Japon (54) Aéronavale (8)

Les avions de l’aéronavale japonaise (7) : transport, entrainement et servitude

Avant-propos

Comme vous le savez les premiers avions étaient de fragiles engins, des constructions improbables de bois et de toile. Leur fragilité était proverbiale (combien de pionniers de l’aviation ont péri !) et leurs capacités, leurs performances tellement limitées qui mis à part le pilote, ces engins plus lourds que l’air étaient bien incapables d’emporter autre chose.

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Etats Unis (94) OdB et Programme de guerre (4)

Aviation Squadron (Pacific)

Comme nous l’avons vu à propos de l’Atlantic Fleet, tous les porte-avions opérationnels sont regroupés dans le Pacifique, menace nippone oblige. Quinze porte-avions y sont ainsi déployés, trois type Yorktown et douze type Essex.

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Etats Unis (83) Aéronavale (10)

Les avions de l’Aéronavale américaine (6) : avions d’entrainement et de servitude

Avant-propos

L’US Navy dispose de ses propres squadrons d’appareils d’entrainement et de servitude. Il n’y à aucun appareil spécifique, tous les appareils étant soit des appareils identiques à l’USAAF ou des adaptations d’appareils terrestres pour un usage maritime.

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Grande Bretagne (67) Fleet Air Arm (7)

Les avions de la Fleet Air Arm (3) entrainement et servitude

Avant-propos

Sans unités de soutien, les unités de combat seraient incapables de combattre. Il faut pouvoir former les pilotes, tester les appareils, transporter pièces détachées et munitions.

D’où la présence au sein des différents Command de squadron numérotés dans la tranche 900 chargés de l’entrainement et du soutien.

Il existe des squadron d’entrainement, de transport et de liaison, d’expérimentation équipés d’avions et d’hydravions, des appareils neufs ou d’anciens appareils de combat trop anciens pour être efficaces en première ligne.

Avions d’entrainement

Contrairement à ce qui se passe actuellement, les pilotes de la FAA étaient formés dès l’origine par l’Aéronavale britannique. Il faudra attendre le second conflit mondial pour qu’une réforme destiné à réduire le fardeau logistique ne fusionne les cursus des formations préliminaires de la RAF et de la FAA.

Le cursus est classique avec une formation à terre sur un appareil d’entrainement de base (le Miles M.9) avant que le Miles M.19 n’assure la transformation opérationnelle avec l’entrainement à l’appontage, à la chasse et à l’attaque.

Les pilotes sont ensuite affectés aux unités où ils subissent une formation de spécialité au bombardement en piqué, à la chasse, à la reconnaissance et au torpillage. Quand la guerre éclata, des unités de spécialisation seront créées pour éviter que les unités opérationnelles ne soient immobilisées pour une spécialisation.

La Fleet Air Arm (FAA) dispose de trois squadron d’entrainement, le squadron 900 équipé de 24 Miles M.9 Master, le squadron 901 équipé de 24 Miles M.19 et le squadron 909 stationné à Alor Setar équipé de 12 Miles M.9 et de 6 M.19. Ce sont donc au total 36 Miles M.9 et 30 M.19 qui sont en service en septembre 1948.

Miles Master de la RAF

Miles Master de la RAF

-Le Miles M.9 Master est issu du M.9 Kestrel présenté au meeting aérien d’Hendon en juillet 1937 mais qui n’entra jamais en production, le ministère de l’Air lui ayant préféré le De Havilland Don.

Cet appareil s’étant révélé une erreur, l’Air Ministry passa commande d’une version modifié du Kestrel baptisé M.9A Master. Le premier appareil de série effectua son premier vol le 31 mars 1939 et les premiers appareils entrèrent en service juste avant le début de la guerre de Pologne.

C’est en septembre 1940 que la Fleet Air Arm passa commande de 36 Miles M.9 qui furent livrés entre février et juin 1941.

Suite à la perte de douze appareils, de nouveaux Miles M.9 Master (désignés M.9B) sont commandés en juin 1943 et les 48 exemplaires sont livrés entre septembre 1943 et juillet 1944, douze en unités et le reste stocké comme volant de fonctionnement.

Le Miles M.19 est une version d’entrainement à la chasse. La seule différence étant la présence de quatre mitrailleuses de 7.7mm dans les ailes ainsi que de points d’attache pour des bombes légères d’entrainement ou actives. Les M.19 de la Fleet Air Arm sont livrés entre juin 1942 et janvier 1943.

Quand éclate le second conflit mondial, les unités d’entrainement de la FAA vont continuer à former de nouveaux pilotes. Des commandes de nouveaux appareils sont passés avec le Miles M.27 Master III, un nouvel appareil plus moderne commandé à 72 appareils sans compter la commande d’avions américains même si la FAA n’est pas prioritaire.

Le Miles Master à été exporté en Belgique, en Egypte, en Irlande, au Portugal, en Afrique du Sud et en Turquie.

Caractéristiques Techniques du Miles M.19

Type : avion d’entrainement avancé

Masse : à vide 1947kg maximale au décollage 2528kg

Dimensions : longueur 8.99m envergure 11.89m hauteur 2.82m

Motorisation : un moteur radial Bristol Mercury XX dévellopant 870ch

Performances : vitesse maximale 389 km/h à 1830m distance franchissable 632km plafond opérationnel 7650m

Armement : quatre mitrailleuses de 7.7mm dans les ailes avec 250 coups et quatre bombes de 15kg pour l’entrainement

Suite à la mise en service du Blackburn Buccaneer se pose la question de la formation des pilotes de bimoteurs. Douze Avro Anson retirés du service par le Coastal Command sont récupérés au printemps 1946 pour équiper le squadron 919.

Caractéristiques Techniques des Avro Anson Mk I

Type : avion de reconnaissance triplace puis avion d’entrainement aux multimoteurs

Masse : à vide 2438kg maximale au décollage 3629kg

Dimensions : longueur 12.88m envergure 17.22m hauteur 3.99m

Motorisation : deux moteurs radiaux Armstrong Siddeley Cheetah IX de 350ch

Performances : vitese maximale à 2134m : 303 km/h distance franchissable 1721km plafond pratique 5791m

Armement (reconnaissance) une mitrailleuse de 7.7mm tirant vers l’avant dans le nez et une mitrailleuse de même calibre en tourelle dorsale 163kg de bombe (entrainement) aucun

Avions de transport et de liaison

Chaque Command disposait d’au moins un squadron de transport et de liaison. Il(s) étai(en)t chargés des transferts de personnels et du transport de matériel par exemple d’une base aérienne à un aéroport à proximité d’un base ou d’un port de commerce pour pouvoir transférer les pièces sur le porte-avions.

L’absence d’un appareil comparable au D-720M au sein de la Fleet Air Arm vit l’utilisation de subterfuges comme un hydravion amérissant à proximité du porte-avions ou de parachutages.

Les squadrons de servitude équipés d’avions disposaient d’avions de transport civils ou d’avions de transport militaires, les premiers servant pour les liaisons et le transport de personnel, les seconds pour les transports militaires.

Outre des avions de conception et de fabrication britanniques, on trouvait quelques appareils étrangers, des DC-3 américains et des SO-30P français.

En septembre 1948, le panorama des unités de servitude est le suivant en ce qui concerne les avions :

-Squadron 903 (HOME COMMAND) : unité de servitude équipée d’avions de liaison et de transport en l’occurence huit Vickers Valetta et quatre Lockeed Hudson, les premiers assurant les missions de transport, les seconds les liaisons et les EVASAN

-Squadron 902 (MEDITERRANEAN COMMAND) : unité de servitude équipée d’avions de liaison et de transport stationnée à Malte avec quatre Lockheed Hudson de liaison, quatre Douglas DC-3 et quatre SNCAO SO-30P de transport

-Squadron 906 (MEDITERRANEAN COMMAND) : unité de servitude équipée d’avions de liaison et de transport stationnée à Alexandrie équipée de quatre Lockheed Hudson de liaison, deux Vickers VC.1 Viking et six Vickers Valetta

-Squadron 911 (FAR EAST COMMAND) : unité de transport et de liaison stationnée à Singapour avec quatre Lockheed Hudson et huit Vickers Valetta

-Squadron 913 (INDIA COMMAND) : unité équipée d’avions de transport et de liaison avec deux Lockheed Hudson et quatre Vickers Valetta

-Squadron 915 (WEST INDIES COMMAND) équipée d’avions de liaison et de transport soit deux Lockheed Hudson et deux Douglas DC-3

-Squadron 917 (SOUTH ATLANTIC COMMAND) équipé d’avions de liaison et de servitude avec deux Lockheed Hudson et quatre SNCAO SO-30P

Vickers VC.1 Viking et Vickers Valetta

Vickers Valetta

Vickers Valetta

Durant la décennie 1940 l’aviation commerciale continue son développement nécessitant des appareils adaptés. Chaque pays disposant d’une industrie aéronautique va produire des avions de ligne.

La Grande-Bretagne n’échappe pas à la règle et notamment la firme Vickers qui s’inspire de son bombardier Wellington pour proposer un petit bimoteur, le Vickers VC.1 Viking.

Inspiration ne veut pas dire copie, le Vickers VC.1 Viking reprend des éléments du Wellington notamment les ailes et une partie du fuselage mais c’est fondamentalement un nouvel appareil.

Effectuant son premier vol le 17 septembre 1943, l’appareil est commandé par plusieurs compagnies aériennes britanniques et étrangères à 120 exemplaires, intéressant bientôt la Fleet Air Arm pour des missions de transport de passagers, de liaison et de transport de fret.

Seulement deux exemplaires du Vickers VC.1 ont finalement été acquis par la Fleet Air Arm pour équiper le squadron 906 déployé depuis Alexandrie, l’Aéronavale britannique préférant sa version militaire, le Vickers Valetta.
Ce dernier va équiper le squadron 903 (HOME COMMAND) avec huit appareils, le squadron 906 (MEDITERRANEAN COMMAND) avec six appareils pour compléter les deux VC.1 Viking, le squadron 911 (FAR EAST COMMAND) avec huit appareils, le squadron 913 (INDIA COMMAND) avec quatre appareils soit un total de vingt-six Vickers Valetta.

Le prototype du Valetta décolla pour la première fois le 14 janvier 1944 mais s’écrase un mois plus tard, nécessitant de modifier le deuxième prototype qui décolle pour la première fois le 14 mai 1944 suivit d’un troisième appareil le 8 juillet suivant.

La production en série commence en janvier 1945 avec la priorité donnée à la Royal Air Force (RAF). Ce n’est donc qu’à partir de mars 1946 que l’Aéronavale britannique reçoit ses appareils, tous livrés en janvier 1947.

Les Valetta de la RAF sont les Mk I, ceux de la FAA sont les Mk II, le Mk III désignant les appareils destinés à l’exportation.

En mars 1948, une nouvelle commande de douze appareils est passée mais seulement quatre appareils ont été livrés quand éclate le second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques du Vickers VC.1 Viking

Type : avion de transport commercial bimoteur

Masse : à vide 10430kg maximale au décollage 15420kg

Dimensions : longueur 19.86m envergure 27.20m hauteur 5.97m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Hercules 634 de 1690ch chacun

Performances : vitesse maximale 423 km/h vitesse de croisière 338 km/h distance franchissable 2740km plafond opérationnel 7600m

Armement : aucun

Equipage : deux pilotes et jusqu’à 36 passagers

Caracteristiques Techniques du Vickers Valetta Mk II

Type : avion de transport militaire

Masse : à vide 11355kg maximale au décollage 16591kg

Dimensions : longueur 19,18m envergure 27,21m hauteur 5,97m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Hercules 230 de 1975ch entrainant des hélices quadripales

Performances : vitesse maximale 415 km/h vitesse de croisière 277 km/h distance franchissable 2350km plafond opérationnel 6550m
Armement : aucun

Equipage : quatre membres d’équipage + 34 soldats ou 20 parachutistes

Douglas DC-3

Douglas C-47 Skytrain

Douglas C-47 Skytrain

L’industrie aéronautique britannique ayant fort à faire pour équiper la RAF, la Fleet Air Arm commanda également des avions de transport à l’étranger, des appareils américains et français.

Six Douglas DC-3 sont acquis en septembre 1946 pour équiper le Squadron 902 à Malte (quatre appareils) et le squadron 915 avec deux appareils stationnés aux Bermudes.

Caractéristiques Techniques du Douglas DC-3

Type : bimoteur de transport militaire

Poids : à vide 7650kg maximal 11430kg

Dimensions : Envergure 29.00m Longueur 19.70m Hauteur 5.16m

Motorisation : deux moteurs radiaux Wright R-1820 Cyclone 9 cylindres de 1100ch chacun entrainant des hélices tripales.

Performances : vitesse maximale 370 km/h à 2590m vitesse de croisière 333 km/h Plafond opérationnel 7100m Autonomie : inconnue

Equipage : 2 hommes plus 21 à 32 passagers ou 16 parachutistes équipés

SNCAO SO-30P

SNCASO SO-30P Bretagne

SNCAO SO-30P Bretagne

Cet élégant bimoteur considéré comme le DC-3 français apparait courant 1941. Produit par la Société Nationale des Constructions Aéronautiques de l’Ouest (SNCAO), cet appareil utilisé par la marine française est commandé en mars 1946 dans une nouvelle version, la version P, une commande modeste avec huit appareils destiné au Squadron 902 (MEDITERRANEAN COMMAND) et au Squadron 917 (SOUTH ATLANTIC COMMAND).

Caractéristiques Techniques du SNCASO SO-30

Type : bimoteur de transport et de liaison

Poids en charge 12700kg

Dimensions : Envergure 24.60m Longueur 18.18m Hauteur 4.10m

Motorisation : deux moteurs Gnôme-Rhône 14N-49 de 1180ch

Performances : vitesse maximale 480 km/h plafond 7000m Autonomie 2100km

Equipage : Deux pilotes et 23 passagers

Lockheed Hudson

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Pour les missions de liaison et de transport de VIP, la Fleet Air Arm sélectionne un appareil américain, le Lockheed Hudson, une version militarisée du Lockheed 14 Super Electra. Cet appareil qui équipait déjà le Coastal Command de la RAF pour la patrouille maritime et la lutte anti-sous-marine.

Vingt-deux appareils sont commandés en mars 1943, appareils livrés entre septembre 1943 et janvier 1944, appareils répartis entre les squadron 902 903 906 911 (quatre appareils) 913 915 et 917 (deux appareils). Douze appareils supplémentaires sont commandés en septembre 1946 et livrés entre janvier et mars 1947.

Caractéristiques Techniques du Lockheed Hudson

Type : avion de transport et de liaison

Masse : à vide 5400kg en charge 7930kg maximale au décollage 8390kg

Dimensions : longueur 13.51m envergure 19.96m hauteur 3.62m

Motorisation : deux moteurs radiaux Wright Cyclone de 1100ch

Performances : vitesse maximale 397 km/h plafond opérationnel 7470m distance franchissable 3150km

Armement : aucun

Equipage : deux pilotes, quatorze passagers ou six blessés couchés en version EVASAN

Grande Bretagne (61) Fleet Air Arm (1)

FLEET AIR ARM

Avant-Propos

Comme l’homme rêvait de voir au delà de la colline, le marin à toujours voulu voir au delà de l’horizon. Il y avait bien les vigies dans leur nid de pie mais cela avait une portée limitée à l’œil humain même aidé d’instruments optiques.

Il fallut attendre le 19ème siècle pour que l’apparition des plus légers que l’air (ballons, aérostats) puisse permettre d’envisager de voir bien plus loin.

Sur le papier c’était parfait mais en pratique c’était une autre histoire, les conditions météorologiques rendaient l’utilisation des plus légers que l’air fort aléatoire.

L’apparition de l’avion permet d’envisager l’utilisation des plus lourds que l’air pour éclairer la flotte. Là encore se posait la question de leur mise en œuvre, délicate ce qui permis à l’hydravion de prendre une longueur d’avance.

Pour l’avion, on étudia des plate-formes montées à l’avant de navires voir de tourelles de cuirassés. Outre le fait que cela gênait les manœuvres d’artillerie, cela ne résolvait pas la question de la récupération.

L’hydravion ayant l’avantage de pouvoir décoller depuis l’eau prit donc une longueur d’avance sur l’avion, longueur accentuée par la mise au point de la catapulte (à poudre et à air comprimé) qui permettait l’envoi par un croiseur ou un cuirassé d’un hydravion de reconnaissance et d’observation permettant de réperer les escadres ennemies et déclenchées sur elles le feu de Wotan.

La récupération elle ne sera jamais résolue par une solution efficace. Les tapis d’amerrissage se révéleront être une fausse bonne idée et le quasi-arrêt du bâtiment pour permettre le grutage une solution efficace en temps de paix dangereuse en temps de guerre.

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy dispose de sa propre aviation le Royal Naval Air Service (RNAS) qui dispose d’avions et d’hydravions. Créée le 1er juillet 1914, il n’est d’abord que la branche maritime du Royal Flying Corps (RFC) et il faut attendre le 1er août 1915 pour qu’il passe sous l’autorité de la Marine de Sa Majesté.

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy utilise avions et hydravions pour des patrouilles en mer du Nord, traquant les sous-marins, nouvelle arme mortelle pour la marine de guerre et la marine marchande.

Le 1er avril 1918, le RNAS et le RFC fusionnent pour donner naissance à la Royal Air Force (RAF), la première force aérienne indépendante au monde. Cette fusion fait perdre à la Royal Navy son aéronavale et stoppe son dévellopement.

La création officielle de la Fleet Air Arm of the Royal Air Force le 1er avril 1924 ne résout rien. L’équipement dépend de l’Air Ministry (ministère de l’Air) et les maigres budgets disponibles sont orientés en priorités vers les unités de chasse, de bombardement et de reconnaissance, l’aviation navale étant le parent pauvre.

La Royal Navy cherche à récupérer son aéronavale mais il faut attendre le 30 juillet 1937 pour qu’un accord soit signé entre la RAF. Un compromis est trouvé : la RAF va conserver l’aviation basée à terre regroupée au sein d’un Coastal Command alors que la RN va pouvoir récupérer son aéronavale.

C’est chose faite le 24 mai 1939, la Fleet Air Arm of th Royal Air Force devient l’Air Branch of the Royal Navy même si dans la pratique le terme FAA reste utilisé à tel point qu’en juin 1947, le terme Fleet Air Arm (FAA) redevient officiel pour désigner l’aéronavale britannique.

Sur le plan de l’équipement c’est le jour et la nuit, les avions et les hydravions dépassés encore en service en septembre 1939 sont remplacés par des appareils modernes, britanniques et américains, l’industrie aéronautique britannique ayant déjà fort à faire pour équiper la RAF notamment en bombardiers stratégiques.

En matière d’organisation, il y à aussi de profonds changements.

L’Etat-Major central est installé à RNAS Yeovilton et à autorité sur des commandements régionaux qui sont chargés de la préparation opérationnelle et du commandement au combat :

-Home Command : unités embarquées de la FAA chargées d’appuyer les navires de la Home Fleet. Il à également autorité sur les unités d’entrainement, de test et de soutien

-Mediterranean Command : unités embarquées de la FAA appuyant les navires de la Mediterranean Fleet

-Indian Command : ce commandement regroupe les unités embarquées déployées dans l’Océan Indien. Ce commandement n’est créée qu’au printemps 1948 par anticipation au déploiement de plusieurs porte-avions dans la région en plus du Glory

-Far East Command : commandement de l’aviation embarquée de la British Eastern Fleet qui dispose de deux porte-avions stationnés à Singapour

-West Indies Command : commandement créé à l’été 1948 en vu du déploiement d’un
ou plusieurs porte-avions dans cette région stratégique

-South Atlantic Command : commandement créée au printemps 1948 pour rendre plus
facile l’emploi du porte-avions léger Colossus

Ces commandements ont également autorité sur les groupements d’hydraviation équipés essentiellement de Supermarine Walrus, l’hydravion d’observation standard de la Royal Navy mais une fois embarqués, ils sont détachés et placés sous le commandement du commandant du cuirassé ou du croiseur via un officier aviation.

En théorie chaque porte-avions dispose d’un Groupe Aérien ou Carrier Air Group. Sur le papier ce duo était indissociable mais dans la pratique, les groupes aériens embarquaient sur les porte-avions disponibles.

Sur le plan des dénominations, les Carrier Air Group déployés dans la Home Fleet portent des numéros impairs, les autres (Méditerranée, Atlantique, Moyen-Orient et Extrême-Orient) des numéros pairs.

Les squadrons sont totalement rebaptisés en 1942 avec un véritable big-bang. Les squadrons d’hydravions portent les numéros 700, les squadrons embarqués les numéros 800, les numéros pairs pour la chasse et la reconnaissance, les numéros impairs pour le bombardement et le torpillage. Les squadrons 900 concernent les squadrons d’entrainement et de servitude.

En ce qui concerne l’équipement, c’est le jour et la nuit entre septembre 1939 et septembre 1948.

Il s’agit à la fois d’un processus naturel _remplacer le matériel obsolète par du matériel techniquement à jour_ mais également d’une véritable prise de conscience même si il y eut toujours des frictions entre aviateurs de la RAF et aviateurs de la FAA, les premiers estimant que les seconds avaient les yeux plus gros que le ventre.

Dans le domaine de la chasse, les avions en service en septembre 1939 sont obsolètes par leur ancienneté mais également par une conception déficiente (le chasseur biplace).

Le chasseur biplace Blackburn Roc

Le chasseur biplace Blackburn Roc

Les Blackburn Roc et Gloster Sea Gladiator sont remplacés par des Grumman Martlet (plus connu sous le nom de Wildcat) en attendant la disponibilité des Supermarine Seafire qui effectueront une carrière bien plus longue que les Hawker Sea Hurricane. Quelques chasseurs biplaces Fairey Fulmar seront également construits mais ils n’auront qu’une carrière brève et épisodique.

Supermarine Seafire à bord du HMS Formidable

Supermarine Seafire à bord du HMS Formidable

En septembre 1939, la FAA dispose de Blackburn Skua, des bombardiers en piqué dont fût développé le chasseur Blackburn Roc. Ces appareils aux médiocres performances ne donnèrent pas une fameuse publicité à cette méthode d’attaque au point que les dive bomber furent en sursis.

Pourtant en septembre 1948, des Douglas Dauntless sont en service en attendant la production envisagée sous licence du Loire-Nieuport LN-420.

L’explication de ce petit miracle est à recherché sur l’intense coopération franco-britannique dans le domaine aéronaval qui à convaincu la FAA de faire une place au bombardier en piqué dans sa stratégie.

Fairey Swordfish en vol

Fairey Swordfish en vol

Pour ce qui est du torpillage, plusieurs appareils sont en service avec tout d’abord des biplans Fairey Swordfish et Albacore ainsi que le monoplan Fairey Barracuda. En septembre 1948, le Barracuda est l’appareil dominant mais quelques Albacore sont toujours en service alors que les Swordfish ont rejoint les unités d’entrainement et de servitude.

En mettant en service le SNCAO CAO-600, l’Aéronavale fait sensation puisqu’elle est la première force aéronavale à mettre en oeuvre un bimoteur depuis un porte-avions. D’abord sceptique la FAA prend conscience du potentiel d’un bimoteur de reconnaissance, de coopération et de torpillage.

Une fois n’est pas coutume le programme est mené avec célérité et les premiers Blackburn Buccaneer sont mis en service en 1946.

Quand le second conflit mondial éclate, plusieurs projets sont en cours de mise au point :

Hawker Sea Fury au catapultage

Hawker Sea Fury au catapultage

-Un chasseur/chasseur-bombardier, le Hawker Sea Fury, version embarquée du
Fury II

-Un avion d’attaque polyvalent (bombardement en piqué/torpillage) Blackburn Firebrand

De Havilland Sea Hornet en vol

De Havilland Sea Hornet en vol

-Un chasseur bimoteur monoplace, le De Havilland Sea Hornet, version navalisée du
Hornet.

Avec ces trois projets la FAA pouvait voir l’avenir avec sérénité ce qui ne l’empêcha pas de couvrir ses arrières en commandant de nouveaux exemplaires d’appareils en service ou d’appareils ayant fait leurs preuves comme le Loire-Nieuport LN-420.