22-Armée de terre : armement et matériel (15)

D-Artillerie lourde

Canons de 194GPF (Grande Puissance Filloux)

Canon de 194mm sur affût chenillé.

Canon de 194mm sur affût chenillé.

Dès que le front s’est stabilisé, l’obsession des deux camps est d’obtenir la percée au travers d’une bataille décisive qui réglera définitivement la question.

A plusieurs reprises en 1915 et 1917, les alliés au prix de lourdes pertes ont obtenu la percée mais ont été incapables de l’exploiter, la faute à une artillerie incapable de suivre l’infanterie dans un sol bouleversé par ses obus………. .

L’idée est donc de créer une artillerie capable de suivre l’infanterie dans un sol difficile et là seule la chenille peut être utilisée. Deux types de matériels vont être conçus : des matériels de grosse destruction ou GD et des pièces courtes sur affût chenillé.

La première pièce à être montée sur un affût chenillé est le 120L de Rimailho sur un affût unique mais cela ne va pas plus loin que le prototype tandis que l’installation d’un canon de 155GPF sur un affût chenillé type Caterpillar ne dépasse pas le prototype, la fabrication de 130 exemplaires étant annulée par l’Armistice.

C’est finalement son grand frère de 194mm qui va voir le jour, un canon qui dans sa version tractée (non produite en série à cause de l’Armistice) partage le même affût va être produit en série sous la forme de deux chassis chenillés, un avant-train transportant les munitions et produisant l’électricité nécessaire pour remorquer l’affût arrière qui porte le canon, les deux chassis pouvant être séparés lors de la mise en batterie.

Soixante-quinze matériels chenillés d’exploitation sont commandés en 1918 répartis entre 25 mortiers de 280mm et 50 canons de 194GPF. L’armistice aurait pu lui porter un coup fatal mais la production est trop avancée pour l’annuler et les soixante-quinze matériels seront livrés et utilisés durant toute l’entre-deux-guerre.

Avant la mobilisation d’août/septembre 1939, cet automoteur est mis en œuvre par le 184ème Régiment d’Artillerie Lourde à Tracteurs (RALT) de Valence au sein du troisième groupe.

A la mobilisation, le 184ème RALT donne naissance à trois régiments dont le 184ème RALT (ou Régiment d’Artillerie Lourde Portée Automotrice) qui met en œuvre ses canons avec trois groupes à deux batteries de quatre pièces soit vingt-quatre canons en ligne. Deux canons sont en service dans un RAP du sud-Est.

Ces canons seront toujours en service en septembre 1948, le 184ème RALT étant intégré à la Réserve Générale, ces automoteurs lents et peu mobiles ne devant plus servir d’artillerie d’exploitation mais d’artillerie de corps d’armée ou d’armée.

A l’origine, le 194GPF était donc une pièce tractée. Dix canons de ce type ont été produits en 1919 mais stockés sans que leur mise en service ait été envisagée.

Il semblait donc dit que le 194 GPF n’allait être qu’une pièce automotrice mais c’était sans compter l’obstination du général Villeneuve qui décida de relancer la production de cette pièce dans une version modernisée avec l’affût Touzard qui équipait déjà le 155 GPF modernisé.

C’était tout sauf une aberration car les deux canons partageaient le même affût, il n’y avait donc aucun travail supplémentaire à faire pour modifier l’affût et lui permettre de recevoir un canon tirant de respectables obus de 78 ou 84kg.

C’est en 1944 que la décision est prise de reprendre la production de ce canon pour équiper à la mobilisation deux régiments d’artillerie lourde de grande puissance, les 175ème et 176ème RALGP qui doivent disposer chacun de 36 canons répartis en trois groupes de trois batteries de quatre pièces soit 72 canons en ligne et 34 canons stockés (les 10 produits en 1919 et les 24 de la nouvelle production).

Ces canons sont livrés entre janvier 1946 et mars 1947 et stockés sont donc mis en service en septembre 1948 avec deux régiments de mobilisation qui intègrent la réserve générale.

Ce canon va également équiper les 302ème RALPol et 304ème RALPol à raison de trois groupes chacun soit un total de soixante-douze pièces.

Caractéristiques du 194 GPF version automotrice

Calibre : 194mm Poids en batterie 29600kg Poids de l’obus : (modèle 1921) 78.83kg (modèle 1920) 84.88kg  Longueur de la pièce : 6.499m  Portée maximale : 20800m  Pointage en site : 0° à +40° Pointage en azimut : 360°  Cadence de tir : 1 coup /minute pour la version automotrice Equipe de pièce : inconnue
Caractéristiques Techniques du 194GPF

Calibre : 194mm Poids en batterie 16000kg Poids en transport 18500kg (transport en deux voitures,une pour l’affût de 10500kg et l’autre pour le canon de 8000kg)  Poids de l’obus (modèle 1916) 83.5kg (modèle 1946) 82kg  Longueur de la pièce : 6.499m  Portée maximale : 20800m  Pointage en site : 0° à +40° Pointage en azimut : 30° de chaque côté  Cadence de tir : 2 coups /minute pour la version automotrice Equipe de pièce : inconnue.

Mortier de 220TR Schneider

Après l’échec allemand sur la Marne et la conclusion infructueuse de la course à la mer, le front se stabilise sur 700km de la mer du Nord à la frontière suisse. Les premières tranchées assez sommaires deviennent ensuite de véritables complexes de mieux en mieux protégés contre l’artillerie qui ne cesse de se renforcer notamment côté français où le manque de pièces lourdes avait été un handicap certain.

Fin 1914, le calibre le plus important de l’artillerie du champ de bataille est le 155mm en l’occurence l’obusier de Rimailho, l’un des grands ingénieurs artilleurs français, l’égal d’un De Bange, d’un Filloux ou plus ancien d’un Baquet ou d’un Gribeauval. Ce canon devient incapable de détruire les abris renforcés construits par les allemands, nécessitant un calibre plus important.

La firme Schneider du Creusot propose un mortier TR (Tir Rapide) inspiré là encore d’une arme produit pour la Russie (qui reconstruit totalement son artillerie après l’humiliation de la guerre russo-japonaise) de calibre 228.6mm (9 pouces), une arme dite de siège parfaitement adaptée à la nouvelle forme de guerre qui peut être assimilée à un gigantesque siège linéaire.

L’artillerie française avait bien des pièces anciennes de 220mm, une pièce type De Bange mais ce matériel déployé à 190 exemplaires au maximum était ancien et lent. On s’orienta rapidement vers la mise au point d’une pièce nouvelle, le Schneider 220TR modèle 1916.

Le mortier est présenté courant 1915 et une première commande de quarante exemplaires est passée le 20 octobre 1915, les premiers exemplaires étant recettés en octobre 1916. Ces matériels sont connus sous le nom de modèle 1915 suivit d’une version améliorée, le modèle 1916 produit à 326 exemplaires, portant le total à 376 pièces même si seulement 272 étaient en ligne.

Durant l’entre-deux-guerre, seul le 196ème régiment d’artillerie lourde à tracteurs met en œuvre ce mortier avec quatre groupes à trois batteries de quatre pièces soit un total de 48 mortiers en ligne, les autres étant stockés.

A l’origine, ce canon était transporté en deux voitures, une voiture mortier (4380kg ou 4970kg) et une voiture affût (semblable au 155C) pesant 5195kg ou 5712kg soit un total de 9575 et 10682kg.

La mise en service de tracteurs lourds Latil permet de remorquer le mortier en un seul bloc ce qui réduit considérablement le délai de mise en batterie.

A la mobilisation de septembre 1939, le 196ème RALT participe avec différents CMA à la mise sur pied de nouveaux régiments équipé de ce mortier puissant tout à fait capable de faire bonne figure dans ce conflit :

-Le 190ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 1. Equipé de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 191ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 1. Equipé de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 192ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 314. Equipé de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 194ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 15. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.
-Le 195ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 15. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.

-196ème régiment d’artillerie lourde tractée (de guerre) : stationné à Bordeaux, il dispose de quatre groupes équipés de canons de 220C. Il est affecté à la Réserve Générale.

-Le 197ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 318. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.

Soit un total de vingt-huit groupes à douze canons soit un total de 336 mortiers en ligne au sein du RALT auxquels s’ajoutent douze mortiers au 165ème RAP soit 348 mortiers en ligne

A l’issue de la démobilisation, trois régiments sont préservés, le 196ème RALT ainsi que deux régiments de mobilisation, les 190ème et 192ème RALT soit un total de douze groupes à trois batteries de quatre pièces soit 144 mortiers en ligne.

En août 1948, les quatre régiments dissous à l’été 1940 sont réactivés, rétablissant le nombre de mortiers en ligne soit 336 pièces, les régiments étant affectés à la Réserve Générale et mis à la disposition des armées voir des corps d’armée notamment pour une future offensive contre l’Allemagne prévue à l’été ou l’automne 1949.

Caractéristiques du mortier de 220TR Schneider

Calibre : 220mm Poids en batterie : 7455kg pour le modèle 1915 7792kg pour le modèle 1916 Poids de l’obus : (modèle 1915) 100.5kg Longueur de la pièce : 2.266m Portée maximale : 10800m Pointage en azimut : 6° Pointage en hauteur : +10° à +65° Cadence de tir : 2 coups en trois minutes Mise en batterie : 2 heures

Canon de 220L Schneider modèle 1917
Le 220L modèle 1917 est un matériel long destiné à l’action lointaine. Mis au point à la fin du premier conflit mondial, il n’à été produit qu’à fort peu d’exemplaires, 56 en l’occurence mis en œuvre au moment de la guerre de Pologne par les 173ème et 174ème RALGP, chaque régiment disposant de trois groupes à deux batteries de quatre pièces soit 36 canons en ligne auxquels s’ajoutent deux canons au 151ème RAP et deux autres au 166ème soit un total de 40 canons en ligne.

Suite à la démobilisation, les deux régiments d’artillerie lourde tractée équipés de cette pièce sont mis en sommeil et les canons confiés aux bons soins du 172ème RALGP avec deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit vingt-quatre canons en ligne.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, les 173ème et 174ème RALGP sont réactivés avec trois groupes à deux batteries de quatre pièces soit  un total de 48 canons en ligne plus les canons mis en œuvre par les deux RAP.
Caractéristiques du mortier de 220L Schneider modèle 1917

Calibre : 220mm Poids en batterie : 25880kg (remorquage en deux colis) Poids de l’obus :  104.75kg Longueur du tube : 7.67m (34.9 calibres) Portée maximale : 22800m Pointage en azimut : 20° Pointage en hauteur : 0° à +37° Cadence de tir : 2 coups en trois minutes Mise en batterie : 6 heures

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21-Armée de terre (67)

161ème régiment d’artillerie de position

Canon de 105mm modèle 1913S dans un musée finlandais

Canon de 105mm modèle 1913S dans un musée finlandais

Ce régiment est mobilisé en août 1939 à Valenciennes et à Maubeuge avec pour noyau actif le 7ème groupe du 15ème RAD de Douai. Ce régiment va mettre sur pied pas moins de quatre groupes de position repartis le long de la frontière belge.

-Le 1er groupe affecté au Secteur Fortifié de l’Escaut et au Secteur Défensif des Flandres dispose de trois batteries avec un total de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, 4 canons de 105L modèle 1913S et 8 canons de 155L modèle 1877.

-Le 2ème groupe affecté au SF Maubeuge (future 101ème DIF) assure l’appui du 87ème RIF avec trois batteries cumulant dix canons de 75mm modèle 1897 dont deux en casemates, huit canons de 155L modèle 1877, quatre canons de 105L modèle 1913S et huit canons de 120L modèle 1878.

-Le 3ème groupe affecté lui aussi au SF de Maubeuge en appui du 84ème RIF dispose de trois batteries soit un total de quatre canons de 105L modèle 1913S, 8 canons de 120L modèle 1878, 8 canons de 155L modèle 1877 et 8 canons de 75mm (sept modèle 1897 et un modèle 1897/33).

-Un 4ème groupe est mis sur pied avec deux batteries, la 10ème disposant de huit canons de 75mm modèle 1897 et la 11ème battterie disposant de douze canons du même modèle mais employé en antichar.

Suite à la démobilisation, le régiment est maintenu dans les secteurs où il était stationné durant la guerre de Pologne mais il réduit son format et se réorganise. Dans le Secteur Fortifié des Flandres, les 10ème et 11ème batteries sont maintenues en ligne avec avec seulement six pièces chacune.

Le 1er groupe déployé au sein du SF Escaut aligne désormais 16 canons de 75mm modèle 1897 en deux batteries et une batterie équipée de huit canons de 105L modèle 1913S, eux aussi montés sur un train de roulement moderne.

Si le 3ème groupe est dissous et les pièces stockées, le 2ème groupe est maintenu en ligne avec de 16 canons de 75mm modèle 1897 (deux batteries) et une batterie de 8 canons de 105mm modèle 1913S (une batterie).

A la mobilisation d’août 1948, le 4ème groupe déployé dans les Flandres prend en charge une partie de la défense côtière et reçoit pour cela une batterie de huit canons de 155mm GPF en plus de deux batteries de huit canons de 75mm modèle 1897.

Si le 1er et le 2ème groupe ne changent pas, le 3ème groupe est réactivé avec huit canons de 105L modèle 1913S.

162ème régiment d’artillerie de position

Ce régiment est mobilisé à Grenoble et à Tournoux en août 1939 avec comme noyau actif, la 5ème batterie du 2ème groupe du 154ème RAP. Il est affecté au Secteur Fortifié du Dauphiné.

Il est composé d’un 1er groupe dissous en février 1940 pour former le 4ème groupe du 164ème RAP, un 2ème groupe regroupant les batteries 4, 5 et 6 disposant de canons de 65mm, de 75mm, de 105 et de 155mm, tractés ou en casemates, d’un troisième groupe avec les 7ème et 8ème batteries disposant de canons de 65mm, de 95mm ; de 105 et de 155mm et d’un groupe d’ouvrages avec les 9ème, 11ème, 12ème, 13ème et 14ème batteries.

Dissous le 7 août 1940, le 162ème RAP est reconstitué avec un groupe d’ouvrage et deux groupes disposant chacun de trois batteries : une batterie de 75mm, une batterie de 105mm et une batterie de 155mm GPFT.

163ème régiment d’artillerie de position

Le 163ème régiment d’artillerie de position est officiellement créé à Metz à partir de l’ancien 153ème régiment d’artillerie à pied et complété par des éléments du 281ème régiment d’artillerie lourde à tracteur.

En 1931, elle dispose de trois groupes de 280mm modèle 1914 et le 15 avril 1933 intègre la Région Fortifiée de Metz. Le 15 avril 1934, trois nouvelles batteries sont créées et le 16 mars 1936, le 163ème régiment d’artillerie à pied devient régiment d’artillerie de position.

A ce moment là, le régiment dispose d’un 1er groupe de position (trois batteries) affecté au SF de Faulquemont, les 2ème et 3ème groupes (ouvrages et position) au SF du Boulay et le 4ème groupe de position à deux batteries à la position de barrage de Metz.

A la mobilisation d’août 1939, le 163ème RAP donne naissance à trois régiments de guerre en l’occurence le 153ème RAP, le 163ème et le 165ème RAP.

Le 163ème RAP (parfois appelé également Régiment d’Artillerie de Forteresse) comporte trois groupes, tous affectés au Secteur Fortifié de Faulquemont avec un 1er groupe appuyant le 156ème RIF (une batterie de 75 et une batterie de 155mm), un 2ème groupe appuyant le 160ème RIF avec deux batteries de 75mm et un 3ème groupe destiné à l’artillerie lourde longue portée avec trois batteries disposant de canons de 155mm et une batterie  chargée d’armer les ouvrages.

Ce régiment est pérennisè après la démobilisation et à la mobilisation d’août/septembre 1948, il reste déployé dans le Secteur Fortifié de Faulquemont.

164ème régiment d’artillerie de position

Le 164ème régiment d’artillerie de position est mobilisé à partir du 25 août 1939 avec un noyau actif fournit par le 1er groupe du 154ème RAP et affecté au Secteur Fortifié de Savoie à l’exception de la 1ère batterie déployée dans le Secteur Fortifié du Rhône.

Les 1er et 2ème groupes sont déployés en Maurienne, le 3ème puis un 4ème groupe (créé en janvier 1940) sont déployés en Tarentaise. Comme les autres RAP, le régiment d’un matériel assez hétéroclite avec des canons de 75mm (modèle 1897), de 105mm (modèle 1913), de 155mm (C et L), de 145/155 modèle 1916, de canons de 95mm, de mortiers de tranchée 150T modèle 1917…… .

Suite à la démobilisation, la 1ère batterie du 164ème RAP reste détachée dans le SF du Rhône avec néanmoins des moyens réduits en l’occurence, les trois canons de 105mm et les quatre canons de 155mm, le Fort l’Ecluse étant mis en sommeil.

Le reste du 164ème RAP reste déployé dans le Secteur Fortifié de Savoie avec seulement les 2ème et 3ème batterie du 1er groupe, le 2ème et le 3ème groupe, le 4ème groupe étant dissous.

A la mobilisation d’août 1948, le 164ème RAP est totalement réorganisé avec quatre groupes,  deux groupes de 75mm, un groupe de 155mm et un groupe antichar mixte (75 et 47mm).

165ème régiment d’artillerie de position

Le 165ème RAP est mobilisé à la fin du mois d’août 1939 par le CMA 46 de Metz à partir d’un noyau actif fournit par le 163ème RAP. Avec le 1er groupe du 160ème RAP, il assure avec ses trois groupes la défense de la place de Metz.

Il dispose comme armement des pièces d’artillerie des forts ex-allemands (74 canons de 100 et de 150mm), des canons de 120L modèle 1878, des mortiers de 75T pour la défense rapprochée des forts et 12 canons de 75mm utilisés comme pièces antichars (position de barrage de Metz)

Devant également mener des missions offensives contre la ligne Siegfried, il reçoit des pièces lourdes avec 12 canons Schneider 220C (1er groupe) et 8 mortiers de 280 au sein du 3ème groupe, le 2ème groupe recevant ultérieurement quatre mortiers de 370mm Filloux.

Après la démobilisation, il est pérennisè sous une forme réduite. Les forts allemands sont mis en sommeil entrainant la dissolution du 1er groupe. Le 2ème groupe dispose de trois batteries de huit canons de 120L De Bange modèle 1878 puis de canons de 105L modèle 1913S et le 3ème groupe disposant d’une batterie de huit canons de 75mm et d’une batterie de douze canons de 47mm destinés à la lutte antichar.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, le 1er groupe est réactivé, les effectifs des 2ème et 3ème groupe sont complétés avec pour le 3ème groupe une troisième batterie de huit canons de 75mm.

Un 4ème groupe est créé en octobre 1948 avec des pièces puissantes en l’occurence les canons de 220mm et les mortiers de 280mm déjà présents en 1939/40 et ressortis des dépôts pour l’occasion.

166ème régiment d’artillerie de position

Le 166ème régiment d’artillerie de position est créé le 1er septembre 1937 à partir du 5ème groupe du 155ème RAP ainsi que d’éléments des 12ème et 59ème RA. Affecté au Secteur Défensif de la Sarre, il dispose d’un état-major et de trois groupes.

A la mobilisation, il se dédouble pour former trois régiments : le 49ème RAMRF à partir du 1er groupe, le 150ème RAP à partir du 3ème groupe et le 166ème RAP à partir du 2ème groupe.

Le 166ème RAP de guerre compte trois groupes à trois batteries et une section de transport hippomobile et est affecté au Secteur Défensif devenu en mars 1940 Secteur Fortifié de la Sarre.

Le 1er groupe dispose de 8 canons de 75mm et 16 canons de 155mm, le 2ème groupe de 20 canons de 75mm (dont quatre en casemates) et de 8 canons de 155mm et le 3ème groupe d’un parc hétéroclite avec 12 canons de 120L modèle 1878, 12 canons de 155mm, deux canons de 220mm modèle 1917 et 2 mortiers de 280mm.

A la démobilisation, ce régiment est maintenu en ligne avec des moyens plus réduits, les pièces lourdes étant stockées, les canons de 120L trop usés étant feraillés, ne laissant en ligne que les canons de 75mm et de 155mm. Quand le régiment mobilise en août 1948, seules les pièces lourdes sont remises en service.

167ème régiment d’artillerie de position

Le 167ème régiment d’artillerie de position est mis sur pied en août 1939 à partir d’un noyau actif incarné par le 3ème groupe du 157ème RAP.

Affecté au SFAM (Secteur Fortifié des Alpes Maritimes), il dispose de trois groupes, le 1er groupe à deux batteries (canons de 65 et de 155mm), le 2ème groupe à trois batteries (canons de 65, de 105 et de 155mm), un 3ème groupe à deux batteries _une d’ouvrage et une équipée de canons de 65 et de 155mm_ et enfin d’un quatrième groupe avec deux batteries d’ouvrages et une batterie de position elle aussi équipée de canons de 65 et de 155mm.

A la démobilisation, ce régiment d’artillerie de position est mis en sommeil. Il est réactive le 30 août 1948 avec un premier groupe qui concentre sous son autorité les batteries d’ouvrage, un deuxième groupe disposant de deux batteries de huit canons de 75mm modèle 1897 et un troisième groupe disposant de trois batteries de huit canons de 155L modèle 1877 et 155C modèle 1917.

168ème régiment d’artillerie de position

Le 168ème RAP est mis sur pied en août 1939 à Haguenau et Sarrebourg par le CMA 220 à partir d’un noyau actif, le 5ème groupe du 155ème RAP. Le nouveau régiment est affecté au Secteur Fortifié des Vosges devenu un temps le 43ème CAF.

Il est composé d’un 1er groupe à trois batteries (une de 75mm et deux de 155C) et d’un 2ème groupe à trois batteries de 155mm. Ce régiment est pérennisè à la démobilisation, sa structure n’évolue pas jusqu’à la mobilisation de septembre 1948 quand un 3ème groupe est activé avec deux batteries de 8 canons de 105L modèle 1913S.

169ème régiment d’artillerie de position

Sans le déclenchement de la guerre de Pologne, la création d’un 169ème RAP aurait été mené à pied  avec un groupe hippomobile, un groupe à pied et une batterie d’ouvrage.

Finalement, le 169ème RAP est mis sur pied à la mobilisation par le CMA 2 à Stenay et Sedan avec pour noyau actif le 7ème groupe de position du 17ème RAD. Il forme l’artillerie du Secteur Fortifié de Montmedy avec un seul et unique groupe disposant de deux batteries de 155mm, une batterie de 120L De Bange, six batteries de 105mm, une batterie d’ouvrages armant des forts de la région de Verdun et une section de transport automobile ou STA.

Maintenu en ligne après la démobilisation, le 169ème RAP est réorganisé en 1942 avec deux groupes, un premier groupe équipé d’une batterie de 155mm et deux batteries de 105mm et un deuxième groupe avec deux batteries d’ouvrages, une pour les forts de Verdun et un autre pour les casemates du SF Montmedy et une batterie de 105mm.

A la mobilisation d’août 1948, une batterie de douze canons de 47mm modèle 1937 est intégrée au régiment pour renforcer la défense antichar du secteur.

170ème régiment d’artillerie de position

Le 170ème RAP est mis sur pied à la mobilisation à partir du 1er groupe du 159ème RAP avec deux groupes :

Le 1er groupe affecté au Secteur Fortifié de Colmar (future 104ème DIF) dispose d’une 1ère batterie avec 12 canons de 75mm modèle 1897 et une 2ème batterie équipée de 4 canons de 120L modèle 1878, 4 canons de 155L modèle 1877 et 4 canons de 155C Saint Chamond modèle 1915.

Le 2ème groupe affecté au Secteur Fortifié du Jura (futur 45ème CAF) dispose d’une 3ème batterie avec 4 canons de 75mm, 4 canons de 90mm et 4 canons de 155C Saint Chamond modèle 1915, une 4ème batterie avec 4 canons de 155C Schneider modèle 1917, deux canons de 155L modèle 1877 et deux canons de 75mm modèle 1897.

La 5ème batterie dispose de 4 canons de 155C et 4 canons de 75mm modèle 1897 et la 6ème batterie dispose de 4 canons de 155C modèle 1917 et 4 canons de 155L modèle 1877.

Le 1er groupe est maintenu après la démobilisation mais le 2ème est dissous, laissant la région du Jura sans couverture.

Ce n’est qu’à la mobilisation que le 170ème RAP renait comme véritable régiment, le 1er groupe participant à la mise en place de deux groupes d’artillerie de position tout en restant déployés à Colmar.

Ces deux groupes déployés dans le Jura disposent chacun d’une batterie de huit canons de 155mm, de deux batteries de 75mm et d’une batterie antichar à canons de 47mm. Ultérieurement, une batterie d’artillerie lourde équipée de canons de 240mm modèle 1884/44 intégrera le 2ème groupe pour renforcer les défenses du secteur.