13-Sous-marins (2) Classe Requin (1)

A-Sous-marins de grande patrouille de classe Requin (projet C4)

Genèse

Après plusieurs années de réflexion, de «digestion» des leçons du premier conflit mondial, le projet de sous-marin de grande patrouille arrive à maturité au printemps 1920 et est définitivement adopté le 30 juin 1920, définissant un sous-marin de 1100 tonnes, dix tubes lance-torpilles et un canon de 100mm.

Neuf sous-marins de grande patrouille de «1100 tonnes» vont ainsi être construits, six financés à la tranche 1922 (Requin Souffleur Morse Narval Marsouin Dauphin) et trois au contingent 1923 (Caïman Phoque Espadon).

Le Requin

Le sous-marin Requin

Le sous-marin Requin

-Le Requin (numéro constructeur : Q-115) est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 14 juin 1922 lancé le 19 juillet 1924 et mis en service le 28 mai 1926.

Effectuant toute sa carrière en Méditerranée, le premier sous-marin «moderne» de notre marine connait un certain nombre de problèmes techniques qui nécessitent une importante refonte, exécutée aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer du 20 février 1936 au 6 janvier 1938.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Requin appartient à la 11ème Division de Sous-Marins (11ème DSM) en compagnie de ses sister-ships Marsouin et Narval, division déployée au Levant pour assurer la défense des mandats et la surveillance du Dodécanèse alors possession italienne.

La réorganisation de septembre 1940 relocalise la 11ème DSM à Bizerte, intégrant la 3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère chargée de mordre les mollets italiens.
Le Requin subit un grand carénage à Bizerte du 20 octobre au 10 décembre 1940, sortant pour essais du 11 au 13 décembre puis pour remise en condition du 15 au 30 décembre.

Il reprend ensuite ses patrouilles au large des côtes italiennes et libyennes, surveillant le trafic commercial italien mais également les manoeuvres de la Regia Marina en surface et en plongée, devant jouer avec l’agressivité des patrouilleurs italiens, plusieurs abordages sont évités de justesse contre les navires italiens chargés de protéger Tarente et Benghazi.

Le Requin est mis en position de complément le 5 juin 1942 et mouillé dans le lac de Bizerte en attendant qu’une décision soit prise. Il passe sur le dock flottant pour sous-marins pour inspection du 15 au 20 juillet 1942, inspection qui révèle un état matériel médiocre.

Le Requin est officiellement désarmé le 22 juillet 1942 et condamné le 4 août 1942, retrouvant son numéro constructeur soit le Q-115.

Le Souffleur

Sous-marins Requin et Souffleur lors de la revue navale de Cherbourg en 1925

Sous-marins Requin et Souffleur lors de la revue navale de Cherbourg en 1925

-Le Souffleur est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 2 octobre 1922 lancé le 1er novembre 1924 et mis en service le 10 août 1926.

Effectuant toute sa carrière en Méditerranée, le premier sous-marin «moderne» de notre marine connait un certain nombre de problèmes techniques qui nécessitent une importante refonte, exécutée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint-Nazaire du 28 octobre 1935 au 26 novembre 1937.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Souffleur appartient à la 9ème DSM composée également des sous-marins Caïman et Morse, division de la 3ème flottille intégrée à la 4ème Escadre Légère.

Du 15 mars au 21 mai 1940, il subit à Bizerte un grand carénage sur le dock flottant, sortant pour essais du 22 au 25 mai et pour remise en condition du 27 mai au 10 juin 1940, reprenant ensuite ses patrouilles.

La réorganisation de septembre 1940 ne change pas la situation du Souffleur (mis à part le fait que la 4ème EL est devenue la 6ème EL) qui multiplie les patrouilles avec une préférence pour le Golfe de Syrte même si parfois certaines patrouilles le conduisit jusqu’au Dodécanèse voir en Adriatique, des escales de ravitaillement discrètes ayant eu lieu à Kotor.

Le Souffleur est mis en position de complément le 14 mars 1942 et mouillé sur le lac de Bizerte en attendant qu’une décision soit prise. Il passe sur le dock-flottant du 5 au 15 juin pour inspection, inspection qui montre un bon état matériel.

Il est décidé de l’utiliser comme sous-marin expérimental au profit du GASM à Toulon. Il garde son nom et passe sur le dock flottant du 21 au 30 juillet, le sous-marin ne conservant que deux tubes lance-torpilles à l’avant et deux à l’arrière.

Il sort pour essais du 1er au 4 août puis pour remise en condition du 6 au 13 août, arrivant à Toulon le lendemain 14 août 1942. Rattaché au GASM, il va être utilisé pour des tests de moteurs, d’armement, de  systèmes «électroniques»………. .

Utilisé intensivement, il est victime d’une grave avarie de moteur le 14 juin 1946. Il est désarmé le lendemain  puis condamné le 27 juin 1946 sous le numéro Q-116.

Mouillé au cimetière naval du Bregaillon, il est vendu à la démolition à un chantier de La Ciotat le 4 septembre 1946, remorqué le 10 septembre et démantelé entre le 11 septembre et le 20 octobre 1946.

Le Morse

-Le Morse est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 12 février 1923 lancé le 11 novembre 1925 et mis en service le 10 février 1928.

Comme ses sister-ships, le Morse va subir une refonte aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët du 15 novembre 1935 au 26 novembre 1937.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le sous-marin Morse appartient à la 9ème DSM en compagnie de ses sister-ships Caïman et Souffleur, division de la 3ème Flottille de Sous-Marins, la composante sous-marin de la 4ème Escadre Légère, devenue 6ème EL en septembre 1940.

Du 23 août au 19 octobre 1940, il est immobilisé sur le dock flottant pour le dernier grand carénage de sa carrière, sortant pour essais du 21 au 23 octobre et pour remise en condition du 25 octobre au 8 novembre 1940.

Il va comme ses compères de la 9ème DSM mener d’incessantes patrouilles ayant pour principales zones de patrouilles le canal d’Otrante, le golfe de Syrte, le golfe de Tarente, les ports de Sicile.

Le Morse est mis en position de complément le 21 mars 1942 ce qui entraine la dissolution de la 9ème DSM. Il passe sur le dock flottant du 15 au 22 mai pour inspection, inspection qui révèle un état matériel très détérioré en raison notamment d’un échouage à proximité des côtes libyennes.

Le sous-marin Morse est officiellement désarmé le 24 mai 1942 et condamné le 4 juin 1942 redevenant le Q-117. Mouillé sur le lac de Bizerte, il y reste jusqu’au 17 septembre 1945 quand il est remorqué en haute mer pour servir de cible à l’aéronavale, la coque de l’ancien sous-marin encaissant deux torpilles et quatre bombes avant de couler.

Le Narval

Le Narval à la mer

Le Narval à la mer

-Le Narval est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 19 mars 1923 lancé le 9 mai 1925 et mis en service le 23 juillet 1926.

Comme ses huit sister-ships, il est refondu aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes du 22 novembre 1935 au 8 février 1938.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Narval appartient à la 11ème Division de Sous-Marins (11ème DSM) en compagnie de ses sister-ships Marsouin et Requin, division déployée au Levant pour assurer la défense des mandats et la surveillance du Dodécanèse alors possession italienne.

La réorganisation de septembre 1940 relocalise la 11ème DSM à Bizerte, intégrant la 3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère chargée de mordre les mollets italiens.
Après avoir enchainé les patrouilles en Méditerranée orientale et en Adriatique _allant jusqu’à Venise_ , le Narval subit un grand carénage sur le dock  flottant de Bizerte du 6 mars au 15 juin 1941, sortant pour essais du 16 au 18 juin puis pour remise en condition du 20 juin au 3 juillet 1941.

Le Narval est mis en position de complément le 15 juin 1942 ce qui entraine la dissolution de la 11ème DSM, laissant le Marsouin hors rang.

Il passe sur le dock flottant pour inspection du 15 au 22 août, inspection qui révèle un bon état matériel. Il est décidé de le confier au GASM comme sous-marin d’essais et d’expérimentation. Il subit pour cela des travaux du 5 au 15 septembre 1942, sortant pour essais du 16 au 18 septembre puis pour remise en condition du 20 septembre au 4 octobre, date à laquelle il rallie Toulon.

Il va être utilisé en compagnie du Souffleur pour tester des armes, des systèmes mais également de nouvelles tactiques et jusqu’au 15 juin 1948 quand la mise en service du Roquebert entraine son désarmement. Mouillé au cimetière naval de Bregaillon (DNM), l’ancien Narval est toujours présent en septembre 1948, le début de la guerre retardant sa vente à la démolition.

Le Marsouin

Le Marsouin à quai

Le Marsouin à quai

-Le Marsouin est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 4 novembre 1922 lancé le 17 décembre 1924 et mis en service le 7 septembre 1927.

Comme ses huit sister-ships, il subit au milieu des années trente une refonte pour résoudre les faiblesses les plus criantes de ces sous-marins. Il est ainsi en travaux aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes du 3 février 1936 au 4 décembre 1937.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Marsouin appartient à la 11ème Division de Sous-Marins (11ème DSM) en compagnie de ses sister-ships Narval et Requin, division déployée au Levant pour assurer la défense des mandats et la surveillance du Dodécanèse alors possession italienne.

La réorganisation de septembre 1940 relocalise la 11ème DSM à Bizerte, intégrant la 3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère chargée de mordre les mollets italiens.

Le Marsouin subit un grand carénage sur le dock flottant de Bizerte du 11 décembre 1940 au 5 mars 1941, sortant pour essais du 6 au 9 mars avant remise en condition du 11 au 26 mars 1941.

Il reprend ensuite ses nombreuses patrouilles, ayant le Golfe de Tarente, le canal d’Otrante et l’Adriatique.

Le 15 juin 1942, le Narval est mis en position de complément, laissant le Marsouin hors rang au sein de la 3ème flottille.

Suite à une avarie mécanique, le Marsouin est mis en position de complément le 15 août 1942 et mouillé dans le lac de Bizerte. Il passe sur le dock flottant du 16 au 20 septembre et l’inspection montre un état matériel très dégradé.

Le Marsouin est officiellement désarmé le 21 septembre 1942 et condamné le 1er octobre, retrouvant son numéro constructeur le Q-119. Il est mouillé dans le lac de Bizerte jusqu’au 15 septembre 1943 quand il est pris en remorque pour rallier Toulon mais une voie d’eau entraine le naufrage du Q-119 au large du cap Corse.

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13-Sous-marins (1)

13°) SOUS-MARINS

En guise d’introduction……..

Avec un ingénieur de la trempe de Maxime Laubeuf, la France peut être légitimement considérée comme une nation pionnière dans le domaine du sous-marin ou plutôt du torpilleur submersible.

Notre pays à en effet été le premier à croire dans ce drôle d’engin qui faisait ce qu’un navire ne doit jamais faire à savoir couler………. .

Néanmoins et jusqu’au second conflit mondial, le véritable sous-marin n’existe pas, la présence d’un ou de plusieurs canons de moyen calibre sur le pont indiquant clairement que le navire combat aussi bien en surface qu’en plongée sans oublier que la fiabilité des torpilles à été longtemps un problème épineux pour nos sous-marins comme ceux des pays étrangers.

La Jeune Ecole si elle eut quelques lubies fumeuses crut dès le début dans le torpilleur submersible/sous-marin et en dévellopa clairement l’usage au sein de la Royale.

Sous-marins Germinal et Ventôse à quai

Sous-marins Germinal et Ventôse à quai

Quand le premier conflit mondial éclate, notre marine dispose de 45 sous-marins, 28 en construction et 9 en voie d’achèvement soit une flotte de 82 sous-marins mais si certains étaient modernes, d’autres fonctionnaient encore à la vapeur (18). Le début du premier conflit mondial stoppe net le programme de 1912 qui prévoyait la construction de 25 sous-marins de haute mer et 69 sous-marins défensifs.

Au final, notre marine à engagé 66 sous-marins bien loin de la marine allemande (373) et de la marine britannique (200) mais avec un taux de perte de 20% bien inférieur à celui des anglais (33%) et des allemands (54%).

Le premier conflit mondial avait clairement montré l’efficacité du sous-marin et son utilisation dans une grande variété de mission. Le fait que plusieurs unités de premier rang aient été coulé par des sous-marins (cuirassés Gaulois Suffren Danton sans oublier le croiseur cuirassé Léon Gambetta) fût un argument massue pour convaincre l’état-major de laisser une place de choix aux sous-marins dans la marine de l’après guerre.

Les premières études furent esquissées dès 1916 mais le début officiel des études est fixé au 21 février 1917 quand l’état-major de la marine demanda à la Direction Militaire des Services de Travaux l’étude et la mise en chantier de quatre catégories de sous-marins : un sous-marin garde-côte de 300 tonnes, un sous-marin d’escadre de 2000 tonnes et de 25 noeuds (la vitesse maximale des cuirassés à cette époque était de 20-21 noeuds), un sous-marin de haute-mer de 1000 tonnes et un sous-marin mouilleur de mines de 1200 tonnes.

Le 28 juillet, une Commission d’études Pratiques du sous-marin (CEPSM) est créée pour centraliser les expériences de la guerre et les demandes des commandants.

Sur le plan numérique, le Statut Naval de 1912 prévoyait un total de 94 sous-marins mais il n’y avait 75 en service et 11 à remplacer ce qui nous laissait un déficit de trente submersibles, chiffre qui passait à 50 en tenant compte du délai entre la décision de construction et la mise en service.

Le 22 septembre 1917, l’amiral de Bon, chef d’état-major de la marine demandait la construction de 50 sous-marins en dix ans répartis en trois catégories : deux sous-marins «conventionnels» à canons et torpilles et une troisième catégorie, une classe de sous-marins mouilleur de mines.

Le CEPSM va donc orienter ses recherches autour d’un sous-marin de grande patrouilles (1000 tonnes 15 noeuds 10 tubes lance-torpilles et un canon de 120mm), un sous-marin de petite patrouille (500 tonnes, 13 noeuds, 6 tubes et 1 canon de 100mm), un sous-marin mouilleur de mines (500 tonnes 11 noeuds 4 tubes 1 canon de 100mm et 18 mines) et enfin un sous-marin d’escadre (2500 tonnes, 25 noeuds, 15 tubes et 2 canons de 138mm).

Dans le cas d’un programme de 94 sous-marins, le CEPSM recommandait 12 sous-marins mouilleur de mines, 25 de grande patrouille, 55 de petite patrouille.

Le Jean Autric ex-U 105

Le Jean Autric ex-U 105

Les projets se multiplièrent et pour faire la jonction entre sous-marins anciens et sous-marins encore dans les limbes des mesures transitoires furent prises comme la modernisation des sous-marins existants et la remise en service de sous-marins saisis en Allemagne et en Autriche-Hongrie.

C’est ainsi qu’en 1922, notre marine nationale disposait de 48 sous-marins : quatorze anciens non refondus (cinq type Verrier cinq type Atalante, deux de type Clorinde et deux mouilleurs de mines, les Maurice Callot et Pierre Chailley), dix-sept sous-marins refondus ou en cours de refonte (deux de type Neréide, deux de type Fulton quatre de type Lagrange, deux type Sané, trois type Atalante et trois type Gorgone et Daphné), six sous-marins en construction pour l’étranger réquisitionnés au début de la guerre et enfin onze sous-marins ex-allemands.

Les différents projets arrivèrent à maturité au printemps 1920 et le 1er avril 1920, le Conseil supérieur de la Marine décida de faire procéder immédiatement à la construction de 12 sous-marins, la construction de ses submersibles étant intégré au projet 171.

Le Requin

Le Requin

Sur ces douze unités, six étaient des sous-marins de grande patrouille de type Requin (projet C4) et six des sous-marins de moyenne patrouille de type Ondine, les premiers étant construits par les Arsenaux et les seconds par l’Industrie.

Cette première commande fût suivie de beaucoup d’autres. Ne pouvant construire de nombreux cuirassés en raison des traités, notre pays vit dans le sous-marin un moyen se doter d’une puissante marine, suffisamment dissuasive vis à vis de l’Italie, notre principal adversaire qui avait obtenu la parité à Washington en 1922.

Dans la catégorie des sous-marins de grande patrouille, la classe Requin composée de neuf sous-marins financés à la tranche 1922 et au contingent de 1923 furent complétés par l’imposante série des «1500 tonnes» soit trente et une unités que l’on peut répartir entre la classe Redoutable (M5) composée de deux unités financée à la tranche 1925 et la classe Pascal (M6) composée de vingt-neuf unités dont le financement s’est étalé sur  les tranches 1925 (sept) 1926 (cinq) 1927 (cinq) 1929 (six) et 1930 (six) mais deux ont été perdus avant le 1er septembre 1939 : le Promethée en 1932 au large de Cherbourg et le Phenix en 1939 au large de l’Indochine.

Le Casabianca, un sous-marin de 1500 tonnes type Pascal

Le Casabianca, un sous-marin de 1500 tonnes type Pascal

Aux trente-huit sous-marins de grande patrouille s’ajoutèrent des sous-marins de deuxième classe répartis en trois classes différentes :

-La classe Ondine/Sirène composée de douze sous-marins financés à la tranche 1922 (six) et     au contingent 1923 (six)

-La classe Argonaute composée de seize sous-marins financés au titre de la défense des côtes     aux contingents 1926, 1927, 1928 et 1929.

Le sous-marin Ceres de classe Minerve

Le sous-marin Ceres de classe Minerve

-La classe Amirauté (ou Minerve) composée de six sous-marins financés au contingent 1930     (quatre) et au contingent 1936 (deux).
Enfin, nous trouvons deux classes de sous-marins mouilleur de mines, la classe Saphir (six navires) financés à la tranche 1925 (deux), à la tranche 1926  1927 1929 et 1930 (un chacun) et classe Émeraude financé pour le premier d’entre-eux à la tranche 1937 et pour les trois autres à la tranche 1938 bis.

Le croiseur sous-marin Surcouf resta unique en son genre et sa mise au point interminable fût probablement à l’origine de l’abandon d’un nouveau type de sous-marin croiseur aux capacités plus réalistes (projet W) au profit de sous-marins plus «conventionnels».

Quand éclate la guerre de Pologne, notre marine nationale dispose de 77 sous-marins en service alors que de nombreux autres sont en construction pour remplacer les unités les plus anciennes comme les Requin et les Sirène.

Pour remplacer les Requin, les Redoutable et les premiers Pascal, avait été développé le projet Z2, un sous-marin à coque épaisse soudée de 1810 tonnes en surface soit trois cents tonnes de plus que les M5/6 et 700 de plus que les C4.

Ces nouveaux sous-marins de grande patrouille sont financés à la tranche 1934 (Rolland Morillot), au contingent 1937 (La Praya), à la tranche 1938 (La Martinique) et à la tranche 1938 bis (La Guadeloupe La Réunion).

Le renouvellement s’accélère avec le décret-loi du 1er avril 1940 qui finance la construction de six nouveaux submersibles (Ile de France Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen Crozet Belle-Ile).

L’impulsion est encore accélérée avec le programme naval de 1941 qui finance à  la tranche 1943 trois submersibles ( Ile d’Oleron Ile de Brehat Ile d’Aix), la tranche 1944 finance six autres submersibles (Saint Marcouf; Ile de Molène; Aber Wrach; Ile de Batz; Ile de Porquerolles et Ile d’If) et la tranche 1945 six nouveaux «1800 tonnes» (Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin Wallis et Futuna Clipperton et St Pierre et Miquelon)

26 submersibles de type Rolland Morillot sont donc commandés auxquels s’ajoutent un total de quatre sous-marins d’un type approchant mais dont les différences sont suffisamment grandes pour justifier l’existence d’une classe autonome.

En effet, la tranche 1947 des constructions navales finance la construction de quatre sous-marins de grande patrouille de type Rolland Morillot mod. Ils reprennent les noms des anciens submersibles allemands récupérés en 1920 et portant le nom de marins morts durant le premier conflit mondial (Jean Autric Jean Corre René Audry Trinité Schillemans).

A ces trente sous-marins de grande patrouille s’ajoutent deux sous-marins expérimentaux reprenant la coque des Rolland Morillot et destinés à des essais et des expérimentations mais pouvant si nécessaires mener des missions de guerre.

Financés à la tranche 1945, les Laubeuf  et Roquebert vont être les fleurons du Groupe d’Action Sous-Marine (GASM) créé en 1943 et destiné à mener à grande échelle des expérimentations techniques et tactiques.

En temps de guerre, le GASM doit récupérer le retour d’expérience des commandants pour proposer des solutions tactiques ou résoudre des problèmes techniques relevés durant les patrouilles de guerre.

Le sous-marin Aurore type Y3

Le sous-marin Aurore type Y3

Le remplacement des 600 tonnes est prévu par de nouveaux sous-marins. Comme pour les 1500 tonnes, les remplaçant des Ondine, Argonaute et Minerve étaient plus gros avec un déplacement standard de 800 tonnes.

Un premier sous-marin baptisé Aurore est financé à la tranche 1934. Il est suivi par quatre autres submersibles financés à la tranche 1937 (La Créole La Bayadère La Favorite L’Africaine), quatre autres submersibles sont financés à la tranche 1938 (L’Astrée L’Andromède L’Antigone L’Andromaque).

Deux submersibles sont financés par la tranche 1938bis (L’Artemis L’Armirde) et ces deux sous-marins sont suivis par quatre autres sous-marins financés à la tranche 1938ter (Hermione Gorgone Clorinde Cornelie)

Le 24 juin 1939, un décret autorise la construction d’un sous-marins pour remplacer le Phenix perdu en Indochine. Le modèle choisit est le Y4, une version tropicalisée du Y3. Il reprend le nom du sous-marin perdu au large de Cam-Ranh Le 29 décembre 1939, un nouveau décret finance la construction de douze submersibles qui seront du type Y4.

C’est ainsi que quand la seconde guerre mondiale éclate, notre marine dispose de 84 sous-marins soit une augmentation quantitative mais également qualitative de notre sous-marinade.