerre.

Quand le second conflit mondial éclate, l’US Repair San Diego assure des travaux d’entretien, de modification mais également des réparations de navires endommagés. Il produit également des docks flottants, des éléments de 50m et de 10000 tonnes de capacité qui assemblés pourront accueillir un cuirassé dans les inombrables Advanced Repair Base.

Le conflit terminé, San Diego continue d’être une base importante de la marine américaine dans le Pacifique. De nouveaux travaux sont réalisés notamment l’extension de NAS North Island et la pérénisation de NAB Coronado, un centre d’entrainement aux opérations amphibies.

Les capacités d’entretien ont été accrues pour compenser la fermeture de deux des trois arsenaux de la côte ouest en l’occurrence Mare Island Navy Yard et le Long Beach Naval Shipyard même si ces sites loués à des entreprises de réparation navale pourraient très bien assurer des travaux sur des navires de l’US Navy, assurant déjà ceux sur des navires du Military Sealift Command (MSC), l’équivalent américain de la Royal Fleet Auxiliary (RFA) même si ses moyens sont bien plus importants.

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