Grande Bretagne (87) Armée de terre (12)

Matériel de l’Armée britannique (7) : autos blindées et autres véhicules

Avant-Propos

Si le premier conflit mondial vit l’apparition des premières auto blindées, la fin de la guerre de mouvement en novembre 1914 (échec de la course à la mer) limita rapidement leur utilisation qui devint anecdotique sur le front occidental.

Après guerre, les autos blindées restèrent en service, de nouveaux modèles étant mis en service à partir du début des années trente au moment où l’armée de terre britannique se mécanise à une échelle plus importante que la France.

Leur mission principale étant la reconnaissance, ces véhicules sont légèrement armés en l’occurence des mitrailleuses et des canons légers, un armement trop puissant pouvant pousser l’équipage à engager le combat au lieu de penser à sa mission de reconnaissance et de renseignement.

Sur le plan de l’organisation, les unités de reconnaissance sont intégrées aux divisions, un régiment pour les divisions blindées, un bataillon pour les divisions d’infanterie et une compagnie pour les brigades blindées indépendantes.

Sur le plan matériel, de nombreux modèles sont lancées dans la précipitation d’un contexte international tendu mais au final seulement trois modèles furent conservés et produits en grande série, la Daimler Scout Car, la Humber Armoured Car et enfin la Daimler Armoured Car, la première disposant d’une simple mitrailleuse de 7.7mm, la seconde d’une mitrailleuse de 15mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm et la troisième d’un canon de 2 livres et d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm.

Aux côtés des autos blindées, des Armoured Car, on trouve d’autres véhicules, des chenillettes, des camions et des véhicules légers.

Dérivés des chars légers Carden-Loyd, les chenillettes britanniques furent une tentative pour répondre aux besoins de la mécanisation de l’infanterie.

Ces transporteurs (Carrier) furent utilisés pour le ravitaillement de l’infanterie, le transport et le remorquage des armes lourdes voir le transport de troupes même si ils n’avaient pas été conçus pour cette mission.

En ce qui concerne les camions et les véhicules légers, la Grande-Bretagne bénéficie d’une industrie automobile puissante et bien organisée qui lui permettre de disposer d’une flotte appréciable de camions et de VL (véhicules légers) ce qui ne l’empêcha pas de commander à l’étranger aux Etats-Unis, au Canada mais également en Italie.

Les besoins français et anglais en terme de camions étant similaires les deux pays tentèrent de coordonner leur production voir de mettre au point des modèles communs mais les intérêts financiers, industriels ainsi qu’un certain chauvinisme empêcha cette politique de bon sens de fonctionner pleinement.

Autos-blindées

Les modèles anciens en service en septembre 1939

-Quand éclate la guerre de Pologne (parfois connue comme la guerre de Trois Mois ou Three Months War), l’armée britannique disposait encore comme autos-blindées des Rolls-Royce Armoured Car mises en service en décembre 1914 par adaptation d’une caisse blindée sur un chassis de voiture Rolls-Royce Silver Ghost, cette caisse étant munie d’une tourelle monoplace armée d’une mitrailleuse Vickers.

Rolls Royce Armoured Car

Rolls Royce Armoured Car

A cette époque, le front occidental s’étant transformé en un double réseau de tranchées rendant impossible l’utilisation d’autos blindées qui furent envoyées au Moyen-Orient notamment pour soutenir la révolte des tribus arabes menée par Laurence d’Arabie. En 1917 la production des châssis est suspendue pour permettre à Rolls-Royce de se concentrer sur la production de moteurs d’avions.

Treize véhicules furent cédés à l’Etat Libre d’Irlande pour lui permettre de lutter contre l’IRA au cours de la guerre civile irlandaise. Ils furent retirés du service en 1944 et remplacées par des Humber Armoured Car plus modernes.

Les véhicules furent modernisés en 1920 et 1924 donnant naissance aux Rolls-Royce 1920 Pattern et Rolls-Royce 1924 Pattern dont 76 exemplaires étaient encore en service en Egypte et au Moyen-Orient avec une superstructure ouverte en remplacement de la tourelle, superstructure accueillant un fusil antichar Boys, un fusil-mitrailleur Bren et un lanceur de grenades fumigènes.

Les véhicules usés furent retirés du service en 1942 et remplacés par des véhicules plus modernes.

Caractéristiques Techniques des Rolls-Royce Armoured Car

Poids : 4.7 tonnes

Dimensions : longueur 4.93m largeur 1.93m hauteur 2.54m

Motorisation : un moteur à essence à refroidissement par eau 6 cylindres de 80ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 240km

Blindage : 12mm

Armement : une mitrailleuse Vickers .303

Equipage : 3 hommes

Lanchester 6x4 Armoured Car

Lanchester 6×4 Armoured Car

-En septembre 1939, l’auto-blindée Lanchester 6×4 est encore en service au sein de la Territorial Army et d’unités coloniales notamment en Asie du Sud-Est.

Cette imposante auto-blindée produite par la Lanchester Motor Company à pour origine un contrat signé le 19 juillet 1927. Deux prototypes sont présentés en mars 1928. 37 véhicules furent produits, 22 autos-blindées, deux véhicules d’instruction et treize véhicules de commandement avec un poste radio à la place de la mitrailleuse de caisse.

Les livraisons furent particulièrement lentes puisqu’il fallut cinq ans (1929-1934) pour équiper le 11ème régiment de hussards avant que le régiment soit déployé en Egypte en remplacement du 12ème régiment de lanciers. Les deux régiments échangèrent leurs véhicules, le 11ème hussard recevant des Rolls-Royce Pattern.

Quand éclate la guerre de Pologne, vingt-deux autos-blindées sont envoyées en Malaisie, le reste étant cédé à la Territorial Army.

Neuf ans plus tard en septembre 1948, ces autos-blindées n’étaient plus en service, ayant été remplacées par des modèles plus modernes et plus performants.

Quelques exemplaires sont cependant ressortis des stocks à la mobilisation pour assurer la protection du gouvernement.

Caractéristiques Techniques de la Lanchester 6×4 Armoured Car

Poids : 7 tonnes

Dimensions : longueur 6.10m largeur 2.02m hauteur 2.82m

Motorisation : un moteur essence Lanchester 6 cylindres de 90ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 9mm

Armement : tourelle biplace avec une mitrailleuse Vickers .50 associé à une mitrailleuse .303, une deuxième mitrailleuse de ce même calibre est présente à l’avant de la caisse (les véhicules de commandement disposent d’un poste radio à cet emplacement)

Equipage : 4 hommes

Les prototypes et les productions limitées

A partir de 1937 la Grande-Bretagne se lance sérieusement dans un véritable réarmement qui aurait nécessité du temps et de la méthode. Seulement voilà le contexte difficile, la crainte d’une guerre éclatant quasiment à l’improviste entraîna la multiplication des prototypes et des productions en petite quantité d’autos-blindées plus ou moins improvisées.

Humber Light Armoured Car

Humber Light Armoured Car

-La Humber Light Reconnaissance Car est un petit véhicule blindé produit par l’installation d’une caisse blindée sur le chassis de la Humber Heavy Utility Car.

Produite dans le cadre d’un appel d’offres pour un petit véhicule blindé de reconnaissance et de liaison, la Daimler Dingo lui fût préférée et la production en série ne dépassa pas les soixante-quinze exemplaires qui équipèrent la RAF pour la protection des terrains d’aviation en compagnie d’une autre petite auto-blindée, la Standard Beaverette.

Caractéristiques Techniques de la Humber Light Reconnaissance Car

Poids : 3.17 tonnes

Dimensions : longueur 4.37m largeur 1.88m hauteur 2.11m

Motorisation : un moteur à essence de 6 cylindres de 80-87ch

Performances : vitesse maximale 12& km/h distance franchissable 180km

Blindage : 12mm

Armement : un fusil antichar Boys et un fusil-mitrailleur Bren

Equipage : 3 hommes

Standard Beaverette

Standard Beaverette

-La Standard Car 4×2 appelée également Car Armoured Light Standard et plus connu sous le nom de Beaverette (du nom du ministre de la production aéronautique Lord Beaverbrooke) est une tentative d’une auto-blindée qu’on appellerait low-cost pour être produite en grande quantité et à un coût faible.

Plusieurs prototypes furent produits au cours du printemps 1940 mais l’armée britannique ne donna pas suite à la différence de la RAF qui cherchait à protéger ses terrains d’aviation avec un véhicule blindé armé d’une mitrailleuse.

Cinq cent cinquante véhicules Car Armoured Light Standard Mk I à fusil-mitrailleur Bren et Mk II avec une Vickers .303 et un fusil antichar Boys furent produits entre 1941 et 1943. Elles étaient généralement déployées par groupe de cinq à dix véhicules en soutien d’unités du RAF Regiment.

Ces véhicules étaient toujours en service en septembre 1948. Ce modèle à été exporté en Nouvelle-Zélande, douze véhicules amenés de Grande-Bretagne avant que la production ne reprenne au pays du long nuage blanc.

Caractéristiques Techniques de la Car Armoured Light Standard Mk I

Poids : 2 tonnes

Dimensions : longueur 4.11m largeur 1.60m hauteur 1.52m

Motorisation : un moteur à essence de 46ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h distance franchissable 300km

Blindage : 9mm

Armement : un fusil-mitrailleur Bren sous bouclier avec 2500 cartouches

Equipage : 2 ou 3 hommes

Morris Light Reconnaissance Car

Morris Light Reconnaissance Car

-La Morris Light Reconnaissance Car fût une autre tentative d’autos-blindée bon marché, pouvant être produite rapidement et à un coût modéré.

Soixante-quinze exemplaires furent tout de même produit pour la Grande-Bretagne avant que la licence de production ne soit cédée au Canada, à l’Australie et à l’Afrique du Sud, ces trois pays produisant avant guerre trois-cent cinquante exemplaires d’une version Mark I avant qu’une version Mark II améliorée n’entre en production au printemps 1949 (4×4 au lieu de 4×2, tourelle plus spacieuse).

Caractéristiques Techniques de la Morris Light Reconnaissance Car

Poids : 3.7 tonnes

Dimensions : longueur 4.06m largeur 2.03m hauteur 1.88m

Motorisation : un moteur à essence Morris 4 cylindre dévellopant 72ch

Performances : vitesse maximale 80 km/h distance franchissable 385km

Blindage : 8-14mm

Armement : un fusil-antichar Boys 0.555 et un fusil-mitrailleur Bren 0.303 (Mk I) deux mitrailleuses Besa de 7.92mm en tourelle.

Equipage : 2 ou 3 hommes

Guy Armoured Car

Guy Armoured Car

-La Guy Armoured Car était issue d’une coopération entre Guy Motors et le Woolwich Arsenal, l’auto-blindée combinant le châssis du tracteur d’artillerie Quad-Ant et une caisse blindée. Cette combinaison fût testée avec succès mais après la production de vingt-cinq exemplaires, l’armée britannique préféra se concentrer sur d’autres modèles notamment la Humber Armoured Car qui reprenait la même caisse sur un nouveau châssis.

Il fallut attendre l’export pour que cette auto blindée connaisse une véritable production de série en l’occurence à destination de la Finlande (vingt-quatre exemplaires), le Danemark (seize exemplaires), les Pays-Bas (trente-deux exemplaires plus production sous licence).

Caractéristiques Techniques de la Guy Armoured Car

Poids : 5.3 tonnes

Dimensions : longueur 4.12m largeur 2.06m hauteur 2.29m

Motorisation : un moteur essence Meadowsde 55ch

Performances : vitesse maximale 64 km/h distance franchissable 340km

Blindage : supérieur à 15mm

Armement : (Grande-Bretagne) une mitrailleuse .50 Vickers associé à une mitrailleuse .303 Vickers

Equipage : trois hommes

Morris CS9

Morris CS9

-La Morris CS9 est une auto-blindée 4×4 construite en combinant une caisse blindée et un châssis de camion, le Morris Commercial C9 4×2. Le prototype apparaît en 1936 et 100 exemplaires ont été produits et utilisés jusqu’en 1945 quand l’arrivée d’autos blindées plus modernes entraîne son retrait du service.

Caractéristiques Techniques de la Morris CS9

Poids : 7t

Dimensions : longueur 4.77m largeur 2.05m hauteur 2.13m

Motorisation : un moteur à essence Morris de 96ch

Performances : vitesse maximale 73 km/h distance franchissable 385km

Blindage : 7mm

Armement : tourelle biplace ouverte avec un fusil antichar Boys et un fusil-mitrailleur Bren

Equipage : 4 hommes

Daimler Scout Car (Daimler Dingo)

Daimler Dingo

Daimler Dingo

En 1938, le War Office lança un appel d’offres pour un véhicule de reconnaissance (Scouting Vehicle), appel d’offres auquel répondit Alvis, BSA Cydes et Morris.

Les tests commencèrent en août 1938, les différents modèles disposant d’un moteur arrière et de quatre roues motrices. Le projet Morris fût éliminé en raison d’une vitesse trop faible et c’est au final le projet BSA qui fût choisit, la production étant assurée par Daimler, la division automobile du groupe BSA.

Le schéma de base fût jugé suffisamment prometteur pour dévelloper un “char léger sur roues” , la future Daimler Armoured Car dont le premier prototype fût présenté aux autorités fin 1939.

Officiellement appelé Daimler Scout Car, cette auto-blindée reçut le surnom de Dingo du nom d’un chien sauvage australien.

Mis en service à la fin de 1939, la Car Scout Daimler Mark I fût essentiellement utilisée au sein des divisions d’infanterie qui disposaient d’un bataillon de reconnaissance.

Chaque bataillon disposait à l’origine de trois squadrons, un équipé de Daimler Armoured Car et deux de Daimler Scout Car, chaque squadron disposant de trois pelotons de cinq véhicules soit un total pour le bataillon de 45 véhicules.

Ce n’est que durant le conflit que l’organisation sera modifiée avec des escadrons mixtes généralement trois Dingo et deux Daimler Armoured Car.

Après les deux premiers modèles (Mk I et Mk II) quasiment identiques, le Mk III apparu au début du second conflit mondial avec un moteur plus puissant, un blindage renforcé et un armement plus puissant avec deux mitrailleuses Vickers de 7.7mm ou Besa de 7.92mm.

Le Daimler Dingo va être également produit au Canada sur un chassis différent (Ford) et en Australie. Elle va également être exportée en France, en Irlande, en Norvège, en Suède, au Portugal et en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques du Daimler Dingo

Poids : 3 tonnes

Dimensions : longueur 3.18m largeur 1.715m hauteur 1.50m

Motorisation : un moteur essence Daimler de 55ch

Performances : vitesse maximale 89 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 12mm sur les côtés 30mm frontal

Armement : un fusil-antichar Boys .55 ou un fusil-mitrailleur .303 Bren

Equipage : deux hommes

Daimler Armoured Car

Daimler Armoured Car

Daimler Armoured Car

La Daimler Armoured Car à été dévellopée parallèlement à la Daimler Scout Car, reprenant le design général, agrandit pour permettre l’installation d’une tourelle biplace issue du Tetrach, le char léger de la firme Vickers, cette tourelle disposant d’un canon de 2 livres.

Le prototype est prêt dès 1939 mais des problèmes de transmission (la même que le Dingo alors que le nouveau véhicule est deux fois plus lourd) obligèrent le concepteur à mener plusieurs modifications qui retardèrent la mise en service de la Daimler Armoured Car jusqu’au printemps 1942.

Il va équiper aussi bien les bataillons de reconnaissance des divisions d’infanterie que les régiments des divisions de chars, les bataillons disposant d’un squadron de 15 véhicules tout comme les régiments, ces derniers disposant à la place des Dingo des D.I de Humber Armoured Car mieux armés que les Daimler Scout Car.

Quand éclate le second conflit mondial, seule la version Mark I est en service, la version d’appui-rapproché (Close Support) n’ayant pas été mise en production.

Une version Mark II équipée d’un canon de 6 livres entre en production en octobre 1948 pour remplacer après engagement au combat les Mark I.

Ce véhicule à équipé les unités de la British Indian Army, l’Australie, la Belgique, le Canada et la Nouvelle-Zélande,

Caracteristiques Techniques de la Daimler Armoured Car

Poids : 7.6 tonnes

Dimensions : longueur 4m largeur 2.46m hauteur 2.26m

Motorisation : moteur à essence Daimler 6 cylindres de 95ch

Performances : vitesse maximale 80 km/h distance franchissable 320km

Blindage 7 à 16mm

Armement : tourelle abritant un canon de 2 pouces (40mm) approvisionné à 52 coups associé à une mitrailleuse coaxiale Besa de 7.92mm (2700 coups) + un fusil-mitrailleur Bren de 7.7mm

Equipage : 3 hommes

Humber Armoured Car

Humber Armoured Car

Humber Armoured Car

L’automitrailleuse Humber Armoured Car est la combinaison du châssis du tracteur d’artillerie Karrier KT4 avec la caisse de l’auto-blindée Guy qui comme nous l’avons vu à connu un succès limité dans son pays d’origine et plus important à l’export puisque les Pays-Bas ont acquis la licence de fabrication pour équiper leurs unités de cavalerie.

Les commandes britanniques sont passées au printemps 1940 et les livraisons s’étalent de janvier 1941 à juin 1943 pour équiper les quatre divisions blindées et les six brigades blindées indépendantes à raison d’un régiment pour les premières et d’une compagnie pour les secondes.

Si le régiment de reconnaissance dispose de deux squadrons de quinze Humber Armoured Car soit trente-véhicules, la compagnie de reconnaissance motorisée dispose de neuf véhicules (trois pelotons _platoon_ de trois véhicules).

La production se poursuit pour constituer les stocks et anticiper sur la création de nouvelles unités en temps de paix ou lors de la mobilisation.

Tous les engins produits jusqu’en juin 1943 étaient des Mk I. Le modèle Mk II qui lui succède se distingue par un moteur plus puissant, un blindage de caisse renforcé et une tourelle redessinée.

L’armement reste le même à la différence de la Mk III qui intègre un canon de 47mm français plus performant que le canon de 2 livres initialement envisagé et moins encombrant que le 6 livres britannique.

Cette Mk III dont la production commence en septembre 1947 va remplacer les Humber Mk I des compagnies de reconnaissance motorisée pour augmenter le punch de ces unités de reconnaissance de taille réduite.

Des variantes de dépannage, d’observation d’artillerie et de défense antiaérienne sont à l’étude en septembre 1948 mais la décision de les mettre en production n’à pas encore été prise.

Cette auto-blindée fût utilisée par l’armée indienne mais également par le Portugal, seul client export de l’auto-blindée avant le second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques de la Humber Armoured Car

Poids : 6.85 tonnes

Dimensions : longueur 4.572m largeur 2.184m hauteur 2.34m

Motorisation : un moteur à essence Roostes 6 cylindres dévellopant 90ch

Performances : vitesse maximale sur route 72 km/h Rayon d’action 402km

Blindage : nc

Armement : tourelle avec une mitrailleuse de 15mm Besa associée à une mitrailleuse Besa de 7.92mm(Mk I et Mk II) canon de 47mm modèle 1939 et mitrailleuse Besa de 7.92mm (Mk III)

Equipage : trois hommes (quatre hommes pour la Mk III)

Les prototypes en cours de dévellopement en septembre 1948

Quand le second conflit mondial éclate, plusieurs projets d’autos-blindées sont en cours de maturation chez les constructeurs britanniques. Il s’agit à la fois d’anticiper sur le déclassement progressif des véhicules en service et pouvoir riposter à d’éventuelles surprises surgissant du camp d’en face.

Le premier projet est une automitrailleuse 6×6, l’Alvis Heavy Armoured Car plus connue ultérieurement sous le nom de Saladin. Le projet est lancé dès septembre 1941 après évaluation de l’Automitrailleuse puissante française Panhard 201.

Ce projet est mené sans urgence par une firme fort occupée par ailleurs. A cela s’ajoute les hésitations sur l’armement. Tout le monde s’accord sur un canon mais si certains préconisent le 47mm français d’autres pensent au 6 livres voir à un canon de 75mm, faisant de cette automitrailleuse lourde un véritable char d’assaut.

Le projet un temps menacé est finalement mené à bien et quatre prototypes sont évalués à l’automne 1947, deux armés d’un canon de 6 livres, un armé d’un canon de 75mm américain et le quatrième armé d’un canon français de 47mm.

Si la dernière configuration est écartée, aucune décision n’est encore prise dans le choix de l’armement entre le 6 livres _au point mais aux performances qui pourraient s’avérer limitées_ et le 75mm encore perfectible. Aussi le 5 septembre 1948, la production en série de la future Saladin est encore loin d’être acquise.

Ce ne sera chose faite qu’à l’été 1949 suite aux excellents résultats des AMP françaises. Des variantes seront rapidement étudiées : dépannage, commandement, transport de troupes.

L’autre projet majeur était une auto-blindée utilisant le chassis du tracteur d’artillerie Matador, un projet novateur non sous sa forme _un véhicule 4×4, une caisse blindée surmontée d’une tourelle armée d’un canon de 47mm français_ mais parce que son constructeur à eut l’idée d’une véritable famille de véhicule.

Dès le lancement du projet, le bureau d’études d’AEC à planché sur des variantes commandement et contrôle, dépannage, appui-rapproché (avec un obusier de 3 pouces), défense antiaérienne, chasseur de char (avec un canon de 6 livres en superstructure), véhicule du génie, porte-mortier, transport de troupes.

La firme propose même à l’armée britannique de produire sur fonds propres tous les véhicules nécessaires à un bataillon interarmes composé d’un état-major, d’une compagnie de commandement et de contrôle, de deux compagnies de fusiliers, d’une compagnie d’appui et d’une compagnie de chars légers mais l’état-major britannique ne donne pas suite à cette proposition révolutionnaire.

Les autres projets sont encore au stade de la planche à dessin comme les remplaçants des Daimler Scout Car et des Humber Scout Car.

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Grande Bretagne (81) Armée de terre (6)

Armement de l’armée britannique (2) Artillerie de campagne

Avant-Propos

Si les premiers canons anglais apparaissent à la bataille de Crécy (1346), il faut attendre le 26 mai 1716 pour que le roi George 1er établisse les premières compagnies régulières d’artillerie.

Auparavant les unités d’artillerie duraient le temps d’une campagne avant d’être dispersées une fois celle-ci terminée. Quatre ans plus tard en 1720, le terme Royal Artillery est utilisé pour la première fois.

Les institutions se mettent progressivement en place, l’Académie Royale Militaire (Royal Military Academy) est créée en 1741 pour former les officiers des unités d’artillerie et du génie.

Les unités augmentent régulièrement, unités formées en Angleterre mais également aux Indes et en Irlande, les unités stationnées en Irlande formant jusqu’en 1801 un corps autonome la Royal Irish Artillery.

A l’époque un unique Royal Artillery Regiment regroupe toutes les unités d’artillerie en une multitude de compagnies. Sous le commandement du Board of Ordnance jusqu’en 1855, le régiment d’artillerie passe ensuite sous le contrôle du War Office comme le reste de l’armée.

En 1859, la School of Gunnery est créée à Shoeburyness (Essex) avant qu’en 1862 le régiment n’absorbe l’artillerie de la British East India Company (21 batteries à cheval et 48 batteries à pied) portant la puissance de l’artillerie britannique à 29 batteries à cheval, 73 batteries à pied et 88 batteries lourdes soit un total de 190 batteries.

Le 1er juillet 1899, la Royal Artillery est divisée en trois groupes, la Royal Horse Artillery (artillerie royale à cheval) avec 21 batteries et la Royal Field Artillery (artillerie royale à pied) avec 95 batteries formant un premier groupe, le deuxième groupe dénomé Royal Garrison Artillery composé de 91 compagnies regroupe l’artillerie côtière, l’artillerie de montagne, l’artillerie de siège et l’artillerie lourde alors que le troisième groupe simplement dénommé Royal Artillery s’assure du ravitaillement des deux groupes pré-cités. Cette division perdurera jusqu’en 1924.

Un temps dénommés Royal Artillery Brigade, les grandes unités d’artillerie sont rebaptisées Royal Artillery Regiment en 1938.

En septembre 1939, l’artillerie de campagne britannique est intégrée aux divisions d’infanterie et aux divisions blindées avec pour les DI trois régiments à trois batteries de huit pièces soit un total de soixante-douze pièces par Infantry Division. Les Armoured Division et les Independent Armoured Brigade disposent elles d’un régiment d’artillerie.

Des régiments d’artillerie de campagne sont également intégrés au sein de l’équivalent britannique de la Réserve Générale.

Sur le plan de l’équipement, on trouve en septembre 1939 des pièces de 18 livres héritées du premier conflit mondial, canons progressivement remplacées par des obusiers de 25 livres qui équipe tous les régiments d’artillerie endivisionnés.

Au sein de la Réserve Générale, des canons plus lourds sont utilisés pour permettre de frapper des cibles ennemies à longue distance.

Ordnance QF 18 Pounder

QF 18 Pounder Mk IV

QF 18 Pounder Mk IV

Quand éclate la guerre de Pologne, le Ordnance QF 18 Pounder est le canon standard de l’artillerie de campagne britannique, le QF 25 Pounder étant au stade des premières livraisons.

A l’origine de ce canon de 84mm figure une leçon de la guerre des Boers montrant la vétusté de l’artillerie britannique et la nécessité de s’équiper d’un canon plus moderne.

Pour remplacer le Ordnance BL (Breach Loader) 15 Pounder (76.2mm), les britanniques achètent des canons allemands d’un calibre approchant, officiellement adoptés sous le de QF 15 Pounder (1901).

Après un appel à projets auprès de différents manufacturiers, les autorités britanniques poussèrent les candidats retenus à s’unir pour créer un canon à partir des meilleurs éléments en l’occurence le canon d’Armstrong Whitworth, le mécanisme de recul de Vickers, le système de visée, de hausse d’approvisionnement de la Royal Ordnance Factory.

Les premiers canons rentrent en service en 1904 avec un canon Mk I sur affût Mk I, un canon Mk II succédant au premier modèle deux ans plus tard.

Pièce majeure de l’arsenal britannique durant le premier conflit mondial, le canon de 18 livres va être ainsi utilisé comme canon antiaérien, cette utilisation ne dépassant pas le conflit, les canons convertis redevenant en 1919 des canons de campagne.

Après les affûts Mk I* et Mk II, un affût Mark III apparait en 1916 avec le canon Mk IV, cet affût permettant de pointer le canon jusqu’à +30° avec une portée qui passe de 5966 à 8500m.

Le premier conflit mondial se termine avec la production de 9908 canons et de 6926 affûts; les principaux canons de 18 livres étant des Mk IV sur affût Mk IV, des modèles plus anciens étant encore en service.

Avec la réduction des budgets dans l’immédiat après guerre et la faible probabilité d’un conflit majeur avant les dix prochaines années, investir dans le matériel militaire était de l’ordre du superflus.

Les canons de 18 livres restent en service mais évoluent pour rester au niveau. Un affût Mk V permettant de pointer le canon à +37.5° apparait en 1925. Un modèle de canon automoteur (le Birsch Gun) est expérimenté mais sans suite immédiate.

Quand éclate la guerre de Pologne, le canon de 18 livres est en voie de retrait, les unités d’active disposant largement de canons de 25 livres, seules les unités de la Territorial Army étant encore équipées de ces canons.

Les derniers canons de 18 livres sont retirés du service courant 1942, certains canons étant stockés. En septembre 1948, des canons sont ressortis des stocks pour l’instruction et l’équipement préliminaire des unités de mobilisation.

Ce canon qui à servit de base au 75mm M.1917 américain (un 18 livres rechambré au 75mm français) à été exporté en Finlande au moment de la guerre d’Hiver (les pièces sont arrivées après la paix de mars 1940 mais l’artillerie finlandaise dispose toujours de ces canons en septembre 1948), en Irlande et au Canada.

Caracteristiques Techniques du QF 18 Pounder

Calibre : 84mm Poids de l’affût : 1218kg (affût MkV 1327kg) Poids du canon 457kg Poids du caisson 711kg Poids du projectile : 10kg Longueur : 2.90m Largeur : 1.91m

Hausse : -5° à +16° (Mk I et II) +30° (Mk III) +37° (Mk IV et V) Pointage latéral : 4.5° à droite et à gauche (Mk I à IV) 25° de chaque côté (Mk V)

Cadence de tir : 20 coups/minute en théorie, 4 coups/minute en tir soutenu Portée maximale : 5966m (Mk I et II) 7100m, 8500m (Mk IV et V) 10100m avec des obus explosifs spéciaux

Equipe de pièce : 6 à 10 hommes

Ordnance QF 25 Pounder

QF 25 Pounder en action

QF 25 Pounder en action

La période séparant le premier conflit mondial et la guerre de Pologne est marqué par un sous-investisment dans le domaine militaire en raison de problèmes économiques, de choix budgétaires, le pacifisme et les surplus militaires.

L’artillerie britannique n’échappa pas à cette situation et du faire durer ses Ordnance QF 18 Pounder au maximum.

Néanmoins le remplacement du QF 18 Pounder ainsi que de l’obusier de 4.5 pouces devenait nécessaire et des projets sont lancés.

Là encore le manque de fonds ralentit considérablement les travaux et pour gagner du temps on abandonne l’idée de créer une pièce en partant de zéro au profit d’une pièce nouvelle dans son essence mais s’appuyant sur le QF 18 Pounder notamment l’affût Mk IV qui va équiper les premières pièces du type Ordnance QF 25 Pounder.

Cet affût reçoit néanmoins une plate-forme permettant au canon-obusier britannique de pouvoir pivoter sur 360° ce qui être utile quand il s’agit de passer rapidement d’une cible à l’autre.

Quand éclate la guerre de Pologne, les canons de 25 livres commencent à être livrés mais la majorité des Field Artillery Regiment sont encore équipés de canons de 18 livres.

Peu à peu le canon remplace son prédecesseur au sein des régiments organisés d’abord en deux batteries de douze pièces puis en trois batteries de huit pièces soit vingt-quatre canons par régiment et soixante-douze pour la Division d’infanterie, la Division Blindée ne disposant que d’un régiment d’artillerie de campagne.

Après un Mk I qui reprennait en grande partie l’affût du 18 Pounder, un Mk II entre en production au printemps 1942 au moment où le Ordnance QF 18 Pounder tire sa révérence. Ce dernier modèle combine le canon-obusier de 25 livres et un nouvel affût qui ne doit au canon de 18 livres.

Le MkII reste en production jusqu’en 1945 quand une version MkIII entre en production, cette version se différençiant du MkII par la présence d’un frein de bouche.

Quand au Mk IV (appelé également Mk I Short), c’est une version allégée et démontable en plusieurs fardeaux produite uniquement en Australie pour permettre son emploi en terrain difficile comme la jungle.

Outre l’Australie (qui disposait également de Mk I et II), le canon-obusier à été exporté au Canada (qui à ensuite décidé de le produire sous licence), en Afrique du Sud, en Irlande et au Portugal.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 25 Pounder

Calibre : 25 livres (environ 88mm, 87.6mm pour être précis) Longueur totale : 5.53m Longueur du tube : 31 calibres (2.715m) Poids total : 1800kg Poids du projectile 11.340kg (obus explosifs, fumigènes, éclairants, chimiques) Pointage en site : -5° à +40° Pointage en azimut : 8° de part et de l’autre de l’axe sur affût, 360° avec la plate-forme rotative Portée maximale 12253m Cadence de tir : 6 à 8 coups/minute Equipe de pièce : 6 hommes en temps normal 4 en cas d’urgence.

Ordnance QF 4.5-inch howitzer

QF 4.5 Inch Howitzer avec un train pneumatique pour faciliter sa traction automobile

QF 4.5 Inch Howitzer avec un train pneumatique pour faciliter sa traction automobile

La guerre des Boers (1899-1902) fût une révélation pour les britanniques : leur artillerie était en voie de déclassement. Les afrikaners équipés d’une artillerie sortie des forges Krupp avait à plusieurs reprises donné une leçon de chose à l’artillerie de Sa Majesté.

Avec pragmatisme, les britanniques prirent le problème à bras le corps. Un comité sous les ordres du général George Marshall (qui avait commandé l’artillerie britannique en Afrique du Sud) étudia différentes propositions après avoir évolué des canons et des obusiers Krupp capturés ou achetés en toute discretion.

Le comité recommanda l’acquisition à la fois d’un canon et d’un obusier. Le premier besoin fût comblé par le QF 18 Pounder et le second par le Ordnance QF 4.5-Inch Howitzer en français obusier de 114mm.

Trois candidats proposèrent leurs produits, la Coventry Ordnance Works _un consortium de différents fabricants_ , Armstrong et Vickers. C’est le premier candidat qui l’emporta et les premiers obusiers furent mis en service en 1908.

Naturellement le canon fût engagé dans le premier conflit mondial avec un rapport moyen d’une batterie pour trois batteries équipées de canons de 18 livres. Durant ce conflit qui aurait du être la Der des Ders, le corps expéditionnaire portugais et la Russie utilisèrent également cet obusier.

Exporté également en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande,en Afrique du Sud, en Irlande et en Finlande, cet obusier évolua assez peu durant la période 1919-1939, les seuls modifications importantes concernant l’adaptation au remorquage automobile (affût, pneumatiques…..).

Cet obusier est retiré du service en 1944 après que les stocks de munitions se soient retrouvés sous le seuil d’alerte. A cela s’ajoute l’usure des tubes et des affûts. Comme le 18 Pounder, il est remplacé par des canon-obusiers Ordnance QF 25 Pounder.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 4.5 Inch Howitzer

Calibre : 4.5 Inch (114mm)

Poids : (canon) 441kg (total) 1370kg (projectile) 16kg

Dimensions : longueur totale 2.7m longueur du canon 1.78m longueur du tube 1.5m (13 calibres) largeur 2.03m

Elevation : -5° à +45° en site et sur 3° de part et d’autre de l’axe en azimut

Cadence de tir : 4 coups/minute

Portée maximale : 6700m

Equipe de pièce : six hommes

Ordnance BL 60 Pounder

Canon de 60 livres en action au Proche-Orient durant le premier conflit mondial

Canon de 60 livres en action au Proche-Orient durant le premier conflit mondial

Comme nous l’avons déjà vu à plusieurs reprises, la guerre des Boers fût très riche d’enseignement pour l’armée britannique et notamment pour son artillerie.

Après avoir révélé les lacunes de l’artillerie de campagne, ce conflit “colonial” montra également l’intérêt de disposer de canons lourds mais mobiles permettant de lancer à la plus grande distance possible un obus suffisamment puissant pour permettre de détruire des abris renforcés.

En 1900, le commandant de l’artillerie en Afrique du Sud demanda un canon d’un poids raisonnable (4 tonnes) pouvant lancer à 10000 yards (9126m) l’obus le plus lourd possible.

Les tests commencèrent rapidement mais suite à des hésitations sur le calibre, ce n’est qu’en 1908 que l’Ordnance BL (Breech Loading _chargement par la bouche puis obus séparé en deux éléments_) 60 Pounder fût mis en service ce qui explique en partie pourquoi seulement 41 canons étaient disponibles en août 1914 dont 28 en Europe.

Quand le premier conflit mondial se termine, 1773 canons et 1397 affûts ont été produits. Ce puissant canon équipant 74 batteries sur le front occidental, trois en Italie, onze dans les Balkans, sept en Palestine et quatre en Mésopotamie, deux batteries canadiennes étant également actives sur le front occidental.

Naturellement plusieurs modèles de ce canon de 127mm vont être produits, les évolutions initiales répondant au besoin de produire plus vite en simplifiant certains composants ce qui paradoxalement augmenta le poids de la pièce. Il fallut attendre plusieurs mois pour que le BL 60 Pounder soit à la fois “léger” et facile à produire par une industrie qui ne manquait pas de travail.

Utilisé également par l’Afrique du Sud, l’Australie et les Etats-Unis (uniquement pour évaluation), ce canon conçu dès l’origine pour être soit tracté par des chevaux ou par des véhicules motorisés était toujours en service en septembre 1939.

Il est peu à peu remplacé le BL 4.5 Inch Medium Gun et le BL 5.5 Inch Medium Gun à partir de 1943, les dernières pièces sont retirées du service actif en juin 1944, certaines étant encore utilisées pour l’entrainement quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 60 Pounder

Calibre : 127mm

Longueur du tube : 4.04 ou 4.67m selon les versions

Poids total : 4470kg Poids du projectile : 27 puis 25kg

Elevation en site : -5° à +21.5° puis -4° à +35°

Champ de tir azimutal : 4° de chaque côté de l’axe

Portée maximale : 9400 puis 11200 et enfin 14200m

Cadence de tir : deux coups/minute

Equipe de pièce : dix hommes

Ordnance BL 4.5 Inch Medium Gun

BL 4.5 Inch Medium Field Gun

BL 4.5 Inch Medium Field Gun

Si le 25 Pounder faisait parfaitement l’affaire pour appuyer les divisions de manœuvre (infanterie et chars), il fallait un canon plus puissant pour équiper les régiments de l’équivalent britannique de la Reserve Générale, un canon destiné traditionnellement à contre-battre l’artillerie ennemie.

En septembre 1939 c’est le BL 60 Pounder qui assurait cette mission mais ce canon était en voie d’obsolescence avec des stocks d’obus de plus en plus faibles. Un nouveau canon medium était nécessaire.

Pour le remplacer, les britanniques travaillèrent sur un nouveau canon d’un calibre de 4.5 Inch soit 114mm. Pour gagner du temps, le Mk I apparu en 1938 combinait un nouveau canon avec l’affût du 60 Pounder avant que le Mk II n’entraine l’introduction d’un nouvel affût, les seuls Mk I encore utilisés en septembre 1948 l’étant pour l’instruction.

Ce canon équipait des unités de la Réserve Générale qui voit officiellement le jour en septembre 1946 avec les quatre Royal Artillery Support Group (RASG) tous stationnés en Grande-Bretagne avec des régiments d’artillerie medium, lourde et super-lourde (sur voie ferrée).

Chaque RASG dispose de six régiments médians soit vingt-quatre régiments. Sur ces vingt-quatre régiments, douze sont équipés de canons de 4.5 Inch soit un total de 288 canons en ligne,128 pièces étant stockées comme volant de fonctionnement.

Hors d’Europe, ce canon est aussi utilisé avec trois régiments au Moyen-Orient, un régiment au Proche-Orient et deux régiments en Malaisie soit un total de six régiments et de 144 pièces, portant le nombre de pièces en ligne à 432 canons.

Des projets de pièce automotrice sont étudiés mais n’ont pas encore débouchés en septembre 1948.

Comme pour les projets concernant le 25 Pounder il faudra attendre le succès des automoteurs allemands et français pour que les artilleurs britanniques se rallient (enfin) au concept de Self-Propelled Gun (SPG).

A l’export ce canon va équiper l’artillerie des Dominions et assimilés comme l’Inde, l’Australie, le Canada et l’Afrique du Sud.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 4.5 Inch Medium Gun

Calibre : 114mm

Poids total : 5842kg Poids du projectile : 25kg

Longueur du tube : 4.69m (41 calibres)

Elevation : de 0° à +42° pour le Mk I, de -5° à +45° pour le Mk II

Portée maximale : 18000m

Cadence de tir : nc

Equipe de pièce : 10 hommes

Ordnance B.L 5.5 Inch Medium Gun

BL 5.5 Inch Medium Gun

BL 5.5 Inch Medium Gun

En janvier 1939 est lancé un appel d’offres pour remplacer les obusiers de 152mm, les 6 Inch 26 cwt Howitzer. C’est l’acte de naissance du Ordnance B.L 5.5 Inch Medium Gun, un canon de 140mm.

Les premières pièces prototypes apparaissent au printemps 1941. Les essais sont menés sans précipitation, le canon connaissant quelques problèmes de mise au point notamment de surchauffe et de problèmes d’étanchéité de la culasse. Les problèmes ne sont résolus qu’au début de 1942.

La production est lancée dans le courant de l’année, les premières unités étant équipées alors que 1942 touche à sa fin.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, huit régiments medium des RASG sont équipés de canons de 5.5 Inch soit un total de 192 pièces auxquelles s’ajoutent quatre régiments déployés au Moyen-Orient (un) au Proche-Orient(un) et en Malaisie (deux) soit 96 canons.

Le parc en ligne est donc de 288 pièces plus 144 en stock, la production continuant à cadence réduite pour maintenir le stock à un niveau décent. Naturellement, la production va s’accélérer dès septembre 1948. Ce canon à été exporté en Australie, au Canada, en Inde, Portugal, Afrique du Sud et Nouvelle-Zélande.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 5.5 Inch

Calibre : 5.5 Inch (140mm)

Poids total : 6190kg Poids du projectile : un obus explosif de 37kg et un obus explosif de 45.5kg

Longueur du tube : 4.19m (30 calibres) Largeur 2.54m

Elevation : -5° à +45°

Champ de tir azimutal : 30° de part et d’autre de l’axe

Cadence de tir : deux coups/minute

Portée maximale : 14813 à 16550m selon les projectiles

Equipe de pièce : 10 hommes

Ordnance 6 Inch 26cwT Howitzer

BL 6 Inch 26 cwt Howitzer

BL 6 Inch 26 cwt Howitzer

Cet obusier de 152mm à été conçu durant le premier conflit mondial pour remplacer des armes plus anciennes surclassées par des canons allemands.

Comme souvent en temps de guerre, le dévellopement est très rapide, les premières études étant lancées en janvier 1915, les premiers tirs d’essais sont menés en juillet 1915 et les premiers canons arrivent sur le front occidental à la fin de l’année.

Ce canon est d’abord tracté par des chevaux puis par des camions de 3 tons et va servir durant le premier conflit mondial,la période 1919-1939,la guerre de Pologne et les premières années de la Pax Armada jusqu’à son remplacement en 1942/43 par le Ordnance BL 5.5 Inch Medium Gun.

Quelques canons restent en service pour l’instruction jusqu’en juin 1945 quand il est déclaré obsolète, les derniers canons pardon les derniers obusiers étant feraillés moins cinq exemplaires conservés pour la mémoire.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 152mm

Poids total : 3693kg Poids du tube 1295kg Poids de l’obus explosif : 45kg pour le premier conflit mondial 39kg pour les versions ultérieures

Longueur totale : 6.58m Longueur du canon 2.21m largeur : 2.08m

Elevation : 0° à +45° Champ de tir axial : 4° à gauche et à droite

Cadence de tir : 2 coups/minute Portée maximale : 8700 puis 11400m

Equipe de pièce : dix hommes

Ordnance BL 6 Inch Gun Mk XIX & Mk XX

BL 6 Inch Mk XIX

BL 6 Inch Mk XIX

Ce canon de six pouces (152.6mm souvent réduit en 152mm) apparaît en 1916. Depuis le début du conflit, l’artillerie britannique utilisait d’anciennes pièces navales plus ou moins adaptées au rôle de pièce terrestre.

Face à des problèmes de poids et de mobilité, l’artillerie britannique demande un nouveau canon de même calibre plus léger et plus mobile. C’est l’acte de naissance du Ordnance BL 6 Inch Gun Mk XIX qui utilise l’affût et le mécanisme de freinage de l’obusier Ordnance BL 8 Inch Howitzer Mk 6.

310 exemplaires sont construits dont 108 sont encore présents à la fin du premier conflit mondial sur le front occidental, le Mk VII qu’il était censé remplacé étant encore présent en novembre 1918.

Toujours en service en septembre 1939, ce canon va être peu à peu remplacé par le Ordnance BL 6 Inch Gun Mk XX, une version actualisée du précédent, quatre régiments déployés en Métropole disposant de pièces de ce modèles, trois de Mk XX et une de Mk XIX même si le rééquipement de cette dernière ne devrait pas tarder.

Pour la suite, l’artillerie britannique envisage l’acquisition de canons de 155mm qu’ils soient américains (Long Tom) ou français (Grande Puissance Filloux).

Ce canon à été exporté en petit nombre au Brésil,en Afrique du Sud _pour un rôle voisin la défense côtière_ et aux Etats-Unis pour évaluation.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 6 Inch Mk XIX

Calibre : 6 Inch (152.6mm)

Poids : (canon) 4684kg (total) 10340kg (projectile) 45kg

Longueur du canon : 35 calibres soit 5.341m

Elevation : 0° à +38°

Champ de tir azimutal : 4° de part et d’autre de l’axe

Portée maximale : 15100, 16300 ou 17140m en fonction des charges utilisées

Cadence de tir : nc

Equipe de pièce : nc

Grande Bretagne (79) Armée de terre (4)

Fusil-mitrailleurs

Avant-Propos

Membre du terrifiant tryptique MTB (Mitrailleuse-Tranchées-Barbelés) qui coûta la vie à des millions d’hommes durant le premier conflit mondial, la mitrailleuse avait pourtant été à l’origine conçue pour épargner des vies, les vies de ses hommes et non de l’ennemi.

En réduisant le nombre d’hommes sous les drapeaux, on espérait limiter les pertes au combat mais également les pertes liées à la maladie, la majorité des pertes au combat jusqu’au 20ème siècle étaient davantage causées par les épidémies ou des soins inadaptés plutôt que du fait de l’ennemi.

Cette noble intention fût vite jetée aux oubliettes et l’arrivée de la mitrailleuse marqua l’entrée de la guerre dans une phase industrielle où la quantité prime sur la qualité.

Utilisée en position fixe, la mitrailleuse pouvait certes appuyer une offensive mais elle était davantage une arme défensive capable de briser un assaut ennemi.

Pour couvrir un assaut, la légèreté est une donnée essentielle. Aussi germa rapidement l’idée d’un mitrailleuse légère capable d’accompagner les groupes d’assaut.

C’est l’acte de naissance du fusil-mitrailleur, l’arme d’appui par excellente, utilisant le plus souvent un chargeur de 25 à 32 coups plutôt qu’alimentation par bande.

Si l’Allemagne s’illustra en adoptant une mitrailleuse polyvalente capable d’être à la fois mitrailleuse et fusil-mitrailleur, d’autres pays comme la France et la Grande-Bretagne préféraient conserver le diptyque fusil-mitrailleur/mitrailleuse moyenne.

Si le Bren était l’arme dominante au sein de l’infanterie britannique, d’autres fusils mitrailleurs comme le Vickers-Berthier furent mis en oeuvre en plus ou moins grand nombre.

Bren Light Machine Gun

Bren Light Machine Gun Mk I

Bren Light Machine Gun Mk I

Au sortir du premier conflit mondial, l’infanterie britannique dispose de deux armes d’appui, la mitrailleuse Vickers et la mitrailleuse légère Lewis à l’origine mise au point pour l’aviation. La première arme était trop lourde et la seconde était plus légère mais surtout son canon ne pouvait être remplacé en cas de surchauffe ce qui pouvait poser problème sur le champ de bataille.

En 1922, le Small Arms Comitee (Comité des Armes Légères) lança un appel à candidature pour un fusil-mitrailleur. Ce comité évalua le fusil-mitrailleur danois Madsen, le fusil automatique Browning (Browning Automatic Rifle BAR), un projet Hotchkiss, un projet proposé par Beardmore-Farquhar et la Lewis.

L’adoption du BAR fût recommandée mais en raison de problèmes financiers et de la présence d’un grand nombre de Lewis, aucune suite concrète ne fût donnée.

Régulièrement de nouveaux modèles furent étudiés comme la SIG Neuhausen KE7, le Vickers-Berthier ou le ZB vz.27, le second modèle cité étant adopté par l’armée indienne.

En 1935, la Grande-Bretagne adopta un dérivé du vz.27, le ZB vz.26. Une licence de production fût acquise pour produire une arme adaptée aux besoins britanniques, la principale modification étant le changement du calibre, au 7.92mm tchèque, la nouvelle arme préféra le 7.7mm (0.303) britannique. Cette nouvelle arme fût baptisée Bren (BRno ENfield).

Le Bren fonctionne par emprunt de gaz, dispose d’un chargeur de trente-deux cartouches avec un canon facilement remplaçable en cas de surchauffe.

Au sein de l’armée britannique, le Bren était utilisé au niveau de la section du peloton de combat qui est organisé en un état-major avec un mortier de 51mm (2-inch mortar), des équipes antichars équipés de PIAT et trois sections (groupes en français) avec sept fusiliers et un fusil-mitrailleur Bren servit par un trio (tireur, pourvoyeur, chef de pièce) ce qui donne trois Bren par peloton et neuf au niveau de la compagnie.

Au niveau de la compagnie de combat, l’Admin Platoon dispose de trois Bren supplémentaires ce qui porte le nombre de Bren par compagnie à douze armes.

Le Carrier Platoon qui dispose de chenillettes Universal Carrier qui sont armées d’un fusil-mitrailleur Bren pour l’auto-défense mais également pour l’appui des troupes transportées.

Si le Bren ne pouvait être employé comme arme coaxiale dans les tourelles blindées en raison de son mode d’alimentation, le fusil-mitrailleur britannico-tchèque pouvait être utilisée comme arme antiaérienne soit sur un tripode ou sur les tourelles des chars et des automitrailleuses. Dans ce rôle, un chargeur de 100 coups était utilisé.

La production du Bren Mark I s’arrêta en septembre 1942 et lui succéda le Mark II plus simple à produire. Cette version était toujours en production en septembre 1948, des commandes régulières permettant d’augmenter les stocks et de remplacer les armes détruites ou trop endommagées pour être réparées.

Suite à la création à l’automne 1948 de la 1st Airborne Brigade (devenue ensuite division), une version allégée désignée Mark III est produite.

Le Bren fût largement exporté en Australie (où une chaine de montage fût installée à Canberra), en Bulgarie (en calibre 7.92mm), en Chine (en calibre 7.92mm), en Grèce, en Irlande, au Canada (une chaine de montage), en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques du Light Machine Gun Bren

Calibre : 0.303 (7.7mm) Longueur totale 1156mm Longueur du canon 635mm Poids (à vide) 10.35kg (chargé) 11.25kg Portée maximale (pratique) 550m (maximale théorique) 1690m Cadence de tir : 500/520 coups par minute Alimentation : chargeurs de 30 ou de 100 coups

Vickers-Berthier Light Machine Gun

Vickers-Berthier Light Machine Gun

Vickers-Berthier Light Machine Gun

A l’origine de fusil-mitrailleur figure un projet de mitrailleuse pour avion développé par la célèbre firme Hotchkiss. Ce projet n’à pas abouti mais en 1925 la firme Vickers acquis la licence pour produire cette arme en remplacement de la mitrailleuse Lewis.

Dans la longue marche vers l’adoption d’un fusil-mitrailleur moderne, le Vickers-Berthier fût évalué par l’armée britannique mais cette dernière préféra une arme tchèque qui “britannisée” devint le célèbre Bren.

En 1932, l’armée indienne évalua le Vickers-Berthier et le Bren pour s’équiper d’un fusil mitrailleur, choisisant le premier nommé, une chaine de montage étant établit à l’Ishapore Rifle Factory.

Extérieurement le Vickers-Berthier était semblable au Bren mais il était un peu plus long, un plus lourd mais avec une cadence de tir plus élevée. La seule vraie qualité du Vickers-Berthier par rapport au Bren était sa fabrication plus facile.

Outre l’Inde, le fusil-mitrailleur Vickers-Berthier fût vendu en Lettonie. Un dérivé appelé Vickers K fût utilisé comme mitrailleuse d’aviation.

Caractéristiques Techniques du Vickers-Berthier Mk 3

Calibre : .303 (7.7mm) Poids (à vide) 9.41kg (chargé) 11.1kg Longueur totale 1156mm Longueur du canon 607mm Portée maximale : nc Cadence de tir : 450/600 coups par minute Alimentation : chargeurs de trente coups

Autres fusils-mitrailleurs

Browning Automatic Rifle (BAR)

Browning Automatic Rifle (BAR)

-En septembre 1939, des Browning Automatic Rifle (BAR) furent acquis en urgence. Ces armes furent confiés à la Territorial Army avec l’incovénient d’un calibre différent du calibre utilisé par le Bren.

Mitrailleuses

Avant-propos

Si les américains avec la Gatling et les français avec la Reynie mirent en oeuvre les premières mitrailleuses, il fallut attendre Hiram Maxim, un inventeur britannique d’origine américaine pour aboutir à la mitrailleuse moderne.

En utilisant le recul émis par un premier tir, il pouvait le répéter à l’infini. Sa mitrailleuse fût produite par la firme Vickers-Maxim, des licences furent également vendues à l’Allemagne, donnant naissance à la MG-08.

La Vickers-Maxim modèle 1912 allait devenir la mitrailleuse standard de l’armée britannique. Elle était toujours en service en septembre 1948 car donnant entière satisfaction.

La seule autre mitrailleuse utilisée fût la mitrailleuse BESA mais cette arme d’origine tchèque était utilisée sur véhicules blindés en calibre 7.92 et de 15mm qui cohabitait avec la Vickers .50, une version 12.7mm de la mitrailleuse standard de l’armée britannique.

Vichers Machine Gun model 1912

mitrailleuse Vickers modèle 1912 mise en oeuvre en ambiance chimique

mitrailleuse Vickers modèle 1912 mise en oeuvre en ambiance chimique

C’est le 26 novembre 1912 que l’armée britannique adopta la mitrailleuse Vickers-Maxim comme mitrailleuse standard.

Durant le premier conflit mondial, la mitrailleuse Lewis remplaça la Vickers comme mitrailleuse d’infanterie. Les Vickers modèle 1912 ne furent pas retirées du service mais furent transférées au Machine Gun Corps (Corps des Mitrailleuses).

Si cette entité fût dissoute à la fin du premier conflit mondial, le principe de concentrer les mitrailleuses moyennes au sein d’unités spécialisées persista. C’est ainsi qu’au sein des divisions d’infanterie on trouvait un bataillon disposant de trois compagnies de mitrailleuses et d’une compagnie de mortiers lourds (mortiers de 107mm).

Cette unité qui existait toujours en septembre 1948 n’était pas engagée en blocs mais détachait des mitrailleuses et des mortiers aux trois brigades d’infanterie de la division. Cette arme fût également embarquée sur des avions.

Une variante calibre .50 fût également produite initialement pour la défense antiaérienne des navires de la Royal Navy ainsi que pour les chars légers. Cette arme fût ensuite au cours du conflit par l’infanterie qui l’utilisa notamment depuis ses Universal Carrier.

Cette mitrailleuse fût produite sous licence aux Etats-Unis sous le nom de Colt M.1915 et si cette mitrailleuse n’était plus en service en 1939, elle l’était aux Philippines et aux Indes Néerlandaises.

La Vickers modèle 1912 connu un très grand succès à l’exportation puisqu’elle fût utilisée par l’Albanie, l’Australie, la Belgique, la Bolivie, le Canada, la Chine nationaliste, la Tchécoslovaquie, l’Egypte, la France (uniquement sur ses chasseurs SPAD IX et XIII), en Inde, en Irlande, en Italie, au Luxembourg, au Mexique, au Népal, en Nouvelle-Zélande, en Inde, au Paraguay, au Portugal, en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques de la Vickers modèle 1912

Calibre : .303 (7.7mm) Poids total : 11 à 14kg Poids du tripode 18 à 23kg Longueur du canon 1120mm Portée maximale 4100m Cadence de tir 450 à 600 coups/minute Alimentation : bandes souples de 250 cartouches

Lewis Automatic Machine Gun

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

A l’origine de cette mitrailleuse au look inimitable figure le colonel Isaac Newton Lewis de l’US Army qui échouant à faire adopter son arme dans son pays d’origine quitta les Etats-Unis en 1913 et s’installa en Belgique pour commercialiser une arme de son invention, une mitrailleuse à refroidissement par air fonctionnant par emprunt de gaz.

L’armée belge commanda un petit nombre de ces armes et la firme Birmingham Smalls Arms Company (BSA) finit par acquérir la licence en 1914, la production massive de l’arme mettant le colonel Lewis à l’abri du besoin.

Le déclenchement du premier conflit mondial entraina une production importante notamment pour les forces armées britanniques qui adoptèrent la BSA Model 1914 sous le nom de Gun Lewis .303-cal. Outre la firme de Birmingham, l’entreprise Savage Arms la produisit aux Etats-Unis pour l’armée américaine.

D’abord utilisée comme mitrailleuse d’infanterie en remplacement de l’efficace mais lourde Vickers, elle fût ensuite utilisée comme mitrailleuse d’aviation.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Lewis à largement été remplacé par le Bren dans l’infanterie et par la Vickers K pour l’aviation. Quelques mitrailleuses furent ressorties des stocks à la mobilisation liée à la guerre de Pologne mais retournèrent vite dans les magasins.

La Royal Air Force (RAF) l’utilisa comme arme de défense antiaérienne rapprochée pour protéger ses terrains des mitraillages à très basse altitude, un rôle semblable fût attribué aux Lewis utilisés par la Royal Navy.

En septembre 1948, la Lewis n’est plus en service au sein des forces armées britanniques mais elle l’est encore dans les forces armées des Dominions et dans d’autres pays qui l’ont acquis.

En effet l’arme à été utilisée par l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la République de Chine, la Colombie, la Tchécoslovaquie, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne (quelques exemplaires capturés durant le premier conflit mondial), le Honduras, l’Irlande, l’Italie, le Japon (qui la copia sous le nom de Type 92), le Mexique, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve (qui fût un dominion jusqu’en 1937), les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie Imperial, la Yougoslavie et la Lettonie.

Caractéristiques Techniques

Calibre: .303 (existe aussi en .30 et en 7.92mm) Longueur totale 1280mm Longueur du canon 670mm Poids total : 13kg Cadence de tir pratique 500/600 coups par minute Portée maximale 800m (pratique) 3200m (théorique) Alimentation : chargeurs tambours de 47 ou 97 cartouches chargeurs type Bren de 30 cartouches

BESA Machine Gun

mitrailleuse Besa

mitrailleuse Besa

La mitrailleuse Vickers et le fusil-mitrailleur Bren étaient d’excellentes armes mais absolument pas adaptées à l’utilisation dans une tourelle de char ou de véhicule blindée.

La British Small Arms Company (BSA) avait signé un accord avec la Ceskoslovenska Zbrojovka pour la production en Grande-Bretagne de la mitrailleuse ZB-53 en calibre 7.92mm. La mitrailleuse est commandée en 1938 et la production commençe en 1939 après un certain nombre de modifications.

Curieusement le calibre resta celui d’origine et ne fût pas modifié en .303. L’imminence du conflit et le coût dissuada le War Office de retarder la production. Même la Pax Armada ne remit pas en cause ce choix.

Non seulement cela aurait compliqué davantage le ravitaillement en munitions mais en plus l’utilisation du calibre 7.92mm permettrait l’utilisation des stocks ennemis capturés.

La Besa Mk I céda la place à la Mk II en septembre 1942, cette dernière se distinguait par un sélecteur de tir permettant de choisir deux cadences de tir, une élevée (800 coups/minute) et une basse (500 coups/minute) suivit d’une Mk III au design simplifiée pour permettre la production de masse, la production de la Mk III commençant en mars 1947.

Cette mitrailleuse de 7,92mm fût utilisée comme arme coaxiale par tous les blindés britanniques qu’il s’agisse des autos blindées ou des chars de combat.

Outre la mitrailleuse moyenne en calibre 7.92mm, les britanniques produisirent une version en 15mm. Là aussi il s’agissait d’une version “britannisée” d’une mitrailleuse tchèque, la ZB vz60.

Cette mitrailleuse fût utilisée sur le char léger Mk VIC et des autos blindés comme la Humber Armoured Car Mk I, II et III. Elle fût également utilisé comme arme antiaérienne à basse altitude après la mise en place de bandes souples en remplacement des bandes métalliques de 25 cartouches.

Caractéristiques Techniques de la BESA Machine Gun

Calibre : 7.92x57mm ou 15x104mm Poids à vide 21kg (57kg pour la mitrailleuse 15mm) Longueur totale (7.92mm) 1100mm Longueur du canon (7.92mm) 740mm Cadence de tir maximale : 500 à 800 coups/minute Alimentation: bandes de 225 cartouches pour la 7.92mm, lamelles métalliques de 25 cartouches puis bandes de 150 cartouches pour la mitrailleuse de 15mm.

Grande Bretagne (78) Armée de Terre (3)

Armement de l’armée britannique (1) : l’armement de l’infanterie

Pistolets et revolvers

Si des pays comme la France on privilégié le pistolet automatique pour l’armement de leurs officiers ainsi que des servants d’armes lourdes, l’armée britannique à préféré le révolver à barillets, les pistolets étant peu nombreux pour ne pas dire inexistants.

Comme tous les belligérants, les pistolets/révolvers en service en septembre 1939 sont un mélange d’armes anciennes et récentes. Le parc évolue peu durant la Pax Armada.

Revolver Webley & Scott Army WG (Webley Government)

Revolver Webley & Scott Army WG

Ce revolver mis au point en 1882 à partir d’un modèle produit pour le marché civil n’à pas été officiellement adopté par l’armée britannique mais il était très apprécié des officiers qui l’utilisait souvent comme arme personnelle.

Ce revolver qui à inspiré les modèles de revolver de la British Army pendant près de trente ans était encore présent en 1948 mais en très petit nombre.

Calibre 0.455 (11.55mm) longueur 235mm poids 1065g chargeur de 6 cartouches

Revolver Webley & Scott Mk I à VI

Revolver Enfield (Webley Albion) Mk I

Comme nous venons de le voir, les Webley Government ne furent pas officiellement adoptés par l’armée mais utilisés comme arme personnelle par les officiers.

Ce n’était que partie remise pour la firme Webley & Scott qui en 1887 parvint à faire adopter une version légèrement modifiée du Webley Army Government, adopté sous le nom de Webley Mk I.

Les modèles se succèdent rapidement, le Mk II arrivant dès 1894, le MK III en 1897 et le Mk IV en 1899.

Après le MkV qui est le premier modèle à utiliser des cartouches sans fumée, apparait le Mk VI mis en service en 1915.

A la version de base à canon de six pouces (152mm) s’ajoutent des variantes avec canons de 4 et 8 pouces sans oublier des versions rappelant les Maschsenpistole allemands avec une crosse et même une baïonnette.

Bien que des revolvers plus modernes soient apparus au cours des années trente, le Mk VI était encore en service assez largement en septembre 1939 et plus confidentiellement en septembre 1948.

Calibre : 0.455mm (11.55mm) longueur 287mm longueur du canon 152mm Poids : 1080g Alimentation : six cartouches

Revolver Enfield (Webley Albion) Mk I

Revolver Enfield (Webley Albion) Mk I

En 1932, l’armée britannique adopte un nouveau revolver fonctionnant sur un principe différent des Webley Mk I à Mk VI utilisés jusque là. Produit principalement par la manufacture d’arme d’Enfield, ce révolver fût également produit par la firme Webley de Birmingham, les revolvers étant alors connus comme des Webley Albion.

Ce revolver à été produit en plusieurs modèles, le Mk I n°2, le Mk I ** n°2 modifié, le Mk I ** n°2 simplifié plus facile à produire en masse avant qu’à partir de 1945 ne soit produit un nouveau modèle le Mk III toujours en production en septembre 1948, le projet de le remplacer par un pistolet automatique n’ayant pas débouché.

Calibre : 0.380 (9.65mm) longueur 258mm poids 715g Alimentation : barillet de six cartouches

Revolver Colt New Service

Revolver Colt New Service

Ce revolver apparu à la fin du 19ème siècle est de conception et de fabrication américaine à été livré en petit nombre à l’armée britannique au cours de la guerre de Pologne alors qu’un conflit long s’annonçait.

Les chiffres sont incertains mais il semble que moins de 2500 exemplaires ont été reçus par l’armée britannique. Ces revolvers ont essentiellement été utilisés par la Territorial Army, la Regular Army préférant maintenir sa confiance aux revolver Webley.

Calibre : 0.455 (11.55mm) longueur : 274mm poids : 1090 grammes Alimentation 6 cartouches

Revolver Smith & Wesson modèle 1905 (Victory)

Revolver Smith & Wesson modèle 1905 (Victory)

Ce revolver lui aussi de conception et de fabrication américaine à été utilisé par l’armée britannique durant le premier conflit mondial.

Présent encore en septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne, il était encore présent en petit nombre dans diverses armureries quand éclate le second conflit mondial mais son apport va être marginal.

Calibre : 0.38 (9.65mm) longueur 256mm poids 805g Alimentation : barillet de six cartouches

Pistolet Webley & Scott modèle 1909 1910 1913 1920

Pistolet Webley modèle 1920

Pistolet Webley & Scott modèle 1920

Bien que préférant le revolver, l’armée britannique dispose aussi de pistolets. Là encore la firme de Birmingham Webley & Scott à fourni des produits robustes à la British Army.

Si les trois premiers modèles sont peu présents en septembre 1939 (et a fortiori en septembre 1948), le dernier modèle équipe encore largement les unités quand éclate le second conflit mondial.

La production stoppée en 1945 reprend en octobre 1948 avec un modèle 1948, semblable au modèle 1920 mais au schéma simplifié pour permettre une production de masse.

Calibre : 0.380 (9.65mm) longueur 206mmpoids : 908 grammes Alimentation : chargeur de huit cartouches

Pistolets mitrailleurs

Avant-Propos

Quand les premières unités britanniques débarquèrent en Belgique, les allemands la virent avec hauteur. Que vallait cette “misérable” petite armée face aux troupes du Kaiser ? Rien ou si peux de chose.

Le premier affrontement eut lieu près de Mons le 23 août 1914. Les alliés étaient à l’époque en pleine retraite et la mission des Tommies était de retarder l’avancée allemande.

Installés sur des positions fixes, les soldats britanniques, volontaires agueris firent parler leur science du tir.

Avec une parfaite discipline de tir, ils parvinrent à tirer jusqu’à 15 cartouches par minute ce qui fit dire aux allemands que les bataillons britanniques disposaient de douze à vingt-quatre mitrailleuses alors que le nombre de réel était de deux.

Une telle conception du tir ne pouvait qu’avoir des conséquences sur l’équipement et le pistolet mitrailleur ne trouva guère dans l’armée britannique un terreau fertile ou s’épanouir.

Ainsi en septembre 1939 quand la guerre de Pologne éclate, la British Army ne dispose pas pistolets mitrailleurs ou submachine gun en service.

Tout comme la France, elle va commander un grand nombre de mitraillettes Thompson rendues célèbres par les gangsters de Chicago, copier la référence des pistolets mitrailleurs en l’occurence le MP-28 (même si la Lanchester ne va être utilisée que par la RAF et la Royal Navy) et mettre au point un pistolet mitrailleur comparable au MP-40, la Sten.

Quand le second conflit mondial éclate, le pistolet mitrailleur, le submachine gun est bien présent dans les rangs de l’armée de terre britannique essentiellement comme arme pour les hommes ne pouvant s’encombrer de fusil même si l’infanterie portée accompagnant les chars avait compris qu’un PM était nettement plus utile qu’un fusil.

Thompson Submachine Gun

pistolet mitrailleur Thompson M1A1

pistolet mitrailleur Thompson M1A1

Les différentes armées qui entrent en guerre en août 1914 sont toutes armées d’un fusil à répétition manuelle capable de tirs précis à grande distance.

En terrain ouvert cela est parfait mais dans la nouvelle forme de combat introduit par la tranche, cette portée était inutile et la longueur du fusil rendait son utilisation compliquée.

Comme le combat dans les tranchées avait lieu à courte distance, était bref et violent (comme le montre le magnifique film “Capitaine Connan” de Bertrand Tavernier), on avait besoin d’une arme compacte délivrant une grande puissance de feu.

C’est l’acte de naissance du pistolet-mitrailleur ou mitraillette mais à part la MP-18 en petit nombre, aucun pistolet mitrailleur n’eut le temps de faire ses preuves dans ce terrible conflit.

C’est le cas de la mitraillette Thompson dont les prototypes furent mis au point deux jours après l’armistice de Rethondes.

Conçu comme un nettoyeur de tranchée, ce pistolet mitrailleur allait devenir célèbre dans les mains de la pègre de Chicago qui l’utilisa dans ses réglements de compte mais également contre la police qui en fit également usage.

Si le modèle 1921 n’intéressa pas l’armée, le modèle 1928 allait être commandé d’abord par l’USMC, par la US Army avant que la France et la Grande-Bretagne n’en commande de grandes unités en septembre 1939.

5000 exemplaires furent commandés et livrés au printemps 1940. Ils furent choisis pour équiper certaines unités de l’arrière mais surtout l’infanterie portée chargée d’accompagner les chars.

Après la commande de 7500 exemplaires supplémentaires à l’automne 1941 et livrés dans le courant de l’année 1942, la Thompson Submachine Gun va être complétée par la Sten qui va peu à peu remplacer le pistolet mitrailleur américain même si en septembre 1948, la Thompson n’à pas dit son dernier mot.

Calibre : 11.43mm Longueur arme dépliée : 858mm longueur du canon 266mm Contenance du chargeur : 20 cartouches en chargeur droit, 50 cartouches en chargeur circulaire Poids : 5000kg (chargé) Portée pratique : non connue Cadence de tir : non connue

Sten Submachine Gun

Beware a lady and a gun

Beware a lady and a gun

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, les soldats britanniques ne disposent pas de pistolets mitrailleurs, de mitraillettes quand éclate la guerre de Pologne.

Cette carence est compensée dans un premier temps par la commande de mitraillettes Thompson mais la commande d’armes étrangères ne permet pas de répondre à tous les besoins. La mise au point d’une arme nationale est nécessaire.

Alors que la Royal Navy et la Royal Air Force avaient passé commande auprès de Sterling d’une copie du MP-28 _la Lanchester_, la British Army s’adressa à la manufacture d’armes d’Enfield pour un pistolet mitrailleur facile à produire et à utiliser.

C’est l’acte de naissance de la Sten Mk I, ce nom venant des initiales des concepteurs (Shepperd Turpin) avec les deux premières lettres de la manufacture d’Enfield.

C’est une arme usinée, de facture moderne _laide dirons certains à l’époque_ rappelant le MP-40 allemand dont les premiers exemplaires sont livrés au printemps 1941, la manufacture d’arme d’Enfield ayant d’autres productions plus urgente.

Avant le déclenchement du conflit, plusieurs modèles furent produits (Mk II, Mk III et IV) mais en septembre 1948,un Mk V était en cours de production avec la possibilité de fixer une baionnette ou un silencieux ainsi que de changer la crosse pleine introduite avec le Mk III par une crosse repliable.

Cette arme à également été vendue aux Dominions (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud), à l’armée indienne mais également à l’Irlande et à la Grèce.

Calibre : 9mm Longueur 896mm Poids 3.875kg Chargeur de 32 cartouches

Sterling Lanchester Submachine Gun

pistolet mitrailleur Lanchester

pistolet mitrailleur Lanchester

Le pistolet mitrailleur Sterling Lanchester est une copie britannique du MP-28 destinée à la Royal Air Force (RAF) (défense de ses terrains d’aviation contre un raid parachutiste) et à la Royal Navy pour équiper ses compagnies de débarquement.

Cette arme n’à été produite qu’à 50000 exemplaires entre septembre 1941 et mars 1944 avant que la production cesse au profit de la Sten.

Cette arme à été utilisé par la Royal Navy sur ces navires, par les Royal Marines et par la Royal Air Force.

Cette arme est toujours en service en septembre 1948 même si à terme elle doit être remplacée par la Sten.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 9x19mm Parabellum Poids : 4.34kg Longueur 851mm Longueur du canon 203mm Cadence de tir : 600 coups/minute Portée effective 150m Alimentation : chargeurs de 32 ou de 50 cartouches

Fusils

Depuis la renaissance et l’apparition des mousquetaires, le fusil est l’arme de base du fantassin, une arme qui à considérablement évolué, les lourdes arquebuses cédant la place aux mousquets puis à des fusils à chargement par la bouche puis par la culasse.

Les combats se déroulant en terrain ouvert, il fallait une arme à longue portée pour prendre rapidement le dessus sur l’adversaire. Certains fusils pouvaient atteindre la portée maximale de 1200m ce qui en faisait une arme redoutable aux mains de tireurs bien entrainés et d’unités disciplinées comme les allemands en firent les frais à Mons en Belgique en août 1914.

Equipée de fusils Lee-Enfield en août 1914, l’infanterie britannique l’était toujours trente-quatre plus tard en septembre 1948 quand un nouveau conflit déchira l’Europe et le Monde.

Certes les fusils étaient différents mais la conception de base restait la même. Des recherches avaient été lancés pour équiper l’infanterie britannique d’un fusil semi-automatique comparable au MAS 40 mais elles étaient menées sans empressement.

Ce n’est qu’une fois le conflit déclenché que la commande d’un fusil semi-automatique fût considéré comme urgente mais ceci est une autre histoire.

Outre les différentes armes du système Lee-Enfield, on trouve également d’autres armes de conception et de fabrication étrangère, des armes héritées du premier conflit mondial ou commandées en urgence en septembre 1939 qui souvent s’acheva avant que la totalité des livraisons ne soit parvenu à leur destinataire.

Fusils Lee-Enfield

Short Magazine Lee Enfield Mk III

Short Magazine Lee Enfield Mk III

C’est en 1895 que l’armée britannique adopta le fusil Lee-Enfield Mk I. Destiné à remplacer le fusil Lee-Metford, il était la combinaison du savoir faire de la manufacture d’armes d’Enfield et d’un inventeur américain, James Paris Lee qui introduisit en Grande-Bretagne ses inventions de la culasse mobile et du boitier-chargeur donnant naissance à l’un des meilleurs fusils à répétition jamais produit.

Décliné en une version Carbine (carabine) pour la cavalerie et une version adaptée pour la police servant dans la turbulente Irlande, ce fusil connu le dur conflit contre les Boers, conflit qui démontrèrent l’inutilité de deux armes différentes pour l’infanterie et la cavalerie.

Malheureusement comme souvent quand on demande une arme pour des besoins aussi différents que l’infanterie et la cavalerie, l’arme en question fit l’unanimité contre elle.

Baptisée Short Magazine Lee-Enfield (SMLE) elle était décriée par les fantassins qui estimaient que le racourcissement du canon entrainait une moindre précision alors que les cavaliers la trouvait trop longue.

De multiples modifications plus tard et le SMLE devint le fusil Lee-Enfield SMLE Mk III, le fusil avec lequel le BEF allait combattre en Belgique et sur la Somme, en Italie et à Gallipoli sans oublier les théâtres d’opérations plus exotiques.

Cette arme équipa l’armée britannique mais également l’armée indienne, l’armée australienne, l’armée néo-zélandaise et l’armée sud-africaine, les Dominions et l’Irlande (Etat libre puis République) continuant de le fabriquer et de l’utiliser même après que la Grande-Bretagne eut mis en service des variantes plus modernes.

Durant les années vingt, la dénomination des fusils fût modifiée et le SMLE Mk III devint le fusil Mk III n°1 alors que sa variante MK III* avait été logiquement rebaptisée N°1 Mk III*.

Ces fusils étaient d’excellentes armes mais coûteuses et compliquées à fabriquer. Or dans une guerre de type industrielle, l’important c’est le nombre, la quantité plus que la qualité. Il fallait simplifier la fabrication du fusil Lee-Enfield pour en disposer d’un nombre suffisant pour équiper les dizaines de divisions nécessaires.

Seulement voilà à l’époque les budgets de la défense n’étaient pas au sommet de leur forme et l’absence de réelle menace extérieure rendait inutile la mise en fabrication d’un nouveau rejeton de la famille Lee-Enfield.

Lee Enfield Mark IV n°1

Lee Enfield Mark IV n°1

Le projet est mis en sommeil en 1931 avant d’être réactivé en septembre 1939 quand le fusil Lee-Enfield n°4 Mk I fût mis en fabrication à partir du N°1 Mk VI, une arme de pré-série dérivé de la série Mk III.

En dépit de l’arrêt prématuré du conflit, la production continua pour remplacer peu à peu les N°1 Mk III et N°1 Mk III* dont le stock diminuait.

Ce nouveau fusil était reconnaissable entre tous par son canon dégagé du fût, un canon plus lourd qui améliorait la précision. Dans l’ensemble ce fusil reprennait les grandes lignes du système Lee-Enfield en tenant compte des nécessités des conflits modernes qui place la quantité au dessus de la qualité.

En septembre 1948, rares étaient les unités de la Regular Army à être encore équipées de fusils N°1 Mk III et Mk III*, ces fusils équipant encore les unités de la Territorial Army sans compter les armées des Dominions qui ne se rallièrent que tardivement au N°4 Mk I.

Une variante raccourcie appelée N°5 Mk I et destinée à l’Extrême-Orient fût produite en petite quantité. Utilisé pour le tir de précision, le N°4 Mk I recevait une lunette télescopique alors qu’une variante destinée aux parachutistes fût produite durant le second conflit mondiale. Baptisée N°7 Mk I, ce fusil comme le MAS 36CR recevait une crosse repliable et un canon légèrement raccourci.

Caractéristiques Techniques du Lee-Enfield N°4 Mk I

Calibre : 7.7mm Longueur totale 1.12m Longueur du canon : 0.64m Poids : 4.14kg Capacité du chargeur : dix cartouches

Les autres fusils en service

Si le Lee-Enfield était ultra-dominant dans les unités d’infanterie britanniques, d’autres fusils avaient réussi à faire leur place.

Commandés en septembre 1939 pour faire face à des besoins immenses, ces fusils furent essentiellement confiés à des unités de réserve de la Territorial Army ou utilisés pour l’instruction de jeunes recrues.

Springfield M1903

Springfield M1903

Citons le Springfield modèle 1903, un fusil de conception et de fabrication américaine, le fusil standard de l’US Army et de l’USMC avant d’être supplanté par le Garand.

Ce fusil mis au point à la fin du 19ème siècle reprennait le principe du Mauser. La Grande-Bretagne en commanda 15000 exemplaires qui furent pris sur les stocks américains ce qui entraina une reprise de la fabrication pour compenser a minima cette perte, le temps que la production du Garand atteigne un niveau suffisant.

A noter que quelques tireurs d’élite britannique utilisèrent ce fusil de préférence au pourtant très efficace Lee-Enfield N°4 Mk I

Caractéristiques du fusil Springfield modèle 1903

Calibre :.30 (7.62mm) Longueur totale : 1.10m Longueur du canon : 0.61m Capacité du chargeur : 5 cartouches

Fusil Ross modèle 1910

Fusil Ross modèle 1910

L’utilisation du fusil Ross modèle 1910 fût nettement plus confidentielle. Quelques centaines d’exemplaires furent livrés par le Canada à la Grande-Bretagne mais à part équiper les équipages des chalutiers durant la guerre de Pologne, ce fusil ne fût guère employé par la Grande-Bretagne à part pour des taches d’instruction ou d’essais.

Grande Bretagne (77) Armée de terre (2)

Les grandes structures

Divisions d’infanterie

En dépit de l’augmentation des forces blindées-mécanisées, l’infanterie reste la reine des batailles avec un grand nombre de Grandes Unités (GU).

En septembre 1939, la division d’infanterie de la British Army (armée d’active) est organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Trois brigades d’infanterie à trois bataillons

-Trois régiments d’artillerie de campagne à vingt-quatre canons de 25 livres (88mm)

-Un régiment antichar avec 48 pièces

-Un régiment d’artillerie antiaérienne avec 54 canons antiaériens de 40mm Bofors

-Un régiment de reconnaissance

mortier lourd Ordnance ML 4.2 Inch Mortar (107mm)

mortier lourd Ordnance ML 4.2 Inch Mortar (107mm)

-Un bataillon de mitrailleuses moyennes à trois compagnies de mitrailleuses et une compagnie de mortiers de 4.2 inch (107mm)

-Un bataillon du génie à quatre compagnies (trois field compagnies et une field park company)

-Une unité de transmission du Royal Corps of Signals

-Une unité de soutien logistique du Royal Army Service Corps avec trois compagnies de transport,

-Une compagnie du Royal Army Ordnance Corps (munitions)

-Une compagnie de police militaire (Royal Military Police)

Au cours de la Pax Armada les structures évoluent à la marge, l’absence de contact avec le feu ennemi ne permet guère de faire évoluer les structures.

Néanmoins en septembre 1948, les structures de l’Infantry Division ont légèrement évolué :

-Un état-major

-Trois brigades d’infanterie à trois bataillons

-Trois régiments d’artillerie de campagne à vingt-quatre canons de 25 livres (88mm)

-Un régiment antichar avec 48 pièces

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

-Un régiment d’artillerie antiaérienne avec 54 canons antiaériens de 20mm Oerlikon/Polsten et de 40mm Bofors

-Le régiment de reconnaissance est devenu bataillon avec autos blindées et motos side-cars

-Un bataillon de mitrailleuses moyennes à trois compagnies de mitrailleuses et une compagnie de mortiers de 4.2 inch (107mm)

-Un bataillon du génie à quatre compagnies (trois field compagnies et une field park company)

-Une unité de transmission du Royal Corps of Signals

-La logistique est désormais assuré par un bataillon regroupant trois compagnies de transport, une compagnie de ravitaillement en munitions et une compagnie de maintenance

-Une compagnie de police militaire (Royal Military Police)

Ce n’est qu’au cours de la guerre que les structures des divisions britanniques évolueront pour s’adapter aux leçons du conflit mais également au terrain, plusieurs divisions étant transformées en divisions de Montagne pour de futures opérations en Norvège ou en climat difficile.

Unités de Cavalerie et de Chars

Avant-Propos

Les britanniques ont été les premiers à utiliser le char au combat en 1916. L’engagement d’une poignée de chars losanges Mark I provoqua la panique chez les troupes allemandes même si un engagement massif aurait eu des effets nettement plus importants car le premier moment de stupeur passé, les allemands se ressaisissent et prennent des mesures passives et actives contre les chars.

Quand aux britanniques, ils ne tirent guère profit de cette première durant l’entre-deux-guerre où une poignée de passionnés comme Fuller ou Lidell-Hart ne parvient à déboucher sur une doctrine cohérente d’utilisation des chars.

Elle s’équipe ainsi de chars légers rapides, mal armés et mal protégés pour les missions de la cavalerie (éclairage, exploitation de la percée) et de chars d’infanterie bien protégés mais lents et mal armés, adaptés au soutien des fantassins mais inaptes à une chevauchée dans la profondeur.

La situation de l’arme blindée britannique est donc semblable à la France et son évolution va être comparable avec la création d’unités à base de chars.

En septembre 1939, le Royal Tank Corps dispose de deux divisions blindées, la Mobile Division devenue ultérieurement 1st Armoured Division stationnée en Grande-Bretagne et d’une Mobile Division (Egypt) rebaptisée 7th Armoured Division en mars 1940 et stationnée comme son nom l’indique en Egypte.

Des brigades de chars sont également formées durant ce court conflit. Citons la 1st Army Tank Brigade déployée avec le BEF mais également des unités mises sur pied par la Territorial Army à savoir les 21st 23rd 24th et 25th Army Tank Brigade.

Des brigades blindées indépendantes (Armoured qui se distingue des précédentes par la présence d’une infanterie organique) sont également mises sur pied comme la 4th Armoured Brigade stationnées en Egypte ou la 20th Light Armoured Brigade de la Territorial Army.

Durant la guerre de Pologne, une 2nd Armoured Division est formée en Grande-Bretagne sur le même modèle que la 1st Armoured Division. Est également formée une 1st Cavalry Division qui deviendra ultérieurement une 3rd Armoured Division, division composée de trois brigades de cavalerie (4th 5th 6th Cavalry Brigade).

Le Royal Tank Corps est totalement réorganisé à l’automne 1942 avec quatre divisions blindées et six brigades blindées indépendantes.

Si la 7th Armoured Division reste déployée en Egypte, les trois autres (1st 2nd 3rd Armoured Division) sont stationnées en Grande-Bretagne.

Les six brigades blindées indépendantes (4th 5th 6th 8th 9th 10th Independent Armoured Brigade) sont réparties en la Grande-Bretagne (5th 8th 10th), en Palestine Mandataire (4th), en Malaisie (6th) et en Inde (9th).

Quand éclate le second conflit mondial, deux divisions (1st 2nd Armoured Division) sont déployées sur le continent au sein du BEF, la troisième restant en réserve en Grande-Bretagne pour créér une cinquième division blindée qui pourrait gagner la Malaisie même si le tonnage et le temps nécessaire rend assez improbable cet envoi.

Organisation

En septembre 1948, la British Armoured Division est composée de la façon suivante :

-Un Etat-Major Divisionnaire

Char médian A-27M Cromwell

Char médian A-27M Cromwell

-Deux brigades blindées avec un état-major, trois régiments de chars (un régiment de chars lourds Churchill et deux régiments de chars moyens Cromwell), un bataillon d’infanterie motorisé et une unité de soutien.

-Un groupe de soutien (Support Group) avec un état-major, un bataillon d’infanterie (Lorried Infantry Batallion), un régiment d’artillerie de campagne, un régiment d’artillerie antichar et un régiment d’artillerie antiaérienne.

-Des unités hors-rang avec un régiment d’autos blindées et de chars légers pour la reconnaissance, une unité sanitaire, une unité de transmissions, une unité du génie, une unité de service et une unité de police militaire.

Les Independent Armoured Brigade devaient à l’origine être équipées entièrement de chars Churchill mais au final elles seront considérées comme des divisions blindées allégées. Elles sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Deux régiments de chars moyens Cromwell

-Un batailllon de chars lourds Churchill

-Deux bataillons d’infanterie motorisée

-Un régiment d’artillerie

-Un bataillon antichar

-Un bataillon antiaérien

-Un batailllon de soutien logistique (deux compagnies de ravitaillement, une compagnie de maintenance, une compagnie sanitaire)

-Une compagnie de reconnaissance motorisée

-Un bataillon du génie

L’organisation des unités subalternes

Infanterie

A la différence de la France ou de l’Allemagne, les unités d’infanterie britanniques sont organisées en bataillons et en brigades au lieu de régiments.

Chaque brigade dispose d’une compagnie d’état-major et de trois bataillons d’infanterie. L’appui-feu est assuré par le bataillon de mitrailleuses moyennes et de mortiers lourds qui détachent auprès des bataillons un élément d’appui-feu. On peut ajouter également des sapeurs du génie et des moyens antichars fournit par le régiment d’artillerie antichar.

Ce modèle théorique connut ses limites durant les premières opérations du second conflit mondial et après la campagne de Norvège et surtout les opérations en Méditerranée et en Afrique du Nord, les brigades d’infanterie allaient devenir autonomes.

Le bataillon d’infanterie est organisé en un état-major, une compagnie d’état-major (transmissions et administration), quatre compagnies de combat (état-major et trois pelotons/section) et une compagnie d’appui avec un peloton de transport équipé de chenillettes Universal Carrier, un peloton de mortiers, un peloton antichar équipés de canons de 2 puis de 6 pouces et enfin un peloton de pionniers.

Universal Carrier Mk II

Universal Carrier Mk II

Le peloton de combat dispose d’un état-major avec un mortier de 51mm (2-inch mortar), des équipes antichars équipés de PIAT et trois sections (groupes en français) avec sept fusiliers et un fusil-mitrailleur Bren servit par un trio.

Cavalerie et Chars

Chaque brigade blindée dispose de trois régiments de chars, un régiment de chars lourds Churchill et deux régiments de chars moyens Cromwell.

Chaque régiment dispose d’un état-major, d’un squadron d’état-major (transmissions et administration), trois squadron à trois troops de cinq chars plus un troop de commandement avec deux chars (le commandant du squadron et son adjoint) et un squadron d’appui avec un troop de sept chars légers, un troop antiaérien, un troop de maintenance, un troop de ravitaillement et un troop EVASAN.

Chaque régiment de chars dispose de cinquante-huit chars soit un total de 348 chars légers, moyens et lourds.

Chaque régiment de reconnaissance dispose d’un état-major, d’un squadron de commandement, d’un squadron de soutien (transmission, logistique, ravitaillement) et de trois squadrons de combat avec des chars légers (un squadron) des autos blindées (deux squadrons) et des unités motocyclistes.

Artillerie

Les régiments d’artillerie sont majoritairement intégrés aux divisions d’infanterie et aux divisions blindées mais certains équipés de pièces lourdes forment l’équivalent britannique de la Réserve Générale, cette RG disposant également des pièces sur voie ferrée, concentrées en métropole dans le Sud-Est pour d’abord la défense côtière.

Le Royal Artillery Corps dispose également de régiments d’artillerie antichar et de régiments d’artillerie antiaérienne.

Le régiment d’artillerie de campagne (Field Artillery Regiment) des divisions d’infanterie et des divisions blindées disposent d’un état-major, d’une batterie de soutien (maintenance, ravitaillement, soutien sanitaire), d’une batterie de conduite de tir et de trois batteries de huit canons, des obusiers de 25 livres qui ont remplacé les 18 livres du premier conflit mondial.

L’organisation des régiments d’artillerie médiane et lourde est identique, seule variant le nombre de pièces inférieur pour les canons de moyen et de gros calibre.

La “Réserve Générale” de l’Armée britannique voit le jour en septembre 1946 sous le forme de quatre Royal Artillery Support Group (RASG) qui disposent chacun de six régiments médians à trois batteries de huit canons (576 pièces), de quatre régiments de siège à trois batteries de quatre canons (48 canons) et d’un régiment d’artillerie super-lourde sur voie ferrée (12 pièces).

Les 1st et 2nd RASG vont être déployés sur le Continent (moins l’ALVF) au sein du BEF tandis que les deux autres vont rester en Grande-Bretagne.

BL 4.5 Inch Medium Field

BL 4.5 Inch Medium Field

Des régiments d’artillerie médiane et lourdes indépendants sont également déployés au Moyen-Orient (quatre, trois équipés de canons de 4.5 Inch et un de canon de 5.5 Inch), au Proche-Orient (un de chaque calibre) ainsi qu’en Malaisie (deux régiments de 4.5 Inch et deux de 5.5 Inch).

B.L 5.5 Inch Medium Gun

B.L 5.5 Inch Medium Gun

Les régiments antichars ont une organisation différente. Si il dispose d’une batterie de commandement et une batterie de soutien, il aligne quatre batteries de douze canons d’abord des canons de 2 livres (ou des 25mm Hotchkiss de fabrication française) puis dès 1942 des canons de 6 livres (57mm) aux performances semblables au 50mm allemand et au 47mm français.

QF 6 Pounder

QF 6 Pounder

A l’instar des RAAC (Régiments d’Artillerie Antichar) français, des Anti-Tank (Heavy) Regiment sont mis sur pied, quatre en Grande-Bretagne et un en Egypte, des régiments organisés en un état-major, une batterie de commandement, une batterie de soutien et trois batteries à huit canons de 17 livres. Trois de ces régiments passent sur le continent en septembre 1948, le quatrième ralliant la Norvège.

Chaque division dispose également d’un régiment d’artillerie antiaérienne, des régiments à trois batteries avec des troops (pelotons) de quatre canons, nombre réduit ensuite à trois puis augmenté à six canons, chacune des trois batteries disposant de dix-huit canons Bofors de 40mm pour deux d’entre-elles, la troisième disposant de canons de 20mm.

Un Anti-Aircraft Command dispose en septembre de douze divisions d’artillerie antiaérienne équipées de pièces lourdes (76 et 94mm notamment), de projecteurs et de ballons.

A but territorial, elles sont peu mobiles et peu souples d’utilisation. Elles sont donc réorganisées au printemps 1945, chaque division disposant de trois brigades totalement autonomes capables de protéger seules un secteur.

Si huit divisions sont déployées sur le territoire britannique (quatre en Angleterre, une en Irlande du Nord, une au Pays de Galles et deux en Ecosse), une est déployée en Egypte, une à Malte et deux en Malaisie.

Pour couvrir le BEF, quatre brigades sont déployées sur le continent, renforçant par la même occasion l’action de la DAT française.

A noter l’absence de canons automoteurs à la différence de la France et de l’Allemagne. Ce n’est qu’au cours du conflit que des châssis de chars déclassés reçurent des pièces d’artillerie de 25 livres pour équiper les régiments d’artillerie des divisions et brigades blindées.

Unités de soutien

En dehors des divisions d’infanterie et des divisions blindées, il n’existe pas de grandes unités appartenant aux autres armes. Le génie ne dispose que de bataillons intégrés aux divisions, la logistique et les transmissions sont dans la même situation.

Les projets de créer des brigades du génie à partir des bataillons de pionniers existants n’aboutissent pas avant guerre.

Grande Bretagne (76) Armée de terre (1)

ARMEE DE TERRE (BRITISH ARMY)

Avant-Propos

L’armée de terre britannique ou British Army est la composante terre des forces armées britanniques placée sous le commandement du War Office remplacé en 1964 par le Ministry of Defence.

Longtemps connu sous le simple nom d’Army, l’armée de terre se dote d’une force de réserve en 1908 appelée Territorial Army ce qui fait que l’armée d’active sera désormais connu sous le nom de Regular Army.

Armée d’un territoire insulaire, l’armée de terre britannique à été rarement l’armée dominante en terme d’effectifs par rapport à la toute puissante Royal Navy.

Il fallait une menace continentale pour que l’armée de terre britannique devienne une armée importante en termes d’effectifs. Ce fût le cas au début du 18ème pour lutter contre Louis XIV, au 19ème siècle contre Napoléon et au 20ème siècle pour les deux guerres mondiales.

Depuis 1954 et la fin du second conflit mondial, les effectifs sont plus importants avec notamment le déploiement permanent de troupes sur le Continent.

Une brève histoire

Prémices

C’est seulement en 1660 que l’armée de terre britannique devient une armée permanente. Jusque là on utilisait des systèmes de milices. A chaque menace le Parlement devait voter des crédits pour lever des troupes ce qui était l’occasion de négociations interminables entre le roi et le parlement.

A cela s’ajoutait la crainte que la monarchie devienne absolutiste, crainte qui fût à l’origine d’une guerre civile qui permis à la Grande Bretagne de connaître sa première et seule expérience républicaine.

Elle fût déployée sur le continent au cours du 18ème siècle pour s’opposer à l’expansionisme français et pour maintenir l’équilibre des puissances sur le continent, l’alpha et l’omega de la politique étrangère britannique. Cet engagement sur le continent répondait au fait que les monarques anglais jusqu’à Victoria étaient prince de Hanovre.

Au 19ème siècle, elle va participer à la lutte contre Napoléon même si l’apport de Londres à été bien davantage financier qu’humain.

Armée de volontaires, la British Army participe également à la conquête du premier Empire colonial du monde.

A noter que si dans l’armée française la cavalerie est considérée comme l’arme la plus prestigieuse attirant les meilleurs officiers, dans l’armée britannique c’est l’infanterie qui attire les meilleurs officiers. Si elle participe à la guerre de Crimée, l’armée de terre britannique va rester une armée de taille réduite jusqu’au premier conflit mondial.

La British Army dans le premier conflit mondial

La Grande-Bretagne est entrainée dans le premier conflit mondial par le jeu des alliances mais surtout pas l’invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes.

Non seulement Londres est garante de cette neutralité depuis 1839 mais en plus la prise d’Anvers par les allemands serait un coup terrible pour la Grande-Bretagne un pistolet pointé sur la poitrine de l’Angleterre (ce qui explique le refus farouche de voir le drapeau français flotter à Anvers).

Quand le premier conflit mondial éclate, la British Army est un corps de volontaires destiné principalement aux guerres coloniales. De 1899 à 1902 elle avait affronté les Boers, montrant les déficiences en matière d’équipement, de commandement et d’entrainement.

En 1907/08, un état-major est créé et les unités de combat sont regroupées au sein de sept divisions à but expéditionnaire alors que la défense du territoire doit être assurée par une force territoriale, une Territorial Army composée de quatorze brigades de cavalerie et de quatorze divisions, ces unités qui remplacent la milice devant si besoin renforcer les unités régulières.

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

En août 1914, l’armée de terre britannique aligne 247432 hommes répartis en soixante-douze régiments d’infanterie (quatre de Garde et soixante-huit de «ligne»), trente et un régiments de cavalerie, d’artillerie et de soutien. La moitié est stationnée outre-mer.

Six divisions d’infanterie et une division de cavalerie sont envoyées sur le continent en soutien de l’armée française aux moyens nettement plus importants.

Au cours du conflit, six divisions régulières, quatorze divisions territoriales, trente-six divisions de la «Kitchener’s Army» et six divisions diverses dont la Naval Division formée de Royal Marines, division déployée très rapidement à Anvers pour empêcher les troupes de Von Kluck de s’emparer de ce port.

Durant le conflit les structures évoluent ainsi que la part des différentes armes, la part de l’infanterie et de la cavalerie se réduisant au profit notamment du génie dont la part double en quatre ans.

L’enthousiasme patriotique explique que l’armée britannique n’eut aucun mal à lever de nouvelles unités retardant une conscription qui devint nécessaire après que les lourdes pertes sur la Somme n’aient douché l’enthousiasme des volontaires.

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

La conscription est imposée aux hommes célibataires en janvier 1916 et quatre mois plus tard, tous les hommes âgés de 18 à 41 ans y sont astreints.

A noter que l’Irlande n’ait pas concernée, l’île frondeuse étant un véritable chaudron prêt à bouillir et que de nombreux volontaires venant de la verte Erin se sont engagés pour combattre dans l’armée britannique ce qui explique en partie pourquoi les révoltés de Paques 1916 furent d’abord vus comme des traitres plutôt que comme des héros.

Comme dans tous les pays belligérants, les femmes jouèrent un rôle important à l’arrière, remplaçant dans de nombreux métiers les hommes partis au front.

Durant les premiers mois du conflit, le BEF sur le Front de l’Ouest joua un rôle modeste mais à la auteur des moyens engagés. Si son rôle fût anecdotique dans l’arrêt de la progression allemande, il fût plus important dans la course à la mer qui le vit engager dans les Flandres. Les pertes furent importantes au point qu’on peut considérer que l’armée de volontaires pré-premier conflit mondial est morte à Ypres.

Après une série d’offensives limitées au printemps 1915, l’automne voit le lancement d’une offensive en Artois avec l’utilisation de gaz de combat en réponse à la première utilisation allemande le 22 avril 1915 à Ypres (d’où le nom d’ypérite donné au gaz moutarde). L’échec de cette offensive entraine le remplacement du Field Marshal French par le Général Haig.

En 1916 alors que les combats font rage à Verdun où l’armée allemande cherche à attirer l’armée française dans une bataille d’attrition, les britanniques s’attaquent à la Somme en lançant une offensive majeure le 1er juillet.

Ce jour est resté dans les mémoires comme le jour le plus sanglant de l’histoire de l’armée britannique avec 19000 morts et 40000 blessés pour des gains insignifiant. Ce fût le début de cinq mois de combats qui causèrent la perte de 420000 hommes (tués et blessés).

L’année 1917 marquée par des offensives à Arras (côté britannique) et en Champagne (Chemin des Dames) pour les français ne voient pas l’offensive décisive capable d’achever un conflit qui entrait dans sa quatrième année.

En 1916 sont engagés les premiers tank, les premiers chars de combat qui en petits paquets montrent leur efficacité mais il est certain qu’un engagement massif aurait été nettement plus efficace.

L’année 1918 commence mal pour l’armée britannique quand Ludendorff lance l’opération Michel, son offensive de la dernière chance. Elle tombe sur la 5ème armée britannique et le corps expéditionnaire portugais provoquant une brèche comblée par l’envoi de quarante divisions françaises. L’offensive allemande est finalement stoppée sur la Marne en juin et permet aux français d’imposer Foch comme généralissime des forces armées alliées.

Le 8 août 1918, la 4ème armée britannique attaque dans la région d’Amiens. C’est le début de l’offensive de 100 jours, une série d’offensives échelonnées pour empêcher les allemands de déplacer facilement les réserves jusqu’à un point menacé du front.

Le conflit s’achève par la signature le 8 novembre 1918 de l’armistice qui entre en vigueur le 11 novembre à 11.00.

Prisonniers de l'IRA escortés par des soldats britanniques après l'échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Prisonniers de l’IRA escortés par des soldats britanniques après l’échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Le Front Occidental ne fût pas le seul front sur lequel fût engagée l’armée britannique. On trouve également l’Irlande secoué par des troubles entamées à Paques 1916, les 1600 rebelles de l’IRA devant faire face à 18/20000 hommes, chiffre brièvement porté à 50000 hommes.

Après l’échec de l’opération aux Dardanelles et à Gallipoli en 1915, les alliés décident de s’engager dans les Balkans. Si l’Armée d’Orient fût composée essentiellement de troupes françaises, serbes, russes et grecques, les britanniques furent également engagées contre la Bulgarie qui signa l’armistice le 30 septembre 1918.

Des divisions britanniques sont également engagées en Italie pour soutenir en compagnie de troupes françaises l’armée italienne durement éprouvée par la bataille de Caporetto le 24 octobre 1917. L’arrivée de troupes alliées permet de stabiliser le front sur la Piave puis de participer à l’offensive décisive lancée contre la ville de Veneto (ultérieurement Vittorio Veneto). Un armistice est signé dès le 3 novembre 1918.

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Hors d’Europe,les britanniques participèrent à la prise du port allemand de Tsingtao en soutien des troupes japonaises mais également aux opérations contre l’Afrique orientale allemande dont les dernières troupes ne se rendirent que le 25 novembre 1918 !

Un mot également sur la terrible campagne de Gallipoli, une opération stratégiquement bien pensée mais menée de manière désastreuse.

Après des opérations navales infructueuses en octobre 1914 et en mars 1915, les alliés débarquent dans la péninsule de Gallipoli sur un terrain favorable à la défense où s’illustre un certain Mustapha Kemal, le futur Attaturk. Après neuf mois de lutte, les alliés évacuent la région en janvier 1916.

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l'armée de terre britannique

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l’armée de terre britannique

L’armée britannique (essentiellement composée de troupes indiennes) fût également engagée en Mésopotamie dans l’actuel Irak, un territoire sous contrôle de l’Empire Ottoman et si Bagdad fût prise en mars 1917 ce ne fût pas sans difficultés avec notamment la défaite de Kut-al-Amara où 13000 britanniques et indiens durent se rendrent après un siège de cinq mois (décembre 1915-avril 1916). Citons également des campagnes menées dans le Sinai et dans le Caucase sans oublier les opérations de police coloniale.

De Rethondes à Coblence (1918-1939)

Comme toutes les armées, les effectifs de la British Army sont sensiblement réduits. Les pertes du premier conflit mondial (période 4 août 1914-30 septembre 1919) s’élèvent 573507 tués (au combat, des suites de leurs blessures ou de causes diverses), 254176 prisonniers et disparus sans oublier les blessés (1643469).

Comme pour les troupes françaises, l’armistice du 11 novembre 1918 ne marque pas la fin de la guerre pour les troupes britanniques qui vont être engagées dans la guerre civile russe en soutien des forces Blanches, en Afghanistan en mai 1919, dans le Somaliland en 1920 sans oublier la guerre anglo-irlandaise (21 janvier 1919-11 juillet 1921). De 1920 à 1929, une British Army on the Rhine (BAOR) marque le retour de troupes britanniques en Allemagne.

En dépit de tentatives de digérer l’expérience du premier conflit mondial (avec notamment l’Experimental Mechanized Force en 1927/28), l’armée britannique connait des temps difficiles, le budget de la défense passant de 766 millions de livres en 1919/20 à seulement 102 millions en 1932.

L’absence de réelle menace extérieure explique en grande partie l’absence d’investissements massifs dans la Défense. A cela s’ajoute un contexte économique compliqué.

Faible budget, répugnance à investir, voilà pourquoi face à la montée de l’Allemagne nazie, les autorités britanniques préféraient une politiquement d’apaisement (apeasment policy), espérant que les concessions allaient calmer Hitler.

Néanmoins à partir du milieu des années trente, les investissements militaires reprennent pour permettre à l’armée britannique de faire face à un conflit que certains considèrent comme inévitable à court terme.

Depuis 1929, un processus de mécanisation était en cours au sein de l’armée britannique, processus qui s’acheva au cours de la guerre de Pologne, les seuls régiments montés restant étant ceux de la Garde.

Le déclenchement de la guerre de Pologne voit l’engagement sur le continent d’un corps expéditionnaire britannique, la British Expeditionary Force (BEF). Placé sous le commandement de Lord Gort, il dépend du Groupe d’Armées n°1.

Il est déployé dans la région de Lille entre la 7ème armée placée à l’ouest et la 1ère armée à l’est avec une force de combat qui aurait du à terme être composée de treize divisions, cinq d’active (1st Infantry Division 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division 4th Infantry Division et 5th Infantry Division), cinq issues de la mobilisation (42nd « East Lancashire Division », 44th «Home Counties Division», 48th « South Midland Division » 50th «Northumbrian Division» et 51th «Highland Division» ) et trois divisions de travailleurs, les 12th «Eastern Division» , 23rd «Northern Division» et 46th «North Midland Division ». Seules les divisions d’active ont été à temps déployées sur le continent.

A ces divisions d’infanterie ou assimilées s’ajoute une division blindée, la 1st Armoured Division qui dispose de deux brigades blindées à trois régiments de chars plus des unités de soutien.

On trouve également la 1st Armoured Brigade à trois régiments de chars ainsi que les 1st et 2nd Cavalry Brigade qui sont des unités mécanisées et non des unités montées sans oublier cinq régiments de reconnaissance.

-L’artillerie britannique déploie en France sept régiments d’artillerie légère, neuf régiments d’artillerie moyenne, trois régiments d’artillerie lourde, trois régiments d’artillerie super lourde et enfin deux régiments et deux batteries antichars.

-La défense antiaérienne est assurée par cinq brigade dont une fournie par la RAF auxquelles s’ajoute une brigade de projecteurs.

-Le génie royal déploie plusieurs compagnies notamment des unités comparables aux unités Z françaises (guerre chimiques)

-On trouve également sept bataillons de pionniers et six bataillons de mitrailleurs

Cette force de combat non négligeable n’aura pas à s’employer durant le court conflit qui s’ouvre le 1er septembre 1939. L’assassinat d’Hitler le 9 novembre 1939 ouvre une période d’incertitude qui inquiète Londres. Le retour de Guillaume II pour donner une façade présentable au triumvirat Borman-Goering-Himmler rassure un peu les autorités britanniques.

Le conflit est suspendu le 15 décembre 1939 mais il faut attendre l’échec de la conférence de Coblence (27-30 décembre 1939) pour que le BEF commence à rentrer de France.

Rentre-t-il au complet ? Non car la 1st Infantry Division va rester déployée dans la région de Lille pour permettre notamment une montée en puissance plus rapide des forces britanniques sur le continent.

Elle va s’entrainer régulièrement avec des unités françaises, permettant un fructueux échange d’informations et va apporter sa contribution aux travaux de fortifications de la frontière.

La British Army et la Pax Armada

Comme pour l’armée de terre française, la British Army réduit considérablement la voilure avec la démobilisation.

En Métropole, les différents commandements regroupent neuf divisions d’infanterie d’active, les divisions de mobilisation étant dissoutes. A cela s’ajoute huit divisions de réserve de la Territorial Army même si ces divisions sont loin d’être sur le pied de guerre.

A cela s’ajoute des unités de cavalerie et de chars, une division blindée, quatre brigades de cavalerie et sept brigades blindées sans oublier des unités d’artillerie et du génie.

Au Moyen-Orient, les moyens sont plus modestes avec deux divisions d’infanterie et une division blindée, les autres territoires disposant de moyens limités à des bataillons ou des régiments indépendants.

Dans l’Empire des Indes, il n’y à pas à proprement parlé d’unités britanniques. La défense repose sur l’Indian Army de recrutement local, les unités britanniques n’étant là que pour un déploiement temporaire.

Sur le plan des structures comme sur le plan matériel, les choses évoluent de manière importante, tout le monde prennant conscience que l’ogre allemand n’est pas totalement rassasié.

Des réformes de structures sont mises en place. Si les divisions d’infanterie évoluent peu, les unités de cavalerie et de chars subissent des modifications importantes, le Royal Tank Corps disposant en septembre 1948 de quatre divisions blindées et de six brigades blindées indépendantes, ces dernières étant plus destinées au soutien de l’infanterie que les premières.

L’artillerie et le génie restent composées de régiment tout comme les unités de transmission et de transport.

En ce qui concerne l’armement, l’infanterie voit sa puissance de feu augmenter avec l’introduction de pistolets mitrailleurs en grand nombre (même si le fusil reste l’arme de base). La grenade à fusil d’origine française fait également son apparition au sein de l’infanterie de sa Majesté.

Comme pour les structures ce sont les unités de chars qui connaissent le plus grand renouvellement en terme de matériel, les chars (trop) légers et (trop) faiblement armés sont remplacés par des chars mieux armés, mieux protégés et plus rapides.

La British Expeditionary Force (BEF) repart en guerre (septembre 1948)

A partir de l’été 1948 les tensions en Europe deviennent telles que l’ouverture du conflit est imminente, une question de semaines et de mois plutôt que d’années.

Dès le mois de juillet, discrètement, les autorités militaires britanniques et françaises mettent en place des équipes de liaison pour faciliter le transfert sur le continent d’un BEF musclé sans compter que d’autres divisions vont être intégrées à des Corps d’Armée français.

La 1st Infantry Division installée à Lille reçoit l’ordre de préparer les futurs cantonements des troupes britanniques, de préparer l’accès aux cantonements avec des panneaux indicateurs anglais et également d’écrire des guides pour éviter les problèmes avec la population locale.

Char médian A-27M Cromwell

Char médian A-27M Cromwell

Grace à la mobilisation, de nouvelles divisions sont mises sur pied. Le nouveau BEF destiné à être déployé au sein du Groupe d’Armées n°1 va se composer de douze divisions, dix divisions d’infanterie motorisées et deux divisions blindées, ces derniers disposant de chars lourds Churchill, de chars moyens Cromwell et de chars légers de reconnaissance.

Ces divisions sont regroupées en trois corps d’armée (1st 2nd 3rd British Corps), les deux divisions blindées formant un corps d’armée blindé (1st British Armoured Corps).

Cette puissante force occupe un secteur situé entre la 7ème et la 1ère armée française entre Armentières et Condé sur l’Escaut.

A ces douze divisions formant un corps autonome au sein du GA n°1 s’ajoute quatre divisions en deux corps d’armée destinées à renforcer les 3ème et 4ème armée déployées au sein du GA n°2 face à l’Allemagne.

Le 4th British Corps déployé au sein de la 3ème Armée est encadré par les 23ème et 24ème Corps d’Armée. Il se compose de deux divisions de mobilisation, les 51th Highland Division et 48th Northumberland Division.

Le 5th British Corps déployé au sein de la 4ème Armée dispose d’une division d’active, la 5th Infantry Division et une division de mobilisation, la 42th East Lancashire Division.

-L’Etat-major du BEF est installé à Lille et dispose d’unités qui lui sont directement rattachées en l’occurence une réserve conséquente d’artillerie (représentée par les 1st & 2nd RASG), des unités antiaériennes et antichar (quatre brigades AA et trois régiments antichars), deux régiments de cavalerie pour la reconnaissance et diverses unités de soutien.

1st British Corps : trois divisions d’infanterie : 1st Infantry Division 1st Canadian Infantry Division et 44th «Home Counties Division»

2nd British Corps : trois divisions d’infanterie : 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division et 49th South Midland Division

3rd British Corps : trois divisions d’infanterie : 4th Infantry Division 6th Infantry Division et 50th «Northumbrian Division

-La 46th Nort Midland Division est une division de travailleurs mais aussitôt transformée en division d’infanterie ce qui explique qu’elle est en réserve, ne devant rejoindre le front qu’une fois bien entrainée.

1st British Armoured Corps avec la 1st Armoured Division et la 2nd Armoured Division

4th British Corps (3ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 51th Highland Division et la 48th Northumberland Division

5th British Corps (4ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 5th Infantry Division et d’une division territoriale, la 42nd East Lancashire Division.

Seize divisions britanniques sont donc déployées en Europe continentale auxquelles il faut ajouter six divisions déployées dans le Sud-Est de l’Angleterre à la fois pour défendre le territoire national mais également renforcer le dispositif allié sur le continent (43rd [Wessex] Infantry Division 47th [London] Infantry Division 49th (West Riding) Infantry Division 54th [East Anglian] Infantry Division 59th [Straffordshire] Infantry Division et 61st Infantry Division).

Cela porte le chiffre à vingt-deux divisions auxquelles il faut ajouter six divisions déployées en Ecosse, quatre divisions de mobilisation (15th [Scotish] Infantry Division 12th (Eastern) Infantry Division 38th [Welsh] Infantry Division 45th Infantry Division) plus deux divisions destinées à être engagées en Norvège (52nd Lowland Infantry Division 53rd [Welsh] Infantry Division)

-Le dispositif à été renforcé en Méditerranée avec le déploiement de deux divisions d’infanterie sur l’île de Malte (18th Infantry Divison 56th Infantry Division) plus trois divisions en Egypte et en Moyen-Orient (7th Infantry Division 8th Infantry Divison 66th Infantry Division), des divisions des Dominions devant les renforcer à moyen terme (deux ou trois divisions australiennes, une division néo-zélandaise).

-Enfin en Asie du Sud-Est, des troupes sont déployées à la fin de 1948, poursuivant une amélioration du dispositif allié dans la région.

En Inde, deux divisions britanniques sont déployées en novembre 1948 (76th et 77th) mais début 1949, la 76th Infantry Division est redéployée en Malaisie où elle retrouve deux divisions déployées depuis 1945 (70th & 71st Infantry Division).

L’essentiel de la défense est assurée par la Royal Indian Army qui dispose en septembre 1939 de deux divisions d’infanterie, de cinq brigades de cavalerie et de régiments d’artillerie, cette force connaissant une certaine croissance avec la levée de deux nouvelles divisions d’infanterie, la mécanisation des unités de cavalerie pour former des Independent Armoured Brigade.

-Ailleurs dans les autres territoires sous souveraineté britannique, les effectifs sont modestes dépassant rarement le bataillon ou le régiment.