7-Porte-avions et porte-aéronefs (4)

Le Painlevé

Le porte-avions Painlevé

A l’origine, il était prévu que le Painlevé soit mis sur cale après le lancement du Joffre mais au printemps 1940, la marine nationale change son fusil d’épaule et demande que la mise sur cale soit menée dans les plus brefs délais. Les ateliers et chantiers de Saint Nazaire-Penhoët étant saturés, la construction du Painlevé est transférée aux ACL

-Le Painlevé est mis sur cale le 25 septembre 1940 et à la différence de son sister-ship, sa construction est menée à une vitesse relativement soutenue.

Le porte-avions Painlevé est lancé le 4 janvier 1943 par un temps maussade qui oblige à décaler le lancement du matin à l’après midi en profitant d’une brève éclaircie. La coque imposante est remorquée au quai d’armement où son achèvement à flot commence immédiatement.

Le Painlevé est armé pour essais le 12 mars 1944. Les premiers essais ont lieu au point fixe jusqu’au 21 mars avant une première sortie à la mer le 24 mars 1944 qui marque le début de dix jours d’essais destinés à vérifier le respect des normes contractuelles.

Les essais constructeurs s’achèvent le 3 avril 1944 et le lendemain, il est officiellement transféré à la marine nationale.

Après des travaux dans la forme Joubert en raison de la saturation des formes de l’Arsenal de Brest, le porte-avions appareille pour son futur port d’attache le 27 avril, arrivant le lendemain dans la soirée à Brest.

Les essais officiels commencèrent le 30 avril et se poursuivirent sans interruption jusqu’au 14 mai 1944 quand il passa au bassin à Brest du 15 au 31 mai 1944 avant une deuxième campagne d’essais à la mer du 1er juin au 8 juillet, campagne essentiellement axée sur les essais aviation et la mise en condition opérationnelle de son groupe aérien.
Le 15 juillet 1944, le porte-avions appareille avec un torpilleur d’escorte, l’Intrépide pour sa traversée de longue durée. Il franchit l’Atlantique direction Fort de France où il arrive le 20 juillet.

Le transit est l’occasion d’entrainer le groupe aérien et les canonniers du porte-avions. Au cours d’un exercice, un CAO-600 alors en exercice de torpillage est victime d’une panne moteur et percute la mer à grande vitesse ne laissant aucun survivant parmi les trois membres d’équipage.

Le porte-avions repart pour Kingston en Jamaïque où il fait escale du 22 au 24 juillet avant de gagner la zone du canal de Panama où il fait escale du 25 au 27 juillet.  Il est ensuite à  Corpus Christi au Texas du 30 juillet au 2 août, à La Nouvelle Orléans du 4 au 8 août, à Miami du 10 au 13 août avant de mettre cap sur Brest où il arrive le 18 août.

Le 19 août 1944, le porte-avions Painlevé est admis au service actif, affecté à la 1ère Escadre de la Flotte de l’Atlantique.

Le porte-avions est au bassin du 20 août au 12 septembre pour démontages et modifications avant des essais à la mer du 13 au 17 septembre 1944.

Le porte-avions exécute alors l’exercice «Prométhée» qui à lieu du 20 septembre au 15 octobre 1944 voit le porte-avions Painlevé lancer des raids sur les bases de l’armée de l’air dans la région pendant que cette dernière lance des raids d’avions torpilleurs sur la flotte. La marine revendique la destruction au sol de 150 appareils plus 80 en vol alors que l’armée de l’air préténd avoir coulé deux fois le porte-avions et trois fois le cuirassé Gascogne qui accompagnait le porte-avions.

Des exercices ASM et de défense aérienne à la mer ont également lieu, les CAO-600 se révélant de bons appareils de commandement de chasse (en dépit d’un équipage de trois hommes) pour coordonner la défense (au final, en dépit d’une expérience prometteuse, la marine préféra laisser le porte-avions coordonner la défense de l’escadre) alors que les Latécoère Laté 299 ajoutent la lutte ASM à leur panoplie en affrontant le Pasteur et l’Ajax. Le porte-avions rentre à Brest le 20 octobre après une escale au Verdon du 16 au 19 octobre.

Le Painlevé reprend la mer le 24 octobre pour une campagne d’entrainement à destination de son groupe aérien. Les jeunes pilotes effectuent leurs premiers appontages et décollages alors que les pilotes confirmés continuent à acquérir de l’expérience, tous effectuant en baie de Douarnenez des largage de bombes et de torpilles.

Il rentre à Brest le 8 novembre et jusqu’à la fin de l’année 1944 va ressortir trois fois : du 12 au 20 novembre, du 23 au 30 novembre et du 5 au 12 décembre à chaque fois pour entrainement de son groupe aérien avant d’être en entretien du 14 décembre 1944 au 4 janvier 1945, les essais à la mer du 5 au 8 janvier étant suivi par un stage de mise en condition jusqu’au 15 janvier 1945.

Le porte-avions ressort du 17 janvier au 3 février 1945 pour entrainement de son groupe aérien avant une indisponibilité accidentelle jusqu’au 17 février pour un problème de ligne d’arbre rapidement résolu, les essais à la mer mené du 19 au 21 février se révélant concluants.

Le porte-avions Painlevé sort pour entrainement du 25 au 28 février, faisant escale au Verdon jusqu’au 4 mars 1945 quand il reprend la mer pour un nouvel entrainement de son groupe aérien et ce du 4 au 17 mars, étant ravitaillé par le PRE La Seine à plusieurs reprises avant de rentrer à Brest le 18 mars 1945.

Le 21 mars 1945 à lieu à bord du porte-avions la signature de la charte de parrainage entre la ville de Bourg en Bresse et le navire, la préfecture de l’Ain ayant été choisit car Paul Painlevé à été député de ce département de 1928 à 1932. Une délégation de la ville sort ainsi avec le porte-avions du 23 au 30 mars, le navire rentrant à Brest le 4 avril après une escale à Quiberon du 31 mars au 3 avril 1945.

Au printemps 1944, les marines britanniques et françaises avaient réalisé un exercice commun en mer du Nord. En 1945, il est décidé de renouveler l’expérience toujours en Ecosse même l’édition 1946 doit avoir lieu dans le Golfe de Gascogne.

Le porte-avions Painlevé appareille ainsi le 16 avril 1945 en compagnie des cuirassés Alsace  et Gascogne, de la 3ème DCT (Bugeaud du Chayla Dupetit-Thouars), des six torpilleurs d’escadre (Arquebuse Cimeterre Durandal Dague Forbin Basque), des sous-marins Ajax Pasteur Sibylle et Antiope et du pétrolier ravitailleur La Seine.

La force N fait escale à Liverpool du 25 au 28 avril puis à Greenock du 30 avril au 3 mai où il retrouve la force M composée du porte-avions Victorious, du cuirassé Anson, des croiseurs légers Dido et Southampton, de quatre destroyers et de quatre sous-marins.

L’exercice «Entente Cordiale 1945» à ainsi lieu du 5 au 15 mai 1945 avec un affrontement aéronavale du 5 au 7 mai, des écoles à feux et un entrainement au combat antisurface du 8 au 10 mai, un entrainement ASM le 11 mai et un entrainement à la défense aérienne à la mer du 13 au 15 mai.

Les deux escadres se séparent le 17 mai 1945 après une revue navale à Rosyth. Les navires français font ensuite escale à Dunkerque du 19 au 22 mai, Cherbourg du 24 au 26 mai avant de rentrer à Brest le 27 mai dans la soirée.

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 14 juin 1945, le porte-avions reprend la mer le 20 juin pour une longue campagne d’entrainement dans le Golfe de Gascogne mais également au large du Maroc et du Sénégal, le porte-avions menant des exercices d’assaut contre la terre, de défense de convois, de lutte ASM et antinavire.

Il fait escale à Casablanca du 23 au 26 juin avant de gagner Dakar le 1er juillet. Les exercices s’enchainent alors : défense aérienne à la mer du 4 au 12 juillet, attaque antinavire du 15 au 22 juillet, bombardement en piqué sur cibles terrestres du 24 juillet au 2 août, lutte ASM du 7 au 15 août avec les sous-marins Rolland Morillot  La Praya et La Martinique.

Après une nouvelle escale à Dakar du 16 au 22 août, le porte-avions, ses deux torpilleurs d’escadre et trois sous-marins mettent cap sur Brest, faisant escale à Lisbonne du 26 au 30 août avant de rentrer à Brest le 2 septembre 1945 dans la soirée.

Le 8 septembre 1945, le porte-avions Illustrious arrive à Brest en compagnie de quatre destroyers. Il est ouvert au public français jusqu’au 13 septembre 1945 avant de participer à des manoeuvres combinées avec le Painlevé.

Les deux porte-avions franchissent le goulet le 14 septembre 1945, se séparant en profitant de la nuit pour disparaître aux yeux de l’autre. Le lendemain 15 septembre, alors que le Painlevé naviguait au large d’ Ouessant, huit Fairey Barracuda attaquent comme à la parade «coulant» le porte-avions français non sans perdre quatre appareils sous les coups de la DCA.

Le porte-avions français prend sa revanche le lendemain 16 septembre. A l’aube, un CAO-600 repère le porte-avions Illustrious au large de Douarnenez. Aussitôt, huit Latécoère Laté-299 armés  et quatre Loire-Nieuport LN-401 décollent escortés par six Dewoitine D-790.

Les chasseurs embarqués balayent facilement les Seafire de couverture (quatre appareils) avant de distraire la DCA, laissant les avions torpilleurs et les bombardiers en piqué attaquer le porte-avions britannique qui est «coulé» par quatre torpilles et deux bombes.

Le 17 septembre, les deux porte-avions allient leurs forces pour attaquer Brest, laissant la base lourdement endommagée. Le porte-avions britannique rentre en Grande Bretagne pendant que le Painlevé continue seul son entrainement seul dans le Golfe de Gascogne avant de rentrer à Brest le 27 septembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 29 septembre au 5 octobre 1945, le porte-avions appareille le 9 octobre pour entrainement au large de Dakar, utilisant le polygone de Rufisque pour entrainer son groupe aérien à l’assaut à l’aide munitions réelles du 15 au 29 octobre.

Il reste à Dakar jusqu’au 3 novembre, appareillant à l’aube le 4 novembre, faisant escale à Casablanca du 7 au 9 novembre, à Gibraltar du 11 au 15 novembre _où il est amarré devant le porte-avions Ark Royal_ , Lisbonne du 17 au 21 novembre avant de rentrer à Brest le 24 novembre 1945. Il ressort encore pour entrainement de son groupe aérien du 3 au 8 décembre, du 10 au 13 décembre et du 16 au 23 décembre 1945.

Après une période d’indisponibilité pour entretien et permissions de l’équipage du 24 décembre 1945 au 14 janvier 1946, le Painlevé sort pour essais du 15 au 18 janvier puis pour remise en condition du 20 janvier au 3 février.

Le Painlevé sort à nouveau pour entrainement du 10 au 25 février puis du 2 au 14 mars et enfin du 21 mars au 3 avril, date de son retour à Brest, toujours accompagné des torpilleurs d’escadre Cimeterre et Arquebuse.

Le 8 avril 1946 arrive à Brest une escadre britannique destinée à l’exercice «Entente Cordiale 1946», escadre composée du cuirassé Howe, du croiseur lourd Kent, des croiseurs légers antiaériens Dido et Bellona, de six destroyers et de trois sous-marins.

La Flotte de l’Atlantique engage elle le porte-avions Painlevé, le cuirassé Gascogne, le croiseur lourd Foch, la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier), quatre torpilleurs d’escadre et quatre sous-marins, les Rolland Morillot  , Ile de France  Kerguelen  et La Guadeloupe.

L’exercice commence le 10 avril 1946 par un exercice de lutte ASM suivit le 12 avril par un entrainement au raid antisurface au cours duquel la coque du torpilleur Siroco sert de cible avant d’enchainer le 13 avril par une mission d’assaut contre la terre.

Les 14 et 15 avril, les deux escadres réunies participent à un exercice de défense aérienne à la mer où ils doivent repousser l’attaque d’avions basés à terre qu’il s’agisse de Bloch MB175 antinavires, ou de Lioré et Olivier Léo-456 de bombardement et de torpillage.

Le 17 avril, les deux forces navales appareillent pour Rufisque afin d’effectuer une école à feu commune. Les deux escadres sont rassemblées dans la rade de Brest avant d’appareiller sans les sous-marins qui restent à Brest.

Le cuirassé Gascogne ouvre la marche suivit par le croiseur lourd Foch et son homologue britannique le Kent, le porte-avions Painlevé, le cuirassé Howe suivis par les trois contre-torpilleurs, les quatre torpilleurs d’escadre, les croiseurs légers antiaériens et les six destroyers britanniques.

En mer, les deux forces se séparent pour former deux groupes occasionnels bi-nationaux. Le premier sous commandement français regroupe le cuirassé Gascogne, le porte-avions Painlevé, le croiseur lourd Kent, quatre torpilleurs d’escadre et deux destroyers alors que le second sous commandement anglais regroupe le cuirassé Howe, le croiseur lourd Foch, les croiseurs légers antiaériens Dido et Bellona, les trois contre-torpilleurs et quatre destroyers.

Ces deux forces vont manoeuvrer ensemble durant le transit jusqu’à Dakar où elles arrivent le 22 avril. Le groupe Gascogne est le premier à utiliser les installations du polygone de Rufisque du 23 avril au 14 mai avant de laisser la place au groupe Lorraine du 15 au 31 mai.

Les deux forces navales appareillent le 2 juin, font route ensemble jusqu’aux aterrages immédiats de Brest où les navires anglais rentrent dans leurs ports respectifs, les navires français retrouvant la rade Abri le 7 juin 1946.

Le Painlevé sort pour entrainement du 15 au 27 juin puis du 1er au 12 juillet, sorties d’entrainement pour son groupe aérien et ce dans le Golfe de Gascogne.

Après une ultime sortie du 17 au 20 juillet où les avions du Painlevé entrainent les canonniers antiaériens du Jean Bart, le porte-avions débarque ses munitions et entre dans le bassin n°9 du Laninon le 22 juillet 1946 pour un premier grand carénage.

Au bassin du 22 juillet 1946 au 22 février 1947, le porte-avions termine ses travaux à quai du 23 février au 14 mars. Les travaux ont concerné l’appareil propulsif, l’appareil évaporatoire, les hélices, le pont d’envol (renforcement de la structure), le remplacement des brins d’arrêts, la modernisation de l’appareil radar, la révision de l’artillerie.

Le porte-avions Painlevé est armé pour essais le 14 mars et sort en compagnie du cuirassé Lorraine du 15 au 22 mars, les deux navires et leurs quatre torpilleurs d’escadre faisant escale à Saint Nazaire du 23 au 27 mars avant de reprendre la mer pour entamer la remise en condition du groupe aérien.

Le 28 mars 1947, le porte-avions Painlevé récupère son groupe aérien venu de Lanvéoc-Poulmic à savoir  seize chasseurs-bombardiers Dewoitine D-790, neuf éclaireurs-torpilleurs SNCAO CAO-610 _Version améliorée du CAO-600_, neuf bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-420 et huit bombardiers-torpilleurs Latécoère Laté 299-5.

La remise en condition devait avoir lieu dans le Golfe du Gascogne mais le mauvais temps provoque un changement de programme, l’exercice étant maintenant prévu au large de Dakar. Le pétrolier-ravitailleur La Seine rejoint la petite escadre pour la ravitailler et lui permettre de rejoindre Dakar le 5 avril 1947.

Après quelques jours de relâche, l’escadre reprend la mer le 11 avril pour un premier exercice jusqu’au 30 avril, les avions embarqués s’entrainant au vol de base, au vol en formation avant de bombarder des cibles au polygone de Rufisque, des cibles préparées mais également d’anciens véhicules réformés qui étaient détruits pour la bonne cause.

Après une escale à Dakar du 1er au 5 mai, le porte-avions Painlevé sort seul pour un exercice de surveillance, utilisant ses CAO-610 pour retrouver le cuirassé Lorraine et déclenché contre lui le feu de Wotan sous la forme d’un raid de bombardiers en piqué et de bombardiers-torpilleurs. L’exercice s’achève le 12 mai 1947. A noter que le PRE La Seine est rentré à Brest pour participer à l’exercice Entente Cordiale.

La campagne d’entrainement s’achève par un exercice de défense aérienne à la mer du 14 au 27 mai, les chasseurs du porte-avions et la DCA devant repousser l’attaque d’avions de l’armée de l’air contre l’escadre qui fait une dernière fois escale à Dakar du 28 mai au 2 juin. Reprenant la mer le lendemain 3 juin, le porte-avions, le cuirassé et les quatre torpilleurs d’escadre rentrent à Brest le 9 juin 1947.

Le porte-avions Painlevé est comme le cuirassé Lorraine indisponible du 10 juin au 2 juillet pour entretien et permissions de l’équipage. Il sort pour entrainement en compagnie de ses torpilleurs d’escorte pour essais du 7 au 10 juillet puis pour entrainement/remise en condition du 13 au 20 juillet et du 25 juillet au 2 août 1947.

Du 11 au 22 août, le Painlevé et le Lorraine sortent pour un entrainement dans le Golfe de Gascogne au profit d’élèves-officiers et d’officiers de réserve. Les deux navires font escale à Lorient du 23 au 27 août avant de rentrer à Brest le 28 août 1947.

Le porte-avions Painlevé sort à nouveau pour entrainement de son groupe aérien le 1er septembre 1947, faisant escale à Cherbourg du 12 au 15 septembre. Reprenant la mer le 16 septembre, il participe à une nouvelle phase d’entrainement jusqu’au 25 septembre. Il rentre à Brest le lendemain 26 septembre 1947.

Le porte-avions Painlevé sort en compagnie du cuirassé Lorraine et de quatre torpilleurs d’escadre du 7 au 17 octobre pour un exercice au combat antisurface avant une escale à Cherbourg du 18 au 21 octobre. Reprenant la mer, le cuirassé le porte-avions et les quatre torpilleurs d’escadre manoeuvrent en Manche du 22 au 29 octobre, rentrant à Brest le lendemain 30 octobre 1947.

Du 2 au 21 novembre 1947, le Painlevé participe à un exercice avec les cuirassés Normandie et Lorraine, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine accompagnés par huit torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine.

L’exercice terminé, la petite escadre fait escale au Verdon du 22 au 25 novembre avant de gagner Rufisque pour un exercice à tir réel. Les navires arrivent à Dakar le 30 novembre et les exercices de tir ont lieu du 2 au 15 décembre avant une nouvelle escale à Dakar du 16 au 21 décembre.

Les cuirassés Lorraine et Normandie, les porte-avions Painlevé et Alienor d’Aquitaine et les huit torpilleurs d’escadre quittent la capitale de l’AOF le 22 décembre, font escale à Casablanca du 25 au 27 décembre avant de rentrer à Brest le 1er janvier 1948.

Le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sortent pour la première fois en 1948 du 7 au 20 janvier pour d’importantes manoeuvres dans le Golfe de Gascogne avec exercice de défense aérienne à la mer, lutte ASM (avec l’aide des sous-marins Fructidor et Pluviose), assaut maritime et terrestre. Comme à chaque exercice, le Lorraine sert alternativement de plastron ou d’escorteur. Après une escale à Saint Nazaire du 21 au 27 janvier, le cuirassé et le porte-avions rentrent à Brest le 28 janvier 1948.

Après une période d’entretien à flot commune du 1er au 21 février, le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sortent pour essais du 24 au 28 février avant de sortir pour entrainement et remise en condition du 2 au 15 mars, faisant escale à Cherbourg du 16 au 19 mars avant un nouvel exercice de défense aérienne à la mer en Manche du 20 au 27 mars et une ultime escale au Havre du 28 mars au 3 avril. Ils rentrent à Brest le 5 avril 1948 à l’aube.
Le porte-avions Painlevé sort pour entrainement en compagnie du Lorraine pour entrainer les jeunes pilotes et préparer la cinquième édition de l’exercice «Entente Cordiale» du 6 au 17 avril, les deux navires escortés par trois torpilleurs d’escadre rentrant à Brest le lendemain 18 avril 1948.

Le porte-avions Painlevé appareille de Brest en compagnie des cuirassés Lorraine et Gascogne, de six torpilleurs d’escadre, des sous-marins Ile de Ré et Ile d’Yeux et du ravitailleur rapide Lot de  le 25 avril 1948, faisant escale à Dunkerque le 28 avril où le rejoint le croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau, navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord.

La force P ainsi assemblée rejoint Rosyth le 3 mai où elle retrouve le cuirassé Howe, le porte-avions Victorious, six destroyers, quatre sous-marins et deux pétroliers.

L’exercice commence le 5 mai par un exercice de défense aérienne à la mer suivit le lendemain par un exercice anti-sous-marin, l’escadre combinée étant attaquée par les deux sous-marins français qui jouent tellement bien le jeu qu’ils entrent en collision le 6 mai au soir, devant rentrer en urgence à Rosyth pour réparations, laissant les seuls sous-marins britanniques attaquer les navires des deux marines.

Le 7 mai, les navires français et anglais simulent des raids amphibies contre la base de Rosyth, le porte-avions Victorious lançant ses bombardiers en piqué Dauntless contre la base pendant que les deux cuirassés simulent des bombardements contre la terre avant de mettre à l’eau leurs compagnies de débarquement.

Le porte-avions Painlevé lui essaye de perturber les raids en protégeant la base britannique, utilisant ses chasseurs mais également ses bombardiers et ses éclaireurs comme chasseurs improvisés. Le lendemain, les rôles changent entre les deux porte-avions.

Le 9 mai, le Coastal et le Bomber Command mettent à rude épreuve les canonniers antiaériens français et anglais lors d’un nouvel exercice de défense aérienne à la mer où le Waldeck Rousseau montre l’utilité d’un croiseur léger dédié à la défense antiaérienne, confirmant les observations faites par les britanniques avec les Dido/Bellona.

Le 10 mai, l’exercice se termine par un affrontement entre l’escadre britannique défendant les côtes et l’escadre française tentant de forcer le passage en direction du sud.

Le 11 mai 1948, la princesse Elisabeth âgée de 22 ans visite le cuirassé Gascogne et le porte-avions Painlevé au nom de son père George VI retenu à Londres pour d’autres impératifs. L’héritière du trône d’Angleterre effectue son discours en français, langue qu’elle maitrise parfaitement. Elle est accompagnée de son mari, le Prince Philippe, Duc d’Edimburg.

L’escadre française reprend la mer pour rentrer à Brest moins le Waldeck Rousseau qui s’arrête à Dunkerque le 14 mai. Les autres navires rentrent à Brest le 16 mai 1948.

Le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sont indisponibles pour entretien à flot du 17 mai au 2 juin, sortant pour essais du 3 au 7 juin avant de reprendre l’entrainement, sortant dans le golfe de Gascogne du 10 au 17 juin, du 20 au 27 juin, du 1er au 8 juillet et du 15 au 27 juillet 1948.Ils rentrent à Brest le 28 juillet 1948.

Le 3 août 1948,, le porte-avions Painlevé, le cuirassé Lorraine, quatre torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine quittent Brest pour l’Afrique avant d’effectuer une importante phase d’entrainement. Ils arrivent à Dakar le 7 août et s’entrainent au polygone de Rufisque du 9 au 23 août 1948.

Après une escale à Dakar du 24 au 26 août, la petite escadre appareille de Dakar pour rentrer à Brest le 30 août 1948.

Le Painlevé ressort en compagnie de La Seine du 1er au 5 septembre pour entrainement, rentrant à Brest au moment de l’attaque de Norvège, se ravitaillant à quai pour reprendre la mer le plus rapidement possible. Ils doivent rejoindre à Rosyth le cuirassé Normandie.

Caractéristiques Techniques de la classe Joffre

Déplacement : 18000 tW

Dimensions : Longueur (hors tout) 236m (entre perpendiculaires) 228m Largeur : (hors tout) 35m (au niveau de la flottaison) 24.60m Tirant d’eau : 7m

Propulsion : Deux groupes de turbines Parson alimentées par 8 chaudières (27kg/cm² 350°C) dévellopant une puissance totale de 120000ch et entrainant deux hélices

Performances : Vitesse maximale : 33 noeuds Distance franchissable : 9000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : ceinture de 105mm pont principal de 40 à 70mm

Armement : 8 canons de 130mm en quatre tourelles doubles installés à l’avant et à l’arrière de l’îlôt
8 canons de 37mm modèle 1935 en quatre affûts doubles ACAD (Affût Contre Avions Doubles).

Il était prévu à l’origine 28 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss en sept affûts quadruples CAQ (Contre-Avions Quadruples) mais au final, ces mitrailleuses furent remplacés par 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

Installations aéronautiques :

-Pont d’envol de 201m de long sur 28m de large

-Hangar supérieur de 159m de long sur 20.8m de large et 5.8m de haut

-Hangar inférieur de 79m de long sur 15.60m de large et 4.90m de haut

-Ascenseur avant de 17m de long sur 13m de large, ascenseur intermédiaire de 13m de long sur 7m de large et un ascenseur arrière de 12.50m de long sur 6m de large, en forme de T.

-Neuf brins d’arrêts et une grue de 7 tonnes

Groupe aérien : environ 40 avions : 15 chasseurs et 25 avions d’attaque (éclaireurs-torpilleurs et bombardiers en piqué).

Equipage : 70 officiers et 1181 officiers mariniers et matelots.

2 réflexions sur “7-Porte-avions et porte-aéronefs (4)

  1. Flobert dit :

    Toujours aussi agréable à lire!

    Niveau matériel : impec, tout est détaillé.
    Par contre, peux-tu m’expliquer la doctrine d’emploi des portes-avions modernes dans la flotte française?
    De ce qui m’a semblé comprendre, chaque porte-avion accompagne un cuirassé moderne (à partir de la classe Richelieu) et/ou un ancien (Bretagne). Donc pas de groupement de porte-avion pour créer une force aéronavale vraiment destructrice (seuls les japonnais, dans notre réalité, ont adopté cette doctrine avant la guerre) mais plutôt un accompagnement des gros canons, non?

    • clausmaster dit :

      Les trois porte-avions d’escadre (Joffre Painleve Commandant Teste _que je vais poster bientôt le temps d’essayer de le dessiner_) sont accompagnés par un Bretagne reconstruit, le Provence pour le Joffre, le Lorraine pour le Painlevé et le Bretagne pour le Commandant Teste.

      Pour ce qui est de la tactique générale, elle est proche de celle des américains et des japonais avant la guerre OTL. Même si les japonais ont inventé le Kido Butai en regroupant plusieurs porte-avions, ils n’imaginent pas confier aux porte-avions le coeur de leur stratégie, la bataille décisive doit être menée par les « gros ». Pour la France, ce sera à mon avis la même chose d’autant que la géographie rend difficile une concentration des porte-avions.

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