17-Aviation Navale (29)

Escadrille 1T

Latécoère Laté 298

Latécoère Laté 298

Lorsque la France entre en guerre en ce funeste mois de septembre 1939, l’escadrille 1S1 (1ère escadrille de surveillance de la 1ère région maritime) basée à Cherbourg-Chantereyne dispose de six CAMS-55 et de huit Loire 130.

Rapidement seuls les seconds nommés sont utilisés pour les missions opérationnelles, les CAMS-55 étant utilisés pour l’entrainement jusqu’au mois d’octobre quand ils sont retirés du service et remplacés par des Latécoère Laté 298.

Il en effet prévu que d’unité de surveillance, cette escadrille devienne une unité de torpillage même si secondairement, elle doit être amenée à traquer le nouvel ennemi public n°1 : le sous-marin.

Cette double flotte posant problème, les Latécoère Laté 298 dont le nombre passe de sept à douze restent à la 1S1 alors que les Loire 130 se redéploient à Cherbourg-Querqueville où ils forment une nouvelle escadrille 1S2.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille 1S1 quitte le giron de la 1ère région maritime au profit de la 1ère flottille d’hydravions ce qui ne change rien à son stationnement. Un mois plus tard, en octobre 1940, elle devient l’escadrille 1T avec toujours douze Latécoère Laté 298.

Sa mission est d’assurer une présence dissuasive dans La Manche en menaçant l’ennemi d’attaques à la torpille tout en pouvant mener des missions anti-sous-marines en liaison avec d’autres unités aériennes et de surface.

En mars 1947, le Latécoère Laté 298 est retiré du service et l’escadrille 1T remplace ses douze exemplaires (parmi lesquels figurent quatre appareils de remplacement) par douze Latécoère Laté 299-7, version hydravion du Latécoère Laté 299-5 embarqué.

Une petite explication est nécessaire. Au moment du lancement du programme PA18 et du groupe aérien qui lui est nécessaire, les autorités de la marine lance un programme d’avion d’observation, de torpillage et de bombardement (programme A47) auquel répondent deux bimoteurs : le SNCAO CAO-600 (qui sera choisit) et le Dewoitine D-750 resté à l’état de prototype.

Un troisième prototype monomoteur est aussi choisit, le Latécoère Laté 299 qui n’est autre que la version embarquée du -298.
Le Laté 299 est remplacé au sein des groupes aériens embarqués par le Laté 299-5 qui est un appareil assez différent en dépit d’une désignation qui sous-entend un lien de parenté. Pour remplacer le «298», la marine ne cherche pas plus loin qu’une version hydravion du 299-5, le Latécoère Laté 299-7.

L’escadrille 1T est ainsi déclarée opérationnelle sur le nouvel appareil à la mi-avril 1947 après six semaines de formation et d’entrainement intensif à la surveillance, à l’attaque à la torpille et à la lute anti-sous-marine.

Le 1er septembre 1948, l’escadrille est mise sur le pied de guerre avec le rappel des réservistes et l’arrivée à Cherbourg d’appareils supplémentaires pour servir de réserve en cas de perte. Elle va assurer des missions de surveillance au dessus de La Manche, des patrouilles en solitaire et des couvertures de convois qu’ils s’agissent de convois français ou britanniques.

Escadrille 2T

En septembre 1939, l’escadrille 3S3 est basée sur l’Etang de Berre avec un équipement ancien en l’occurence cinq Gourdou-Lesseure GL.810, six GL.811, cinq GL.812 et deux GL.813 soit un total de dix-huit appareils. En février 1940,  ces hydravions dépassés sont remplacés par seize Latécoère Laté 298, seize hydravions utilisés aussi bien pour le torpillage, la reconnaissance et la lutte anti-sous-marine.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille 3S3 intègre la 2ème flottille d’hydravions et devient en octobre 1940, l’escadrille 2T.

Véritable phénix, cette escadrille est choisit en septembre 1941 pour devenir une unité de la patrouille maritime avec pour équipement douze CAO-700M. Son stationnement change également, à l’Etang de Berre l’escadrille 2T est redéployée à Fréjus-Saint Raphaël. Une fois transformée, l’escadrille est renumérotée 12E et transformée à la 2ème flottille d’aviation navale.

L’escadrille 2T renait le 5 mars 1942 au sein de la 6ème flottille d’aviation navale, le groupe aérien du porte-avions Joffre qui quand ce dernier est à quai aux appontements du Milhaud se réfugie sur la base de Hyères-Le Palyvestre comme leurs aïeuls du Béarn.

Equipée de six Latécoère Laté 299, c’est l’escadrille de torpillage du Joffre, chargée selon les schémas opérationnels en vigueur à l’époque de ralentir la flotte ennemie pour laisser le temps à nos cuirassés de la retrouver et de l’anéantir.

L’unité effectue ses premières manoeuvres aviation lors des essais du porte-avions du 29 septembre au 15 novembre 1942 au large de Brest.

Comme toutes les unités embarquées, à chaque sortie, l’escadrille 2T qualifie de jeunes pilotes, valide les compétences des vétérans, expérimente de nouvelles tactiques de combat ou des armes et s’entraine avec l’armée de l’air et d’autres unités de la marine.

Courant 1947, l’unité est transformé sur Latécoère Laté 299-5, une version nettement améliorée du Laté 299.

Après un entrainement à bord du Joffre du 25 août au 3 septembre 1948, le déclenchement du second conflit mondial la surprend en plein recomplètement (repos de l’équipage, grande visite des avions) à Hyères-Le Palyvestre.

L’entretien prévu pour s’achever le 10 septembre est accéléré et se termine dès le 6 septembre pour permettre au porte-avions de la 2ème Escadre d’appareiller le plus rapidement possible pour contrer une possible action italienne.

Escadrille 3T

En septembre 1939, l’escadrille T2 est l’unité de torpillage de la 1ère région maritime. Basée à Cherbourg-Chantereyne, elle détache à la mobilisation six de ses seize appareils sur la base auxiliaire de Boulogne sur Mer pour des missions de surveillance et de patrouille anti-sous-marine en Manche et en mer du Nord.

En février 1940, la BAN auxiliaire de Boulogne sur Mer est désactivée et le détachement est redéployé à Calais-Marck, autre base aéronavale auxiliaire qui doit devenir une base de premier rang pour couvrir et appuyer l’ELN.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille T2 est rattachée à la 1ère flottille d’hydravions tout en restant scindée en deux entités : le corps principal à Cherbourg et un détachement avancé à Calais. Il à été un temps question de scinder l’escadrille T2 en deux escadrilles indépendantes mais ce projet n’est pas allé bien loin. Un mois plus tard, l’escadrille T2 devient l’escadrille 3T.

Ce changement de numéro est fatal au détachement avancé de Calais-Marck. L’escadrille 3T est totalement regroupée à Cherbourg-Chantereyne et le nombre d’appareils en ligne est réduit à douze.

Comme ces voisins de l’escadrille 1T, la 3T à pour mission d’interdire à l’adversaire La Manche et si l’attaque à la torpille d’une puissante escadre allemande dans ses eaux resserrées est peu probable, la traque de sous-marins est bien plus plausible, l’escadrille 3T plus que la 1T se spécialisant dans la lutte ASM tout en étant encore capable d’attaquer à la torpille des navires ennemis.

Suivant de près leurs voisins de l’escadrille 1T, l’escadrille 3T est transformée (mai/juin 1947) sur Latécoère Laté 299-7, douze appareils remplaçant les neufs Latécoère Laté 298 (les trois appareils manquants ont été reformés pour usure prématurée. Ironie de l’histoire, il s’agissait d’appareils de remplacement) pour toujours les mêmes missions.

Le 1er septembre 1948, l’escadrille est mise sur le pied de guerre avec le rappel des réservistes et l’arrivée à Cherbourg d’appareils supplémentaires pour servir de réserve en cas de perte.

Elle va assurer des missions de surveillance au dessus de La Manche, des patrouilles en solitaire et des couvertures de convois qu’ils s’agissent de convois français ou britanniques en coopération avec sa jumelle 1T.

Escadrille 4T

En septembre 1939, l’escadrille T1 est basée sur l’Etang de Berre avec dix hydravions torpilleurs Latécoère Laté 298. Durant la guerre de Pologne, ce nombre est porté à douze puis à seize appareils.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille T1 intègre la 2ème flottille d’hydravions avec toujours seize appareils en ligne, devenant en octobre 1940, l’escadrille 4T.

Ces appareils utilisés pour le torpillage, la surveillance et la lutte anti-sous-marine pour protéger notamment les approches des ports de Marseille et de Toulon sont utilisés jusqu’à l’automne 1947 quand les douze appareils survivants (quatre appareils réformés pour usure, sur les seize appareils disponibles en septembre 1940, trois appareils avaient été perdus à l’entrainement mais promptement remplacés) sont remplacés par douze Latécoère Laté 299-7

A partir du 2 septembre 1948, l’escadrille 4T va maintenir une patrouille permanente de deux appareils au large de Marseille pour empêcher de possibles sous-marins italiens voir allemands de se sentir comme chez eux et s’en prendre ainsi aux convois venant d’Afrique du Nord qui commencent à déverser en métropole des troupes, du matériel mais également des matières premières pour faire tourner une industrie vorace qui n’en avait jamais assez.

Escadrille 5T

Au moment de la mobilisation en septembre 1939, il était prévu la mise sur pied en Méditerranée d’une escadrille B5.

Cette création faute d’appareils disponibles est reportée en décembre 1939 puis à nouveau au printemps 1940 ce qui entraine sa mise en sommeil en attendant la disponibilité d’avions pour l’équiper.

Cela ne l’empêche d’être rattachée à la 5ème flottille d’aviation navale (Lorient-Lann Bihoué) le 15 septembre 1940 puis d’être rebaptisée 5T.

En février et mars 1941, l’escadrille 5T prend enfin consistance en recevant douze Bloch MB-175T de reconnaissance et d’attaque maritime, l’unité étant déclarée opérationnelle sur le nouvel appareil le 3 mai 1941.

Sa mission est de surveiller le Golfe de Gascogne et d’interdire cette «mer intérieure» aux forces navales et sous-marines de l’ennemi pour ainsi protéger les accès aux ports militaires (Brest et Lorient) et civils (Quimper, Saint-Nazaire et Nantes, La Rochelle-La Pallice, Bordeaux, Biaritz, Bayonne, Hendaye………..).

Ces appareils sont toujours en service le 1er septembre 1948 même si sur les douze appareils du lot d’origine, deux ont été perdus en mer et un à l’atterrissage, appareils remplacés par des appareils stockés à Orly.

Mise sur le pied de guerre, l’escadrille 5T va multiplier les patrouilles dans le Golfe de Gascogne pour empêcher tout mouvement ennemi qu’il soit allemand ou espagnol.

17-Aviation navale (18)

Escadrille 11R

En septembre 1939 est activée à Saïgon sur l’aérodrome de Than-Son-Nut l’escadrille 8S6 qui dispose de six Loire 130C et de deux CAMS-55 pour l’entrainement et les taches de servitude.

Cette unité assure des missions de surveillance côtière et doit en cas de conflit appuyer en haute mer les FNEO.

En octobre 1940, l’escadrille 8S6 du Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) devient l’escadrille 11R.

Cette escadrille perd au cours de l’année 1941 ses CAMS-55 mais reçoit deux autres Loire 130 ce qui porte le nombre d’appareils en ligne à huit. Elle est redéployée à Cam-Ranh à partir de janvier 1945.

En juin 1947, les cinq Loire 130C survivants sont remplacés par douze Consolidated PBY-5 Catalina, la version amphibie du célèbre hydravion de patrouille ce qui accroit ses capacités de patrouille et d’action.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 11R participe à un dispositif de surveillance des côtes de la Cochinchine.

Escadrille 12R

L’ascendance de l’escadrille 12R est particulièrement complexe. En septembre 1939 existe une escadrille AB-2, l’escadrille de reconnaissance et de surveillance de la F1A, la flottille du Béarn qui est équipée de dix Levasseur PL.101, sa base terrestre étant Lanvéoc-Poulmic prêt de Brest.

A l’origine, elle devait recevoir des bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-401 mais le débarquement de la flottille du Béarn entraine sa transformation en unité mixte opérationnelle/instruction.

Elle conserve ses vieux Levasseur pour d’éventuelles missions de guerre (même si les PL.101 sont plus des antiquités volantes qu’autre chose) et va recevoir des CAO-600 pour assurer la formation pratique des pilotes et des observateurs destinés notamment au groupe aérien du Joffre.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) avant d’être rebaptisé 5B. En décembre 1941, il ne reste plus que sept Levasseur PL.101 mais on compte six CAO-600.

Levasseur PL.101 appontant sur le Béarn

Levasseur PL.101 appontant sur le Béarn

Les derniers PL.101 sont interdits de vol en mars 1942 à une époque où l’escadrille est entièrement transformée sur CAO-600 soit neufs appareils. Elle est alors rebaptisée 12R et intègre la 6ème flottille d’aviation (6ème FAN), ralliant sa nouvelle base de Hyères-Le Palyvestre.

Cette unité est chargée d’une mission d’éclairage au profit du porte-avions et des forces navales avec secondairement des missions de torpillage et d’attaque. Secondairement, on verra certains CAO-600 expérimenter le commandement de la chasse voir même la chasse lourde.

Du 2 septembre au 12 décembre 1946, le Joffre est immobilisé pour un petit carénage et l’escadrille 12R troque ses huit CAO-600 (trois appareils perdus et remplacés, un appareil perdu mais non remplacé) par neuf CAO-610 qui sont tous en service en septembre 1948.

Escadrille 13R

Bloch MB-131

Bloch MB-131

Le 12 septembre 1941 est activée à Than-Son-Nut l’escadrille 13R destinée à renforcer les capacités de surveillance aéromaritime au profit des FNEO. Faute d’un matériel moderne, elle dispose de douze Bloch MB-131 cédés sans déplaisir par l’armée de l’air.

Le 21 juillet 1943, douze CAO-700M arrivent à Than-Son-Nut pour remplacer les Bloch MB-131 dont seulement huit étaient encore en service, quatre appareils ayant été réformés suite à une usure prononcé de la cellule et des moteurs.

Cette unité quitte Than-Son-Nut en novembre 1947 pour rallier la base aéronavale de Cam-Ranh et poursuivre ses missions de surveillance qui le conduisait aussi bien dans le Golfe du Tonkin et dans le Golfe du Siam.

Cette unité perd deux appareils suite à des accidents à l’atterrissage à Than-Son-Nut en 1945 et 1946, deux appareils réformés et cannibalisés, deux appareils venus de France en vol (!) rejoignant Cam-Ranh en décembre 1947.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 13R participe à des missions de surveillance au large des côtes indochinoises de crainte que le Japon ne profite de la guerre en Europe pour attaquer en Indochine.

Escadrille 14R

Cette escadrille est créée à Arzew près d’Oran à l’automne 1941 pour renforcer les capacités de surveillance au profit de la 4ème escadre.

Officiellement activée le 30 septembre 1941 avec douze Consolidated Catalina, l’escadrille 14R intègre la 10ème flottille d’hydravions qui se compose également de l’escadrille 14E (douze Potez-CAMS 141) et de l’escadrille 12T (douze Bloch MB-481).

Ces appareils assurent des patrouilles vers le détroit de Gibraltar en liaison avec les britanniques installés à Gibraltar mais également vers l’est jusqu’aux approches immédiates de la Sardaigne et de la Sicile. Outre la surveillance pure, la lutte anti-sous-marine devient une mission prégnante pour l’unité.

Deux appareils sont perdus en patrouille (équipages disparus présumés morts) et remplacés par deux PBY-2.

Comme les autres unités de surveillance, la 14R participent à des patrouilles permanentes au large des côtes nord-africaines avant de se préparer à couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

Escadrille 15R

Le 1er juin 1943 est créée la 7ème flottille d’aviation navale à Lanvéoc-Poulmic, la 7ème FAN étant le groupe aérien du porte-avions Painlevé.

Comme la 12R, l’escadrille 15R est équipée de neuf CAO-600 de reconnaissance, d’éclairage, de torpillage voir de bombardement. Secondairement, ces appareils pouvaient mener des missions de commandement de chasse voir de chasse lourde.

Au cours du transit Atlantique lors de la traversée de longue durée du Painlevé (15-20 juillet 1944), un CAO-600 en exercice de torpillage est victime d’une panne de moteur. S’écrasant en mer, il ne laisse aucune chance à son équipage.

Entre décembre 1946 et janvier 1947, cette unité est transformée sur CAO-610, version améliorée du CAO-600.

Après un exercice du 1er au 5 septembre 1948, l’escadrille 15R se prépare aussitôt à participer à des opérations de guerre en mer du Nord à bord du Painlevé en compagnie notamment des cuirassés Lorraine et Normandie.

17-Aviation navale (16)

B-Escadrilles d’exploration et de surveillance

Avant-propos

Dans l’aéronautique navale de septembre 1939, les escadrilles de reconnaissance et de surveillance dominent largement par leur nombre, les autres spécialités (bombardement, torpillage, chasse), sont présentes en nombre nettement plus restreint.

En février 1940, on trouve quinze escadrilles de surveillance et sept escadrilles d’exploration. La séparation est souvent ténue entre ses deux unités mais à l’usage, les escadrilles de surveillance sont chargées de la surveillance côtière et de l’appui direct aux Escadres alors que les escadrilles d’exploration sont chargées de missions de surveillance à long rayon d’action.

A ces unités s’ajoutent l’escadrille HS-1 de la flottille F-1H rattachée au Commandant Teste mais rapidement dispersée et l’escadrille AB-2 de la flottille F-1A qui va devenir rapidement une unité d’instruction pour former pilotes et navigants destinés aux CAO-600.

Enfin, ajoutons à ce panorama pour être complet les groupements d’hydraviation qui regroupe les hydravions embarqués à bord des croiseurs légers, des croiseurs lourds et des cuirassés.

Comme dans les autres domaines, l’aviation d’exploration et de surveillance (à laquelle on peut ajouter la lutte ASM même si il n’y avait pas d’unités spécifiquement dédiée à cette mission) connait à la fois une expansion quantitative et qualitative.

C’est ainsi qu’au 31 août 1948, l’Aviation Navale dispose de 34 escadrilles de reconnaissance et d’exploration plus cinq escadrilles mixtes qui dispose à la fois d’avions de reconnaissance et de surveillance mais également d’avions d’assaut voir même de chasseurs comme l’Escadrille de l’Aviation Navale des Antilles (EANA).

Sur le plan matériel, la métamorphose est spectaculaire. Le matériel s’accroit nettement en qualité et en varieté, les avions absents des unités de surveillance et d’exploration apparaissent sous la forme des lourds quadrimoteurs CAO-700M ou des bimoteurs embarqués CAO-600 (auquel succède sa version améliorée baptisée CAO-610) même si les hydravions reste majoritaires avec 309 hydravions terrestres et embarqués contre 136 avions de surveillance et de reconnaissance.

On compte également de drôles d’oiseaux en l’occurence des autogires, l’ancètre de l’hélicoptère mais leur utilisation bien que sans réels problèmes ne sera pas dévellopée, l’escadrille 4R restant la seule unité de ce genre.

Escadrille 1R

Latécoère Laté 290

Latécoère Laté 290 (Aviafrance)

Une première escadrille 1S2 existait en septembre 1939, escadrille basée à Lanvéoc-Poulmic après avoir été créée à Cherbourg-Chantereyne. Elle disposait d’un équipement particulièrement hétéroclite avec trois CAMS 37-11 (qui sont rapidement interdits de vol et ferraillés), de trois CAMS-55 d’entrainement, de six Latécoère Laté 290 et de neuf hydravions type Gourdou-Lesseure 810/811/812/813.

Cette escadrille est dissoute en janvier 1940 et son numéro est repris par une nouvelle unité qui est issue de la 1S1 qui disposait à la fois des Latécoère Laté 298 et des Loire 130. Pour simplifier la logistique, les huit Loire 130 sont intégrées à une nouvelle unité renumérotée 1S2.

La nouvelle 1S2 est basée à Cherbourg-Querqueville et est chargée de la surveillance de la Manche, devant traquer des sous-marins et couvrir d’éventuels convois en cas de reprise du conflit.

La réorganisation du 15 septembre 1940 intègre l’escadrille 1S2 à la 1ère flottille d’hydravions, la 1S2 étant renumérotée 1R en octobre 1940.

Cette escadrille de surveillance dispose encore de six hydravions Loire 130 quand en septembre 1943 ses hommes rejoignent l’hydrobase des Mureaux où ils prennent en main dix Bréguet Br790, cet hydravion monocoque à hélice propulsive étant le nouveau maitre-étalon des unités de surveillance côtière.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si trois des dix appareils de l’unité ont remplacé des appareils accidentés et trop endommagés pour être réparés à un coup raisonnable.

Le 1er septembre 1948, l’unité reçoit l’ordre de maintenir des patrouilles permanentes au large de Cherbourg et de l’estuaire de la Seine. Ce dispositif est maintenu en raison du conflit en mer du Nord qui pourrait déborder en Manche.

Escadrille 2R

En septembre 1939, cette escadrille est numérotée 3S1 et basée à Hyères-Le Palyvestre. Equipée de Gourdou-Lesseure GL.812, elle se redéploie à Saint Mandrier pour assurer la protection des approches maritimes de Toulon.

Lioré et Olivier H43 sur une catapulte du Commandant Teste

Lioré et Olivier H43 sur une catapulte du Commandant Teste

A l’issue de la guerre de Pologne, l’escadrille est transformée sur Lioré et Olivier H43, un hydravion monoplan bi-flotteur à l’esthétique et à l’aérodynamisme douteux mais il n’y à pas de meilleur appareil disponible pour le moment.

A partir du 15 septembre 1940, l’escadrille 3S1 intègre la 2ème flottille d’hydravions qui regroupe les hydravions basés dans la région de Toulon, la 3S1 retrouvant Hyères-Le Palyvestre. Un mois plus tard, en octobre 1940, l’escadrille 3S1 devient l’escadrille 2R.

Le 12 juin 1941, le personnel de l’escadrille 2R rallie Les Mureaux où ils prennent en charge douze Consolidated PBY-2 Catalina qui vont avantageusement remplacer les H43 qui sont retirés du service et feraillés.

Après six semaines d’entrainement, l’escadrille 2R quitte l’hydrobase des Mureaux le 27 juillet pour rallier Hyères le lendemain et reprendre sa mission de surveillance des approches de Toulon, les Catalina allant régulièrement jusqu’au Golfe de Gênes et au Cap Corse.

Les nombreuses patrouilles et les nombreux exercice occasionne la perte de deux appareils qui sont remplacés par des appareils neufs.

Le 1er septembre 1948, un dispositif de surveillance de Toulon est mis sur pied et la 2R va y participer avec ses Catalina. L’escadrille 2R assure la couverture de convois qui amène en métropole des troupes venues d’Afrique du Nord, le nombre de ces convois augmentant à partir du 5 septembre 1948.

Escadrille 3R

Au 1er septembre 1939, l’escadrille 2S1 est basée à Lanvéoc-Poulmic avec trois CAMS-55 et quatre Gourdou-Lesseure, sa mission est d’assurer la couverture des approches du port de Brest en patrouillant en mer d’Iroise voir jusque dans le Golfe de Gascogne.

En janvier 1940, son équipement est modernisé avec la mise en service de huit Loire 130 qui remplace avantageusement les sept hydravions plus anciens.

La réorganisation décidée le 15 septembre 1940 l’intègre à la 3ème flottille d’hydravions (3ème FH) et reste basée à Lanvéoc-Poulmic. Un mois plus tard, suite à la simplification des désignations, l’escadrille 2S1 devient l’escadrille 3R.

Cette escadrille 3R est équipée de Loire 130 jusqu’en juillet 1941 quand elle est transformée sur Bréguet Br790, huit appareils étant pris en compte à l’hydrobase  des Mureaux et ramenés par leurs équipages à Lanvéoc-Poulmic où elle reprend sa mission de surveillance des approches de Brest et de plus en plus de la lutte anti-sous-marine.

A noter que les Loire 130 de cette unité sont reconditionnés à Saint-Nazaire par leur constructeur et remis à l’escadrille 5R basée à Dakar, les Loire 130 remplaçant les Gourdou-Lesseure GL.812.

Les Bréguet Br790 sont toujours en service en août 1948, l’unité ayant perdu deux appareils par accident, appareils remplacés, l’escadrille 3R disposant de huit appareils le 31 août 1948, nombre porté à partir du 5 septembre à douze appareils par apport d’appareils neufs et de réservistes.

L’escadrille 3R va mener des patrouilles permanentes dans le Golfe de Gascogne pour couvrir les convois Dakar-Casablanca-Brest.

Escadrille 4R

autogire Lioré et Olivier C301

autogire Lioré et Olivier C301 (Aviafrance)

Au 1er septembre 1939, l’escadrille 3S2 dispose à Cuers-Pierrefeu de douze autogires, trois Avro C30 et neuf Lioré et Olivier C301 _le C30 construit sous licence_. C’est la seule unité à être équipée de ces drôles d’engins utilisés pour la surveillance.

Cette unité est toujours active en février 1940 et est affectée le 15 septembre 1940 à la 2ème flottille d’hydravions, restant déployée à Cuers-Pierrefeu y compris quand elle est renumérotée 4R.

En septembre 1941, les douze Avro C30 et Lioré et Olivier C301 sont remplacés par douze Lioré et Olivier C40, un autogire plus puissant et plus efficace. Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et mène des patrouilles régulières au large de Toulon.

Escadrille 5R

Dans le cadre du plan de mobilisation de septembre 1939, il était prévu d’activer à Dakar, l’escadrille 8S3 mais le manque de matériel fait qu’en décembre 1939, c’était une escadrille de papier.

Elle aurait pu connaître le sort des escadrilles désactivées lors du retaillage en février 1940 mais au final elle reçoit huit Gourdou-Lesseure GL.812 de seconde main pour surveiller les approches de Dakar.

Le 15 septembre 1940, elle intègre le Commandement Atlantique de l’Aviation Navale (CAAN), hors rang et mise à la disposition de Marine Dakar. Cette escadrille 8S3 est rebaptisée 5R en octobre 1940.

En septembre 1941, les huit Gourdou-Lesseure GL.812 à bout de souffle, usés par les ans et le climat tropical sont remplacés par huit Loire 130 ayant appartenu auparavant à l’escadrille 3R de Lanvéoc-Poulmic.

Longtemps placée hors rang, elle intègre à l’automne 1947 la 1ère flottille mixte d’aviation navale qui regroupe les avions et les hydravions basés à Dakar.

Les huit Loire 130 sont encore en service en septembre 1948, l’escadrille 5R participant à la couverture de convois et à des patrouilles anti-sous-marines. Deux hydravions perdus par accident (un à l’amerrissage _capotage_ et un autre en mer suite à une panne de moteur) étant remplacés par  deux nouveaux appareils.

17-Aviation navale (6)

Janvier à décembre 1946

Dewoitine D-551

Dewoitine D-551

Création en juin 1946 de la 9ème flottille d’aviation navale sur la base aéronavale de Lann-Bihoué près de Lorient.

C’est le groupe aérien appelé à servir à bord du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine qui une fois mis en service doit rejoindre les Forces Navales en Extrême Orient (FNEO). Il dispose des escadrilles suivantes :

-Escadrille 13C : six Dewoitine D-795 (version navalisée du D-551)

-Escadrille 15C : six Dewoitine D-795 (version navalisée du D-551)

-Escadrille 17T : six avions torpilleurs Latécoère Laté 299-5, version améliorée du Laté 299

-Escadrille 11B : quatre bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-420 (bombardier en piqué biplace appelé à remplacer le LN-401)

-Section d’Entrainement et de Servitude : quatre NA-57 et deux Dewoitine D-720

Total : douze Dewoitine D-795, six Latécoère Laté 299-5 et quatre Loire-Nieuport LN-420 soit 28 appareils

Le prototype Dewoitine HD-730

Le prototype Dewoitine HD-730

-Création en septembre 1946 de l’Escadrille Ecole de la Méditerranée (EEM) basée à Cuers-Pierrefeu pour soulager l’EEA d’Hourtin. Elle dispose de quatre Loire 130, de quatre Bréguet Bizerte et des deux prototypes Dewoitine HD-730.
-Création en octobre 1946 de la 10ème flottille d’aviation navale. Rassemblée à Cherbourg-Querqueville, cette flottille doit à terme être basée à Arzew quand elle n’est bien sur par embarquée à bord du porte-avions Commandant Teste. Cette flottille dispose des escadrilles suivantes :

-Escadrilles 16C 18C et 22C : neuf chasseurs MB-159M, version navalisée du MB-159, le meilleur chasseur français en ligne en septembre 1948 à la ressemblance prononcée avec le Fw-190 allemand soit un total de vingt-sept chasseurs.

-Escadrilles 16R et 18R équipées chacune de six CAO-610, version améliorée du CAO-600 soit un total de douze appareils

-Escadrilles 18T et 20T équipées chacune de huit Latécoère Laté 299-5, version amélioré du Laté 299 soit un total de seize avions-torpilleurs

-Escadrilles 18B et 20B équipées chacune de neuf Loire-Nieuport LN-420, bombardier en piqué biplace successeur du LN-401

-Section de servitude et d’entrainement basée à terre avec huit Morane-Saulnier MS-474, version embarquée du MS-472 et quatre Dewoitine D-720M

Total : 27 Bloch MB-159M, 12 CAO-610, 16 Latécoère Laté 299-5, 18 Loire-Nieuport LN-420, 8 Morane-Saulnier MS-474, 4 Dewoitine D-720M soit un total de 84 appareils

Morane-Saulnier MS-474

Morane-Saulnier MS-474

-Évolution interne du Groupement d’hydraviation d’Afrique du Nord qui dispose au 1er janvier 1946  de douze Dewoitine HD-731, huit à Karouba pour les croiseurs de la 6ème Escadre Légère et quatre à Arzew pour le cuirassé Bretagne et le croiseur léger Latouche-Tréville (deux chacun).

Douze mois plus tard, le GH-AFN dispose de huit Dewoitine HD-731 à Karouba et de dix à Arzew suite à la mise en service du croiseur léger Gambetta et du transfert des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg. Cela entraine la création d’une escadrille des hydravions de Tunisie (EHT) et d’une escadrille des hydravions d’Algérie (EHA) soit un total de dix-huit appareils

-Création en octobre 1946 au profit du Commandement Antilles-Guyane de l’Aviation Navale (CANGAN) de l’escadrille 19T qui basée à Fort de France-Schoelcher dispose de douze hydravions Bloch MB-481 et de l’escadrille d’aviation navale des Antilles, une escadrille composite avec six Grumman G-36A, quatre CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456.

Au 31 décembre 1946, l’aviation navale dispose de 1173 appareils (499 hydravions, 12 autogires et 662 avions) soit une augmentation de 148 appareils

17-Aviation Navale (4)

Janvier à décembre 1943

Un hydravion CAMS-55 de la 4S1, escadrille stationnée à Karouba

Un hydravion CAMS-55 de la 4S1, escadrille stationnée à Karouba

-Création en janvier 1943 d’une Section de Servitude (S.S) à Calais : deux hydravions CAMS-55 et deux Bloch MB-131 de transport soit un total de quatre appareils.

Bloch MB-131, appareil multimoteur de transition pour accompagner l'expansion de l'Aviation Navale

Bloch MB-131, appareil multimoteur de transition pour accompagner l’expansion de l’Aviation Navale

-Création en juin 1943 de la 7ème flottille d’aviation navale (7ème FAN). Cette flottille est le groupe aérien du porte-avions Painlevé. Quand le porte-avions est à quai dans la rade-abri, la flottille est basée à Lanvéoc-Poulmic. Elle dispose des escadrilles suivantes :

-Escadrille 15R : neuf CAO-600

-Escadrille 7C :  huit Dewoitine D-790

-Escadrille 9C :  huit Dewoitine D-790

-Escadrille 9B :  neuf LN-401

-Escadrille 11T :  six Latécoère Laté 299

-Une Section d’Entrainement et de Servitude à terre pour entrainement et liaison : quatre NA-57 d’entrainement et deux SNCAO SO-30 de transport

Total : neuf CAO-600, seize Dewoitine D-790, neuf LN-401, six Latécoère Laté 299, quatre NA-57 et deux  soit un total de 46 appareils

Le SNCAO CAO-600, les "yeux" des porte-avions et parfois leurs griffes

Le SNCAO CAO-600, les « yeux » des porte-avions et parfois leurs griffes

-Création en octobre 1943 de l’escadrille 12C équipée de seize Dewoitine D-520, escadrille basée à Tan-Son-Nuth puis Cam-Ranh pour en assurer la protection rapprochée de la base.

La base navale de Cam-Ranh

La base navale de Cam-Ranh

camranh
Au 31 décembre 1943, l’Aviation Navale dispose de 925 appareils (441 hydravions 12 autogires et 472 avions) soit une augmentation de 46 appareils

17-Aviation navale (3)

Janvier à décembre 1942

Création en septembre 1942 au sein de la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) du CAAN de l’escadrille 9E équipée de douze CAO-700M, cette escadrille est basée à Lanvéoc-Poulmic.

Le Latécoère Laté 611, prototype du Laté 612

Le Latécoère Laté 611, prototype du Laté 612

Création en octobre 1942 d’une escadrille 20E équipée de neuf hydravions Latécoère Laté 612, ces hydravions appartenant à la 4ème Flottille d’Hydravions du CNMAN. Elle est basée sur l’Etang de Berre comme le reste de la flottille.

Création en mars 1942 de la 6ème flottille d’aviation navale (6ème FAN) basée à Hyères-Le Palyvestre. C’est le groupe aérien du porte-avions Joffre, le premier véritable «pont plat» de notre marine nationale. La 6ème FAN dispose des escadrilles suivantes :

-Escadrille 12R : neuf SNCAO CAO-600 utilisés pour l’observation et secondairement pour l’attaque et le torpillage

-Escadrille 6C : escadrille de chasse équipée de huit Dewoitine D-790

-Escadrille 8C : escadrille de chasse équipée de huit Dewoitine D-790

Essais d'appontage du Loire-Nieuport LN-401 à bord du Béarn

Essais d’appontage du Loire-Nieuport LN-401 à bord du Béarn

-Escadrille 16B : escadrille de bombardement équipée de neuf LN-401

-Escadrille 2T : escadrille de torpillage équipée de six Latécoère Laté 299

-Une Section d’Entrainement et de Servitude à terre pour entrainement et liaison : quatre NA-57 d’entrainement et deux Bloch de transport

Total : neuf CA0-600, seize Dewoitine D-790, neuf LN-401 six Latécoère Laté 299, quatre NA-57 et deux Bloch de transport soit un total de 46 appareils.

-Création d’une Section d’Entrainement et de Servitude (SES) à Arzew au printemps 1942 avec quatre CAMS-55 et quatre North American NA-57 soit un total de huit appareils

-Création au profit du CLAN en septembre 1942 de l’escadrille de chasse 10C équipée de douze Grumman G-36A

Consolidated Catalina de l'Aviation Navale

Consolidated Catalina de l’Aviation Navale

-Création au profit du CPAN en novembre 1942 de l’escadrille 13E à Nouméa avec huit Consolidated Catalina.

-Création au profit du CAEFAN de trois escadrilles : l’escadrille 9T officiellement créée en mars 1942 dispose à Djibouti de six Bloch MB-481; l’escadrille 13T officiellement créée en mars 1942  à Diego-Suarez équipée de six Bloch MB-481 et enfin de l’escadrille 11C qui assure la défense de Djibouti avec douze Grumman G-36A.

Au 31 décembre 1942, l’Aviation Navale dispose de 879 appareils (451 hydravions, 12 autogires et 416 avions) soit 117 appareils de plus