Mitteleuropa Balkans (183) Grèce (27)

L’armée grecque et la guerre gréco-turque

Soldats grecs servant une mitrailleuse St Etienne modèle 1907

De mai 1919 à octobre 1922 les grecs affrontent les turcs de Mustapha Kemal dans une nouvelle guerre gréco-turque. Cette guerre que j’ai déjà présenté dans la partie historique se termine par la Grande Catastrophe, la Grèce subissant une humiliation militaire et politique qui allait être fatale pour la monarchie.

Je vais y me concentrer sur le volet militaire et notamment les différentes unités de l’armée héllène engagées dans ce conflit. Pour éviter les répétitions je vais présenter les différentes batailles dès que l’occurence apparaît dans l’historique d’une grande unité et ensuite simplement la mentionner quand elle revient plus tard.

La 1ère division d’infanterie rassemblée à Kavala débarque à Smyrne le 15 mai après avoir été transportée par 14 navires escortés par trois destroyers britanniques et quatre destroyers grecs.

Cette division comprend alors trois régiments d’infanterie (1er régiment d’evzones, 4ème et 5ème régiment de ligne), une demi-compagnie de cavalerie, les 1er et 2ème escadrons du 1er régiment d’artillerie et deux compagnies du génie.

Elle participe du 27 juin au 4 juillet 1919 à la Bataille d’Aydin. Cette bataille est plutôt une série d’affrontements confus où les civils sont les plus touchés. On assiste à des massacres des deux côtés, les turcs survivants se réfugiant en zone italienne, les grecs qui n’ont pas été massacrés par les turcs ont été déportés en Anatolie.

La division participe ensuite à l’Offensive d’été déclenchée le 22 juin 1920, offensive qui voit l’engagement de 101625 soldats grecs, de 30000 britanniques et de 2000 ottomans qui s’opposant aux 10200 hommes mal armés et mal équipés du gouvernement républicain de la Grande Assemblée Nationale d’Ankara. Elle est ensuite engagée dans la Bataille de Dumlupinar.

La 2ème Division d’infanterie participe également au conflit avec ses 1er, 3ème et 7ème régiments d’infanterie. Elle participe à la Bataille de Sakarya puis à la dernière bataille du conflit, la Bataille de Dumlupinar (26-30 août 1922).

La Grèce est alors épuisée par le conflit, à bout de forces matériellement et moralement. Depuis l’échec de la Bataille de Sakarya (14 août-13 septembre 1921) (NdA voir la 3ème division d’infanterie), Athènes sait qu’elle ne peut plus gagner ce conflit.

Les forces grecques forment l’Armée d’Asie Mineure (QG à Smyrne). Elle couvre un front de 713km entre Cius sur la mer de Marmara s’incline vers le sud-est pour former une poche autour d’Eskisehir s’incline vers le sud direction Afyonkarahisar avant de tourner vers l’ouest et vers le sud au delà de la montagne Akar Dag avant de suivre la rive droite de la rivière Büyük Menderes et de rejoindre la mer Egée. Ce front n’à pas bougé depuis la retraite de l’automne 1921 qui suit la bataille de Sakarya.

Elle comprend environ 220000 hommes dont 140000 hommes étaient situés sur le front mais seulement 80000 hommes étaient des combattants de première ligne. Sur le plan matériel on trouvait 264 pièces d’artillerie, 980 mitrailleuses, 2592 pistolets mitrailleurs et 55 avions.

L’Armée d’Asie Mineure est organisé en trois corps d’armée, le 3ème corps allant de la mer de Marmara à Eskisehir, la poche autour d’Afyonkarahisar est couvert par le 1er corps avec le 2ème corps en réserve immédiate, le reste du front étant faiblement protégé par le Commandement Militaire Général Supérieur de Smyrne. Cela nous donne le dispositif général suivant :

-3ème Corps d’Armée : 11ème DI, 3ème DI, 10ème DI et Division indépendante

-1er Corps d’Armée : 5ème DI, 12ème DI, 4ème DI, 1ère DI et le détachement Plastiras (5ème régiment d’evzones et 13ème escadron d’artillerie de montagne)

-2ème Corps d’Armée : 9ème DI, 13ème DI, 7ème DI, 2ème DI et Division de Cavalerie

Face aux grecs, les turcs alignent environ 195000 hommes dans une meilleure position car ils sentent l’odeur de la victoire.

Cette bataille se déroule du 26 au 30 août 1922. Mustapha Kemal à préparé soigneusement son offensive tant sur le plan purement militaire que sur le plan politique en s’attirant le soutien des français et des italiens, les britanniques restant fidèles à leur tropisme grec.

Sur le plan moral les grecs sont au bord de l’effondrement alors que leur matériel est meilleur que celui des turcs. Ces dernières possèdent de l’artillerie lourde et surtout une excellente cavalerie qui va jouer un rôle majeur dans cette bataille.

Les turcs percent le 27 août. Les grecs doivent se replier mais ce repli se transforme rapidement en déroute. La bataille s’achève le 30 août 1922 et le 9 septembre dans un épouvantable chaos la cavalerie turque rentre dans Smyrne bientôt ravagé par un incendie aux origines discutées.

La 3ème Division d’Infanterie est transférée en Asie mineure en août 1920. Affectée au 3ème Corps d’Armée, la division comprend comme force vive trois régiments d’infanterie en l’occurence le 2ème régiment d’evzones, les 6ème et 11ème régiments de ligne.

Elle va notamment participer à la Bataille de Sakarya (14 août-13 septembre 1921) qui voit l’engagement de 75000 grecs contre 77000 turcs.

L’armée grecque comprend le 1er Corps d’Armée (1ère DI, 2ème DI et 12ème DI et un régiment d’artillerie), le 2ème Corps d’Armée (5ème DI, 9ème DI, 13ème DI, un régiment d’artillerie et un régiment d’artillerie lourde d’armée), le 3ème Corps d’Armée (3ème DI, 7ème DI, 10ème DI, régiment d’artillerie, 16ème RI détaché de la 11ème DI et la brigade de cavalerie avec les 1er et 3ème régiments de cavalerie) et le Groupement Sud de Division (4ème DI, 11ème DI, 9ème RI, 49ème RI, 18ème RI et 47ème RI)

Ce sont les grecs qui attaquent les premiers. Ils approchent d’Ankara mais n’iront pas plus loin car leurs lignes de communication très étirées sont harcelées par la cavalerie kémaliste. Les grecs doivent se replier sur leurs positions de départ à savoir la ligne Eskisehir-Afyonkarahisa.

La retraite à lieu en bon ordre mais c’est une retraite quand même. La Grèce est épuisée au bord de la rupture. C’était clairement l’offensive de la dernière chance et son échec doit pousser les grecs à tirer les conclusions suivantes : ils ne peuvent plus gagner la guerre. La suite leur donnera raison.

La 3ème division d’infanterie va également participer à la bataille de Dumlupinar en août 1922.

La 4ème Division d’Infanterie participe à la campagne d’Asie Mineure, elle est d’ailleurs quasiment détruite lors de la Bataille de Dumlupinar.

La 5ème Division d’Infanterie est l’ancienne Division Crétoise qui est rebaptisée en novembre 1920 après la défaite électorale de Venizelos. La division combat notamment à Sakarya et à Dumlupinar, retraitant sur Chios. Elle est recrée à Serres sous le nom de division crétoise par amalgamation des 5ème et 9ème DI.

Pas d’informations sur l’engagement de la 6ème division d’infanterie dans ce conflit alors que la 7ème DI à eu l’honneur ou pas de combattre durant ce conflit.

La 8ème Division d’Infanterie n’est que partiellement consacrée à ce conflit puisque seul son 3ème régiment d’evzones (40ème RI) est concerné, les autres unités dépendant de la division (10ème RI, 24ème RI) n’étant pas engagés en Asie Mineure.

La 9ème Division d’Infanterie participe aux batailles de Sakarya et de Dumlupinar à chaque fois au sein du 2ème Corps d’Armée.

La 10ème Division d’Infanterie est l’ancienne Division de Smyrne qui change de désignation en novembre 1920 suite à la défaite électorale d’Eleftherios Venizelos. Cette division participe du 10 au 24 juillet 1921 à la Bataille de Kütahya-Eskisehir.

Cette bataille qui fait suite à la 1ère bataille d’Inonü voit les grecs l’emporter et leur permettre de s’emparer des villes de Kütahya et de Eskisehir. Après un débat animé, les grecs décident de poursuivre l’avancée vers Ankara. La suite est connue avec la défaite de Sakarya puis la retraite et enfin l’offensive finale des troupes du futur Ataturk.

La division réussit à évacuer en bon ordre en 1922, ralliant la Thrace orientale à travers la mer de Marmara.

La 11ème Division d’Infanterie créée en décembre 1913 avec les 13ème, 27ème et 28ème RI est restée fidèle au roi. S’opposant militairement aux vénizélistes en août 1916, elle est désarmée par les troupes françaises.

Le 8 juillet 1920 la Division de Magnésie est créée avec le 9ème régiment crétois, le 16ème RI et le 17ème RI. Elle dépend du Corps d’Armée de Smyrne et va naturellement participer à l’offensive grecque de l’été 1920.

En novembre 1920 suite à la défaite électorale du «Clemenceau grec» la division devient la 11ème division qui dépend du 3ème Corps d’Armée qui n’est autre que l’ancien corps d’armée de Smyrne.

La division participe aux batailles de Sakarya et de Dunlupinar au cours de laquelle est détruite, cessant d’exister. Elle est réformée au sein de l’Armée d’Evros (qui existe de décembre 1922 à août 1923, armée qui succède à l’Armée d’Asie Mineure) qui occupe la Thrace occidentale avec les 2ème, 3ème et 4ème Corps d’Armée. L’Armée sera dissoute suite au traité de Lausanne (1923) mais la division est redéployée à Thessalonique et est donc préservée suite à la fin de la guerre.

La 12ème Division d’Infanterie à pour origine la création de la Division Xanthi à Thessalonique en février 1920 avec les 13ème, 14ème et 15ème RI, ces régiments étant composés de recrues venant de Thrace. Ces trois régiments d’infanterie étant appuyés par le 12ème Régiment d’Artillerie de Montagne.

En mai 1920 elle occupe la Thrace occidentale avant de rallier l’Anatolie. Elle retourne en juillet 1920 en Thrace mais en thrace orientale cette fois. En novembre 1920 la Division Xanthi devient la 12ème DI.

En 1921 placée sous le commandement du prince André, la division est formée du 14ème, du 41ème et 46ème RI, débarquant à Smyrne du 29 mai au 6 juin 1921. Elle participe à la bataille de Kütahya-Eskisehir et de Sakarya à chaque fois sous l’autorité du 1er CA.

Détruite à la bataille de Dumlupinar, elle ne disposait plus à l’époque que de 155 officiers, 2240 hommes, 1010 animaux, 18 canons et 15 mitrailleuses autant dire rien. Elle rallie Chios le 31 août 1922, fusionnant avec la Division Indépendante pour former une nouvelle 12ème DI à Feris au sein de l’Armée d’Evros (octobre 1922). Elle reste en Thrace occidentale après le traité de Lausanne.

La 13ème Division d’Infanterie est créée en décembre 1913 avec trois régiments d’infanterie (2ème RI, 3ème RI et 5ème régiment d’evzones), la division dépendant du 1er Corps d’Armée. Elle dissoute en 1916. Reconstituée à la fin du conflit, elle combat sur la rivière Strymon au sein d’un 1er CA.

En 1919 elle est envoyée en Russie pour combattre les bolcheviques et soutenir les Blancs. Dès juin 1919, elle rallie la région de Smyrne pour des tâches d’occupation et non de combat du moins dans l’immédiat puisqu’elle participe à la bataille de Sakarya, à la Bataille de Gediz (24 octobre au 12 novembre 1921).

Durant ce conflit les grecs sont opposés aux 11ème et 61ème DI turques avec des unités irrégulières.

Les résultats sont tactiquement incertains mais stratégiquement les grecs doivent évacuer Gédiz pour gagner leurs quartiers d’hiver et les turcs rentrent peu après dans Gédiz) et la Bataille de Dumlupinar (26-30 août 1922). La division est dissoute à la fin du conflit.

D’une guerre à l’autre

Dire que l’armée grecque sort sonnée de la guerre gréco-turque est un doux euphémisme. C’est le pays entier qui est ébranlé, ébranlement qui sera fatal à la monarchie mais comme nous le savons la république ne fera guère mieux que la monarchie.

Naturellement le retour au temps de paix entraine une réduction des effectifs. C’est ainsi qu’en 1930 l’armée de terre grecque ne comprend que dix divisions réparties pour huit d’entre-elles au sein de quatre corps d’armées, les deux dernières étant indépendantes. On compte également une brigade déployée sur les îles de la mer Egée.

Comme après une autre humiliation militaire (la guerre gréco-ottomane de 1897), la Grèce cherche à l’extérieur l’aide nécessaire pour réorganiser son armée. Elle se tourne à nouveau vers la France qui de 1925 à 1932 va maintenir une mission militaire.

Rappelons qu’après le premier conflit mondial de nombreux pays vont soliciter la France pour bénéficier de son savoir. Comme de mieux que la meilleure armée du monde pour augmenter ses capacités militaires !

C’est en octobre 1924 que la France est officiellement sollicitée par le gouvernement grec. Le général Guillaumat qui connaissait parfaitement le pays pour avoir commandé les troupes alliées sur le front de Macédoine durant le premier conflit mondial est envoyé comme éclaireur. Il approuve la demande grecque.

En mars 1925 le général Nicolas Georges Girard arrive sur place. La principale action de cette mission est la création d »une Ecole Supérieure de Guerre. Rappelons que l’une des causes du désastre en Asie mineure fût le remplacement d’officiers expérimentés par des officiers royalistes moins expérimentés et peut être moins compétents. Girard estt remplacé en avril 1928 par le général Brallion lui même remplacé en 1931 par le général Julien Goubard qui va rester jusqu’en 1932.

L’instabilité du pays ne permet pas une véritable modernisation de l’armée qui en septembre 1939 est mal équipée, mal entrainée mais reste assez motivée. Les tensions avec l’Italie n’ont heureusement pas dégénérés en conflit ouvert car si cela avait été le cas nul doute que l’armée héllène aurait du mal à résister à une attaque italienne décidée.

Durant la guerre de Pologne la Grèce reste neutre mais comme nombre de pays cela sert d’électrochoc et l’armée grecque va bénéficier d’un certain nombre d’investissements pour aboutir à une armée mieux équipée, mieux entrainée et capable de tenir le temps que par exemple les franco-britanniques interviennent en force tout comme durant le premier conflit mondial.

Durant la Pax Armada, l’armée de terre grecque bénéficie comme nous le savons des bons soins de la MMFG, la Mission Militaire Française en Grèce (MMFG) dirigée par le général Georges.

Le général Georges en compagnie du général Gort durant la guerre de Pologne

Cette mission composée de 97 officiers et sous-officiers va servir d’officine de renseignement (ce qui provoquera quelques incidents avec des officiers grecs moins proches des alliés) et de passeurs de savoir, la MMFG promouvant les dernières créations de ce qu’on peut appeler par anachronisme le Complexe Militaro-Industriel français et transmettant les derniers progrès d’une armée française qui effectue sous l’impulsion du Général Villeneuve une véritable révolution culturelle.

Des textes sont ainsi traduits en grecs, des relations sont noués avec les généraux appelés à commander sur le front mais à la différence de la Yougoslavie, la Grèce ne suit pas les conseils français pour améliorer le processus de mobilisation ce qui sera à l’origine d’un certain nombre de problèmes en 1948.

Le char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39 symbolise la modernisation de l’armée grecque

Sur le plan matériel, on assiste à une relative modernisation mais les lacunes sont en septembre 1948 encore importantes. Comme le dira un officier grec «Trop de lacunes, trop de demandes et pas assez d’argent».

Mitteleuropa Balkans (180) Grèce (24)

ARMEE DE TERRE

Miscellanées historiques

Avant-propos

Dans cette partie je vais balayer rapidement l’histoire militaire grecque au travers de batailles, de grandes figures, d’armées, d’unités. Une sorte de pot-pourri que j’avais voulu réaliser pour la marine mais sans y trouver un bon angle d’attaque. Je pense l’avoir trouvé pour cette partie.

Hoplites

L’hoplite est le fantassin lourd de la Grèce antique c’est le soldat d’élite grec par excellence. Devant payer son équipement, l’hoplite est donc un citoyen aisé qui doit défendre ses biens ce qui le rend selon les penseurs grecs plus apte à défendre la cité.

L’origine du terme est incertaine. Selon Thucydide cela viendrait du mot hoplon (bouclier) mais le problème c’est que les autres historiens appellent le bouclier astis. L’hypothènse la plus couramment admise est que le terme hoplite vient de ta hopla qui regroupe les armes et la protection.

L’équipement se compose d’un casque (kranos), une cuirasse (thorax), des protége-tibias (knémides), un bouclier (hoplon/aspis), une ou deux lances (dory) et une épée courte (xyphos ou kopes).

Naturellement cet équipement de base évolue vers un allègement de la protection pour gagner en mobilité. En ce qui concerne l’armement, on voit l’abandon d’une lance sur deux en raison du développement des armes de jet. Selon certaines études, le poids de l’équipement serait de 30kg soit pas vraiment supérieur à celui d’un soldat moderne qui porte casque, gilet pare-balles et paquetage.

L’apparition de l’hoplite combattant en phalange est incertaine. Elle daterait probablement du 8ème siècle avant notre ère.

Peltaste

Venant du mot Pelté (bouclier léger), c’est l’infanterie légère grecque qui apparaît au 4ème siècle, des unités de mercenaires des époques classiques et hellénistiques.

Vennant essentiellement de Thrace avant qu’autres régions fournissent ce type d’unité, les peltaste ne sont pas protégés, disposant d’un bouclier rond ou en croissant en osier, de javelots et d’épée.

Initialement ils forment des unités d’appoint servant à contrer la cavalerie ennemie en lançant des javelots. Ils sont également utilisés pour la poursuite. A plusieurs reprises des unités de peltaste l’ont emporté contre des hoplites pourtant plus lourdement protégés et armés.

A l’époque hellénistique ils sont toujours là. On trouve des thraces, des illyriens, des agrianes, l’équipement s’alourdit ce qui s’inscrit dans un mouvement plus général. Le petit bouclier est ainsi remplacé par un bouclier ovale le thureos qui serait d’origine celte.

Gymnète

C’est une autre unité d’infanterie légère. Il ne dispose pas d’armure, portant une simple tunique appelée chiton. Son nom signifiant nu, on comprend que sa protection est inexistante. Il est armé d’un arc, d’une fronde, de javelots. Il peut aussi disposer d’une épée (machaira) ou d’un gourdin.

A Sparte cette unité était issue des hilotes. Ils lancent des projectiles avant de se retirer au profit des hoplites. Très utiles dans les embuscades et la petite guerre, ces unités ont longtemps été méprisées ils acquièrent une importance croissante suite à la deuxième guerre médique et surtout à la Guerre du Péloponnèse, une guerre totale qui impose toujours plus de soldats sur le terrain.

Avec le temps les peltastes sont devenus spécialistes du javelot, les gymnètes étaient désormais surtout des archers et des frondeurs.

Phalange

Phalange grecque

En grec ancien la Phalanx désigne une formation de lanciers qui l’emporte par un choc frontal. Les grecs ne l’ont cependant pas inventé puisqu’on trouve des unités de ce type à l’époque sumérienne.

La plus connue c’est la phalange hoplitique des cités grecques de l’époque classique même si la phalange macédonienne et sa célèbre sarisse peut lui contester ce titre.

La phalange macédonienne de Philippe II et d’Alexandre le Grand était connue pour sa manoeuvrabilité ou la protection était plus légère que celle des cités-Etats du sud de la Grèce.

Sous les diadoques elle s’alourdit à nouveau. Elle succombera sous les coques de la légion romaine plus souple et plus évolutive.

La phalange hoplitique apparaît au 8ème siècle, Homère évoquant une formation hoplitique dans son célèbre poème épique l’Illiade. Elle prend sa forme définitive au 7ème siècle en profitant d’un certain nombre de progrès techniques, politiques et culturels :

-Apparition du bouclier rond (aspeis koite) de 90cm de diamètre

-Apparition du casque corinthien parfois à cimier fait d’une seule pièce de bronze martelée

-La phalange est un outil politique en faveur des tyrans qui s’appuient sur les masses face à l’aristocratie. Cela n’empêchera pas la phalange hoplitique de symboliser également la démocratie.

-Le développement culturel (mise en place de la cité et de ses institutions) et économique (augmentation de la richesse) favorise la mise en place de la phalange.

Comment opère-t-elle ?

Arrivée sur le lieu de la bataille les hoplites se déploient sur huit à douze rangs. Solidement protégé, l’hoplite offre fort peu de parties de son corps vulnérables aux coups.

La phalange opère avec la cavalerie (même si les unités montées ont un rôle secondaire à l’époque) et des troupes légères armées d’arcs, de javelots et de frondes.

L’assaut est frontal au pas de course pour réduire le temps d’exposition aux armes de jets.

Les thébains ont modifié l’engagement des hoplites avec l’ordre oblique qui voit l’engagement de 25 ou 50 rangs de profondeur. Le grand stratège Epaminondas met ses meilleures troupes à gauche son aile marchante face aux meilleures troupes adverses ce qui est une surprise tactique et psychologique.

Les hoplites doivent être en bonne condition physique mais l’entrainement collectif est sommaire se limitant aux manœuvres. L’incertitude vulnérabilise la phalange. Sous Philippe II de Macédoine, la phalange évolue avec l’apparition d’une unité d’élite les Pezhetairoi (Compagnons à pied). Otage à Thèbes, le père d’Alexandre le Grand s’inspire de ce qu’il voit dans la cité d’Epaminondas pour réorganiser et moderniser son armée.

Au début de son règne, le royaume de Macédoine est un royaume pauvre. Les piquiers macédoniens sont légèrement armés avec une sarisse, une pique d’infanterie longue de 5 à 7m pouvait être utilisé en charge ou en défense (plantée dans le sol, elle peut repousser les charges de cavalerie). Le bouclier passe de 90 à 60cm de diamètre, le casque est plus simple en fer, la cuirasse en fer est réservée aux officiers.

En charge les quatre premiers rangs décalés d’un mètre abaissent leur sarisse, formant un mur de pique, les rangs suivants l’inclinant légèrement vers l’avant pour protéger les quatre premiers rangs des flèches et des traits ennemis. Pour le combat au corps à corps l’armement est complété par une épée en fer.

La phalange macédonienne passe à seize rangs de profondeur. L’entrainement est bien plus poussé qu’ailleurs, les soldats macédoniens à l’instar des prussiens du Grand Frédéric deviennent de véritables automates. La discipline est bien plus stricte.

Au simple choc frontal comme jadis, Philippe II ajoute des manœuvres savantes pour semer la surprise et le desarroi dans les rangs ennemis.

Sous Alexandre la phalange occupe la cavalerie se chargeant du choc et de la manœuvre. Durant son expédition l’armée s’adapte en permanence avec des contingents locaux.

La phalange possède les défauts de ses qualités : son caractère compact la rend peu souple en cas d’imprévu, la rend peu souple en terrain accidenté et vulnérable à toute autre attaque autre que frontale.

Ces défauts seront accentués à l’époque hellénistique où les soldats seront lourdement protégés et armés. Cela pouvait aller tant que la phalange affrontait une autre phalange mais face à une troupe plus mobile et moeux entrainée comme la légion manipulaire, les défauts devenaient rédhibitoires.

Leuctres, ordre oblique et bataillon sacré

A la fin du quatrième siècle, Thèbes supplante Sparte comme puissante dominante du monde grec, puissance qui passe par un outil militaire de pointe symbolisé par plusieurs choses : un stratége (Epaminondas), un tactique (l’ordre oblique qui sera remis au goût du jour par Fréderic le Grand) et une unité d’élite, le bataillon sacré dont le nom sera repris par une unité commando de l’Armée Grecque de Libération.

La légende à fait du Hieros Lochos une troupe invincible unie par un lien homosexuel. Cette histoire notamment propagée par Plutarque est certes en partie vraie mais il faut rappeler que dans la Grèce antique l’homosexualité était considérée comme normale.

En réalité ce qui faisait la force du bataillon sacré c’est tout simplement qu’ils étaient des professionnels parmi les amateurs.

Forcément quand vous passez votre temps à vous entrainer et que vous êtes engagés face à des militaires à temps partiel comme c’est la majorité des cas dans les cités grecques forcément vous faites la différence. Si cette unité est l’une des plus célèbres de l’histoire militaire grecque, elle n’est pas unique puisqu’à on trouvé des unités semblables à Argos et à Elis.

Cette unité est équipée comme tout hoplite de l’époque à savoir un casque de bronze (plus léger et moins encombrant que ceux des guerres médiques), une cuirasse de lin doublé au lieu du bronze lourd et onéreux, une lance qui une fois brisée est remplacée par une épée qu’elle soit à double (Scythos) ou simple tranchant (Kopis). Le bouclier appelé aspis koilé mesure 90cm de diamètre.

Cette unité connait son baptême du feu en 375 où elle triomphe des redoutables spartiates mais son chef d’oeuvre c’estt 371 et la bataille de Leuctres où Epaminondas inflige une cuisante défaite aux spartiates et à leurs alliés.

Il utilise pour cela l’ordre oblique, renforçant son aile marchante avec 50 rangs d’hoplites contre 8 à 12 habituellement. Au chox frontal jusqu’ici utilisé lors des combats entre cités, le stratège thébain préfère la manœuvre et le débordement.

L’hégémonie thébaine ne dure cependant pas. En 362 Epaminondas est tué à la bataille de Matinée contre les athéniens et les spartiates. La cité de Béotie épuisée ne peut rien faire face à la montée en puissance du royaume macédonien.

En 338 à la célèbre bataille de Chéronée, le bataillon sacré est quasiment anéanti. Sur les 300 hommes de son effectif seuls six vont survivre, intégrant la garde personnelle du père d’Alexandre le Grand.

L’armée d’Alexandre de Macédoine à la conquête du monde

Buste d’Alexandre III

L’armée d’Alexandre c’est surtout celle de son père Philippe II de Macédoine qui en quelques années transforme un petit royaume considéré comme semi-barbare par les grecs du Sud en nouvelle puissance du monde héllénophone succédant à la cité de Thèbes.

Longtemps le père d’Alexandre le Grand est passé dans l’histoire pour roi ivrogne et bon à rien alors qu’il était au contraire un stratège brillant et un fin politique. En même temps comment paraître brillant quand on à pour fils un conquérant qui à fasciné des générations de rois et d’empereur impatients de l’imiter voir de l’égaler…… .

Quand il devient roi en -359, Philippe II ne dispose que d’une petite armée avec certes une cavalerie bien entrainée mais de taille réduite. De plus son infanterie est composée de paysans levés au coup par coup donc peu ou pas entrainés, peu ou pas armés. En ce qui concerne les effectifs on estime qu’il passe de 10000 fantassins et 600 cavaliers à 20000 fantassins et 3000 cavaliers.

Bien entendu l’armée macédonienne n’est pas passé de l’indigence à l’opulence du jour au lendemain. Très pragmatique le père d’Alexandre le Grand à réformé progressivement son armée, testant, se trompant avant de réussir. Ses sources d’inspiration sont à chercher à Thèbes où otage il à pu observer nombre de choses.

Il n’à probablement pas créé la phalange, elle existait probablement avant même son avènement même si aucune source n’existe à ce sujet mais comme nous le savons l’absence de sources ne signifie pas absence du dit phénomène tout comme une loi interdisant un phénomène ne signifie pas la disparition du dit phénomène surtout si cette interdiction est répétée à de multiples reprises.

L’armée macédonienne fonctionne selon un système militaire complet. La phalange et la cavalerie lourde opèrent ensemble. A la cavalerie lourde le choc, à la phalange l’occupation du terrain. C’est d’autant plus efficace qu’ailleurs la cavalerie n’est pas très développée faute de volonté et probablement de moyens. On trouve également des unités de cavalerie légère pour l’éclairage, le flanquement et la poursuite.

A ces deux entités majeures s’ajoutent des troupes légères notamment les javeliniers (lanceurs de javelots) et les frondeurs. Elles désorganisent la phalange adverse avant le choc mais sont aussi utilisées pour la petite guerre qui à existé bien avant Clausewitz.

On trouve des archers crétois et scythes, des frondeurs (peltastes) thraces et agrianiens (Bulgarie actuelle) et illyriens.

On trouve également ce qu’on appelle les hypaspites ou porte-boucliers qui doivent assurer la protection rapprochée de la phalange.

En temps de paix les effectifs sont modestes avec un noyau mobiliaire, des mercenaires (que l’on retrouve surtout chez les troupes légères) et la garde ou hetaroi. En temps de guerre des recrues sont levées à cette occasion.

Alexandre poursuivra l’oeuvre de son père mais sa principale différence sera d’engager davantage les armes de jet.

Si son père les utilisait uniquement pour les sièges, lui les utilisait aussi dans des batailles rangées probablement parce que le contexte était différent : batailles isolées ou campagnes limitées pour l’un, campagne de longue durée en terrain étranger pour l’autre.

La phalange continuera d’évoluer sous les diadoques, elle s’alourdira et perdra la mobilité de celle de Philippe II et d’Alexandre. Les guerres entre les anciens lieutenants d’Alexandre le Grand verront l’opposition de deux phalanges toujours plus lourdes, toujours plus protégées et toujours moins mobiles ce qui aura de terribles conséquences quand les phalanges affronteront des légions plus mobiles, mieux structurées et surtout habituées à affronter des adversaires différents.

Phalange vs Légion

Comment la Légion romaine à vaincu la Phalange grecque ? Les grecs sont choqués par l’agressivité romaine. Face à des troupes hellénistiques habitués au combat à la sarisse à distance ils voient des romains lancer leurs javelots puis chercher le combat au corps à corps où leur entrainement au gladius (les légionnaires s’entrainent avec des épées en bois plus lourdes ce qui est un plus évident) fait la différence.

La phalange grecque très efficace, redoutable en terrain plat est vite mise en difficultés sur un terrain accidenté. La Légion plus souples avec ses manipules et ses centuries est plus adaptable.

D’autres facteurs clés vont faire la différence : recrutement et prime à l’expérience (on encourage l’initiative permise par un meilleur encadrement), discipline de fer, équipement qui rend le légionnaire capable de s’adapter à une situation imprévue (les romains contrairement aux grecs ont affrontés des adversaires très variés) et pratique de ce qu’on pourrait appeler par anachronisme le RETEX.

Comme les carthaginois l’ont appris à leurs dépends, les romains peuvent perdre une, deux, trois batailles mais si ils ont décidé de remporter un conflit ils mettent tout en œuvre pour aboutir à cet objectif.

Les macédoniens étaient équipés d’une longue lance (7 à 8m), une sarissa utilisable pour le choc collectif et non comme arme individuelle ou comme arme de jet. Le légionnaire dispose lui d’un armement nettement plus variés avec deux pilum, un javelot utilisable également une lance mesurant entre 1.65 et 1.70m (manche en bois de 95cm, pointe en fer de 70 à 75cm), un gladius une épée courte de 60 à 70cm et un poignard de 20cm.

Aux côtés des légions et des phalanges on trouve des unités auxiliaires, des unités complétant l’action de ce qu’on pourrait appeler le «corps de bataille».

Les greco-macédoniens ont employé des troupes légères thraces, des cavaliers thessaliens, des archers crétois, des cathaphractaires (cavaliers cuirassés ancètres de nos chevaliers du Moyen-Age), des éléphants et des chars de guerre.

Cette intégration sera aussi faite par les romains avec leurs troupes auxiliaires mais ils veilleront à ne pas se laisser déborder et perdre en cohésion à la différence des armées hellénistiques qui ressembleront à la fin à des agrégats de troupes variées sans cohésion avec parfois des unités à la volonté et à la loyauté douteuse.

Miscellanées sur l’armée byzantine

Cathapractaire

Faisons maintenant un bon dans le temps en parlant de l’armée byzantine, l’armée de l’Empire Romain d’Orient qui allait peu à peu abandonné son côté latin au profit de son côté grec, Justinien étant considéré comme le dernier empereur romain siégeant à Byzance.

Commençons d’abord par présenter l’armée byzantine (promis je serais synthétique). C’est l’héritière des légions romaines, la langue de commandement était le latin puis le grec à partir du 6ème siècle qui correspond au basculement de Byzance du côté grec.

Si l’armée romaine avait basé ses succès sur l’infanterie, sa descendante s’appuyait davantage sur la cavalerie notamment les Kataphractos (cataphractaires) qui sont une évolution d’une unité de cavalerie romaine datant de l’époque d’Hadrien (Clibanarii). L’infanterie intervient davantage en soutien de la cavalerie.

Du côté de l’infanterie on trouve de l’infanterie lourde (Skutatoi puis Kontarioi) et de l’infanterie légère composée essentiellement d’archers (psiloi).

A cette force composée de volontaires et de conscrits s’ajoute des mercenaires notamment la célèbre garde varègue.

Sous Justinien sur le plan de l’organisation les lourdes légions manipulaires ont fait place à des unités plus petites et plus souples appelées tagma/numerus, des unités de 300 à 400 soldats.

Deux tagmata (le pluriel de tagma) ou plus forment une brigade (moira), deux brigades ou plus formaient une division ou meros.

Sous Justinien on trouve six grands ensembles :

-La garde présente à Constantinople et dans ses environs immédiats

-Les comitatenses/Stratiotai (force de manœuvre)

-Les limitanei ou troupes frontalières

-Les foederati (fédérés) composées uniquement de barbares fédérés puis mixtes à partir du 6ème siècle

-Les alliés : troupes recrutées chez les barbares non fédérés (Huns, Herules et Goths essentiellement). Ces unités sont commandés par leurs propres chefs, recevant des terres et une subvention annuelle.

-Les bucellaires : armées privées des généraux et aux préféts du prétoire. Leur niveau d’entrainement et d’équipement dépendait de la richesse de leur propriétaire.

Sous l’empereur Justinien les effectifs sont estimés à 300 à 350000 hommes mais en campagne pour des raisons logistiques on ne déploie pas plus de 20 à 25000 hommes.

L’équipement évolue au contact notamment des perses : côte de mailles, cuirasse, casques et jambières.

Sous Constant II (empereur de 641 à 668) le dispositif militaire est réorganisé avec la mise en place des thèmes, des circonscriptions gérées par des stratèges où des hommes en assurent la mise en valeur et la défense. Les thèmes sont d’abord très grands mais après plusieurs révoltes aristocratiques, le nombre augmente et leur taille se réduit. C’est ainsi qu’on passe de 4 à 38 en quelques années seulement.

Après ces premières révoltes les empereurs se découvrent le besoin de posséder non pas une simple garde mais une véritable armée qui leur soit fidèle. Une admnistration séparée prend sous son contrôle les tagmata.

Parmi ces unités on trouve des unités prestigieuses et d’autres qui le sont moi. C’est ainsi qu’on trouve les Scholai (écoles) descendants directs des gardes impériales de Constantin, les Esckoubitoi (vigiles) établies par Léon 1er, les Arithmoi (nombres) ou Vigila (la veille) établis entre la fin du 5ème et le début du 6ème siècle et les Hekamatoi (capables) établis par Nicephore 1er.

Ces unités étaient des bataillons de cavalerie dont les effectifs variaient entre 1000 à 6000 hommes avec en moyenne 4000 hommes.

On trouvait également des unités d’infanterie comme les Noumeroi, les Optimatoi et le Tagma ton Teikhon qui comme son nom l’indique assurait la défense des murs de la cité. A noter que la Vigila et les Noumeroi assistait la police de Constantinople.

L’armée byzantine était bonne dans l’ensemble mais elle possédait une faiblesse importante : elle dépendait beaucoup de la personnalité de l’empereur. Un chef décidé, un stratège charismatique et elle donnait le meilleur d’elle même mais en revanche un empereur faible et l’armée se désintégrait sur ses bases.

Au Moyen-Age sous les Comnène on trouve une armée professionnelle et disciplinée. On trouve la garde varègue une unité d’infanterie et les Immortels une unité de cavalerie lourde, ces deux unités étant stationnées à Constantinople.

On trouve des unités légères dans les provinces avec des recrues venant essentiellement de Macédoine, de Thessalie et de Thrace, les unités étant des unités d’infanterie et de cavalerie.

Avec l’affaiblissement de l’empire, les unités de mercenaires augmentent avec tout ce que cela comporte d’indiscipline et de fidélité douteuse. A la chute de Constantinople en 1453, l’armée byzantine défendant la capitale comprend 7000 hommes dont 2000 mercenaires étrangers (essentiellement génois).

Garde varègue

Reconstitution moderne de gardes varègues

Appelée aussi Garde varègue, la Tagma ta Varangon était une unité militaire byzantine composée de soldats venus d’abord du monde scandinave puis de plus du monde anglo-saxon.

En 874 les Rus (des vikings qui donnèrent naissance à la Russie) rentrent au service de l’Empire byzantin. La garde varègue est officiellement fondée en 988 par Basile II Bulgaroctone.

Ce dernier (NdA mon empereur byzantin favori) devait faire face aux rébellions de Bardas Phocas et de Bardas Skléros et n’avait pas confiance dans sa garde byzantine. Un traité signé avec la Russie kiévienne de Vladimir 1er permet l’envoi d’un contingent de 6000 hommes.

Jusqu’au 11ème siècle, les gardes varègues sont essentiellement scandinaves (Suède, Danemark, Norvège, Islande) mais après la conquête normande de l’Angleterre (1066) nombre d’anglo-saxons s’enfuient et s’engageant dans cette garde.

Outre la protection de l’empereur, cette garde à été engagée en Italie au 11ème siècle contre les normands et les lombards. La garde défend la ville de Constantinople en 1204, les croisés évitant les remparts défendus par les guerriers scandinaves et anglo-saxons.

Disparaissant suite à cet événement dont l’empire byzantin ne se révélera jamais vraiment, la garde varègue renait à Nicée sous la forme d’un régiment de porteurs de hache (Keltai Pelekophroi), l’un des cinq régiments de la garde. Ce régiment veille également sur le trésor impérial.

Les gardes varègues affichent une grande loyauté à l’empereur en fonction ce qui étonne les grecs habitués aux complots et au «machiavélisme». Je dis bien en fonction et non à l’homme car dès qu’un empereur était détroné et/ou assassiné, les gardes prêtaient serment à son successeur surtout après avoir pu se servir dans le trésor impérial.

Les sources se font plus discrètes à partir du début du 15ème siècle, la garde varègue passant alors de l’histoire à la légende.

Cataphractaires

Appelés en grec Kataphractos (entièrement protégé) ce sont des cavaliers lourds qui sont les ancètres de nos chevaliers médievaux. Ils sont appelés indifférement cataphractaires et cataphractes.

Le cavalier et la monture sont recouverts d’une cote de maille et leur armement principale est la lance appelée contus.

Ce n’est pas une exclusivité byzantine puisqu’on à trouvé ce type d’unité chez les Scythes, les Sarmates, les Achéménides séleucides, les Pathes, les Alains, les Sassanides, les romains, les arméniens et donc les byzantins.

L’armée romaine dont est issue l’armée byzantine à longtemps négligé la cavalerie. On trouvait bien des unités montées mais les equites étaient des unités de cavalerie légère surtout utilisées pour la poursuite et l’éclairage.

Ce n’est que très progressivement que des cavaliers lourds vont intégrer l’armée romaine. On trouve la mention d’une unité auxiliaire de cataphractaires sarmates sous le règle d’Hadrien mais il faut attendre le 3ème siècle quand la cavalerie lourde arrive en force sous le règle de l’empereur Gallien (253 à 268) à une époque où l’armée romaine à été totalement réorganisée avec une armée montant la garde aux frontières et une force d’intervention composée essentiellement d’unités montées. On trouve par exemple 5500 cataphractaires sarmates en Bretagne au 2ème siècle.

Les cataphractaires portaient une côte de maille, une lance de 4m semblable à la sarisse grecque, pas d’étriers, un fouet, une hache (NdA on ne sait pas si il s’agissait d’une arme de guerre ou de parade) et un arc.

Les cataphractaires disparaissent des sources à la fin du 10ème siècle mais seraient apparus sous la dynastie des Comnènes. L’Empire byzantin à disposé de cavaliers lourds jusqu’à la fin.

Mitteleuropa Balkans (166) Grèce (10)

La Grèce dans les guerres balkaniques

En bref….

Au début du 20ème siècle la poudrière des Balkans n’à jamais aussi bien porté son nom avec de nombreuses tensions entre états chrétiens et l’empire ottoman mais aussi entre états chrétiens qui se querellent entre eux.

Avant le conflit on assiste à une préparation diplomatico-militaire entre les nations européennes mais cette alliance est biaisée par des intérêts clairement divergents entre les participants de la Ligue Balkanique.

C’est ainsi que si les bulgares, les serbes et les monténégrins mettent en place en commun leurs plans de guerre, ils n’invitent pas les grecs. Normalement les serbes et les monténégrins doivent attaquer dans le Sandjak, les bulgares et les serbes en Macédoine et en Thrace.

Face à ce déploiement de force important l’empire ottoman sera handicapé par l’incapacité de sa marine à couvrir le passage en Europe de troupes stationnées en Asie Mineure et dans la partie arabe de l’empire.

Trois états-majors sont ainsi mis sur pied pour gérer les fronts multiples à venir : le QG de Thrace installé à Constantinople pour faire face aux bulgares, le QG de l’Ouest à Salonique pour faire face aux grecs et enfin celui du Vardar à Skopje pour faire face à l’armée serbe.

La première guerre balkanique à lieu du 8 octobre 1912 au 30 mai 1913. Elle oppose les signataires de la Ligue Balkanique (Bulgarie, Serbie, Grèce et Monténégro) à l’Empire ottoman et se termine par une victoire éclatante des pays européens contre une Sublime Porte qui mérite plus que jamais son statut d’homme malade de l’Europe. Il faut dire que 350000 ottomans affrontent 600000 bulgares, 220000 serbes, 115000 grecs et 35000 monténégrins.

La deuxième guerre balkanique qui à lieu du 29 juin au 10 août 1913 oppose la Bulgarie à ses anciens alliés (mais aussi à l’empire ottoman) suite à des désaccords sur le partage des dépouilles ottomanes. Environ 500000 bulgares affrontent 348000 serbes, 330000 roumains, 255000 turcs, 148000 grecs et 12800 monténégrins.

Les bulgares prennent l’initiative des opérations mais les serbes et les grecs repoussent cette attaque.

Les serbes et les grecs attaquent à l’ouest et au sud, la Roumanie attaque au nord et l’empire ottoman en Thrace pour reconquérir Andrinople. Ce conflit allait se terminer par un armistice suivit du traité de Bucarest qui allait voir la Bulgarie s’en sortir à très bon compte.

La Grèce et les guerres balkaniques

Dans cette partie je ne vais pas détailler le recit de ces deux conflits qui annoncent le premier conflit mondial mais je vais essayer de me focaliser sur les événements qui concernent la Grèce et pas les autres pays.

Durant le premier conflit, la Grèce combat essentiellement sur deux fronts : le front de Thessalie et de Macédoine à l’est, le front de l’Epire à l’ouest. Si les troupes terrestres grecques font mieux que se défendre c’est surtout la marine héllène qui va jouer un rôle capital en prenant et en conservant le contrôle de la mer Egée empêchant les ottomans de se transférer entre l’Asie mineure et l’Europe des troupes.

Qui dit conflit dit armée. Les armées des Etats balkaniques sont équipées et organisées à l’européenne, à l’occidentale avec des armes fournies essentiellement par la firme allemande Krupp et par la firme française Schneider. L’artillerie des différentes armées est plutôt moderne mais l’infanterie puisée essentiellement dans la paysannerie en dehors de sa solidité et sa rusticité semble inférieure à des infanteries de pays plus développés.

De son côté l’armée ottomane avait été reformée et réentrainée fin 19ème par les allemands ce qui porta ses fruits durant la guerre greco-ottomane de 1897. Elle connait alors une période de déclin et les réformes menées par les «Jeunes Turcs» à partir de 1908 n’ont pas encore porté leurs fruits.

De plus l’armée régulière ou nizam est certes bien équipée bien entrainée mais hélas peu nombreuse à la différence de la réserve ou redif mal équipée mal entrainée et même peu sure car recrutée dans des ethnies et des nationalités qui n’ont rien à gagner à mourir pour la Sublime Porte.

L’armée grecque aligne 25000 hommes en temps de paix et peut compter sur 110000 hommes après mobilisation.

Elle comprend initialement quatre divisions d’infanterie (avec un régiment d’artillerie à trois groupes de trois batteries de quatre canons soit 36 canons de 75mm Schneider-Danglis modèle 1906/09), six bataillons d’infanterie légère les fameux evzones, trois régiments de cavalerie, deux régiments d’artillerie de montagne et un bataillon d’artillerie lourde.

L’Armée de Thessalie sous le commandement du diadoque (prince héritier) Constantin concentrée autour de Larissa comprend les 1ère, 2ème, 3ème 4ème division, 5ème, 6ème et 7ème divisions, une brigade de cavalerie, quatre bataillons d’evzones, deux compagnies du génie, deux compagnies télégraphiques, un bataillon d’artillerie de garnison, trois compagnies de brancardiers, huit hôpitaux de campagne, deux bataillons de la garde nationale et les services de QG.

Cela représente 100000 hommes, 23000 chevaux et animaux de bât, 3500 véhicules et 70 mitrailleuses.

L’Armée d’Epire placée sous le commandement du général Konstaninos Sapountzakis déployée à l’est d’Arta est nettement plus faible avec quatre bataillons d’evzones, un régiment d’infanterie à trois bataillons, un bataillon de garde nationale, une compagnie de cavalerie, un bataillon d’artillerie de campagne, un bataillon d’artillerie de bât et les services de QG soit 10500 hommes, 4200 chevaux et animaux de bat et 400 véhicules.

On note également la présence d’une Armée de l’intérieur avec 17000 hommes, 2900 chevaux et animaux de bat et 1800 véhicules qui sert de réserve.

La Grèce possède une poignée d’avions utilisée pour la reconnaissance et l’observation et surtout d’une puissante marine avec un cuirassé (Averoff), seize destroyers et 19 torpilleurs qui va couper en deux le dispositif ottoman et empêcher Constantinople de faire passer des troupes d’Asie en Europe.

Le 29 septembre 1912 Athènes décrète la mobilisation générale. Les classes 1910 et 1911 récemment libérées sont rappelées, les réservistes des classes 1893 à 1909 sont mobilisées. La Crète qui n’appartient pas officiellement à la Grèce mobilise des troupes tout comme des volontaires étrangers notamment une brigade commandée par Riccioti Garibaldi le fils de. On trouve également 77 unités crétoises, 44 unités épirotes et 9 unités macédoniennes.

La Grèce rentre en guerre le 17 octobre 1912. L’Armée de Thessalie à pour objectif la conquête de Thessalonique ville également visée par les bulgares et dans une moindre mesure les serbes. Les militaires préféraient s’emparer de Bitola pour s’emparer de toute la Macédoine. De son côté l’Armée d’Epire à pour objectif majeure la ville d’Ioannina.

L’Armée de Thessalie pénètre dans la région éponyme divisée en deux colonnes. Des irréguliers débarquent en Chalcidique dans le Golfe de Ierissos.

Le 18 octobre, la colonne ouest franchit le col de Meluna, s’emparant des villes d’Elassona et de Deskati. La colonne est marche elle sur Petra. Les ottomans qui s’attendaient à une attaque sur Elassona ont laissé les cols sans défense.

La première véritable bataille à lieu les 21 et 22 octobre. C’est la Bataille du col de Sarantaporo, cinq divisions grecque affrontant deux divisions ottomanes. Les grecs semblent mettre en place un siège le 21 mais en réalité attaquent le lendemain, attaque victorieuse avec 187 morts et 1027 blessés côté grec, 700 tués et 700 prisonniers côté ottoman.

Cela ouvre aux grecs la route de la Macédoine. Les ottomans battent en retraite mais les grecs épuisés ne peuvent se lancer à leur poursuite et ainsi transformer la retraite en déroute. De plus le manque d’éclaireurs rendait les grecs plus prudents, l’armée héllène manquant de renseignements sur l’état réel des forces ottomanes.

L’effort de guerre grec est alors parasité par les querelles entre les militaires et les politiques. Le diadoque Constantin voulu marcher sur Bitola mais son père le roi Georges 1er lui fait comprendre que le plus important c’était de s’emparer de Thessalonique. Constantin s’incline et transfera sa rancoeur sur Venizelos selon le cliché classique du «bon roi entouré de mauvais conseillers».

La ville de Servia tombe le 22 octobre, celle de Kozani le 23 et le 26 l’armée grecque force les cols du Vernion sur la route entre Kozani et Béroia. Le 28 c’est la ville de Katerini qui tombe, deux divisions atteignant la ville de Béroia, une autre le village de Perdikas.

Le 29 octobre 1912 la ville de Naoussa est prise sans combat, la population s’étant révoltée et avait chassé la garnison ottomane.

Le 30 octobre 1912 les villes d’Edessa et de Gidas (aujourd’hui Alexandreia) sont prises. Après les combats autour de Servia, la 5ème division est envoyée vers le nord et la ville de Florina pour préparer une éventuelle avancée vers Bitola.

Le 27 octobre, la ville de Ptolemaida est prise suivit trois jours plus tard de la ville d’Amyntaio. Suite à une contre-attaque ottomane, la division doit se replier en désordre vers le sud-est.

Les 1er et 2 novembre 1912 à lieu la Bataille de Grannitsa. Les grecs mobilisent 80000 hommes face aux 25000 soldats ottomans. Les grecs ont 1200 tués contre 1960 pour les ottomans. Cette sanglante bataille permet aux grecs d’avancer vers l’est direction Thessalonique. Les ottomans avaient détruit le pont routier sur le Vardar mais étonnamment pas le pont ferroviaire.

Le 4 novembre la ville de Nigrita est prise. Le 6 novembre 1912 la ville de Siatista est prise sans combats par le 4ème bataillon d’evzones. Une contre-attaque ottomane est repoussée.

Le 8 novembre 1912 les grecs rentrent à Thessalonique après la rédition négociée de la garnison ottomane. Après de laborieuses négociations, les grecs acceptent que des troupes bulgares s’installent à Thessalonique pour se reposer. Cette course greco-bulgare pour Thessalonique à permis aux ottomans de se replier en bon ordre et préserver l’avenir.

Constantin décide de s’emparer de Bitola. Le 12 novembre, la 6ème division s’empare d’Edessa, la ville de Kelle est prise par le 1er régiment de cavalerie et un bataillon d’evzone le 20 novembre. Le 23 novembre c’est la ville de Kastoria qui tombe alors que le 20 décembre 1912 c’est la ville de Korista qui est prise.

Sur le front d’Epire il est initialement question de rester sur la défensif mais dès le 18 octobre on décide de passer à l’attaque. La ville de Filippiada est prise le 24. Les (maigres) moyens sont divisés en deux colonnes, une avançant vers le nord et Ioannina l’autre devant longer le Golfe Ambracique et descendre vers le sud-ouest et Preveza. Cette dernière colonne connait une forte résistance.

Le 2 novembre 1912 la ville et le fort de Nicopolis sont prises par la 2ème colonne (une compagnie d’infanterie et un peloton de cavalerie). Preveza est prise le lendemain mais la capture de Ioaninna fût plus longue.

Il faut dire que la noix est très dure à casser avec deux divisions d’infanterie et 90 canons de gros calibre. Le 5 novembre le port de Chemarra situé au nord-ouest de Ioaninna est prise pour tenter de perturber le ravitaillement de la garnison ottomane. Le 13 novembre c’est la ville de Metsovo qui est prise suivie le 7 décembre par les villes d’Aghioi et de Saranta mais cette dernière doit être évacuée dès le 10 décembre.

Les grecs assiègent Ioannina mais sont bloqués tout comme les bulgares à Andrinople et les monténégrins à Scutari.

La Grèce ne signe pas l’armistice de Chataldzha et les combats se poursuivent durant tout l’hiver 1912/13. Le siège est compliquée car le blocus n’est pas totalement étanche, les soldats ottomans étant toujours ravitaillés.

En janvier 1913 trois divisions d’infanterie supplémentaires arrivent portant les effectifs à 28000 hommes avec 80 canons et 6 avions. La situation logistique grecque est précaire (mauvais temps, ravitaillement difficile). Les ottomans sont dans une situation délicate avec des habitants hostiles. Le siège est marqué par des duels d’artillerie et par la prise et la perte de fortins.

Le 23 janvier 1913 le diadoque Constantin remplace le général Sapountzakis. Le futur roi concentre ses moyens, ménage ses forces et peut lancer une offensive le 5 mars, offensive décisive car la ville se rend le lendemain.

Leskavik est prise le 7 mars (elle sera rétrocédée à l’Albanie) et Klisoura dès le 3 mars. Konitsa est prise le 5 mars, Neochori et Philiates le 9 mars, Argyrokastro et Delvino le 15 mars, Tepelen le 17 mars. L’avancée est stoppée le 2 avril, l’Italie et l’Autriche-Hongrie refusant que la Grèce ne contrôle l’accès à l’Adriatique.

La marine grecque appuie les attaques terrestres grecques, serbes et bulgares. Le 16 novembre 1912 l’île d’Ikaria est conquise. L’île de Tenedos est prise le 20 octobre 1912 et Lemnos avec son précieux port de Moudros le 28 octobre. Le 31, les grecs débarquent à Thasos, Agios Efostratios et Imbros et le 1er novembre c’est l’île de Samothrace qui est prise. Le port de Smyrne est bloqué. Le 22 c’est Psara qui est prise.

Le 14 novembre 1912 le mont Athos est conquis par les grecs. Le 21 décembre 1912 c’est l’île de Lesbos qui est prise. Le 3 janvier 1913 l’île de Chios est occupée. Le 14 mars 1913 l’île de Samos est prise et annexée à la Grèce.

Il y à deux batailles navales majeures, la Bataille d’Eli le 16 décembre 1912 et la Bataille de Lemnos le 18 janvier 1913.

A cette époque commencent les négociations entre alliés pour se partager les territoires européens de l’empire ottoman. Les premières tensions apparaissent. Les négociations ont lieu également avec l’empire ottoman et les Grandes Puissances.

En avril et mai 1913, la Grèce et la Serbie négocient un traité d’alliance. La Serbie obtenait Monastir, la Bulgarie Andrinople et la Grèce Thessalonique.

Le 18 mars 1913 Georges 1er est assassiné par un anarchiste à Thessalonique. Son fils Constantin immensément populaire devient Constantin 1er et non Constantin XII comme l’aurait souhaité certains grecs pour faire le lien avec Constantin XI Paléologue, le dernier empereur byzantin.

A l’époque on craint une guerre entre la Grèce et l’Italie car le Dodécanèse récemment conquis par les italiens réclamait son incorporation à la Grèce (ce qui sera chose faite en 1950 après l’opération CATAPULT).

La France soutient la Grèce car l’Italie est membre de la Triplice. La Russie refuse de voir la Bulgarie s’approcher trop de Constantinople.

Le Traité de Londres est signé le 30 mai 1913. Tous les territoires ottomans à l’est de la ligne Aimos/Medée passent aux vainqueurs qui doivent se partager les dépouilles.

L’empire ottoman renonçait également à la Crète et aux îles de la Mer Egée. La création de l’Albanie frustrait les objectifs serbes (fénètre sur l’Adriatique) et grecs (conquête de l’Epire du Nord, région à peuplement héllenophone).

La Deuxième guerre balkanique ne va pas tarder à éclater. La pomme de discorde majeure est la ville de Thessalonique. La Serbie et la Grèce ont signé un accord militaire le 12 mai 1913 prévoyant pour la partage des territoires une attitude commune face à la Bulgarie. On note des incidents militaires dès l’hiver 1912/1913.

Très vite des troupes serbes et grecques sont redéployées. Les grecs et les serbes ont moins souffert que les bulgares et doivent surtout défendre des territoires conquis à la différence des bulgares.

121000 soldats grecs sous le commandement direct de Constantin 1er doivent affronter les 36000 hommes de la 2ème Armée bulgare.

Les bulgares attaquent dans la nuit du 29 au 30 juin 1913. Le 30, les grecs chassent les troupes bulgares encore présentes à Thessalonique, des unités pauvrement équipées qui n’avaient aucune chance de tenir face à une attaque grecque décidée.

Du 30 juin au 4 juillet à lieu la Bataille de Kilkis-Lachanas. C’est une victoire grecque décisive avec de lourdes pertes côté bulgare. Le moral est très atteint du côté des troupes de Ferdinand 1er. Les bulgares abandonnent Serves et Drama. La victoire est célébrée par une médaille représentant d’un côté Constantin 1er et de l’autre l’empereur byzantin Basile II dit le Bulgaroctone (le «tueur de bulgares» NdA mon empereur byzantin préféré).

Le 6 juillet 1913 à lieu la Bataille de Dojran, une nouvelle victoire grecque qui entraine une retraite générale des forces bulgares le lendemain. Le 10 juillet la ville de Stromnitsa est prise et le même jour le fleuve Strymon est franchit, la ville de Sidivokastro est prise. Serves est prise le 11 juillet 1913.

La ville de Kato Neurokopi est prise le 19 juillet suivie de Xanthi le 25 juillet. Entre-temps le 23 juillet les grecs pénètrent en territoire bulgare par les gorges de Kresna. Épuisées les troupes grecques s’arrêterent le lendemain. Komotoene est prise le 27 juillet 1913.

Le 29 juillet 1913 les grecs attaquent dans les gorges de Kresna mais cela manque de tourner à la catastrophe. Ce qui sauve les grecs (qui manquent de subir le même sort que les romains à Cannes face à Hannibal) c’est l’attaque roumaine qui menaçait Sofia.

Les Balkans après le traité de Bucarest (1913)

Le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913 voit la Bulgarie conserver une fenêtre sur la mer Egée avec le petit port de Dedeagac, le port majeur de Kavala allant à la grèce. La souveraineté grecque sur la Crète est enfin reconnue. Un traité greco-ottoman est signé à Athènes le 14 novembre 1913.

Durant ces conflits la Grèce à perdu 5169 morts (première guerre balkanique) et 2563 morts (deuxième guerre balkanique), 23502 et 19307 blessés.

La superficie augmente de 70% (64786 à 108606km²) et la population passe de 2.6 à 4.3 millions d’habitants.

La Grèce récupère la Macédoine avec les villes de Thessalonique, Beroia, Edessa et Kavala mais ne peut récupérer l’Epire du Nord confiée au nouvel état albanais. Des échanges de population ont lieu.

Des problèmes politiques ne tardent pas à éclater, les «Vieux grecs» ne considérant pas les nouveaux grecs comme des frères véritables ce qui limite la portée de la Grande Idée. Pas étonnant que Thessalonique ait servit de base de reconquête à Elefthérios Venizelos après qu’il eut été chassé du pouvoir en 1915.

Mitteleuropa Balkans (162) Grèce (6)

Gloire et misère d’un empire : La Grèce aux temps de l’empire byzantin

Les grandes lignes

L’Europe en 888

De 476 à 1453 l’est de la Méditerranée est dominé par un rejeton du glorieux empire romain. Cet Empire Romain d’Orient va peu à peu s’helléniser, Justinien qui règne de 527 à 565 étant considéré comme le dernier empereur romain au sens ancien du terme, le dernier à parler mieux le latin que le grec, le dernier qui rêvait de reconstituer l’empire d’Auguste à son profit.

Plusieurs dynasties se succèdent, on ne compte plus les coups d’état, les assassinats de couloir, les conflits internes. Ces événements ont troublé et scandalisé les historiens classiques mais allez savoir pourquoi les lecteurs contemporains sont passionnés par ces anecdotes.

A plusieurs reprises Byzance connait des périodes brillantes notamment aux 9ème et 10ème avec la dynastie macédonienne et mon empereur byzantin préféré, Basile II Bulgaroctone («Le tueur de bulgares»).

Il y eut hélas de nombreuses périodes noires comme en 1071 avec la défaite de Mantzikert qui provoque la perte de l’Asie mineure au profit des turcs seljoukides.

L’Empire Byzantin en 1263

Après une période de redressement sous les Comnènes, la quatrième croisade de 1204 met l’empire byzantin par terre qui disparaît pendant plus de cinquante ans. Même après sa restauration en 1261, l’empire est considérablement affaiblit. Sans parler de deux cents ans d’agonie il est difficile de considérer la période 1261-1453 comme une période dorée. Le 30 mai 1453 les troupes ottomanes de Mehmet II rentrent à Constantinople marquant la fin de l’empire byzantin et pour certains la fin du Moyen-Age.

Difficile de résumer rapidement dix siècles d’histoire mais on peut essayer de diviser l’histoire byzantine en plusieurs grandes périodes :

Justinien

-De 527 à 711 : Justinien et ses successeurs tentent avec plus ou moins de succès de reconstituer l’empire romain tel qu’il existait à l’époque classique. C’est un échec, les temps ont changé et les moyens ont manqué même si Justinien pouvait s’appuyer sur des généraux brillants comme Narsès et Bellisaire

De 711 à 1204 l’empire romain d’orient devient l’empire byzantin, cessant d’être romain pour devenir entièrement grec. De 867 à 1057 la dynastie macédonienne porte la puissance byzantine au pinacle notamment en mettant par terre l’empire bulgare à l’issue d’une longue série de conflits.

Basile II Bulgaroctone

Après plusieurs années de lutte les Comnènes s’emparent du pouvoir et tentent de redresser l’empire byzantin mais la quatrième croisade porte un coup à l’empire, coup dont il ne se rélevera même après sa pleine et entière renaissance en 1261.

Représentation moderne de Constantin XI Paléologue, dernier empereur byzantin. Tombé lors du Siège de Constantinople, son corps n’à jamais été retrouvé.

De 1261 à 1453 ce sont les Paléologues qui sont au pouvoir. Byzance est devenue une puissance de seconde ordre. Elle devient même vassale de l’empire ottoman.

La Grèce sous l’empire byzantin

Je vais maintenant parler de la Grèce dans l’Empire Byzantin c’est-à-dire grosso modo le territoire actuel de la Grèce.

Le Despotat d’Epire est l’un des états ayant succédé à l’empire byzantin en 1204. Fondé par Michel Comnènes Doukas, il se revendiquait comme le successeur de l’empire byzantin, titre que lui disputait l’empire de Nicée présent en Asie mineure et l’empire de Trebizonde qui se trouvait au bord de la mer Noire, deux territoires que je n’aborderai pas là car n’appartenant pas à la Grèce.

Il ne va réintégrer l’empire restaurré qu’en 1323, la région tombant aux mains des ottomans en 1479.

Centré sur la Province d’Epire et l’Acarmanie, au nord-ouest de la Grèce et sur la partie occidentale de la Macédoine grecque. Il s’étendait également en une mince bande sur la Thessalie et de la Grèce continentale jusqu’à Naupacte (Lepante) au sud.

Sous Théodore Comnène Doukas et l’éphémère empire de Thessalonique, le despotat s’étendit pour incorporer brièvement la partie centale de la Macédoine ainsi que la Thrace jusqu’à Uidynotique et Andrinople (aujourd’hui Edirne).

Ce despotat est progressivement créé entre 1205 et 1216. Les années suivantes voit cet état s’affronter avec ses voisins.

Le Duché d’Athènes est un des états mis en place par les croisés de la 4ème croisade au détriment de l’Empire byzantin. Il s’étendait sur l’Attique et la Boétie avec des frontières aussi floues qu’incertaines. La capitale était Thèbes même si l’Acropole d’Athènes était mise en avant.

Reconstitution d’un mercenaire catalan (Almogavre)

En 1311 les redoutables mercenaires catalans les Almogavres s’emparent du duché et vont le contrôler jusqu’en 1379 quand ils sont supplantés par d’autres mercenaires venus de Navarre. De 1388 à 1456 (sauf 1395 à 1402 avec les vénitiens) le duché est contrôlé par les florentins.

Athènes et sa région tombent aux mains des ottomans en 1456.

Le Duché de Naxos apparaît en 1205 et disparaît en 1579. C’est un état fondé à l’issue de la 4ème croisade. Il s’étend sur une partie des Cyclades et des îles de la mer Egée. Il est centré sur Naxos.

Ce duché fondé par des vénitiens se place rapidement sous la suzeraineté de l’empereur latin de Constantinople. Le système féodal et le système byzantin cohabitent tout comme le catholicisme et l’orthodoxie. Deux dynasties se succèdent, la dynastie des Sanudi (13ème et 14ème siècles) et celle des Crispi (15ème et 16ème siècle).

En 1537 le duché est attaqué par le pirate barbaresque Barberousse qui le soumet à la suzeraineté ottomane, le duché est dissous en 1617.

L’Empire Latin de Constantinople couvre un quart es terres et s’étend à Constantinople, la Thrace et le nord-ouest de l’Asie mineure.

Le Royaume de Thessalonique à une existence brève (1204-1224). C’est un vassal de l’empire latin de Constantinople. Son existence est éphémère, il se termine par la prise de la ville par le despote d’Epire, Théodore 1er Ange et la création d’un empire de Thessalonique encore plus éphémère (1227-1230) après avoir été vaincu par les bulgares.

La Principauté d’Achaïe appelée également principauté d’Achaye ou Principauté de Morée. Vassale du royaume de Thessalonique jusqu’à sa disparition, la principauté née en 1205 va disparaître en 1432.

La capitale est d’abord Andravida jusqu’en 1249 et Mistra qui n’est autre que l’ancienne Sparte. L’Achaïe est investit par les byzantins en 1417, les latins ne conservant que quelques places fortes, les territoires sont intégrés au despotat de Morée.

En 1460 le Péloponnèse est conquise par Mehmed II. A partir de 1307 le royaume de Naples devient la puissance suzeraine de l’Achaie avec des prétendants de Savoie et d’Aragon.

Le Comté de Céphalonie et de Zanthe est une principauté fondée en 1185 dans les îles ioniennes, comté faisant partie du royaume de Sicile jusqu’en 1479 quand les vénitiens prennent le contrôle de Zanthe alors que les ottomans vont occuper Céphalonie jusqu’en 1500 quand les vénitiens récupèrent ce territoire.

Ce comté est issu de la province d’Achaïe. Ces îles sont assiégées par les normands en 1085, pillées par les vénitiens en 1126 avant d’être conquises par les normands, ce comté étant composé d’îles de Céphalonie, de Zanthe, de Leucade et d’Ithaque.

En 1564 ce comté passe sous l’autorité directe de la République de Venise. En 1797 suite au traité de Campo Formio ce comté passe sous l’autorité de la République française qui organise le territoire en trois départements : Corcyre (chef lieu Corfou; Corofu Paxos Bouthrode et Parga), Ithaque (chef lieu Argostoli; Céphalonie, Leucade, Ithaque, Preveza et Vanitsa) et Mer Egée (chef lieu Zanthe; Zanthe, Cythère et Strophades).

En 1799 les russo-ottomans occupent ce territoire qui devient la République des Sept-Iles sous protectorat russe puis à nouveau sous protectorat français. En 1802 les départements sont supprimés, les îles sont réoccupéées de 1807 à 1814 avant de devenir un protectorat britannique jusqu’en 1864.

La République des Sept-Iles devient République des Iles Ioniennes, un protectorat britannique reconnu par les ottomans en l’échange de la restitution de Parga en 1819. Très rapidement les britanniques souhaitent abandonner ce protectorat ce qui est chose faite en 1864. Le 21 mai les îles ioniennes sont officiellement rattachées au royaume de Grèce.

La Grèce sous le joug ottoman

C’est donc à partir du 15ème siècle que la Grèce va basculer sous l’autorité ottomane. Thessalonique et Ioannina tombent en 1430, Athènes en 1456, le Péloponnèse et la Béotie en 1460, Lesbos en 1462, Samsos en 1475, Rhodes en 1522, Cyclades et Chios entre 1537 et 1566, la Crète en 1669. D’autres territoires comme les Cyclades et la Crète vont mettre nettement plus de temps à basculer.

Si le Péloponnèse est réoccupé par les vénitiens de 1685 à 1715, certaines régions n’ont jamais été occupées par les ottomans (Corfou, Ithaque et l’archipel ionien par exemple).

La Grèce est gérée par le système du millet, les populations étant gouvernées selon leurs religions, le Patriarche de Constantinople devint le responsable aux yeux du sultan. Les chrétiens travaillent dans les timars (domaines agricoles) qui prélevaient l’impôt (kharaddj) et un garçon par famille pour le corps des janissaires (devchirmé).

L’Eglise et le clergé orthodoxe assurent l’édducation, l’entraide et la cohésion des populations ce qui maintien le sentiment national grec et la volonté de se libérer du joug ottoman.

La Crète va ainsi basculer seulement au 17ème siècle, les ottomans s’emparant de l’île alors aux mains des vénitiens au cours de la Guerre de Candie (1645-1665). Les forteresses de Souda, Gramvoussa et Spinalonga sont sous contrôle vénétien en 1715.

Cette conquête se double d’une politique de colonisation avec des colons anatoliens, des autochtones se convertissant à l’islam pour échapper à l’impôt au devchirmé. Néanmoins de nombreux chrétiens hellénophones sont toujours là et vont se révolter à plusieurs reprises.

La Crète ottomane forme un eyalet avec Hanya (La Canée) pour capitale, le territoire étant divisé en trois sandjaks.

Une première révolte majeure à lieu en 1770/1771, sorte de répétition avant la participation crétoise à la Guerre d’indépendance grecque qui éclate en juin 1821. Une armée egyptienne envoyée par Mehmet Ali débarque en mai 1822 mais après une accalmie, une nouvelle révolte éclate en 1823/24.

Après la défaite ottomane à Navarin en 1827 la Crète reste sous administration egyptienne et en 1828 les navires franco-britanniques détruisent une flottille corsaire grecque.

En 1867 la Crète devient un vilayet divisée en six sandjaks. Des révoltes ont lieu à nouveau entre 1866 et 1869 et en 1897/1898.

Le Traité de Constantinople (1897) fait de la Crète un état autonome sous souveraineté ottomane et si la Crète provoque son rattachement à la Crète dès 1908 (enosis), ce n’est qu’en 1913 qu’à l’issue des guerres balkaniques que ce rattachement allait être reconnu par l’empire ottoman.

Sur le continent les ottomans vont commencer la conquête au 14ème siècle. Manuel fils de Jean V Paléologue tente de résister autour du Thessalonique mais c’est très éphémère (1389-1391).

Bayezid 1er pousse vers la Thessalie et le Péloponnèse. L’invasion mongole de l’Anatolie par Tamerlan soulage la Grèce et les grecs, les ottomans devant se retourner contre les cavaliers issus des steppes.

Ce n’est que partie remise. En 1430 les villes de Ioannina et Thessalonique qui sont conquises, Athènes en 1456, le Péloponnèse en 1460 et vers 1500 la majorité de la Grèce est sous domination ottomane.

Le territoire grec se vide de sa population, les élites s’enfuient à l’étranger alors que les plus pauvres abandonnent les plaines pour les zones montagneuses et être ainsi à l’abri de potentielles exactions ottomanes.

Dès le début la résistance s’organise. C’est ainsi que 5000 grecs participent à la bataille de Lepante en 1571.

La Grèce est intégrée avec le reste des Balkans à l’Eyalet de Roumélie dont la capitale est Sofia. La Grèce proprement dite est divisée en six sandjaks.

Mitteleuropa Balkans (159) Grèce (3)

Sparte ? Thèbes ? Non la Macédoine !

La fin de la guerre du Péloponnèse marque la fin de l’hégémonie athénienne et le début de l’hégémonie spartiate.

Es-ce à dire que Sparte à simplement remplacé Athènes ? C’est plus compliqué car d’autres cités voulaient devenir la puissance dominante du monde grec, Sparte n’avaient pas forcément envie de devenir une puissance impérialiste (ce qui aurait imposé des changements législatifs importants) sans compter qu’Athènes va renouer avec une certaine puissance mais qui ne sera qu’un ersatz de la gloire passée.

Les perses vont jouer les athéniens contre les spartiates. De -395 à -387 à lieu la Guerre de Corinthe entre d’un côté Sparte et ses alliés contre Athènes, Argos, Corinthe, Thèbes et les perses, les subsides de ces derniers permettant à Athènes de reconstituer sa flotte.

Cette guerre à pour origine les incursions des spartiates d’Agesilas II en Asie mineure. Les perses incapables d’y mettre fin (le satrape Tissaphène est exécutés), le roi perse Artaxserses II suscite une nouvelle alliance grecque avec Athènes, Argos, Corinthe et Thèbes.

Les spartiates sont vainqueurs su terre et les athéniens vainqueurs sur mer. Les perses abandonnent leurs alliés grecs craignant une renaissance de la thalassocratie athénienne. Ils soutiennent à nouveau les spartiates mais ce conflit n’aboutit à pas grand chose, se terminant par la Paix d’Antalcidas en 387.

La puissance spartiate est confirmée, les perses montrant qu’ils peuvent mettre le bazar dans le monde grec. Ils conservent la tutelle sur les cités grecques d’Asie mineure et sur Chypre.

Les cités grecques de mer Egée doivent conserver leur indépendance sauf Lemnos, Imbros et Skyros laissées à Athènes. Les différents systèmes défensifs sont dissous et il est interdit d’en reconstituer de nouveaux.

Cela ne fait pas les affaires de Thèbes qui avec la dissolution de la confédération béotienne se voit privée d’un instrument de domination et d’un levier de puissance. Face à la puissance lacédémonienne, Athènes et Thèbes nouent une alliance défensive.

C’est une alliance pleine de sous-entendus et très vite Athènes craint la puissance thébaine. En -375 Thèbes ravage la citée de Platées ce qui entraine un changement d’alliance, Athènes et Sparte vs Thèbes.

Epaminondas

En 371 à Leuctres les troupes spartiates sont écrasées par les thébains d’Epaminondas. Ce dernier utilise l’ordre oblique, une tactique qui sera remise au goût du jour par un certain Frédéric II de Prusse.

Bataille de Leuctres

En 362 les thébains l’emporte à Matinée mais la mort de leur chef militaire Epaminondas provoque la panique chez les thébains. La puissance thébaine est toujours là mais elle n’est plus aussi prégnante qu’auparavant.

Les athéniens semblent avoir tiré les leçons du passé et ne veulent pas revenir à une impérialisme autoritaire qui leur à beaucoup apporté et tant coûté. C’est ainsi que la seconde confédération athénienne est en théorie une véritable alliance librement consentie entre cités qui conservent leur autonomie et leur indépendance. Il n’y à pas de trésors comme pour la Ligue de Delos, pas de tribu mais une contribution décidée dès que le besoin s’en faisait sentir.

Ca c’est sur le papier car en pratique les mêmes critiques surgissent sans que l’on sache si elles sont fondées ou non. Athènes ne fait plus peur, des cités quittent la confédération, d’autres se révoltent, rébellions encouragées par les perses.

C’est le début de la guerre sociale ou guerre des alliés qui se déroule de -357 à -357 et qui se termine par une défaite athénienne.

Ce conflit débute quand Chios,Cos, Byzance et Rhodes passent sous le contrôle du satrape Mausole, les athéniens tentent de riposter en opérant sur mer mais ils sont écrasés à la bataille d’Embata. Ils doivent évacuer l’Asie mineure, la Perse menaçant d’intervenir directement. Cet affaiblissement durable va être exploitée par le roi d’une nouvelle puissance, la Macédoine.

La nouvelle puissance est située au nord, aux confins du monde grec donc du monde civilisé ce qui explique que les macédoniens sont souvent vus comme des barbares par les vieilles cités du sud.

Le roi de Macédoine doit composer avec une aristocratie aussi puissante que remuante. Le royaume est sous influence perse jusqu’aux guerres médiques puis athéniennes. Région riche en bois, elle est donc vitale pour la thalassocratie athénienne qui trouve là du bois de qualité pour ses trières.

Médaillon représentant Philippe II de Macédoine

De 359 à 336 Philippe II de Macédoine va changer la donne. Il parvient à structurer son royaume et à la dotée d’une puissance armée inspirée de la stratégie thébaine avec une unité qui va mettre le monde grec au pas, la phalange macédonienne et ses soldats munies de l’imposante sarisse.

En -357 profitant de la guerre des alliés il s’empare d’Amphipolis, mettant la main sur d’importants stocks d’or, d’argent et de bois, première étape vers la prise de contrôle des mines de Pangée qui vont permettre au père d’Alexandre le Grand de non seulement paufiner son outil militaire mais aussi de batir des cités comparables à celles se trouvant plus au sud.

Il s’empare ensuite du port de Pydna et de Potidée avant d’écraser Olynthe, une cité alliée d’Athènes (-349). Cette dernière dominait la puissance ligue chalcidienne qu’Athènes aurait du soutenir mais au même moment Philippe II à poussé l’île d’Eubée à la révolte ce qui empêcha les compatriotes de Démosthène de soutenir cette cité qui fût écrasée et ses habitants réduits en esclavage. Stagire, la cité natale d’Aristote subit le même sort.

En 348 il intervient au secours de ses alliés thessaliens attaqués par les phocidiens et met la main sur le sanctuaire le plus important du monde grec à savoir le sanctuaire de Delphes. Il propose à tous les grecs de s’unirent contre les perses mais l’orateur athénien Démosthène pousse ses concitoyens à lutter contre l’hégémonie macédonienne (discours des Philippiques où il dépeint le roi de Macédoine comme un barbare inculte et ivrogne, image qui colle de manière tenace au roi macédonien).

En -346 la Chalcidique devient macédonienne suivit par la Thrace en -342. En -341 dans sa troisième Philippique Démosthène attaque frontalement le roi de Macédoine qui décide de mettre au pas Athènes où un courant pro-macédonien assez fort pousse à l’union avec le roi de Macédoine pour réaliser le rêve panhellenique et écraser définitivement les perses.

Prenant le prétexte d’une cité cultivant des terres sacrées, le roi de Macédoine déclenche ce qu’on à appelé la quatrième guerre sacrée. La cité en question Amphissa est détruite, l’armée de Philippe II pénétrant ensuite en Phocide et en Béotie soit aux portes de l’Attique.

Athènes et Thèbes vont s’allier mais ne vont pas faire le poids comme nous allons le voir. Jusqu’en -339 les thébains étaient alliés aux macédoniens mais un travail diplomatique d’Athènes avait permis de les en détacher.

Ils bloquent le détroit des Thermopyles mais Philippe II qui connait ses classiques contourne ce bouchon pour pénétrer vers le sud. L’hiver bloque cependant les opérations des belligérants.

Les combats reprennent au printemps, les macédoniens avancent s’emparant notamment de Delphes et de Naupacte. L’armée des coalisés grecs se replie vers le sud.

Le nœud gordien du conflit va être dénoué lors de la Bataille de Chéronée au mois d’août -338. Les macédoniens disposent d’environ 30000 fantassins et 2000 cavaliers alors qu’en face les coalisés grecs disposent de 35000 hommes fournis par Athènes (12000 hommes), Thèbes (10000 hommes), 8000 hommes fournis par Corinthe, Megare, les îles de Corcyre, l’Eubée et Leucate et 5000 peltastes, des mercenaires servant d’infanterie légère.

Au début de la bataille les grecs sont solidement installés au pied de l’acropole de Chéronée et dans les pentes du mont Petrochos, leur flanc droit protégé par le fleuve Céphise.

Les athéniens sont installés à l’aile gauche, le centre est occupée par les contingens eubéens, corinthiens, mégariens alors que l’aile droite est tenue par les thébains avec notamment leur unité d’élite, le Bataillon Sacré.

De leur côté les macédoniens ont adopté l’ordre oblique utilisé avec succès par les thébains par le passé. Philippe II attaque l’aile gauche grecque puise fait mine de se replier pour attirer l’ennemi à lui.

Les athéniens tombent dans le piège, ouvrant une brèche promptement exploitée par la cavalerie macédonienne commandée par Alexandre qui n’est pas encore le Grand. Il perce au centre puis se rabat pour prendre les thébains à revers.

Le reste de l’armée macédonienne notamment les unités d’élite des hypapsites (littéralement «porte-bouclier») attaquent alors mettant les grecs en déroute. Les thebains sont encerclés et détruits.

Les pertes grecques sont très lourdes avec 2000 athéniens et alliés ainsi que 6000 thébains mis hors de combat.

Plus rien ne peut s’opposer à la domination du monde grec par la Macédoine. Philippe II oblige Athènes à intégrer la Ligue de Corinthe sous influence macédonienne, Thèbes doit renoncer à dominer la Béotie. Sparte reste la seule cité indépendante mais la cité lacédémonienne est loin de sa gloire et sa puissance passées.

Alors qu’il préparait la grande expédition contre les perses que les panhellènes réclamaient de leurs vœux, Philippe II est assassiné par Pausanias d’Oredide au moment où il célèbre le mariage de sa fille Cléopatre, (sœur d’Alexandre le Grand et fille d’Olympias ) à Alexandre le Molosse, roi d’Epire et frère d’Olympias (donc son oncle).

Les motifs restent encore obscurs de nos jours. Certains y vont vu la main d’Olympias pour permettre à son fils Alexandre de régner alors que d’autres ont vu la main des perses.

Si ces derniers espéraient ainsi torpiller le projet d’invasion, force est de constater qu’ils se sont trompés puisqu’à peine au pouvoir, Alexandre III de Macédoine s’empresse de reprendre à son profit le projet paternel.

Mitteleuropa Balkans (158) Grèce (2)

HISTOIRE DE LA GRECE

En guise de propos liminaire

L’histoire de la Grèce étant non seulement riche mais surtout ancienne, il serait insensé et surtout hors de propos de détailler cette histoire ici. D’autres l’ont fait bien mieux que moi et c’est de toute façon pas le sujet.

Je vais me contenter de balayer cette très longue histoire en étant assez sommaire jusqu’à l’indépendance et bien plus détaillé après. Bon en même temps chers amis lecteurs, chers amis uchronautes vous commencez à me connaître, je tiens rarement mes promesses ce qui explique surement pourquoi plus de dix ans après je n’ai toujours pas terminé cette somme.

Des origines à l’indépendance, un panorama historique de la Grèce

Aux temps jadis

Les premières traces de peuplement de l’actuel territoire grec remonte à -700000 mais si on veut parler de traces d’une civilisation il faut attendre -7000 avec ce qu’on à appeler la révolution néolithique, l’apparition de l’agriculture notamment pour la région qui nous concerne celle de la vigne et de l’olivier.

Au Troisième ou au Deuxième millénaire, des peuples indo-européens dont on sait fort peu de choses occupent la région apportant avec eux l’usage du métal, de nouvelles techniques agricoles et de navigations. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières fortifications.

Durant cette protohistoire plusieurs civilisations vont se succéder, la civlisation helladique, la civilisation cycladique, la civilisation minoenne qui se développe en Crète entre -2700 et -1200 et la civilisation mycénienne qui émerge dès le 16ème siècle avant notre ère.

De cette civilisation on sait finalement assez peu de choses même si les vestiges retrouvées sont assez importants notamment à Mycène et à Triyunthe. Selon la tradition classique ce sont des guerriers mycéniens qui ont mené la longue (30 ans) guerre de Troie. C’est une puissance maritime qui va implanter des colonies jusqu’en Sicile et en Colchide (royaume sur les rives de la mer Noire, royaume où ce seraient rendus Jason et les Argonautes).

La puissance mycénienne s’effondre vers le 12ème siècle et jusqu’au 9ème siècle les informations sont si peu nombreuses que les historiens ont baptisé cette période Les Temps Obscurs.

A partir du 9ème siècle la civilisation grecque voit le jour avec notamment un processus appelé synoecisme à savoir la naissance de cités-états qui tout en montrant une volonté d’indépendance farouche, qui tout en se montrant bellicistes et querelleuses entre-elles ont le sentiment de partager une identité commune avec des cultes partagés dans des sanctuaires panhelleniques comme Delphes ou Olympie où des jeux en l’honneur de Zeus sont organisés et ce dès l’an 776 avant notre ère.

Cette civilisation étend son influence sur les deux rives de la Méditerranée ce qui va la mettre en contact avec l’empire perse, générant disputes, querelles et guerres qui vont forger la puissance athénienne.

Des guerres médiques à la guerre du Péloponnèse : essor et déclin d’une Thalassocratie

La civilisation grecque antique ne couvre pas uniquement le territoire grec actuel. Non seulement la Grèce n’existe pas en tant que nation mais la civilisation grecque couvre l’ensemble du bassin Méditerranéen ainsi que ses extensions comme la mer Noire.

La civilisation grecque couvre la Grèce actuelle, Chypre, les îles de la mer Egée, la côte égéenne de l’Anatolie (Ionie), la Grande-Grèce (Sicile et Sud de l’Italie) plus les colonies grecques éparpillées sur les côtés de l’Illyrie, de la Thrace, d’Egypte, de la Cyrenaïque, le sud de la Gaule (notamment une certaine Massilia), l’est et le nord-est de la péninsule ibérique, la Colchide (actuelle Géorgie) et la Tauride (Crimée et approches immédiates).

Au sein de la communauté historienne on débat sur les limites de l’Antiquité grecque. Le consensus global fait courir cette riche période du 8ème au 1er siècle avant notre-ère, certains plus précis donnant même des dates à savoir -776 (première édition des jeux olympiques, des jeux en l’honneur de Zeus auxquels participaient toutes les cités grecques) à -31 quand l’empire romain s’empare de l’Egypte qui était dirigée par la dynastie lagide, une dynastie issue d’un des compagnons d’Alexandre le Grand. D’autres historiens font débuter l’antiquité dès l’an 1100 avant notre ère.

La période antique se divise en une période dite archaïque jusqu’au 6ème siècle, une période dite classique de -500 à -323 (entre l’émergence d’Athènes et la mort d’Alexandre le Grand) et une période dite hellenistique (-323 à -31).

Le processus de formation des cités est mal connu. On s’appuie sur quelques sources littéraires mais surtout les traces archéologiques. La polis, la cité se manifeste par des constructions qui transforme un village en une cité avec une division spatiale entre les espaces politiques et les espaces économiques. Sauf rares exceptions (Sparte, Syracuse, Cyrène) l’hinterland de la cité est limité. Les hommes libres sont seuls citoyens, les femmes, les étrangers et les esclaves sont exclus de la vie civique.

Ce processus est symbolisé par de grands hommes. Si Dracon et Solon à Athènes sont des personnages qui ont réellement existés en revanche le spartiate Lycurgue est un personnage légendaire ou semi-légendaire c’est à dire qu’on aurait regroupé sous son nom plusieurs législateurs lacédémoniens.

Chaque cité possède une divinité tutélaire et un calendrier cultuel propre. Les cités s’allient parfois mais se querellent souvent tant elles sont orgueilleusement jalouses de leurs spécifités et de leur indépendance.

Si la division, la fragmentation politique est extrême, en revanche la floraison culturelle et intellectuelle est remarquable. Au delà de la division politique, les différentes cités grecques reconnaissent un patrimoine, un héritage commun au point de désigner les gens qui ne parlent pas grecs comme des Barbares.

En fonction des cités le régime est plus au moins oligarchique. Même à Athènes qui est cité en exemple de cité démocratique (évidemment pas selon nos critères actuels) ce sont les classes les plus aisées qui dominent car malgré une indemnité, la vie politique coûte cher.

Dans la cité de l’Attique, les citoyens sont divisés en différentes classes : les pentacosiomédimnes (qui gagnent plus de 500 mesures), les Hippeis (entre 300 et 500), les Zeugites (200 à 300 mesures) et enfin les Thètes (moins de 200 mesures). Cette division mise en place à l’époque archaïque à perduré à l’époque classique.

A Athènes un certain Pisistrate tente de prendre le pouvoir pour son seul profit c’est le modèle même du Tyran (détenteur d’un pouvoir injuste). Il tente de prendre le pouvoir en -561, en -558 et en -546 où il parvient à ses fins.

L’Acropole d’Athènes aujourd’hui

Il va tenir les rennes du pouvoir jusqu’en -528 avant que ces deux fils ne lui succède. Bien qu’étant un tyran, Pisistrate à une bonne réputation car il gouverne avec une forme de soutien populaire et surtout ménage les susceptibilités de l’aristocratie, chose que ne serons faire ces fils. C’est le créateur des Panathénées. En -510 ses fils Hippias et Hipparque sont chassés par les athéniens soutenus par des troupes spartiates. C’est à cette date que la tyrannie dévient négativement connotée.

Suite à la chute des pisistritides, Athènes choisit la voie de la démocratie avec toutes les limites que nous avons pu voir. Ce choix n’à pas été totalement immédiat puisque le roi Cléomène avait mis en place une oligarchie dirigée par Isagoras et favorable à Sparte.

Ce dernier est renversé par un autre grande législateur athénien, Clisthène. Ce dernier va s’appuyer sur ce qu’on pourrait appeler la classe moyenne de la cité. Cléomène intervient en -508 et en -506 mais sans succès. Clisthène peut mettre en place une série de réformes qui vont consolider la démocratie athénienne, une démocratie de type directe avec toutes les limites que cela suppose.

Tous les citoyens quelque soit leur richesse sont égaux devant la loi (isonomie), les magistrats peuvent être exilés en cas de tyrannie (procédure d’ostracisme), les 10000 citoyens se réunissent à l’Ecclesia dont l’action est encadrée par un conseil de 500 citoyens tirés au sort (Boulé).

En -500/-499 une révolte éclate en Ionie, révolte écrasée par les perses en -494. Athènes soutien un temps ces cités-états situées en Turquie actuelle mais doit très vite renoncer. Les perses n’ont pas oublié ce soutien et sont bien décidés à régler son compte à une cité qu’ils voient comme une menace.

Athènes et Eretrie doivent être punies. De plus les perses veulent conserver leur domination en mer Egée. Le roi perse Darius charge son gendre Madonios de reprendre le contrôle de la Macédoine et de la Thrace, des régions situées aux frontières du monde grec sous influence perse mais dont les garnisons de l’empire perse avaient été retirées pour que les troupes immobilisées en garnison répriment la révolte ionienne.

Au printemps de l’an 492 avant notre ère, l’armée et la flotte perse se regroupent en Cilicie (Anatolie méridionale soit le sud-ouest de la Turquie actuelle), franchissent l’Hellespont sur un pont de bateau, traversant la Thrace et la Macédoine. La flotte qui servait à protéger et à ravitailler la flotte doit se replier après avoir été dévastée par une tempête au large du cap Athos.

En 491 les perses multiplient les préparatifs pour une offensive décisive. Les envoyés du roi des rois obtiennent la soumission de la majorité des cités sauf Athènes et Sparte qui décident de résister et pour montrer leur détermination, ils font comme Cortès en brulant leurs vaisseaux en mettant à mort les envoyés perses.

L’armée perse traverse la mer Egée droit sur l’Eubée et l’Attique. Naxos et Delos sont prises avec l’aide de navires pheniciens. Les effectifs sont importants mais bien entendu impossible de connaître exactement les effectifs engagés. Si les chiffres des auteurs antiques doivent être rejetés, les hauteurs modernes s’accordent sur des effectifs proche de 25000 hommes avec 200 trières.

Eretrie est prise et dévastée tout comme Carystos. L’armée perse est conseillée dans ses mouvements par Hippias, le tyran athénien renversé en -510 et qui espère reprendre le pouvoir sur la cité de l’Attique.

Le 12 septembre 490 les perses débarquent à Marathon. Environ 10000 hoplites athéniens et platéens attaquent les perses le 17. Le corps à corps est favorable aux grecs qui possèdent davantage d’infanterie lourde que les perses davantage connus pour leurs archers et leur infanterie légère. A cela s’ajoute un manque de cohésion au sein d’une armée aux origines ethniques diverses.

Les hoplites grecs retournent à marche forcée vers Athènes pour empêcher les perses de débarquer et de s’emparer d’une ville laissée sans défense. Les perses décident de battre en retraite.

La victoire grecque à Marathon va sans conteste pousser les grecs à résister contre Xerxès car ils se savent désormais capable de défaire les perses sur le champ de bataille.

En -485, un an après avoir succédé à son père Darius, Xerxès décide de venger la défaite de Marathon. Il ne laisse rien au hasard puisqu’il va passer quatre années à tout préparer. Le monde grec est divisé et de toute façon en infériorité numérique.

Les chiffres antiques totalement fantaisistes et biaisées par la propagande ont été sérieusement révisés par les historiens modernes même si ces chiffres sont du domaine de l’estimation faute de sources.

Si certains parlent de 75000 perses, la plupart des spécialistes de la question s’accordent sur des effectifs compris entre 300 et 500000 fantassins et archers auxquels il faut ajouter 20 à 60000 cavaliers et 600 vaisseaux fournis essentiellement par les phéniciens, les égyptiens et les ioniens.

En face les grecs auraient mobilisé entre 7000 et 35000 hoplites, 40000 fantassins légers, aucune cavalerie et environ 370 trières.

Xerxès semble avoir pensé à tout. Conscient que le tyran de Syracuse pourrait aider les grecs, il pousse son allié carthaginois à attaquer la Sicile pour fixer les troupes de Syracuse et éviter leur envoi en Attique. Les carthaginois vont être battus mais les syracusains ne vont pouvoir aider leurs cousins grecs.

En août 480 à lieu la Bataille de l’Artémison, une série d’affrontements navals entre environ 800 navires perses contre 271 navires grecs. Après deux jours d’escarmouches aux résultats indécis, les grecs doivent se replier sur Salamine à l’annonce de la défaite des Thermopyles et de la mort de Leonidas.

Cette Bataille des Thermopyles est probablement la bataille la plus célèbre de l’Antiquité. 7000 hoplites tentent de bloquer dans les portes chaudes _traduction littérale de Thermopyles_ une armée perse bien plus nombreuse qui après avoir subit de lourdes pertes en septembre 480 parvient à contourner l’ennemi grâce à un traitre célèbre Ephialtès.

C’est la débandade chez les grecs, seuls 300 spartiates et 700 béotiens dirigés par Leonidas décident de résister en se faisant massacrer jusqu’au dernier pour donner du temps à la flotte athénienne de se replier sur l’Attique. Cette bataille devient le symbole de la résistance grecque avec la célébre inscription :

Étranger, va dire à Lacédémone

Que nous gisons ici par obéissance à ses lois.

La bataille de Salamine à lieu quelques jours après celle des Thermopyles. La supériorité navale perse est écrasante mais le site encaissé impose un combat frontal. Après de lourdes pertes, la flotte perse doit se replier.

Si les perses sont vaincus sur mer il reste à les battre sur terre. Le 27 août de l’an 479 avant notre ère à lieu la Bataille de Platées en Béotie, la dernière bataille terrestre des guerres médiques. Environ 40000 hommes fournis par une alliance des cités grecques va affronter une armée de perse dont les effectifs sont évalués entre 70 et 120000 hommes (perses et alliés grecs).

Les grecs avancent vers le nord mais refusent d’attaquer sur un terrain trop favorable à la cavalerie perse (la mauvaise utilisation de leurs unités montées par les perses est considérée comme une cause majeure de la défaite dans les guerres médiques).

Pendant plusieurs jours les deux belligérants se regardent en chien de faïence. Les grecs sont gênés par le harcèlement de leurs lignes de communication par les perses et finissent par se débander. Les perses pensant leurs ennemis en pleine retraite attaquent mais sont bousculés par une partie de l’armée grecque qui avait décidé de tenir le terrain. Ils doivent battre à leur tout en retraite, retraite qui se transforme en déroute, Mardonios est tué, les perses repliés dans le camp sont massacrés.

L’ultime chapitre des guerres médiques est une bataille que je qualifierai d’amphibie, la Bataille du Cap Mycale en août ou septembre 479. 110 à 250 vaisseaux grecs armés par 40000 marins vont affronter 300 navires perses armés par 60000 marins.

Les grecs en apparaissant au large obligent les perses à quitter Samos précipitement. Ils se replient sur le cap Mycale et pour éviter la destruction de leur flotte ils décident de la tirer au sec sur la plage comme c’était la coutume à l’époque.

Les grecs décident de faire pareil et ce qui devrait être une bataille navale se transforme en bataille terrestre (d’où la désignation d’amphibie). Le choc est une nouvelle fois favorable aux grecs, le camp perse est saccagé, les navires détruits.

Les perses n’ont désormais plus les moyens de leurs ambitions. Si les navires spartiates sont rentrés chez eux, les autres navires grecs (essentiellement athéniens) vont nettoyer le monde grec de la présence perse (Macédoine, Thrace, Ile de la mer Egée et Ionie). La paix est définitivement signée en 449 (Paix de Callias) mettant fin à un demi-siècle de guerre.

Pour ne pas être à nouveau surpris par une invasion perse, les grecs du moins une partie d’entre-eux mettent sur pied la Ligue de Délos. Censée être une ligue de défense contre les perses, elle devient très vite pour ne pas dire tout de suite un instrument au service des seuls intérêts athéniens.

La preuve c’est Naxos qui en 470 quitte la Ligue l’estimant sans objet. Athènes l’assiège et après l’avoir vaincue l’oblige à assurer sa participation à la Ligue à la fois par des troupes mais aussi par un impôt.

Dès 466 la menace perse devient imperceptible, la ligue de Délos aurait du disparaître mais l’exemple de Naxos montre que la Thalassocratie athénienne n’était aucunement décidée à abandonner si facilement le pouvoir.

En 464 un tremblement de terre ravage Sparte et le Péloponnèse. Les hilotes en profite pour se révolter. Les spartiates seuls ne peuvent rétablir l’ordre et doivent demander l’aide des athéniens qui envoient 4000 hoplites commandés par Cimon, chef du parti aristocratique et admirateur de la cité lacédémonienne.

Son rival démocrate Ephialte fait passer une série de réformes démocratiques : élargissement du corps civique, réduction des pouvoir de l’Aéropage (conseil composé de 150 archontes dont le domaine de compétence très large va se réduire désormais au domaine judiciaire). Selon Hérodote l’équilibre entre démocrates et aristocrates est rompu favorisant le travail des démagogues.

De son côté Cimon est renvoyé à Athènes, les spartiates s’inquiétant de la sympathie des hoplites pour les hilotes.

L’impérialisme athénien continue dans les années suivantes avec une expédition en Egypte qui commence en -460 et se termine par une défaite en -454.

Entre-temps en -458 les Longs Murs sont construits pour relier la cité au port du Pirée et ainsi offrir un abri à la population rurale de l’Attique en cas d’invasion ennemie. Le trésor de la ligue de Delos transféré à Athènes est rapidement confondu avec les caisses de la cité, permettant le financement de somptueux monuments comme le Parthenon sur la colline de l’Acropole, monument qui émerveille encore le monde aujourd’hui.

Des combats ont lieu avec Sparte en -455, la paix jurée étant signée en -451. en -450 les grecs l’emportent à Chypre, grecs et perses acceptant leurs zones d’influence respectives.

En -447 Thèbes défait Athènes à la bataille de Coronée ce qui permet la création de la confédération béotienne. C’est le signal de la révolte pour l’ile d’Eubée mais cette révolte est écrasée.

Athènes et Sparte, Sparte et Athènes continuent à se regarder en chiens de faïence. De multiples accrochages qui aboutissent à une nouvelle paix proclamée en -446/-445. Rien n’est réglé car Athènes continue d’implanter des colonies en Italie, en Thrace, en mer Noire et plus grave pour Sparte des iles entourant la presqu’ile péloponnèsienne intègrent la ligue de Délos.

Ces tensions vont aboutir à la Guerre du Péloponnèse, un conflit qui va durer près de trente ans (-431 à -404), conflit qui allait marquer la fin de la puissance athénienne au profit d’une cité lacédémonienne qu’on imaginait mal en puissance impérialiste.

Ce conflit nous est connu par la relation qu’en à fait Thucycidide considéré comme le premier historien de l’histoire car il tente de chercher les causes et les conséquences du conflit et non simplement de le relater.

Les causes lointaines du conflit sont la rivalité entre Sparte et Athènes mais il y à des causes plus directes, des éléments déclencheurs comme l’alliance d’Athènes avec Corcyre alors que la cité de l’Attique grignote le territoire de Corinthe, cité alliée de Sparte. A cela s’ajoute le siège de Pottidée qui s’est révoltée depuis qu’Athènes à exigé que ses citoyens abattent leurs murs et le blocus commercial de Mégare, un autre allié de la cité lacédémonienne.

La Ligue du Péloponnèse (NdA expression contemporaine) déclare la guerre à Athènes. Si les cités de la Ligue de Délos deviennent autonomes, la paix pourrait être à nouveau possible mais c’est clairement un non-choix car Athènes ne peut perdre son empire.

En -431, les béotiens et les péloponnèsiens assiègent Platées et envahissent l’Attique. Les athéniens s’enferment derrière les Longs Murs en comptant sur leur flotte pour se ravitailler et ravager les côtes péloponnèsiennes.

Cette stratégie indirecte imposée par Périclès est dictée probablement par la crainte qu’inspire les hoplites spartiates considérés comme invincibles. Il à cependant pour inconvénient majeur de faire passer Athènes pour une puissance faible dans une civlisation où le courage et la bravoure au combat occupent une place centrale.

De son côté Sparte ne peut se permettre un conflit prolongé. Non seulement ils n’ont ni les moyens ni les capacités pour assiéger Athènes mais en plus ils ne peuvent éloigner trop longtemps leurs redoutables hoplites de craite d’une révolte des hilotes et/ou d’une invasion d’Argos, son ennemi traditionnel.

Buste de Périclès

On peut décement parler de cette époque sans parler de celui qui comme plus tard Louis XIV allait donner son nom à son siècle. Périclés est un homme politique athénien né vers -495.

Fils de Xanthippe et d’Agaristé (de la famille des Alcméonide, c’est la nièce de Clisthène), il devient en -461 le chef du parti démocratique et à partir de -444 le chef incontesté d’Athènes encore que ces ennemis n’hésitent pas à se moquer de son physique et s’offusque de sa relation avec une étrangère Aspasie.

Les sources à son sujet sont nombreuses et contradictoires, rarement neutres et souvent engagées.

Ses performances militaires sont inconnues mais il ne semble pas avoir été un stratège militaire mais plutôt une sorte de ministre de la Défense qui utilisait prudement les ressources militaires de la cité dont il avait la charge. Il est aussi connu pour une politique artistique brillante, initiant les travaux du Parthenon sur la colline de l’Acropole.

En -430 une épidémie (on à parlé de peste mais il semble que ce ne soit pas le cas) ravage une cité surpeuplée. Un tiers de la population athénienne succombe dont Périclès. Qui peut savoir ce qui se serait passé si Périclès avait vécu quelques années de plus…. . Aurait-il changé de stratégie ? Aurait-il été ostracisé ? Nul le sait…… .

La Guerre du Péloponnèse peut être divisée en trois grandes phases avec d’abord une période dite archidomique (en référence à Archidamos II, roi de Sparte) de 431 à 421, une guerre indirecte de 421 à 413 et la guerre de Décélie et d’Ionie de 413 à 404. Ce conflit est considéré comme la première guerre totale de l’histoire.

Durant la première décennie les spartiates vont annuellement envahir l’Attique pour ravager les cultures, réduire les athéniens à la famille ou provoquer une bataille qu’ils sont convaincus de remporter, leurs hoplites étaient considérés comme les meilleurs du monde grec, étant craints et redoutés par l’ensemble du monde grec.

En mars 431 les oligarques de Platées appellent les thébains à l’aide, Thèbes étant alliée à Sparte. Un coup de main puis un deuxième échoue et si les troupes thébaines peuvent se retirer sans dommages, les platéens rénégats sont mis à mort, une garnison athénienne est mise en place.

Ce n’est que partie remise car la cité est assiégée de mai 429 à août 427. les défenseurs sont massacrés et les murs abattus.

Entre-temps en mai 431 les lacédémoniens vont laisser leur premier raid en Attique. Ils vont le faire chaque année selon des durées variables à l’exception de 429 et de 426 en raison de l’épidémie qui frappe Athènes (les auteurs parlent de peste mais il faut le comprendre au sens d’épidémie, les historiens contemporains penchant pour le typhus).

Les athéniens eux ravagent la région de Mégare (Mégaride) deux fois par an jusqu’en 424 mais à chaque fois aucun résultat décisif n’en sort, c’est clairement une guerre d’usure, une guerre totale.

Athènes mènent deux expéditions navales en 431 et 430 pour ravager les côtes contrôlées par l’ennemi. Sparte souhaiterait bien posséder une marine mais manquant d’expérience et surtout de fonds ils décident de soliciter l’ancien ennemi perse. Des émissaires sont envoyés mais ils sont interceptés par des agents athéniens en Thrace et mis à mort sans autre forme de procès. Vous avez dit guerre totale.

Les opérations militaires sont perturbées par l’épidémie qui frappe la Grèce entre -430 et -425. Les conséquences sont terrifiantes avec la mort d’un tiers des athéniens dont 4400 hoplites et 300 cavaliers auxquels il faut ajouter la mort de Périclès en septembre.

Ce dernier affaiblit par le stress et le chagrin causé par la mort de ses deux fils légitimes finit par succomber ouvrant la voie à une opposition entre Nicéas démocrate modéré représentant des propriétaires terriens qui souhaitent la paix pour mettre fin aux ravages spartiates et Cléon le démagogue, commerçant représentant de l’Athènes urbaine partisan d’une guerre totale contre Sparte.

Des villes tombent dans l’escarcelle de l’un et de l’autre. Sur terre les combats sont indécis mais en mer Athènes montre que même en infériorité numérique la patronne c’est celle (victoires de Patras et de Naupacte) au point que Sparte et leurs alliés éviteront tout affrontement naval avec Athènes jusqu’en 413.

En juillet 427 Athènes empêche Mytilène de quitter la ligue de Délos et de basculer du côté lacédémonien. Si Nicéas était partisan de la modération dans la sanction, Cléon était partisan de la fermeté totale et absolue.

Fort heureusement pour les habitants de Mytilène c’est Nicéas qui obtient gain de cause. Si les meneurs de la sédition sont mis à mort, les autres habitants sont épargnés, la ville perdant ses murs et sa flotte.

En -425, les spartiates échouent à s’emparer de Pylos tenu par Démosthène. Des négociations sont ouvertes mais le démagogue Cléon refuse tout compromis. Les spartiates échouent également à Sphacterie.

Le prestige militaire des spartiates est clairement atteint surtout que les hoplites lacédémoniens ont préféré la réddition à la mort, jettant aux orties leur célèbre devise «Reviens avec ton bouclier ou dessus».

292 hoplites spartiates servent d’otages aux athéniens qui menacent de les éxecuter en cas d’invasion de l’Attique ce qui explique la région va être épargnée jusqu’en -413.

Cléon va diriger Athènes jusqu’à sa mort. Athènes se sent en position de force et pense pouvoir l’emporter rapidement mais c’est une impression mensongère, aucun belligérant ne pouvant l’emporter. A chaque fois c’est le même scénario : une offensive athénienne ou spartiate suivit d’une contre-attaque ennemie. La situation est clairement bloquée.

Aucun adversaire n’est en mesure de prendre le dessus sur l’autre. En -422 Sparte l’emporte dans la bataille d’Amphipolis mais Cléon l’athénien et Brasidas le spartiate meurent ce qui ouvre la voie à la paix, paix d’autant plus évidente que les deux adversaires sont épuisés, Athènes ayant perdu 1/3 de sa population et les 5/6 de son trésor alors que de son côté Sparte n’est plus crédible tant militairement que politiquement.

Cette Paix de Nicias va durer huit ans (-421 à -413) mais cette paix est une paix armée, chaque belligérant se préparant à une reprise des hostilités en se cherchant des alliés. Des combats limités ont lieu, Sparte l’emportant en -418.

Cette paix permet à Athènes de reconstituer ses finances mais sa stratégie globale est parasitée par l’opposition entre Nicias et Alcibiade.

En -414 Sparte envahit l’Attique soutenu par les perses qui veulent affaiblir durablement Athènes et récupérer les cités d’Asie mineure. L’année suivante en -413 les spartiates s’emparent de la forteresse de Décélie ce qui leur permet de ravager méthodiquement l’Attique et maintenir Athènes sous pression.

De nombreux massacres de civils ont lieu ce qui confirme le caractère de guerre totale que les historiens contemporains attribue à la guerre du Péloponnèse.

Comme le «front grec» apparaît bloqué, Athènes décide d’ouvrir un nouveau front en s’attaquant à Syracuse, une cité de Sicile alliée de Sparte. La prise de cette cité permettra de relancer un processus de colonisation, de conforter l’empire athénien et d’alimenter l’Attique en or et en blé.

En juin 415 cette tristement célèbre Expédition de Sicile est lancée avec 134 navires et 27000 hommes dirigé par un triumvirat composé d’Alcibiade, de Nicias et de Lamachos. Trois chefs qui s’entendent c’est déjà deux de trop mais quand ces trois chefs ne sont pas d’accord comme on dit le ver et dans le fruit.

Pour ne rien arranger peu avant l’appareillage éclate l’affaire des Hermocopides, Alcibiade est accusé d’avoir mutilé des statues du dieu Hermès et d’avoir participé à une parodie des mystères d’Eleusis.

Alcibiade demande à être jugé avant l’appareillage mais cela ne peut pas se faire et c’est dans ce contexte délétère que l’expédition s’ébranle.

Les chefs se divise sur la stratégie à suivre : Nicias veut une simple démonstration de force, Lamachos veut attaquer immédiatement Syracuse alors qu’Alcibiade veut créer une ligue des cités de Sicile pour attaquer ensemble Syracuse.

Alcibiade l’emporte mais Athènes exige de le juger, envoyant une trière pour le ramener en Attique mais le chef athénien file à l’anglaise ou plutôt à la spartiate en se réfugiant dans le Péloponnèse. C’est à Sparte à l’hiver -415/414 qu’il apprend sa condamnation à mort par contumace.

Nicias devient le chef mais il est indécis et comment des erreurs. La mort de l’énergique Lamachos prive les athéniens d’un chef charismatique et audacieux. Pour ne rien arranger, Alcibiade convainct Sparte d’envoyer des secours à Syracuse.

Au printemps 413 deux expéditions sont envoyées, Athènes envoyant sous le commandement de Démosthène 73 trières et 15000 hommes.

Cela tourne à la déroute pour les athéniens en raison des bourdes et de l’indécision de Nicias. Pas moins de 40000 athéniens dont Nicias et Démosthène sont faits prisonniers. Ils sont tous mis à mort ! (Vous avez dit guerre totale ?).

Un blocus terrestre étrangle Athènes en -412. 20000 esclaves athéniens sont capturés, les mines d’Argent du Laurion sont inaccessibles pour la cité de Périclès qui à perdu deux tiers de sa flotte et est clairement en crise financière.

Les spartiates aidés par les perses concurrencent Athènes sur mer. Alcibiade se réfugie auprès du satrape Tissaphène. Il pousse à une politique de bascule entre Athènes et Sparte, l’aide finacière étant diminuée et l’aide navale supprimée. Des combats navals limités ont lieu.

En juin 411 à lieu le Coup d’Etat des 400 qui met en place un régime oligarchique qui tourne le dos à près d’un siècle de démocratie. Ce régime incapable de renverse le court de la guerre est rapidement discrédité, chutant suite à la perte de l’île d’Eubée qui provoque une panique à Athènes.

Les 400 sont renversés par les 5000 soit les citoyens athéniens capables de payer l’équipement de l’hoplite. Une politique modérée est menée permettant de rétablir la démocratie en juillet 410.

Entre-temps les athéniens remportent deux victoires navales à Cynossène et Cyzique dans la région de l’Helespont sauvant la cité de la famine. Sparte propose une paix par l’échange de Décélie contre Pylos mais Athènes refuse s’estimant capable de gagner la guerre.

Sparte victorieuse mais fatiguée demande ou plutôt propose la paix mais Athènes persuadée que le pire est derrière elle refuse, la guerre continue et la décision va se faire non pas sur terre mais sur mer.

En mai 407 l’ancien paria Alcibiade est élu stratége, recevant les pleins pouvoirs militaires. En face Lysandre devient le chef de la marine spartiate (navarque) et va attaquer Athènes sur un terrain où la cité de l’Attique est persuadée d’avoir la maitrise.

Pour cela il bénéficie de l’aide perse, l’argent lui permettant de débaucher des mercenaires athéniens. Depuis sa base d’Ephése il entraine intensivement sa flotte. Une flotte bien équipée, bien entrainée, motivée, bien dirigée par un stratège de première ordre, on imagine bien que les résultats ne peuvent qu’être bénéfiques.

Il remporte une bataille à Novion, les athéniens perdant 22 navires ce qui entraine la destitution d’Alcibiade qui préfère s’exiler. Lysandre ayant terminé son mandat se retire mais son successeur Callicratitas continue sur sa lancée.

En août -406 155 trières athéniennes défont les 120 trières de Callicratitas à la Bataille d’Arginuse surtout connu pour l’après. Callicratitas est tué dans cette bataille qui eut lieu au sud de l’île de Lesbos. 77 navires spartiates sont coulés, 25 pour les athéniens avec surtout 2000 marins dont les corps ne purent être récupérés en raison du mauvais temps, un véritable sacrilège, une véritable offense pour les athéniens.

Six stratèges qui avaient choisir de se défendre sont condamnés à mort et exécutés ce que le demos échauffé par les démagogues regrettera amèrement. Parmi ces stratèges condamnés à mort figure Périclès le Jeune, le fils de Péricles et d’Aspasie.

Sparte propose à nouveau la paix mais Athènes dirigée par le démagogue Cléophon refuse. Du côté Sparte, Lysandre revient mais au poste d’adjoint pour des raisons légales (impossible d’être deux fois navarque).

En septembre 405 la Bataille d’Aigos-Potamos fait enfin basculer le conflit dans un camp en l’occurence les spartiates. La flotte athénienne surprise est anéantie avec 170 navires détruits ou capturés. 3000 prisonniers sont exécutés.

Dans la foulée Lysandre occupe toutes les positions athéniennes sauf Samos avant de venir mouiller devant le port du Pirée. Assiégée et affamée, la ville d’Athènes capitule en avril 404.

Le traité de paix est plutôt modéré (volonté de Sparte alors qu’Argos et Corinthe étaient plus vindicatifs), les Longs Murs sont démantelés, la ligue de Délos est dissoute, un régime oligarchique (Tyrannie des 30) s’installe à Athènes soutenu par une garnison spartiate. Le rappel de Lysandre à Sparte permet à Athènes de rétablir la démocratie. Les Longs Murs seront reconstruits en 393 et une seconde confédération athénienne est mise en place en 378.

Mitteleuropa Balkans (74) Roumanie (4)

Réveil et marche vers l’indépendance

Le reveil roumain

Au 17ème et 18ème siècle à lieu un véritable réveil culturel roumain (Renastera culturala Romana) qui va préparer les cœurs et les esprits à l’unification politique qui n’aura lieu qu’au 19ème siècle dans ce siècle où la question des nationalités devient prégnante.

Difficile de dire pourquoi ce réveil à lieu maintenant et pas plus tôt ou plus tard. Nul doute que les facteurs sont multiples et je serais bien présomptueux de répondre de manière définitive à la question.

Ce contexte est d’abord politico-militaro-diplomatique avec le recul ottoman. En 1683 ils assiègent Vienne pour la deuxième fois (1529, 1683 mais échouent dans leur prise de leur ville en raison notamment de l’intervention d’une armée de secours dirigée par Jean III Sobieski, le roi de Pologne.

Cela marquant le début du reflux ottoman, la Sublime Porte s’enfonçant dans un déclin qui semble sans fin au point que l’empire ottoman deviendra «l’homme malade de l’Europe», le pendant européen de la Chine.

De 1685 à 1690 c’est la Hongrie qui est reconquise tout comme la Transylvanie. En 1718 c’est au tour du Banat, un territoire peuplé de roumains et serbes (aujourd’hui à cheval sur les territoires de la Serbie, de la Hongrie et de la Roumanie. Sur le plan de la géographie physique il couvre le sud-est de la plaine de Tisza délimitée par le Danube au sud, la rivière Tisza à l’ouest, la rivière Mures au nord et les Carpathes Méridionales à l’est) de tomber dans l’escarcelle hasbourgeoise.

En 1775 la Bucovine (partie nord de la Moldavie) est annexée par les Habsbourgs. Signe que cette conquête doit être durable et pérenne, une politique de colonisation de peuplement est menée avec des slaves, des allemands et des ukrainiens greco-catholiques ou uniates rite orthodoxe mais suivant les consignes de Rome .

Au 18ème siècle alors que les élites se piquent de philosophie (au point que par snobisme une partie de la noblesse se complaira dans une ignorance crasse) le gros de la population roumaine est non seulement pauvre mais soumise à un servage très strict.

De son côté les ottomans lassés de l’autonomie des voïvodes locaux recrutent de plus en plus chez les Phanariotes, des familles aristrocrates greco-orthodoxes vivant dans le quartier du Phanar à Constantinople.

Si ces hospodars sont fidèles à la Sublime Porte ils ne mènent pas tous la même politique, certains menant une politique inspirée par les Lumières, s’imaginant en despotes éclairés.

La renaissance culturelle roumaine voit donc l’introduction des idées les plus avancées en pays roumanophone.

Cette renaissance passe par l’envoi à l’étranger d’étudiants roumanophones grâce aux efforts des élites grecques et phanariotes. Clairement l’unité roumaine va répondre à la même philosophie que les unités allemandes et italiennes.

Des écoles s’ouvrent notamment les académies de Jassy et de Bucarest. Nul doute que les premiers événements de la Révolution Française ont influencé les partisans de la renaissance culturelle roumaine. Un gros travail sur la géographie, l’histoire et la langue est également mené.

Cette renaissance est aussi favorisée par le projet byzantin. Il s’agissait d’un projet chimérique de Catherine II visant à reconstituer quatre siècles après sa disparition de l’empire romain d’Orient et sa descendance. Cet empire aurait été confié à son petit-fils Constantin, fils du futur Paul 1er.

Ce néo-empire byzantin aurait englobé la Grèce, la Thrace, la Macédoine et la Bulgarie mais pas les principautés roumaines qui auraient formées un Royaume de Dacie confié à l’amant et favori de la Grande Catherine, Gregori Potemkine.

Pour calmer les inquiétudes de l’Autriche, Saint-Pétersbourg lui aurait cédé la Bosnie, la Serbie et l’Albanie alors que Venise aurait récupété la Morée, la Crète et Chypre.

Révoltes et répression

Le 2 novembre 1784 éclate la Révolution Transylvaine. Cette révolte à pour origine des revendications politiques et sociales notamment contre le servage, pratique qui semble appartenir à un autre temps.

La révolte éclate dans la région de Zarand et s’entend très vite dans les monts du Bihors (Carpathes occidentales roumaines). Les insurgés réclament l’abolition du servage, l’égalité politique des différents groupes ethniques.

C’est la révolte de la paysannerie, de la bourgeoisie et de la petite noblesse contre la grande aristocratie. Les insurgés affrontent les hussards des aristocrates magyars. Des châteaux sont pris.

Joseph II

L’élément déclencheur de la révolte c’est la non application d’une révolte de l’empereur Joseph II qui permettait aux paysans s’engageant dans les troupes impériales d’échapper aux corvées et de devenir propriétaires de leur lopin de terre.

Ce premier objectif est vite dépassé. Clairement il s’agit d’une émancipation pleine et entière. Les aristocrates sont chassés de Transylvanie jusqu’à la frontière avec la Valachie. On proclame la République du peuple de Transylvanie.

On abolit le servage et les privilèges, on proclame l’égalité de tous devant l’impôt, le retour des franchises paroissiales et la libération des insurgés prisonniers.

Elle promet la vie sauve et le respect des propriétés à ceux hissant le pavillon blanc alors que les autres c’est la mort et la confiscation.

La révolte s’étend également en Crisana (à l’ouest de la Roumanie à la frontière hongroise) et la Marmatie (au pied des Carpathes, haut-bassin de la rivière Tsiza aujourd’hui à cheval sur la Roumanie et l’Ukraine).

Les 27 et 29 novembre 1794 les insurgés et les garde-frontières ralliés battent les troupes impériales à Lupsa et Râmet mais sont défaits à Mihaileni. On décide de reprendre la stratégique de la guerilla.

Contre-offensive de la noblesse, la tête des chefs est mise à prix, les cols de Moldavie et de Valachie sont surveillés. L’Autriche demande à l’empire ottoman de ne pas accorder l’asile aux chefs insurgés.

Horea et Closca sont pris le 27 décembre 1794, Crisa le 30 janvier 1785. Ils sont condamnés à être roués mais Crisa parvient à se pendre dans la nuit précédent l’exécution qui à lieu le 28 février 1785. Ce mode d’exécution ainsi que la coutume médievale de partager le corps en plusieurs morceaux exposés dans toute la Transylvanie choque et révulse une Europe des Lumières qui se pensait au dessus de cela.

Joseph II comprend qu’il faut rassurer les possédants mais aussi donner des gages aux opprimés pour éviter une nouvelle révolte encore plus dévastatrice. Un décret déporte dans le Banat et la Bucovine les familles des insurgés et le servage est abolit en août 1785.

Un demi-siècle de lutte

Une guerre russo-ottomane une de plus !

L’union des principautés danubiennes (Moldavie et Valachie) va mettre un demi-siècle à aboutir en profitant d’événements extérieurs notamment plusieurs conflits. Il faut dire que les deux tentatives de révolution de 1821 et de 1848 se sont terminées par de sanglants échecs.

Le premier événement est la guerre russo-ottomane entre 1806 et 1812. Ce conflit à pour origine la révolte des Serbes qui éclate en 1804 et qui allait durer jusqu’en 1813. Après une dure répression les serbes reçoivent l’autonomie en 1817 (indépendance en 1878).

En 1805 le traité de Presbourg permet à Napoléon 1er d’obtenir des ottomans le départ des hospodars trop favorables aux russes. Les ottomans ferment les détroits aux navires russes ce qui entraine la réaction d’Alexandre 1er qui ordonne l’occupation des principautés danubiennes.

Mahmoud II décare la guerre à la Russie en novembre 1806. Les britanniques décident d’aider les russes mais ils échouent aussi bien à forcer les détroits et à pénétrer en Egypte et notamment à Alexandrie.

Les russes et les serbes font leur jonction à Vidin le 17 juin 1807. Les ottomans attaquent simultanément les îles Ioniennes, la Serbie et la Valachie, Bucarest étant assiégée.

Lors de la paix de Tilsit (juillet 1807), Napoléon 1er exige l’évacuation des troupes russes des Balkans et les îles ioniennes sont cédées à la France.

Le 24 août 1807 l’Armistice de Slobozia est signé. En échange de la possibilité de traverser à nouveau les détroits, les russes doivent évacuer les principautés danubiennes mais les russes ne bougent pas et la guerre reprend.

En mars 1809 Napoléon 1er lors de l’entrevue d’Erfurt avait promis à la Russie la cession de la Moldavie et de la Valachie.

Les serbo-monténégrins relancent la guerre en liaison avec les russes. Napoléon 1er refuse de soutenir les insurgés serbes. Ces derniers sont proches de l’anihilation mais sont sauvés par l’offensive menée en Moldavie par le prince Pierre de Bagration. Les russes établissent des garnisons en territoire serbe.

A cette époque Alexandre 1er anticipe la rupture avec la France et offre la paix au sultan. Après de multiples péripéties, le Traité de Bucarest est signé en mai 1812. la Russie évacue les principautés roumaines mais annexe la Moldavie orientale et le Boudjak ottoman (sud de la Moldavie entre les bouches du Danube au sud, le liman du Dniestr et la Mer Noire à l’est. Ces territoires forment la Province de Bessarabie). La Russie obtient également des droits de commerce sur le Danube.

Les serbes refusent de détruire les fortifications ainsi que le retour de la souveraineté ottomane (en échange il devaient obtenir l’amnisite générale et l’autonomie interne) ce qui explique que la révolte va durer jusqu’en 1813.

Débute alors une lutte d’influence entre russes et ottomanes sur les principautés danubiennes.

C’est une révolte ? Non sire c’est une révolution !

Neuf ans après la fin de la guerre russo-ottomane, une révolution éclate en Moldavie et en Valachie. C’est la Révolution de 1821 qui est le premier pas vers l’émancipation du peuple roumain de la souveraineté ottomane.

Cet événement va durer plus de six mois de février à août 1821. Cette révolution est à la fois un mouvement populaire et une véritable campagne militaire menée contre les classes dominantes et l’empire ottomane.

A la manœuvre figure une société secrète la Filiki Eteria et des volontaires armés les pandoures (en roumain Panduri). Cette révolution devait initialement être coordonnée avec la guerre d’indépendance grecque mais dans la pratique les deux mouvements vont vite divérger, la méfiance l’emportant sur la confiance.

Paradoxalement les deux voïvodes en place sont favorables aux idées hétaïriques ce qui contredit peut être l’idée d’une révolte populaire contre les possédants.

Le mouvement commence à Galati qui se révolte. Les Eteiristes pénétrent à Jassy le 6 mars 1821.

Alexandre Ypsilantis

Le 14 mars 1821 Ypsilantis chef de la Filiki Eteria quitte Jassy à la tête de 1600 hommes dont 800 cavaliers avec lesquels il marche sur la Valachie. Vivant sur le pays ils se rendent très vite impopulaires et leur arrivée n’est pas forcément vue d’un très bon œil.

Tudor Vladimirescu

En mai, Tudor Vladimirescu s’empare de Bucarest où il détrône le voïvode conservateur en poste. Il est en désaccord avec l’Eteria qui aurait préféré composer avec le voïvode en poste.

Alexandre 1er condamne le déclenchement de l’insurrection. Il limoge Ypislanti de son armée et lui interdit le territoire russe. Le patriarche de Constantinople jette l’anathème sur l’Eteria. Des troupes abandonnent Ypsilantis, le voïvode de Moldavie est déposé par les boyards.

Ypsilantis se retranche alors à Targoviste avec 3000 hommes. Les ottomans réagissent militairement à la fin du mois d’avril. Après avoir repris Galati le 14 mai, les troupes ottomanes s’avancent vers Jassy et Bucarest. Cette dernière est reprise sans combats le 27 mai 1821.

Le 31 mai Tudor Vladimirescu est arrêté et exécuté après avoir été accusé de trahison. Désormais les insurgés qui n’ont pas fuit vont être écrasés par les ottomans.

La seule bataille rangée de la révolte est la Bataille de Dragasni le 19 juin 1821. Bien que largement supérieurs en effectifs aux ottomans, les insurgés mal commandés, mal instruits et indisciplinés sont écrasés par les troupes ottomanes.

Ypsilantis parvient à s’enfuir en Autriche. Il avait obtenu de l’inamovible chancelier Metternich l’autorisation de traverser le territoire autrichien pour rentrer en Russie. Seulement à peine arrivé il est arrêté et jeté en prison. Le nouveau tsar Nicolas 1er qui à succédé à son frère Alexandre 1er en 1825 obtient sa libération fin 1827. Il n’en profite guère puisqu’il meurt à Vienne le 31 janvier 1828.

Les derniers insurgés sont écrasés en août et jusqu’en 1822 les postes voïvodaux sont vacants, les territoires placés sous administration militaire.

Le Réglement organique

En 1826 une nouvelle convention est signée entre les russes et les ottomans. Les principautés deviennent des protectorats russes tout en restant formellement sous souveraineté de la Sublime Porte.

En 1829 la Valachie récupère les ports danubiens de Turnu, de Giurgiu et de Braïla et le 14 septembre 1829 la Russie et l’Empire ottoman signent le Traité d’Andrinople qui rétablit un protectorat russe sur la Moldavie et la Valachie.

Le 13 juillet 1831 en Valachie et le 13 janvier 1832 en Moldavie, le Regulamentul Organic (Réglement Organique), une loi organique quasi-constitutionnelle imposée par les autorités russes.

On reconnaît la séparation et l’équilibre des pouvoirs. Les hospodars sont désormais élus à vie (et non pour sept ans selon un texte plus ancien la Convention d’Akkerman) par une assemblée extraordinaire qui comprenait représentants des marchands et des guildes. L’hospodar nomme les ministres et les fonctionnaires.

Une assemblée de 35 membres est mise en place en Moldavie et une assemblée de 42 membres en Valachie, ces deux assemblées étant élues au suffrage censitaire. Les prémices de la séparation de l’Eglise et de l’Etat apparaissent tandis qu’une réforme fiscale est mise en place.

Suite au début de la guerre de Crimée, les deux principautés sont placées sous l’autorité militaire russe. De 1854 à 1857 elles seront placées sous une administration neutre, celle des autrichiens. Les hospodars sont rétablis dans leurs fonctions.

C’est une révolte ? Non sire c’est une révolution ! (bis)

Vingt-sept ans après les révolutions de Moldavie et de Valachie, les provinces danubiennes sont à nouveau sécouées par une révolution qui s’inscrit dans le contexte plus général du Printemps des Peuples, une contestation profonde de l’ordre du Congrès de Vienne adoté trente ans plus tôt par les vainqueurs de Napoléon 1er.

Si la contribution moldave fût essentiellement intellectuelle, en Valachie ce fût moins intellectuel et plus violent. Comme souvent dans les révolutions, les modérés furent débordés par les plus radicaux.

Le 7 juin 1848 un comité de salut public s’installe à Craïova. Deux jours plus tard les troupes envoyées reprimer le mouvement à Islaz se rallient à la sédition. La Proclamation d’Islaz du 11 juin 1848 devient la nouvelle constitution en remplacement du Réglément organique imposé par les russes au début des années 1830.

La Valachie se divise entre les révolutionnaires et les conservateurs qui bénéficient du soutien de garnisons russes.

Le 13 juin 1848 les russes et les conservateurs quittent Craïova à l’annonce de l’arrivée de troupes révolutionnaires. Une tentative ultérieure de reprise de la ville par les russes échoue. Le lendemain on adopte le pavillon tricolore bleu-jaune-rouge et la devise «Liberté Egalité et Fraternité».

Le drapeau roumain s’est inspiré de notre drapeau français

Le 15 juin 1848, le gouvernement provisoire et son armée quittent Craïova pour Bucarest. La Russie qui sent alors que la situation lui échappe fait pression sur les ottomans pour intervenir. Le lendemain 16 juin, les révolutionnaires de Craïova et de Bucarest font leur jonction.

Le 19 juin 1848 une tentative de coup d’Etat des légitimistes soutenus par les russes échoue mais le même jour un protocole d’intervention est signé entre la Russie (qui doit s’occuper de la Moldavie et l’Empire ottoman qui doit s’occuper de la Valachie.

Pour éviter cette intervention le gouvernement provisoire et l’Empire ottoman signent un compromis reconnu par tous les gouvernements mais sauf par les russes. Cela n’empêchera par les ottomans d’envahir la Valachie le 11 septembre 1848. Deux jours plus tard l’armée révolutionnaire est massacrée, la répression aussi brutale que féroce. Le 30 novembre 1848 la ville de Craïova est reprise par les ottomans qui se livrent à un épouvantable massacre.

Cette révolte s’étend également en Transylvanie (qui n’est pas une province danubienne au sens strict) où les révolutionnaires se divisent d’emblée.

Laszlo Kossuth

En effet si Laszlo Kossuth veut la libération de la Hongrie de la tutelle habsbourgeoise, il est surtout un patriote et un nationaliste hongrois qui n’à aucunement l’intention de corriger le déséquilibre électoral qui fait que la majorité roumanophone était dirigée par un élite magyar, saxonne et sicule.

Le 15 mai 1848 une Assemblée révolutionnaire se réunit à Blaj. Des combats opposent roumains et hongrois. Le 29 mai 1848 la Diète proclame le rattachement de la Transylvanie à la Hongrie mais cette assemblée n’est absolument pas représentative. On assiste alors à une situation incroyable : une partie des troupes de Kossuth combattait les roumains alors que les troupes russes intervenaient pour rétablir l’ordre ancien.

Paradoxalement l’écrasement de la révolution hongroise permettra à la Transylvanie de conserver son autonomie du moins jusqu’en 1867 et le compromis austro-hongrois.

Une ou plusieurs principautés ?

La Roumanie en 1859

L’échec de la révolution de 1848 n’à pas atteint les ambitions d’union et d’émancipation des principautés de Moldavie et de Valachie. Comme souvent c’est un événement extérieur qui va favoriser un processus d’unification en l’occurence la défaite russe dans la guerre de Crimée.

Suite à cette défaite la Moldavie récupère le Boujak russe depuis 1821 et surtout le processus d’unification avec la Valachie est enclenché. Deux assemblées consultatives se réunissent et suite à deux votes favorables, un acte organique est adopté par la Conférence de Paris le 19 août 1858 (7 août calendrier julien) qui autorise la réunion des deux principautés.

Alexandre Jean Curza

Le 17 janvier 1859 le colonel Alexandre Jean Cuza est élu prince de Moldavie et le 5 février suivant prince de Valachie. L’unité est donc réalisée de facto avant d’être réalisée de jure.

La France et la Grande-Bretagne reconnaissent la double élection à la Conférence de Paris, l’empire ottoman l’accepte par le firman le 4 décembre 1861 suivi par l’empire russe.

Le 5 février 1862 les assemblées fusionnent donnant naissance aux Principautés Unies de Roumanie. Alexandre Jean Cuza devient prince souverain (domnitor) de Roumanie.

En 1866 l’empire ottoman reconnaît cette unité comme un seul état mais cette «Petite Roumaine» reste vassale de l’empire ottoman.

Alexandre Jean Cuza est né à Barlad (Moldavie) le 1er avril 1820. Issu d’une famille de boyards, il appartient donc à l’élite politique et intellectuelle moldave.

Francophone et de mouvance libérale, sa famille participe à la révolution de 1821. Lui même participe à un niveau modeste à la révolution de 1848.

Après un court exil à Paris, Vienne et Constantinople, Cuza devient colonel de l’armée moldave mais aussi fran-maçon. Le 17 janvier 1859 il est élu prince souverain de Moldavie et le 5 février 1859 il est élu prince souverain de Valachie.

Curza qui se veut être un despote éclaire multiplie les réformes : sécularisation des immenses domaines ecclésiastiques, réforme agraire (ce qui lui vaut la haine de boyards), nouveau code civil, nouveau code pénal (qui abolit la peine de mort), mise en place d’un enseignement public primaire gratuit et obligatoire, création d’une université à Iasi (1860) et d’une autre à Bucarest (1864), dévellopement d’une armée roumaine, émancipation des Roms.

En multipliant les réformes, en voulant peut être trop en faire, il s’alienne tout le monde sans pour autant se constituer un socle qui le rendrait intouchable.

Un complot mené par la «coalition monstrueuse» (libéraux le jugeant trop mou, conservateurs effrayés par ses réformes radicales) le contraint à l’abdication le 22 février 1866. Il est rapidement expulsé de Roumanie, terminant sa vie à Paris, Vienne et Wiesbaden.

La classe politique cherche un roi permettant au nouvel état de peser ou du moins pouvant être protégé par une grande puissance. On élit dès le 23 février 1866 le comte de Flandre, Philippe, frère de Léopold II de Belgique mais ce dernier refuse de devenir le nouveau hospodar des principautés roumaines comme il avait refusé auparavant la couronne de Grèce.

Carol 1er de Roumanie

C’est finalement le prince allemand Charles de Hohenzollern-Sigmaringen qui est élu le 20 avril 1866 (couronné le 22 mai), adoptant comme nom de règne celui de Carol 1er même si il ne deviendra roi de Roumanie qu’en 1881.

La principauté de Roumanie participe à la guerre russo-ottomane en 1877/78 aux côtés de la Russie. Elle obtient son indépendance qui est proclamée le 21 mai 1877.

Cette indépendance est reconnue par le traité de Berlin le 13 juillet 1878 (Article 43) sous réserve d’abroger l’Article 7 de la constitution de 1866.

Outre son indépendance la Roumanie reçoit des territoires supplémentaires : les bouches du Danube, l’île des Serpents et les deux tiers de la Dobroudja avec le port de Constansa mais perd le Boujak en Bessarabie.

Le 10 mai 1881 la Principauté de Roumanie devient le Royaume de Roumanie. Jusqu’à l’abolition de la monarchie, le 10 mai sera la fête nationale roumaine.

Mitteleuropa Balkans (50) Bulgarie (14)

Une histoire militaire de la Bulgarie (2) : aux temps modernes (1878-1954)

Les prémices

Drapeau des opalchentsi

L’armée bulgare renait officiellement le 22 juillet 1878 (10 juillet selon le calendrier julien) quand douze bataillons d’opalchentsi qui venaient de participer à la guerre de Libération (appelée également neuvième guerre russo-ottomane) forment une armée nationale plus de quatre siècles après la fin de l’indépendance bulgare.

2011 : des passionnés d’histoire militaire célèbre le 133ème anniversaire de l’indépendance bulgare. Ils portent la tenue des opalchentsi qui s’illustrèrent durant la guerre russo-ottomane de 1877/78.

Les opalchentsi sont des volontaires bulgares qui décident d’aider la Russie dans sa guerre contre l’empire ottoman mais aussi prendre leur revanche sur l’écrasement de la révolte 1876, écrasement d’une violence telle que cela avait suscité l’écœurement de l’opinion publique européenne.

Ils sont regroupés à Samara et vont jouer un rôle majeur dans deux des quatre batailles du col de Skipka (deuxième bataille du 21 au 26 août 1877 et quatrième bataille du 5 au 9 janvier 1878).

Fusil Chassepot modèle 1866

Armés de fusils Chassepot (probablement pour maintenir l’illusion que la Russie n’étaient pas derrière eux), ils formèrent trois brigades numérotées 1, 2 et 3, chaque brigade disposant deux bataillons (druzhina) de cinq compagnies chacune. A ces trois brigades vont s’ajouter six druzhina indépendants numérotés 7 à 12.

Selon la Constitution de Tarnovo, tout les hommes âgés de 21 à 40 ans sont éligibles au service militaire et plus généralement aux obligations militaires.

En 1883 l’armée bulgare connait une première réorganisation. Les douze bataillons d’infanterie cités plus haut sont regroupés au sein de quatre brigades stationnées à Sofia, Pleven, Muse et Shumen. A cela s’ajoute une brigade de cavalerie.

La jeune armée bulgare ne tarde pas à connaître le baptême du feu puisque dès 1885 un conflit l’oppose à la Serbie.

Ce conflit est d’abord favorable à Belgrade mais la contre-attaque bulgare bouscule les troupes serbes qui doivent se replier sur leurs bases de départ et même battre en retraite devant la poussée des troupes de Sofia. Seule la menace d’une intervention austro-hongroise côté serbe stoppa l’avancée bulgare.

A l’époque l’armée de terre bulgare aligne un peu moins de 30000 hommes organisés en huit régiments à trois bataillons regroupés dans les quatre brigades vues plus haut. Comme chaque régiment possède environ 700 hommes on compte 5600 fantassins, le reste des effectifs étant composée de cavaliers (neuf escadrons) et d’artilleurs qui arment douze batteries à huit canons sans compter les services nécessaires.

Pour ce conflit elle peut également compter sur la milice de Roumélie Orientale unie par union personnelle à la principauté de Bulgarie. Cette milice mobilise d’abord ses unités de première ligne (douze bataillons d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et quatre canons) bientôt suivies par ses unités de deuxième ligne soit douze autres bataillons.

Ces bataillons vont opérer avec le deuxième échelon bulgare composé de huit bataillons, vingt bataillons de volontaires et trois bataillons macédoniens.

L’armée de terre bulgare dans les guerres balkaniques.

L’armée bulgare dans la première guerre balkanique

Tableau représentant les soldats bulgares au combat durant les guerres balkaniques

Le commandant nominal de l’armée bulgare est le tsar Ferdinand 1er mais le commandement effectif est assuré par son adjoint, le Lieutenant-General Mihail Savorov, son chef d’état-major était le Major-General Ivan Fichev avec comme chef d’état-major adjoint le colonel Stefan Nerezov.

L’armée bulgare déploie 366029 hommes soit la moitié des forces terrestres de la Ligue Balkanique qui va combattre l’empire ottoman pour chasser les forces de la Sublime Porte du continent européen.

En Thrace, les bulgares déploient trois armées plus une division de cavalerie. Des forces sont également placées sous l’autorité de la 2ème armée serbe sur le théâtre d’opérations occidental. On trouve également un détachement déployé dans les monts du Rhodope.

La 1ère Armée Bulgare dispose de la 1ère Division d’Infanterie «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie), de la 3ème Division d’Infanterie «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie) et de la 10ème Division d’Infanterie composée de deux brigades à deux régiments d’infanterie.

La 2ème Armée Bulgare disposait de la 8ème Division d’Infanterie «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, du détachement Haskovo avec une brigade d’infanterie, un détachement d’artillerie et une brigade de cavalerie à deux régiments.

La 3ème Armée Bulgare disposait de la 4ème Division d’Infanterie «Preslav» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 5ème Division d’Infanterie «Danube» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de la 6ème Division d’Infanterie «Bdin» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui.

La seule Division de Cavalerie de l’armée bulgare opère sur le théatre d’opérations de la Thrace avec deux brigades, la 1ère disposant de deux régiments alors que la 2ème dispose de trois régiments.

Sur le Théâtre occidental, la Bulgarie déploie une division au sein de la 2ème Armée serbe, la 7ème Division d’Infanterie «Rila» composée de trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités de cavalerie, de génie et d’artillerie. Elle opère en compagnie d’une division serbe composée de quatre régiments d’infanterie, d’un régiment d’artillerie et d’un régiment de cavalerie.

Le Détachement du Rhodope se compose de l’unique 2ème divisions d’infanterie de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

Naturellement l’ordre de bataille évolue durant le conflit. Après la première bataille de Catalca, les gouvernements bulgares et ottomans signent un armistice le 3 décembre 1912 et se mettent d’accord pour attendre une conférence de paix à Londres.

Les pourparlers ont lieu au palais de St James et n’avaient pas beaucoup avancé quand le 23 janvier 1913 les Jeunes Turcs dirigés par Enver Bey lancent un coup d’état et s’emparent du pouvoir à Constantinople. Le nouveau gouvernement est déterminé à s’emparer d’Andrinople à tout prix ce que ne pouvait accepter la Bulgarie. L’armistice est dénoncé le 29 janvier 1913 et les combats vont reprendre.

Ce sont les ottomans qui prennent l’initiative. Laissant de petites forces en Epire et en Albanie, les ottomans engagent toutes leurs forces en Thrace avec une offensive combinant attaques terrestres et attaques amphibies.

Durant la période de l’Armistice, les bulgares réorganisent leur stratégie en Thrace. Au début du mois de décembre, ils réalisent que les arrières de la 2ème Armée à Adrianople mais aussi ceux des 1ère et 3ème Armées pouvaient être menacées par une offensive ottomane utilisant la péninsule de Gallipoli comme base de départ.

Pour contrer cette menace le haut commandement bulgare décida de transféré ses forces jadis déployées sur le front occidental dans une nouvelle 4ème Armée bulgare avec 93389 hommes sous le commandement du Major Général Stiliyan Kovachev.

Pendant ce temps à Adrianople, une nouvelle 11ème Division d’Infanterie est formée. Elle est accompagnée par deux divisions d’infanterie serbes ce qui permet aux bulgares de déployer d’autres forces sur la ligne Chataldzha.

Sur la ligne Chataldzha située en Thrace à 35km à l’oust d’Istanbul on trouve d’abord la 1ère Armée bulgare sous le commandement du Lieutenant-Général Vasil Kutinchev qui commandait également le dispositif combinant les 1ère et 3ème armées bulgares.

Cette armée dispose de la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie auxquels il faut ajouter des unités d’appui et de soutien, de la 3ème DI «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et la 10ème DI qui comprend deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 3ème Armée bulgare commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriez comprend la 4ème DI «Preslav» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 5ème DI «Danube» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et de la 9ème DI «Pleven» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 4ème Armée bulgare déployée dans la péninsule de Gallipoli dispose de la 2ème DI de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, de la 7ème DI «Rila» à trois brigades (une à trois régiments, une à un seul régiment et une brigade à deux régiments) plus des unités d’appui dont un régiment de cavalerie et un bataillon de pionniers et de la division de cavalerie avec deux brigades à trois régiments montés, une brigade d’infanterie à deux régiments et des unités d’appui et de soutien.

Toujours dans la péninsule de Gallipoli, on trouve sous le commandement du Major-General Genev le Macedonian-Adrianpolitian Volunteer Corps composée de trois brigades à quatre bataillons d’infanterie plus des unités d’artillerie.

Dans la région d’Andrinople : on trouve la 2ème Armée Bulgare qui dispose de la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments plus des unités d’artillerie et du génie, de la 11ème DI à deux brigades à deux régiments d’infanterie, d’une brigade indépendante à deux régiments d’infanterie et d’un détachement d’artillerie indépendant. A cela s’ajoute également deux divisions serbes, la 1ère DI «Timok» et la 2ème DI «Danube».

La division d’infanterie type de l’armée bulgare se compose de trois brigades d’infanterie à deux régiments d’infanterie disposant chacun de quatre bataillons d’infanterie soit un total de vingt-quatre bataillons pour la division. A cela s’ajoutait deux régiments d’artillerie, un régiment de cavalerie et un bataillon du génie.

Pour des raisons tactiques, les 1ère et 2ème division cédèrent chacune une brigade pour permettre la formation d’une 10ème division qui ne disposait donc que de seize bataillons d’infanterie.

Cette armée bulgare va jouer un rôle majeur durant ce conflit en participant à plusieurs batailles contre les armées ottomanes.

L’armée bulgare au combat. Un autre tableau dans un style plus « naïf »

Le premier affrontement est constitué par la bataille de Kardzhali le 21 octobre 1912, une bataille opposant des effectifs comparables (8700 bulgares et 42 canons contre 9000 ottomans qui ne disposaient que de 9 canons). Les bulgares l’emporte et attache définitivement au pays la ville de Kardzhali et la partie orientales du massif des Rhodopes. Si les bulgares n’ont que 9 morts et 42 blessés, les ottomans ont 200 tués et blessés et abandonnent aux bulgares 19 prisonniers.

Trois jours après cet affrontement, 150000 soldats bulgares affrontent à la bataille de Kirk-Kilisse environ 100000 ottomans. Après une tentative ottomane de séparer les 1ère et 2ème armées ottomanes, la poussée bulgare oblige les troupes de la Sublime Porte à battre en retraite.

Les bulgares ont eu 887 tués et 4034 blessés sans oublier 824 portés disparus. De leur côté les ottomans ont subit des pertes deux fois plus importantes avec 1500 tués et blessés sans oublier 2 à 3000 prisonniers, 58 canons et 2 avions capturés par les bulgares.

Du 28 octobre au 2 novembre 1912 108000 bulgares (avec 116 mitrailleuses et 360 canons) affrontent 130000 ottomans (appuyés avec 300 canons) à la bataille de Lule-Burgas.

C’est la bataille la plus sanglante de la guerre, les ottomans devant se replier sur les monts Catalca où une puissante ligne fortifiée protège les approches de la capitale ottomane, Constantinople située à seulement 30km. Le bilan humain est terrible avec côté bulgare 2536 tués et 17000 blessés alors que du côté ottoman la note du boucher de nos «amis» anglais est encore plus élevée avec 22000 tués et blessés, 2800 prisonniers et 50 canons capturés.

Les 17 et 18 novembre 1912 à lieu la première bataille de Catalca. Cet affrontement indécis oppose 176430 bulgares contre 140571 ottomans.

Les bulgares subissent de très lourdes pertes ce qui leur impose d’arrêter toute progression ce qui permet aux ottomans de revendiquer la victoire (car même si ce n’est pas vrai en temps de guerre la communication et la propagande c’est presque aussi important que les manœuvres et les combats).

1506 soldats bulgares ont été tués auxquels il faut ajouter 9127 blessés et 1391 disparus soit un total de 12024 hommes hors de combat contre 5 à 10000 tués et blessés côté ottoman. Les pertes inférieures expliquent pourquoi les ottomans ont pu revendiquer la victoire même si cette victoire ne peut pas vraiment changer le cours de la guerre clairement dominé par la Ligue Balkanique.

Le 27 novembre 1912 à lieu la bataille de Merhamli entre bulgares et ottomans (effectifs exacts inconnus). Après une poursuite des bulgares, les ottomans doivent franchir la rivière Maritsa mais la majorité doit se rendre aux bulgares puisque sur les 10000 soldats ottomans engagés 9600 vont être faits prisonniers.

Le 26 janvier 1913 à lieu la bataille de Bulair. Environ 10000 bulgares affrontent quasiment 40000 ottomans (NdA chiffres incertains et contestés). Les ottomans tentent de dégager la forteresse d’Andrinople (aujourd’hui Edirne) assiégée par les bulgares depuis le début du conflit. L’attaque est rapidement contrée par les bulgares.

En ce qui concerne les pertes là aussi il y à contestation puisque l’unique source est bulgare et c’est ainsi que selon Sofia on trouve 114 tués et 416 blessés du côté bulgare et côté ottoman plus de 6000 morts et 10000 blessés.

Du 3 février au 3 avril à lieu la deuxième bataille de Catalca. C’est une bataille d’usure qui se termine de manière incertaine.

Du 9 au 11 février 1913 les bulgares affrontent les ottomans lors de la bataille de Sarkoy. Cet affrontement est la conséquence de la bataille de Bulair et comme la bataille de Bulair se termine par une victoire bulgare.

Là aussi les pertes sont très incertaines. Si du côté bulgare j’ignore les effectifs engagés et donc les pertes, côté ottoman on trouve près de 20000 hommes et 48 canons plus des navires (deux croiseurs et deux cuirassés) et au niveau des pertes on annonce 882 tués, 1842 blessés et 55 disparus.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

La première guerre balkanique se termine par la signature du traité de Londres le 30 mai 1913. Ce traité voit les grandes puissances européennes intervenir. Une Albanie indépendante voit le jour, les îles de la mer Egée sont cédées à la Grèce sauf celles de Imhos et de Tenedos qui commandent l’accès aux détroits turcs, la Crète appartient définitivement à la Grèce.

Tous les territoires européens de l’empire ottoman à l’ouest d’une ligne Enos-Midio sont cédés à la Ligue Balkanique qui doit en assurer le partage. C’est le début d’un processus qui allait conduire à la deuxième guerre Balkanique.

Mannlicher M1888

En ce qui concerne l’équipement de l’armée bulgare on trouve plusieurs modèles de pistolets et de revolvers comme le Frommer-Stop austro-hongrois, le Beholla et le Luger P-08, plusieurs modèles de fusil (Mauser modèle 1871/84, Peabody-Martini Henry, Mannlicher M1888 et M1895) mais aussi le fusil mitrailleur Madsen.

L’armée bulgare dans la deuxième guerre balkanique

Suite aux problèmes du partage des dépouilles entre les vainqueurs, la Bulgarie se retourne contre ses anciens alliés bientôt renforcés par l’empire ottoman. Le conflit sera bref se terminera par un désastre pour Sofia qui parviendra tout de même à conserver quelques territoires.

Durant la 1ère guerre Balkanique la Bulgarie avait mobilisé 599878 hommes sur une population masculine de 1914160. 33000 soldats sont morts sans compter les 50000 blessés ou malades (typhus et cholera).

En dépit de la mobilisation de nouveaux bulgares issus des territoires conquis en Thrace et en Macédoine, l’armée bulgare ne dispose que de 500491 hommes alors que les anciens bulgares pouvaient mobiliser 83% des effectifs présents durant la première guerre soit plus que la Bulgarie.

Les bulgares vont déployer cinq armées contre la Grèce et la Serbie, ne laissant qu’un maigre rideau contre les ottomans et rien sur la frontière avec la Roumanie.

On trouve onze divisions d’infanterie, une division de cavalerie, le corps des volontaires macédonio-adrianopolitain. A cela s’ajoute en réserve sous l’autorité directe du haut-commandement deux divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie indépendante.

La force de combat globale était donc de 297 bataillons d’infanterie, 47 escadrons de cavalerie et 186 batteries d’artillerie. Sur le plan matériel la situation s’est améliorée mais comme nous le verrons dans le récit du conflit cela ne va pas suffire.

Le commandant en chef est toujours nominalement assuré par le tsar Ferdinand 1er mais au quotidien le commandement est assuré par le Lieutenant-General Mikhail Savov avec comme adjoint en titre le chef d’état-major général, le Major-General Ivan Fichev mais comme ce dernier est opposé à une nouvelle guerre, il est suppléé sans être débarqué par son adjoint, le colonel stefan Nerezov.

Cette situation ne dure pas car peu après le début du conflit, le Lieutenant-General Savov est viré mais reprendra du service en assurant le commandement combiné des 2ème, 4ème et 5ème armée.

Pour le remplacer dans ses fonctions, Ferdinand 1er le remplace par le général Dimitriez nettement plus russophile, son adjoint le général Racho Petrov assurant le commandement de la 3ème Armée.

Ordre de Bataille des troupes opérant contre l’armée serbe

Face aux troupes de Belgrade, Sofia déploie tout d’abord la 1ère Armée placée sous le commandement du Lieutenant-General Vasil Kutinchev.

Elle comprend la 5ème Division d’Infanterie «Danube» composée de deux brigades d’infanterie à deux régiments plus des unités d’appui et de soutien, la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui de soutien et enfin d’une brigade d’infanterie indépendante à deux régiments également. Sous le commandement direct de l’armée on trouve escadrons de cavalerie pour l’éclairage.

La Troisième Armée commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriev comprend la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 13ème DI à trois régiments d’infanterie, une brigade d’infanterie à deux régiments, une division de cavalerie à deux brigades à deux régiments plus des unités d’appui et un régiment de cavalerie indépendant.

La Cinquième Armée commandée par le Major-General Stefan Toshev comprend la 4ème DI «Preslav» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 12ème DI à trois régiments d’infanterie, la Brigade Odrin à deux régiments d’infanterie, de l’artillerie d’armée et un régiment indépendant de cavalerie.

La Quatrième Armée commandée par le Major-General Stiliyan Kovachev comprend la 2ème DI thrace à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 7ème DI «Rila» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, deux brigades d’infanterie indépendante.

Elle dispose également du corps des volontaires macédonio-adrianopolitain composé de trois brigades à cinq bataillons d’infanterie plus des unités d’appui. Sous l’autorité directe de l’armée on trouve un régiment de cavalerie et un régiment d’Opalchenis.

Ordre de bataille des troupes engagées contre l’armée grecque

Face à l’armée grecque les bulgares déploient la Deuxième Armée commandée par le Lieutenant-General Nikola Ivanov. Elle comprend la 3ème DI «Balkan» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien mais aussi la 11ème DI à trois régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, trois brigades indépendantes d’infanterie ainsi que des unités dépendant directement de l’armée à savoir un régiment d’infanterie, un régiment de cavalerie, des escadrons indépendants de cavalerie, un bataillon de garde-frontières et une section d’obusiers.

Forces déployées en Thrace orientale (face aux turcs)

Face aux turcs les bulgares ne déploient qu’un écran pour jalonner et freiner autant que faire se peut une poussée ottomane. On trouve d’abord une brigade d’infanterie issue de la 10ème DI (d’où sa désignation de 2/10) avec deux régiments d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et une section d’artillerie. A cela s’ajoute un régiment d’infanterie et deux régiments de cavalerie, tous les trois indépendants.

Réserve du Haut-Commandement

Le haut-commandement bulgare conserve sous son autorité directe en réserve stratégique la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus une unité d’artillerie et un bataillon de pionnier.

Ce conflit est donc la conséquence du premier où les anciens alliés de la Ligue Balkanique vont se déchirer des territoires.

C’est la Bulgarie qui prend l’initiative en attaquant la Serbie et la Grèce le 29 juin 1913. Belgrade et Athènes vont être ultérieurement aidés par le Monténégro le fidèle allié de la Serbie mais aussi pour la Roumanie et l’empire ottoman ce qui fait que l’armée bulgare va devoir combattre en même sur tous les fronts. C’était déjà quasiment impossible pour armée de premier ordre alors l’armée bulgare vous pensez…… .

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui à provoqué de nombreuses pertes.

La bataille de Bregalnica (rivière alimentant le Vardar) est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie. C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec 20000 tués côté serbo-monténégrin et 30000 côté bulgare.

Du 2 au 4 juillet 1913, les grecs remportent la bataille de Kilkis-Lachanas. 75000 bulgares (57 bataillons d’infanterie et 10 escadrons de cavalerie) appuyés par 175 canons affrontent 117000 grecs (73 bataillons d’infanterie et 8 escadrons de cavalerie). Cette bataille fait suite à la bataille précédente

Les serbes tiennent le choc et les grecs parviennent de leur côté à contre-attaquer, infligeant aux bulgares une sérieuse défaite, la pire de ce conflit. Les bulgares ont 6971 tués et blessés plus 2500 prisonniers et 19 canons perdus alors que les grecs ont perdu 8828 tués et blessés.

La ville une fois prise est vidée de sa population bulgare. L’armée grecque divise alors ses forces, une partie met cap à l’est et la Thrace occidentale, le reste avance la vallée creusée par la rivière Struma, les grecs battant les bulgares à la bataille du lac Doiran (5/6 juillet 1913).

Cette bataille oppose deux brigades bulgares issus de la 2ème armée à deux divisions grecques (3ème et 10ème DI).

Conséquence de la bataille de Kilkis-Lachanas, cette bataille voit les bulgares qui avaient détruit les ponts sur le Styrmon et la ville de Serres être sérieusement malmenés ce qui entraîne une retraite vers le nord. Les grecs s’emparent de plusieurs villes et menacent la capitale bulgare. A cela s’ajoute un débarquement amphibie grec à Kavala.

Les pertes traduisent le déroulement des combats. La moitié des troupes bulgares est tuée, blessée ou capturée alors que les grecs n’ont que des pertes minimes avec 252 tués et 755 blessés.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu».

C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis. Si les pertes serbes sont inconnues, les bulgares perdent plus de 1000 hommes (280 tués et 820 blessés).

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Peu après les bulgares remportent la bataille de Demir Hisar les 9 et 10 juillet toujours contre les grecs.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Cette bataille se termine par des pertes assez élevées avec 2400 tués et 4620 blessés côté bulgare, 2500 tués et 4850 blessés côté serbe, 107 tués et 570 blessés côté monténégrin.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre.

Euletherios Venizelos

Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale.

Les roumains ? Oui les roumains qui déclarent la guerre le 10 juillet 1913 suite à un désaccord frontalier avec Sofia. Quand les grecs acceptent la proposition bulgare d’un armistice les troupes roumaines sont à Vrazhebdria à onze kilomètres du centre de Sofia.

Les troupes de Bucarest vont envahir la Doubroudja du sud mais également franchir le Danube dans la région de Corabia.

Les ottomans vont également se joindre à la curée à partir du mois de juillet. Pas moins de 200 à 250000 turcs vont envahir la Thrace occidentale. Les bulgares en sous-effectifs évacuent Adrianople (Edirne) en catastrophe le 19 mais comme les turcs ne l’occupe pas, ils reviennent le lendemain pour l’abandonner définitivement cette fois le 21.

Le 23 juillet 1913 Edirne est occupée par les ottomans. C’est symboliquement très importante car cette ville capturée par Murad 1er dans les années 1360 avait été la première capitale européenne des ottomans, statut qu’elle conservera jusqu’à la prise de Constantinople en 1453.

L’invasion ottomane de la Bulgarie provoque la panique chez les paysans de la région qui se réfugient dans la montagne. Les troupes ottomanes n’ont pas eu à souffrir de pertes au combat mais ont perdu 4000 hommes des suites du choléra.

Les russes menacent alors Constantinople d’intervenir dans le Caucase et envoient la flotte de la mer Noire menacer la capitale ottomane. C’est alors la Grande-Bretagne soucieuse de ne pas trop laisser de place à Saint-Pétersbourg dans la région qui décide d’intervenir.

De toute façon les différents belligérants sont épuisés, éreintés par neuf mois d’un conflit qui annonce tristement les horreurs du premier conflit mondial.

La deuxième guerre Balkanique se termine par le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913. Les ottomans demandent à participer mais les anciens alliés de la Ligue Balkanique refusent. Cette fois les Grandes Puissances vont intervenir pour éviter qu’une nouvelle paix insatisfaisante ne provoque une troisième guerre.

Mitteleuropa Balkans (45) Bulgarie (9)

La Bulgarie dans le second conflit mondial

Le 5 septembre 1948 éclate le second conflit mondial quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERÜBUNG, l’invasion du Danemark et de la Norvège officiellement pour protéger Copenhague et Oslo d’une attaque franco-britannique (sic).

La Bulgarie liée à l’Allemagne par le pacte tripartite se contente de prendre note du conflit tout en informant Berlin qu’elle se tient prêt à toute éventualité. Berlin se contente de prendre bonne note de la décision bulgare.

Boris III, tsar de Bulgarie de 1918 à 1951

Si Boris III avait pu conserver la Bulgarie neutre durant la guerre de Pologne, le tsar au pouvoir depuis près de 30 ans maintenant est conscient que ce sera plus difficile pour ce conflit qui allait durer.

Pour l’opération MARITSA (invasion de la Yougoslavie), la Bulgarie n’intervient pas directement mais son territoire est ouvert aux troupes allemandes ce qui favorise l’avancée de la Wehrmacht même si selon certains historiens cette décision de non-intervention prise par Sofia à été une bénédiction pour Belgrade puisque cela à permis aux troupes yougoslaves de se replier sans panique direction la Macédoine et éviter une déroute militaire qui aurait également mis en danger la Grèce.

Les troupes bulgares vont entrer en Yougoslavie uniquement pour occuper la Macédoine puis le nord de la Grèce. Il y à quelques combats avec les alliés mais on ne peut pas dire que les troupes bulgares fassent des merveilles.

La Macédoine est occupée par les armées bulgares qui très vite font face à des mouvements de résistance qui avant d’être structurés étaient un mélange détonant de bandits de grand chemin, de soldats egarés et de jeunes garçons trop jeunes pour s’engager ou êtres appelés.

Surpris les bulgares réagissent avec férocité. Les crimes de guerre sont nombreux, les civils payant un lourd tribu à la soldatesque bulgare. Cela va permettre à Sofia de maintenir un certain ordre dans cette région qui doit être clairement annexée à la Bulgarie une fois le conflit terminé.

Ce projet ne verra jamais le jour car comme durant le premier conflit mondial la Bulgarie va se retrouver en avril 1954 dans le camp des vaincus.

Le 17 juin 1950 la campagne de Grèce s’achève après la bataille navale du Golfe de Zanthe. Si l’Axe occupe le nord de la Grèce, le Péloponnèse, la Crète et de nombreuses îles restent aux mains des alliés.

Les allemands auraient voulu achever cette campagne mais il n’y eut jamais assez de troupes pour réaliser une offensive décisive. La presqu’ile péloponnésienne va rester une épine dans le pied de l’Axe, servant de base de départ à des opérations navales et aériennes gênant considérablement l’Axe et favorisant l’action des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Faute de troupes suffisantes les alliés mènent une guerre d’usure. Les bulgares déploient des troupes nombreuses en Macédoine et dans le nord de la Grèce pour tenir le front en liaison avec quelques troupes allemandes.

Des fortifications sont dressées pour user l’ennemi en cas d’offensive, des blockhaus sont construits par des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés. Nul doute que les plus lucides des officiers bulgares savaient que cela ne saurait que ralentir les alliés en cas d’offensive majeure.

La situation se dégrade à partir de 1952. Les services secrets alliés parviennent enfin à coordonner leurs actions et leurs efforts pour encadrer et soutenir les maquisards et les partisans qui mènent des opérations de renseignement, d’exfiltration des pilotes abattus et d’attaque des lignes de communication ennemies.

Il s’agit de préparer les futures offensives «majeures» lancées dans les Balkans pour donner notamment des gages aux soviétiques et sans le dire éviter que Moscou ne prennent ses aises dans cette région.

Carte de la Grèce automne 1952. En rouge les territoires dominés par l’Axe et en bleu ceux dominés par les alliés. Les Cyclades seront rapidement évacuées par les allemands peu après le début de l’opération ANVIL alors que l’île de Céphalonie sera conservée le plus longtemps possible pour rester une menace constante sur le flanc des alliés qui ne la neutraliseront qu’au printemps 1953.

A l’automne 1952 les alliés lancent l’opération ANVIL (enclume) qui bousculent les troupes de l’Axe en Grèce, libérant Athènes en décembre 1952 et l’ensemble de la Grèce ou peu s’en faut en février 1953, laissant un pays dévasté où va régner une quasi-famine en partie compensée par le largage de vivres par les alliés.

Le 19 mai 1953 les alliés lancent l’opération SLEDGEHAMMER. Les bulgares encaissent le choc de deux armées britanniques, une armée grecque et une armée yougoslave.

Siméon II en 2017

Les soldats de Simeon II se montrent à la hauteur, réhabilitant la réputation martiale des troupes bulgares. Les alliés ne s’y trompent pas et engagent davantage de moyens qu’initialement prévu ce qui montre que les bulgares ont combattu bravement et n’ont cédé qu’une fois le point de rupture atteint.

A l’été 1953 le front suit le tracé d’une ligne reliant Durres, centre de la Macédoine et frontière bulgaro-grecque.

En novembre 1953 les alliés repassent à l’attaque (opération SWORD). Le front germano-bulgare est enfoncé et doivent reculer pour ne pas être débordés.

Les hongrois doivent même être engagés dans une zone considérée comme bulgare ce qui irrite profondément Sofia qui ne fait rien pour aider les troupes hongroises en dépit d’une situation militaire très difficile pour l’Axe qui recule sur tous les fronts.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien lors d’un entrainement en Grande-Bretagne. Il porte pour cela la même tenue que les troupes aéroportées britanniques alors que la tenue des paras Canucks est plus proche de celle des Etats-Unis.

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe. Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens très limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

Les bulgares vont combattre sur les rives de la mer Noire, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands.

Pour se faire pardonner les bulgares décident d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

En ce qui concerne la question juive, la Bulgarie à des lois discriminatoires vis à vis de la communauté juive et va organiser l’envoi de certains d’entre-eux en Palestine mandataire.

Durant le second conflit mondial, la volonté allemande de déporter les juifs bulgares dans le Gouvernement Général se heurte à une fin de non recevoir de la part de Boris III.

Pour certains c’est ce refus qui à poussé le duo Himmler/Heydrich à éliminer le tsar bulgare dans un accident d’avion encore nimbé de mystère soixante-neuf ans plus tard.

La seconde guerre mondiale pour la Bulgarie c’est également une guerre navale et une guerre aérienne.

La petite marine bulgare qui à bénéficié de quelques modestes renforcement durant la Pax Armada n’à pas les moyens de contrer la flotte soviétique de la mer Noire.

Elle va donc choisir la stratégie du faible au fort en harcelant l’ennemi par des unités légères et en escortant des convois en tentant d’échapper aux mines, aux sous-marins et aux unités de surface soviétique mais si la RKKF fût bien en peine de maintenir une pression constante sur les ports bulgares et roumaines d’où partaient des convois ravitaillant notamment la Crimée.

A la fin du conflit nombre de navires ont été coulés et les unités restantes vont se saborder pour ne pas tomber aux mains des soviétiques.

L’armée de l’air bulgare va elle appuyer les troupes au sol et devoir défendre l’espace aérien du pays contre les bombardements alliés, les franco-britanniques visant notamment la gare de triage de Sofia, des ponts sur le Danube et différentes industries stratégiques. Manquant d’appareils modernes, les pilotes bulgares vont tenter de faire le maximum avec ce qu’ils avaient.

En septembre 1955 la monarchie est officiellement abolie et la république proclamée. Les communistes sont encore dans l’ombre mais vont peu à peu prendre le pouvoir éliminant peu à peu leurs alliés selon une tactique baptisée «tactique du salami».

Un traité de paix est signé en mai 1956. Il est plutôt modéré pour Sofia qui peut conserver la Dobroudja du Sud mais doit renoncer à ses réclamations sur la Grèce et la Yougoslavie.

Des indemnités doivent également être payés ce qui va permettre à la Grèce et à la Yougoslavie de se reconstruire même si Athènes comme Belgrade ont jugé le prix payé par Sofia très insuffisant par rapport aux dégâts. Ils ne parviendront pas non plus à obtenir l’extradiction d’officiers clairement impliqués dans des crimes de guerre.

Pour éviter de nouveaux problèmes, des échanges de population plus ou moins forcés sont organisés. C’est ainsi que 150000 bulgares de Thrace sont expulsés en direction de la Bulgarie.

Mitteleuropa Balkans (42) Bulgarie (6)

Guerres Balkaniques : la Bulgarie dans la tourmente

Généralités et contexte global

Soldats bulgares durant les guerres Bakaniques

Du 8 octobre 1912 au 10 août 1913 les Balkans sont sécoués par deux conflits qui annoncent le premier conflit mondial.

Les causes de ce conflit sont multiples : incapacité de l’empire ottoman à se réformer suffisamment pour enrayer un déclin amorcé dès le 18ème siècle et ce malgré l’arrivée au pouvoir des Jeunes Turcs,la guerre italo-ottomane de 1911 et les révoltes en Albanie et au Kosovo montrent que Constantinople ne contrôle plus grand chose, les grandes puissances se querellent en raison d’intérêts divergents et l’opinion publique européenne est très sensible au sort des chrétiens que l’histoire à placé sous le joug ottoman.

En 1908 donc les Jeunes Turcs ont pris le pouvoir à Constantinople dans l’espoir de guérir «l’homme malade de l’Europe». Les troubles provoqués par ce coup d’état sont exploités par l’Autriche-Hongrie qui décide d’annexer la Bosnie-Herzégovine (qu’elle administrait depuis 1878) ce qui irrite la Serbie qui espérait intégrer ce territoire. Belgrade lorgne désormais sur le sandjak de Novi-Pazar et le Kosovo, territoire considéré comme le berceau de la nation serbe.

Euletherios Venizelos

Le 15 août 1909 un coup d’état militaire à lieu en Grèce. Mené par la Ligue Militaire elle permet l’émergence d’Eleutherios Venizelos qui va incarner pendant des années la vie politique grecque.

La même année on s’en souvient la Bulgarie à obtenu la reconnaissance de son indépendance par la Sublime Porte et en août 1910 le Monténégro devient à son tour un royaume.

Le contexte est donc mur pour une future guerre qui éclatera à l’automne 1912 et se poursuivra jusqu’à l’été suivant. Ce conflit annonce clairement le premier conflit mondial notamment son niveau de violence mais hélas pour les soldats de ce qui aurait du être la Der des Ders, les états-majors sont persuadés qu’avec un tel niveau de violence, la guerre ne peut être que brève. On connait la suite.

Avant le conflit on assiste à une préparation diplomatico-militaire entre les nations européennes mais cette alliance est biaisée par des intérêts clairement divergents entre les participants de la Ligue Balkanique.

C’est ainsi que si les bulgares, les serbes et les monténégrins mettent en place en commun leurs plans de guerre, ils n’invitent pas les grecs. Normalement les serbes et les monténégrins doivent attaquer dans le Sandjak, les bulgares et les serbes en Macédoine et en Thrace.

Face à ce déploiement de force important l’empire ottoman sera handicapé par l’incapacité de sa marine à couvrir le passage en Europe de troupes stationnées en Asie Mineure et dans la partie arabe de l’empire.

Trois états-majors sont ainsi mis sur pied pour gérer les fronts multiples à venir : le QG de Thrace installé à Constantinople pour faire face aux bulgares, le QG de l’Ouest à Salonique pour faire face aux grecs et enfin celui du Vardar à Skopje pour faire face à l’armée serbe.

La première guerre balkanique à lieu du 8 octobre 1912 au 30 mai 1913. Elle oppose les signataires de la Ligue Balkanique (Bulgarie, Serbie, Grèce et Monténégro) à l’Empire ottoman et se termine par une victoire éclatante des pays européens contre une Sublime Porte qui ne mérite plus que jamais son statut d’homme malade de l’Europe. Il faut dire que 350000 ottomans affrontent 600000 bulgares, 220000 serbes, 115000 grecs et 35000 monténégrins.

La deuxième guerre balkanique qui à lieu du 29 juin au 10 août 1913 oppose la Bulgarie à ses anciens alliés (mais aussi à l’empire ottoman) suite à des désaccords sur le partage des dépouilles ottomanes. Environ 500000 bulgares affrontent 348000 serbes, 330000 roumains, 255000 turcs, 148000 grecs et 12800 monténégrins.

Les bulgares prennent l’initiative des opérations mais les serbes et les grecs repoussent cette attaque.

Les serbes et les grecs attaquent à l’ouest et au sud, la Roumanie attaque au nord et l’empire ottoman en Thrace pour reconquérir Andrinople. Le traité de Bucarest permet à la Bulgarie de conserver la majeure partie des territoires conquis. Sofia doit néanmoins céder la Dobroudja du Sud à la Roumanie.

La première guerre Balkanique

Soldats bulgares chargeant les turcs

Le 8 octobre 1912 le Monténégro déclare la guerre à l’empire ottoman suivit une semaine plus tard par ses alliés.

Face à autant d’adversaires, les ottomans sont vite débordés. C’est ainsi que les bulgares arrivent dans la banlieue de Constantinople dans la région rurale de Catalca mais aussi dans l’isthme de la péninsule de Gallipoli. D’autres troupes de Sofia s’emparent de la Thrace occidentale et de la Macédoine orientale.

La Serbie attaque au sud-ouest dans les régions de Skopje et de Monastir puis oriente son effort vers l’ouest en direction de l’actuelle Albanie. Une autre armée capture le Kosovo et fait sa jonction avec le Monténégro pendant que les grecs attaquent en Thessalie.

Le 21 octobre 1912 8700 bulgares et 42 canons affrontent lors de la bataille de Kardzhali 9000 ottomans appuyés par neuf canons. Les bulgares l’emporte et attache définitivement au pays la ville de Kardzhali et la partie orientales du massif des Rhodopes.

Trois jours plus tard le 24 octobre 1912, environ 150000 bulgares affrontent à la bataille de Kirk-Kilisse (Thrace orientale) environ 100000 ottomans. Les troupes de Sofia l’emportent et impressionnent l’Europe, le ministre des affaires étrangères français Alexandre Millerand aurait souhaité 100000 soldats bulgares à la place de n’importe quel autre allié (NdA Cela à du faire plaisir à Saint-Pétersbourg et Londres).

Les 22 et 23 octobre à lieu la bataille de Sarantaporo entre cinq divisions grecques et deux divisions ottomanes. Cette bataille se termine par une victoire grecque qui permet à Athènes de capturer les villes de Servia et de Kozani.

Les 23 et 24 octobre 1912 à lieu la bataille de Kumanovo entre les serbes (132000) et les ottomans (65000). Les serbes défont les troupes de la Sublime Porte et l’armée ottomane doit se replier vers le sud.

Du 28 octobre au 2 novembre 1912 108000 bulgares (avec 116 mitrailleuses et 360 canons) affrontent 130000 ottomans (appuyés avec 300 canons) à la bataille de Lule-Burgas. C’est la bataille la plus sanglante de la guerre, les ottomans devant se replier sur les monts Catalca où une puissante ligne fortifiée protège les approches de la capitale ottomane, Constantinople située à seulement 30km.

Du 28 octobre 1912 au 23 avril 1913 la ville de Scutari (auj. Skoder) est assiégée par les monténégrins bientôt rejoints par leurs alliés serbes. 40 à 50000 hommes vont assiéger 20000 turcs et volontaires albanais. Ce siège se termine la rédition et non la prise de la place forte.

Les 1er et 2 novembre 1912, cinq divisions grecques affrontent la garnison de Thessalonique (bataille de Yenidze). En supériorité numérique, les grecs l’emportent et vont pouvoir s’emparer de la ville de Yenidze puis de Thessalonique (voir ci-après).

Du 3 au 5 novembre 1912 à lieu entre serbes et ottomans la bataille de Prilep. Les troupes serbes submergent les troupes ottomanes qui n’ont d’autre choix que de se replier. Les pertes serbes sont cependant très lourdes avec 2000 morts et blessés contre 1200 morts et blessés de l’autre côté.

Du 3 au 6 novembre 1912, une division grecque combat trois divisions ottomanes lors de la bataille de Sorovich. Les grecs prennent l’initiative des opérations mais ils sont repoussés par les ottomans. Cette défaite permet aux serbes de s’emparer de la ville de Monastir.

Du 6 au 12 novembre 1912 à lieu la bataille de Pente Pigadia. Deux bataillons d’evzones sont opposés à cinq bataillons ottomans. Les ottomans prennent l’initiative de l’attaque à Anagi mais sont stoppés par d’abondantes chutes de neige. La bataille se termine par une série d’escarmouches indécises.

Le 8 novembre 1912 les grecs devancent les bulgares et s’emparent de Thessalonique et de 26000 prisonniers ottomans. Quatre jours plus tard le 12 novembre, des troupes grecques font leur jonction avec les serbes puis bifurquent vers l’est pour rejoindre les bulgares. Une autre armée grecque attaque en Epire en direction de Ioammina.

Du 16 au 19 novembre 1912 à lieu la bataille de Monastir. Environ 100000 serbes affrontent 40000 ottomans. Après sa défaite à Kumanovo, les ottomans se replient et se regroupent autour de Bitola, objectif de la 1ère Armée serbe.

Cette dernière est durement accrochée par l’armée ottomane qui dispose d’une nette supériorité en artillerie ce qui compose son infériorité numérique.

Les serbes doivent attendre l’arrivée de leur propre artillerie pour contrebattre l’artillerie ottomane qui est neutralisée le 18. Bitola tombe le lendemain. Les serbes contrôlent alors tout le sud-ouest de la Macédoine dont la ville d’Ohrid.

Certains serbes auraient voulu poursuivre vers le sud et Thessalonique mais le commandant serbe, le général Pvanik refuse car il craint de provoquer l’Autriche-Hongrie qui n’avait pas vraiment envie d’une Serbie surpuissante ayant une fénètre sur la mer Egée et sur la mer Adriatique. De toute façon les grecs et les bulgares étaient déjà là et nul doute qu’Athènes comme Sofia n’auraient pas vraiment voulu d’un troisième crocodile dans le marigot.

Les 17 et 18 novembre 1912 à lieu la première bataille de Catalca. Cet affrontement indécis oppose 176430 bulgares contre 140571 ottomans. Les bulgares subissent de très lourdes pertes ce qui leur impose d’arrêter toute progression ce qui permet aux ottomans de revendiquer la victoire (car même si ce n’est pas vrai en temps de guerre la communication et la propagande c’est presque aussi important que les manœuvres et les combats).

Le 18 novembre 1912 la région d’Himora se révolte. Les grecs débarquent et leur avance est favorisée par une révolte des grecs et un accord avec les beys albanais de la région. Cette région va cependant être cédée à l’Albanie (protocole de Florence du 17 décembre 1913).

Le 21 novembre 1912 à lieu la bataille navale de Kaliakra entre quatre torpilleurs bulgares et le croiseur protégé Hamidiyé de la marine ottomane qui intervient pour protéger un convoi qui ralliait Constansa (Roumanie) à Constantinople.

Cette bataille qui à lieu à 32 miles (64km) de Varna voit le croiseur protégé ottoman être sérieusement endommagé et le blocus des côtes bulgares notablement allégé.

Le 27 novembre 1912 à lieu la bataille de Merhamli entre bulgares et ottomans (effectifs exacts inconnus). Après une poursuite des bulgares, les ottomans doivent franchir la rivière Maritsa mais la majorité doit se rendre aux bulgares.

Du 9 au 11 décembre 1912 à lieu la bataille de Driskos. 3800 grecs et volontaires italiens vont affronter entre 7 et 10000 ottomans selon les sources. Les ottomans l’emportent logiquement mais il s’agit d’une victoire tactique qui ne change pas grand chose au cours de la guerre.

La situation des turcs devient d’autant plus compliquée qu’à deux reprises la marine grecque remporte des victoires significatives dans les Détroits et empêche l’envoie de renforts en Europe.

La première bataille est la bataille d’Elli le 16 décembre 1912. Côté grec on trouve un croiseur cuirassé, trois cuirassés garde-côtes et quatre destroyers alors que côté ottoman on trouve quatre cuirassés (dont deux anciens), un croiseur protégé et quatre destroyers. C’est une victoire grecque majeure pour ne pas dire décisive, la Grèce capturant Imbros, Tenedos, Lemmos, Samos,Chios,Lesbos, Mount Athos, Thasos et Samothrace.

La deuxième bataille est la bataille de Lemmos le 18 janvier 1913. Les grecs mobilisent trois cuirassés, un croiseur cuirassé et sept destroyers pour affronter trois cuirassés, un croiseur et cinq destroyers ottomans. Les grecs ont un blessé (!) alors que les ottomans ont trois navires sérieusement endommagés (avec 41 tués et 104 blessés). C’est la deuxième et dernière tentative ottomane de briser le blocus grec des Dardanelles.

Entre-temps le 20 décembre 1912 les grecs ont capturé la ville de Korcé (actuellement en Albanie).

En janvier 1913 les jeunes turcs sont renversés par un coup d’état militaire. Es-ce à dire que le camp de la paix l’emporte à Constantinople ? Pas vraiment la guerre continue.

Le 26 janvier 1913 à lieu la bataille de Bulair. Environ 10000 bulgares affrontent quasiment 40000 ottomans (NdA chiffres incertains et contestés). Les ottomans tentent de dégager la forteresse d’Andrinople (aujourd’hui Edirne) assiégée par les bulgares depuis le début du conflit. L’attaque est rapidement contrée par les bulgares.

Du 3 février au 3 avril à lieu la deuxième bataille de Catalca. C’est une guerre d’usure qui se termine de manière incertaine.

Du 9 au 11 février 1913 les bulgares affrontent les ottomans lors de la bataille de Sarkoy. Cet affrontement est la conséquence de la bataille de Bulair et comme la bataille de Bulair se termine par une victoire bulgare.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

Du 4 au 6 mars 1913, 41000 grecs (quatre divisions, une brigade et un régiment de cavalerie, 105 canons) affrontent 35000 turcs (quatre divisions et des irréguliers appuyés par 162 canons) lors de la bataille de Bizani. C’est une victoire grecque qui permet la prise de la ville de Ioammina. Cette prise va jouer un rôle clé dans la fin de la première guerre balkanique.

Du côté des serbo-monténégrins, les monténégrins assiègent puis capturent la firme de Skohdra (auj. Skhoder sur le lac du même nom).

La première guerre balkanique se termine par la signature du traité de Londres le 30 mai 1913. Ce traité voit les grandes puissances européennes intervenir. Une Albanie indépendante voit le jour, les îles de la mer Egée sont cédées à la Grèce sauf celles de Imhos et de Tenedos qui commandent l’accès aux détroits turcs, la Crète appartient définitivement à la Grèce.

Tous les territoires européens de l’empire ottoman à l’ouest d’une ligne Enos-Midio sont cédés à la Ligue Balkanique qui doit en assurer le partage. C’est le début d’un processus qui allait conduire à la deuxième guerre Balkanique.

La deuxième guerre Balkanique

En effet comme nous l’avons déjà vu, le partage des dépouilles de l’empire ottoman fait l’objet de querelles entre les différents membres de la ligue Balkanique. C’était quasiment écrit qu’une nouvelle guerre allait poindre le bout de son nez car le chevauchement des revendications ne pouvaient que susciter du mécontement même avec un partage équilibré.

Il faut dire que les relations bulgaro-grecques et bulgaro-serbes vont très vite se tendre ce qui augurait rien de bon. La Bulgarie et la Grèce se disputent Thessalonique et sa région alors que la Serbie et la Bulgarie se disputent le Vardar macédonien, région qui correspond à l’actuelle République de Macédoine du Nord. Pour ne rien arranger les différentes armées restent sur le pied de guerre.

Le 1er juin 1913 est signé un traité entre la Grèce et la Serbie. Les deux pays disposent d’une frontière commune et signent un pacte d’assistance militaire mutuelle.

Le tsar Nicolas II tente d’éviter un nouveau conflit dans une région que la Russie estime importante dans l’espoir d’atteindre les mers chaudes, une obsession de la diplomatie russe depuis le 17ème siècle et l’arrivée au pouvoir de Pierre le Grand.

La Bulgarie attaque le 29 juin 1913 la Serbie et la Grèce. Le Monténégro, l’Empire ottoman mais aussi la Roumanie vont intervenir ultérieurement.

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui provoque de nombreuses pertes.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1930, les bulgares attaquent l’armée serbe sur la rivière Bregalnica, un affluent majeur du Vardar mais aussi l’armée grecque à Nigrita. Les serbes tiennent bon et sont bientôt rejoints par les monténégrins. L’armée grecque l’emporte également dans ses propres affrontements contre les bulgares.

La bataille de Bregalnica est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie. C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec plus de 20000 morts et blessés côté bulgare et 16620 pertes dont 3000 tués côté serbo-monténégrin.

Du 2 au 4 juillet 1913, les grecs remportent la bataille de Kilkis-Lachanas. 75000 bulgares (57 bataillons d’infanterie et 10 escadrons de cavalerie) appuyés par 175 canons affrontent 117000 grecs (73 bataillons d’infanterie et 8 escadrons de cavalerie). Cette bataille fait suite à la bataille précédente

Les serbes tiennent le choc et les grecs parviennent de leur côté à contre-attaquer, infligeant aux bulgares une sérieuse défaite, la pire de ce conflit.

La ville une fois prise est vidée de sa population bulgare. L’armée grecque divise alors ses forces, une partie met cap à l’est et la Thrace occidentale, le reste avance la vallée creusée par la rivière struma, les grecs battant les bulgares à la bataille du lac Doiran (5/6 juillet 1913)

Cette bataille oppose deux brigades bulgares à deux divisions grecques. Conséquence de la bataille de Kilkis-Lachanas, cette bataille voit les bulgares qui avaient détruit les ponts sur le Styrmon et la ville de Serres être sérieusement malmenés ce qui entraine une retraite vers le nord. Les grecs s’emparent de plusieurs villes et menacent la capitale bulgare. A cela s’ajoute un débarquement amphibie grec à Kavala.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu». C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis.

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Peu après les bulgares remportent la bataille de Demir Hisar les 9 et 10 juillet toujours contre les grecs.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre. Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale.

Les roumains ? Oui les roumains qui déclarent la guerre le 10 juillet 1913 suite à un désaccord frontalier avec Sofia. Quand les grecs acceptent la proposition bulgare d’un armistice les troupes roumaines sont à Vrazhebdria à onze km du centre de Sofia.

Les troupes de Bucarest vont envahir la Doubroudja du sud mais également franchir le Danube dans la région de Corabia.

Les ottomans vont également se joindre à la curée à partir du mois de juillet. Pas moins de 200 à 250000 turcs vont envahir la Thrace occidentale. Les bulgares en sous-effectifs évacuent Adrianople (Edirne) en catastrophe le 19 mais comme les turcs ne l’occupe pas, ils reviennent le lendemain pour l’abandonner définitivement cette fois le 21.

Le 23 juillet 1913 Edirne est occupée par les ottomans. C’est symboliquement très importante car cette ville capturée par Murad 1er dans les années 1360 avait été la première capitale européenne des ottomans, statut qu’elle conservera jusqu’à la prise de Constantinople en 1453.

L’invasion ottomane de la Bulgarie provoque la panique chez les paysans de la région qui se réfugient dans la montagne. Les troupes ottomanes n’ont pas eu à souffrir de pertes au combat mais ont perdu 4000 hommes des suites du choléra.

Les russes menacent alors Constantinople d’intervenir dans le Caucase et envoient la flotte de la mer Noire menacer la capitale ottomane. C’est alors la Grande-Bretagne soucieuse de ne pas trop laisser de place à Saint-Pétersbourg dans la région qui décide d’intervenir.

De toute façon les différents belligérants sont épuisés, éreintés par neuf mois d’un conflit qui annonce tristement les horreurs du premier conflit mondial.

La deuxième guerre Balkanique se termine par le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913. Les ottomans demandent à participer mais les anciens alliés de la Ligue Balkanique refusent. Cette fois les Grandes Puissances vont intervenir pour éviter qu’une nouvelle paix insatisfaisante ne provoque une troisième guerre.

Le traité divise la Macédoine et met en place un état indépendant d’Albanie. La Serbie récupère le nord-est de la Macédoine et récupère la partie orientale du Sandjak de Novi-Pazar, le Monténégro récupérant la partie occidentale et sécurise ainsi ses frontières avec la Serbie.

La Grèce double sa superficie en récupérant l’Epire du Sud, le sud de la Macédoine avec Kavala, les îles de la mer Egée à l’exception du Dodécanèse et des deux îles défendant l’accès aux détroits. La Crète annexée en 1908 est considérée comme appartenant pleinement à la Grèce.

La Roumanie annexe la Dobroudja du Sud et la Bulgarie en dépit d’une défaite militaire cuisante récupère des territoire notamment une partie de la Macédoine dont la ville de Strummitza. Cela représente un gain de 25000km² et de 129490 habitants.

Un traité séparé est signé entre l’empire ottomane et la Bulgarie à Constantinople le 29 septembre 1913. Cela se double d’une alliance avec la Turquie. Ce traité voit la Bulgarie céder les villes d’Edirne, de Kirklarele et Didymoteicho avec leur territoire environnant mais l’empire ottoman cède le port d’Alexandropoulis et 70 miles nautiques de côte à Sofia.

Ce traité prévoit l’échange de territoires sous les 10 jours, la démobilisation des armées sous trois semaines, la libération mutuelle des prisonniers de guerre et le rétablissement des relations politico-économiques.

La Bulgarie maintient sa volonté de conquérir la Macédoine ce qui pourrait aboutir à une nouvelle guerre contre la Grèce et la Serbie.

Un traité est signé à Athènes le 14 novembre 1913 entre les turcs et les grecs. La situation reste tendue, une guerre manquant d’éclater au printemps 1914 entre Athènes et Constantinople. Un autre traité est signé dans la capitale ottomane entre la Serbie et l’Empire ottoman. Aucun accord n’est signé entre le Monténégro et l’Empire ottoman.

Les conséquences humaines sont très rudes avec 2.5 millions de turcs quittant l’Europe direction l’Asie mineure. Selon une estimation effectuée dans les années soixante, les deux guerres balkaniques ont provoqué la mort de 122000 personnes au combat, 20000 morts des suites de leurs bleussres et 82000 morts des suites des maladies provoquées par le conflit.