4-Le programme naval de 1941 et ses suites : un effort sans nul précédent (3)

B-Le programme naval du 14 mai 1941 et les tranches de construction suivantes

En 1924, le ministre de la marine Georges Leygues avait échoué à faire accepter un véritable statut naval à des parlementaires réticents à laisser les coudées franches aux marins. En 1941, son successeur, Jules Belley est bien décidé à faire accepter à la Chambre des Députés, un programme naval s’étalant sur plusieurs années avec des tranches bien définies.

Après trois jours de négociations, compromis et promesses diverses, le programme naval présenté par l’amiral Darlan est voté à une écrasante majorité par les députés avec 455 voix pour et 152 contre. Ce programme prévoit ainsi cinq tranches de construction, les tranches 1941, 1942,1943,1944 et 1945.

La tranche 1941 prévoit ainsi la construction des unités suivantes :

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes. La marine nationale souhaite moins remplacer les Duguay-Trouin affectés aux théâtres d’opérations secondaire que renforcer sa capacité de combat contre la marine italienne voir la marine allemande.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

-Un croiseur léger antiaérien (navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord) de 7500 tonnes. Un temps, il fût envisagé la commande de quatre croiseurs antiaériens à la place des trois autres De Grasse mais au final, un seul CLAA fût commandé pour servir de navire de commandement à l’ELN chargée de verrouiller le Pas de Calais et de soutenir la Belgique et les Pays Bas.

Plan général d’un torpilleur type Le Hardi

-Quatre torpilleurs d’escadre de classe Intrepide (Le Hardi modifié) de 1732 tonnes chacun soit environ 6928 tonnes. Les Le Hardi sont mieux adaptés que les Bourrasque et les Adroit à l’escorte des nouveaux navires de ligne et les porte-avions mais leur DCA et leur rayon d’action laisse à désirer d’où les améliorations qui donnent naissance à la classe Intrepide.

-Deux torpilleurs légers de classe Le Fier de 1100 tonnes chacun soit environ 2200 tonnes. Ces deux navires sont destinés compléter les quatorze premiers navires déjà commandés et en cours de construction afin de permettre de mettre sur pied des divisions homogènes de quatre navires. Ces navires seront baptisés Le Béarnais et Le Catalan.

-Quatre corvettes de type Flower anglais soit un déplacement total de 3800 tonnes.

-Quatre remorqueurs médians de 750cv soit 1600 tonnes

Soit un total de 30028 tonnes

La tranche 1942 prévoit la construction des unités suivantes :

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes qui doit permettre à terme de former une division de trois croiseurs soit une formidable puissance de feu (27 canons de 152mm).

-Trois contre-torpilleurs de classe Bruix de 2900 tonnes chacun soit un total de 8700 tonnes. Si les quatre Marceau sont destinés numériquement à compléter les Mogador et les Volta et que les Bayard sont destinés à remplacer les Jaguar, ces trois navires doivent remplacer nombre pour nombre trois contre-torpilleurs de classe Guépard.

-Trois torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit environ 5196 tonnes. Ces trois navires doivent commencer à remplacer les torpilleurs d’escadre les plus anciens sachant que la marine estime avoir besoin de trente-six torpilleurs d’escadre pour l’escorte des grandes unités de surface (trois porte-avions d’escadre et treize cuirassés) ce qui laisse encore vingt navires à construire.

-Six vedettes lance-torpilles commandées en Grande Bretagne aux chantiers Vosper soit environ 300 tonnes.

-Quatre canonnières fluviales de 700 tw destinés à la flottille du Rhin soit un total de 2800 tonnes

-Quatre remorqueurs de 750cv soit 1600 tonnes

Soit un total de 26196 tonnes

La tranche 1943 prévoit la construction des unités suivantes :

-Deux cuirassés de classe Alsace soit 90000 tonnes. A l’origine, ces deux cuirassés devaient remplacer le Lorraine et renforcer la ligne de bataille mais ce dernier à été refondus pour servir d’escorteurs de porte-avions, les cuirassés baptisés Flandre et Bourgogne vont renforcer la ligne de bataille de la Royale

Le HMS Colossus identique aux deux porte-avions légers français

-Deux porte-avions légers de classe Alienor d’Aquitaine commandés en Grande Bretagne soit 34000 tonnes. Ce projet privé de la firme Vickers à intéressé la marine nationale avant même la Royal Navy. Ces deux navires (non encore baptisés en mai 1941) doivent à la fois remplacer le Commandant Teste mais également renforcer les FNFEO.

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes. Ce sixième et dernier croiseur léger de classe De Grasse doit permettre avec les croiseurs financés aux tranches 1941 et 1942 de constituer une division de trois croiseurs.

-Trois contre-torpilleurs de classe Bruix  de 2900 tonnes soit un total de 8700 tonnes. Ces trois navires doivent remplacer les trois derniers contre-torpilleurs de classe Guépard et former une division de trois navires.

-Trois torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit environ 5196 tonnes. Ces navires doivent remplacer trois autres torpilleurs de classe Bourrasque.

-Trois sous-marins de grande croisière type Rolland Morillot/La Praya soit 5400 tonnes baptisés Ile d’Oleron Ile de Brehat Ile d’Aix

-Deux pétroliers caboteurs de 2500 tonnes chacun baptisés Rance et Lèze

-Quatre canonnières fluviales de 600 tonnes destinés à l’Indochine et construites par l’Arsenal d’Indochine à Saïgon

-Quatre remorqueurs médians de 750cv soit 1600 tonnes

soit un total de 152396 tonnes

La tranche 1944 prévoit la construction des unités suivantes :

-Un porte-avions de 20000 tonnes. Il doit numériquement remplacer le vieux Béarn. Il semble acquis que son design sera différent des Joffre pour lesquels certains officiers émettent des réserves importantes. L’attaché naval français à Washington aurait pu ainsi acquérir les plans austere des Yorktown et des Essex. A l’heure du vote (mai 1941), le design n’est pas arrêté.

-Six torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes soit environ 10392 tonnes. Ces six navires doivent remplacer les six derniers Bourrasque.

-Quatre torpilleurs légers de type Le Fier mod. de 1250 tonnes  chacun soit environ 5000 tonnes. Ils doivent remplacer les Melpomène qui à la mise en service des Le Fier doivent être transformés en patrouilleurs stationnaires, perdant leur canon de 100mm arrière et leur affût lance-torpilles.

-Six corvettes de type Flower anglais soit un déplacement total de 5400 tonnes. Ces navires sont destinés à compléter les aviso-dragueurs pour l’escorte des convois.

-Six vedettes lance-torpilles commandées en Grande Bretagne aux chantiers Vosper soit environ 300 tonnes.

-Deux pétroliers rapides de type La Seine soit un tonnage global d’environ 50000 tonnes. Ils doivent compléter les quatre navires déjà prévus et doivent comme eux être gréés pour le ravitaillement en mer à couple et à flèche.

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes. Ces deux navires doivent assurer le ravitaillement au mouillage des navires français en munitions quand ils sont éloignés d’une base. Ceux basés en Méditerranée doivent aussi ravitailler les dépôts d’Afrique du Nord depuis la métropole. La possibilité d’actions amphibies devraient voir l’engagement de cargos de ce type.

-Deux pétroliers caboteurs de 2500 tonnes baptisés Ardèche et Blavet

-Quatre remorqueurs de 750cv soit 1600 tonnes

soit un total de 113992 tonnes

La tranche 1945 prévoit la construction des unités suivantes :

-Quatre torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit un total de  6928 tonnes. Ces quatre navires vont remplacer nombre pour nombre les quatre premiers torpilleurs de classe L’Adroit.

-Quatre torpilleurs légers de type Le Fier mod.  de 1250 tonnes chacun soit environ 5000 tonnes. Ces navires doivent remplacer les Melpomène et épauler les Le Fier dans leur mission de combat de surface de jour comme de nuit.

-Six sous-marins type Rolland Morillot de 1800 tonnes chacun soit 10800 tonnes, sous-marins baptisés Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin Wallis et Futuna Clipperton et St Pierre et Miquelon

-Deux sous-marins spéciaux de 1600 tonnes chacun. Ces deux sous-marins doivent servir de navires expérimentaux à la fois sur le plan technique et sur le plan tactique. Ils vont être armés par le GASM

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes qui doivent mener des missions de ravitaillement et de transport.

-Deux remorqueurs de 750cv soit un total de 800 tonnes

soit un total de 39128 tonnes

C-Les tranches 1946 1947 et 1948 : toujours plus

En juillet 1944, peu après les élections législatives (toujours favorables au PSF), le ministre de la marine, Jules de Marensche présente un nouveau programme naval couvrant les tranches 1946/1947/1948/1949/1950, espérant un vote rapide.

Les députés refusent de voter un programme naval, estimant le précédent loin d’être achevé. On se retrouve ainsi dans la situation de 1924 quand la Chambre des Députés refusa de voter le statut naval, préférant des tranches annuelles.

Si le programme naval de 1941 était destiné à augmenter le tonnage de la flotte (plus que pour renouveler les navires les plus anciens), les tranches navales à venir sont destiné à remplacer les navires dépassés ou usés.

La tranche 1946 finance ainsi la construction des unités suivantes :

-Un croiseur lourd type Saint Louis modifié de 15000 tonnes. Il est commandé pour contrer la commande par l’Italie d’un nouveau croiseur lourd après les trois croiseurs commandés en riposte à la commande des Saint Louis

-Un croiseur léger type C6 de 8000 tonnes. Il doit remplacer numériquement le Lamotte-Picquet (désarmé en 1946). Son armement devrait être différent des De Grasse soit des canons de 130mm pour en faire un nouveau CLAA ou des canons de 152mm plus modernes que ceux des De Grasse.

-Quatre torpilleurs de classe Intrepide Mod.  de 1800 tonnes chacun soit un total de 7200 tonnes qui doivent remplacer quatre autres torpilleurs de classe L’Adroit.

-Quatre torpilleurs légers de classe Le Fier mod. de 1250 tonnes chacun soit un total de 5000 tonnes, navires qui doivent remplacer les quatre derniers Melpomène.

-Un ravitailleur de sous-marin de 8000 tonnes, l’Atlantide

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis soit un total de 3200 tonnes

soit un total de 46100 tonnes

La tranche 1947 finance la construction des unités suivantes :

-Un cuirassé de type Province amélioré (47000 tonnes), le futur Languedoc

-Six contre-torpilleurs de type Bruix destinés à augmenter le tonnage de la flotte de 2900 tonnes chacun soit un total de 17400 tonnes

-Quatre sous-marins océaniques de type Rolland Morillot modifiés soit un total de 7200 tonnes. Les modifications sont ou seront issus des essais menés par le GASM.

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes qui doivent mener des missions de ravitaillement et de transport.

Soit un total de 90800 tonnes

La tranche 1948 (qui se révéla in fine être la dernière du temps de paix) finance la construction des unités suivantes :

-Deux croiseurs légers type C6 de 8000 tonnes destinées à remplacer les deux unités survivantes de la classe Duguay-Trouin

-Quatre torpilleurs d’escadre type Intrépide Mod. de 1950 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

Soit un total de 27000 tonnes

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4-Le programme naval de 1941 et ses suites : un effort sans nul précédent

A-Une flotte en expansion

Avant-propos

Depuis le 18 mars 1922 et le vote au Sénat d’un programme naval prévoyant la construction de trois croiseurs légers, de six contre-torpilleurs et de douze torpilleurs, la France à investit de manière significative dans une puissante marine de guerre.

Faute d’une industrie suffisamment développée et d’une volonté politique parfois faiblissante, l’investissement à été erratique, alternant des années où les tranches de construction navale étaient généreuses (par exemple le budget 1926 finança la construction de 57850 tonnes) et d’autres où il n’y avait que quelques navires (budget 1928, deux sous-marins soit 2258 tonnes) voir pas de constructions du tout comme en 1933.

La fin des années trente voit néanmoins la France réinvestir massivement dans sa marine de guerre en raison d’une guerre chaque jour plus menaçante et de la nécessité de remplacer les navires construits juste après le premier conflit mondial.

La première réaction de la France à lieu lors du vote du budget 1935 avec le financement de trois avisos de classe Chamois, de deux torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi et surtout du cuirassé de 35000 tonnes Richelieu soit 75510 tonnes.

Le budget 1936 (contingent du 31 décembre 1935 et tranche du 8 avril 1936) financent la construction de deux sous-marins de classe Minerve, de quatre avisos de classe Élan, de trois torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi, du bâtiment-cible Impassible et de deux pétroliers de classe Adour soit 19910 tonnes.

C’est cependant à partir de 1937 que la France va multiplier le financement des constructions pour renforcer la flotte et commencer à renouveler les rangs d’une marine qui conçue à l’origine pour combattre les italiens en Méditerranée devait maintenant se frotter aux allemands, l’amiral Darlan estimant possible une «nouvelle bataille du Jutland».

Pour l’année 1937, le Parlement vote une tranche de 43211 tonnes (tranche du 31 décembre 1936 et contingent du 31 décembre 1937) avec le croiseur léger De Grasse, deux torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi, quatre torpilleurs légers type Le Fier, quatre sous-marins classe Aurore, un sous-marin mouilleur de mines classe Émeraude, deux avisos coloniaux classe Bougainville, de six avisos de classe Elan, de quatre ravitailleurs d’hydravions de classe Sans Souci, d’un pétrolier de classe Adour et de douze chasseurs de sous-marins type CH1.

Pour l’année 1938, le Parlement vote le plus gros budget de construction navale avec 233818 tonnes répartis en cinq «tranches». La tranche de 1938 votée à la Chambre des Députés le 31 décembre 1937 voit le financement de la construction des porte-avions Joffre et Painlevé, du croiseur léger Guichen de classe De Grasse, trois torpilleurs de classe Intrépide (Le Hardi modifié), trois torpilleurs légers classe Le Fier et un sous-marin de classe Rolland Morillot.

La tranche 1938bis votée le 2 mai 1938 voit le financement de la construction des cuirassés Clemenceau et Gascogne, du croiseur léger Chateaurenault de classe De Grasse, de cinq torpilleurs  de classe Intrépide, de cinq torpilleurs légers Le Fier, de deux sous-marin de classe Rolland Morillot, de deux sous-marins de classe Aurore, de trois sous-marins mouilleurs de mines de classe Émeraude, d’un aviso colonial de classe Bougainville, de quatre avisos de classe Chamois, de six ravitailleurs d’hydravions de classe Goéland, de trois pétroliers de classe Adour et de quatre chasseurs de sous-marins.

Cette tranche est modifiée le 13 avril 1939 avec le remplacement de quatre des cinq torpilleurs de classe Intrépide par trois contre-torpilleurs de classe Marceau, l’ajout de trois chasseurs de sous-marins et l’annulation de l’aviso colonial.

Les décrets lois du 2 mai 1938 et du 31 décembre 1938 financent la construction de quatre pétroliers rapides classe La Seine, financés au titre du plan national de ravitaillement en combustibles.

Enfin la tranche 1938 bis complémentaire (ou 1938ter) finance la construction d’un contre-torpilleur de classe Marceau (destiné à compléter les Mogador et Volta en permettant la mise sur pied de deux divisions avec les trois navires d’avril 1939), de deux torpilleurs légers de classe Le Fier, de quatre sous-marins de classe Aurore, d’un aviso colonial Bougainville, de trois avisos de classe Chamois, de quatre corvettes classe La Malouine et de huit patrouilleurs de classe La Cancalaise.

L’année 1939 voit le vote par le parlement d’une tranche moins importante que celle de l’année passée qui était à dire vrai exceptionnelle avec 39114 tonnes.

Le décret loi du 24 juin 1939 autorise la construction d’un sous-marin de type Y4 classe Phénix, sous-marin qui reprend le nom d’un sous-marin de type Redoutable perdu par accident en Indochine.

Il est suivit le 11 novembre par un deuxième décret qui autorise la construction de 12 aviso-dragueurs de classe Chamois et de 18 corvettes de classe La Malouine et le 29 décembre 1939 par un troisième décret qui autorise la construction de 12 sous-marins de type Y3 (classe Vendémiaire) et d’un second sous-marin de type Y4 de classe Phénix.

Enfin, l’année 1940 voit le financement d’une autre importante tranche de construction navale (167513 tonnes) avec tout d’abord la décision prise le 19 février 1940 de commander aux Etats-Unis six patrouilleurs ASM de type L’Algéroise.

Elle anticipe sur le décret-loi du 1er avril 1940 qui autorise la construction des deux premiers cuirassés de classe Alsace, de trois croiseurs de classe Saint Louis, de six contre-torpilleurs de type Marceau (bientôt rebaptisés Bayard), de trois torpilleurs de classe Intrépide, de six sous-marins de classe Rolland Morillot et de cinq remorqueurs de type Buffle.

Néanmoins, en raison de nombreux goulets d’étranglement, les différentes tranches de construction prendront un retard assez conséquent en dépit de l’augmentation des capacité de construction des chantiers et des Arsenaux.

 Situation de la flotte au 1er juin 1940 : les navires

 Porte-avions

 

Le porte-avions Béarn dans sa configuration finale

-Porte-avions Béarn : basé à Brest, le premier porte-avions français est reclassé ravitailleur et transport d’hydravions. Son groupe aérien à été mis à terre en septembre 1939 et va servir d’encadrement aux groupes aériens des futurs porte-avions en construction (Joffre et Painlevé). Il va transporter des avions américains en France mais son désarmement est prévu pour 1943 au plus tard.

Le transport d’hydravions Commandant Teste en 1937

-Transport d’hydravions Commandant Teste : basé à Toulon, il sert de transport d’aviation, renforçant notamment les groupes aériens dans les colonies. Sa transformation en navire-atelier est sérieusement envisagée.

 Cuirassés

Le cuirassé Courbet en 1938

Courbet : Forme la 3ème Division de Ligne avec le Paris, division basée à Brest. Son désarmement est prévu à l’admission au service actif du Richelieu prévue pour janvier 1941

Paris : Forme la 3ème Division de Ligne avec le Courbet, division basée à Brest. Son désarmement est prévu pour fin 1941-début 1942 quand le Jean Bart sera admis au service actif.

Cette 3ème DL est plus une division d’instruction qu’une réelle unité combattante. Néanmoins avec l’apport de personnels supplémentaires, il suffirait de quelques jours pour que ces deux cuirassés soient réarmés à effectifs de guerre.

Océan (ex-Jean Bart) :  démilitarisé depuis 1937, sert de ponton-école à Toulon sans pouvoir reprendre la mer.

Le cuirassé Bretagne à Toulon le 02 août 1939

Bretagne : profondément refondu à Brest entre 1940 et 1943 suivant des modalités semblables à celle des cuirassés italiens de classe Caio Diuilio et Andrea Doria. Il va assurer l’escorte du porte-avions  basé à Mers-El-Kebir.

Provence : Doit entrer en refonte à Brest en 1942 pour des travaux dont l’achèvement est prévu pour 1945. Il sera ensuite basé à Toulon. Il va assurer la protection du porte-avions intégré à la Flotte de de la Méditerranée.

Lorraine : En service en juin 1940. Elle doit subir à Brest ou à Cherbourg une refonte similaire à celle de ses sister-ship entre 1942 et 1945. Il sera intégré à la Flotte de l’Atlantique.

Croiseur de bataille Dunkerque au mouillage

Dunkerque : 1ère division de ligne basée à Toulon

Strasbourg :  1ère division de ligne basée à Toulon

Croiseurs lourds

Croiseur lourd Tourville

Tourville : 5ème DC avec son sister-ship Duquesne basé à Toulon

Duquesne : 5ème DC avec son sister-ship Tourville basé à Toulon

Les deux croiseurs lourds les plus anciens seront déployés en outre-mer après l’admission au service actif des Saint Louis.

Le croiseur lourd Suffren en 1936

Suffren :  1ère DC en compagnie du Dupleix à Toulon

Colbert : 3ème DC en compagnie du Foch à Brest

Foch : 3ème DC en compagnie du Colbert à Brest

Dupleix : 1ère DC en compagnie du Suffren à Toulon

Le croiseur lourd Algérie

Algérie : hors rang navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée

 Croiseurs légers

Croiseur léger Lamotte-Picquet en 1932

-Lamotte-Picquet : Saïgon

-Duguay-Trouin : Lorient

-Primauguet : Dakar

-Jeanne d’Arc : Fort de France

Le croiseur léger Emile Bertin à Calais le 22 juillet 1938

Emile Bertin : Bizerte (navire-amiral de la 4ème escadre légère)

 La Galissonnière : 2ème DC basée à Bizerte

Jean de Vienne : 2ème DC basée à Bizerte

 La Marseillaise : 2ème DC basée à Bizerte

Croiseur léger La Gloire en 1937

Gloire : 4ème DC basée à Brest

Montcalm : 4ème DC basée à Brest

Georges Leygues : 4ème DC basée à Brest

Contre-torpilleurs

Le contre-torpilleur Jaguar

-Classe Jaguar : Jaguar Panthère Léopard Lynx Chacal Tigre

Le contre-torpilleur Guépard en 1930-31

-Classe Guépard : Guépard Bison Lion Vauban Valmy Verdun

Le contre-torpilleur Albatros

-Classe Aigle : Aigle Vautour Albatros Gerfaut Milan et Epervier

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé

-Classe Vauquelin :  Vauquelin Tartu Chevalier Paul, Maillé-Brézé Kersaint et Cassard

Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1937

-Classe Le Fantasque : Le Fantasque L’Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant L’Indomptable

Le contre-torpilleur Volta à la mer

-Classe Mogador/Marceau : Mogador Volta (en attendant Marceau, Desaix, Kléber et Hoche)

Au 1er juin 1940, les trente-deux contre-torpilleurs de la marine nationale sont répartis de la façon suivante :

-1ère DCT (Bizerte) Vauban Lion Aigle

-2ème DCT (Brest) Jaguar Chacal Léopard

-3ème DCT (Bizerte) Guépard Verdun Valmy

-4ème DCT (Toulon) Tigre Lynx Panthère

-5ème DCT (Toulon) Tartu Vauquelin Chevalier-Paul

6ème DCT (Toulon) Mogador Volta

-7ème DCT (Toulon) Vautour Albatros Gerfaut

-9ème DCT (Toulon) Maillé-Brézé Kersaint Cassard

-8ème DCT (Brest) Le Triomphant L’Indomptable Le Malin

-10ème DCT (Brest) Le Fantasque Le Terrible L’Audacieux

-11ème DCT (Bizerte) Bison Epervier Milan

Comme nous pouvons le voir, les contre-torpilleurs ne sont pas répartis en fonction de leur classe mais la décision à été prise que pour le 1er janvier 1942, chaque classe de contre-torpilleurs formera deux divisions de trois navires. Une nouvelle division sera créée avec trois contre-torpilleurs de classe Mogador/Morceau.

Le 8 juin 1940, le contre-torpilleur Maillé-Brézé est gravement endommagé par l’explosion d’une torpille alors qu’il est au mouillage en grande rade à Toulon. Le navire coule droit. Il est relevé en février 1941 et démantelé.

Torpilleurs d’escadre

Le torpilleur d’escadre Bourrasque

-Classe Bourrasque : douze navires financés à la tranche 1922 du programme naval : Simoun Siroco Tempête Bourrasque Orage Ouragan Cyclone Mistral Trombe Tramontane Typhon Tornade

Torpilleur d’escadre L’Adroit

-Classe L’Adroit : quatorze navires financés à la tranche 1924 (L’Adroit L’Alcyon Le Mars Le Fortuné La Palme La Railleuse) à la tranche 1925 (Brestois Boulonnais Basque Bordelais) et à la tranche 1926 (Forbin Frondeur Fougueux Foudroyant)

Le 23 février 1940, le torpilleur La Railleuse est victime lui aussi de l’explosion de ses torpilles, coulant droit à Casablanca alors qu’il était en escale. Il coule droit. L’épave sera relevée en 1944 et démantelée.

Ces vingt-cinq torpilleurs sont répartis de la façon suivante :

-Flotte de l’Atlantique : 1ère escadre 2ème flottille de torpilleurs 2ème DT Fougueux Frondeur L’Adroit 4ème DT Bourrasque Ouragan Orage 5ème DT Brestois Foudroyant Boulonnais 6ème DT Cyclone Siroco Mistral

-Flotte de la Méditerranée : 1ère flottille de torpilleurs 1ère DT La Palme Le Mars La Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun 7ème DT Tramontane Typhon Tornade

-Force de Raid (Bizerte Mers-El-Kebir) 3ème flottille de torpilleurs 8ème DT Bordelais Trombe L’Alcyon 9ème DT Forbin Basque.

-Aucun torpilleur de classe Le Hardi n’est encore en service le 1er juin 1940, le navire tête de série achevant à cette date ses ‘essais à la mer.

Torpilleurs légers

Torpilleur La Bayonnaise

-Classe Melpomène : (loi de finances du 31 mars 1931) La Melpomène La Flore La Pomone L’Iphigénie (loi de finances du 10 juillet 1931) La Bayonnaise La Cordelière L’Incomprise La Poursuivante (Loi des finances du 31 mars 1932) Bombarde Branlebas Bouclier Baliste.

Ces douze torpilleurs sont répartis en quatre divisions de torpilleurs : la 14ème DT formée par les Bouclier La Melpomène La Flore basée à Lorient, la 11ème DT formée par la La Cordelière L’Incomprise et le Branlebas basée à Cherbourg ou à Dunkerque, la 13ème DT formée par la Baliste La Bayonnaise et La Poursuivante basée à Toulon et la 12ème DT formée par les La Pomone la Bombarde et L’Iphigénie basée à Bizerte.

-Aucun torpilleur de classe Le Fier (1010 tonnes) n’est en service au 1er juin 1940, les trois premiers en construction à Nantes (Le Fier l’Agile L’Entreprenant) étant en achèvement à flot.

Sous-marins

Le croiseur sous-marin Surcouf

*Sous-marin de grande croisière Surcouf : désarmement prévu pour 1942 après que plusieurs projets  de transformation eurent échoués (sous-marin de transport, sous-marin porte-hydravions après débarquement de la tourelle double de 203mm)

Sous-marin Dauphin

*Sous-marin de classe Requin (1100 tonnes) Requin Souffleur Morse Naval Marsouin Dauphin Caïman Phoque Espadon. Les sous marins de classe Requin étaient intégrés au sein de la 5ème escadrille dépendant du préfet maritime de la 4ème région (Bizerte).

Ces neuf sous marins étaient regroupés entre la 9ème Division de Sous Marins (Caïman Morse Souffleur) la 10ème DSM (Phoque Dauphin Espadon) et la 11ème DSM (Marsouin Narval Requin). Ces sous-marins doivent être remplacés rapidement par les Rolland Morillot en cours de construction.

Sous-marin Casabianca

*Sous-marin de classe Redoutable (1500 tonnes) Redoutable, Vengeur, Pascal, Pasteur, Henri Poincaré, Poncelet, Archimède, Fresnel, Monge, Achille, Ajax, Actéon, Acheron, Argo, Persée, Protée, Phenix (perdu le 15 juin 1939), Espoir, Glorieux, Centaure, Héros, Conquérant, Tonnant, Agosta, Bévéziers, Ouessant, Sidi-Ferruch, Sfax et Casabianca.

L’Escadre de l’Atlantique dispose de seize sous-marins de 1500 tonnes avec la 2ème DSM (Casabianca Achille Sfax Pasteur), la 4ème DSM (Le Centaure Pascal Argo Henri Poincaré), la 6ème DSM (Persée Ajax Poncelet Archimède) et la 8ème DSM (Agosta Bévéziers Ouessant Sidi Ferruch). Ces quatre divisions sont basées à Brest.

L’Escadre de la Méditerranée dispose de deux escadrilles de sous marins, la 3ème et la 5ème escadrille regroupées au sein de la 1ère flotille, la 3ème ESM regroupant les sous marins de 1500 tonnes et la 5ème escadrille des sous marins de 600 tonnes.

La 3ème escadrille dispose ainsi de la 1ère DSM (Le Héros Le Glorieux Le Conquérant Le Tonnant), de la 3ème DSM (Protée Actéon Achéron Fresnel) et de la 5ème DSM (Espoir Pégase Monge)

Les sous-marins Redoutable et Vengeur sont basés à Cherbourg sous le commandement de Premar I, formant la 7ème DSM.

 

Sous-marin Argonaute

*Sous-marins de classe Sirène (600 tonnes) Ces douze navires sont financés à la tranche 1922 (Ondine perdu en 1928, Ariane, Sirène, Naïade, Circé, Calypso) et au contingent 1923 (Eurydice Danae Galatée Nymphe Thétis et Doris).

Ces sous marins sont tous basés en Méditerranée au sein de la Flotte de la Méditerranée

-A Toulon, nous trouvons la 13ème DSM (Division de Sous Marins) dépendant de la 5ème escadrille de sous marin et composé du Thetis, du Doris, du Circé et du Calypso.

-A Mers El Kebir, nous trouvons la 14ème DSM (Division de Sous Marins) dépendant de la 2ème escadrille de sous marin et composé de l’Eurydice, du Danaé, de l’Ariane et de la Diane d’une autre sous-classe.

-Les sous marins Sirène, Naïade et Galatée dépendent eux du préfet de la 3ème région maritime (Premar III) et formeraient avec l’Argonaute, la 19ème DSM en cas de conflit.

*Sous-marins classe Argonaute (630 tonnes). Ces seize navires sont financés au contingent 1926 (Argonaute Aréthuse Diane Méduse), au contingent 1927 (Amphitrite Antiope Amazone Atalante), au contingent 1928 (Orphée Oréade Orion Ondine) et au contingent 1928 (Le Psyché La Sibylle La Vestale et La Sultane).

Ces 16 sous marins sont répartis entre les forces de régions et les escadres :

-Le préfet de la 1ère Région Maritime basé à Cherbourg dispose sous ses ordres des sous marins Antiope, Amazone, Orphée et Sibylle qui formeraient en cas de guerre la 16ème DSM

-Le préfet de la 3ème région maritime basé à Toulon dispose sous ses ordres de l’Argonaute qui avec trois sous marins de classe Sirène ( Galatée Naïade Sirène) qui formeraient en cas de la guerre la 19ème DSM.

-Le préfet de la 4ème région maritime basé à Bizerte dispose sous ses ordres de l’Aréthuse, de l’Atalante, de la Vestale et de la Sultane qui formeraient en cas de guerre la 17ème DSM.

-A Mers El Kebir dispose de la 2ème escadrille de sous marins et au sein de la 2ème ESM, la 14ème DSM qui dispose du Diane accompagné par trois sous marine de type Sirène (Danaé Ariane Eurydice), la 18ème DSM est composé de quatre classe Argonaute (Psyché Méduse Oréade Amphitrite ) et la 12ème DSM dispose des deux derniers Argonaute, les Orion et Ondine complétés par deux sous marins de type Amirauté (Minerve et Junon)

*Sous-marins de classe Amirauté (type 630 tonnes) Les six sous-marins de cette classe sont financés au contingent 1930 (Minerve Junon Vénus Iris) et au contingent 1936 (Pallas Cérès) et sont basés en Méditerranée.

Les Venus, Iris, Pallas et Cerès forment la 15ème DSM basée à Toulon au sein de la 5ème escadrille tandis que les Minerve et Junon forment la 12ème DSM (avec les Orion et Ondine de type Argonaute) intégrés à la 2ème escadrille de sous marins, escadrille elle même rattachée à la Force de Raid et basée à Mers El Kebir.

Les sous-marins de 600 tonnes et approchant doivent être remplacer par les Aurore/Phenix. Au 1er juin 1940, seul l’Aurore est pour ainsi dire en service, les autres étant seulement en construction.

 

sous-marin mouilleur de mines Rubis

*Sous-marins mouilleurs de mines classe Saphir : Ces six submersibles construits à l’Arsenal de Toulon sont financés au contingent 1925 (Saphir Turquoise), au contingent 1926 (Nautilus), au contingent 1927 (Rubis), au contingent 1929 (Diamant) et au contingent 1930 (Perle).

Les sous marins Diamant et Perle dépendent du préfet de la 3ème région maritime (Premar III) et sont basés à Toulon où ils formeraient en cas de guerre la 21ème DSM. Les sous marins Turquoise, Rubis, Saphir et Nautilus sont basés à Bizerte où ils dépendent du préfet de la 4ème région maritime (Premar IV), formant en cas de conflit la 20ème DSM.

-Les Emeraude sont encore en construction en juin 1940.