24-Armée de l’air (12)

Dewoitine D-551

Dewoitine D-551 encore non peint

Dewoitine D-551 encore non peint

Le 23 juin 1939, le Dewoitine D-550 effectua son premier vol. Cet appareil était destiné à remporter le record de vitesse mais entre-temps, le Messerchmitt Me-209 avait porté le record à une vitesse hors de portée du Dewoitine D-550.

Cet effort ne fût pas perdu pour l’armée de l’air puisque de cet appareil de record, la firme Dewoitine en ressorti le D-551, un chasseur moderne et racé aux performances bien supérieures aux D-520 et capable de rendre la monnaie de są pièce aux nouvelles versions du Me109,  »Friedrich” et  »Gustav”. Les trois prototypes effectuent leur premier vol respectivement le 15 octobre, le 5 novembre et le 13 novembre 1940.

Les essais furent suffisamment prometteur pour pousser l’armée de l’air à passer commande de ce nouvel appareil produit au sein de la SNCAM à Marseille-Marignane ce qui facilitait la prise en charge des appareils par les unités de convoyage voir les unités opérationnelles.

Cependant en raison d’une (relative) pénurie de pilotes et d’une croissance importante, l’acquisition de cet appareil fût repoussée sine die le temps que l’armée de l’air absorbe les autres appareils. Une petite série de seize appareils est commandée pour permettre d’approfondir les tests et d’accélérer la future mise en service.

C’est en janvier 1943 que l’armée de l’air passe commande de 81 appareils pour équiper les trois groupes de la 19ème Escadre de Chasse. Les appareils sont livrés entre juin 1943 et mars 1944.

Cette première commande est suivie d’une seconde passée en janvier 1944 pour constituer un volant de réserve, les soixante-cinq appareils en question étant livrés entre mai et décembre 1944.

Alors que la flotte en ligne est de 158 appareils (quatre appareils perdus et non remplacés), la ligne est suspendue jusqu’au printemps 1946 quand il est décidé de rééquiper trois ERC avec des D-551 en l’occurence les ERC 500, 502 et 504 qui reçurent leurs appareils respectivement en juin, septembre et décembre 1946.

La flotte de D-551 à donc été portée à 212 appareils (117 en ligne et 95 en réserve) auxquels il faut ajouter les D-551 commandés par la marine pour assurer la protection de ses bases en l’occurence soixante-douze appareils sans compter są version embarquée, la D-795 commandée elle à 112 exemplaires portant la production totale à 396 exemplaires.

Suite au déclenchement du second conflit mondial, en septembre 1948, décision est prise de relancer la production du D-551 pour remplacer à terme le D-520. 500 exemplaires sont ainsi commandés, une version améliorée du D-551 sans qu’une nouvelle dénomination soit adoptée pour cet appareil qui doit être le nouveau chasseur standard de l’armée de l’air en compagnie du VG-40.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-551

Type : chasseur monomoteur monoplace

Poids : A vide 2150kg en charge 2980kg

Dimensions : envergure 9.33m longueur 8.20m hauteur 2.81m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-suiza 12Y-51 de 1000ch (prototype) puis 12Y-55 de 1300ch (série) entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 675 km/h Autonomie : 1150km plafond opérationnel 12500m

Armement : un canon de 20mm Hispano-Suiza HS-404 dans le noyeu de l’hélice alimentée à soixante obus tirant dans l’axe de l’hélice et trois mitrailleuses de 7.5mm MAC34 dans chaque aile avec 750 coups chacune.

Dewoitine D-555

Tous les chasseurs de l’armée de l’air en service en septembre 1948 équipent plusieurs groupes, de trois pour l’Arsenal VG-33 à neuf pour le Dewoitine D-520. Il existe pourtant un groupe de chasse qui dispose d’un appareil mis en oeuvre par aucune autre unité.

Ce groupe c’est le GC I/20 créé en juin 1946 avec une seule et unique mission : abattre les monstrueux Focke-Wulf Ta-400, un bombardier hexamoteur capable d’atteindre le continent américain depuis l’Allemagne.

Pour cela, il lui fallait un avion spécialement adapté qui ne devait pas forcément être rapide mais disposer d’un bon taux de montée et surtout d’un puissant armement pour affronter des bombardiers bien protégés.

Bloch, Amiot, Caudron et Dewoitine proposèrent des projets mais seule cette dernière alla au bout en réalisant deux prototypes dont le premier décolla le 17 juin 1944 suivit d’un second le 2 septembre……. 1945.

Pourquoi un tel délai ? Deux raisons s’imposent à nous : la première ce sont les informations contradictoires sur le nouvel appareil (certains n’hésitant pas à parler d’un bluff orchestré par la propagande allemande) et la seconde plus prosaïque c’est la question du moteur.

Faute de moteur en ligne suffisamment puissant pour propulser l’avion, la firme installée à Marignane choisit pour le D-555 n°1 un Rolls-Royce Merlin 130 de 2100ch suscitant de nombreuses critiques sur «l’atteinte à l’indépendance nationale».

Emile Dewoitine compris qu’un moteur étranger pouvait bloquer l’acquisition de cet appareil (bien que des appareils américains et des moteurs made in USA étaient largement utilisées par l’armée de l’air) chercha un moteur français puissant.

Après avoir essayé deux moteurs Hispano-Suiza 89ter (un à l’avant et un derrière le pilote relié à une même hélice), il trouva dans le SNM Diamant de 2500ch, 12 cylindres en V inversé, le moteur idéal.

Le D-555 n°2 équipé d’un moteur français effectua son premier vol le 2 septembre 1945 et les tests continuèrent y compris avec le prototype n°1 remotorisé avec le moteur créé par Hans Pieltstick ,un ingénieur allemand de confession juive, chassé d’Allemagne par l’arrivée des nazis au pouvoir.

Entre temps, les informations concernant le Ta-400 ayant été confirmées, l’armée de l’air débloqua des crédits pour équiper un Groupe Spécial d’Interception de Dewoitine D-555.

Quatre appareils de pré-série sont commandés en septembre 1945 et livrés entre novembre 1945 et janvier 1946, ce delai s’expliquant par la surcharge des usines Dewoitine.

Une commande de série est finalement passée en juin 1946 pour quarante appareils dont vingt-sept pour un groupe de chasse, le seul à être équipé de cet appareil. Les livraisons sont assurés entre septembre 1946 et juin 1947.

La version de série de l’appareil était quasiment identique au prototype avec néanmoins un système d’injection eau-methanol pour augmenter les performances du moteur (système qui endommageait le moteur ce qui limitait son utilisation aux interceptions en temps de guerre), un blindage du cockpit amélioré, une verrière bulle et un armement renforcé.

Aux deux canons de 20mm et quatre mitrailleuses des prototypes, les appareils de série préférant trois canons de 20mm (un dans le capot-moteur, deux dans les ailes) et six mitrailleuses (trois dans chaque aile) ce qui n’était pas de trop face aux dix canons de 20mm MG-151 du bombardier allemand.

Le D-555 évoluant durant la guerre avec une version bis à l’armement composé de trois canons Hispano-Suiza de 30mm et quatre mitrailleuses de 13.2mm dans les ailes puis d’une version ter avec quatre canons de 30mm dans les ailes.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-555

Type : intercepteur/escorteur lourd

Poids à vide : 2700kg en charge 4000kg

Dimensions : envergure 10.80m longueur 9.55m hauteur 3m

Motorisation : moteur en ligne SNM (Société Nazairienne de Moteurs) Diamant 12 cylindres en V inversé dévellopant 2500ch à 10000m (2700ch avec le système eau-methanol)

Armement : trois canons de 20mm à 70 coups chacun et six mitrailleuses de 7.5mm Mac modèle 1934 M.39 alimentées à 950 coups chacune

Bloch MB-700

Bloch MB-700. Faute de carrière sous les couleurs  françaises, il fût utilisé par la Pologne et la Tchécoslovaquie

Bloch MB-700. Faute de carrière sous les couleurs françaises, il fût utilisé par la Pologne et la Tchécoslovaquie

Le Bloch MB-700 était l’un des candidats du programme de 1936 de chasseur léger construit en matériaux non stratégiques comme le VG-30 (qui allait donner naissance au VG-33) et le Caudron C.713 (qui allait donner naissance C.714).

Le prototype du MB-700 effectua son premier vol le 30 avril 1940 à une époque où l’armée de l’air avait décidé de rationnaliser son parc en limitant le nombre d’appareils à construire.

C’est donc une banale histoire de logistique qui stoppa net le dévellopement du MB-700 qui aurait du donner naissance au MB-720, version embarquée du précédent.

Il aurait du donc finir comme le CR.760 ou le CAO-200 sans l’intervention du gouvernement polonais qui cherchait un chasseur pour équiper ses deux escadres de chasse.

Ces deux escadres de chasse disposaient chacune de quatre groupes à quatre escadrilles de neuf appareils soit un total de trente-deux escadrilles et de 288 chasseurs.

Elle décida d’équiper une escadre de chasse (144 appareils) de ce chasseur testé à l’automne 1940 par des pilotes polonais qui donnèrent leur satsifecit à son acquisition, l’avion bénéficiant de bonnes performances et qui plus est avait l’avantage de ne pas être commandé par l’armée de l’air.

Le 4 février 1942, la Force Aérienne Polonaise Libre (FAPL) (Darmowe Polskie Sily Powietrzne) commanda 250 exemplaires de cet appareil pour équiper są 1ère Escadre de Chasse (la 2ème devant être équipée de Supermarine Spitfire ou Szabla [Sabre]).

Les premiers appareils de série baptisés MB-700P Blysk (Eclair) furent livrés au Dépôt d’Instruction de l’Aviation Polonaise (DIAP) de Lyon-Bron en juin 1942, les appareils étant convoyés depuis Chateauroux-Déols par des pilotes de la SNCASO, les derniers avions de la commande étant livrés en septembre 1943.

Un premier groupe, le GC ” Varsovie” (GC I/21 pour l’armée de l’air) fût déclaré opérationnel en septembre 1942 suivit du GC ”Cracovie” (GC II/21) en janvier 1943, du GC ”Poznan” (GC III/21) en septembre 1943 et enfin du GC ”Lublin” (GC IV/21) en juin 1944.

Bon appareil de chasse, le Bloch MB-700 était cependant amené à être remplacé par un avion plus moderne au printemps 1949 mais la guerre provoqua le gel des rééquipements et c’est sur cet agile petit chasseur que les pilotes polonais allaient en découdre contre leurs homologues allemands.
L’aviation polonaise libre ne fût pas la seule force aérienne alliée à le mettre en oeuvre. La 22ème Escadre de Chasse entièrement composée de pilotes tchèques et placée pour emploi sous la direction de l’armée de l’air. Cette 22ème Escadre disposait de trois groupes à quatre escadrilles de neuf appareils soit un total de 108 chasseurs MB-700CS Blesk (Foudre) plus 54 appareils de réserve.

Les appareils sont commandés en juin 1943 et livrés entre octobre 1943 et juillet 1944 pour équiper le GC «Cechy» (Bohème) (GC I/22 pour l’armée de l’air), le GC «Rus» (Ruthènie) (GC II/22 pour l’armée de l’air), le GC «Karpathy» (Carpathes) (GC III/22 pour l’armée de l’air) et le GC «Tatras» (Monts Tatras) (GC IV/22).

Comme pour leurs homologues polonais, le Bloch MB-700 aurait remplacé si le conflit n’avait pas éclaté en septembre 1948.

Le prototype du MB-700 eut une destinée singulière puisqu’il fût transformée en version embarquée concrétisant le projet MB-720 conçu pour la marine dans le cadre du programme A-80. Il va participer à l’évaluation lancée par la marine néerlandaise pour le futur chasseur embarqué sur son porte-avions Willem van Oranje (Guillaume d’Orange).

Opposé au Supermarine Seafire et au Grumman Hellcat, le MB-720 se comporte honorablement mais la Koningklijke Marine préfère le chasseur américain.

Le MB-720 à été ramené en France, stocké sur la BAN d’Orly et retrouvé miraculeusement dans un hangar abandonné de tous en 1973, restauré et exposé depuis au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

Caractéristiques du Bloch MB-700

Type : chasseur monomoteur monoplace

Poids en charge : 1850kg

Dimensions : envergure 8.90m longueur 7.34m hauteur 3.40m

Motorisation : un moteur Gnôme-Rhône 14 M-8 14 cylindres en étoile refroidit par air dévellopant 800ch

Performances : vitesse maximale 575 km/h Autonomie : 900km Plafond opérationnel : 9500m

Armement : deux canons de 20mm Hispano-Suiza HS-404 avec 60 obus et deux mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm avec 500 cartouches chacune, armement concentré dans les ailes.

24-Armée de l’air (9)

Dewoitine D-520

Le Dewoitine D-520 est au printemps 1940 le chasseur le plus moderne de l'armée de l'air

Le Dewoitine D-520 est au printemps 1940 le chasseur le plus moderne de l’armée de l’air

En juin 1936, l’armée de l’air lança un nouveau programme de chasseur C1 (monoplace) inspiré par l’apparition outre-Manche des Spitfire et des Hurricane.

Ce programme demandait un chasseur monoplace pouvant atteindre 500 km/h à 4000m avec pour armement soit un canon et deux mitrailleuses ou deux canons.

Rapidement, la vitesse maximale fût portée à 520 km/h pour éviter qu’un appareil bon au moment de sa conception soit périmé au moment de sa mise en service.

Emile Dewoitine associé aux ingénieurs Robert Castello et Jacques Henrat proposa un appareil qui ne fût accepté dans le cadre du programme technique A23 que le 12 janvier 1937. Le Dewoitine D-520 fût confronté au Morane-Saulnier MS-450, le Loire-Nieuport 60 (futur CAO-200), le Caudron-Renault 780 et bientôt le Bloch MB-152/MB-155 et l’Arsenal VG-33.

Suite aux nationalisations du Front Populaire, les usines Dewoitine furent intégrées à la Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Midi (SNCAM) en mars 1937. Deux prototypes furent commandés le 3 avril 1938, le premier prototype décollant pour la première fois à Toulouse-Francazal le 2 octobre 1938 suivit à la fin du mois de janvier par le prototype n°2 et par le prototype n°3 le 5 mai 1939.

Les débuts furent difficiles mais le destin fût favorable au D-520 car au moment où il termine ses essais au CEMA de Villacoublay, le VG-33 et le MS-450 n’ont pas encore volés, le MB 151/152 se révèle très décevant et le Caudron-Renault 780 à été tout simplement abandonné.

En mars 1939, une première commande de 200 appareils est passée suivit rapidement d’une deuxième commande pour 510 appareils supplémentaires portant le nombre d’appareils à livrer à 710.

D’autres commandes vont porter le nombre d’appareils produits à 1000, les derniers D-520 étant produits à l’automne 1942, les appareils en question étant des D-520 et des D-790 _sa variante embarquée_ destinée à la Marine.

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Au printemps 1940, seul le GC I/3 _précédement équipé de MS-406_ était effectivement opérationnel sur ce nouvel appareil, les GC II/3 et GC II/7 étant en cours de transformation sur Dewoitine D-520.

Ultérieurement, cinq groupes de chasse équipés de MS-406 vont recevoir le D-520 portant le nombre de groupes équipés à huit :

-Le GC III/3 est transformé entre juin et septembre 1940

-Le GC III/6 est transformé entre octobre et décembre 1940

-Le GC II/6 est transformé entre janvier et mars 1941

-Le GC III/7 est transformé entre avril et juin 1941

-Le GC I/6 est transformé entre juillet et septembre 1941

-Un GC I/7 est recré en janvier 1942 avec le Dewoitine D-520 portant le nombre de groupes équipés à neuf.

Ces unités étaient toujours équipés de cet appareil en septembre 1948 bien que leur conversion sur D-551 était prévue mais perturbée par le déclenchement du second conflit mondial. A noter cependant que des améliorations a minima ont été apportés à l’appareil avec un nouveau capot d’hélice, des radiateurs assurant un meilleur refroidissement……. .

A ces 243 appareils stationnés en métropole s’ajoute également des unités déployées dans l’Empire et des appareils mis en oeuvre par l’Aviation Navale.

Le Groupe Régional de Chasse de Corse (GRC appelé également GC I/13) disposant de 36 Dewoitine D-520 répartis en quatre escadrilles (deux à Solenzara et deux à Campo del Oro) reçoit ses appareils entre décembre 1941 et janvier 1942.

Le GC I/12 déployé à Than-Son-Nhut près de Saïgon reçoit ses appareils au printemps 1944 en remplacement de ses Curtiss H-75.

Ses 36 appareils sont rejoints par 72 autres appareils opérationnels pour équiper les GC II/12 stationné à Hanoï et le GC III/12 stationné à Tourane soit un total de 108 appareils pour l’Indochine sans compter un nombre équivalent comme volant de fonctionnement, l’éloignement et le climat ayant convaincu le commandement de prévoir une réserve d’attrition très importante.

Quand à l’Aéronavale, elle disposait de soixante appareils répartis en cinq escadrilles de douze appareils plus soixante-douze appareils de réserve.

Cela nous donne donc au total 387 appareils en service dans l’armée de l’air plus 60 en service dans la marine auxquels il faut ajouter les trente-deux D-790, sa version embarquée soit un total de 479 appareils en ligne plus 180 appareils de réserve immédiate, portant le total à 759, laissant 241 stockés sous cocon (ce qui signifie qu’il faudrait une à deux semaines pour les rendre opérationnels) soit un total général et définitif de 1000 appareils.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-520

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2123kg en charge 2677kg

Dimensions : envergure 10.20m longueur 8.60m hauteur 2.56m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y45 12 cylindres en ligne dévellopant 935ch au décollage entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 529 km/h à 4000m autonomie maximale 998km plafond pratique 11000m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20mm alimenté à soixante obus tirant dans l’axe de l’hélice et deux mitrailleuses de 7.5mm MAC34 dans chaque aile avec 675 coups chacune

Morane-Saulnier MS-406

Morane-Saulnier MS-406

Morane-Saulnier MS-406

Chasseur le plus important numériquement parlant en septembre 1939, le Morane-Saulnier MS-406 est issu du programme C1 envoyé aux avionneurs en juillet 1934.

Il demandait un chasseur allant à 400 km/h avec un armement composé d’un canon et deux mitrailleuses ou de deux canons voir encore de quatre mitrailleuses pour remplacer les Dewoitine D-371, Dewoitine D-500 et Loire 46.

Le Dewoitine D-500 et ci-dessous le Loire 46 furent deux des avions remplacés par le Morane-Saulnier MS-406

Le Dewoitine D-500 et ci-dessous le Loire 46 furent deux des avions remplacés par le Morane-Saulnier MS-406

Loire 46

Le projet fût amendé par deux fois au cours de l’année 1934 avant d’être définitivement gelé en novembre 1935, le programme réclamant cette fois un chasseur allant à 450 km/h, l’autonomie accrue tout comme le plafond fixé à 11500m.

De nombreux projets sont présentés comme le Dewoitine D-513, le Loire 250, le Nieuport 161, le Romano 130, le Bloch MB-150 et le Morane-Saulnier MS-405 mais seuls les deux derniers seront réalisés et surtout produits en série.

Le premier prototype du MS-405 effectue son premier vol le 8 août 1935 et après des essais satisfaisants est acheté par l’Etat en novembre 1936, s’illustrant au salon aéronautique de Bruxelles en juin 1937 ce qui suscita l’intérêt de la Chine, de la Suisse et de la Turquie.

Aux deux prototypes et aux quinze appareils de pré-série (fabriqués entre février et juin 1938) succédèrent des appareils de série connus sous le nom de MS-406, le MS-405 n°4 servant de prototype de cette version. Ces appareils étant produits par trois usines, principalement Puteaux, Tarbes et Bouguenais après la nationalisation.

La première commande est passée en avril 1937, 50 MS-405 étant commandés puis transformés ultérieurement en MS-406. Les commandes succedèrent ensuite tant était lamentable l’état de la chasse française.

Quand la guerre de Pologne éclate, 600 exemplaires ont été produits, chiffre qui passe à 1000 exemplaires en juin 1940 et enfin 1100 exemplaires quand la production est arrêtée en septembre 1940.

Cet appareil connu comme le «meilleur chasseur du monde» est rapidement dépassé par les progrès fulgurants de l’aviation et l’armée de l’air prend rapidement la décision de le remplacer par des appareils plus modernes.

A son apogée, le Morane-Saulnier MS-406 équipait treize groupes de chasse :

-Le GC III/3 ultérieurement transformé sur le Dewoitine D-520

-Le GC II/2 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC III/2 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC III/1 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC I/2 est ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC II/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC III/7 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC III/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC II/7 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC I/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC II/3 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC I/10 déployé en AFN est ultérieurement transformé sur Arsenal VG-39

-Le GC I/7 (ultérieurement baptisé GC I/11) et déployé au Levant remplace ses MS-406 par des Curtiss H-75. (Un GC I/7 est ultérieurement recréé sur D-520 pour permettre à la 7ème EC d’avoir trois groupes homogènes).

Le remplacement des MS-406 est achevé en janvier 1943 mais tous ne sont pas feraillés. En effet, 500 appareils sont transformés en MS-410.

Par rapport au MS-406, le «nouvel appareil» reçoit une alimentation en bandes rechauffés pour éviter les pannes liées au givre, le remplacement du collimateur, l’installation d’un radiateur fixe, l’installation de pipes d’échappement à effets propulsifs, l’installation d’une hélice Ratier ce qui augmenta la vitesse de 40 km/h.

Ces appareils vont équiper les douze Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) déployées en métropole avec 144 exemplaires sur les 500 transformés. 200 furent conservés comme volant de fonctionnement et les 156 restants furent revendus à des pays étrangers comme la Suisse et la Turquie. Les MS-410 furent retirés du service à l’automne 1946.

Caractéristiques Techniques du Morane-Saulnier MS-406

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 1895kg maximal 2540kg

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y-31 12 cylindres dévellopant 860ch au décollage entrainant une hélice Chauvière de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 486 km/h à 5000m Autonomie maximale 1100km Plafond pratique 9400m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-9 de 20mm tirant à travers l’axe de l’hélice avec soixante obus et deux mitrailleuses MAC-34 de 7.5mm dans chaque aile

7-Porte-avions et porte-aéronefs (5)

D-Porte-avions Commandant Teste

1-Baignoires pour canons de 25mm 2-Tourelles doubles de 130mm 3-Ilôt 4-Cheminée 5-Affûts ACAD de 37mm 6-Affût ACAQ de 37mm

Genèse d’un porte-avions

Comme nous avons pu le voir dans l’introduction concernant les porte-avions français, la genèse des Joffre à été particulièrement longue et pénible et sans la mise sur cale du porte-avions allemand Graf Zeppelin en 1936, peut être le Béarn serait longtemps resté le seul navire de son type au sein de la Royale.

Même une fois les Joffre sur cale, la question du porte-avions était loin d’être tranchée. Non seulement les partisans des «gros» étaient sceptiques sur l’utilité du porte-avions par rapport aux cuirassés mais au sein de la communauté des partisans des «ponts plats», l’utilisation finale du porte-avions était encore peu assurée.

Autre sujet de polémique : l’architecture générale des porte-avions. Les japonais avaient disposé de porte-avions avec trois ponts d’envols superposés, une configuration aussi hétérodoxe que celle des Joffre au pont d’envol dont l’axe était décalé de 5.20m à babord par rapport à l’axe du navire tout comme celui du hangar supérieur pour équilibrer le poids d’un ilôt hypertrophié.

Cette architecture était sujette à caution, certains militant pour un nouvel modèle de porte-avions afin de remplacer le vénérable Béarn.

Le programme naval de mai 1941 finance la construction à la tranche 1944 d’un porte-avions de 20000 tonnes soit 2000 tonnes de plus que les Joffre. Un temps, on envisage tout simplement un Joffre plus gros mais au final on préfère choisir un nouveau design, ce choix étant acté en janvier 1942.

Une fois n’est pas coutume la France se tourne vers l’étranger pour prendre le meilleur et rejeter le mauvais, en somme le STCN fait le tri entre le bon grain et l’ivraie. Une mission navale se rend tout d’abord en Grande Bretagne pour un échange de vue avec Sir Stanley Goodall, le concepteur des porte-avions blindés.

La mission dirigée par le capitaine de vaisseau Santoni se montre séduite par le pont blindé mais la faible capacité du groupe aérien (36 appareils en tassant bien) empêche que le PA17 soit une simple copie des Illustrious.

Elle se rend ensuite à Washington pour converser avec des officiers américains notamment les amiraux Nimitz et Halsey. Le CV Santoni espère obtenir les plans des porte-avions de classe Essex alors en construction mais il se heurte au refus de l’US Navy et n’obtient qu’une version austere peu exploitable.

Néanmoins, les recherches menés par la Division Porte-avions du STCN et les informations récueillis par la mission Santoni permettent de défricher de nombreuses pistes. En mai 1942, les grandes lignes du futur porte-avions d’escadre  sont arrêtés :

-Déplacement de 20000 tonnes standard soit 23/25000 tonnes en charge normale, flirtant avec les 27000 tonnes en charge maximale

-Vitesse en service de 30 noeuds

-Une distance franchissable supérieure aux Joffre

-Une protection plus importante tout en excluant un pont d’envol blindé jugé trop lourd et trop handicapant pour l’aviation embarquée

-Une simplification des installations de manœuvre aéronautique

-Deux catapultes pour permettre le lancement d’avions plus lourds

-L’installation de radars

-L’axe du pont d’envol confondu avec celui du navire.

Plusieurs plans sont dressés. Une première version donne un navire à l’aspect extérieur semblable aux Lexington avec une étrave fermée mais rapidement l’étrave fermée est abandonnée. Au lieu d’une synthèse entre le modèle américain et le modèle britannique, la France se rallie au modèle américain.

La coque du navire forme un ensemble continu et fermé, le pont principal est blindé avec 75mm et devient le pont du hangar. Le hangar unique est formé par l’espace compris entre le pont du hangar et le pont d’envol qui est blindé à 15mm à la différence du pont en bois des porte-avions américains.

Le hangar est relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux, l’un à l’avant entre les catapultes et le second au milieu du navire. Le décollage des avions est facilité par deux catapultes H-2 d’origine américaine alors que l’appontage est assurée par huit brins d’arrêts.

Au niveau de l’armement, on envisage un temps de le limiter à une DCA légère mais au final, on conserve la DCA des Joffre à savoir huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles complétés par des pièces légères à savoir un affût quadruple ACAQ et huit tourelles doubles ACAD de 37mm soit un total de 20 canons et douze affûts doubles de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 soit vingt-quatre pièces.

L’ilot est plus compact avec une cheminée imposante mais cette architecture rendra complexe l’installation de radars suscitant de nombreux problèmes de détection qui ne seront que tardivement résolus.

Quand au groupe aérien, il passe de 40 à 80 appareils (même si dans la pratique, il sera réduit à 68-72) avec toujours des monomoteurs de chasse, de bombardement en piqué et de torpillage et des bimoteurs d’observation et de torpillage, la mise en œuvre de ces derniers étant grandement facilité par la présence de catapultes qui permet leur décollage en charge.

Le projet PA18 est définitivement validé en mai 1943. Un temps il est prévu de baptiser le nouveau porte-avions Gallieni puis le nom de  Maréchal Lyautey est envisagé tout comme celui de France mais au final, le ministre de la marine décide de le baptiser Commandant Teste, rendant hommage à Paul Teste qui partisan du porte-avions avait vu son nom donné à un porte-hydravions qui est alors rebaptisé Albert Caquot puis transformé en navire-atelier pour notre nouvelle base en Indochine.

Comme pour les Joffre, la commande est passé aux chantiers nazairiens et plus particulièrement les ACL qui ont déjà construits le Painlevé, commande signée le 17 juin 1943, la mise en chantier datant du 5 septembre 1943.

Construction et carrière opérationnelle

-Le Commandant Teste est mis sur cale le 17 novembre 1943 sur la cale n°1. La soudure est généralisé sur environ 75% du navire, le rivetage continuant d’être utilisé pour des parties soumises à très fortes vibrations.

Il est lancé le 15 décembre 1945 en présence de la veuve de Paul Teste décédé en juin 1925 au cours d’un accident d’avion alors qu’il s’entrainait pour la traversée de l’Atlantique. La coque est remorqué au quai d’armement et aussitôt l’achèvement à flot commence.

Le Commandant Teste est armé pour essais le 14 février 1947. Après les essais constructeurs menés du 15 au 22 février, le porte-avions est solennellement remis à la marine nationale le lendemain 23 février 1947.

Le porte-avions rejoint Brest le 24 février mais devant la saturation de l’Arsenal, le Commandant Teste gagne Cherbourg le 26 février en compagnie du cuirassé Bretagne et des torpilleurs d’escadre du cuirassé.

Le porte-avions est au bassin pour travaux du 26 février au 19 mars avant d’effectuer ses essais officiels qui ont lieu du 21 mars au 4 avril et du 10 au 30 avril en compagnie du cuirassé Bretagne , le cuirassé, le porte-avions et les deux torpilleurs d’escadre effectuant une escale à Dunkerque du 1er au 5 mai et à Anvers du 6 au 10 mai, rentrant à Cherbourg le 12 mai 1947.

Il passe à nouveau au bassin du 13 au 27 mai avant une ultime phase d’essais exécutée du 28 mai au 8 juin en compagnie du cuirassé et de ses deux torpilleurs d’escadre. La cloture d’armement est prononcée le 9 juin alors que le porte-avions est indisponible, sortant pour essais du 1er au 4 juillet et pour entrainement du 6 au 21 juillet 1947.

Après un ultime passage au bassin du 25 juillet au 12 août pour résoudre des problèmes de vibration, le Commandant Teste sort pour essais du 19 au 22 août en compagnie du Bretagne, de l’Eveillé et de l’Alerte avant de préparer sa traversée de longue durée en mer du Nord.

Le Commandant Teste quitte Cherbourg en compagnie du cuirassé et ses torpilleurs d’escadre le 27 août, faisant escale au Havre du 29 août au 2 septembre, à Dunkerque du 3 au 8 septembre, à Anvers du 9 au 12 septembre, à Oslo du 15 au 18 septembre, à Aberdeen du 20 au 25 septembre, à Douvres du 27 au 30 septembre avant de rallier Brest le 2 octobre pour charger carburant et munitions.

La petite escadre (un porte-avions, un cuirassé et les quatre torpilleurs L’Eveillé L’Alerte Spahi et Hussard) quitte Brest le 5 octobre 1947.

Du 6 au 9 octobre, le porte-avions fait escale à Lorient qui devient ville marraine du bâtiment puisque Paul Teste était origine de cette ville.

En mer, il reçoit son groupe aérien qui s’était regroupé sur la base aérienne de Lann-Bihoué et qui est composé de vingt-sept Bloch MB-159, de douze CAO-610, de seize Laté 299-5 et de dix-huit Loire-Nieuport LN-420.

Durant le transit jusqu’à Casablanca, le groupe aérien s’entraine de manière intensive avec comme plastron l’armée de l’air dont les pilotes _amicale rivalité oblige_ sont toujours impatients d’en découdre avec leurs homologues de la marine.

Le porte-avions relâche à Casablanca du 13 au 16 octobre, franchit le détroit de Gibraltar le 18 octobre et gagne Mers-El-Kebir où il arrive le 22 octobre dans la matinée.

Le 23 octobre 1947, le porte-avions Commandant Teste est admis au service actif, affecté à la 4ème Escadre (Flotte de la Méditerranée) avec Mers-El-Kebir pour port d’attache.

Le 8 novembre 1947, le porte-avions appareille pour Dakar en compagnie du cuirassé avec quatre torpilleurs d’escorte (L’Eveillé L’Alerte Spahi Hussard) et le pétrolier-ravitailleur La Medjerda afin d’entrainer son groupe aérien.

Arrivé dans la capitale de l’AOF le 15 novembre, le porte-avions et le cuirassé accompagnés par leurs torpilleurs d’escorte s’entrainent au large de Dakar du 16 au 30 novembre, faisant escale à Dakar même du 1er au 5 décembre avant de mettre cap sur l’Algérie, les sept navires faisant escale à Casablanca du 9 au 12 décembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 16 décembre 1947 au matin puis de rester au port jusqu’à la fin de l’année.

Le Commandant Teste et le Bretagne  ressortent pour la première fois le 7 janvier 1948 pour entrainement de son groupe aérien, entrainement qui le voit opérer au large de l’Algérie jusqu’au 17 janvier puis après un ravitaillement à la mer avec le pétrolier Tarn, le porte-avions opère au large de Bizerte, s’entrainant du 18 janvier au 2 février avant une escale à Malte du 4 au 11 février suivie d’un retour à Mers-El-Kebir le 13 dans la soirée.

Le Commandant Teste sort à nouveau en compagnie du cuirassé Bretagne pour entrainement du groupe aérien du 20 au 27 février, le cuirassé et le porte-avions faisant escale à Tunis du 28 février au 2 mars avant un nouvel entrainement commun du 3 au 18 mars, les deux navires faisant escale à Alger du 19 au 24 mars avant de rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 25 mars 1948.

Après un passage au bassin à Bizerte du 8 avril au 2 mai 1948 (changement des hélices défectueuses, entretien des catapultes……….) et des essais du 4 au 9 mai, le porte-avions manœuvre en Méditerranée orientale en compagnie du cuirassé Bretagne et du croiseur de bataille Strasbourg du 15 mai au 20 juin 1948, mais également en compagnie de six torpilleurs d’escadre et des trois contre-torpilleurs de la 11ème DCT à savoir le Mogador, le Volta et le Hoche.

Au cours de ce cycle d’entrainement, les navires ne rentrèrent pas au port, se ravitaillant à la mer avec notamment le pétrolier Mékong et le Tarn multipliant les aller-retour entre la force navale toujours mouvante et Bizerte pour recharger les soutes.

Le programme était chargé pour ne pas dire copieux avec un exercice de défense aérienne à la mer d’une force navale, la lutte ASM (avec les sous-marins  Minerve  Junon  Cornélie  et Amirde, le raid antisurface au cours duquel le Strasbourg et le Commandant Teste attaquèrent les contre-torpilleurs au canon et avec l’aviation embarqué avant que les contre-torpilleurs et les torpilleurs d’escadre ne tentent d’attaquer les deux gros. Le Bretagne lui à surtout servit de navire de commandement, ne participant que de loin à l’exercice.

La force navale occasionnelle exécuta également des tirs contre la terre sur des ilôts inhabités du territoire tunisien pour simuler un assaut amphibie. Il termina par un exercice d’escorte de convois composé de deux pétroliers et de deux cargos escortés par les trois contre-torpilleurs et un torpilleur  à l’arrière; le porte-avions, le cuirassé et le croiseur de bataille plus les trois torpilleurs restant formant un groupe de couverture. Le convoi est ainsi attaqué par des sous-marins et des avions basés à terre.

La force navale rentre à Bizerte le 21 juin et si les contre-torpilleurs restent en Tunisie puisque Bizerte est leur port d’attache, le croiseur de bataille, le cuirassé et les quatre torpilleurs plus le Tarn rentrent à Mers-El-Kebir le 28 juin 1948.

Le Commandant Teste sort accompagné de ses torpilleurs d’escadre pour entrainement de ses pilotes du 7 au 18 juillet. Pour la fête nationale, les avions embarqués ont survolé la ville d’Alger en émettant des fumigènes bleu-blanc-rouge du plus bel effet. Le porte-avions rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 19 juillet 1948. Il sort ensuite avec le cuirassé Bretagne du 25 juillet au 8 août, les deux navires faisant escale à La Valette du 9 au 13 août avant de rallier Mers-El-Kébir le 15 août.

Le porte-avions passe au régime de guerre le 20 août et sort à nouveau pour entrainement en compagnie du Bretagne du 21 au 29 août, étant à quai à Mers-El-Kébir quand éclate le second conflit mondial.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark le 5 septembre, le Commandant Teste appareille en compagnie du Bretagne pour contrer une éventuelle action italienne contre l’Afrique du Nord.

7-Catapultes hydrauliques type H 8-Ascenseurs 9-Brins d’arrêts 10-Grue de poupe 11-Grue de l’ilôt

Caractéristiques Techniques du porte-avions Commandant Teste

Déplacement :  standard 21 620 t  24 165 t en charge normale et 26 200 t à pleine charge

Dimensions : Longueur hors tout : 248m Longueur de la coque : 243m  (à la flottaison) 230m

Largeur à la flottaison : 25m largeur du pont d’envol 32m Tirant d’eau : 7.4 à 7.9m

Propulsion :  4 turbines Parson développant une puissance totale de 120000ch alimentés par 9 chaudières Babcock & Wilcox et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 32 nœuds  Distance franchissable : 12500 miles nautiques à 15 nœuds

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, un radar de conduite de tir pour les canons de 130mm et un autre pour l’artillerie légère.

Armement :  8 canons de 130mm en quatre tourelles doubles installés à l’avant et à l’arrière de l’îlôt 20 canons de 37mm modèle 1935 en un affût quadruple ACAQ et huit affûts doubles ACAD  et 24 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en douze affûts doubles.

Installations aéronautiques :

-Pont d’envol de 248m de long sur 32m de large relié au hangar unique de 164m de long sur 18m de large par deux ascenseurs axiaux de 18m de long sur 12m de large

-Deux catapultes H-2 axiales

-Huit brins d’arrêt et deux barrières

-Une grue de 12 tonnes installé au niveau du pont principal derrière l’ilôt

Groupe aérien :
Total : 27 Bloch MB-159M, 12 CAO-610, 16 Latécoère Laté 299-5, 18 Loire-Nieuport LN-420, 8 Morane-Saulnier MS-474, 4 Dewoitine D-720 soit un total de 84 appareils

Equipage : 2200 officiers et matelots

7-Porte-avions et porte-aéronefs (4)

Le Painlevé

Le porte-avions Painlevé

A l’origine, il était prévu que le Painlevé soit mis sur cale après le lancement du Joffre mais au printemps 1940, la marine nationale change son fusil d’épaule et demande que la mise sur cale soit menée dans les plus brefs délais. Les ateliers et chantiers de Saint Nazaire-Penhoët étant saturés, la construction du Painlevé est transférée aux ACL

-Le Painlevé est mis sur cale le 25 septembre 1940 et à la différence de son sister-ship, sa construction est menée à une vitesse relativement soutenue.

Le porte-avions Painlevé est lancé le 4 janvier 1943 par un temps maussade qui oblige à décaler le lancement du matin à l’après midi en profitant d’une brève éclaircie. La coque imposante est remorquée au quai d’armement où son achèvement à flot commence immédiatement.

Le Painlevé est armé pour essais le 12 mars 1944. Les premiers essais ont lieu au point fixe jusqu’au 21 mars avant une première sortie à la mer le 24 mars 1944 qui marque le début de dix jours d’essais destinés à vérifier le respect des normes contractuelles.

Les essais constructeurs s’achèvent le 3 avril 1944 et le lendemain, il est officiellement transféré à la marine nationale.

Après des travaux dans la forme Joubert en raison de la saturation des formes de l’Arsenal de Brest, le porte-avions appareille pour son futur port d’attache le 27 avril, arrivant le lendemain dans la soirée à Brest.

Les essais officiels commencèrent le 30 avril et se poursuivirent sans interruption jusqu’au 14 mai 1944 quand il passa au bassin à Brest du 15 au 31 mai 1944 avant une deuxième campagne d’essais à la mer du 1er juin au 8 juillet, campagne essentiellement axée sur les essais aviation et la mise en condition opérationnelle de son groupe aérien.
Le 15 juillet 1944, le porte-avions appareille avec un torpilleur d’escorte, l’Intrépide pour sa traversée de longue durée. Il franchit l’Atlantique direction Fort de France où il arrive le 20 juillet.

Le transit est l’occasion d’entrainer le groupe aérien et les canonniers du porte-avions. Au cours d’un exercice, un CAO-600 alors en exercice de torpillage est victime d’une panne moteur et percute la mer à grande vitesse ne laissant aucun survivant parmi les trois membres d’équipage.

Le porte-avions repart pour Kingston en Jamaïque où il fait escale du 22 au 24 juillet avant de gagner la zone du canal de Panama où il fait escale du 25 au 27 juillet.  Il est ensuite à  Corpus Christi au Texas du 30 juillet au 2 août, à La Nouvelle Orléans du 4 au 8 août, à Miami du 10 au 13 août avant de mettre cap sur Brest où il arrive le 18 août.

Le 19 août 1944, le porte-avions Painlevé est admis au service actif, affecté à la 1ère Escadre de la Flotte de l’Atlantique.

Le porte-avions est au bassin du 20 août au 12 septembre pour démontages et modifications avant des essais à la mer du 13 au 17 septembre 1944.

Le porte-avions exécute alors l’exercice «Prométhée» qui à lieu du 20 septembre au 15 octobre 1944 voit le porte-avions Painlevé lancer des raids sur les bases de l’armée de l’air dans la région pendant que cette dernière lance des raids d’avions torpilleurs sur la flotte. La marine revendique la destruction au sol de 150 appareils plus 80 en vol alors que l’armée de l’air préténd avoir coulé deux fois le porte-avions et trois fois le cuirassé Gascogne qui accompagnait le porte-avions.

Des exercices ASM et de défense aérienne à la mer ont également lieu, les CAO-600 se révélant de bons appareils de commandement de chasse (en dépit d’un équipage de trois hommes) pour coordonner la défense (au final, en dépit d’une expérience prometteuse, la marine préféra laisser le porte-avions coordonner la défense de l’escadre) alors que les Latécoère Laté 299 ajoutent la lutte ASM à leur panoplie en affrontant le Pasteur et l’Ajax. Le porte-avions rentre à Brest le 20 octobre après une escale au Verdon du 16 au 19 octobre.

Le Painlevé reprend la mer le 24 octobre pour une campagne d’entrainement à destination de son groupe aérien. Les jeunes pilotes effectuent leurs premiers appontages et décollages alors que les pilotes confirmés continuent à acquérir de l’expérience, tous effectuant en baie de Douarnenez des largage de bombes et de torpilles.

Il rentre à Brest le 8 novembre et jusqu’à la fin de l’année 1944 va ressortir trois fois : du 12 au 20 novembre, du 23 au 30 novembre et du 5 au 12 décembre à chaque fois pour entrainement de son groupe aérien avant d’être en entretien du 14 décembre 1944 au 4 janvier 1945, les essais à la mer du 5 au 8 janvier étant suivi par un stage de mise en condition jusqu’au 15 janvier 1945.

Le porte-avions ressort du 17 janvier au 3 février 1945 pour entrainement de son groupe aérien avant une indisponibilité accidentelle jusqu’au 17 février pour un problème de ligne d’arbre rapidement résolu, les essais à la mer mené du 19 au 21 février se révélant concluants.

Le porte-avions Painlevé sort pour entrainement du 25 au 28 février, faisant escale au Verdon jusqu’au 4 mars 1945 quand il reprend la mer pour un nouvel entrainement de son groupe aérien et ce du 4 au 17 mars, étant ravitaillé par le PRE La Seine à plusieurs reprises avant de rentrer à Brest le 18 mars 1945.

Le 21 mars 1945 à lieu à bord du porte-avions la signature de la charte de parrainage entre la ville de Bourg en Bresse et le navire, la préfecture de l’Ain ayant été choisit car Paul Painlevé à été député de ce département de 1928 à 1932. Une délégation de la ville sort ainsi avec le porte-avions du 23 au 30 mars, le navire rentrant à Brest le 4 avril après une escale à Quiberon du 31 mars au 3 avril 1945.

Au printemps 1944, les marines britanniques et françaises avaient réalisé un exercice commun en mer du Nord. En 1945, il est décidé de renouveler l’expérience toujours en Ecosse même l’édition 1946 doit avoir lieu dans le Golfe de Gascogne.

Le porte-avions Painlevé appareille ainsi le 16 avril 1945 en compagnie des cuirassés Alsace  et Gascogne, de la 3ème DCT (Bugeaud du Chayla Dupetit-Thouars), des six torpilleurs d’escadre (Arquebuse Cimeterre Durandal Dague Forbin Basque), des sous-marins Ajax Pasteur Sibylle et Antiope et du pétrolier ravitailleur La Seine.

La force N fait escale à Liverpool du 25 au 28 avril puis à Greenock du 30 avril au 3 mai où il retrouve la force M composée du porte-avions Victorious, du cuirassé Anson, des croiseurs légers Dido et Southampton, de quatre destroyers et de quatre sous-marins.

L’exercice «Entente Cordiale 1945» à ainsi lieu du 5 au 15 mai 1945 avec un affrontement aéronavale du 5 au 7 mai, des écoles à feux et un entrainement au combat antisurface du 8 au 10 mai, un entrainement ASM le 11 mai et un entrainement à la défense aérienne à la mer du 13 au 15 mai.

Les deux escadres se séparent le 17 mai 1945 après une revue navale à Rosyth. Les navires français font ensuite escale à Dunkerque du 19 au 22 mai, Cherbourg du 24 au 26 mai avant de rentrer à Brest le 27 mai dans la soirée.

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 14 juin 1945, le porte-avions reprend la mer le 20 juin pour une longue campagne d’entrainement dans le Golfe de Gascogne mais également au large du Maroc et du Sénégal, le porte-avions menant des exercices d’assaut contre la terre, de défense de convois, de lutte ASM et antinavire.

Il fait escale à Casablanca du 23 au 26 juin avant de gagner Dakar le 1er juillet. Les exercices s’enchainent alors : défense aérienne à la mer du 4 au 12 juillet, attaque antinavire du 15 au 22 juillet, bombardement en piqué sur cibles terrestres du 24 juillet au 2 août, lutte ASM du 7 au 15 août avec les sous-marins Rolland Morillot  La Praya et La Martinique.

Après une nouvelle escale à Dakar du 16 au 22 août, le porte-avions, ses deux torpilleurs d’escadre et trois sous-marins mettent cap sur Brest, faisant escale à Lisbonne du 26 au 30 août avant de rentrer à Brest le 2 septembre 1945 dans la soirée.

Le 8 septembre 1945, le porte-avions Illustrious arrive à Brest en compagnie de quatre destroyers. Il est ouvert au public français jusqu’au 13 septembre 1945 avant de participer à des manoeuvres combinées avec le Painlevé.

Les deux porte-avions franchissent le goulet le 14 septembre 1945, se séparant en profitant de la nuit pour disparaître aux yeux de l’autre. Le lendemain 15 septembre, alors que le Painlevé naviguait au large d’ Ouessant, huit Fairey Barracuda attaquent comme à la parade «coulant» le porte-avions français non sans perdre quatre appareils sous les coups de la DCA.

Le porte-avions français prend sa revanche le lendemain 16 septembre. A l’aube, un CAO-600 repère le porte-avions Illustrious au large de Douarnenez. Aussitôt, huit Latécoère Laté-299 armés  et quatre Loire-Nieuport LN-401 décollent escortés par six Dewoitine D-790.

Les chasseurs embarqués balayent facilement les Seafire de couverture (quatre appareils) avant de distraire la DCA, laissant les avions torpilleurs et les bombardiers en piqué attaquer le porte-avions britannique qui est «coulé» par quatre torpilles et deux bombes.

Le 17 septembre, les deux porte-avions allient leurs forces pour attaquer Brest, laissant la base lourdement endommagée. Le porte-avions britannique rentre en Grande Bretagne pendant que le Painlevé continue seul son entrainement seul dans le Golfe de Gascogne avant de rentrer à Brest le 27 septembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 29 septembre au 5 octobre 1945, le porte-avions appareille le 9 octobre pour entrainement au large de Dakar, utilisant le polygone de Rufisque pour entrainer son groupe aérien à l’assaut à l’aide munitions réelles du 15 au 29 octobre.

Il reste à Dakar jusqu’au 3 novembre, appareillant à l’aube le 4 novembre, faisant escale à Casablanca du 7 au 9 novembre, à Gibraltar du 11 au 15 novembre _où il est amarré devant le porte-avions Ark Royal_ , Lisbonne du 17 au 21 novembre avant de rentrer à Brest le 24 novembre 1945. Il ressort encore pour entrainement de son groupe aérien du 3 au 8 décembre, du 10 au 13 décembre et du 16 au 23 décembre 1945.

Après une période d’indisponibilité pour entretien et permissions de l’équipage du 24 décembre 1945 au 14 janvier 1946, le Painlevé sort pour essais du 15 au 18 janvier puis pour remise en condition du 20 janvier au 3 février.

Le Painlevé sort à nouveau pour entrainement du 10 au 25 février puis du 2 au 14 mars et enfin du 21 mars au 3 avril, date de son retour à Brest, toujours accompagné des torpilleurs d’escadre Cimeterre et Arquebuse.

Le 8 avril 1946 arrive à Brest une escadre britannique destinée à l’exercice «Entente Cordiale 1946», escadre composée du cuirassé Howe, du croiseur lourd Kent, des croiseurs légers antiaériens Dido et Bellona, de six destroyers et de trois sous-marins.

La Flotte de l’Atlantique engage elle le porte-avions Painlevé, le cuirassé Gascogne, le croiseur lourd Foch, la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier), quatre torpilleurs d’escadre et quatre sous-marins, les Rolland Morillot  , Ile de France  Kerguelen  et La Guadeloupe.

L’exercice commence le 10 avril 1946 par un exercice de lutte ASM suivit le 12 avril par un entrainement au raid antisurface au cours duquel la coque du torpilleur Siroco sert de cible avant d’enchainer le 13 avril par une mission d’assaut contre la terre.

Les 14 et 15 avril, les deux escadres réunies participent à un exercice de défense aérienne à la mer où ils doivent repousser l’attaque d’avions basés à terre qu’il s’agisse de Bloch MB175 antinavires, ou de Lioré et Olivier Léo-456 de bombardement et de torpillage.

Le 17 avril, les deux forces navales appareillent pour Rufisque afin d’effectuer une école à feu commune. Les deux escadres sont rassemblées dans la rade de Brest avant d’appareiller sans les sous-marins qui restent à Brest.

Le cuirassé Gascogne ouvre la marche suivit par le croiseur lourd Foch et son homologue britannique le Kent, le porte-avions Painlevé, le cuirassé Howe suivis par les trois contre-torpilleurs, les quatre torpilleurs d’escadre, les croiseurs légers antiaériens et les six destroyers britanniques.

En mer, les deux forces se séparent pour former deux groupes occasionnels bi-nationaux. Le premier sous commandement français regroupe le cuirassé Gascogne, le porte-avions Painlevé, le croiseur lourd Kent, quatre torpilleurs d’escadre et deux destroyers alors que le second sous commandement anglais regroupe le cuirassé Howe, le croiseur lourd Foch, les croiseurs légers antiaériens Dido et Bellona, les trois contre-torpilleurs et quatre destroyers.

Ces deux forces vont manoeuvrer ensemble durant le transit jusqu’à Dakar où elles arrivent le 22 avril. Le groupe Gascogne est le premier à utiliser les installations du polygone de Rufisque du 23 avril au 14 mai avant de laisser la place au groupe Lorraine du 15 au 31 mai.

Les deux forces navales appareillent le 2 juin, font route ensemble jusqu’aux aterrages immédiats de Brest où les navires anglais rentrent dans leurs ports respectifs, les navires français retrouvant la rade Abri le 7 juin 1946.

Le Painlevé sort pour entrainement du 15 au 27 juin puis du 1er au 12 juillet, sorties d’entrainement pour son groupe aérien et ce dans le Golfe de Gascogne.

Après une ultime sortie du 17 au 20 juillet où les avions du Painlevé entrainent les canonniers antiaériens du Jean Bart, le porte-avions débarque ses munitions et entre dans le bassin n°9 du Laninon le 22 juillet 1946 pour un premier grand carénage.

Au bassin du 22 juillet 1946 au 22 février 1947, le porte-avions termine ses travaux à quai du 23 février au 14 mars. Les travaux ont concerné l’appareil propulsif, l’appareil évaporatoire, les hélices, le pont d’envol (renforcement de la structure), le remplacement des brins d’arrêts, la modernisation de l’appareil radar, la révision de l’artillerie.

Le porte-avions Painlevé est armé pour essais le 14 mars et sort en compagnie du cuirassé Lorraine du 15 au 22 mars, les deux navires et leurs quatre torpilleurs d’escadre faisant escale à Saint Nazaire du 23 au 27 mars avant de reprendre la mer pour entamer la remise en condition du groupe aérien.

Le 28 mars 1947, le porte-avions Painlevé récupère son groupe aérien venu de Lanvéoc-Poulmic à savoir  seize chasseurs-bombardiers Dewoitine D-790, neuf éclaireurs-torpilleurs SNCAO CAO-610 _Version améliorée du CAO-600_, neuf bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-420 et huit bombardiers-torpilleurs Latécoère Laté 299-5.

La remise en condition devait avoir lieu dans le Golfe du Gascogne mais le mauvais temps provoque un changement de programme, l’exercice étant maintenant prévu au large de Dakar. Le pétrolier-ravitailleur La Seine rejoint la petite escadre pour la ravitailler et lui permettre de rejoindre Dakar le 5 avril 1947.

Après quelques jours de relâche, l’escadre reprend la mer le 11 avril pour un premier exercice jusqu’au 30 avril, les avions embarqués s’entrainant au vol de base, au vol en formation avant de bombarder des cibles au polygone de Rufisque, des cibles préparées mais également d’anciens véhicules réformés qui étaient détruits pour la bonne cause.

Après une escale à Dakar du 1er au 5 mai, le porte-avions Painlevé sort seul pour un exercice de surveillance, utilisant ses CAO-610 pour retrouver le cuirassé Lorraine et déclenché contre lui le feu de Wotan sous la forme d’un raid de bombardiers en piqué et de bombardiers-torpilleurs. L’exercice s’achève le 12 mai 1947. A noter que le PRE La Seine est rentré à Brest pour participer à l’exercice Entente Cordiale.

La campagne d’entrainement s’achève par un exercice de défense aérienne à la mer du 14 au 27 mai, les chasseurs du porte-avions et la DCA devant repousser l’attaque d’avions de l’armée de l’air contre l’escadre qui fait une dernière fois escale à Dakar du 28 mai au 2 juin. Reprenant la mer le lendemain 3 juin, le porte-avions, le cuirassé et les quatre torpilleurs d’escadre rentrent à Brest le 9 juin 1947.

Le porte-avions Painlevé est comme le cuirassé Lorraine indisponible du 10 juin au 2 juillet pour entretien et permissions de l’équipage. Il sort pour entrainement en compagnie de ses torpilleurs d’escorte pour essais du 7 au 10 juillet puis pour entrainement/remise en condition du 13 au 20 juillet et du 25 juillet au 2 août 1947.

Du 11 au 22 août, le Painlevé et le Lorraine sortent pour un entrainement dans le Golfe de Gascogne au profit d’élèves-officiers et d’officiers de réserve. Les deux navires font escale à Lorient du 23 au 27 août avant de rentrer à Brest le 28 août 1947.

Le porte-avions Painlevé sort à nouveau pour entrainement de son groupe aérien le 1er septembre 1947, faisant escale à Cherbourg du 12 au 15 septembre. Reprenant la mer le 16 septembre, il participe à une nouvelle phase d’entrainement jusqu’au 25 septembre. Il rentre à Brest le lendemain 26 septembre 1947.

Le porte-avions Painlevé sort en compagnie du cuirassé Lorraine et de quatre torpilleurs d’escadre du 7 au 17 octobre pour un exercice au combat antisurface avant une escale à Cherbourg du 18 au 21 octobre. Reprenant la mer, le cuirassé le porte-avions et les quatre torpilleurs d’escadre manoeuvrent en Manche du 22 au 29 octobre, rentrant à Brest le lendemain 30 octobre 1947.

Du 2 au 21 novembre 1947, le Painlevé participe à un exercice avec les cuirassés Normandie et Lorraine, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine accompagnés par huit torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine.

L’exercice terminé, la petite escadre fait escale au Verdon du 22 au 25 novembre avant de gagner Rufisque pour un exercice à tir réel. Les navires arrivent à Dakar le 30 novembre et les exercices de tir ont lieu du 2 au 15 décembre avant une nouvelle escale à Dakar du 16 au 21 décembre.

Les cuirassés Lorraine et Normandie, les porte-avions Painlevé et Alienor d’Aquitaine et les huit torpilleurs d’escadre quittent la capitale de l’AOF le 22 décembre, font escale à Casablanca du 25 au 27 décembre avant de rentrer à Brest le 1er janvier 1948.

Le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sortent pour la première fois en 1948 du 7 au 20 janvier pour d’importantes manoeuvres dans le Golfe de Gascogne avec exercice de défense aérienne à la mer, lutte ASM (avec l’aide des sous-marins Fructidor et Pluviose), assaut maritime et terrestre. Comme à chaque exercice, le Lorraine sert alternativement de plastron ou d’escorteur. Après une escale à Saint Nazaire du 21 au 27 janvier, le cuirassé et le porte-avions rentrent à Brest le 28 janvier 1948.

Après une période d’entretien à flot commune du 1er au 21 février, le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sortent pour essais du 24 au 28 février avant de sortir pour entrainement et remise en condition du 2 au 15 mars, faisant escale à Cherbourg du 16 au 19 mars avant un nouvel exercice de défense aérienne à la mer en Manche du 20 au 27 mars et une ultime escale au Havre du 28 mars au 3 avril. Ils rentrent à Brest le 5 avril 1948 à l’aube.
Le porte-avions Painlevé sort pour entrainement en compagnie du Lorraine pour entrainer les jeunes pilotes et préparer la cinquième édition de l’exercice «Entente Cordiale» du 6 au 17 avril, les deux navires escortés par trois torpilleurs d’escadre rentrant à Brest le lendemain 18 avril 1948.

Le porte-avions Painlevé appareille de Brest en compagnie des cuirassés Lorraine et Gascogne, de six torpilleurs d’escadre, des sous-marins Ile de Ré et Ile d’Yeux et du ravitailleur rapide Lot de  le 25 avril 1948, faisant escale à Dunkerque le 28 avril où le rejoint le croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau, navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord.

La force P ainsi assemblée rejoint Rosyth le 3 mai où elle retrouve le cuirassé Howe, le porte-avions Victorious, six destroyers, quatre sous-marins et deux pétroliers.

L’exercice commence le 5 mai par un exercice de défense aérienne à la mer suivit le lendemain par un exercice anti-sous-marin, l’escadre combinée étant attaquée par les deux sous-marins français qui jouent tellement bien le jeu qu’ils entrent en collision le 6 mai au soir, devant rentrer en urgence à Rosyth pour réparations, laissant les seuls sous-marins britanniques attaquer les navires des deux marines.

Le 7 mai, les navires français et anglais simulent des raids amphibies contre la base de Rosyth, le porte-avions Victorious lançant ses bombardiers en piqué Dauntless contre la base pendant que les deux cuirassés simulent des bombardements contre la terre avant de mettre à l’eau leurs compagnies de débarquement.

Le porte-avions Painlevé lui essaye de perturber les raids en protégeant la base britannique, utilisant ses chasseurs mais également ses bombardiers et ses éclaireurs comme chasseurs improvisés. Le lendemain, les rôles changent entre les deux porte-avions.

Le 9 mai, le Coastal et le Bomber Command mettent à rude épreuve les canonniers antiaériens français et anglais lors d’un nouvel exercice de défense aérienne à la mer où le Waldeck Rousseau montre l’utilité d’un croiseur léger dédié à la défense antiaérienne, confirmant les observations faites par les britanniques avec les Dido/Bellona.

Le 10 mai, l’exercice se termine par un affrontement entre l’escadre britannique défendant les côtes et l’escadre française tentant de forcer le passage en direction du sud.

Le 11 mai 1948, la princesse Elisabeth âgée de 22 ans visite le cuirassé Gascogne et le porte-avions Painlevé au nom de son père George VI retenu à Londres pour d’autres impératifs. L’héritière du trône d’Angleterre effectue son discours en français, langue qu’elle maitrise parfaitement. Elle est accompagnée de son mari, le Prince Philippe, Duc d’Edimburg.

L’escadre française reprend la mer pour rentrer à Brest moins le Waldeck Rousseau qui s’arrête à Dunkerque le 14 mai. Les autres navires rentrent à Brest le 16 mai 1948.

Le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sont indisponibles pour entretien à flot du 17 mai au 2 juin, sortant pour essais du 3 au 7 juin avant de reprendre l’entrainement, sortant dans le golfe de Gascogne du 10 au 17 juin, du 20 au 27 juin, du 1er au 8 juillet et du 15 au 27 juillet 1948.Ils rentrent à Brest le 28 juillet 1948.

Le 3 août 1948,, le porte-avions Painlevé, le cuirassé Lorraine, quatre torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine quittent Brest pour l’Afrique avant d’effectuer une importante phase d’entrainement. Ils arrivent à Dakar le 7 août et s’entrainent au polygone de Rufisque du 9 au 23 août 1948.

Après une escale à Dakar du 24 au 26 août, la petite escadre appareille de Dakar pour rentrer à Brest le 30 août 1948.

Le Painlevé ressort en compagnie de La Seine du 1er au 5 septembre pour entrainement, rentrant à Brest au moment de l’attaque de Norvège, se ravitaillant à quai pour reprendre la mer le plus rapidement possible. Ils doivent rejoindre à Rosyth le cuirassé Normandie.

Caractéristiques Techniques de la classe Joffre

Déplacement : 18000 tW

Dimensions : Longueur (hors tout) 236m (entre perpendiculaires) 228m Largeur : (hors tout) 35m (au niveau de la flottaison) 24.60m Tirant d’eau : 7m

Propulsion : Deux groupes de turbines Parson alimentées par 8 chaudières (27kg/cm² 350°C) dévellopant une puissance totale de 120000ch et entrainant deux hélices

Performances : Vitesse maximale : 33 noeuds Distance franchissable : 9000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : ceinture de 105mm pont principal de 40 à 70mm

Armement : 8 canons de 130mm en quatre tourelles doubles installés à l’avant et à l’arrière de l’îlôt
8 canons de 37mm modèle 1935 en quatre affûts doubles ACAD (Affût Contre Avions Doubles).

Il était prévu à l’origine 28 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss en sept affûts quadruples CAQ (Contre-Avions Quadruples) mais au final, ces mitrailleuses furent remplacés par 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

Installations aéronautiques :

-Pont d’envol de 201m de long sur 28m de large

-Hangar supérieur de 159m de long sur 20.8m de large et 5.8m de haut

-Hangar inférieur de 79m de long sur 15.60m de large et 4.90m de haut

-Ascenseur avant de 17m de long sur 13m de large, ascenseur intermédiaire de 13m de long sur 7m de large et un ascenseur arrière de 12.50m de long sur 6m de large, en forme de T.

-Neuf brins d’arrêts et une grue de 7 tonnes

Groupe aérien : environ 40 avions : 15 chasseurs et 25 avions d’attaque (éclaireurs-torpilleurs et bombardiers en piqué).

Equipage : 70 officiers et 1181 officiers mariniers et matelots.

3-Industries et infrastructures

3-Industrie et Infrastructures

Considérations préliminaires

A la différence de certains belligerants comme la Grande Bretagne, les Arsenaux et les Chantiers Navals n’ont quasiment pas construit de navires durant le premier conflit mondial, tout juste des canonnières et des navires répondant au concept de «poussière navale»

C’est ainsi que la construction des cuirassés de classe Normandie fût stoppée, celles des Lyon jamais entreprise tout comme celui des éclaireurs d’escadre censés répondrent aux besoins criants de la flotte en croiseurs légers.

Résultat en 1918, la flotte est dans un état lamentable, ces navires usés ou obsolètes, ses équipages démoralisés.

L’œuvre de redressement menée par Georges Leygues et plus généralement par la IIIème République à permis à la France de disposer en septembre 1939 d’une flotte assez équilibrée mais dont les tares mis en évidence plus haut auraient pu se révéler préjudiciables si la Guerre de Pologne s’était prolongée au délà de quelques mois.

Ces tares sont en partie dues à l’industrie française. La France manque en effet de formes de construction de grande taille et surtout d’entreprises suffisamment grandes pour travailler vite et bien, la plupart des entreprises étant encore dans les années vingt semi-artisanales.

La sidérurgie française produit trop peu d’acier de qualité, les fabricants de moteurs produisent des équipements anémiques et fragiles.

Les choses commencent à changer à la fin des années trente, une vraie politique d’industrialisation de guerre se met en place pour satisfaire les besoins colossaux d’une marine (et plus généralement d’une armée) qui doit se préparer à un conflit mondial.

A-Infrastructures

Routes

Depuis le XVIIIème siècle, la France s’est échinée à améliorer son réseau d’infrastructure routière qui reprenait le plus souvent la trame hérité de la conquête romaine. La création de l’École Royale des Ponts et Chaussées en 1747 qui suivait celle du corps des ponts et chaussés en 1717 permis à la France de se doter des meilleures routes d’Europe ce dont témoignaient tous les voyageurs étrangers.

Cette politique est poursuivie au 19ème siècle et va passer la vitesse supérieure à partir de 1943 avec la construction des premières autoroutes sur le modèle des autobahn allemandes et des autostrada italiennes.

La première autoroute française va relier Paris à Lille sur 211km. Les travaux commencent en 1944 et s’achèvent début 1948. L’autoroute pour rallier Paris au Havre (225km), l’autoroute n°2 est inaugurée en 1948. L’autoroute n°3 relie Paris à Strasbourg (488 km) et l’autoroute n°4 Paris à Orléans (112km) mais ces travaux lancés respectivement en 1946 et 1947 sont loin d’être achevés en septembre 1948…… .

Les autres routes type départementales et nationales sont pour certaines modernisées afin de faciliter le mouvement des troupes. Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que les travaux concernent surtout les routes menant aux frontières du nord-est. Ces travaux concernent surtout une amélioration de l’enrobé, des fossés plus grands sans oublier le renforcement des ponts sur les coupures humides.

Ports : plus grands et mieux outillés

Améliorer les infrastructures dans une France se préparant à la guerre pour préserver la paix c’est aussi se pencher sur les ports maritimes. Pour cela un plan ambitieux est lancé en 1943 pour augmenter leur capacité et surtout la vitesse du chargement et du déchargement.

Le but final est double. Doper l’économie en favorisant importations (de l’Empire ou de l’étranger) et exportations et pour la défense nationale favoriser les transports d’hommes, de matériel et de véhicules.

Ce dernier point concerne surtout les ports méditerranéens et d’Afrique du Nord mais concerne également les ports de la Manche et de la Mer du Nord (envoi en France de forces britanniques et leur soutien logistique) ainsi que ceux de la façade Atlantique qui pourraient recevoir du matériel venu des Etats-Unis, des troupes venues de l’AOF et du Maroc voir même comme en 1917/18, des forces américains.

Les linéaires de quai sont augmentés et les quais mieux outillés avec des grues plus puissantes. Les ports qui n’étaient encore connectés avec la ou les gares les plus proches le sont.

Des grands travaux sont également menés pour favoriser les liaisons avec ce qu’on appelle pas encore l’hinterland.

Le meilleur exemple est celui du port de Nantes-Saint Nazaire qui double la ligne de chemin de fer entre la capitale de la province de Bretagne et la ville nouvelle créée sous Napoléon III.

Le canal de la Martinière (aussi connu sous le nom de Canal Maritime de la Basse Loire) qui permettait à des navires de remonter du Pellerin à Frossay (15km) en évitant l’ensablement de la Loire (qu’on espère résoudre en comblant plusieurs bras à Nantes, faisant perdre à cette dernière le titre de «Venise de l’ouest») est remis en service après avoir été déclassé après le premier conflit mondial servant notamment de cimetière pour les voiliers désarmés.

Ce canal est remis en service pour la batellerie fluviale permettant à des marchandises de Saint Nazaire de rallier Nantes ou inversement que des marchandises conditionnées ou produites à Nantes soient acheminées à Saint Nazaire pour être exportées.

De grands projets qu’on pourrait par anticipation appelés «industrialo-portuaires» sont également menés, des terminaux pétroliers étant construits à Donges, au Verdon et Fos sur Mer.

Le transport maritime de passagers étant encore le plus important pour traverser l’Atlantique et des travaux sont menés pour améliorer les infrastructures. Le port du Havre étend sa gare maritime pour pouvoir accueillir le paquebot Bretagne de la Compagnie Générale Transatlantique tout comme Cherbourg.

Sur la façade atlantique, le port de Saint-Nazaire réaménage sa gare maritime pour une ligne Saint Nazaire-Fort de France.

En Méditerranée, il existe des lignes Marseille-Bastia, Marseille-Ajaccio, Marseille-Alger, Marseille-Tunis, Marseille-Tanger et Port-Vendres-Oran. Un projet de ligne transméditerranéenne Casablanca-Alger-Tunis-Beyrouth n’à pas le temps de voir le jour avant guerre.

NdA : plus d’informations sur les ports dans la partie consacrée à la marine marchande.

Dewoitine D-338

Aéroports

Dès la fin du premier conflit mondial, le transport aérien de passagers se dévellope même si il s’agit encore d’un moyen de transport réservé aux plus riches. Cela n’empêche pas la France de construire ses premiers aéroports civils qui seront naturellement amenés en cas de guerre à être utilisés par l’armée de l’air quand ce n’est pas déjà le cas.

Le premier aéroport de France est celui du Bourget qui est le premier à disposer d’une véritable piste en dur, utilisable par tous les temps. C’est sur ce site qu’est implantée la direction de la compagnie Air France.

En province, d’autres aéroports voit le jour, parfois pour ne pas dire souvent pour faciliter la production des usines aéronautiques. Il est d’ailleurs souvent difficile de faire dans ces cas là la différences entre un aérodrome militaire et un aérodrome civil.

On trouve ainsi l’aéroport de Nantes Chateau-Bougon utilisé par l’usine de la SNCAO (anciennement Bréguet), Lille-Lesquin, Lyon-Satolas, Marseille-Marignane, Bordeaux-Merignac (à proximité des usines ex-Bloch) et Alger-Maison Blanche, l’un des éléments d’un complexe qui comprendra à terme un aérodrome de l’armée de l’air et une base aéronavale.

La compagnie Air France à la monopole des liaisons aériennes au départ de la France. En 1942, Les principaux avions de la compagnie nationale sont les trois Dewoitine D-333, les trente et un Dewoitine D-338, les cinq Dewoitine D-342 et les dix-sept Bloch MB-220 (deux revendus ultérieurement par la marine).

SNCASO SO-30P « Bretagne »

Cette flotte est régulièrement renouvelée et en 1948, elle dispose de 31 Dewoitine D-338, 5 Dewoitine D-342 et vingt SNCAO SO-30P pour remplacer les Bloch MB-220. Une partie de ces avions pourraient être réquisitionnés par l’armée de l’air, le conflit interrompant un certain nombre de traversées.

Voies ferrées

En 1938, les différentes compagnies privées ont cédé la place à la Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF) et le gouvernement conservateur ne revient pas sur cette réforme emblématique du Front Populaire.

Peu de travaux sont menés en métropole, le maillage de la France étant extrêmement serré. On préféré moderniser le matériel roulant et les infrastructures fixes notamment les gares de triage pour favoriser le transport de matériel (et en temps de guerre de véhicules et de munitions).

Le seul grand projet c’est le Transmaghrebin destiné à rallier la Tunisie au Maroc pour favoriser le dévellopement économique de l’Afrique du Nord. Les premières études de ce projet sont lancées en 1941 et les travaux commencent en 1943.

S’appuyant sur la ligne existante Casablanca-Oran-Alger-Constantine-Tunis, elle est doublée puis prolongée jusqu’à Sfax et Gabès. Les travaux sont pour ainsi dire achevés en 1947. Le reste du réseau est adapté à cette nouvelle ligne. Les gares sont modernisées tout comme le matériel roulant qui n’à rien à envié à celui en métropole.

Secrètement, des plans sont dressés pour qu’en cas de conquête de la Libye italienne, cette voie ferrée ne se prolonge jusqu’à Tripoli, Benghazi voir pour le plus rêveur jusqu’à Alexandrie.

 

L’armée de l’air s’adapte : appui-tactique et bombardement stratégique (1)

E-L’armée de l’air s’adapte : appui-tactique et bombardement stratégique

Réformes structurelles

Le Général Vuillemin et Guy de La Chambre, ministre de l’Air jusqu’en 1944.

Le 21 mars 1943, le général Vuillemin décède tragiquement dans un accident d’avion alors qu’il partait pour une tournée destinée à vérifier le renforcement de l’aviation dans l’Empire.

CAO-700

L’avion en question, un CAO-700 adapté pour le transport du VIP heurta violement le sol lors d’un atterissage par temps brumeux à Colomb-Béchar (Algérie), s’embrasant ne laissant aucun chance aux quatre membres d’équipage et aux cinq passagers.

Passé le temps du deuil, la succession du général Vuillemin fût l’objet de discussions acharnées avec un mot d’ordre : TSV (Tout Sauf Villeneuve).

Oh certes, le «général Tornade» n’avait aucunement l’intention de devenir chef d’état-major de l’armée de l’air mais il était clair qu’il souhaitait y placer un homme favorable à sa conception mécaniste de la guerre, conception qui nécessitait un appui constant de l’aviation pour protéger et appuyer sa pointe de diamant, les DC et les DLM.

Cette manoeuvre ne réussit pas et en juin 1943, c’est le général d’armée aérienne Mondory qui devient CEMAA. Il n’est pas à proprement parlé un ADV (Ami de Villeneuve) comme il y eut des ADD (Amis De Darlan) ou des ADF (Amis De François [Darland]) mais il partage une grande partie des opinions du «Patton français» même si il ne se privera de rappeler au général Villeneuve que le patron de l’Armée de l’Air c’est lui.

Après avoir affirmé son pouvoir en plaçant des hommes à lui aux postes clés, le général Mondory lance en janvier 1944 une profonde réforme des structures de l’armée de l’air pour l’adapter à ces nouvelles missions que sont l’appui de l’armée de terre et le bombardement stratégique sans oublier celle traditionnelle de protection du territoire. 

S’inspirant de la Royal Air Force (RAF), il décide de regrouper les différents moyens dont il dispose en commandements spécialisés au nombre de quatre à savoir le Commandement de la Défense Aérienne du Territoire (CDAT) qui regroupe des unités de chasse diurne et nocturne et la DCA , le Commandement des Forces Aériennes Tactiques (CFAT) chargées de l’appui des unités au sol (bombardement et bombardement d’assaut),le Commandement du Renseignement et de la Coopération (CRC), le Commandement du Bombardement Lourd (CBL) et enfin le Commandement de la Formation et de l’Entrainement (CFE).

Un sixième commandement ne tardera pas à s’ajouter chargé du Transport et de la Liaison (Commandement du Transport Aérien Militaire ou CoTAM).

Ces commandements ont autorité sur des unités organisées en escadres, en groupes et en escadrilles. Ils sont chargés en temps de paix de la préparation de leurs unités au combat.

La gestion administrative (terrains, approvisionnements…….) elle est assurée par les zones aériennes militaires (ZAM) au nombre de six en Métropole, de trois en Afrique du Nord (une au Maroc, une en Algérie et une troisième en Tunisie), une aux Antilles, une pour l’AOF, une pour l’AEF et l’Océan Indien, trois pour l’Indochine (une pour le Tonkin et le Laos, une autre pour l’Annam et la Cochinchine et une troisième pour le Cambodge) et une pour le Pacifique.

En temps de guerre, une partie des unités du CDAT, les unités de la CFAT et du CRC sont mises à la disposition pour emploi des Groupes d’Armées ou des différentes armées, étant théoriquement prévu un groupement occasionnel de 200 à 500 appareils par Groupe d’Armées. Le CBL reste sous le commandement du CEMAA tout comme le CFE et le CoTAM.

Pour la chasse, l’unité de base est l’escadrille composée de trois patrouilles triples soit neuf appareils. A l’origine, trois escadrilles formaient un groupe soit 27 appareils mais la réforme de janvier 1944 intègre une quatrième escadrille, cette quatrième escadrille est équipée de chasseurs lourds bimoteurs. Les escadrilles en question appelées ECMJ (Escadrilles de Chasse Multiplaces de Jour) était à l’origine regroupés en groupements indépendants et éphémères.

Chaque groupe dispose donc de 36 appareils, quatre groupes formant une escadre de chasse soit un total de 144 chasseurs. A noter que chaque groupe est une entité autonome puisqu’elle dispose d’un groupement logistique, d’un groupement de génie de l’air et d’un groupement antiaérien ce qui permet à une escadre de changer facilement de terrain.

Le MS-406 était le principal chasseur de l’armée de l’air au printemps 1940

Au printemps 1940, l’armée de l’air disposait de vingt-sept groupes de chasse et de quatre escadrilles de chasse de nuit de 14 appareils chacun soit théoriquement 785 chasseurs. Quatre GC sont équipés de Curtiss H-75, huit GC de Bloch MB-152, deux GC de Dewoitine D-520 et treize GC de Morane Saulnier MS-406

Avec le MS-406, le Bloch MB-152 équipait la majorité des GC de l’armée de l’air au printemps 1940

Le nombre de groupes de chasse augmente régulièrement, passant à trente-deux au printemps 1941, trente-six en septembre 1941, quarante en mars 1942, quarante-six en juin 1943 et enfin quarante-huit groupes en juin 1944, nombre qui n’évolua pas jusqu’à la guerre quand le rappel des réservistes, la mobilisation de pilotes civils et la formation accéléré de jeunes pilotes («Les Marie-Louise») permis d’augmenter ce nombre et de compenser les premières pertes.

Ces quarante-huit groupes de chasse de jour étaient donc répartis en douze escadres de chasse, concentrées essentiellement dans le Nord-Est et l’Est du territoire (huit escadres soit 1152 chasseurs), deux escadres couvrant le Sud-Est (288 appareils), une dans le Sud-Ouest (144 appareils) et une dernière pour couvrir l’Afrique du Nord (144 appareils).

Les quarante-huit groupes de chasse alignent un total de 1728 chasseurs. A cela s’ajoute un groupe d’interception équipé de vingt-sept Dewoitine D-555, un intercepteur escorteur lourd pour contrer les Ta-400 allemands.

La défense nocturne du territoire est assurée par quatre escadres de chasse nocturne à trois groupes de trois escadrilles de 9 appareils soit un total de 324 appareils, deux escadres étant stationnées dans le nord-est, une troisième dans le sud-est et une quatrième en Afrique du Nord. Ces escadres dépendent du CDAT.

Les quarante-huit groupes de chasse précités étaient surtout destinés à la protection des unités en campagne et moins pour le territoire même si il est évident qu’en cas de conflit ces subtiles distinctions du temps de paix s’effacent.

Néanmoins, le CDAT dispose de ses propres escadrilles de chasse destinés à la protection de certains pans du territoire comme Paris et les grandes villes. Il existe en 1948 douze escadrilles régionales de chasse équipées de douze appareils soit un total de 144 appareils. Ce nombre pourrait être si nécessaire doublé à la mobilisation.

En ce qui concerne les colonies et les territoires insulaires, il existe des groupes coloniaux de chasse (GCC).

La Corse dispose d’un GRC (Groupe Régional de Chasse) à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs monomoteurs. Les mandats du Liban et de Syrie disposent d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs.

L’AOF (Afrique Occidentale Française) dispose d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit un total de 36 chasseurs. L’AEF (Afrique Equatoriale Française) dispose d’un GCC à trois escadrilles de neuf appareils soit un total de 27 chasseurs.

Madagascar dispose d’une escadrille indépendante de chasse basée à Antannarive équipée de douze appareils. La Martinique dispose d’une escadrille de douze appareils, la Guadeloupe d’une escadrille de douze appareils et la Guyane d’une escadrille de douze appareils

L’Indochine dispose d’un groupe de chasse colonial (GCC) à quatre escadrilles de neuf appareils, dispersé entre Saïgon (deux), Hanoï (une) et Haïphong (une) soit 36 appareils, le nombre augmentera sensiblement entre 1945 et 1948 à tel point que quand le conflit éclatera en Europe, l’Indochine disposera de trois GCC, un couvrant la conurbation Hanoï-Haïphong, une seconde couvrant la région de Cam-Ranh et une troisième couvrant Saïgon. Un GCC de nuit est créé en septembre 1947 à Than-Son-Nut avec 27 appareils type Hanriot NC-600.

chasseur biplace bimoteur Hanriot NC-600

 Quand la France entre en guerre, l’armée de l’air dispose de 2541 chasseurs dont une majorité stationnée en métropole.

Pour le bombardement et la reconnaissance, l’escadrille dispose de neuf appareils avec trois escadrilles par groupe soit 27 appareils, trois groupes formant une escadre soit 81 appareils.

Les unités de bombardiers et de bombardiers d’assaut sont regroupés au sein du CFAT, le Commandement des Forces Aériennes Tactiques dont la principale mission est d’assurer l’appui et le soutien aux forces terrestres. Pour cela, elle dispose d’unités de bombardement et de bombardement d’assaut.

Bréguet Br693 en vol

-Cinq escadres de bombardement d’assaut soit quinze groupes et quarante-cinq escadrilles soit un total de 405 appareils type Bréguet 693/695/696

-Deux escadres de bombardement en piqué soit huit groupes et vingt-quatre escadrilles soit un total de 216 appareils répartis à égalité entre les monomoteurs LN-430 (108 appareils) et bimoteurs Bréguet 698 (108 appareils).

-Quatre groupes indépendants d’appui rapproché soit un total de 108 bimoteurs Potez 640.

Douglas DB-7

-Sept escadres de bombardement léger soit vingt-groupes et soixante-trois escadrilles soit un total de 567 appareils américains type Douglas DB-7/Martin 167/Martin 187. Une partie de ces unités est basée dans l’Empire.

Deux Lioré et Olivier Léo 451 en vol

-Douze escadres de bombardement moyen soit tente-six groupes et cent-huit escadrilles soit un total de 972 bombardiers type Lioré et Olivier Léo 451 et Amiot 351 ainsi que tous leurs dérivés.

On compte également une escadrille indépendante en Guyane (huit puis douze appareils), une en Martinique (douze appareils) et à Djibouti (un groupe de vingt-sept appareils).

Le CBL chargé du bombardement stratégique et du bombardement lourd dispose trois escadres de 81 appareils chacun répartis en trois groupes à trois escadrilles de neuf appareils soit un total en ligne de 243 appareils de différents types, la première escadre étant basée dans le nord-est, la deuxième dans le sud-est et la troisième en Tunisie.

L’armée de l’air aligne en septembre 1948, un total de 2454 bombardiers d’assaut, en piqué, avions d’appui rapproché, bombardiers légers, moyens et lourds.

Le CRC est également chargé de missions de reconnaissance et d’observation au profit des différents groupes d’armées. Il existe plusieurs types d’unités, certaines chargées de missions de reconnaissance stratégique (au dessus du territoire ennemi) tactique (sur le front et dans les 20 à 100km derrière ce dernier) et d’observation et de réglage d’artillerie (juste au dessus du front).

Une place particulière doit être faite aux quatre groupes indépendants de reconnaissance. Équipés de Bréguet 694, ils sont rattachés aux Corps de Cavalerie et aux Corps d’Armée Cuirassés et dispose chacun de quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 triplaces de reconnaissance.

La reconnaissance stratégique est assurée par deux escadres de trois groupes de trois escadrilles de huit appareils type Bloch MB-178, un bombardier haut altitude utilisé le plus souvent comme avion de reconnaissance soit un total de 144 appareils chargés de surveiller certains sites en Allemagne et en Italie. La première escadre est basé à Reims et la seconde à Orange.

Bloch MB-175

La reconnaissance tactique est assurée par quatre escadres de quatre groupes de quatre escadrilles de neuf appareils type Bloch MB 175/76 soit un total de 1152 appareils. La première et la deuxième escadre sont affectés au GA1, la troisième GA2 et la quatrième au GA3.

L’observation et le réglage d’artillerie sont assurés par des Groupes Aériens d’Observation (GAO), des entités indépendantes qui en temps de guerre sont rattachés à une division. En temps de paix, ils sont intégrés au CFAT. En 1948, il existe trente-six GAO soit un total de 972 appareils, tous stationnés en métropole, chaque GAO disposant de huit Bloch MB-175 ou 176, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux AN-123.

En Corse et dans les colonies, on trouve des GCRO ou Groupes Coloniaux de Reconnaissance et d’Observation, des groupes mixtes équipés de plusieurs types d’appareils à la fois des bimoteurs de coopération Dewoitine D-720 et des monomoteurs destinés au réglage d’artillerie, des ANF-Mureaux AN-123, le dernier né d’une série de monoplans.

Un GCRO était déployé en Corse (plus précisément à Solenzara dont la base aérienne est inaugurée en 1944), un à Fort de France, un à Dakar, un à Djibouti, un à Madagascar, un au Levant, un en Nouvelle Calédonie et deux en Indochine, ces derniers disposant de Dewoitine D-720, de quelques Bloch MB-175 et d’ANF-Mureaux AN-123. Ces GCRO dépendent des commandements locaux.

A partir de 1940, l’armée de l’air commence à développer une nouvelle branche de son arbre de mission à savoir le transport aérien ce qui entraina la création en janvier 1945 du CoTAM ou Commandement du Transport Aérien Militaire.

L’acquisition d’avions de transport était destiné principalement au soutien logistique, le ravitaillement d’une tête de pont ou d’un aérodrome avancé mais également le soutien des deux groupes d’infanterie de l’air (GIA), le 601ème basé à Reims et le 602ème basé d’abord à Baraki en Algérie puis à Orange.

Farman F-224 en vol

Les premiers avions équipant les deux escadres de transport militaire (ETM) (deux escadres à deux groupes de trois escadrilles de neuf appareils soit un total de 108 appareils) étaient d’abord d’anciens bombardiers réformés comme le Farman 222 ou l’Amiot 143 avant d’être remplacés peu à peu par des avions de transport spécifiquement conçus pour ce rôle comme le Douglas DC-3 américain ou le Bloch MB-160 mais également le Farman 224, la version transport du Farman 222.

Outre ces deux escadres, il existait des détachements appelés Groupes Légers de Transport (GLT) déployés aussi bien en Afrique du Nord (trois), en AOF (un), en AEF (un) à Djibouti et à Madagascar (un), au Levant (deux), en Nouvelle Calédonie (un) en Indochine (trois) et aux Antilles (un) soit treize groupes représentant un total de 195, chaque GLT disposant de quinze appareils.

Morane Saulnier MS-435

Le CFE (Commandement de la Formation et de l’Entrainement) installé à Salon de Provence était chargé de la formation des nouveaux pilotes et disposait de monomoteurs Morane Saulnier MS-435 (dérivé du MS-406), des MS-472 ou des bimoteurs Dewoitine D.720. 

Dewoitine D-720, l’avion bon à tout faire de l’armée de l’air