Dominions (60) Australie (4)

Un entre-deux-guerres compliqué

L’immédiat après guerre fût compliqué pour la marine royale australienne avec la première mutinerie de sa jeune histoire et bien plus grave la terrifiante grippe espagnole.

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8-Croiseurs lourds (10)

Le Charlemagne

Charlemagne, roi des francs et empereur d'Occident

Charlemagne, roi des francs et empereur d’Occident

Le Charlemagne est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque sur la cale n°4 (longue de 220m de long) inaugurée juste un mois avant la mise sur cale du croiseur lourd soit en septembre 1943 puisque les premiers éléments de coque sont mis en place le 27 octobre 1943

Il est lancé le 15 décembre 1944 dans un état d’avancement assez prononcé comme de coutume pour les chantiers dunkerquois. Le lancement est cependant assez périlleux, le navire pressé de rejoindre son élement commençant à glisser de la cale avant même la fin du discours du ministre de la Marine  qui prendra cela avec humour.

Le Charlemagne est armé pour essais le 25 mai 1945 à Dunkerque même mais après une première sortie contractuelle du 27 au 30 mai destinée à vérifier le respect du contrat signé entre la marine et les ACF, il quitte Dunkerque pour Cherbourg, son port d’armement officiel où il arrive le 2 juin 1945.

Après un passage au bassin dans la forme du Hornet du 5 au 15 juin, il entame ses essais officiels par un premier cycle du 17 au 24 juin suivit d’un second du 27 juin au 5 juillet et enfin d’un troisième du 12 au 17 juillet. Il repasse au bassin dans la forme du Hornet du 18 juillet au 12 août pour régler un problème de vibration constaté à grande vitesse en eaux peu profondes.

Il reprend ses essais par un quatrième cycle du 20 août au 5 septembre et du 12 septembre au 2 octobre avant un troisième passage au bassin du 8 au 28 octobre pour d’ultimes modifications ce qui fera dire à l’ingénieur général Dousserant _responsable du programme Saint Louis_ que «Le Charlemagne est probablement le croiseur de la Flotte le mieux préparé au combat au moins sur le plan technique».

Après ce dernier passage au bassin, le croiseur lourd quitte Cherbourg le 1er novembre 1945 pour Brest où il arrive le 3 novembre, l’extinction d’une chaudière l’obligeant à naviguer à vitesse réduite (17 noeuds) jusqu’au grand port du Ponnant où il subit une période d’entretien jusqu’au 10 novembre 1945.

Le 12 novembre 1945, la ville de Saint Denis célèbre pour avoir accueilli la nécropole des rois de France devient la ville marraine du croiseur lourd.

Après avoir chargé des munitions et du matériel, le croiseur lourd quitte Brest le 13 novembre pour sa traversée de longue durée doublée d’un entrainement au tir à Rufisque. Il traverse l’Atlantique en direction des Antilles, faisant escale à Fort de France du 19 au 23 novembre puis à Pointe à Pitre du 25 au 30 novembre.

Le Charlemagne reprend la mer le 1er décembre 1945 direction Kingston en Jamaïque où il fait escale du 4 au 8 décembre, se ravitaille à Guantanamo le 10 décembre avant de mouiller au large de Port au Prince du 11 au 14 décembre.

Il reprend la mer le 15 décembre 1945 direction Dakar où il arrive le 22 décembre. Il passe au bassin jusqu’au 25 décembre puis subit des essais rapides le 27 décembre. Il entame son stage d’entrainement au tir dès le 30 décembre 1945 pour roder ses canonniers qui n’ont jusque là tiré qu’à de rares reprises (sûrement trop rares à leur goût), stage qui s’achève le 13 janvier 1946.

Il quitte Dakar le lendemain 14 janvier, fait une rapide escale de ravitaillement à Casablanca le 17 janvier avant de continuer sa route en direction de son port d’attache qu’il atteint le 22 janvier, escorté par son sister-ship Henri IV.

Le croiseur lourd Charlemagne est admis au service actif le 24 janvier 1946 au sein de la 5ème division de croiseurs, 2ème escadre avec pour port d’attache Toulon.

Avec ces trois croiseurs lourds, 14000 tonnes, 33 noeuds et neuf canons de 203mm, la 5ème DC mérite plus que toute autre son surnom de «Division de Fer».

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 15 février, le Charlemagne ressort pour s’entrainer intensivement avec ou sans ses deux congénères, les entretiens et autres missions rendant fort hypothétique la réunion des trois croiseurs de la division. Il est ainsi à la mer du 17 au 20 février, du 22 au 25 février et du 28 février au 4 mars, faisant escale du 5 au 8 mars à La Ciotat.

Le 20 mars 1946, le Charlemagne et l’Algérie appareillent pour une mission de présence en Afrique du Nord et au Proche Orient pour montrer aux citoyens de l’Empire la puissance toujours plus grande de la Royale.

Les deux croiseurs franchissent le détroit de Gibraltar le 26 mars avant de faire escale à Tanger du 27 au 31 mars puis à Casablanca du 3 au 7 avril et à Agadir du 8 au 12 avril, profitant ensuite de sa situation pour surveiller le renforcement des positions de l’armée espagnole aux Canaries.

Les deux croiseurs repassent le détroit de Gibraltar le 16 avril pour gagner l’Algérie, faisant escale successivement à Oran du 18 au 21 avril, à Alger du 22 au 27 avril, à Skikda du 29 avril au 2 mai avant de s’intéresser à la Tunisie pour escales à Bizerte le 4 mai (ravitaillement), à Tunis du 5 au 8 mai, à Sfax du 9 au 11 mai et à Gabès du 12 au 15 mai 1946.

L’Algérie et le Charlemagne traverse le bassin oriental de la Méditerranée à une vitesse élevée (27 nœuds de moyenne) direction Lattaquié où ils font escale du 20 au 25 mai avant une escale à Beyrouth du 27 mai au 2 juin. Les deux croiseurs rentrent ensuite directement à Toulon le 9 juin 1946  après une escale de ravitaillement à Bizerte.

Après une période d’indisponibilité du 10 juin au 15 juillet 1946, le Charlemagne reprend la mer pour essais du 16 au 21 juillet avant un entrainement du 25 juillet au 22 août, exercices variés entrecoupés d’escales à La Ciotat (30 juillet au 2 août) et à Nice (10 au 13 août) et suivis par un mouillage en rade de Villefranche du 23 août au 1er septembre, le croiseur lourd rentrant à Toulon le 3 septembre 1946.

Après une période d’indisponibilité accidentelle jusqu’au 15 septembre (problème de chaudières), le croiseur lourd ressort pour essais du 16 au 20 septembre avant une longue série d’exercices qu’il s’agisse d’un exercice de défense aérienne à la mer (21 au 30 septembre), un exercice d’attaque et de défense de convois (2 au 9 octobre), une escale à Marseille du 10 au 15 octobre, un exercice d’attaque de nuit du 20 au 27 octobre (avec des mouillages diurnes aux salins d’Hyères) et un exercice de bombardement littoral contre les défenses de Toulon du 30 octobre au 6 novembre.

Rentré à son port d’attache le 7 novembre, il sort pour entrainement aviation du 12 au 18 novembre et un entrainement de défense aérienne à la mer du 20 au 24 novembre. Le 25 novembre, il appareille pour une mission de surveillance au large de la Libye italienne bien qu’officiellement, le croiseur se rendre en Égypte.

Il fait une rapide escale de ravitaillement à Bizerte le 29 novembre puis entame sa mission qui le voit naviguer dans le Golfe de Syrte, s’éloignant dès qu’un navire ou un aéronef italien s’approchait du navire.

Réponse du berger à la bergère : Marine Tunisie et Marine Corse signaleront à l’Amirauté l’accroissement de l’activité navale italienne au large des côtes sous leur responsabilité notamment en ce qui concerne les sous-marins.

Le croiseur lourd achève sa mission «spéciale» le 20 décembre puis fait escale à Alexandrie du 23 décembre au 2 janvier, permettant ainsi à l’équipage de passer ses fêtes de fin d’année dans un pays étranger et pour ainsi dire exotique.

Après un exercice avec la marine britannique, le croiseur lourd Charlemagne quitte l’Egypte le 7 janvier 1947, fait escale à Malte du 11 au 13 janvier, à Tunis du 16 au 19 janvier avant de rentrer à Toulon le 22 janvier 1947.

Après une période d’entretien à flot (avec tout de même une visite des hélices par les plongeurs du bord) du 23 janvier au 7 février, le Charlemagne participe du 15 février au 5 mars à la remise en condition du Saint Louis après une période d’indisponibilité.

Le Charlemagne s’entraine ensuite seul ou avec les unités légères de la 2ème escadre (torpilleurs légers de la 1ère DT et contre-torpilleurs la 1ère DCT Bruix D’Assas et La Tour d’Auvergne) du 15 mars au 10 avril avec une série d’exercices comme un exercice de défense aérienne à la mer (15 au 23 mars), protection et attaque de convois (27 mars au 2 avril) et raid amphibie (4 au 10 avril) avant des escales à Nice (12 au 17 avril), Bastia (18 au 24 avril), Ajaccio (25 au 30 avril) et Bonifaccio (2 au 7 mai) avant de rentrer à Toulon le 9 mai 1947 dans la matinée.

Le croiseur lourd Charlemagne sort pour entrainement aviation du 12 au 19 mai 1947 au profit de son détachement aviation composé de deux Dewoitine HD-731.

Le 21 mai 1947, le Charlemagne quitte Toulon pour une mission de transport rapide en direction du Liban avec à son bord des ingénieurs, des soldats et du matériel pour inspecter et renforcer les défenses côtières du port de Beyrouth.

Arrivé sur place le 25 mai, le croiseur lourd reste sur zone jusqu’au 17 juin quand il met cap sur Toulon où il arrive le 24 juin. Il est indisponible jusqu’au 10 juillet.

Le Saint Louis, le Henri IV et le Charlemagne participent à la revue navale du 14 juillet 1947, présidée par le président Reynaud à bord du cuirassé Richelieu. La 5ème DC fait ensuite escale à Ajaccio du 15 au 20 juillet avant de manoeuvrer ensemble du 21 juillet au 12 août, rentrant à Toulon le 14 août 1947.

Le Henri IV ressort du 22 au 27 août pour un exercice d’entrainement au combat de nuit puis du 30 août au 7 septembre pour un série d’exercices avec et contre les sous-marins basés à Toulon. Tantôt, le croiseur lourd est le chassé, tantôt le chasseur à la tête d’un groupe anti-sous-marin à moins qu’il ne soit le commandant des sous-marins.

Le Henri IV sort pour entrainement aviation du 10 au 15 septembre avec lancement et récupération de ces Dewoitine HD-731 qui effectuent des entrainements à l’observation, au combat aérien, à la lutte ASM et au bombardement.

Après une dernière sortie d’entrainement du 12 au 21 septembre, l’Algérie qui doit subir un grand carénage cesse d’être le navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée, remplacé durant cette période par le croiseur lourd Charlemagne, le changement étant effectif le 25 septembre 1947.

On pourrait s’attendre à ce que le Charlemagne ne s’éloigne guère de la Méditerranée et pourtant, il est décidé de l’envoyer avec le Henri IV en croisière au large de l’Amérique Latine.

La technique en décidera autrement, une avarie de chaudière voyant le navire-amiral de la Flotte indisponible du 2 au 10 octobre avant des essais satisfaisants jusqu’au 13 octobre 1947. Le Charlemagne va rester navire-amiral de la flotte de la Méditerranée jusqu’au 1er juillet 1948 quand il repassera le pavillon à l’Algérie.

En cet automne 1947, le Charlemagne va alterner entre exercices et mission de représentation en raison de son rôle de navire-amiral de la Flotte qui en fait un ambassadeur de notre diplomatie.

Il sort ainsi pour exercices du 20 au 27 octobre et du 2 au 7 novembre, exercices entrecoupée d’escales à Barcelone du 27 au 30 octobre et à Valence les 1er et 2 novembre. Le Charlemagne est de retour à Toulon le 10 novembre, participant le lendemain aux célébrations du 11 novembre.

Il ressort encore pour cette année 1947 du 15 au 25 novembre pour exercices avant une escale à Tanger du 27 novembre au 1er décembre, à Almeria du 3 au 5 décembre et à Palma de Majorque du 8 au 12 décembre. Après une ultime exercice de défense aérienne à la mer du 15 au 23 décembre, le Charlemagne reste à Toulon pour Noël et la Saint Sylvestre.

La première sortie de l’année 1948 à lieu le 10 janvier 1948 quand la 5ème DC sort au complet pour exercices avec les contre-torpilleurs de la 2ème escadre soit la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) et la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) du 10 au 20 janvier avec une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi (5ème DCT) et à l’Ile Rousse (2ème DCT) pour les contre-torpilleurs (21 au 27 janvier). Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Le Charlemagne quitte Toulon en compagnie du Saint Louis le 7 février 1948 pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 12 février avant un mouillage aux Salins d’Hyères jusqu’au 15 février.

Les deux croiseurs enchainent par un exercice de combat de nuit du 16 au 21 février, les croiseurs mouillant la journée aux salins d’Hyères. Après une escale à Port Vendres du 23 au 27 février, les deux navires rentrent à Toulon le 1er mars 1948.

Le Charlemagne ressort du 7 au 13 mars pour un entrainement combiné au large de Marseille dans le cadre d’une véritable opération de relation publique, le croiseur faisant escale à Marseille du 13 au 16 mars avec un bureau de recrutement à bord du croiseur lourd. Il est de retour à Toulon le 17 mars 1948.

Le 20 mars, le Henri IV et le Charlemagne appareillent de Toulon pour une mission de surveillance des côtes marocaines précésé d’un entrainement au large du Sénégal.

Ils font escale à Casablanca du 25 au 28 mars avant de rallier Dakar le 31 mars pour une école à feu à Rufisque du 2 au 22 avril avant de faire une escale technique et de ravitaillement à Dakar du 23 au 30 avril.

Les deux croiseurs lourds effectuent une mission de surveillance des Canaries et des côtes marocaines du 3 au 27 mai, se ravitaillant à Rabat ou à Agadir.

Après une escale à Casablanca du 28 mai au 1er juin, les deux croiseurs se séparent : le Charlemagne rentre à Toulon alors que le Henri IV gagne Bizerte pour subir un grand carénage. Le dernier des croiseurs lourds français arrive à Toulon le 7 juin 1948.

A cette époque, le Charlemagne est le seul croiseur de sa division disponible, ces deux sister-ship étant en carénage à cette époque.

Il ressort du 15 au 25 juin pour une mission de surveillance dans le golfe de Gênes avant une escale à Bastia jusqu’au 1er juillet date à laquelle il rentre à Toulon où à lieu la cérémonie de transfert du pavillon de commandement, le Charlemagne cessant d’être navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le 12 juillet 1948, il passe au régime de guerre avec l’embarquement de réservistes, l’équipage passant de 780 à 950 hommes soit 170 hommes de plus.

Il ressort du 13 au 25 juillet pour un entrainement combiné suivit d’une escale à Ajaccio du 26 au 30 juillet puis à Bastia du 1er au 8 août avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Après une période d’entretien à flot du 10 au 25 août 1948, il ressort pour essais les 26 et 27 août avant de manoeuvrer en compagnie de plusieurs divisions de contre-torpilleurs plus précisément les 1ère (Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne) et les 2ème DCT (Bayard Du Guesclin Turenne) du 28 août au 4 septembre.

Le 5 septembre 1948 alors qu’il était en mer pour un exercice de défense aérienne à la mer, il apprend l’attaque allemande contre la Norvège et le Danemark.

Il reçoit aussitôt l’ordre d’interrompre l’exercice et de rentrer à Toulon pour se ravitailler en carburant et en munitions pour être paré à toute éventualité……….. .

Le Charles Martel

Charles Martel à la bataille de Poitiers

Charles Martel à la bataille de Poitiers

A l’origine les Saint Louis devaient remplacer les Duguay-Trouin mais ils vont finalement renforcer les positions de la marine nationale en Méditerranée ce qui décide l’Italie à commander en 1942 trois nouveaux croiseurs lourds baptisés Ragusa (Raguse auj. Dubrovnik) Nissa (Nice) et Napoli (Naples).

En 1944, un quatrième croiseur baptisé Ravenna (Ravenne) est commandé obligeant la marine nationale à riposter en votant dans la tranche 1946, un Saint Louis amélioré baptisé Charles Martel et dont la construction attribuée à l’Arsenal de Lorient était encore en cours lors du début de la guerre.

Le Charles Martel est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient dans la forme de Lanester le 12 juillet 1947. Le croiseur est lancé le 25 juillet 1948.

La guerre ayant éclaté le 5 septembre 1948, la construction est accélérée et il est armé pour essais le 29 décembre 1948. Les essais à la mer sont menés au pas de charge tout comme la mise en condition. Le Charles Martel sera admis au service actif le 25 mars 1949, formant avec le Charlemagne la 7ème DC basée à Toulon, la 5ème DC étant réduite aux Saint Louis et Henri IV.

Différents schémas de la classe Saint Louis

Différents schémas de la classe Saint Louis

Caractéristiques Techniques de la classe Saint Louis

Déplacement : standard 15500 tonnes Pleine Charge : 18760 tonnes

Dimensions : longueur : 202m largeur : 20m Tirant d’eau : 5.80m

Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par 6 chaudières Indret suralimentées dévellopant une puissance totale de 130000 ch et actionnant 4 hélices

Performances : Vitesse maximale : 34 noeuds Distance Franchissable : 9800 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : Ceinture 185mm Pont supérieur 85mm Pont inférieur 50mm Tour 90mm
Blockaus 215mm Tourelles :  95mm pour la face 70mm pour le toit et les côtés

Electronique : un radar de veille aérienne lointaine, un radar de veille surface, deux radars pour la conduite de tir de l’artillerie principale, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie secondaire
différents systèmes de transmission

Armement : 9 canons de 203mm modèle 1937 en trois tourelles triples (deux avant une arrière) 16 canons de 100mm modèle 1930 en huit affûts doubles modèle 1931. 12 canons de 37mm Schneider modèle 1935 automatiques en six affûts doubles. 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1938 automatiques en huit affûts doubles et 6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-forme triples.

Aviation : une catapulte et deux hydravions Dewoitine HD-731

Equipage : 780 hommes

8-Croiseurs lourds (9)

Le Henri IV

Henri IV roi de France et de Navarre

Henri IV roi de France et de Navarre

Le Henri IV est mis sur cale sur la cale n°1 des Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) au Havre le 8 janvier 1942. Il est lancé le 15 mars 1943 et remorqué au quai d’armement pour être achevé.

Le Henri IV est armé pour essais le 17 décembre 1943. Il subit ses essais constructeurs du 18 au 21 décembre avant de gagner Cherbourg où il est pris en charge par la marine nationale le 24 décembre 1943.

Les essais à la mer officiels ont lieu du 12 janvier au 20 février 1944 avant un passage au bassin à Cherbourg du 21 février au 5 mars.

Remis à flot, il subit des essais complémentaires du 6 au 9 mars avant de quitter le Cotentin le 10 mars 1944 direction Brest où il arrive le surlendemain, 12 mars pour charger des munitions et du matériel.

Il quitte la Bretagne le 14 mars pour sa traversée de longue durée, faisant escale à Casablanca du 16 au 20 mars avant de gagner Dakar le 23 mars. Il effectue ensuite une Ecole à feu du 24 mars au 2 avril avant de quitter le Sénégal dans la soirée du 3 pour gagner Toulon.

Le 9 avril 1944, il retrouve au large des Baléares son sister-ship Saint Louis et les deux navires rentrent à Toulon le 12 avril 1944.

Le 12 avril 1944, le croiseur lourd Henri IV est admis au service actif, affecté à la 2ème Escadre de la Flotte de la Méditerranée, Toulon étant son port base.

Le même jour, la 5ème DC composée des croiseurs lourds Duquesne et Tourville est dissoute, les deux vétérans devant être redéployés outre mer. Cette division est reconstituée le lendemain, 13  avril 1944 avec le Saint Louis et le Henri IV.

La 5ème DC appareille le 22 avril pour un exercice commun dans le Golfe de Guinée afin de profiter notamment des installations du polygone de Rufisque. Ils font escale à Mers-El-Kebir du 27 au 30 avril pour réparer quelques problèmes techniques et se ravitailler en carburant.

Le Saint Louis et le Henri IV franchissent le détroit de Gibraltar le 4 mai 1944 et font escale à Casablanca du 6 au 11 mai avant de faire d’une traite le dernier voyage jusqu’à Dakar où il arrive le 15 mai dans la nuit.

Les deux croiseurs lourds effectuent un stage d’entrainement au tir au polygone de Rufisque du 17 mai au 2 juin avant une période d’entretien à flot à Dakar jusqu’au 12 juin quand les deux croiseurs appareillent pour une croisière en Afrique Noire.

Les deux croiseurs font escale à Freetown du 14 au 17 juin, à Monrovia du 18 au 21juin, Abidjan du 23 au 27 juin, à Douala du 29 juin au 2 juillet et à Libreville du 4 au 8 juillet.

Ils rentrent ensuite en métropole, faisant escale à Dakar du 12 au 16 juillet et à Casablanca du 19 au 21 juillet, franchissant le détroit de Gibraltar le 23 juillet avant de rentrer à Toulon le 28 juillet 1944 après plus de trois mois loin du port.

Le Henri IV est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 29 juillet au 16 août 1944 avant d’effectuer de petites sorties à la mer à des fins d’essais et d’entrainement notamment au profit des nouveaux appelés et des nouveaux membres de l’équipage. Il est ainsi en mer du 20 au 24 août, du 27 au 31, du 3 au 6 et du 8 au 10 septembre.

Le 5 septembre 1944, la ville de Pau devient marraine du navire, la capitale du Béarn étant la ville natale du premier roi de la dynastie des Bourbons.

Le Henri IV reprend la mer pour exercices du 12 au 28 septembre 1944, un exercice à dominante antisurface (attaque et protection de convois) en compagnie des croiseurs lourds Algérie et Dupleix,  sans oublier l’intervention de l’aviation et de sous-marins. Il fait ensuite escale à Alger du 29 septembre au 3 octobre avant de rentrer à Toulon le 5 octobre 1944.

Après une période d’indisponibilité accidentelle du 5 au 15 octobre, le Henri IV une fois réparé effectue une sortie d’essais du 16 au 21 octobre avant de faire escale à Ajaccio du 22 au 25 octobre, à Tunis du 27 au 30 octobre, à Oran du 1er au 4 novembre, à Port-Vendres du 7 au 10 novembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 11 novembre 1944.

Le Henri IV effectue un exercice de défense aérienne à la mer du 20 au 25 novembre suivit d’un exercice de défense de convois du 28 novembre au 4 décembre. De retour à Toulon le 5 décembre, le croiseur lourd sort à nouveau pour une croisière d’entrainement au profit d’officiers de réserve de la région du 12 au 21 décembre avec une escale à Ajaccio du 13 au 15 et à Tunis du 17 au 19 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre 1944.

Le Henri IV ressort avec son sister-ship Saint Louis pour entrainement du 7 au 20 janvier 1945, les deux croiseurs jouant entre la Corse et le continent au chat à la souris, jouant tour à tour le navire corsaire et l’intercepteur. Ils sont de retour à Toulon le 21 janvier 1945.

Le croiseur lourd Henri IV ressort pour entrainement du 27 janvier au 12 février avant une escale à Port-Vendres du 13 au 17 février puis à Barcelone du 18 au 24 février 1945. Il est de retour à Toulon le 27 février 1945.

Le Henri IV ressort encore du 2 au 12 mars pour un entrainement combiné avec sous-marins et aviation.

Dans un premier temps, il est guidé dans sa mission de surveillance par l’aviation basée à terre (avions et hydravions) avant de démontrer ses capacités antiaériennes en protégeant le pétrolier Elorn des avions torpilleurs.

Dans un second temps, il assure le commandement d’un détachement de sous-marins, les Acheron et Protée de la 3ème DSM chargés de tendre une embuscade à une flotte ennemie cherchant à quitter le Golfe de Gênes pour gagner l’ouest de la Méditerranée. Il est de retour à Toulon le 13 mars à l’aube.

Le Henri IV et l’Algérie quittent Toulon le 29 mars pour une croisière en Afrique du Nord et au Moyen Orient.

Ils  traversent le bassin occidental de la Méditerranée jusqu’à Bizerte où arrivés le 2 avril, ils se ravitaillent en carburant avant de traverser à vie allure le bassin oriental de la Mare Nostrum direction Lattaquié où les deux navires font escale du 8 au 12 avril 1945.

Ils font ensuite escale à Beyrouth du 13 au 17 avril, à Haïfa du 18 au 21 avril, à Alexandrie du 23 au 27 avril, à Tunis du 3 au 7 mai, à Alger du 12 au 15 mai, à Tanger du 19 au 22 mai et à Casablanca du 24 au 30 mai avant de rentrer dans la foulée sur Toulon le 5 juin 1945.

Après une période d’indisponibilité du 6 juin au 4 juillet, le croiseur lourd reprend la mer, unique membre de la 5ème DC car le Saint Louis est en grand carénage et le Charlemagne achève son armement et prépare ses essais à la mer.

Il sort du 7 au 13 juillet pour un entrainement combiné, célèbre le 14 juillet à Calvi au pied de la citadelle, subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 15 au 21 juillet avant de faire escale à Ajaccio du 22 au 30 juillet, rentrant à Toulon le lendemain 1er août 1945.

Le Henri IV ressort du 7 au 20 août pour un nouvel entrainement combiné avec notamment un exercice d’attaque nocturne du 12 au 16 août. A l’issue de cette période d’exercices, le croiseur lourd fait escale à Marseille du 21 au 28 août avant de rentrer à Toulon le 30 août 1945.

Après une période d’entretien à flot du 1er au 16 septembre, le croiseur lourd sort pour essais du 17 au 21 septembre avant de mouiller aux salins d’Hyères du 22 au 29 septembre.

Il enchaine par une mission de surveillance des Baléares où la présence de nombreux navires battant pavillon italien laissait craindre l’établissement d’une base «secrète» italienne.

Le Henri IV quitte donc Toulon le 1er octobre et va naviguer au large de l’archipel espagnol jusqu’au 17 octobre, mission entrecoupée d’une escale à Port-Vendres du 7 au 11 octobre pendant lequel le relais est pris par les sous-marins. Il rentre à Toulon le 20 octobre 1945.

Il ressort du 4 au 10 novembre pour un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois avant de participer aux célébrations du 11 novembre 1918 à Nice où il est en escale jusqu’au 18 novembre, date de son départ pour un exercice d’entrainement aux raids amphibies dans le nord de la Corse, exercice qui à lieu du 19 au 30 novembre avant une escale à Calvi du 1er au 4 décembre et à Ajaccio du 6 au 13 décembre. Il rentre à Toulon le 14 décembre 1945 et ne ressort plus avant les fêtes de fin d’année.

Après deux sorties en solitaire du 5 au 10 janvier et du 12 au 20 janvier, le Henri IV accueille au large de Toulon le 22 janvier 1946 le croiseur lourd Charlemagne qui dès son admission au service actif (effective le 24 janvier) rejoindra la 5ème DC, la «Division de Fer» de la marine nationale avec ses trois puissants croiseurs.

Le Henri IV et le Saint Louis ressortent ensemble du 28 janvier au 5 février 1946, accueillant le 4 février, une force navale soviétique composée d’un cuirassé, d’un croiseur lourd et de quatre destroyers.

Les deux croiseurs lourds font escale à Ajaccio du 18 au 22 février et à Alger du 24 au 28 février avant un entrainement avec la 4ème escadre jusqu’au 12 mars 1946 quand les deux croiseurs rentrent à Toulon. Ils sont ouverts au public du 5 au 8 février avant de repartir le 15 février après des exercices avec la marine française.

Les deux croiseurs lourds font escale à Ajaccio du 18 au 22 février et à Alger du 24 au 28 février avant un entrainement avec la 4ème escadre jusqu’au 12 mars 1946 quand les deux croiseurs rentrent à Toulon.

Le Henri IV est déclaré indisponible le 20 mars 1946, débarquant ses munitions et vidangeant ses soutes pour subir son premier grand carénage. Il est échoué le 25 mars dans le bassin n°2 du Missiessy dans lequel il est en travaux jusqu’au 29 septembre 1946.

Après des travaux complémentaires à flot du 30 septembre au 7 octobre, le Henri IV subit des essais poussés du 12 au 25 octobre avant un stage de remise en condition du 28 octobre au 4 novembre 1946. Il est déclaré disponible le lendemain 5 novembre mais va encore subir une Ecole à feu à Rufisque.

Il quitte Toulon le 6 novembre 1946, fait escale à Casablanca du 12 au 15 novembre avant de rallier Dakar où il arrive le 19 novembre 1946 dans la soirée. Victime d’avaries techniques à répétition, il doit passer au bassin jusqu’au 27 novembre pour régler des problèmes de vibration sur le gouvernail tribord.

Remis à flot, il subit deux jours d’essais satisfaisants les 28 et 29 novembre avant de rallier Rufisque le 30 novembre pour trois semaines d’entrainement intensif soit jusqu’au 21 décembre 1946 quand il regagne Dakar où il va passer le reste de l’année. Il quitte la capitale de l’AOF le 3 janvier 1947, fait escale à Port-Etienne du 5 au 9 janvier, à Casablanca du 11 au 13 janvier, franchit le détroit de Gibraltar le 14 janvier avant de rentrer à Toulon le 19 janvier 1947.

Le Henri IV est de nouveau à la mer pour une mission de présence en Méditerranée occidentale avec à son bord un détachement de fusiliers marins (80 hommes) pour un essai d’embarquement d’un détachement permanent à bord d’un navire de guerre.

Il quitte Toulon le 27 janvier pour une première patrouille jusqu’au 10 février avant une escale à Alger jusqu’au 15 février où il débarque ses fusiliers marins qui vont nomadiser sur les hauteurs de la capitale de l’Algérie.

Le croiseur lourd reprend la mer pour une nouvelle patrouille entre la Sardaigne et la Tunisie jusqu’au 27 février quand il fait de nouveau escale à Alger jusqu’au 2 mars, le détachement de fusiliers marins étant rembarqué puis débarqué à Ajaccio où le croiseur lourd fait escale le 3 mars 1947 avant de retrouver les navires appelés à participer à un exercice franco britannique.

Du 3 au 10 mars 1947, il va donc s’entrainer de manière intensive avant de quitter Toulon le 12 mars  en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Alsace, des croiseurs légers De Grasse et Jean de Vienne, des contre-torpilleurs de la 12ème DCT (Desaix Kléber Marceau), de quatre torpilleurs d’escadre, de trois sous-marins et de deux pétroliers Elorn et Liamone.

Cette escadre baptisée Force T va participer à des exercices avec la Mediterranean Fleet sur le modèle des exercices Entente Cordiale qui engage la flotte de l’Atlantique et la Home Fleet. Cet exercice est baptisé «Cordial Agreement» en guise de clin d’oeil

Pour cette première, la flotte britannique de la Méditerranée à mobilisé les cuirassés Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable, les croiseurs légers Belfast et Newcastle, six destroyers et quatre sous-marins.

L’exercice commence par un exercice à terre le 16 mars pour s’accorder sur les règles lors des exercices et faire travailler la théorique. Les choses sérieuses commence le lendemain 17 mars par un exercice de lutte ASM.

Les sous-marins anglais et français vont ainsi tenter des attaques contre les navires français anglais selon plusieurs scénarios : soit des attaques contre des navires naviguant seuls ou des groupes occasionnels par exemple celui formé par les porte-avions Joffre et Indomitable, le cuirassé Alsace, les croiseurs légers De Grasse Jean Vienne et Belfast et plusieurs destroyers.

Le 18 mars, c’est un exercice de défense aérienne à la mer avec le matin, les deux groupes nationaux attaqués par des chasseurs bombardiers Supermarine Spitfire et des bombardiers torpilleurs Bristol Beaufort basés à Malte mais l’après midi, la force navale britannique attaque avec des bombardiers en piqué Douglas Dauntless et des avions torpilleurs Fairey Albacore les navires français.

Les 19 et 20 mars, c’est un combat d’escadre qui oppose la force T à son homologue britannique, à tour de rôle les deux forces cherchant à défendre Malte d’un raid amphibie. Le 21 mars, les deux escadres gagnent la Tunisie, des îlots désertiques de la côte tunisienne servant de cible aux canons de 406,380, 203,152,130 et 120mm dans un bruyant concert sans parler des avions embarqués.

Les trois cuirassés, les deux porte-avions, les quatre croiseurs légers, le croiseur lourd, les neuf destroyers, les pétroliers et les sous-marins font ensuite escale à Bizerte où ils sont passés en revue par le résident général en Tunisie avant de se séparer le lendemain 22 mars, les navires français rentrant à Toulon le 24 mars 1947 au matin sauf le Jean de Vienne resté à Bizerte son port d’attache.

Le Henri IV sort pour entrainement du 31 mars au 5 avril, mouille aux salins du 6 au 12 avril avant un nouvel exercice au large de Toulon du 13 au 21 avril. Il est de retour à Toulon le lendemain 22 avril.

Le Henri IV va ensuite subir une inspection technique du 23 au 25 avril avant une évaluation opérationnelle du 27 avril au 2 mai. Il effectue ensuite un exercice à double détente contre les sous-marins de la 2ème escadre du 5 au 15 mai, le croiseur lourd simulant d’abord un navire corsaire cherchant à franchir un barrage sous-marin entre la Corse et le continent avant de servir de navire de commandement à une flottille de sous-marins chargés d’intercepter une escadre. Il rentre à Toulon le 19 mai après une escale à Nice du 16 au 18 mai 1947.

Il ressort pour un exercice de combat de nuit du 25 au 29 mai avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 4 juin quand il reprend la mer pour un entrainement au bombardement littoral contre les défenses de Toulon du 5 au 12 juin. Après une escale à Port de Bouc du 13 au 16 juin et à La Ciotat du 17 au 21 juin, le Henri IV rentre au port le lendemain, 22 juin 1947.

Indisponible pour avarie du 27 juin au 2 juillet, il ressort pour essais après réparations du 4 au 9 juillet avant de participer le 14 juillet 1947 à la revue navale au large de Toulon en compagnie de ses sister-ship Saint Louis et Charlemagne. La 5ème DC fait ensuite escale à Ajaccio du 15 au 20 juillet avant de manoeuvrer du 21 juillet au 12 août avant de rentrer à Toulon le 14 août 1947.

Le Henri IV et le Charlemagne ressortent ensemble pour exercices du 30 août au 20 septembre, cette longue séquence étant entrecoupée de deux escales à Port-Vendres du 5 au 8 septembre et à Calvi du 11 au 13 septembre. Ils rentrent à Toulon le 25 septembre après une escale à Bastia du 21 au 24 septembre 1947.

Après une période d’entretien à flot du 25 septembre au 5 octobre 1947, le Henri IV quitte Toulon pour une croisière en Amérique du Sud renouant avec les mannes de la DNF de 1942. Le Charlemagne aurait du l’accompagner mais victime d’une sérieuse avarie de chaudière, le dernier né des croiseurs lourds doit déclarer forfait.

Le Henri IV ne part pas seul puisqu’il est accompagné du croiseur léger Guichen et du pétrolier ravitailleur La Saône. La petite escadre quitte Toulon le 7 octobre 1947, se ravitaille à la mer ce qui lui permet de traverser la Méditerranée et l’Atlantique jusqu’à Dakar où elle arrive le 14 octobre.

L’escadre française quitte l’AOF le 17 octobre, manoeuvre ensemble jusqu’au 21 octobre, durant le transit jusqu’à Fortaleza où les navires tricolores font escale jusqu’au 24 octobre.

Les deux croiseurs et le pétrolier sont ensuite à Rio de Janeiro du 27 au 31 octobre, à Montevideo du 4 au 7 novembre, à Buenos Aires du 8 au 12 novembre avant que les trois navires ne rentrent en métropole, traversant l’Atlantique jusqu’à Dakar où la division fait escale du 17 au 25 novembre pour ravitaillement et entretien.

Ils sont à Port-Etienne du 27 au 30 novembre, à Casablanca du 2 au 7 décembre, à Alger du 10 au 15 décembre avant de rentrer à Toulon le 17 décembre. Il est indisponible jusqu’à la fin de l’année.

La première sortie de l’année 1948 à lieu le 10 janvier 1948 quand la 5ème DC sort au complet pour exercices avec les contre-torpilleurs de la 2ème escadre soit la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut ) et la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) du 10 au 20 janvier avec une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi (5ème DCT) et à l’Ile Rousse (2ème DCT) pour les contre-torpilleurs (21 au 27 janvier). Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Le Henri IV ressort du 10 au 17 février pour un exercice de défense aérienne à la mer avant une escale à La Ciotat du 18 au 21 février avant un exercice de protection et d’attaque de convois du 22 février au 3 mars avant une escale à Marseille du 4 au 9 mars suivit d’un retour à Toulon le 13 mars après deux jours de mouillage aux salins d’Hyères.

Le 20 mars, le Henri IV et le Charlemagne appareillent de Toulon pour une mission de surveillance des côtes marocaines précésé d’un entrainement au large du Sénégal.

Ils font escale à Casablanca du 25 au 28 mars avant de rallier Dakar le 31 mars pour une école à feu à Rufisque du 2 au 22 avril avant de faire une escale technique et de ravitaillement à Dakar du 23 au 30 avril.

Les deux croiseurs lourds effectuent une mission de surveillance des Canaries et des côtes marocaines du 3 au 27 mai, se ravitaillant à Rabat ou à Agadir. Après une escale à Casablanca du 28 mai au 1er juin, les deux croiseurs se séparent : le Charlemagne rentre à Toulon alors que le Henri IV gagne Bizerte pour subir un grand carénage.

Arrivé dans le grand port tunisien le 4 juin 1948, il débarque ses munitions et est échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 6 juin, succédant au cuirassé Alsace. Il est en travaux jusqu’au 5 octobre 1948, subissant ses essais à la mer du 12 au 15 octobre suivit d’une remise en condition accélérée du 16 au 27 octobre 1948. Il rentre à Toulon le 29 octobre 1948.

8-Croiseurs lourds (8)

D-Croiseurs lourds classe Saint Louis

Les deux alternatives du projet C5 : avec ou sans aviation

Les deux alternatives du projet C5 : avec ou sans aviation

Genèse

Après la mise au point du croiseur lourd Algérie, la flotte de croiseurs français s’enrichit de deux classes de croiseurs légers à savoir les six classe La Galissonnière suivit des trois classe De Grasse, la version améliorée des précédents.

A la fin des années trente, la Royale est à la croisée des chemins, devant à la fois renforcer ses escadres contre les marines italiennes et allemandes mais également remplacer les navires construits juste après le premier conflit mondial notamment les trois croiseurs légers de classe Duguay Trouin.

Ces derniers devaient donc être remplacés par des navires plus modernes d’où le lancement du projet C5, un projet de croiseur lourd. La fin des traités permet ainsi aux ingénieurs navals français de voir large, de concevoir de manière plus aisée un navire rapide, bien armé et bien protégé.

Un projet C5 est présenté le 12 mai 1939 en deux versions avec ou sans aviation, déplaçant 10349 ou 10246 tW avec pour armement principal 9 canons de 203mm en trois tourelles triples et un armement secondaire de 10 à 14 canons de 100mm. Comme souvent le projet prend du poids atteignant 14770 tW en avril 1940 quand un décret daté du 1er avril autorise la construction de trois navires.

Sur le plan technique, ces navires sont assez proche de l’Algérie qui peut être considéré comme un véritable prototype avec une coque à pont ras cependant plus longue passant de 194 à 202m. La soudure est généralisée, seuls quelques éléments sensibles (notamment aux vibrations) sont encore rivetés.

Le choix de la soudure plus celui de matériaux légers pour les structures internes permet d’augmenter la protection qui fait des nouveaux croiseurs français des quasi croiseurs cuirassés. Les superstructures sont quasiment identiques à celle de l’Algérie mais le mat arrière est remplacé par une nouvelle superstructure pour abriter une plate-forme destinée à la DCA légère.

Au niveau de l’armement, les croiseurs C5 marquent une rupture avec neuf canons de 203mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière) et seize canons de 100mm en huit affûts doubles alors que la DCA était composée de six affûts doubles de 37mm ACAD modèle 1935 plus seize canons de 25mm Hotchkiss en affûts doubles.

Le 15 mai 1940, une circulaire propose les noms suivants pour les trois croiseurs : Saint Louis Brennus Henri IV Charles Martel Charlemagne et Vercingetorix. Le ministre de la Marine choisit les noms de Saint Louis Henri IV et Charlemagne.

La construction du Saint Louis est attribuée à l’Arsenal de Lorient, celle du Henri IV aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) et celui du Charlemagne aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque.

Alors qu’à l’origine ces navires devaient remplacer les Duguay-Trouin, ils vont finalement renforcer les positions de la marine nationale en Méditerranée ce qui décide l’Italie à commander en 1942 trois nouveaux croiseurs lourds.

En 1944, un quatrième croiseur est commandé obligeant la marine nationale à riposter en obtenant dans la tranche 1946, un Saint Louis amélioré baptisé Charles Martel et dont la construction attribuée à l’Arsenal de Lorient était encore en cours lors du début de la guerre.

Le Saint Louis

Statue de Louis IX dit Saint Louis à Aigues-Mortes ville qu'il fonda pour s'embarquer pour les croisades

Statue de Louis IX dit Saint Louis à Aigues-Mortes ville qu’il fonda pour s’embarquer pour les croisades

Le 2 juillet 1941, le croiseur léger De Grasse est mis à flot à Lorient, quittant la forme de Lanester pour rejoindre le quai d’armement et recevoir son artillerie, ses radars, ses tubes lance-torpilles, bref  devenir un véritable navire de combat.

Le croiseur de 8000 tonnes s’était à peine amarré au quai d’armement que déjà les portes de la forme avaient été refermées et que les pompes vidaient la forme.

La forme vide, de nouveaux tains furent mis en place pour permettre la construction du premier croiseur lourd de type C5.

Le Saint Louis est mis sur cale le 9 juillet 1941 et la construction progresse rapidement grâce à l’utilisation de la préfabrication et de la soudure.

Il est mis à flot le 13 août 1942 en présence des plus hautes autorités de la marine et remorqué au quai d’armement pour recevoir la fin de ses superstructures, l’artillerie et les radars.

Le Saint Louis est armé pour essais le 12 mai 1943 et effectue des essais statique au mouillage du 14 au 21 mai. La première sortie à la mer à lieu le 25 mai 1943 mais est rapidement interrompue en raison de problèmes techniques.

Après une période de travaux du 26 mai au 2 juin 1943, le Saint Louis reprend la mer pour de nouveaux essais du 7 au 21 juin et du 28 juin au 12 juillet, le croiseur passant la nuit au mouillage en baie de Douarnenez, à Quiberon ou à Lorient même.

La clôture d’armement est prononcée le 14 août 1943 et le croiseur lourd quitte Lorient le jour même pour Brest où il passe au bassin pour quelques travaux jusqu’au 24 août. Le 25 août 1943, il charge ses munitions (obus de 203, de 100mm, cartouches de 25 et de 37mm, torpilles) avant d’appareiller le 27 août pour Dakar où il arrive le 1er septembre 1943.

Il effectue une Ecole à feu à Rufisque du 2 au 5 septembre 1943 avant de mettre le cap sur Toulon où il arrive le 12 septembre 1943, la traversée Dakar-Toulon étant considérée comme sa traversée de longue durée.

Le croiseur lourd Saint Louis est admis au service actif le 15 septembre 1943 et affecté à la 2ème Escadre avec Toulon comme port d’attache. Il est placé hors-rang.

Le nouveau fleuron de la marine nationale en Méditerranée effectue sa première sortie à la mer du 2 au 20 octobre pour parfaire sa condition opérationnelle  qu’il s’agisse d’un entrainement à la défense aérienne à la mer, d’une escorte et d’une attaque de convois ou d’un entrainement au bombardement littoral.

Rentré à Toulon le 21 octobre 1943, il ressort pour entrainement individuel du 30 octobre au 7 novembre avant une escale à Marseille du 8 au 12 novembre et Nice du 14 au 21 novembre, rentrant à Toulon le 23 novembre 1943.

Indisponible du 24 novembre au 10 décembre 1943, le Saint Louis ressort du 15 au 24 décembre pour un entrainement au large du cap Corse avant de passer les fêtes de fin d’année à Bastia puis de rentrer à Toulon le 2 janvier 1944.

Le croiseur le plus moderne de la flotte ressort du 7 au 15 janvier pour un entrainement à la défense aérienne à la mer en collaboration avec l’armée de l’air avant de faire escale à Ajaccio du 16 au 24 janvier.

Rentré à Toulon le lendemain 25 janvier 1944, il est au mouillage jusqu’au 2 février avant de reprendre la mer pour s’entrainer au bombardement littoral avec pour plastron la défense côtière du secteur de Toulon du 3 au 12 février, le croiseur mouillant la nuit à Toulon ou aux salins d’Hyères avant de s’amarrer au quai Noël le 13 février 1944.

Le Saint Louis ressort pour entrainement individuel du 18 au 25 février 1944 avant un entrainement de nuit avec les contre-torpilleurs de la 2ème escadre du 26 février au 3 mars 1944 en l’occurrence les 9ème ( Le Fantasque L’Audacieux et Le Malin) et 12ème DCT (Desaix Marceau en attendant le Kléber).

Le 7 avril 1944, le Saint Louis appareille de Toulon et accueille en haute mer son sister-ship Henri IV le 9 avril au large des Baléares. Les deux navires manœuvrent ensemble avant de s’amarrer côte à côte au quai Noël le 12 avril 1944.

Le même jour, la 5ème DC composée des croiseurs lourds Duquesne et Tourville est dissoute, les deux vétérans devant être redéployés outre mer, l’un en Indochine et l’autre dans l’Océan Indien. Cette division est reconstituée le lendemain, 13  avril 1944 avec le Saint Louis et le Henri IV.

La 5ème DC appareille le 22 avril pour un exercice commun dans le Golfe de Guinée afin de profiter notamment des installations du polygone de Rufisque. Ils font escale à Mers-El-Kebir du 27 au 30 avril pour réparer quelques problèmes techniques et se ravitailler en carburant.

Le Saint Louis et le Henri IV franchissent le détroit de Gibraltar le 4 mai 1944 et font escale à Casablanca du 6 au 11 mai avant de faire d’une traite le dernier voyage jusqu’à Dakar où il arrive le 15 mai dans la nuit.

Les deux croiseurs lourds effectuent un stage d’entrainement au tir au polygone de Rufisque du 17 mai au 2 juin avant une période d’entretien à flot à Dakar jusqu’au 12 juin quand les deux croiseurs appareillent pour une croisière en Afrique Noire.

Les deux croiseurs font escale à Freetown du 14 au 17 juin, à Monrovia du 18 au 21juin, Abidjan du 23 au 27 juin, à Douala du 29 juin au 2 juillet et à Libreville du 4 au 8 juillet. Ils rentrent ensuite en métropole, faisant escale à Dakar du 12 au 16 juillet et à Casablanca du 19 au 21 juillet, franchissant le détroit de Gibraltar le 23 juillet avant de rentrer à Toulon le 28 juillet 1944 après presque trois mois loin du port.

Le Saint Louis est indisponible du 29 juillet au 15 août avant de reprendre la mer pour essais les 16 et 17 août suivit d’une sortie du 20 au 25 août pour une démonstration de ses capacités au profit de délégations militaires étrangères avant de mener un exercice de protection et d’attaque de convois du 27 août au 6 septembre 1944. Il rentre à Toulon le 11 septembre après une escale à Nice du 7 au 10 septembre.

Le Saint Louis aurait du participer à un exercice antisurface en compagnie de son sister-ship Henri IV, de l’Algérie et du Dupleix mais victime d’une avarie technique, le Saint Louis doit tristement regarder ses congénères prendre la mer alors que lui reste immobilisé au port.

Réparé, il effectue une sortie d’essais du 25 au 30 septembre avant de sortir pour entrainement du 2 au 27 octobre.
Après une période à quai à Toulon, le Saint Louis effectue une mission de surveillance en Méditerranée orientale en solitaire du 4 au 21 novembre séparée en deux par une escale à Bizerte du 10 au 13 novembre. Il est de retour à Toulon le 25 novembre et indisponible du 25 novembre au 5 décembre 1944.

Le Saint Louis termine l’année par de petites sorties d’entrainement individuelles du 10 au 14 décembre, du 17 au 24 décembre et du 27 au 31 décembre 1944.

Le Saint Louis ressort avec son sister-ship Henri IV pour entrainement du 7 au 20 janvier, les deux croiseurs jouant entre la Corse et le continent au chat à la souris, jouant tour à tour le navire corsaire et l’intercepteur. Ils sont de retour à Toulon le 21 janvier 1945.

Le croiseur lourd Saint Louis ressort pour s’entrainer avec la 2ème escadre du 27 janvier au 12 février avant une escale à Port Vendres du 13 au 17 février puis à Barcelone du 18 au 24 février 1945. Il est de retour à Toulon le 27 février 1945.

Le Saint Louis ressort le 7 mars 1945 en compagnie du Dupleix et du Suffren. Les trois croiseurs lourds vont effectuer une mission de présence en Adriatique, un an après celle du Joffre qui avait tellement enthousiasmé les marins yougoslaves que ceux-ci songèrent à en commander un avant de revenir à de plus sages dispositions.

Les trois croiseurs lourds quittent donc Toulon à l’aube le 7 mars, font escale à Ajaccio le 8 pour quelques heures (débarquement de matériel pour la base d’Aspretto), se ravitaillent à Bizerte le 9 mars puis gagne l’Adriatique faisant escale à Corfou du 11 au 13 mars avant de pénétrer dans l’Adriatique, faisant escale à Kotor du 14 au 21 mars, à Split du 22 au 27 mars et à Zadar du 28 au 31 mars 1945.

Les trois croiseurs lourds participent à un exercice avec la marine yougoslave, exercice suivit attentivement par des avions et des sous-marins officiellement non identifiés mais que tout le monde sait italiens.

L’exercice qui se déroule du 1er au 12 avril voit les croiseurs simuler des bombardements contre la terre, des raids amphibies (mise à terre des compagnies de débarquement soit environ 200 hommes), de la défense aérienne à la mer, de protection et d’attaque de convois………… .

L’exercice terminé, la division navale Adriatique franchit le canal d’Otrante et met cap à l’est, direction la Grèce. Elle fait escale à Patras du 14 au 20 avril, contourne la péninsule du Péloponnèse et arrive au Pirée le 23 avril et y restant jusqu’au 28 avril quand il appareille pour Thessalonique, le grand port du nord où la division fait escale du 29 avril au 4 mai. Pour ne pas mécontenter les turcs, la division fait escale à Istanbul du 5 au 9 mai, à Izmir du 10 au 12 mai et à Antalya du 13 au 16 mai.

La division navale Adriatique mène ensuite une mission de surveillance du Dodécanèse alors sous souveraineté italienne du 17 au 27 mai (ce qui suscite une protestation officielle de l’ambassade d’Italie à Paris), un exercice avec la Division Navale du Levant (DNL) du 28 mai au 4 juin avant une escale à Alexandrie du 4 au 7 juin, le roi d’Égypte Farouk 1er visitant les trois croiseurs français en escale, se montrant impressionné par la modernité du Saint Louis. La division quitte l’Egypte le 7 juin, fait escale à Bizerte du 9 au 11 juin avant de rentrer à Toulon le 13 juin 1945.

Le Saint Louis est déclaré indisponible le 14 juin, débarquant ses munitions et vidant ses soutes pour entrer en petit carénage. Il est échoué dans le bassin n°2 du Missiessy le 20 juin 1945 et va y rester jusqu’au 5 octobre, date à laquelle il quitte le bassin.

Après des travaux complémentaires à quai du 6 octobre au 7 novembre, le croiseur lourd est armé pour essais le 8 novembre et effectue ses essais à la mer du 10 au 21 novembre avant sa remise en condition opérationnelle du 27 novembre au 20 décembre 1945, restant à quai pour les fêtes de fin d’année.

Il sort pour la première fois du 5 au 12 janvier 1946 pour un exercice en solitaire, une évaluation de ses capacités avant une escale à Ajaccio jusqu’au 25 janvier où sa compagnie de débarquement manœuvre avec les troupes déployées au Corse alors que ses techniciens soutiennent la station navale d’Aspretto pour des travaux destinés à effacer les dégâts provoqués par une violente tempête en début du mois. Le croiseur lourd est de retour à Toulon le 26 janvier 1946.

Le Saint Louis et le Henri IV ressortent ensemble du 28 janvier au 5 février 1946, accueillant le 4 février, une force navale soviétique composée du cuirassé Sovetskaya Ukrainia (59150 tonnes, 29 noeuds, 9 canons de 406mm en trois tourelles triples), le croiseur lourd Kirov (7780 tonnes,35 noeuds et 9 canons de 180mm en trois tourelles triples) et quatre destroyers. Ils sont ouverts au public du 5 au 8 février avant de repartir le 15 février après des exercices avec la marine française.

Les deux croiseurs lourds font escale à Ajaccio du 18 au 22 février et à Alger du 24 au 28 février avant un entrainement avec la 4ème escadre jusqu’au 12 mars 1946 quand les deux croiseurs rentrent à Toulon.

Quelques semaines plus tard, la France rend la pareille à l’URSS. Le cuirassé Alsace appareille le 20 mars 1946 en compagnie du croiseur lourd Saint Louis, de deux torpilleurs d’escadre, de deux sous-marins et du pétrolier ravitailleur Liamone .

La petite force navale fait escale à Bizerte le 23 mars, en baie de La Sude le 26 mars, franchit le détroit des Dardanelles le 29 mars, le Bosphore le lendemain 30 mars avant de mettre cap sur Sébastopol où la petite escadre arrive le 4 avril 1946.

Elle va participer à des exercices avec la marine soviétique du 7 au 25 avril 1946 avant de faire escale en Turquie, à Trabzon du 27 au 30 avril et Istanbul du 2 au 5 mai. Il retrouve la Méditerranée, fait escale au Pirée du 8 au 11 mai, à Haïfa du 12 au 14 mai, Bizerte du 16 au 19 mai avant de rentrer à Toulon le 21 mai 1946 après deux mois loin du port.

Indisponible du 22 mai au 15 juin, le Saint Louis ressort pour essais à la mer du 17 au 21 juin avant un stage de remise en condition du 24 juin au 7 juillet. Le 3 juillet 1946, la ville d’Aigues-mortes fondée par Louis IX devient la ville marraine du croiseur lourd.

Le Saint Louis appareille ensuite pour une croisière dans l’Océan Indien et en Extrême Orient pour montrer ses capacités à renforcer rapidement les forces navales déployées sur zone. Le croiseur lourd subit un rapide entretien technique du 9 au 20 juillet 1946.

Le croiseur lourd appareille de Toulon le 22 juillet, se ravitaille à Bizerte le 27 juillet et à Port Saïd le 2 août avant de franchir le canal de Suez le lendemain.

Le croiseur lourd arrive à Djibouti le 6 août et reste en escale du 7 au 12 août 1946. Il reprend la mer le 13 août pour Diego Suarez où il arrive le 19 août pour une escale d’une semaine.

Le 27 août 1946, le Saint Louis quitte Diego-Suarez, manœuvre avec les forces déployées dans la région avant de traverser l’Océan Indien en direction de Singapour où le croiseur lourd fait escale du 5 au 10 septembre.

Quittant le «Gibraltar de l’Extrême-Orient» le 11 septembre 1946, le Saint Louis met cap sur l’Indochine, arrivant à Saïgon le 16 septembre pour quatre jours d’escale.

Reprenant la mer le 21 septembre, il fait escale à Cam-Ranh du 23 au 30 septembre, subissant un période d’entretien sans passage au bassin (même si les hélices sont inspectées par les plongeurs du bord qui pratiquent un rapide nettoyage) puis gagne Haïphong où il fait escale du 6 au 11 octobre 1946. Durant le transit, il manœuvre avec la 7ème DT (torpilleurs Le Niçois, Le Savoyard, le Béarnais et le Catalan _classe Le Fier_).

A l’origine, il était prévu que le croiseur fasse demi-tour pour rentrer par le canal de Suez mais au final, on décide de lui faire traverser le Pacifique, permettant au Saint Louis de réaliser un véritable tour du monde.

Il quitte l’Indochine le 12 octobre, fait escale à Guam du 19 au 23 octobre, à Hawaï du 29 octobre au 2 novembre, à San Diego du 8 au 12 novembre, franchit le canal de Panama le 19 novembre, fait escale à Fort de France du 25 au 28 novembre avant de traverser l’Atlantique et de faire escale à Casablanca du 5 au 8 décembre. Le Saint Louis rentre à Toulon le 14 décembre 1946.

Indisponible du 15 décembre 1946 au 2 février 1947, le Saint Louis ressort pour essais du 3 au 12 février avant une remise en condition opérationnelle en compagnie de son sister-ship Charlemagne _récemment arrivé à Toulon et qui était devenu le troisième navire de la 5ème DC_ du 15 février au 5 mars 1947.

Alors que le Charlemagne effectue une croisière en Afrique du Nord en compagnie de l’Algérie et que le Henri IV prépare un exercice franco-britannique, le Saint Louis sort pour entrainement du 12 au 21 mars et du 25 mars au 4 avril, mouillant aux salins d’Hyères du 5 au 12 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain 13 avril.

Le Saint Louis sort pour un entrainement au combat de nuit du 20 au 27 avril puis un entrainement au combat antisurface avec lancement de torpilles du 29 avril au 3 mai avant de rentrer à Toulon le 4 mai pour se ravitailler.

Le Saint Louis ressort pour s’entrainer seul du 5 au 15 mai avant une escale à Bastia du 16 au 22 mai et à Nice du 23 mai au 1er juin, le croiseur lourd rentrant à Toulon le 3 juin 1947. Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’au 12 juillet.

Le Saint Louis, le Henri IV et le Charlemagne participent à la revue navale du 14 juillet 1947, présidée par le président Reynaud à bord du cuirassé Richelieu. La 5ème DC fait ensuite escale à Ajaccio du 15 au 20 juillet avant de manoeuvrer du 21 juillet au 12 août  avant de rentrer à Toulon le 14 août 1947.

Le Saint Louis quitte Toulon le 27 août pour une mission de représentation dans l’Atlantique et en Manche. Il fait escale à Casablanca du 2 au 5 septembre, à Lisbonne du 7 au 11 septembre, à Vigo du 14 au 17 septembre, à Hendaye du 19 au 22 septembre, à Bordeaux du 25 au 30 septembre, à La Pallice du 1er au 5 octobre, à Saint-Nazaire du 6 au 10 octobre et à Lorient du 11 au 15 octobre.

A Brest où il arrive le 16 octobre, il est victime d’une avarie technique qui retarde de deux jours son départ du grand port du Ponnant. Il quitte donc Brest le 22 octobre, fait escale à Cherbourg du 23 au 27 octobre, au Havre du 29 octobre au 2 novembre et à Dunkerque du 5 au 11 novembre 1947.

Pour le vingt-neuvième anniversaire de l’Armistice de 1918, le croiseur tire vingt-neuf coups de canon et sa compagnie de débarquement défile à Dunkerque en compagnie de détachements britanniques (Royal Marines) et belges.

Le Saint Louis quitte le grand port du nord de la France le lendemain 12 novembre, fait une escale de ravitaillement à Brest le 14 novembre, à Casablanca du 18 au 20 novembre avant de rentrer à Toulon le 26 novembre. Il est indisponible jusqu’au 15 décembre, ne sortant qu’une fois d’ici la fin de l’année du 20 au 24 décembre 1947.

La première sortie de l’année 1948 à lieu le 10 janvier 1948 quand la 5ème DC sort au complet pour exercices avec des contre-torpilleurs de la 2ème escadre soit la 5ème DCT (Aigle Albatros, Gerfaut) et la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) du 10 au 20 janvier avec une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi (5ème DCT) et à l’Ile Rousse (2ème DCT) pour les contre-torpilleurs (21 au 27 janvier). Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Le Saint Louis quitte Toulon en compagnie du Charlemagne le 7 février 1948 pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 12 février avant un mouillage aux Salins d’Hyères jusqu’au 15 février.

Ce mouillage est suivi par un exercice de combat de nuit du 16 au 21 février, les croiseurs mouillant la journée aux salins d’Hyères. Après une escale à Port-Vendres du 23 au 27 février, les deux navires rentrent à Toulon le 1er mars 1948.

Le 9 mars 1948, Le croiseur Saint Louis appareille pour Malte en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Provence et de quatre torpilleurs d’escadre pour participer à un exercice avec la marine britannique qui engage dans cet exercice le cuirassé Rodney, le porte-avions Indomitable, le croiseur léger Belfast et six destroyers.

La force S arrive à Malte le 13 mars 1948, mouillant dans le port de La Valette. L’exercice binational commence le 15 mars avec un exercice d’état-major à bord du cuirassé Provence suivit le lendemain 16 mars par un exercice ASM.

A la lutte contre les submersibles succède un exercice de défense aérienne à la mer les 17 au 18 mars, un exercice d’assaut amphibie le 19 qui voit l’Indomitable défendre La Valette contre le Joffre avant la belle du lendemain 20 mars 1948. Les manœuvres bilatérales se terminent par un exercice de synthèse du 22 au 26 mars 1948. La force S rentre à Toulon le 30 mars 1948.

Le 12 avril 1948, le croiseur Algérie sort du bassin du Missiessy n°2 après six mois au sec et remorqué au quai pour des travaux complémentaires. Le Saint Louis est à son tour échoué dans le bassin le 15 avril pour un nouveau grand carénage.

Les travaux devaient se terminer le 15 octobre 1948 mais la guerre ayant éclaté le 5 septembre 1948, les travaux au bassin sont accélérés et le navire est remis à l’eau dès le 7 septembre avec deux semaines d’avance.

Les essais à la mer sont réduits à leur plus simple expression (du 15 au 17 septembre) avant une remise en condition du 18 au 24 septembre, le Saint Louis étant de nouveau disponible le 25 septembre avec un équipage renforcé de réservistes, une peinture plus sombre et une discrétion lumineuse accrue.