Scandinavie (34) Danemark (5)

Monarques de Danemark-Norvège : miscellanées

De 1523 à 1814, onze rois danois se succèdent à la tête du Royaume de Danemark-Norvège. Si en France la majorité des rois se sont appelés Louis et Charles (respectivement dix-huit et dix), au Danemark les noms royaux les plus choisis sont Frédéric (huit) et surtout Christian (dix).

De 1448 à 1863 c’est la Maison d’Oldenburg qui dirige le royaume de Danemark-Norvège avant de céder la place à la Maison de Schleswig-Holstein-Sonderbug-Glücksburg à partir de 1863.

Frédéric 1er (1523-1533) 5

Le premier roi de notre période est Frédéric 1er qui règne de 1523 à 1533. Dernier roi de Danemark catholique, il était roi de Norvège sans jamais y avoir été couronné et sans jamais s’y être rendu.

Son titre était d’ailleurs explicite : roi de Danemark, des Vends, des Goths et roi élu de Norvège. Bien que favorable à la Réforme il veille à un passage en douceur et fait tout pour éviter un conflit ouvert entre catholiques et protestants. Néanmoins les forces centrifuges vont s’accumuler et vont exploser sous le règne de son successeur.

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Christian III roi de Danemark de 1534 à 1559 et de Norvège de 1537 à 1559 est le roi qui fait définitivement passer le Danemark à la Réforme.

Le luthéranisme devient religion d’état et comme il est un protestant convaincu il montre nettement moins de compréhension que son père qui était semble-t-il moins convaincu de changer de religion (ou alors plus soucieux de la paix civile). Le protestantisme s’impose donc au Danemark de manière brutale et jusqu’au 17ème siècle il ne faisait pas bon d’être catholique.

Il veille également à garder autant que possible le Danemark en dehors des conflits extérieurs, adoptant une certaine neutralité qui annonçait la politique des états scandinaves.

Frédéric II (1559-1588) 26

Frédéric II lui succède. Il est roi de Danemark et de Norvège de 1559 à 1588 mais aussi duc de Schleswig de 1559 à 1588. A la différence de son père il est plus intéressé par la chose martiale, la chose militaire mais ne s’illustre guère au point qu’à partir de 1570 il préfère rester en dehors des conflits européens, préférant apporter un soutien moral aux protestants.

Christian IV (1588-1648) 28

Son fils Christian IV n’à que onze ans quand il accède au trône. Il doit donc attendre 1596 pour régner en personne. Roi de 1588 à 1648, il peut se targuer d’avoir le règne le plus long de l’histoire des rois scandinaves. Il est surtout connu pour son engagement malheureux dans la guerre de Trente Ans ce qui favorisa l’émergence de la puissance suédoise et l’intervention courte mais puissante de Gustave II Adolphe.

Ses échecs vont contribuer à affaiblir l’économie danoise et à obliger le royaume de Danemark-Norvège à choisir la neutralité ou du moins un moindre engagement extérieur. Après un incendie en 1624 la ville d’Oslo est reconstruite sur un site légèrement différent et en l’honneur de Christian IV rebaptisée Christiana (En 1877 Christiana devient Kristiania avant de redevenir Oslo en 1924).

Frédéric III (1648-1670) 23

Son fils Fredéric III lui succède en 1648 alors qu’il est âgé de trente neuf ans, il n’y aura donc pas de régence comme ce fût le cas avec son père. Roi de Danemark et de Norvège de 1648 il fait basculer le royaume dans l’absolutisme après avoir négocié avec la noblesse pour être sur d’être élu après son père.

Il est également un prince curieux et cultivé, un grand collectionneur. Très tôt son père lui confie des missions administratives et diplomatiques ce qui explique qu’il est bien préparé quand il accède au trône. A noter qu’il n’était pas prévu qu’il règne mais la mort de son frère aîné Christian en 1647 bouleversa la donne.

En 1660, il impose l’absolutisme en proclamant l’état d’urgence et en réalisant un véritable coup d’état royal.

En 1665, la Kongeloven (loi royale) est introduite, c’est la «constitution» de la monarchie absolutiste danoise et la première fois que le pouvoir de droit divin est écrit noir sur blanc dans un texte constitutionnel. Frédéric III va abolir toutes les institutions et tous les contre pouvoirs qui limitaient selon lui son pouvoir.

Il va soutenir les Provinces Unies dans leur conflit avec l’Angleterre. Un temps les anglais parviennent à le circonvenir mais avant même qu’il ne retourne sa veste les néerlandais soutenus par les forteresses défendant Bergen battent les anglais et peuvent rentrer au pays.

Christian V (1670-1699) 7

A Frédéric III succède son fils Christian V qui est élu comme successeur de son père en 1650 c’est-à-dire avant la mise en place de l’absolutisme. Roi de Danemark et de Norvège de 1670 à 1699, très populaire auprès du peuple, il l’était moins auprès de l’aristocratie et pour cause puisqu’il poursuivit la politique absolutiste initiée par son père.

Couronné en 1671, il est le premier roi danois succédant de manière héréditaire à son père suite à la nouvelle loi constitutionnelle de 1665.

Il tenta de récupérer la Scanie (perdue en 1658) lors de la guerre du même nom (guerre de Scanie 1675-1679) mais va échouer ce qui va épuiser le Danemark, ses ressources et son économie. Il met en place le danske lov en 1683, le premier code en vigueur dans tout le Danemark. Il institue un code similaire en Norvège (Norske lov) en 1687, code qui remplace le code de son grand-père Christian IV. Un registre des terres est également mis en place en 1688 pour améliorer la récolte des impôts.

Père de hui enfants, il eut six enfants naturels de sa maîtresse Sophie Amalie Moth, fille de son précepteur Poul Moth. Il ne fût ni le premier ni le dernier roi à avoir des maîtresses mais le fait de l’introduire publiquement à la court choqua beaucoup ses contemporains.

Frédéric IV (1699-1730) 10

A un Christian succède un Frédéric en l’occurrence Frédéric IV qui occupe les trônes danois et norvégiens de 1699 à sa mort en 1730.

Lorsqu’il était prince héritier, il compléta son apprentissage théorique par un voyage à travers de l’Europe d’où il retira un goût pour l’architecture italienne au point qu’il fit construire un palais sur la colline de Vallby, le futur Frederiksberg achevé en 1709 ainsi que Fredensborg.

En 1702 il abolit le vornedskab une sorte de servage qui était imposée aux paysans de Zelande à la fin du Moyen-Age. Cette suppression fût cependant suivie de l’établissement de la stavnsbånd, un système qui impose aux paysans de rester dans leur région d’origine sans pouvoir chercher du travail ailleurs, système mis en place sous son fils Christian VI en 1733 et abolit en 1788.

C’est sous son règne que le théâtre danois se développe. C’est aussi son règne que la capitale danoise est frappée par deux catastrophes : la peste en 1711 et le grand incendie d’octobre 1728 qui détruisit la majeure partie des quartiers médiévaux de la ville. Chaque semaine des audiences permettait à tout sujet danois d’exposer plaintes et doléances.

Christian VI (1730-1746) 19

Le fils de Frédéric IV lui succède sous le nom de Christian VI en 1730 pour un règne de seize ans. Il est connu pour son régime autoritaire, son habileté politique et surtout pour être le premier roi danois à n’engager aucun conflit. Sincèrement intéressé par le bien de son peuple il choisit comme devise «Deo et populo» (pour dieu et le peuple).

A partir de 1706 il se mit à parler danois tout en continuant à utiliser l’allemand au quotidien. Il reçut l’autorisation de son père à choisir une épouse par lui même.

Timide et introverti, il resta loin du public même si en 1733 il visita la Norvège en compagnie de la reine consort. Plus encore que son père il fût influencé par le mouvement piétiste. Il fût également un roi bâtisseur avec la construction de nombreux palais toujours présents aujourd’hui. Un traité de commerce est signé avec l’Espagne en 1742 (traité de San Ildefono) mais ce traité resta pour des raisons politiques lettre morte avant d’être abrogé en 1753.

Roi religieux voir bigot, Christian VI resta dans l’histoire comme l’un des souverains danois les plus impopulaires. A cela s’ajoutait un manque de charisme personnel qui n’aidait pas à le faire aimer de ses sujets. Il était également de santé fragile, souffrant de maux chroniques.

Frédéric V (1746-1766) 62

Son fils lui succède sous le nom de Frédéric V. Roi de 1746 à 1766, il va régner pendant près de vingt ans. Si il à été élevé dans une atmosphère de piété religieuse, le successeur de Christian VI appréciait visiblement davantage le vin et les femmes.

Voilà pourquoi ses parents accélèrent les négociations de mariage avec la princesse Louise de Grande-Bretagne, fille du roi de Grande-Bretagne et d’Irlande George II. Ils eurent cinq enfant (la reine Louise décéda en 1751 enceinte) ce qui n’empêcha pas le roi d’avoir de nombreux enfants naturels, cinq avec sa favorite Madame Hansen.

Bon vivant, hédoniste, le roi laissa faire ses ministres, préférant l’apparence à la réalité du pouvoir mais fort heureusement pour lui il pu compter sur des ministres honnêtes et compétents. Ces derniers réformèrent le royaume dans un sens libéral et évitèrent d’engager le royaume dans les guerres qui secouaient l’Europe.

Christian VII (1766-1808) 8

A un Frédéric succède un Christian en l’occurrence Christian VII fils du précédent qui va régner sur le royaume dano-norvégien de 1766 à sa mort en 1808.

Son règne va être marqué par les problèmes mentaux qui frappent le roi. Ainsi pendant la majeure partie de son règne, il ne règne que nominalement, son demi-frère Frédéric étant nommé régent en 1772.

De 1784 à 1808 c’est le fils de Christian VII qui assure la régence avant de lui succéder sous le nom de Frédéric VI, une situation qui rappelle celle de George III de Grande-Bretagne qui lui aussi victime de problèmes mentaux cessa d’être effectivement roi.

Né juste après un frère mort prématurément et également prénommé Christian, il est porteur de tous les espoirs de ses parents ce qui à peut être joué sur ses problèmes mentaux. De plus il perdit sa mère alors qu’il n’avait que deux ans, son père se remariant quasi-immédiatement avec une autre femme.

Enfant vif et intelligent, il souffrait de brusques accès de dépression pas franchement aidé par son tuteur, un être brutal. Si certains ont parlé de schizophrénie, on peut pourquoi pas y voir également un syndrome bipolaire.

Il fût le jouet de son entourage que ce soit son médecin Struensee de 1770 à 1772 puis de sa belle-mère qui formait une coterie avec son demi-frère Fréderic et un homme politique danois Ove Høegh-Guldberg.

Son mariage en 1766 empira les choses : paranoïa, auto-mutilations et hallucinations, mariage qui se termina par un divorce en 1772 non sans avoir donné naissance à deux enfants.

Si le futur Frédéric VI est bien un enfant légitime, sa sœur Louise Auguste serait la fille de Struensee. La reine quitta le Danemark dès le divorce prononcé et mourut en 1775 à l’âge de 23 ans.

Le règne déjà mal embarqué tourna à la catastrophe avec l’implication forcée du Danemark dans les guerres napoléoniennes ce qui allait conduire à la dissolution de l’union entre le Danemark et la Norvège.

Frédéric VI (1808-1839) 26

-Le dernier roi dano-norvégien est donc Fréderic VI, roi de Danemark-Norvège de 1808 à 1814 et roi du Danemark de 1814 à sa mort en 1839. Fils du «roi fou» Christian VII, il est le régent de 1784 à 1808 ce qui le prépare à son métier de roi. A son avènement il à de plus 40 ans, c’est donc un homme mûr et expérimenté et non un jeune prince fougueux, ambitieux et inexpérimenté.

Comme nous l’avons vu il grandit dans une atmosphère viciée par la maladie mentale d’un père, la jeunesse d’une mère (elle avait 16 ans à sa naissance) qui s’entiche vite du favori de son père Struensee (qui est d’ailleurs fortement suspecté d’être le père biologique de sa sœur qui serait donc sa demi-soeur). La reine comme le favori sont pétris des idéaux des Lumières ce qui ne plait pas aux plus conservateurs qui se révoltent, renversent et exécutent Struenssee.

Le 14 avril 1784 il devient officiellement régent, poste qu’il occupera jusqu’à la mort de son père en 1808. Sa politique est plutôt libérale à l’intérieure alors qu’à l’extérieur il veille à garder le Danemark en dehors des guerres de la Révolution Française et de l’Empire ce qui se révélera comme nous le verrons impossible.

En 1809 alors que le trône de Suède était sur le point d’être vacant, il proposa sa candidature ce qui aurait pu redonner naissance à une nouvelle Union de Kalmar. Sa candidature pouvait se défendre _il était le descendant de Gustav 1er de Suède qui rendit à la Suède son indépendance au 16ème siècle_ mais la Suède préféra d’abord son beau-fère, Christian Auguste puis un maréchal français.

La grande épreuve du règne fût l’engagement du royaume de Danemark-Norvège dans un nouveau conflit alors que depuis plusieurs décennies Copenhague cherchait à rester en dehors de toute guerre européenne. Il joua la carte de Napoléon et resta fidèle à cette alliance jusqu’au bout ce qui provoqua l’ire des britanniques qui attaquèrent Copenhague à deux reprises en 1801 et 1807.

Suite à la défaite napoléonienne et à la perte de la Norvège, Frédéric VI changea de politique devenant autoritaire et réactionnaire bien loin des idées libérales du prince-régent de jadis. La répression fût lourde et la situation économique se dégrada très rapidement. Il fût même réticent à la mise en place d’une assemblée des régions purement consultative, jouant les danois contre les allemands dans la région disputée du Schleswig.

Aucun fils ne lui ayant survécu (deux filles seulement ont survécu à leur père qui mouru à l’âge de 71 ans), c’est un cousin Christian qui lui succéda, le futur Christian VIII étant le fils d’un demi-frère de son père (NdA ouf !).

De son mariage avec Marie de Hesse-Cassel il eut huit enfants mais six décédèrent dans leur enfance, deux filles arrivèrent à l’âge adulte et aucune n’eut d’enfant ce qui aurait permis une succession plus naturelle et permis au couple royal d’avoir des petits-enfants. Avec sa maîtresse Frederikke Dannemand il eut quatre enfants mais ils ne pouvaient naturellement pas hériter de la couronne.

Les guerres napoléoniennes et le traité de Kiel

Comme nous l’avons vu les danois tentèrent de rester à l’écart des turbulences provoquées par les conflits engendrés par la Révolution Française et par le Premier Empire. Ce qui va pousser le Danemark dans la guerre c’est le Traité de neutralité armée signé en 1794 avec la Suède, la Prusse et la Russie ce qui hérita profondément les britanniques.

Ce conflit fût appelé Guerre de la Canonnière ce que j’expliquerai plus loin dans cette partie.

Pourquoi diable «guerre de la canonnière» (Kanonbådskrigen) ? Tout simplement en raison du choix danois de remplacer ses navires de haute mer détruits par la Royal Navy par des navires de taille réduite, des canonnières destinées à harceler les grosses unités de la marine de Sa Majesté.

Horatio Nelson

Horation Nelson

En 1801, l’amiral Horatio Nelson dirigea une escadre de la flotte de l’Amiral Parker et attaqua la flotte danoise mouillée dans le port de la capitale. La légende veut que le futur vainqueur de Trafalgar prétendit ne pas avoir reçut le message lui intimant l’ordre de ne pas tirer en plaquant sa longue sur œil borgne (il avait perdu son œil gauche à Aboukir).

Cette attaque s’explique par la décision de la marine dano-norvégienne de protéger sa marine marchande contre les attaques britanniques, la marine britannique considérant tout navire battant pavillon neutre comme un navire ennemi. C’est d’ailleurs cette politique qui allait provoquer la guerre de 1812 contre les jeunes Etats-Unis.

En 1807 à lieu la deuxième bataille de Copenhague quand les britanniques attaquèrent à nouveau la capitale dano-norvégienne pour s’emparer des navires qui n’ont pas été livrés à Napoléon qui cherchant à reconstituer une puissante marine après la déroute de Trafalgar utilisait les ressources de l’Empire et de ses alliés.

Après la victoire britannique, les danois décidèrent de construire une flotte de petits navires de combat appelées canonnières.

Plus de 200 canonnières furent produits en deux modèles que l’on pouvait grossièrement divisées entre une chaloupe-canonnière armée par 76 hommes et armés d’un canon de 18 ou 24 livres à l’avant et un autre à l’arrière. On trouvait également des barges disposant d’un équipage de 24 hommes avec un canon de 24 livres à l’avant.

Plus précisément certains autres distinguant quatre classes de canonnières avec la Kanonchaluppen (plus grosse canonnière, deux canons de 24 livres et quatre obusiers de quatre livres, 69 à 79 hommes d’équipage), la Kanonjollen (plus petite version de ma canonnière, chacune disposant d’un canon de 24 livres et de deux obusiers de 4 livres, un équipage de 41 hommes), la Morterchaluppen (un mortier de 100 livres et quatre obusiers de 4 livres, un équipage de 40 hommes) et la Morterbarkasserne (un mortier et un équipage 19 hommes) qui après 5 à 7 coups devaient être envoyés en réparations !

Les équipages de réserve étaient installés à terre ou à bord de la frégate Triton, les équipages d’active étant à bord de leurs navires. En Norvège, on trouvait des canonnières à coque rigide capable d’affronter les rudes conditions régnant en mer du Norvège pour défendre les ports de Bergen et de Trondheim.

L’impact de ces navires légers furent limités, les navires britanniques se révélant trop puissants pour ses petits navires qui plus est vulnérables au mauvais temps. L’usage de corsaires eut également un impact limité.

Le 12 août 1807, une frégate britannique la HMS Comus captura la frégate danoise Friderichsværn n’ayant qu’un blessé alors que le navire danoise avait douze morts et vingt blessés dont certains succombèrent à leurs blessures.

Le 23 août, la frégate HMS Prometheus lance des fusées Congreve contre une flottille de canonnières mais l’impact fût limité. Le 11 septembre 1807, l’île d’Heligoland est capturée par les britanniques (elle allait le rester jusqu’à la fin du 19ème siècle).

Le 13 février 1808 la colonie danoise de Tranquebar située sur la côte de Coromandel est capturée par les britanniques. Le 22 mars le dernier navire de ligne danois, le Prinds Christian Frederik est détruit par les britanniques lors de la bataille de Zealand Point. Les britanniques attaquèrent également des convois tentant de ravitailler une Norvège affectée par le blocus britannique.

En 1809 les danois aident les français dans la répression de la rébellion anti-bonapartiste menée par Ferdinand von Schill lors notamment de la bataille de Stralsund.

La guerre n’est cependant pas à sens unique avec des victoires danoises mais ces victoires étaient tactiques et ne changèrent pas grand chose au cours général du conflit. Si les britanniques capturèrent des navires danois il y eut aussi le cas inverse.

Début 1810 les danois abandonnèrent le ravitaillement navale de la Norvège en raison de la supériorité navale britannique dans l’Oresund. Ils utilisèrent également des canonnières pour transporter rapidement et discrètement du grain en direction de Copenhague.

Le 27 février 1811 les danois tentèrent de recapturer l’île d’Anholt prise par les britanniques mais échouèrent ce qui obligea le Danemark à se retirer du Jutland avec de lourdes pertes. Le conflit était clairement aux mains des britanniques.

Le dernier affrontement majeur entre danois et britanniques eut lieu le 6 juillet 1812 lors de la bataille de Lyngor au large des côtes norvégiennes, les britanniques se retirant après avoir détruit une frégate danoise.

En décembre 1813, les suédois envahirent le Holstein lors de la sixième coalition. Le retrait français du nord de l’Allemagne entraîne la banqueroute. Le royaume de Danemark-Norvège fût obligé de demander la paix aboutissant au Traité de Kiel signé le 15 janvier 1814.

Ce traité à été signé entre d’un côté le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande et le Royaume de Suède et de l’autre le Royaume de Danemark-Norvège. Ce traité permet au Danemark, à la Norvège et à la Suède de sortir des guerres napoléoniennes.

Frédéric VI de Danemark change de camp, cédant à George III d’Angleterre l’île d’Heligoland et la plus grande partie du royaume de Norvège à Charles XIII de Suède en échange de la Poméranie suédoise. En revanche les îles Feroé, le Groenland et l’Islande restèrent possessions danoises.

La Norvège contesta ce traité, déclarant son indépendance le jour de la signature du traité, adopta sa propre constitution le 17 mai 1814 et élu le prince danois Christian-Frédéric (futur Christian VIII du Danemark de 1839 à 1848) comme roi.

La Suède s’estima alors lésée et refusa de céder la Poméranie suédoise qui suite au Congrès de Vienne en 1815 tomba aux mains des prussiens. En compensation, le Danemark à reçu le duché de Lauenburg et 3.5 millions de tallers de la part de Prusse qui paya 600000 tallers d’une dette danoise à la Suède.

Cette indépendance fût éphémère. Une guerre suédo-norvégienne éclate le 26 juillet 1814. Elle sera brève et le 14 août 1814, la convention de Moss est signée entre la Norvège et la Suède. Le Danemark allait donc entrer une phase clairement de déclin.

Cette période est appelée Golden Age non pas pour la puissance politique mais pour le rayonnement littéraire avec un Christian Andersen et un Soren Kierkegaard.

2 réflexions sur “Scandinavie (34) Danemark (5)

  1. Merci pour ce résumé. Si je savait que le Danemark était dans le camps français durant les guerres napoléoniennes, j’ignorais les détails à part les attaques de la Royal Navy a Copenhague.

    Je signale un mot oublié dans l’avant dernier paragraphe : La Suède s’estima alors lésée et refusa de céder la Poméranie suédoise qui suite au Congrès de Vienne en 1815 tomba aux mains des prussiens. En compensation, le Danemark à reçu le duché de Lauenburg et 3.5 millions de tallers de la part de Prusse qui paya … 600000 …. d’une dette danoise à la Suède.

    • clausmaster dit :

      Merci. En même temps quand la perfide Albion vous fracasse votre marine deux fois bah forcément vous vous dites que l’ennemi de votre ennemi est votre ami

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