23-Armée de terre Ligne Maginot (22)

Secteur Fortifié de Montmedy (SFMont)

Le Secteur Fortifié de Montmedy est un SF particulièrement étendu puisqu’il couvre la frontière belge du canal des Ardennes à l’ouest de Longuyon. Il est formé en février 1940 par la fusion du front de la Meuse et de la tête de pont de Montmédy ce qui explique l’hétérogénéité du secteur avec des ouvrages CORF à Montmédy et des ouvrages STG (front de la Meuse et Secteur Defensif de Marville).

Ce SFMont est subdivisé en trois sous-secteurs, le premier baptisé sous-secteur de Sedan est géré par le 147ème RIF _régiment de mobilisation maintenu après septembre 1940_, le second baptisé sous-secteur de Mouzion est géré par le 136ème RIF qui est dissous en septembre 1940, laissant le secteur sans troupes affectées à la différence du sous-secteur de la Tête de Pont de Montmédy qui dispose du 155ème RIF, un vieux régiment d’infanterie de forteresse naturellement maintenu en ligne et du Sous-Secteur de Marville qui dispose du 132ème RIF.

Bloc type Barbeyrac

Bloc type Barbeyrac

L’organisation du front de la Meuse est entamée à partir de 1935 par la construction d’une série de petits blocs de formes et de tailles diverses regroupés sous le nom générique de blocs Barbeyrac.

En 1937-38, ces petits blocs sont renforcés par la construction de casemates STG et de dix casemates d’artillerie pour canons de 75mm modèle 1897 mod.33, deux d’entre-eux appartenant au SD Ardennes (futur SF). Enfin, ce véritable melting-pot de fortifications est couronné par des blocs Billote dits aussi Blocs FCR.

La Tête de Pont de Montmédy à été fortifiée à partir de 1934 avec des ouvrages dessinés par la CORF. Sont construits deux ouvrages d’artillerie, deux petits ouvrages (dont un où on à réalisé uniquement les blocs d’infanterie) et douze casemates (sur les vingt-deux prévus initialement).

Pour compenser les faiblesses révélées par l’absence des dix casemates non construites, on réalise à la fin des années trente une série de petits blocs et on installe des tourelles démontables. A cela s’ajoute quatre casemates d’artillerie pour assurer un flanquement minimal. Un barrage sur la Chiers permet d’inonder le secteur.

Durant la guerre de Pologne et jusqu’à la démobilisation de septembre 1940, une seconde ligne de blocs type GA 1 est réalisée sans oublier une ligne fortifiée Poix-Terron-Mont Dieu sous l’autorité de la CEZF.

Dans le sous-secteur de Marville (ancien SD de la RF de Metz), on trouve dès 1936 une double ligne de défense avec sur la Chiers quelques petits blocs et des tourelles démontables alors que sur le plateau, sont réalisés une ligne de blockhaus appelés blockhaus type RFM (Région Fortifiée de Metz) bientôt renforcés par quelques casemates type STG allégés.

Entrée d'un Blockhaus modèle 1935 RFM (Région Fortifiée de Metz)

Entrée d’un Blockhaus modèle 1935 RFM (Région Fortifiée de Metz)

La LPR se dédouble pour épouser le cours de la Chiers jusqu’à Flabeuville puis traverse le bois Lagrange où elle est symbolisée par des petits blocs et des tourelles démontables. Ensuite la position rejoint la Chiers en aval de Charency-Vezin pour remonter vers le plateau. On trouve à La Higny un casemate d’artillerie pour deux matériels de 75 modèle 1897.

Sous-secteur de Sedan

Ce sous-secteur de Sedan s’étend comme son nom l’indique de la ville de Sedan (plus précisement de la limite du SF des Ardennes) aux ouvrages de Paletto et du Grand-Pâquis, ce secteur ayant donc la Meuse comme colonne vertébrale.

-On trouve d’abord la traditionnelle ligne des maisons fortes au nombre ici de huit qui sont gardées par la 15ème compagnie du 147ème RIF, chaque maison étant armée d’un créneau antichar/mitrailleuse (AC/M) et de trois ou quatre fusils-mitrailleurs, chaque garnison composée de six soldats disposant d’un canon de 37mm, de deux fusils-mitrailleurs, de deux tromblons VB, de 100 mines légères antichars et de vingt piquets antichars.

-La Ligne Principale de Résistance (LPR) s’étend de Grand-Condé à Longues-Orgières et est symbolisée par huit ouvrages type FCR et un ouvrage STG en l’occurence une casemate d’artillerie pour canon de 75mm.

Les réalisations FCR sont du type blockhaus type B gauche (deux) ou du type blockhaus type A4 à créneau visuel frontal (six). Il faut y ajouter cinquante-huit abris de tir de différents type, neuf postes d’observation et quatre postes de commandement.

Sous-secteur de Mouzion

Ce secteur armé par le 136ème RIF est pour ainsi dire délaissé après la démobilisatiton ce qui créé un trou dans la couverture. Des frontaliers sont régulièrement mobilisés au cours d’exercices d’alerte pour occuper la ligne des maisons fortes, la ligne principale de résistance devant l’être par des troupes de campagne si le 136ème RIF n’est pas réactivé.

-La ligne des maisons fortes dispose de sept maisons fortes armées jusqu’en septembre 1940 par la 15ème compagnie du 136ème RIF avec le même armement que le sous-secteur de Sedan.

-La Ligne Principale de Résistance s’étend de Paletto à Fond-Dur et est marquée physiquement par huit blockhaus type FCR et douze blockhaus type STG.

Les ouvrages type FCR sont répartis entre des blockhaus type A4 (cinq), des blockhaus type B gauche (deux) et un blockhaus type B droite.

Les douze ouvrages STG sont répartis entre des casemate d’artillerie pour canons de 75mm flanquant à droite (trois), des blockhaus type spécial (quatre), des blockhaus type B gauche (deux) et des blockhaus type A (trois).

A cela il faut ajouter, 104 abris de tir, 4 postes d’observation et 3 postes de commandement.

-Une Seconde ligne suit le cours de la Meuse avec quatorze abris de tir de type Barbeyrac

-La ligne CEZF dans ce secteur est symbolisée par la présence de onze blockhaus type STG qui se répartissent entre des blockhaus type B1 flanquement à gauche (trois), des blockhaus type B1 flanquement à droite (un), des blockays type A1 (six) et un blockhaus type spécial sans cloche.

Sous-secteur de la Tête de Pont de Montmedy

Le sous-secteur TPM dispose d’abord de deux casernement de sûreté implantés à La Ferté et à Montmédy.

-A Villy, ont été construits au cours de la guerre de Pologne treize abris de tirs et un abri passif.

-La Ligne Principale de Résistance (LPR) est particulièrement hétérogène avec tout d’abord deux abris de tir type Barbeyrac construits en 1937, trois ouvrages type STG (Service Technique du Génie) répartis entre un blockhaus type A et deux casemates d’artillerie pour un canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933, l’un flanquant vers l’est et l’autre flanquant vers l’ouest et un ouvrage type FCR, un blockhaus type A4 avec créneau visuel frontal.

Canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933. Insatisfaisant pour le service campagne, il fût relégué sur la Ligne Maginot

Canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933. Insatisfaisant pour le service campagne, il fût relégué sur la Ligne Maginot

La LPR de ce secteur dispose également d’ouvrages type CORF arrmés par la 3ème Compagnie d’Equipages d’ouvrages (3ème CEO) du 155ème RIF.

-L’ouvrage de La Ferté est un PO (petit ouvrage) à deux blocs, le premier bloc disposant d’une casemate de mitrailleuses flanquant vers l’est, un créneau JM/AC 47, un créneau JM, deux cloches pour armes mixtes, une cloche observation/VDP et une cloche GFM type B alors que le second bloc dispose d’une tourelle pour deux armes mixtes, une cloche GFM type B, une cloche pour armes mixtes, une cloche GFM type B/obs et une entrée secondaire.

-On trouve également deux casemates simples flanquant vers l’ouest armés d’un créneau JM/AC 47, un créneau pour JM, deux cloches pour armes mixtes et une cloche GFM type B, deux casemates simples flanquant vers l’est armés d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau pour JM, deux cloches pour armes mixtes et deux cloches GFM type B et trois casemates doubles armés chacun de deux créneaux JM/AC 47, de deux créneaux JM, deux cloches pour armes mixtes et deux cloches GFM type B.

-L’ouvrage du Le Chesnois est un ouvrage d’artillerie à six blocs et entrée mixte. L’entrée mixte dispose d’un créneau JM/AC 47 et de deux cloches GFM type B.

Le Bloc 1 est le bloc de flanquement est avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, une tourelle poue 2 armes mixtes, deux cloches GFM type B et une cloche lance-grenades.

Le Bloc 2 est un bloc d’infanterie situé au nord du précédent avec une cloche pour armes mixtes et une cloche GFM type B

Le Bloc 3 est le bloc de flanquement ouest avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, un créneau pour armes mixtes et une cloche GFM type B

Le Bloc 4 est le deuxième bloc de flanquement ouest avec un créneau JM/ AC 47, une cloche pour armes mixtes et deux cloches GFM type B.

Le Bloc 5 est une tourelle d’artillerie avec une tourelle de 75mm modèle 1905R et une cloche GFM type B.
Le bloc 6 réalisé seulement en 1942 est équipée d’une tourelle de 75mm modèle 1933 pour le flanquement ouest.

La 2ème CEO du 155ème RIF assure au sein de la tête de pont de Montmedy l’armement d’ouvrages CORF dans l’avancée de la Thonnelle.

-L’ouvrage de la Thonnelle devait être à l’origine un puissant ouvrage d’artillerie mais au final seuls les ouvrages d’infanterie ont été réalisés en l’occurence on trouve un Bloc 1, casemate d’infanterie flanquant vers l’est armé d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM, d’une cloche pour armes mixtes et de deux cloches GFM type B.

Le Bloc 2 est une casemate cuirassée armée de deux cloches AM et une cloche GFM type B

Le Bloc 3 est l’entrée par puits de l’ouvrage, entrée défendue par une cloche AM, une cloche GFM type B et une cloche LG.

Le Bloc 4 est le pendant du Bloc 1, c’est donc une casemate d’infanterie flanquant vers l’ouest avec une tourelle pour deux armes mixtes, un créneau JM/AC 47, un créneau JM et deux cloches GM type B.

Il était prévu également la construction d’une entrée séparée, un casernement, deux tourelles de 75mm, une tourelle de 81mm et une tourelle de 135mm mais aucun de ces travaux n’à été au final réalisés bien que les études ont été très poussées pour une version austère de ce projet mais visiblement même cette version était trop coûteuse.

La 2ème CEO du 155ème RIF arme aussi à Avioth un casemate simple flanquant vers l’ouest
avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, deux cloches AM et une cloche GFM type B.

Cette compagnie d’équipage d’ouvrages arme également une casemate double à l’est de l’ouvrage de la Thonnelle (deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM, une cloche AM et deux cloches GFM type B), un blockhaus type FCR simple à l’est du précédent et à l’est du blockhaus FCR, un casemate simple flanquant vers l’est (type CORF) avec deux créneaux JM/AC 47, un créneau JM, deux cloches AM et une cloche GFM type B.

La 1ère CEO du 155ème RIF assure l’armement de pas moins de quatorze ouvrages de type CORF (trois), type STG (trois) et type FCR (huit)

-Les ouvrages type CORF se répartissent entre une casemate cuirassée armée de deux cloches AM et d’une cloche GFM type B, une casemate simple flanquant vers l’est armée d’un créneau JM/ AC 47, d’un créneau JM, d’une cloche AM et d’une cloche GFM type B ainsi que d’un ouvrage d’artillerie à quatre blocs et une entrée mixte.

Ce dernier situé à Velosnes disposait d’une entrée de plain pied ou Bloc 6 armée de deux créneaux JM/AC 47, d’un créneau AM (avec canon de 25mm) et deux cloches GFM type B; d’un bloc d’infanterie ou bloc 1 disposant d’une tourelle pour deux armes mixtes, d’une cloche pour armes mixtes et de deux GFM type B; d’une casemate cuirassée ou bloc 2 armée d’une cloche AM, de deux cloches GFM type B et d’une cloche LG.

Le Bloc 3 est une casemate d’infanterie vers l’ouest avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, de deux cloches AM et d’une cloche GFM alors que le Bloc 5 est une tourelle d’artillerie avec une tourelle de 75mm modèle 1933 et une cloche GFM type B.

Le Bloc 4 destiné à flanquer à l’ouest est finalement réalisé entre 1942 et 1944 avec une tourelle de 75mm selon un modèle austère et économique.

-Les ovurages STG se répartissent entre deux casemates d’artillerie pour canon de 75mm
modèle 1897 modifié 1933 _l’un flanquant à l’est et l’autre flanquant à l’ouest_ et un blockhaus type Brevilly flanquant vers l’ouest.

-Les ouvrages FCR se répartissent eux entre un blockhaus allégé à un seul créneau flanquant vers l’est, six blockhaus FCR A4 (doubles) et un blockhaus FCR simple gauche.

Sous-secteur de Marville

Ayant appartenu jadis au SF Crusnes, ce sous-secteur est défendu par le 132ème RIF qui dispose pour cela des ouvrages suivants :

-La Ligne de Défense de la Chiers dispose de sept ouvrages type STG (six blockhaus type B1 gauche et deux blockhaus type B1 droite) et quatre ouvrages type FCR (un blockhaus type B droite, deux blockhaus type B gauche et un blockhaus type B droit)

La Ligne Principale de Résistance (LPR) de deux ouvrages type STG (un blockhaus double et un blockhaus type B1 gauche), d’un ouvrage type FCR (un blockhaus type B gauche) et huit ouvrages type RFM (Région Fortifiée de Metz) répartis entre une casemate d’artillerie pour canon de 75mm, quatre blockhaus modèle 1937 gauche et trois blockhaus modèle 1937 droit.

-La CEZF à réalisé une bretelle Mangiennes-Pierrepont avec douze casemates type STG et un fossé antichar continu.

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23-Armée de terre Ligne Maginot (13)

Miscellanées : entrées, logements, stockage des munitions……..

Les entrées (1) le Nord-Est

Là encore, l’expérience de la Grande Guerre à influencé la conception des entrées des ouvrages de la ligne Maginot. La bataille de Verdun notamment avait montré l’utilité d’entrées séparées pour les hommes et les munitions ainsi que la nécessité de les camoufler.

Les conceptions initiales prévoient la construction de deux entrées distinctes, l’une pour les hommes (EH) et l’autre pour les munitions (EM), établies selon les règles suivantes :

-Etres suffisamment séparées pour qu’un tir dirigé contre l’une des entrées ne mette en danger l’autre entrée.

-Etres disposées pour qu’elles puissent se surveiller et s’appuyer mutuellement, en principe l’EH se trouvant à l’est et l’EM à l’ouest sauf les cas particuliers du Fermont du Simserhof, du Grand-Hohekirkel et Four-à-chaux.

-Etre situées le plus loin possible de la ligne de feux pour éviter un coup de main ennemi

-Etre sous la protection d’une arme à tir courbe de l’ouvrage

Les entrées vont se diviser en trois catégories principales : entrée des hommes (EH), entrée des munitions (EM) et entrée mixte, les entrées pouvant être de plain-pied, en plan incliné ou en puits.

-L’Entrée des Hommes (EH) comme son nom l’indique est réservée au passage des hommes et sert aussi de prise d’air aux ouvrages. Elle se compose d’un passage en chicane, d’une chambre de tir et d’une ou plusieurs cloches. Dans les ouvrages à magasin M1, elle sert de sortie de secours en cas de destruction de l’EM.

Deux types de façades ont été adoptées : une à façade pseudo-bastionnée et une autre à façade droite avec un créneau mitrailleuse et un créneau FM. Comme les entrées servent de prise d’air, elles sont souvent sur les points hauts pour échapper aux gaz de combat.

Avec leur façades comportant d’énormes ouvertures, les blocs EH sont les plus mal conçus de la fortification CORF car on estime que leur résistance au souffle en cas de bombardement par gros calibre ou bombes d’avion est estimée assez faible. La configuration la plus courante est une entrée en puits.

-L’Entrée des Munitions (EM) est nettement plus imposante que l’EH et pour cause : elle doit laisser passer un véhicule qu’il s’agisse d’un train circulant sur voie de 60 qui pénètre dans l’ouvrage avant d’être déchargé et que des wagonnets du réseau intérieur les amènent aux magasins (type A) ou une entrée ne pouvant recevoir que des camions qui déchargent à l’entrée les munitions qui sont pris en charge par les wagonnets du réseau intérieur.

Chaque entrée à façade pseudo-bastionnée comporte deux chambres de tir, de part et d’autre du passage qui franchit le fossé diamant sur un pont dormant. Elle obturée par une grille à la verticale de la façade et deux portes blindées formant sas.

-L’Entrée Mixte comme son nom l’indique regroupe en un seul bloc une EH et une EM. C’est tout sauf un choix puisque les trois premières réalisées dans le Nord-Est sont mixtes car l’entrée des hommes n’à tout simplement pas été construite.

En 1934, un nouveau type d’entrée mixte tirant partie des enseignements des premiers travaux (notamment dans les Alpes) est conçue pour équiper les Nouveaux Fronts.

-L’entrée mixte «2.0» est une vraie entrée mixte avec sous un même accès, deux chemins un pour les hommes et un pour les munitions. Le passage camions est fermé par une porte à éclipse verticale, une grille et une porte blindée étanche.

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

La défense est assurée face à la route par un créneau pour mitrailleuse et canon antichar de 47mm et en flanquement par deux créneaux pour armes mixtes à savoir une mitrailleuse et un canon de 25mm.

En dépit des améliorations apportées par cette nouvelle entrée, seuls les ouvrages d’artillerie du Chesnois et Velosnes la recevront.

Les entrées (2) les Alpes

Les entrées des ouvrages d’infanterie relèvent de plusieurs types avec pour les ouvrages initiaux une entrée arrière séparée donnant accès aux locaux souterrains et aux blocs de combat. Les ouvrages de barrage ultérieurs ont leur entrée directement dans la casemate active.

Les ouvrages d’interdiction disposent généralement de deux entrées comme les ouvrages du Nord-Est même si pour certains, la deuxième entrée ne sera pas réalisée ou se limitera à une simple porte dans le mur en béton.

Les éléments extérieurs (1) : les cuirassements

Les cuirassements complètent la protection des ouvrages, protection essentiellement composée de béton.

Ces cuirassements sont répartis en trois grandes catégories : les cuirassements formant organes (cloches, tourelles), les cuirassements servant de support à une arme (créneaux, trémies,volets) et les cuirassements servant à obturer un passage (portes blindées, grilles).

Les cloches ne sont pas une création de la ligne Maginot, existant déjà sur les forts de la génération précédente pour l’observation (type Digoin) ou pour la défense (type Pamart). Ils sont généralisés sur les ouvrages de la ligne Maginot en dépit de dimensions rendant malaisé leur camouflage.

On trouve tout d’abord des cloches passives et des cloches actives, les premières étant en fait des prises d’air. Chaque ouvrage en comporte deux, une pour expulser l’air vicié et l’autre pour le renouveler. Quand aux cloches actives, elles ont un doubles rôle à la fois d’observation et de défense rapprochée mais également d’action de flanquement.

Les cloches actives se divisent en plusieurs catégories : cloches GFM, cloches pour mitrailleuses, cloches observatoires et cloches diverses.

-Le premier type de cloche que l’on peut décrire est la cloche GFM ou Guetteur et Fusil Mitrailleur.

C’est le type de cloche le plus courant car présent à un ou deux exemplaires sur l’ensemble des ouvrages, les exceptions étant peu nombreuses (pour le Nord-Est, seuls le Molvange bloc 5, le Hackenberg bloc 1 et le Mont-des-Welches bloc 3 n’ont pas reçu de cloche de ce type).

Cette cloche est équipée en permanence d’un fusil mitrailleur et participe aux tirs de l’ouvrage en cas d’attaque massive de l’ennemie. Elle sert aussi à abriter donc un guetteur chargé de la surveillance générale, du guêt.

Deux modèles ont été réalisé, le modèle 1929 ou type A équipé de trois à cinq créneaux pouvant recevoir un FM et un mortier de 50mm + différents modèles d’épiscopes et de périscopes.

Le deuxième modèle, le modèle 1934 ou type B aux parois plus épaisses et aux épiscopes plus solides, ce modèle étant dépourvu de support pour mortier de 50mm. A noter que quelques cloches type A ont été modifiées en type B.

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

-Le deuxième type de cloche est la cloche à mitrailleuses, terme qui recouvre trois types différents à savoir la cloche JM (jumelage de mitrailleuses) modèle 1930 avec deux mitrailleuses de 7.5mm utilisables en flanquement ou en tir frontal, la cloche pour armes mixtes modèle 1934 avec un canon de 25mm et un jumelage de mitrailleuses et enfin la cloche JM modifié AM où le jumelage d’origine est remplacé par un trumelage combinant un canon court de 25mm et deux mitrailleuses de 7.5mm, cette modification apportant une défense antichar dans certains intervalles jusque là battus uniquement par des mitrailleuses.

-En ce qui concerne les cloches observatoires, elles se répartissent en deux types, les cloches observatoires à vision périscopique (VP) ou plus nombreuses, les cloches observatoire à vision directe et périscopique.

Cloche à Vision Directe et Périscopique (VDP)

Cloche à Vision Directe et Périscopique (VDP)

-Pour finir, le domaine des cloches diverses, on trouve des cloches lance-grenades destinées
à abriter un mortier qui ne fût souvent jamais installée et enfin la cloche issue de secours.

Les ouvrages alpins utilisent certes les cloches décrites ci-dessus mais en raison des particularités géographiques, ils vont également utiliser des systèmes spécifiques notamment des cloches démontables en deux, trois ou quatre éléments d’une tonne, ces cloches démontables pouvant être à vision périscopique ou à vision directe.

*En ce qui concerne la tourelle, le système choisit pour la ligne Maginot est celui de la tourelle à éclipse, un système tout sauf neuf car déjà présent depuis 1905 sur les forts de Verdun. Les tourelles de la ligne Maginot sont donc une perfectionnement de leurs aïeules de Verdun.

En ce qui concerne les tourelles d’artillerie, quatre modèles existent : la tourelle de 75mm modèle 1933, une tourelle de 135mm modèle 1932, une tourelle de 81mm modèle 1932 et une tourelle de 75mm modèle 1932R alors que les tourelles d’infanterie sont armées uniquement de mitrailleuses sauf certaines équipées de canons de 25mm.

tourelle de 75mm modèle 1932R (Raccourci)

tourelle de 75mm modèle 1932R (Raccourci)

En ce qui concerne les Nouveaux Fronts, les ouvrages sont équipés de tourelle de 75mm modèle 1905R, non installées avant le premier conflit mondial (sur 73 commandées, 16 étant disponibles) et au final cinq tourelles furent installées. Douze tourelles furent modifiées avec un canon de 25mm et un jumelage de mitrailleuses. On trouve également une tourelle pour arme mixte et un mortier de 50mm.

Dans les Alpes, on trouve également deux tourelles de 155L, des tourelles appartenant au vieux fort Suchet et intégré à l’ensemble CORF du Barbonnet. Ces tourelles sont tournantes et non à éclipse.

Afin de conserver aux pièces tout leur champ d’action sans pour autant présenter des ouvertures béantes, il est nécessaire de recourir à un cuirassement spécifique appelé trémie qui obture entièrement la fente faite dans le béton moins la volée ou le canon de la pièce. La trémie apporte une sécurisation accrue et est nécessaire pour améliorer la surpression des ouvrages.

Pour ce qui est des pièces d’artillerie, la technologie choisie est une rotule coulissant dans une embrasure laissant passer la bouche de la pièce pour ce qui concerne les pièces tirant à un angle fixe (mortier de 81mm), les pièces mobiles recevant en plus un tourillonement pour manœuvrer la pièce.

Pour ce qui est des armes d’infanterie, le principe est voisin de celui des pièces d’artillerie mais avec une double différenciation : d’une part les fusils-mitrailleurs sont montés sur une rotule et d’autre part les jumelages de mitrailleuses et les canons antichars sur un créneau mobile s’encastrant dans une trémie en acier mobile. On trouve quatre modèles de trémies, modèles parfois adaptés aux considérations particulières de la géographie alpine.

*La fermeture des ouvrages et aux galeries est assuré par trois types de «portes» : les portes grilles, les portes étanches et les portes blindées non étanches. Ces deux dernières catégories se subdivisent également en deux variantes : portes roulantes et portes à gonds.

Pour simplifier, on peut dire que les grilles sont situées en façades d’ouvrages pour remplir un rôle de prise d’air. Elle évite une prise par surprise des accès tout en laissant parler l’air frais. Les portes blindées étanches sont munies d’un joint en cuir dont la compression est obtenue par serrage de verrous à excentriques. C’est une notice de janvier 1931 intitulée «Fermeture et défense des galeries donnant accès aux ouvrages de fortification» qui décrit les différentes portes de la Ligne Maginot.

-En ce qui concerne l’Entrée des Munitions (EM), elles sont fermées d’abord par des grilles à quatre vantaux (ouvrages de la première tranche) ou deux vantaux (autres ouvrages). Les portes étanches (2.50 ou 3.00×3.07m) sont au nombre de deux, formant SAS, leur taille variant en fonction du type d’entrée (type A ou type B)

-En ce qui concerne l’Entrée des Hommes (EH), cette dernière est barrée successivement par une grille en façade et une porte blindée étanche au fond d’un couloir en chicane. La largeur des couloirs variant, il existe deux types de grilles, la grille G type 9 (1.50m x1.95m) et la grille G type 9ter (1.00m x1.95m).
Pour ce qui est des portes étanches, il existe logiquement deux modèles, la porte G type 4 bis (1.50m x1.95m) et la porte G type 4ter (1.00 x1.95m).

-Pour les casemates, la disposition varie en fonction du type de casemate. Ceux des Anciens Fronts disposant d’une porte blindée étanche et d’une porte blindée non étanche alors que ceux des Nouveaux Fronts disposent d’une grille et d’une porte blindée étanche.

-Les galeries souterraines sont également équipées de portes blindées non étanches alors que les issues de secours sont fermées par une grille et une porte étanche.

Les dessous de la Ligne Maginot (1) : le stockage des munitions

Tout comme les entrées, l’aménagement des organes souterrains à tiré pleinement les leçons des bombardements du premier conflit mondial, la neutralisation des ouvrages de Liège et de Verdun étant encore dans tous les esprits. Parfaitement aménagées, aérées et ventilées, elles doivent protéger l’équipage des bombardements.

Le stockage des munitions a toujours été un problème vital de la fortification car il faut répondre au double problème d’avoir des munitions à proximité immédiate des pièces et les soustraire aux bombardements adverses. Dans les ouvrages CORF, le problème est résolu par la création de trois magasins différents : M1,M2 et M3.

Le magasin M1 situé non loin de l’entrée munitions est le magasin principal de l’ouvrage dans lequel sont stockées les différentes munitions dans des galeries généralement parallèles à la galerie principale avec une galerie extérieure en fer à cheval et des niches para-souffle situées aux extrémités de chaque cellule.

Douze ouvrages seulement seront équipés d’un magasin type M1 mais ne présentent pas le même état d’achèvement avec neuf cellules (Hackenberg), sept (Hochwald Simserhof), six (Métrich et Molvange), cinq (Bréhain, Rochonvilliers, Anzelig et Latiremont), trois (Fermont et Soetrich) et deux cellules (Galgenberg).

Le magasin M2 est un local plus spécialisé puisqu’il ne contient que les munitions propres à un bloc de combat. Il est situé au pied même des blocs de combat et se compose généralement de deux cellules séparées.

Les ouvrages d’artillerie ne possédant pas de magasin central M1 (dix dans le Nord-Est) comportent des magasin M1-M2 (cellule M1 : munitions en caisses, cellule M2 : munitions en châssis).

Le magasin M3 consiste en des armoires métalliques ou en bois, situées à proximité immédiate des pièces et servant de réserve pour le cas où l’approvisionnement viendrait à cesser. Les tourelles de 75mm disposent ainsi d’une réserve de 600 coups.

En outre, chaque bloc d’infanterie (d’un courage ou d’un PO) dispose d’un local souterrain, situé au pied de la cage d’escalier, où sont entreposées les caisses de cartouches.

Les dessous de la Maginot Line (2) : l’usine et les filtres

Pour que le fonctionnement de tous les matériels mis en oeuvre dans les ouvrages soit assuré en permanence, il est prévu que tous les ouvrages disposent d’une source d’alimentation propre constituée par un groupe de moteurs diesels destinés à produire le double de l’énergie nécessaire à chaque ouvrage.
Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que ces installations sont regroupés à proximité de l’Entrée des Hommes pour faciliter l’évacuation des gaz d’échappements. C’est également à proximité de l’EH que sont implantés les filtres destinés à éviter que l’air vicié par la fumée des bombardements et les gaz de combat n’empoisonnent l’équipage.

Les dessous de la Maginot line (3) : les logements, les cuisines, les sanitaires et les installations sanitaires

Comme les entrées et les galeries, les logements des équipages de la Ligne Maginot sont particulièrement soignés car les fantassins comme les artilleurs ou les sapeurs doivent pouvoir y vivre plusieurs semaines voir plusieurs mois dans des conditions confortables. Là encore, il est sur que l’expérience des tranchées à inspiré la CORF dans la conception des ouvrages.

Deux types principaux de casernement sont proposés par la CORF : des casernements parallèles à la galerie de l’Entrée des Hommes et un casernement dans l’angle des galeries de l’EH et de l’EM. Si le Nord-Est voit les casernements être des deux types, ceux des ouvrages alpins sont exclusivement du premier type.

Les chambres pour la troupe et les sous-officiers sont assez exiguës puisque conçues pour 18 hommes elles en accueilleront jusqu’à 32 ! Le principe de deux couchages pour trois hommes est retenu comme dans la marine ce qui explique peut être pourquoi dans les ouvrages des Nouveaux Fronts certaines chambres sont équipées de hamacs.

A ces logements s’ajoute naturellement des sanitaires (douches et latrines), des locaux de service général (poste de garde, salle de service et locaux disciplinaires) et les locaux annexes (magasins….)

Le casernement des officiers sont naturellement de taille plus réduite et comprennent une chambre pour le commandant d’ouvrage, un bureau, un poste téléphonique, des chambres (individuelles ou non), une salle de réunion servant aussi de mess, des sanitaires et des latrines.

L’infirmerie à pour mission d’assurer les premiers soins voir quelques interventions d’urgence, elle comporte des locaux techniques (salle de triage, salle de pansement, salle d’opération, pharmacie et bureau), diverses salles d’hospitalisation (chambres pour malades et pour blessés graves), des locaux destinés au personnel médical (chambres et magasins) et des locaux d’hygiène.

Rattachée à l’infirmerie mais dotée d’une entrée indépendante, une installation pour la désinfection des hommes atteints par gaz vésicants est prévue. Elle se compose d’une salle d’attente et de triage, d’une salle de déshabillage, d’une salle de douches, d’une salle de rhabillage et de bacs pour le stockage des effets souillés.

Dans les locaux destinés à l’alimentation, on trouve les cuisines troupes et officiers, divers magasins, une laverie, une réserve de vivres dite de sûreté (autonomie 45 jours). Si les officiers disposent d’un mess, les hommes de troupes doivent manger dans les blocs de combat et sur des tables rabattables dans les galeries. L’approvisionnement à également été soigné tant pour l’eau de boisson que pour le refroidissement des armes.

La majorité des gros ouvrages et quelques ouvrages de plus petite dimension sont équipés d’une issue secrète réalisée généralement par utilisation d’un puits de service. Cette issue secrète qui se greffe sur un des locaux de l’arrière (égout, galerie…..) débouche à l’air libre dans une zone discrète, située généralement entre les entrées et les blocs de combat.

Comme nous l’avons fait remarquer plus haut, la construction des galeries à été particulièrement soignée. Ces galeries servent à la circulation des hommes, des véhicules et supportent conduits d’évacuation des eaux usées, gaines électriques et téléphoniques………… . Ces galeries sont classées en sept types différents :

-Type I (H = 3.50m Largeur = 3.30m): galeries où peuvent circuler les trains utilisant le réseau ferré de 60 extérieur. Pas d’équipement électrique, garages en alignements droits ou en courbe.

-Type II (H = 3.35m Largeur = 3.05m) : galeries où peuvent circuler du matériel léger pour alimenter des pièces d’artillerie. Garages en alignements droits ou en courbe

-Type III (H = 3.10m Largeur = 2.15m): galeries où peuvent circuler du matériel léger pour alimenter des pièces d’artillerie. Garages en alignements droits ou en courbe

-Type IV (H = 3.10m Largeur = 1.65m) : galeries où peuvent circuler du matériel léger pour alimenter les ouvrages d’infanterie ou comme galeries principales pour les petits ouvrages. Garages en alignements droits uniquement.

-Type V (H = 2.50m Largeur = 1.50m): galeries desservant des antennes à faible circulation et comportant une voie de 60. Elles disposent d’un garage en cul de sac pour un wagonnet et des niches d’abri pour piéton

-Type VI (H = 2.35m Largeur = 1.20m): galeries desservant des antennes à faible circulation sans voie de 60. Pas de garages mais des niches à chariots ou à piétons.

Naturellement la défense de ces galeries est prévue. Pour contrer un coup de main ennemi qui aurait réussi par surprise à s’emparer des entrées, on trouve une porte blindée défendue par un blochkaus de défense intérieure avec un FM, la porte étant équipée également de créneaux de défense rapprochée.

Si l’ennemi est parvenu dans les galeries en neutralisant les blocs de l’avant, l’objectif est de stopper sa progression tout en ménageant la possibilité de reprendre la position. On trouve donc une porte blindée, des niches à mines qui en explosant bloque sa progression tout en limitant les dégâts pour ne pas empêcher la réutilisation ultérieure de la position.