Etats-Unis (35) croiseurs légers (3)

Croiseurs légers classe Brooklyn

USS Brooklyn 2

USS Brooklyn

Avant propos

Le traité de Washington (1922) avait stoppé la course aux armements entre Washington et Tokyo mais n’avait pas éteint la rivalité entre américains et japonais qui considéraient le Pacifique comme leur zone d’influence naturelle.

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Etats-Unis (23) porte-avions (4)

Porte-avions moyens classe Essex

USS Essex (CV-9) WWII grande photo

USS Essex (CV-9)

Vous avez-dit chef d’oeuvre ?

Le 31 décembre 1936, le traité de Washington de 1922 à expiré suite aux dénonciations de la France et du Japon fin 1934.

La fin des limitations de ce traité ainsi que la non-application réelle et sérieuse des traités de Londres de 1931 et 1936 permet aux architectes navals des deux pays d’avoir les coudées franches pour réaliser des navires plus puissants et plus efficaces.

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Etats-Unis (18) Cuirassés et croiseurs de bataille (4)

Cuirassés classe Iowa

USS Iowa New York juillet 1943.jpg

Le USS Iowa (BB-61) peu après sa mise en service

Enfin des cuirassés vraiment rapides

Alors que le traité de Washington à gelé les constructions (mais pas les études) des cuirassés, un nouveau navire se fait une place au sein de l’US Navy à savoir le porte-avions.

L’utilité de l’avion dans la guerre navale à été démontrée mais l’utilité des «ponts-plats» pas encore, le cuirassé restant l’arme reine du combat naval.

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Etats Unis (17) Cuirassés et croiseurs de bataille (3)

Cuirassés classe North Carolina

USS North Carolina 6

Un long chemin vers de nouveaux cuirassés

Sans la signature du traité de Washington le 6 février 1922, les américains auraient disposé d’un impressionnant corps de bataille avec six South Dakota, quatre Colorado soit dix cuirassés armés de canons de 16 pouces auxquels il fallait ajouter six croiseurs de bataille armés de huit canons de 16 pouces plus tous les superdreadnought armés de canons de 14 pouces (deux Tennessee, les trois New-Mexico, les deux Pennsylvania, les deux Nevada et les deux New-York), les dreadnought auraient probablement été désarmés ce qui aurait quand même laissé à l’USN un total de 27 cuirassés !

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Etats-Unis (15) Cuirassés et croiseurs de bataille (1)

CUIRASSES ET CROISEURS DE BATAILLE

Avant-propos

Sans la fougue de l’amiral Fisher, le cuirassé à artillerie monocalibre, le all big gun battleship aurait hérité du nom de Michigan, le Michigan (BB-27) et le South Carolina (BB-26) étant mis sur cale avant le HMS Dreadnought mais mis en service ultérieurement.

USS Michigan 4

Le USS Michigan (BB-27)

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Grande-Bretagne (30) Croiseurs lourds (1)

CROISEURS LOURDS

Avant-propos

La majorité des systèmes d’armes sont issue d’une évolution lente et rapide sous l’influence du retour d’expérience et de l’amélioration des techniques et des technologies. Il existe pourtant des générations spontanées, des systèmes d’armes apparus sans longue préparation.

C’est le cas des croiseurs lourds, des heavy cruiser, des croiseurs de 1ère classe, des navires de 8 à 10000 tonnes armés d’un nombre variable de canons de 203mm ou 8 pouces pour suivre les mesures anglo-saxonnes.
A l’origine de cette “génération spontanée” figure le traité de Washington signé le 6 février 1922 après trois mois de réunion.
La conférence de Washington s’est réunie en novembre 1921 à l’initiative de la Grande Bretagne incapable de suivre le rythme imposé par le Japon et les Etats Unis engagés dans une course au cuirassé/croiseur de bataille pour contrôler le Pacifique.
Ce premier traité de limitation des armements navals interdit sauf exception la construction de cuirassés, le cuirassé étant définit comme un navire de plus de 10000 tonnes armés de canons de 203 à 406mm.
Toutes les marines majeures et certaines marines secondaires comme la marine espagnole vont construire des croiseurs lourds armés de six à dix canons de 203mm en tourelles doubles.
Les premiers croiseurs lourds sont des navires rapides, lourdement armés et peu protégés. Un navire étant souvent un compromis imparfait entre vitesse, armement et protection, cette première génération de croiseurs lourds à sacrifié la protection au profit des deux autres facteurs.
La seconde génération revient à de plus sages proportions avec une vitesse moins élevée, une protection plus sérieuse et un armement moins important (un ou deux canons de 8 pouces en moins).
Et la Grande-Bretagne dans tout ça ? Le croiseur lourd à été en partie conçu en partant des croiseurs lourds de classe Hawkins.

Les Hawkins (ici le navire éponyme) étaient armés de sept canons de 190mm

Les Hawkins (ici le navire éponyme) étaient armés de sept canons de 190mm

Ces cinq croiseurs (quatre achevés comme croiseurs, un cinquième achevé en porte-avions léger) armés de sept canons de 190mm en affûts simples sous masque ont été construits pour lutter contre les croiseurs auxiliaires allemands s’attaquant aux navires alliés sur les océans même si les croiseurs furent mis en service après guerre.
Pour éviter de mettre à la casse ces navires, les britanniques réussirent à obtenir que ces navires servent de base de calcul pour ces nouveaux navires.
En dépit de cela, les croiseurs lourds ne furent jamais aimés par les britanniques. Ils étaient trop gros, trop chers pour leurs besoins très importants.
Si les américains et les japonais avaient besoin de navires lourds pour la “bataille décisive” imaginée par les belligérants pour le contrôle du Pacifique, les britanniques avaient besoin de navires nombreux et endurants pour patrouiller sur les routes commerciales interminables reliant la métropole aux colonies et aux dominions.
Résultat après la construction de quinze navires (treize type County et deux de classe York), les britanniques cessent de construire des croiseurs lourds privilégiant les croiseurs légers.

Seulement voilà, les autres pays continuent de construire des croiseurs lourds. Comme il était hors de question que la Royal Navy se retrouve en infériorité, la construction de croiseurs lourds est reprise avec huit croiseurs lourds classe Admiral (six seulement en service en septembre 1948).
Croiseurs lourds classe Hawkins

Traquer les raiders allemands

A l’origine des Hawkins figure un projet de 1912 baptisé “Atlantic Cruiser” (croiseur Atlantique), des navires devant être armées de canons de 190 et de 152mm pour contrer les croiseurs allemands censés être armés de canons de 170mm.
Ce projet n’aboutit pas et les nouveaux croiseurs sont d’abord conçus comme une version dérivée des Town.
Quand le premier conflit mondial éclate, les allemands lancent une guerre de course contre le trafic commercial britannique avec des croiseurs auxiliaires. La Royal Navy ressentit le besoin de croiseurs rapides à long rayon d’action plus que de croiseurs cuirassés ou de croiseurs protégés, des concepts de toute façon obsolètes.
Les futurs Hawkins furent des croiseurs légers élargis pour recevoir un armement principal finalement unique avec sept canons de 190mm (7.5 pouces).
Cinq croiseurs de ce type furent commandés mais seulement quatre furent achevés comme croiseurs, le cinquième étant achevé comme porte-avions léger.
Arrivés trop tard pour participer au premier conflit mondial, les Hawkins furent sauvés du ferraillage en servant de base de calcul pour les limites du traité de Washington, les croiseurs type Washington étant issus des Hawkins.
Ces navires sont en service en septembre 1939 mais ne le seront plus neuf ans plus tard, étant en réserve prêts à être réarmés si besoin est.
Carrière opérationnelle

Le HMS Hawkins

Le HMS Hawkins

-Le HMS Hawkins est mis sur cale à l’Arsenal de Chatham le 3 juin 1916 lancé le 1er octobre 1917 et mis en service le 19 juillet 1919.
Après avoir passé la première partie de sa carrière en Extrême-Orient, le Hawkins rentre en métropole pour subir une refonte. Il est ensuite mis en réserve de mai 1930 à 1932, réarmé pour servir à l’East Indies Station jusqu’en avril 1935 quand il est mis en réserve.

Il est ensuite transformé en navire-école pour permettre à la Royal Navy de respecter le traité de Londres qui interdisait pendant une certaine période la construction de tout croiseur ayant des canons d’un calibre supérieur à 155mm.

Quand la guerre de Pologne, décision est prise de le réarmer pour des patrouilles anti-raider mais le conflit s’achève avant que les travaux soient menés à terme. Il reste navire-école pour la formation des marins et des futurs officiers, opérant depuis Chatham.
Il est à nouveau mis en réserve en septembre 1947 avec un noyau d’équipage mais son réarmement est hautement hypothétique.

Le HMS Raleigh

Le HMS Raleigh

-Le HMS Raleigh est mis sur cale aux chantiers navals William Beardmore & Company de Dalmuir le 4 octobre 1916 lancé le 28 août 1919 et mis en service en juillet 1921.
Sa carrière est extrêmement brève puisqu’il est perdu par échouage le 8 août 1922 sur les côtes du Labrador. L’épave est démolie sur place en septembre 1926.

Le HMS Frobisher

Le HMS Frobisher

-Le HMS Frobisher est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 2 août 1916 lancé le 20 mars 1920 et mis en service le 3 octobre 1924.
Il est affecté en Méditerranée de 1924 à 1926 puis à la China Station en 1926 avant un carénage en 1927 suivit d’un second en 1929. En novembre 1930, il est mis en réserve puis transformé en navire-école, rôle qui l’occupe de 1932 à 1939. Durant la guerre de Pologne, il est déployé dans l’Océan Indien pour servir d’escorteur et lutter contre les raiders allemands.
Le conflit terminé, il subit un grand carénage de mars 1940 à janvier 1941 avant de redevenir navire-école avec Devonport comme port d’attache. Il assure ce rôle jusqu’en mars 1948 quand il est mis en réserve. Son réarmement est très hypothétique.

Le HMS Effingham

Le HMS Effingham

-Le HMS Effingham est mis sur cale à l’Arsenal de Portsmouth le 2 avril 1917 lancé le 8 juin 1921 et mis en service le 9 juillet 1925.
De 1925 à 1932, il sert en Extrême-Orient avant de rentrer en Métropole où il est réduit au statut de navire de réserve. En 1937/38, il est transformé en croiseur léger avec neuf canons de 6 pouces en remplacement de ses canons de 7.5 pouces.

Durant la guerre de Pologne, il patrouille en mer du Nord à la recherche de croiseurs auxiliaires et de raiders allemands. Le conflit terminé, il sert de navire-école au profit des réservistes jusqu’en septembre 1948.
Quand le second conflit mondial, décision est prise de le maintenir en service. Il rallie donc l’Arsenal de Rosyth pour subir une importante refonte. Il manque donc la campagne de Norvège même si un bombardement allemand l’endommage (une bombe de 250kg à l’avant, souffle et éclats causé par une autre bombe tombée à proximité) le 9 septembre 1948.

Le HMS Vindictive

Le HMS Vindictive

Le cinquième croiseur de classe Hawkins baptisé Cavendish va finalement être achevé comme porte-avions.
Il est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 26 juin 1916. Lancé le 17 janvier 1918, il est rebaptisé Vindictive le 29 juin 1918 et mis en service comme porte-avions en octobre 1928.

Le Vindictive est à nouveau transformé en croiseur en 1923/25, est déployé en 1926 en Extrême-Orient avant de revenir en métropole en mars 1928. Il est mis en réserve en 1929 mais réarmé occasionnellement. En 1936/37, il devient navire-école pour respecter les limitations du traité de Londres.
Il à nouveau transformé, cette fois en navire-atelier en 1940 mais en 1946, il intègre le Training Squadron stationné à Portsmouth en compagnie notamment du HMS Emerald et du HMS Commander Edward Dunning.

Caracteristiques Techniques
Déplacement : standard 9750 tonnes pleine charge 12190 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 184m (172m entre perpendiculaires) largeur 18m tirant d’eau 5.26m

Propulsion : quatre groupes de turbines Parson ou Brown-Curtis sur les Frobisher et Effingham alimentées en vapeur par dix chaudières Yarrow dévellopant 70000ch et entrainant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale 31 noeuds (30 noeuds pour le Hawkins) distance franchissable 5400 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : ceinture blindée de 76mm au milieu du navire pont blindé 20mm bouclier 20 à 40mm

Armement : sept canons de 7.5 pouces (190mm) en affûts simples sous bouclier, trois canons de 4 pouces (sauf le Hawkins qui disposait de quatre canons de 76mm), quatre canons de 3 pouces supplémentaires pour le Hawkins et pour les autres, deux Pom-Pom simples et six tubes lance-torpilles de 533mm (deux sous-marins et quatre de surface)

Aviation : aucune sauf pour le Vindictive

Equipage : 712 officiers et marins (750 en navire-amiral)

Croiseurs lourds classe County

Genèse

Du temps de la marine à voile, aux côtés des escadres de navires de ligne, véritables forêts de bois, de toile et de cordages armées par des milliers d’hommes figuraient des navires plus petits comme les bricks ou les frégates. Ces dernières qui pouvaient être solidement armées (comme les frégates à 44 canons de la Continental Navy) étaient chargées des liaisons, de la protection du trafic commercial et de l’attaque du trafic ennemi.
L’apparition de la construction en fer associé à la vapeur provoqua la mutation de la frégate en croiseur, ce groupe donnant naissance à différentes espèces, des croiseurs-éclaireurs, des croiseurs protégés, des croiseurs cuirassés.
Cette dernière catégorie dont la France peut en revendiquer légitimement la paternité est l’ancètre directe des croiseurs lourds type Washington, la vitesse en moins, les armoured cruiser étant lents là où les heavy cruiser étaient rapides et véloces.

Ce type de navire ne fût jamais considéré comme satisfaisant, jugé trop gros pour la Royal Navy pour patrouiller sur ses interminables lignes de communication et trop peu puissant pour les américains et les japonais, l’US Navy surnomant ses croiseurs lourds « Thinclad Battleship » ou cuirassés en fer blanc.
Néanmoins une règle dans le domaine militaire impose de s’équiper d’un matériel si au moins une armée en possède. Comme le Japon à été le premier à construire des croiseurs lourds, les autres marines doivent suivre ce chemin en dépit de leur répugnance.
La classe County va se composer au final de treize navires répartis en trois sous-classes, le type Kent (sept navires), le type London (quatre navires) et le type Norfolk composé de deux seulement deux navires, la crise économique de 1929 ayant annulé la construction de deux autres navires baptisés Northumberland et Surrey. A noter que sur ces treize navires, deux furent construits pour la marine australienne mais ils étaient déployés sous commandement de la marine britannique.

Carrière opérationnelle

Type Kent

Le HMS Kent

Le HMS Kent

-Le HMS Kent est mis sur cale à l’Arsenal Royal de Chatham (Kent) le 15 novembre 1924 lancé le 16 mars 1926 et admis au service actif le 25 juin 1928.

Il est affecté à la China Station future British Eastern Fleet formant le 5th Cruiser Squadron en compagnie du Cornwall, du Dorsetshire et un temps du croiseur léger Birmingham jusqu’à ce que soit prise la décision de créer des divisions homogènes.

Le premier croiseur lourd de classe County effectue toute sa carrière en Extrême-Orient, ne revenant en métropole pour les grandes refontes en 1937/38 puis en 1943/44.

A noter que durant la guerre de Pologne, il est affecté au 4th Cruiser Squadron pour renforcer la puissance de cette division traquant les raiders allemands et protégeant les convois transitant par l’Océan Indien.

Le HMS Kent est désarmé le 8 octobre 1946. Il est remplacé au sein du 5th Cruiser Squadron par le London. Le croiseur lourd rentre en métropole au printemps 1947 et va servir de ponton-école à Portsmouth.

Le HMS Suffolk

Le HMS Suffolk

-Le HMS Suffolk est mis sur cale à l’Arsenal de Portsmouth le 30 septembre 1924 lancé le 16 février 1926 et admis au service actif le 31 mai 1928.

Affecté en Extrême-Orient, le navire est surpris par la guerre de Pologne alors qu’il est en refonte à l’Arsenal de Portsmouth. Les travaux sont achevés fin septembre mais il n’est pas opérationnel avant le mois d’octobre.

A l’origine il était prévu de le renvoyer en Asie mais au final on décide de le réaffecter à la Home Fleet et de le baser à Devonport près de Devonport dans le sud de l’Angleterre au sein du 10th Cruiser Squadron composé également des croiseurs lourds Norfolk et London.

Il aurait du subir une grande refonte mais après la mise en servir du Cornwallis (premier croiseur lourd de classe Admiral), il est désarmé le 4 septembre 1946. En mauvais état, il coule suite à une tempête à Devonport.

L’épave gênant la navigation, elle est immédiatement relevée, échouée sur une plage et démantelée entre juin et septembre 1947.

Le HMS Cornwall

Le HMS Cornwall

-Le HMS Cornwall est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 9 octobre 1924 lancé le 11 mars 1926 et admis au service actif le 8 mai 1928.

A son admission au service actif, le Cornwall fût affecté à la China Station jusqu’en 1936 quand il regagna la Grande Bretagne pour une grande refonte achevée en 1938 suivit d’une réaffectation au sein du 2nd Cruiser Squadron en Amérique latine.

En 1939 cependant, il est de nouveau affecté à la China Station au sein du 5th Cruiser Squadron composé outre du Cornwall, des croiseurs lourds Kent et Dorsetshire et du croiseur léger Birmingham.
A la déclaration de guerre en septembre 1939, le Cornwall fût affecté à la force I composée également du croiseur lourd Dorsetshire et du porte-avions Eagle pour des missions de patrouilles anti-raiders dans l’Océan Indien notamment contre le cuirassé de poche Admiral Graf Spee.

Le conflit terminé, il retourne en Extrême Orient, étant stationné à partir de 1945 à Alor Setar en Malaisie, toujours intégré au 5th Cruiser Squadron en compagnie du Kent et Dorsetshire.

Comme ses sister-ship Kent Suffolk et Cumberland, le Cornwall est désarmé le 8 mars 1947. Il est ramené en métropole en février 1948. Mouillé à Rosyth, il va servir de ponton de DCA, les tourelles de 203mm étant remplacés par des pièces de DCA.

Le HMS Cumberland

Le HMS Cumberland

-Le HMS Cumberland est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 18 octobre 1924 lancé le 16 mars 1926 et admis au service actif le 23 février 1928.

Il est d’abord affecté au 5th Cruiser Squadron puis après un carénage en Grande Bretaggne en 1938 est déployé en Amérique du Sud en compagnie du croiseur lourd Exeter et du croiseur léger Ajax au sein d’un 2nd Cruiser Squadron.

Au printemps 1940, on forme un 11th Cruiser Squadron avec le Cumberland et l’Exeter. Ils sont stationnés aux Bermudes pour couvrir l’Atlantique et les Caraïbes.

En mauvais état matériel, il est désarmé le 4 juin 1944 et remplacé au sein de l’unité par le Devonshire (en attendant l’arrivée du Sussex). Il devait rallier la métropole en septembre 1948 mais suite au déclenchement de la guerre, le rapatriement est suspendu.

Le HMS Berwick

Le HMS Berwick

-Le HMS Berwick est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield Shipbuilding & Engineering Company de Govan le 15 septembre 1924 lancé le 30 mars 1926 et mis en service le 12 juillet 1927.

Il est affecté successivement en Extrême-Orient puis en Méditerranée avant une refonte en 1937/38 en métropole. Il est ensuite redéployé au sein 8th Cruiser Squadron déployé au sein de l’American & West Indies Squadron en compagnie des croiseurs Orion York et Perth.

La guerre de Pologne terminée, le croiseur lourd resté déployé dans les Bermudes avant d’être redéployé à partir de 1945 à Freetown au sein de la West African Station en compagnie du croiseur lourd York. Ces deux croiseurs sont ultérieurement rejoints par le Shropshire venus de Méditerranée.

Il subit une refonte à Gibraltar en 1946/47 et quand le second conflit mondial éclate, le croiseur lourd va donner la chasse aux croiseurs auxiliaires et autres raiders allemands.

Le HMAS Australia à Sydney

Le HMAS Australia à Sydney

-Le HMAS Australia est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 26 août 1925 lancé le 17 mars 1927 et mis en service le 24 avril 1928.

Durant la guerre de Pologne, il est placé sous l’autorité de la Royal Navy et notamment de l’India Station pour couvrir le passage en Méditerranée de convois amenant au Moyen-Orient des troupes australiennes (deux divisions, l’envoi d’une troisième annulé avant l’appareillage. Ces deux divisions sont rentrées en Australie en 1940).

Le conflit terminé, il est à nouveau remis sous le contrôle de la Royal Australian Navy (RAN) qui le modernise (après avoir envisagé son remplacement par un croiseur lourd type Baltimore) entre 1944 et 1945 à l’Arsenal de Cockatoo près de Sydney.

Quand le second conflit mondial éclate, le croiseur reste sous l’autorité de la RAN et se prépare à escorter d’éventuels convois traversant l’Océan Indien.

Le HMAS Canberra

Le HMAS Canberra

-Le HMAS Canberra est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 9 septembre 1925 lancé le 31 mai 1927 et mis en service actif le 9 juillet 1928.

Durant la guerre de Pologne, il traque dans l’Océan Indien les raiders allemands mais échoua à retrouver les croiseurs auxiliaires Atlantis et Penguin.

A la différence de son sister-ship, il est toujours resté sous l’autorité de la RAN. En septembre 1948, il est immobilisé depuis juin 1947 pour une importante refonte : remise en état de l’appareil propulsif, renforcement de la coque qui donnait des signes de fatigue, embarquement de radars, changement de la catapulte, renforcement de la DCA. Il ne sera de nouveau opérationnel qu’en novembre 1948 avec le statut de navire-amiral de la Royal Australian Navy.

Type London

Le HMS London

Le HMS London

-Le HMS London est mis sur cale à l’Arsenal de Portsmouth le 23 février 1926 lancé le 14 septembre 1927 et mis en service le 31 janvier 1929.

Il est d’abord affecté en Méditerranée au sein du 1st Cruiser Squadron puis subit de mars 1939 à mars 1941 une refonte à l’Arsenal de Chatham. Les travaux terminés, il est affecté au 10th Cruiser Squadron stationné à Devonport, unité qu’il forme avec ses sister-ship Suffolk et Norfolk. Il subit une nouvelle refonte entre septembre 1945 et juin 1946.

Suite à la réorganisation des Cruiser Squadron, le London est redéloyé en Extrême-Orient au sein du 5th CS en compagnie du Dorsetshire et du Norfolk.

Le HMS Devonshire en 1940

Le HMS Devonshire en 1940

-Le HMS Devonshire est mis sur cale à l’Arsenal de Portsmouth le 16 mars 1926 lancé le 22 octobre 1927 et mis en service actif le 18 mars 1929

Au début de sa carrière, il est affecté au 1st Cruiser Squadron déployé en Méditerranée et ce jusqu’en 1932. Après un déploiement en Extrême-Orient en 1932/33, il retrouve la Méditerranée où il va servir durant la guerre de Pologne.

Il subit une refonte à l’Arsenal de Devonport entre mai 1941 et octobre 1942, les travaux portant sur un renforcement des structures, la remise en état de la propulsion, l’installation de radars et le renforcement de la DCA.

Après un nouveau carénage entre juin 1944 et septembre 1945, le Devonshire quitte la Méditerranée et le 1st Cruiser Squadron pour rallier le 11th CS déployé aux Antilles au sein de l’American & West Indies Station.

Le HMS Shropshire en 1930

Le HMS Shropshire en 1930

-Le HMS Shropshire est mis sur cale aux chantiers navals William Beardmore & Company Ltd de Dalmuir le 1er février 1927 lancé le 5 juillet 1928 et mis en service le 12 septembre 1929.

Ce croiseur lourd va effectuer une bonne partie de sa carrière en Méditerranée au sein du 1st Cruiser Squadron, la seule exception étant la guerre de Pologne où il va patrouiller dans l’Océan Indien pour traquer les navires allemands et une refonte à Devonport de novembre 1942 à mars 1944 pour des travaux similaires à ceux de son sister-ship Devonshire.

En septembre 1945 après un bref passage en Méditerranée, il rallie le 8th Cruiser Squadron et les croiseurs lourds Berwick et York qui venaient de quitter les Antilles pour l’Afrique de l’Ouest et la West African Station.

Le HMS Sussex

Le HMS Sussex

-Le HMS Sussex est mis sur cale aux chantiers navals R. & W. Hawthorn Leslie & Company Ltd sis à Hebburn-on-Tyne le 1er février 1927 lancé le 22 février 1928 et mis en service le 19 mars 1929.

Le dernier croiseur lourd type London est déployé en Méditerranée jusqu’en 1934 puis en Océanie au sein de l’Australia Squadron jusqu’en 1936, date à laquelle il retourne en Méditerranée. Il participe dans l’Atlantique à la guerre de Pologne.

Si le conflit s’était prolongé, le croiseur lourd aurait été déployé au sein d’une Eastern Fleet couvrant l’Océan Indien. Comme la guerre de Pologne s’est rapidement achevée, il est redéployé en Méditerranée.

D’avril 1944 à septembre 1945, il est immobilisé à l’Arsenal de Devonport pour une refonte destiné à lui permettre de poursuivre sa carrière encore quelques années. Il rallie ensuite le 11th CS composé des croiseurs lourds Exeter et Devonshire, unité chargée de défendre les Antilles et de traquer les raiders allemands.

Type Norfolk

Le HMS Norfolk

Le HMS Norfolk

-Le HMS Norfolk est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield Shipbuilding & Engineering Co. Ltd installés à Govan le 8 juillet 1927 lancé le 12 décembre 1928 et mis en service le 30 avril 1930.

Il est affecté à l’Atlantic Fleet (qui redevient Home Fleet en 1932) et est engagée dans la mutinerie d’Invergordon du 12 au 15 septembre 1931. Il est ensuite affecté à l’America & West Indies Station jusqu’en 1934 suivit d’une affectation à l’East Indies Station de 1935 à 1939, se trouvant en Grande-Bretagne pour carénage quand la guerre de Pologne éclate.

L’entretien terminé, il reste affecté à la Home Fleet au sein d’un nouveau 10th Cruiser Squadron en compagnie des croiseurs lourds Suffolk et London même si les trois navires ne seront pas disponibles en même temps.

Suite à la mise en service des croiseurs lourds plus modernes, le Norfolk est redéployé en Extrême-Orient au sein du 5th Cruiser Squadron en compagnie du Dorsetshire et du London.

Le HMS Dorsetshire

Le HMS Dorsetshire

-Le HMS Dorsetshire est mis sur cale à l’Arsenal de Portsmouth le 21 septembre 1927 lancé le 29 janvier 1929 et mis en service le 30 septembre 1930.

Il est d’abord affecté au 2nd Cruiser Squadron de l’Atlantic Fleet avant d’être déployé en Afrique de 1933 à 1936. Une refonte en Grande-Bretagne est suivie d’un déploiement en Extrême-Orient avant d’être affecté en Méditerranée au sein du 1st Cruiser Squadron en compagnie du Shropshire et du Sussex.

Durant la guerre de Pologne, il participe à la traque du cuirassé de poche Admiral Graf Spee, participant au blocus de Montevideo pour empêcher la fuite du cuirassé allemand.

Il subit en Métropole une grande renfonte de juin 1941 à septembre 1942, les travaux consistant en un renforcement des structures, une remise en état de la propulsion, l’embarquement de radars et le renforcement de la DCA.

Il subit un nouveau carénage entre septembre 1945 à novembre 1946 à Singapour, le croiseur lourd venant d’être redéployé au sein du 5th CS en compagnie du London et du Norfolk.

Le 5 septembre 1948, il était à quai à Alor Setar. Il est mis en alerte, prêt à appareiller en cas de menace directe du Japon.

Caracteristiques Techniques

Type Kent

Déplacement : standard 11074 tonnes pleine charge 15138 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 192.02m (entre perpendiculaires) 179.8m largeur : 20.85m tirant d’eau : 6.24m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson (Brown-Curtiss pour le Berwick) alimentées par 8 chaudières Amirauté à trois tubes installées dans quatre salles de chauffe dévellopant une puissance totale de 80000ch et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale 31.5 noeuds distance franchissable 9350 miles nautiques à 12 noeuds
Protection : ceinture blindée 110mm pont blindé intermédiaire 31 à 38mm tour de commadement 31 à 102mm selon les endroits tourelles 25mm

Armement : (A la construction) 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles, 4 canons de 102mm anriaériens en quatre affûts simples, deux affûts quadruples Pom-Pom de deux livres (deux affûts octuples pour le Berwick) et deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm

(Modifications) Les quatre affûts simples ont été remplacés par quatre affûts doubles de 102mm, les Pom-Pom remplacés progressivement par douze canons de 40mm Bofors en affûts doubles et seize canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Aviation : une catapulte avec un (Kent) ou trois hydravions (les autres)

Equipage : 685 officiers et marins en temps de paix, 710 en temps de guerre et 785 en tant que navire amiral

Type London

Déplacement : standard 10007 tonnes pleine charge 13528 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 192.8m (entre perpendiculaires) 181.35m largeur 20.12m tirant d’eau : 6.32m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson (Brown-Curtiss pour le Berwick) alimentées par 8 chaudières Amirauté à trois tubes installées dans quatre salles de chauffe dévellopant une puissance totale de 80000ch et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale 32.3 noeuds distance franchissable 9120 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture blindée 110mm pont blindé intermédiaire 31 à 38mm tour de commadement 31 à 102mm selon les endroits tourelles 25mm

Armement : (A la construction) 8 canons de 203mm (8 pouces) Mark VIII en 4 tourelles doubles (deux avant et deux arrières), 4 canons de 102mm (4 pouces) Mark V en 4 affûts simples HA MkIII, Deux affûts quadruples Pom-Pom de deux livres (deux affûts octuples Pom-Pom pour le Berwick) deux affûts quadruples Mk III de 12.7mm et 8 tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples

(Modifications) modifications semblables aux Kent sauf pour l’artillerie médiane, les London ont reçu quatre affûts simples supplémentaires portant le nombre à huit avant de recevoir quatre affûts doubles de 102mm au lieu des affûts simples.
Aviation : une catapulte SIIIL avec un à trois hydravions

Equipage : 650 officiers et marins en temps de paix, 820 officiers et marins en temps de guerre

Type Norfolk

Déplacement : standard 10083 tonnes pour le Devonshire 10134 tonnes pour le Norfolk pleine charge 13639 tonnes pour le premier 14833 tonnes pour le second

Dimensions : longueur hors tout 192.83m entre perpendiculaires 181.35m largeur 20.12m tirant d’eau 6.37m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté développant 80000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32.3 noeuds distance franchissable 9120 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture blindée 110mm pont blindé intermédiaire 31 à 38mm tour de commandement 31 à 102mm tourelles 25mm

Armement : (à la construction) huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles, quatre canons de 102mm antiaériens en affûts simples, deux affûts quadruples Pom-Pom de 40mm et huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples

(Modification) Les deux Norfolk reçoivent ultérieurement deux affûts quadruples de 12.7mm et quatre affûts doubles de 102mm à la place de quatre affûts simples, deux affûts octuples Pom-Pom remplacent les affûts quadruples. Les mitrailleuses de 12.7mm sont ensuite remplacées par des canons de 20mm.

Aviation : une catapulte SIIIL et deux hydravions

Equipage : 710 officiers et marins en temps de paix, 819 officiers et marins en temps de guerre

Grande-Bretagne (13) Royal Navy (5)

Croiseurs lourds

Comme il existe parfois dans la nature des générations spontanées, dans le domaine militaire, un contexte particulier peut donner naissance à un type d’armement particulier.

C’est le cas du croiseur lourd, du Heavy Cruiser ironiquement connu comme Thinclad Battleship ou cuirassé en fer blanc à cause d’une protection symbolique en raison de la priorité donné à l’armement et à la vitesse.

Le traité de Washington limitant la construction des cuirassés vu comme des navires de plus de 10000 tonnes armés de canons d’un calibre supérieur à 203mm. Toutes les marines majeures ont donc construit des navires de 10000 tonnes armés de six à dix canons de 8 pouces.

La Grande-Bretagne ne fût jamais “fan” de ce type de navire qu’elle trouva toujours trop gros qu’il s’agisse des chanceliers de l’Echiquier _les ministres des Finances_ ou même des amiraux.

La réponse tiens aux besoins énormes de la Royal Navy pour pouvoir protéger ses lignes de communication mondiales. Le besoin était estimé à cinquante et un croiseurs ! Il est facile d’imaginer le coût de 51 croiseurs lourds.

De leur côté, les américains et les japonais avaient besoin de navires puissants et endurants pour combattre dans le Pacifique, les croiseurs lourds devant éclairer la flotte voir engager les premières unités du corps de bataille ennemi ce qui imposait des navires bien armés.

Les York devaient être comme on l’à vu les derniers croiseurs lourds de la marine britannique mais au final huit autres navires de classe Admiral furent construits.

Si les quatre premiers qui remplacent les quatre Kent les plus anciens sont en service, sur les quatre seuls les deux premiers sont en service, les deux autres étant en armement à flot.

En septembre 1939, les croiseurs lourds suivants sont en service au sein de la Royal Navy :

HMS Kent

HMS Kent

-La classe County compte treize navires mais seulement onze sont en service dans la marine britannique, les deux restants étant des navires de la Royal Australian Navy (RAN), des navires souvent déployés sous commandement de l’ancienne puissance coloniale.

Ces treize navires se répartissent en trois sous-classe, le type Kent avec sept navires ( Kent Suffolk Cornwall Cumberland Berwick Australia et Canberra, ces deux derniers appartenant à la marine australienne), le type London avec quatre navires (London Devonshire Shropshire Sussex) et le type Norfolk avec deux navires (Norfolk Dorsetshire), deux autres ayant été abandonnés pour des raisons budgétaires.

HMS York

HMS York

-La classe York comporte seulement deux navires sur les cinq prévus à l’origine, les HMS York et Exeter. Ils auraient pu être les derniers croiseurs lourds de la marine britannique si les autres pays n’avaient pas poursuivit la construction de ces navires que la Royal Navy trouvait toujours trop gros.

En septembre 1948, les croiseurs lourds de classe Hawkins sont en réserve avec un réarmement très hypothétique. Les quatre premiers Kent (Kent Cornwall Suffolk Cumberland) ont été désarmés remplacés par quatre croiseurs lourds de classe Admiral.

Quatre autres navires de cette classe ont par la suite été commandés mais seulement deux ont été mis en service avant le début du second conflit mondial.

Croiseurs légers

A l’apogée de la marine à voile à savoir le 18ème siècle, les combats se décidaient par l’affrontement entre deux escadres combattant en ligne d’où le nom de “navires de ligne”. Ces cathédrales flottantes, ces monstres de bois et de toile, armés de 74 à 110 canons ne pouvaient cependant pas exécuter toutes les missions d’une marine de guerre.

Pour protéger le commerce contre la piraterie, pour effectuer les liaisons avec la terre ou attaquer le commerce ennemi, il fallait des navires plus manœuvrables et moins coûteux à mettre en œuvre.

Le navire type est la frégate (dont l’étymologie est nappée d’un épais brouillard), un vaisseau armé d’un nombre variable de canons (généralement entre 10 et 50 canons, les frégates américaines de 44 canons causeront bien des soucis aux navires britanniques), rapide et manœuvrant.

Cette frégate muta en croiseur qui devint sous différentes formes (croiseur-éclaireur, croiseur protégé, croiseur cuirassé, croiseur léger) le navire type pour l’éclairage des escadres, le commandement des flottilles de torpilleurs, la police coloniale, l’attaque au commerce….. .

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy utilisa des croiseurs cuirassés et des croiseurs légers, les premiers obsolescents subissant de lourdes pertes sous les coups des sous-marins et des croiseurs de bataille qui peuvent être considérés comme leurs successeurs.

Le premier conflit mondial terminé, la construction de croiseurs légers se poursuivit pour répondre aux besoins du corps de bataille mais également aux besoins de défense de l’Empire et notamment des lignes commerciales.

Comme les croiseurs lourds ne pouvaient être construits en nombre suffisants, les croiseurs légers furent privilégiés pour cette mission, les cibles probables (croiseurs auxiliaires) ne nécessitant des navires surpuissants mais plutôt des navires endurants équipés d’une artillerie dissuasive, les croiseurs auxiliaires et les corsaire rompant facilement le combat en cas de rencontre inopportune.

HMS Concord, un croiseur type C

HMS Concord, un croiseur type C

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy avait fait construire pas moins de vingt-huit croiseurs légers de type C. Treize d’entre-eux étaient toujours en service en septembre 1939 dont certains furent convertis en croiseurs légers antiaériens.

Aucun n’était encore en service en septembre 1948 en raison de leur usure et de leur age, les type C convertis en croiseurs antiaériens étant ainsi remplacés par les Dido.

HMS Danae, un croiseur type D

HMS Danae, un croiseur type D

Ils sont suivis par huit croiseurs type D sur douze prévus. Ces navires bien qu’anciens sont toujours en service en septembre 1948, deux hissant la White Ensign, trois ayant été transférés à la New Zealand Division of the Royal Navy _future Royal New Zealand Navy_ et deux à la marine polonaise libre.

Le HMS Emerald

Le HMS Emerald

Les croiseurs de type E Emerald et Enterprise étaient toujours en service en septembre 1939 mais en 1948 seul l’Emerald était encore actif comme croiseur-école en compagnie du Vindictive _un Hawkins modifié_ , l’Enterprise ayant été perdu par échouage au large de Banthurst (Gambie aujourd’hui Banjul) en septembre 1945.

Les type E sont les derniers croiseurs légers conçus durant le premier conflit mondial, les suivants ont été conçus en tenant compte des limitations imposés par les traités internationaux notamment celui de Londres.

Après la construction des croiseurs lourds, les britannique revinrent à des navires d’une taille plus modeste, tous aussi efficaces et surtout moins onéreux ce qui permettrait en théorie d’en disposer en plus grand nombre.

Le HMS Achilles

Le HMS Achilles

Les premiers de ces croiseurs modernes sont les cuirassés de classe Leander, huit navires construits mais seulement cinq sont finalement mis en oeuvre par la Royal Navy, les trois derniers étant cédés à la marine australienne. Le Leander et l’Achilles sont ensuite déployés au sein de la division néo-zélandaise de la Royal Navy, embryon de la future marine néo-zélandaise.

HMS Arethusa

HMS Arethusa

Aux Leander succède les petits croiseurs légers de classe Arethusa, quatre navires armés de six canons de 152mm en trois tourelles doubles. Deux autres étaient prévus mais au final ils furent construits sous un modèle différent, la future classe Town.

Au milieu des années trente, les japonais arrivent en limite de leur contingent de croiseurs imposé par le traité de Washington.

Pour ne pas encore violer ouvertement les traités de limitation des armements navals, le Japon décide de construire de grands croiseurs légers capable de devenir en temps voulu des croiseurs lourds.

Ces puissants croiseurs de classe Mogami à quinze canons de 155mm en cinq tourelles triples entrainent une réponse américaine (la classe Brooklyn) et une réponse britannique, la classe Town, une reprise des Leander mais avec douze canons de six pouces en quatre tourelles triples.

HMS Glasgow, l'un des dix croiseurs de classe Town

HMS Glasgow, l’un des dix croiseurs de classe Town

Dix croiseurs légers de classe Town sont construits, ces navires pouvant être repartis en trois sous-classes. Le type I ou classe Southampton (Southampton Newcastle Birmingham Glasgow et Sheffield), le type II ou classe Liverpool (Liverpool Manchester Gloucester) et le type III ou classe Belfast (Belfast Edinburgh). Si les deux premières classes étaient semblables, le type Belfast se distinguait par une coque plus longue de sept mètres.

CLAA HMS Dido

CLAA HMS Dido

-Dix neufs croiseurs légers modernes sont donc en service en septembre 1939. Le renouvellement de la flotte se poursuit avec la construction de croiseurs antiaériens de classe Dido et de nouveaux croiseurs à canons de six pouces.

Onze croiseurs légers de classe Crown Colony sont ainsi construits pour remplacer les croiseurs type C, des croiseurs dépassés. Ces navires sont mis en service entre 1940 et 1944.

Le HMS Uganda, classe Crown Colony

Le HMS Uganda, classe Crown Colony

Ces nouveaux croiseurs sont les derniers à être limités par les traités internationaux en l’occurrence le deuxième traité de Londres signé en 1936. Ce sont des dérivés à la baisse des Town. Ils se révéleront comme un design très limite en terme de surcharge.

HMS Minotaur

HMS Minotaur

Voilà pourquoi les huit croiseurs suivants de classe Minotaur commandés en 1944 disposeront d’une coque plus longue, plus large et seulement neuf canons de 152mm en trois tourelles triples, les Crown Colony perdant d’ailleurs au cours du conflit leur tourelle X (tourelle supérieure arrière) pour gagner du poids au profit de la DCA légère et des radars.

Seuls les quatre premiers (Minotaur Swiftsure Superb et Undaunted) sont en service en septembre 1948, les quatre autres étant encore en construction quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung, les Bellerophon Eagle Defence et Tiger étant mis en service seulement en 1949.

En septembre 1948, la flotte de croiseurs légers “standards” de la Royal Navy affiche le visage suivant :

-Deux vieux croiseurs de type D qui auraient été sûrement désarmés si le conflit n’avait pas éclaté le 5 septembre 1948. Redéployés hors d’Europe, ils sont chargés de traquer les raiders allemands en compagnie de l’Emerald qui redevient un croiseur léger opérationnel.

-Trois croiseurs légers classe Leander déployés en Extrême-Orient en compagnie de deux sister-ships utilisés par la marine néo-zélandaise et de trois utilisés par la Royal Australian Navy (RAN). L’Extrême-Orient restant calme, certains de ces navires furent redéployés en Europe

-Quatre croiseurs légers classe Arethusa déployés en Méditerranée

-Dix croiseurs légers classe Town, tous déployés en Europe

-Onze croiseurs légers classe Crown Colony (deux déployés dans l’Océan Indien, deux dans la China Station future British Eastern Fleet, deux en Méditerranée et cinq au sein de la Home Fleet)

-Quatre croiseurs légers classe Minotaur déployés en Europe + quatre autres en construction

Cela nous donne un total de 36 croiseurs légers standards armés de canons de 152mm. Qui dit standard dit “non-standard” à savoir les croiseurs légers de classe Dido.

Seize de ces croiseurs légers sont construits. Armés de canons de 133mm, ils vont être mis en service entre 1940 et 1944, remplaçant notamment les type C transformés dans les années trente en croiseurs antiaériens.

Ce modèle va inspirer la France pour son croiseur-éclaireur Waldeck-Rousseau _navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord_ qui va d’ailleurs opérer avec ses “cousins” britanniques.

Ce type de croiseur ne sera pas poursuivit, la Royal Navy préférant développer une tourelle double de six pouces polyvalente, tourelle qui va équiper les croiseurs en gestation quand le conflit éclate, des croiseurs provisoirement connus comme des type F.