Mitteleuropa Balkans (166) Grèce (10)

La Grèce dans les guerres balkaniques

En bref….

Au début du 20ème siècle la poudrière des Balkans n’à jamais aussi bien porté son nom avec de nombreuses tensions entre états chrétiens et l’empire ottoman mais aussi entre états chrétiens qui se querellent entre eux.

Avant le conflit on assiste à une préparation diplomatico-militaire entre les nations européennes mais cette alliance est biaisée par des intérêts clairement divergents entre les participants de la Ligue Balkanique.

C’est ainsi que si les bulgares, les serbes et les monténégrins mettent en place en commun leurs plans de guerre, ils n’invitent pas les grecs. Normalement les serbes et les monténégrins doivent attaquer dans le Sandjak, les bulgares et les serbes en Macédoine et en Thrace.

Face à ce déploiement de force important l’empire ottoman sera handicapé par l’incapacité de sa marine à couvrir le passage en Europe de troupes stationnées en Asie Mineure et dans la partie arabe de l’empire.

Trois états-majors sont ainsi mis sur pied pour gérer les fronts multiples à venir : le QG de Thrace installé à Constantinople pour faire face aux bulgares, le QG de l’Ouest à Salonique pour faire face aux grecs et enfin celui du Vardar à Skopje pour faire face à l’armée serbe.

La première guerre balkanique à lieu du 8 octobre 1912 au 30 mai 1913. Elle oppose les signataires de la Ligue Balkanique (Bulgarie, Serbie, Grèce et Monténégro) à l’Empire ottoman et se termine par une victoire éclatante des pays européens contre une Sublime Porte qui mérite plus que jamais son statut d’homme malade de l’Europe. Il faut dire que 350000 ottomans affrontent 600000 bulgares, 220000 serbes, 115000 grecs et 35000 monténégrins.

La deuxième guerre balkanique qui à lieu du 29 juin au 10 août 1913 oppose la Bulgarie à ses anciens alliés (mais aussi à l’empire ottoman) suite à des désaccords sur le partage des dépouilles ottomanes. Environ 500000 bulgares affrontent 348000 serbes, 330000 roumains, 255000 turcs, 148000 grecs et 12800 monténégrins.

Les bulgares prennent l’initiative des opérations mais les serbes et les grecs repoussent cette attaque.

Les serbes et les grecs attaquent à l’ouest et au sud, la Roumanie attaque au nord et l’empire ottoman en Thrace pour reconquérir Andrinople. Ce conflit allait se terminer par un armistice suivit du traité de Bucarest qui allait voir la Bulgarie s’en sortir à très bon compte.

La Grèce et les guerres balkaniques

Dans cette partie je ne vais pas détailler le recit de ces deux conflits qui annoncent le premier conflit mondial mais je vais essayer de me focaliser sur les événements qui concernent la Grèce et pas les autres pays.

Durant le premier conflit, la Grèce combat essentiellement sur deux fronts : le front de Thessalie et de Macédoine à l’est, le front de l’Epire à l’ouest. Si les troupes terrestres grecques font mieux que se défendre c’est surtout la marine héllène qui va jouer un rôle capital en prenant et en conservant le contrôle de la mer Egée empêchant les ottomans de se transférer entre l’Asie mineure et l’Europe des troupes.

Qui dit conflit dit armée. Les armées des Etats balkaniques sont équipées et organisées à l’européenne, à l’occidentale avec des armes fournies essentiellement par la firme allemande Krupp et par la firme française Schneider. L’artillerie des différentes armées est plutôt moderne mais l’infanterie puisée essentiellement dans la paysannerie en dehors de sa solidité et sa rusticité semble inférieure à des infanteries de pays plus développés.

De son côté l’armée ottomane avait été reformée et réentrainée fin 19ème par les allemands ce qui porta ses fruits durant la guerre greco-ottomane de 1897. Elle connait alors une période de déclin et les réformes menées par les «Jeunes Turcs» à partir de 1908 n’ont pas encore porté leurs fruits.

De plus l’armée régulière ou nizam est certes bien équipée bien entrainée mais hélas peu nombreuse à la différence de la réserve ou redif mal équipée mal entrainée et même peu sure car recrutée dans des ethnies et des nationalités qui n’ont rien à gagner à mourir pour la Sublime Porte.

L’armée grecque aligne 25000 hommes en temps de paix et peut compter sur 110000 hommes après mobilisation.

Elle comprend initialement quatre divisions d’infanterie (avec un régiment d’artillerie à trois groupes de trois batteries de quatre canons soit 36 canons de 75mm Schneider-Danglis modèle 1906/09), six bataillons d’infanterie légère les fameux evzones, trois régiments de cavalerie, deux régiments d’artillerie de montagne et un bataillon d’artillerie lourde.

L’Armée de Thessalie sous le commandement du diadoque (prince héritier) Constantin concentrée autour de Larissa comprend les 1ère, 2ème, 3ème 4ème division, 5ème, 6ème et 7ème divisions, une brigade de cavalerie, quatre bataillons d’evzones, deux compagnies du génie, deux compagnies télégraphiques, un bataillon d’artillerie de garnison, trois compagnies de brancardiers, huit hôpitaux de campagne, deux bataillons de la garde nationale et les services de QG.

Cela représente 100000 hommes, 23000 chevaux et animaux de bât, 3500 véhicules et 70 mitrailleuses.

L’Armée d’Epire placée sous le commandement du général Konstaninos Sapountzakis déployée à l’est d’Arta est nettement plus faible avec quatre bataillons d’evzones, un régiment d’infanterie à trois bataillons, un bataillon de garde nationale, une compagnie de cavalerie, un bataillon d’artillerie de campagne, un bataillon d’artillerie de bât et les services de QG soit 10500 hommes, 4200 chevaux et animaux de bat et 400 véhicules.

On note également la présence d’une Armée de l’intérieur avec 17000 hommes, 2900 chevaux et animaux de bat et 1800 véhicules qui sert de réserve.

La Grèce possède une poignée d’avions utilisée pour la reconnaissance et l’observation et surtout d’une puissante marine avec un cuirassé (Averoff), seize destroyers et 19 torpilleurs qui va couper en deux le dispositif ottoman et empêcher Constantinople de faire passer des troupes d’Asie en Europe.

Le 29 septembre 1912 Athènes décrète la mobilisation générale. Les classes 1910 et 1911 récemment libérées sont rappelées, les réservistes des classes 1893 à 1909 sont mobilisées. La Crète qui n’appartient pas officiellement à la Grèce mobilise des troupes tout comme des volontaires étrangers notamment une brigade commandée par Riccioti Garibaldi le fils de. On trouve également 77 unités crétoises, 44 unités épirotes et 9 unités macédoniennes.

La Grèce rentre en guerre le 17 octobre 1912. L’Armée de Thessalie à pour objectif la conquête de Thessalonique ville également visée par les bulgares et dans une moindre mesure les serbes. Les militaires préféraient s’emparer de Bitola pour s’emparer de toute la Macédoine. De son côté l’Armée d’Epire à pour objectif majeure la ville d’Ioannina.

L’Armée de Thessalie pénètre dans la région éponyme divisée en deux colonnes. Des irréguliers débarquent en Chalcidique dans le Golfe de Ierissos.

Le 18 octobre, la colonne ouest franchit le col de Meluna, s’emparant des villes d’Elassona et de Deskati. La colonne est marche elle sur Petra. Les ottomans qui s’attendaient à une attaque sur Elassona ont laissé les cols sans défense.

La première véritable bataille à lieu les 21 et 22 octobre. C’est la Bataille du col de Sarantaporo, cinq divisions grecque affrontant deux divisions ottomanes. Les grecs semblent mettre en place un siège le 21 mais en réalité attaquent le lendemain, attaque victorieuse avec 187 morts et 1027 blessés côté grec, 700 tués et 700 prisonniers côté ottoman.

Cela ouvre aux grecs la route de la Macédoine. Les ottomans battent en retraite mais les grecs épuisés ne peuvent se lancer à leur poursuite et ainsi transformer la retraite en déroute. De plus le manque d’éclaireurs rendait les grecs plus prudents, l’armée héllène manquant de renseignements sur l’état réel des forces ottomanes.

L’effort de guerre grec est alors parasité par les querelles entre les militaires et les politiques. Le diadoque Constantin voulu marcher sur Bitola mais son père le roi Georges 1er lui fait comprendre que le plus important c’était de s’emparer de Thessalonique. Constantin s’incline et transfera sa rancoeur sur Venizelos selon le cliché classique du «bon roi entouré de mauvais conseillers».

La ville de Servia tombe le 22 octobre, celle de Kozani le 23 et le 26 l’armée grecque force les cols du Vernion sur la route entre Kozani et Béroia. Le 28 c’est la ville de Katerini qui tombe, deux divisions atteignant la ville de Béroia, une autre le village de Perdikas.

Le 29 octobre 1912 la ville de Naoussa est prise sans combat, la population s’étant révoltée et avait chassé la garnison ottomane.

Le 30 octobre 1912 les villes d’Edessa et de Gidas (aujourd’hui Alexandreia) sont prises. Après les combats autour de Servia, la 5ème division est envoyée vers le nord et la ville de Florina pour préparer une éventuelle avancée vers Bitola.

Le 27 octobre, la ville de Ptolemaida est prise suivit trois jours plus tard de la ville d’Amyntaio. Suite à une contre-attaque ottomane, la division doit se replier en désordre vers le sud-est.

Les 1er et 2 novembre 1912 à lieu la Bataille de Grannitsa. Les grecs mobilisent 80000 hommes face aux 25000 soldats ottomans. Les grecs ont 1200 tués contre 1960 pour les ottomans. Cette sanglante bataille permet aux grecs d’avancer vers l’est direction Thessalonique. Les ottomans avaient détruit le pont routier sur le Vardar mais étonnamment pas le pont ferroviaire.

Le 4 novembre la ville de Nigrita est prise. Le 6 novembre 1912 la ville de Siatista est prise sans combats par le 4ème bataillon d’evzones. Une contre-attaque ottomane est repoussée.

Le 8 novembre 1912 les grecs rentrent à Thessalonique après la rédition négociée de la garnison ottomane. Après de laborieuses négociations, les grecs acceptent que des troupes bulgares s’installent à Thessalonique pour se reposer. Cette course greco-bulgare pour Thessalonique à permis aux ottomans de se replier en bon ordre et préserver l’avenir.

Constantin décide de s’emparer de Bitola. Le 12 novembre, la 6ème division s’empare d’Edessa, la ville de Kelle est prise par le 1er régiment de cavalerie et un bataillon d’evzone le 20 novembre. Le 23 novembre c’est la ville de Kastoria qui tombe alors que le 20 décembre 1912 c’est la ville de Korista qui est prise.

Sur le front d’Epire il est initialement question de rester sur la défensif mais dès le 18 octobre on décide de passer à l’attaque. La ville de Filippiada est prise le 24. Les (maigres) moyens sont divisés en deux colonnes, une avançant vers le nord et Ioannina l’autre devant longer le Golfe Ambracique et descendre vers le sud-ouest et Preveza. Cette dernière colonne connait une forte résistance.

Le 2 novembre 1912 la ville et le fort de Nicopolis sont prises par la 2ème colonne (une compagnie d’infanterie et un peloton de cavalerie). Preveza est prise le lendemain mais la capture de Ioaninna fût plus longue.

Il faut dire que la noix est très dure à casser avec deux divisions d’infanterie et 90 canons de gros calibre. Le 5 novembre le port de Chemarra situé au nord-ouest de Ioaninna est prise pour tenter de perturber le ravitaillement de la garnison ottomane. Le 13 novembre c’est la ville de Metsovo qui est prise suivie le 7 décembre par les villes d’Aghioi et de Saranta mais cette dernière doit être évacuée dès le 10 décembre.

Les grecs assiègent Ioannina mais sont bloqués tout comme les bulgares à Andrinople et les monténégrins à Scutari.

La Grèce ne signe pas l’armistice de Chataldzha et les combats se poursuivent durant tout l’hiver 1912/13. Le siège est compliquée car le blocus n’est pas totalement étanche, les soldats ottomans étant toujours ravitaillés.

En janvier 1913 trois divisions d’infanterie supplémentaires arrivent portant les effectifs à 28000 hommes avec 80 canons et 6 avions. La situation logistique grecque est précaire (mauvais temps, ravitaillement difficile). Les ottomans sont dans une situation délicate avec des habitants hostiles. Le siège est marqué par des duels d’artillerie et par la prise et la perte de fortins.

Le 23 janvier 1913 le diadoque Constantin remplace le général Sapountzakis. Le futur roi concentre ses moyens, ménage ses forces et peut lancer une offensive le 5 mars, offensive décisive car la ville se rend le lendemain.

Leskavik est prise le 7 mars (elle sera rétrocédée à l’Albanie) et Klisoura dès le 3 mars. Konitsa est prise le 5 mars, Neochori et Philiates le 9 mars, Argyrokastro et Delvino le 15 mars, Tepelen le 17 mars. L’avancée est stoppée le 2 avril, l’Italie et l’Autriche-Hongrie refusant que la Grèce ne contrôle l’accès à l’Adriatique.

La marine grecque appuie les attaques terrestres grecques, serbes et bulgares. Le 16 novembre 1912 l’île d’Ikaria est conquise. L’île de Tenedos est prise le 20 octobre 1912 et Lemnos avec son précieux port de Moudros le 28 octobre. Le 31, les grecs débarquent à Thasos, Agios Efostratios et Imbros et le 1er novembre c’est l’île de Samothrace qui est prise. Le port de Smyrne est bloqué. Le 22 c’est Psara qui est prise.

Le 14 novembre 1912 le mont Athos est conquis par les grecs. Le 21 décembre 1912 c’est l’île de Lesbos qui est prise. Le 3 janvier 1913 l’île de Chios est occupée. Le 14 mars 1913 l’île de Samos est prise et annexée à la Grèce.

Il y à deux batailles navales majeures, la Bataille d’Eli le 16 décembre 1912 et la Bataille de Lemnos le 18 janvier 1913.

A cette époque commencent les négociations entre alliés pour se partager les territoires européens de l’empire ottoman. Les premières tensions apparaissent. Les négociations ont lieu également avec l’empire ottoman et les Grandes Puissances.

En avril et mai 1913, la Grèce et la Serbie négocient un traité d’alliance. La Serbie obtenait Monastir, la Bulgarie Andrinople et la Grèce Thessalonique.

Le 18 mars 1913 Georges 1er est assassiné par un anarchiste à Thessalonique. Son fils Constantin immensément populaire devient Constantin 1er et non Constantin XII comme l’aurait souhaité certains grecs pour faire le lien avec Constantin XI Paléologue, le dernier empereur byzantin.

A l’époque on craint une guerre entre la Grèce et l’Italie car le Dodécanèse récemment conquis par les italiens réclamait son incorporation à la Grèce (ce qui sera chose faite en 1950 après l’opération CATAPULT).

La France soutient la Grèce car l’Italie est membre de la Triplice. La Russie refuse de voir la Bulgarie s’approcher trop de Constantinople.

Le Traité de Londres est signé le 30 mai 1913. Tous les territoires ottomans à l’est de la ligne Aimos/Medée passent aux vainqueurs qui doivent se partager les dépouilles.

L’empire ottoman renonçait également à la Crète et aux îles de la Mer Egée. La création de l’Albanie frustrait les objectifs serbes (fénètre sur l’Adriatique) et grecs (conquête de l’Epire du Nord, région à peuplement héllenophone).

La Deuxième guerre balkanique ne va pas tarder à éclater. La pomme de discorde majeure est la ville de Thessalonique. La Serbie et la Grèce ont signé un accord militaire le 12 mai 1913 prévoyant pour la partage des territoires une attitude commune face à la Bulgarie. On note des incidents militaires dès l’hiver 1912/1913.

Très vite des troupes serbes et grecques sont redéployées. Les grecs et les serbes ont moins souffert que les bulgares et doivent surtout défendre des territoires conquis à la différence des bulgares.

121000 soldats grecs sous le commandement direct de Constantin 1er doivent affronter les 36000 hommes de la 2ème Armée bulgare.

Les bulgares attaquent dans la nuit du 29 au 30 juin 1913. Le 30, les grecs chassent les troupes bulgares encore présentes à Thessalonique, des unités pauvrement équipées qui n’avaient aucune chance de tenir face à une attaque grecque décidée.

Du 30 juin au 4 juillet à lieu la Bataille de Kilkis-Lachanas. C’est une victoire grecque décisive avec de lourdes pertes côté bulgare. Le moral est très atteint du côté des troupes de Ferdinand 1er. Les bulgares abandonnent Serves et Drama. La victoire est célébrée par une médaille représentant d’un côté Constantin 1er et de l’autre l’empereur byzantin Basile II dit le Bulgaroctone (le «tueur de bulgares» NdA mon empereur byzantin préféré).

Le 6 juillet 1913 à lieu la Bataille de Dojran, une nouvelle victoire grecque qui entraine une retraite générale des forces bulgares le lendemain. Le 10 juillet la ville de Stromnitsa est prise et le même jour le fleuve Strymon est franchit, la ville de Sidivokastro est prise. Serves est prise le 11 juillet 1913.

La ville de Kato Neurokopi est prise le 19 juillet suivie de Xanthi le 25 juillet. Entre-temps le 23 juillet les grecs pénètrent en territoire bulgare par les gorges de Kresna. Épuisées les troupes grecques s’arrêterent le lendemain. Komotoene est prise le 27 juillet 1913.

Le 29 juillet 1913 les grecs attaquent dans les gorges de Kresna mais cela manque de tourner à la catastrophe. Ce qui sauve les grecs (qui manquent de subir le même sort que les romains à Cannes face à Hannibal) c’est l’attaque roumaine qui menaçait Sofia.

Les Balkans après le traité de Bucarest (1913)

Le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913 voit la Bulgarie conserver une fenêtre sur la mer Egée avec le petit port de Dedeagac, le port majeur de Kavala allant à la grèce. La souveraineté grecque sur la Crète est enfin reconnue. Un traité greco-ottoman est signé à Athènes le 14 novembre 1913.

Durant ces conflits la Grèce à perdu 5169 morts (première guerre balkanique) et 2563 morts (deuxième guerre balkanique), 23502 et 19307 blessés.

La superficie augmente de 70% (64786 à 108606km²) et la population passe de 2.6 à 4.3 millions d’habitants.

La Grèce récupère la Macédoine avec les villes de Thessalonique, Beroia, Edessa et Kavala mais ne peut récupérer l’Epire du Nord confiée au nouvel état albanais. Des échanges de population ont lieu.

Des problèmes politiques ne tardent pas à éclater, les «Vieux grecs» ne considérant pas les nouveaux grecs comme des frères véritables ce qui limite la portée de la Grande Idée. Pas étonnant que Thessalonique ait servit de base de reconquête à Elefthérios Venizelos après qu’il eut été chassé du pouvoir en 1915.

Mitteleuropa Balkans (99) Roumanie (29)

Artillerie antichar

TUNUL ANTITANC 3.7cm Mod. 1936

Sous cette désignation roumaine figure un canon antichar de conception suédoise, le canon antichar Bofors de 37mm, un canon apparu au milieu des années trente et qui allait connaître un grand succès à l’export étant utilisé par de nombreux pays européens dont la Roumanie encore que l’acquisition à été indirecte.

En effet ce n’est qu’à partir de 1939 que la Roumanie à mis en service ce canon et ce via deux sources : des canons ayant accompagné les troupes polonaises internées en Roumanie et surtout des canons capturés par les allemands en Pologne et revendus à la Roumanie. Sur les 675 canons acquis par la Roumanie près de 550 ont été acquis auprès des allemands.

Ces canons offraient certes une relative protection antichar, pouvait offrir un appui-feu aux fantassins mais dès le milieu des années quarante il était clairement dépassé. Les roumains en avaient parfaitement conscience mais c’était ça ou aucun canon antichar.

Ce canon à été utilisé par les roumains jusqu’à la fin de la guerre encore qu’à partir de 1952 ces pièces occupaient davantage des blockhaus sur le front plutôt que d’armer les unités antichars des troupes de mêlée. Quelques canons ont survécu au conflit mais n’ont probablement fait grande carrière une fois la paix revenue.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 37mm (37x257R) Poids en configuration transport 900kg en batterie 380kg Poids du projectile 2.015kg Longueur du tube : 1.740m (45 calibres) Champ de tir horizontal 50° Champ de tir vertical -10° à +25° Cadence de tir 12 coups par minute Portée maximale 7400m Performances : 33mm de blindage à 500m incidence 30° Equipe de pièce : 5 hommes protégés par un bouclier de 5mm d’épaisseur

Canon antichar de 45mm M1942

Le canon de 45mm modèle 1942 est le dernier modèle de canon antichar de ce calibre mis au point et mis en service au sein de la RKKA.

C’est une version améliorée du M1937 avec un tube plus long (66 calibres soit vingt de plus que le précédent), des obus plus puissants, un bouclier plus épais (7mm contre 4.5mm) ainsi que des modifications pour accélérer la production.

Ce canon adopté en 1942 commence réellement à entrer en service dans l’armée rouge fin 1943 début 1944 en raison de doutes sur l’utilité d’un canon de ce calibre alors que les soviétiques ont récupéré des informations sur l’épaisseur du blindage des futurs chars allemands. Ces informations en partie erronées explique la lenteur de la mise en service de ce canon toujours en service en juin 1950.

Bien évidemment à cette époque un canon de 45mm était inadapté à la destruction d’un Panther ou d’un Tigre mais pouvait être toujours efficace contre des chars plus légers voir des véhicules de reconnaissance. Comme des obus explosifs, canister et fumigènes ont été développées, ce canon comme ses prédécesseurs de même calibre pouvaient être utilisées pour l’appui de l’infanterie.

La production atteignit son pic à l’automne 1946 avant de progressivement décroitre jusqu’à s’arrêter au printemps 1948 après la sortie de 8520 pièces dont une grande partie était encore en service.

Ce canon à été rapidement retiré du service après guerre même si des unités de seconde ligne ont pu le conserver jusqu’à la fin des années cinquante voir le début des années soixante. Livré en masse aux armées des «démocraties populaires» ainsi qu’à la Chine communiste, il se retrouva à faire le coup de feu durant les deux guerres du Vietnam (1960-1967 pour la France 1970-1977 pour les Etats-Unis).

L’armée roumaine à récupéré près de 800 exemplaires du canon antichar de 45mm M1942 lors des premières phases de l’opération BARBAROSSA mais seulement une partie à été remise en service dans l’armée roumaine en dépit des limites de ses obus contre les chars les plus lourds.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 45mm (obus encartouché 45x386mm) Poids en ordre de combat 625kg poids des projectiles : perforant 1.43kg fragmentation 2.14kg Longueur du tube : 3.09m (66 calibres) Champ de tir vertical -8° à +25° Champ de tir horizontal 60° cadence de tir 15 à 20 coups par minute Portée maximale 4550m Performances : 71mm de blindage percé à 100m 28mm à 2000m Equipe de pièce : six hommes

TUNUL ANTITANC 4.7cm Mod. 1935 et TUNUL ANTITANC 4.7cm, Mod. 1939

Canon de 47mm Bohler

Sous ces noms se trouve respectivement le canon autrichien Böhler et sa version produite sous licence par Breda. Il à d’abord été conçu pour l’armée autrichienne. Si la lutte antichar est son rôle premier, le Böhler est aussi utilisable comme canon d’infanterie avec des obus explosifs, fumigènes et éclairants.

Produit sous licence par l’Italie dans de telles quantités que ce canon était souvent considéré comme une arme italienne, le modèle 1935 fût également embarqué sur des chars (M-13/40 M-14/41), une auto blindée (AB-41) et sur un canon automoteur antichar produit en petite quantité, le Semovente da 47/32.

Au modèle 1935 succèda ultérieurement un modèle 1935/39, ce dernier modèle disposant d’un canon amélioré, d’une suspension permettant d’augmenter la vitesse de traction.

A noter que le canon embarqué sur les chars disposait d’un canon au tube plus long (40 calibres soit 1.68m) tirant des projectiles disposant d’une puissance propulsive supérieur ce qui augmente la vitesse initiale et donc la portée et la force de pénétration.

Outre l’Italie et l’Autriche, ce canon à été utilisé par la Chine, les Pays-Bas, la Finlande, la Roumanie, l’Estonie, la Lettonie, l’URSS (d’anciens canons lettons),la Suisse et la Hongrie.

L’Allemagne réutilisa des canons anciennement autrichiens, néerlandais, sovietiques, cédant certains canons à l’Italie. En avril 1953 certains canons italiens furent récupérés par les allemands qui les utilisèrent sur des positions fixes.

La Roumanie à reçu 545 de la firme Bohler et 275 exemplaires de la part de la firme italienne Breda. Ces canons étaient utilisés par l’infanterie au sein des divisions via des compagnies indépendantes censées couvrir les unités de combat même si le nombre était trop limité pour cela.

Le canon à été très vite déclassé par l’augmentation de l’épaisseur des chars ce qui fait que très vite ce canon à été davantage utilisé comme canon d’infanterie et contre des cibles comme des chars légers et des autos blindées. Ces canons ont été retirés du service à la fin du conflit.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 47mm (47x195mmR) Poids en configuration route 315kg Poids en batterie 277kg Poids du projectile : 1.44kg pour l’obus perforant 2.370kg pour l’obus explosif Longueur du tube : 1.525m (32 calibres) Champ de tir horizontal 62° Champ de tir vertical -15° à 56° Cadence de tir 18 coups par minute Portée maximale 7000m Performances : 43mm de blindage à 500m (incidence 30°)

TUNUL ANTITANC 4.7cm Mod. 1936

Ce canon antichar est un canon de conception française, commandé puis produit sous licence par la Roumanie. Œuvre de la firme Schneider il trouva à l’export un débouché que lui refusa la France qui lui préféra un canon de même calibre conçu par les Etablissements de Puteaux.

La Roumanie passe commande de 160 exemplaires et va en produire 200 sous licence portant son parc à 360 exemplaires. Ces pièces étaient remorquées par des chenillettes Malaxa UE qui n’était autre que la Renault UE produite sous licence.

Comme tous les canons antichars de ce calibre il était en voie de déclassement quand débute le second conflit mondial mais peut encore rendre de précieux services. A la fin du conflit les quelques pièces restantes ont finit à la ferraille car d’aucune utilité.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 47mm (47x343R) Poids en batterie 628kg Poids du projectile 1.48kg (2.3kg pour l’obus perforant) Longueur du tube 2.497m (44 calibres) Champ de tir horizontal 45° Champ de tir vertical -13° à +15° Cadence de tir 18 coups par minute Portée maximale 6700m Performances : 70mm de blindage à 400m incidence trente Equipe de pièce : 6 hommes protégés par un bouclier de 7mm

TUNUL ANTITANC 5cm Mod. 1950

canon antichar de 50mm allemand conservé au Canada

Sous cette désignation se cache un canon antichar allemand, le 5cm PanzerabwehrKanone 38 (5cm Pak 38).

Comme souvent à l’époque le canon antichar de 37mm Pak 36 était condamné à une rapide obsolescence en raison de l’augmentation croissante des blindages (sans parler de la qualité et des aciers et du travail sur l’inclinaison).

Aussi dès 1937 les allemands lancent un programme pour un nouveau canon antichar. Le 47mm est le calibre le plus courant mais Berlin choisit le 50mm pour une raison que j’ignore (peut être pour réaléser les 47mm de prise comme ils le faisait avec les 75 et les 76.2mm capturés durant le premier conflit mondial ce qui explique le choix du 77mm).

Le développement est rapide et le canon conçu par la firme Rheinmettall-Borsig est près dès 1938 d’où son appellation officielle de 5cm PanzerabwehrKanone 38 (5cm Pak 38). Les retards de fabrication font que les premières pièces arrivent en automne 1940, permettant une relève progressive des Pak 35/36.

Le Pak 38 était une arme d’excellente facture, bien conçue et fabriquée en partie avec des alliages légers ce qui la rendait très maniable.

Avec la saisie d’armes antichars polonaises et tchèques, les allemands mirent au point des obus au noyau tungstène (AP-40) ce qui augmenta la capacité de perforation du canon.

Heureusement pour les alliés, les stocks de tungstène limités des allemands firent que la fabrication de ces obus spéciaux diminua au cours du conflit pour quasiment cesser quelques mois avant la fin du second conflit mondial.

En dépit de la mise au point du Pak 43 de 75mm, le Pak 38 resta en service durant tout le conflit, étant une arme tout à fait efficace, n’ayant rien à envier aux canons de 47mm français ou de 57mm britanniques.

Les roumains ont reçu ce canon au printemps 1950 pour renforcer leurs capacités antichars en vue de l’opération BARBAROSSA en dépit du fait qu’à cette époque le canon était en voie de déclassement et se montrera trop limité face aux T-34 soviétiques sauf coup heureux qui immobilisait le char. Le nombre de pièce reçu est incertain mais aurait tourné aux alentours de 145 ce qui était peu mais Bucarest ne pouvait pas vraiment faire la fine bouche.

Tout comme le canon antichar austro-italien vu plus haut ce canon à été vite relégué à l’appui-rapproché de l’infanterie ainsi qu’à la destruction des autos blindées ou des blindés légers. Si quelques canons ont survécu au conflit il n’ont pas fait carrière dans l’après guerre.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 50mm (50x419R) Poids en configuration transport 1062kg Poids en batterie 986kg Poids du projectile 3.28kg (explosif) 4.13kg (perforant) Longueur du tube 3m (60 calibres) Champ de tir horizontal 65° Champ de tir vertical -8° à +27° Cadence de tir 13 coups par minute Portée maximale 6550m (2650m pour l’obus explosif) Performances : 57mm de blindage à 500m incidence 30° (101mm à 740mm pour l’obus au tungstène) Equipe de pièce : sept hommes (bouclier de 4mm)

TUNUL ANTITANC DT-UDR 26 7.5cm Mod. 1953

En dépit d’informations concordantes, l’Axe ne prend pas au sérieux les qualités du T-34 le nouveau char de la RKKA. Persuadés que les canons antichars de 47 et de 50mm seront suffisants ils négligent leur équipement en matière de canon antichar lourd (75 à 100mm) à moins qu’ils n’aient été obligés de faire un choix en matière d’équipement.

Les roumains engagés plus au sud vont moins rencontrer le T-34 que les allemands mais à chaque fois cette rencontre va se solder par quelques déconvenues. Des décisions doivent être rapidement prises.

Outre l’achat de canons antichars de 75mm auprès des allemands, Bucarest décide de mettre au point son propre canon antichar lourd. C’est l’acte de naissance du Tunul Antitanc DT-UDR 26 7.5cm mod.1953.

Comme nous sommes en temps de guerre et que la Roumanie ne possède pas des capacités industrielles extraordinaires on décide de récupérer différents éléments de canons existants pour mettre au point cette arme.

On reprend l’affût et le système d’absorbtion de recul du Zis-3 soviétique et le tube du canon antiaérien Vickers modèle 1931. Après quelques menues modifications, les deux prototypes sont prêts début 1951.

Signe de l’urgence ils vont être envoyés pour participer à l’opération FRIEDRICH pour un test grandeur nature de pure forme car la production en série est aussitôt lancée. Heureusement les tests se révèlent très positifs ce qui aurait été sinon synonyme de menus embarras.

La firme Resita va produire de février 1953 à septembre 1953 un total de 540 pièces de ce type qui vont être utilisées aussi bien pour la lutte antichar que pour le tir sol-sol. Ce canon va aussi équiper un projet de canon d’assaut qui ne sera produit qu’à une poignée d’exemplaires.

Ce canon va combattre sur le front russe mais aussi en Hongrie et en Tchécoslovaquie, l’armée roumaine alliée de l’URSS utilisant un mélange d’armes roumaines, d’armes allemandes et d’armes soviétiques avec une certaine efficacité.

A la fin du conflit ce canon antichar reste en service car il peut encore rendre certains service mais dès 1958 il est remplacé par un canon antichar soviétique de 100mm plus performant.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 75mm Poids en configuration transport 1470kg en batterie 1430kg projectile 6.6kg Longueur du tube 2.501m (48 calibres) Champ de tir horizontal 70° Champ de tir vertical -7° à +35° Cadence de tir 15 à 20 coups par minute Portée maximale 11400m Performances : 100mm de blindage à 500m incidence 30° Equipe de pièce 7 hommes (protégés par un bouclier de 6mm d’épaisseur)

Tunul Antitanc 7.5cm Mod. 1952

Sous cette désignation roumaine se trouve un canon antichar de conception et de fabrication allemande, le 7.5cm PanzerabwehrKanone 43 (7.5cm Pak 43) ou en français canon antichar de 75mm modèle 1943.

Le dévellopement de cette arme commence alors que le Pak 38 commence tout juste à arriver dans les unités. Cette fois c’est clair ce canon antichar est destiné à l’artillerie antichar (PakArtillerie) et non à l’infanterie en raison de son poids et de son encombrement.

Ce canon antichar doit couvrir les canons antichars de 37 et de 50mm et surtout doit être utilisé depuis des positions fixes pour couper une offensive blindée ennemie.

Curieusement si cette arme était conçue pour faire face aux chars anglais et français les chars soviétiques n’étaient pas inclus dans le processus de réflexion en dépit du fait que de nombreuses informations arrivaient à Berlin sur l’épaisseur des blindages soviétiques.

Les études ayant aboutit au Pak 43 commencent dès l’été 1941. C’est la firme Rheinmettall-Borsig AG qui reçoit le contrat. Après avoir envisagé un canon entièrement nouveau, la firme préfère partir du Pak 38 en réutilisant notamment l’affût qui rédessiné et renforcé. Le canon de 75mm est muni d’un double frein de bouche pour améliorer la stabilité du canon.

Ce canon est officiellement adopté en mars 1943 sous le nom de 7.5cm PanzerabwehrKanone 43, ce canon servant également de canon antichar pour armer le PanzerKampfwagen V (Pz V) plus connu sous le nom de Panther.

Ce canon est encore en service en septembre 1948. C’est le canon antichar principal de l’armée allemande en compagnie du Pak 45 de 88mm, une adaptation du canon antiaérien de 88mm au combat antichar.

Il est utilisé essentiellement en position fixe. Des projets d’automoteurs antichars n’ont pas vu le jour avant le conflit notamment en raison du fait que contrairement à beaucoup d’armées, la Deutsche Heer confie à ses Panzer la lutte contre les chars ennemis.

La Roumanie obtient à l’automne 1950 de commander 124 pièces de ce type. Ces derniers sont livrées entre mars 1951 et janvier 1952, un rythme assez lent qui exaspère les roumains mais Bucarest ne peut pas trop se plaindre.

Ces canons vont armer des batteries indépendantes détachées en fonction des besoins auprès des différentes unités de mélée de l’Armata Regala Romana. Ce canon bien employé pouvait créer des coupes sombres dans les rangs des unités motomécaniques soviétiques.

Parfois utilisé comme pièce d’artillerie de campagne, le Pak 43 va être employé aux côtés du canon antichar roumain de 75mm avec lesquels il partageait des performances similaires (la vitesse initiale du canon roumain était un poil plus faible).

A la fin du conflit quelques canons employés également contre les allemands après le retournement de septembre 1953 sont gardés en service. On ignore cependant la date de leur retrait du service.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 75mm Longueur du tube : 2.461m (32 calibres) Poids en ordre de route 1500kg En batterie 1425kg Poids du projectile perforant 6.800kg Poids de l’obus perforant AP 40 4.100kg Poids de l’obus explosif 5.740kg Pointage en direction : 45° Pointage en hauteur : -5° à +22° Cadence de tir 15 coups par minute Portée maximale de l’obus explosif 7680m Perforation : 98mm de blindage à 2000m.

Mitteleuropa Balkans (98) Roumanie (28)

Artillerie lourde

NdA Comme pour les autres volumes j’ai décidé de classer comme pièce d’artillerie lourde tout canon ou tout obusier d’un calibre supérieur à 105mm et ce quelque soit son usage (artillerie divisionnaire ou artillerie de corps d’armée).

OBUZIERUL 15cm Mod. 1934

Sous l’empire austro-hongrois, la firme tchèque Skoda était déjà réputée pour la qualité de ses productions dans le domaine de l’artillerie. Cette réputation se poursuivit sous la Tchécoslovaquie indépendante qui exportait des canons et des obusiers légers et lourds avec le même succès qu’auparavant.

Après avoir exploité l’expérience accumulée au cours du premier conflit mondial, Skoda commença à dévelloper des armes vraiment nouvelles dont le K1, un obusier de 149.1mm. Cet obusier fût modifié et amélioré pour aboutir au K4 qui fût adopté par l’armée tchécoslovaque sous le nom de 15cm hruba houfnize vzor 37.

Alors que la production commença à peine, les Sudètes furent annexées par les allemands privant Prague de ses fortifcations, la mettant à la merci d’une invasion allemande qui eut lieu au printemps suivant.

Connaissant la qualité des armes tchèques, les allemands firent tourner les usines d’armement à leur profit. Après avoir récupéré les K4 tchèques, ils continuèrent la production de ce modèle pour leur profit. Ces obusiers étaient naturellement toujours en service en septembre 1948.

La Roumanie à acheté 184 pièces entre 1936 et 1939. Si elle ne put produire l’obusier sous licence elle pu fabriquer de nouveaux tubes et quelques pièces ce qui permettait à la pièce de durer à défaut de remplacer les canons hors d’usage par des pièces neuves.

Avec le canon de 105L Schneider modèle 1936 cet obusier forma le cœur de l’artillerie de corps d’armée roumaine, assurant l’appui-feu des grandes unités mais aussi des tirs de contrebatterie pour faire taire l’artillerie ennemie.

Sur les 184 pièces acquises il en restait 48 en service en avril 1954, pièces qui furent utilisées pour l’entrainement avant d’être stockées pour équiper des unités en cas de mobilisation générale. Les dernières pièces de ce type n’ont été envoyées à la ferraillé qu’en 2005 ! Deux obusiers ont été préservés en Roumanie et une pièce à été rachetée par la France pour être exposée au musée de l’Artillerie de Draguignan.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 149.1mm Poids en ordre de route 5900kg en batterie 5260kg Poids de l’obus : 42kg Longueur du tube : 4.036m (27 calibres) Champ de tir horizontal : 45° Champ de tir vertical : -5° à +70° Portée maximale : 15100m Cadence de tir : 3 coups par minute Equipe de pièce : 11 hommes protégés par un bouclier de 4.7mm d’épaisseur

Obusier de 120mm modèle 1915TR

L’obusier de 120mm modèle 1915 à Tir Rapide (TR) était un obusier de conception et de fabrication française, un modèle mis au point par la firme Schneider.

Le modèle 1915TR est issu du modèle 1909, un obusier très mobile et très stable au tir ce qui était un plus évident pour augmenter la cadence de tir.

Exporté en Russie le modèle 1909 donna naissance à l’obusier de 122mm M1910. Le modèle 1909 fût également exporté en Serbie et en Bulgarie, une partie de la commande bulgare bloquée en France par le déclenchement de la première guerre mondiale fût finalement utilisée par l’artillerie française entrée en guerre avec de sérieuses lacunes en matière d’artillerie lourde.

Après guerre la Belgique et la Roumanie vont utiliser des pièces de seconde main pour renouveler leur parc d’artillerie à moindres frais. Quelques pièces ont encore en service en septembre 1948 mais leur carrière sera très limitée. Ce qui est sur c’est qu’aucune pièce n’à survécu au conflit.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 120mm (120x142R) Poids 2228kg en configuration transport 1416kg en position de tir 21kg (obus type séparé) Longueur du tube 1.74m (13 calibres) Champ de tir horizontal 5° Champ de tir vertical -3° à +43° Cadence de tir 10 coups par minute Portée maximale 8300m

Obusier de 149mm modèle 1914 (Obice da 149/12 modello 14)

15cm Schwere Feldhaubitze M.14

Cet obusier de 150mm (149.1mm pour être précis) est une arme de conception et de fabrication austro-hongroise plus précisément tchécoslovaque puisque conçue et produit par la firme Skoda.

L’arme est ainsi initialement connue sous la désignation de 15cm Schwere Feldhaubitze M.14 (obusier de campagne lourd de 15cm modèle 1914) va donc participer à la première guerre mondiale sous les couleurs de la Double-Monarchie.

Outre l’armée austro-hongroise, cet obusier à été utilisé par la république d’Autriche, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie et donc l’Italie qui récupéra un nombre appréciable d’obusiers au titre des dommages de guerre.

Ce canon est d’une facture classique avec deux sièges sur le bouclier pour deux servants, la possibilité d’être démonté en deux fardeaux pour faciliter le transport.

Après le modèle 1914, une variante améliorée baptisée modèle 1914/16 est mise au point, une variante guère différente de la variante d’origine.

Une fois le premier conflit mondial terminé certaines pièces furent transformées pour la traction automobile avec notamment l’installation de pneumatiques.

La Roumanie à récupéré des obusiers de ce type à la fin du premier conflit mondial au titre des dommages de guerre. Elles les à modernisées pour les conserver le plus longtemps possible même si clairement en septembre 1948 l’arme était déclassée. Ne pouvant pas s’en passer les roumains vont la réutiliser jusqu’à la fin du conflit sur le front. Fort peu de pièces ont survécu à la guerre.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 149.1mm Poids en batterie : 2765kg Poids du projectile 41kg Longueur du tube : 2.09m (14 calibres) Champ de tir horizontal 6° Champ de tir vertical -5° à +70° Cadence de tir : 1 ou 2 coups par minute Portée maximale 8760m

Canon-obusier de 152mm M1937 (ML-20)

Le canon-obusier de 152mm modèle 1937 (ML-20) est considéré comme le meilleur canon soviétique du conflit. Il à été mis au point par le même bureau d’étude qui à procédé à la modernisation de l’obusier M1910 qui devint à cette occasion, le M1910/34.

Sa production lancée en 1937 s’est poursuivie jusqu’en 1957 avec parfois des interruptions. Sa qualité n’échappa ni aux allemands, ni aux finlandais, ni aux hongrois ni aux roumains qui s’empressèrent de les retourner contre leurs anciens propriétaires. Aux pièces tractées s’ajoutent l’armement de canons d’assauts et autres chasseurs de chars.

La dénomination de canon-obusier correspond à l’emprunt aux deux types d’arme de leurs meilleurs caractéristiques. C’est ainsi que le ML-20 disposait du long tube d’un canon mais d’un angle de pointage et d’instruments de visée qui en aurait fait un excellent obusier.

Le tube était selon les versions monobloc ou en deux parties, un frein de bouche permettait d’attenuer le recul qui était absorbé par un frein hydraulique et un récupérateur hydropneumatiques.

L’affût était bi-flèches avec un bouclier pour protéger les servants, des pneumatiques permettant la traction automobile. En configuration de transport, le tube était retracté sur son affût mais pour des courtes distances et à une vitesse limitée (4 à 5 km/h contre 20 km/h), on pouvait le remorquer avec le canon en position de tir. Il fallait 8 à 10 minutes pour mettre le canon-obusier en position de tir. A noter que cet affut était également utilisé pour le canon de 122mm modèle 1931/37 (A-19).

Le dévellopement de cette remarquable pièce d’artillerie commença en 1935/36 quand il devint évident que la modernisation des canons de siège hérités du tsar ne suffirait pas (mais qui pouvait sérieusement en douter ?).

Deux modèles furent proposés au directorat général de l’artillerie, le ML-15 et le ML-20. Le premier modèle fût testé en avril 1936, le second en décembre. C’est le second modèle qui fût sélectionné. Il est officiellement adopté le 22 septembre 1937.

Les raisons de ce choix ne vont pas clairs car le ML-15 était plus léger et plus mobile mais il semble que le ML-20 était plus proche du M1910/34 donc nécessitant moins de modifications des chaines de fabrication.

La production commença en 1937, prenant sa vitesse de croisière courant 1939. Elle s’interrompu brièvement entre juin et décembre 1950 en raison du déménagement des usines pour échapper à l’invasion allemande. Elle reprend début 1951 pour ne s’achever qu’en mars 1957.

Outre la sortie de 10450 ML-20 complet s’ajoutent environ 5200 ML-20S, des canons destinés à armer à la fois les canons d’assaut SU-152 et les canons automoteurs ISU-152.

Au sein de l’armée soviétique il à été remplacé par le D-20 dont les performances étaient semblables mais l’affût plus moderne avec notamment un petit moteur électrique pour faciliter les déplacements sur de très courtes distances.

Sur le plan de l’organisation, le canon-obusier M1937 était une pièce de corps d’armée et de la réserve générale.

Chaque corps d’armée disposant de deux régiments, des régiments homogènes ou mixtes selon les besoins et les disponibilités du moment. On trouvait aussi des régiments de réserve générale et des divisions de rupture qui concentraient une redoutable puissance de feu.

Le canon-obusier de 152mm M1937 connait son baptême du feu lors de la bataille de Khalkhin Gol contre les japonais avant d’être engagé contre la ligne Mannerheim lors de la guerre d’Hiver contre les finlandais.

Ce canon-obusier à donc été également utilisé durant le second conflit mondial par les allemands, les finlandais, les hongrois et les roumains.

Les chiffres exacts des pièces capturées sont incertaines mais selon des sources concordantes, les allemands auraient capturé 150 ML-20, les finlandais 48, les hongrois 16 et les roumains 8.

Le second conflit mondial terminé, le canon-obusier M1937 (ML-20) fût largement exporté pour équiper les armées des «démocraties populaires» mais aussi différents pays du tiers-monde.

Le canon-obusier s’est donc retrouvé en Afghanistan, en Algérie (après son indépendance), en Chine, à Cuba, en Egypte, en Irak, en Libye, en Mongolie, en Namibie, en Somalie et en Syrie.

Naturellement les républiques indépendantes ayant émergé après l’implosion de l’URSS ont continué à utiliser cette puissance pièce, le D-20 ne l’ayant pas totalement remplacé. Le ML-20 est encore en service dans certains pays.

La Roumanie n’à donc récupéré que huit pièces qui ont été utilisés en Crimée comme pièce de forteresse pour défendre l’est de la presqu’île contre un possible débarquement amphibie soviétique qui se produisit en septembre 1953 lors de l’opération PIOTR VELIKY. Il restait alors quatre pièces opérationnelles qui vont être sabotées par leurs servants une fois les obus épuisés.

Comme un pied de nez de l’histoire, l’armée roumaine allait réutiliser ce canon-obusier après la livraison de nombreux exemplaires par l’URSS, pièces utilisées jusqu’au début des années soixante-dix quand le D-20 l’à remplacé.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 152mm (réel : 152.4mm) Poids en configuration route 7930kg en ordre de combat 7270kg
Poids du projectile : 43.56kg Longueur du tube : 4.24m (27.9 calibres) Champ de tir vertical -2° à +65° Champ de tir horizontal 58° Portée maximale effective 17230m Cadence de tir 3 à 4 coups par minute

TUNUL DE CAMP 15.5cm Mod. 1917

Canon de 155C Schneider modèle 1917

Sous cette désignation se cache l’obusier de 155C modèle 1917S, un obusier de campagne créé par la firme Schneider pour concurrencer la firme Saint-Chamond et donner à l’artillerie française une pièce lourde de campagne capable de tir à contre-pente ce qui était capital dans un conflit où la guerre de mouvement avait cédé la place à la guerre de mouvement.

Cet obusier fût également utilisé par de nombreux pays étrangers qu’ils aient été équipés durant le premier conflit mondial ou après. On trouve l’Argentine, la Belgique, la Finlande, la Grèce, l’Italie, la Pologne, les Phillipines, le Portugal, la Pologne, la Russie, l’Espagne, les Etats-Unis, la Yougoslavie et donc la Roumanie.

Cette dernière à d’abord reçu douze exemplaires en 1917 puis d’autres canons par la suite sans que le chiffre exact des obusiers livrés ne soit connu. Toujours en service en septembre 1948 cet obusier va opérer sur le front russe au sein de batteries motorisées qui dépendaient théoriquement du corps d’armée mais qui étaient souvent détachées auprès des divisions. Aucune pièce de ce type n’à survécu au second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 155mm Poids en configuration transport 9900kg en batterie 8956kg projectile 44.85kg Longueur du tube 4.686m (31.9 calibres) Champ de tir horizontal 5° Champ de tir vertical -0° à +42° Portée maximale 15900m Cadence de tir 3 coups par minute Equipe de pièce : onze hommes protégés par un bouclier de 4mm d’épaisseur

Mitteleuropa Balkans (96) Roumanie (26)

Artillerie de campagne

TUNUL DE CAMP 7.5cm Mod. 1902/36

Le canon de 75mm modèle 1902/36 était un canon d’origine russe (Putilov) utilisé par la Russie durant la première guerre mondiale et la guerre civile russe. Acquis par la Roumanie après 1918, il àété modernisé à la fin des années trente par l’industrie roumaine. Outre une modernisation le processus s’accompagne d’un rechambrage, le calibre passant du 76.2 au 75mm.

Ce canon qui était hippomobile (six chevaux) était utilisé par l’artillerie divisionnaire roumaine. Peu à peu remplacé par des pièces plus modernes, il était encore en service en septembre 1948 en petit nombre essentiellement dans des unités de seconde ligne.

Il fit le coup de feu en septembre 1953 lors de l’invasion de la Roumanie par l’URSS mais face à la puissance de l’artillerie soviétique ces vétérans furent impitoyablement chatiés ce qui explique qu’aucune pièce n’à survécu au second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 75mm Poids 2380kg (configuration transport) 1092kg (position de tir) 7.45kg (projectile) Longueur du tube : 2.25m (30 calibres) Portée maximale 11000m Cadence de tir 15 coups par minute Champ de tir horizontal 3° Champ de tir vertical -6° à +17° Equipe de pièce : 6 hommes (protégés par un bouclier de 7mm).

TUNUL DE CAMP 7.5cm Mod. 1897

Certaines armes deviennent des mythes. Tel est le cas de l’arme qui nous intéresse maintenant avec le canon de 75mm modèle 1897, une pièce d’artillerie de conception et de fabrication française entourée d’une telle aura qu’il devint simplement le «75».

Mythe avant même le conflit il stérilisa quasiment tout dévellopement en matière d’artillerie car vu comme l’arme miracle capable de tout faire. On connait la suite…… . Durant le conflit cette remarquable pièce d’artillerie fût utilisée comme pièce de campagne, canon antichar et même canon antiaérien. Il fût même utilisé comme pièce de forteresse et même comme pièce de marine.

Il resta en service dans l’armée française longtemps après la fin du conflit et ne fût que tardivement remplacé par le canon de 75mm TAZ modèle 1939 plus moderne. C’est ainsi que l’artillerie divisionnaire fût entièrement rééquipée en 1944 mais des unités de mobilisation ont retrouvé le vénérable «75» en attendant la disponibilité de pièces modernes.

Ce canon à naturellement été utilisé par de nombreux alliés de la France, Paris équipant et rééquipant de nombreuses unités étrangères combattant du côté de l’Entente.

La Roumanie à reçu un grand nombre de canons de 75mm modèle 1897 dont 80 connurent une nouvelle modernisation dans les années trente avec un nouveau canon en acier doublé de chrome et de nickel. L’affût fût également modifié ce qui permettait d’augmenter la portée de 8.5 à 11.2km avec une cadence de tir pratique de 20 coups par minute.

Ce canon était encore en service en septembre 1948 et fit le coup de feu sur le front de l’est comme pièce de campagne et comme canon antichar. Aucune pièce n’à survécu au second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 75mm (75x350R) Poids 1938kg (configuration route) 1190kg (batterie) 5.55kg (obus explosif) Longueur du tube 2.720m (36 calibres) Champ de tir horizontal 6° Champ de tir vertical -11° à +18° Portée maximale 11200m Cadence de tir maximale 28 coups par minute (20 en pratique) Equipe de pièce : six hommes protégés par un bouclier de 8mm.

TUNUL DE CAMP 7.5cm Mod. 1928

Sous cette désignation figure un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque, le canon de 75mm modèle 1928, un canon destiné principalement aux troupes de montagne mais utilisable également comme pièce d’artillerie de campagne légère.

Cette pièce à été utilisée par la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, l’Allemagne, l’Etat indépendant de Croatie, la Roumanie et la Colombie.

La Roumanie à principalement uitlisé cette pièce dans ses unités de montagne mais quelques unités d’artillerie divisionnaire ont reçu ce canon souvent à titre provisoire. Quelques pièces étaient encore en service en avril 1954. Deux d’entre-elles ont été conservées à titre patrimonial.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 75mm (75x174R) Poids : 2977kg (transport configuration hippomobile) 2086kg (transport configuration automobile) 1816kg (en batterie) 8kg (projectile explosif) Longueur du tube 3.060m (40 calibres) Champ de tir horizontal 8° Champ de tir vertical -8° à +80° Portée maximale 13500m Cadence de tir 12 coups par minute Equipe de pièce : 6 hommes (protégés par un bouclier 4.2mm).

Canon de 76.2mm divisionnaire M1939 F-22 (USV)

Ce canon de 76.2mm (3 pouces pour nos amis anglo-saxons) est mis en service comme son nom l’indique en 1939 pour remplacer les canons plus anciens des modèle 1902 et 1902/30. Il équipait la division de fusiliers et plus précisémment l’unique ou les deux régiments d’artillerie.

Ce canon disposait d’un affût à double flèche pour faciliter le pointage, un bouclier et un tube de 42 calibres. Signe des temps il dispose de pneumatiques et non de roues en bois ce qui signifie qu’il est prévu dès l’origine pour la traction automobile.

La culasse est à ouverture verticale avec un mécanisme d’absorbtion du recul à fonctionnement hydraulique. Les systèmes de visée et les mécanismes de pointage sont placés de part et d’autre du tube.

Le dévellopement de ce canon commence en 1937 pour remplacer le modèle 1902/30 mais aussi le 76.2mm modèle 1936 (F-22) pourtant tout récent mais qui ne donnait visiblement pas satisfaction.

La RKKA émet une spécification en mars 1937 pour un canon capable d’atteindre une élévation de 45° avec un poids limité à 1500kg. Les munitions doivent être celles des canons précédents pour conserver une communauté logistique.

Trois bureaux d’étude (Kirovskiy, bureau de l’usine n°92 et le bureau AKB-43) se lancent dans le projet. C’est le bureau n°92 sous la direction de V.G. Grabin qui l’emporte. Bien que le canon soit désigné F-22 (USV), il s’agissait d’un canon d’une conception entièrement neuve.

La production est lancée en 1939 avec cette année là la production de 140 canons et 1010 en 1940, la production se poursuivant en 1941 (1500), 1942 (2000) et 1943 (2500). La production cesse donc après la sortie de 7150 canons.

Cet arrêt s’explique par la volonté pour la RKKA de passer au 107mm pour l’artillerie divisionnaire (un peu comme l’Allemagne abandonna rapidement le 77mm au profit du 105mm) mais ce plan n’était pas totalement achevé en juin 1950.

Voilà pourquoi nombre de divisions de fusiliers utilisaient aussi bien des canons de 76, de 107mm ou de 122mm au sein de leurs régiments d’artillerie ce qui se révéla une bonne solution.

Voilà pourquoi durant le conflit la production de canons de 76mm se poursuivit, ces canons équipés d’obus explosifs et d’obus perforants permettant de se servir de ces canons aussi bien pour l’appui-feu que pour la lutte antichar.

Selon l’organisation de 1939 chaque division de fusiliers disposait de deux régiments d’artillerie, un régiment léger avec un bataillon à trois batteries de quatre canons de 76mm et deux bataillons mixtes (une batterie de 76mm et deux batteries de 122mm) et un régiment d »obusiers avec 20 obusiers de 122 et de 152mm.

En mars 1942, les divisions de fusiliers virent leur composante artillerie totalement réorganisée avec deux régiments mixtes, un régiment disposant d’un bataillon de 76mm (trois batteries de quatre pièces) et de deux bataillons mixtes (une batterie de quatre canons de 76mm et deux batteries d’obusiers de 122mm), un deuxième régiment étant équipé de trois bataillons de trois batteries de quatre pièces, deux batteries de quatre canons de 107mm et une batterie de quatre obusiers de 152mm.

Attention néanmoins à ne pas prendre cette description au pied de la lettre, il y avait parfois des exceptions en raison d’un problème d’approvisionement de tel ou tel modèle de canon.

Le canon de 76mm modèle 1939 (F-22 USV) était aussi utilisé par l’artillerie de réserve au sein des divisions d’artillerie et des unités antichars.

Produit à 12700 exemplaires, ce canon à été aussi utilisé par les allemands, les finlandais, les hongrois et les roumains.

Si les premiers pour des raisons de communauté logistique préférait l’utiliser sur des positions fixes (bien que certains furent utilisés sur des chasseurs de chars et des canons d’assaut improvisés), les trois autres l’utilisaient au combat dès qu’il y avait suffisamment de munitions.

Ce canon à été retiré du service actif courant 1957, les soviétiques décidant d’unifier leur artillerie divisionnaire avec des canons de 107mm même si au final des obusiers de 122mm allaient équiper les divisions d’infanterie de l’armée soviétique.

La Roumanie à capturé pas moins de 750 exemplaires de ce canon qui finit par devenir pour ainsi dire le canon standard de l’artillerie divisionnaire roumaine. Ce canon à été utilisé aussi bien pour le tir sol-sol comme pour la lutte antichar notamment contre les chars soviétiques les plus lourds.

Ce canon était encore en service en avril 1954 mais n’à pas connu une très longue carrière en raison de son usure.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 76.2mm (76.2x385mm R) Poids en configuration de voyage 2500kg Poids en position de combat 1470kg Poids de l’obus 6.2kg (explosif) 5.28kg (perforant) Longueur du tube 3.2m (42 calibres) Champ de tir vertical : -6° à +45° Champ de tir horizontal 60° (30° de par et d’autre de l’axe) Portée maximale effective 13290m Cadence de tir : 15 coups par minute Equipe de pièce : 5 hommes

Canon de 76.2mm modèle 1942 (Zis-3)

Le canon de 76.2mm modèle 1939 (F-22 USV) était un bon canon mais les soviétiques n’étaient pas totalement satisfaits.

Un nouveau modèle ou plutôt une évolution du F-22 est lancée au printemps 1940 avec un nouvel affût inspiré de celui du canon antichar de 57mm Zis-2. Cet affût supportait une nouvelle évolution du F-22 avec un tube muni d’un frein de bouche pour réduire l’impact du recul.

Signe des temps la facilité de fabrication fût prise en compte pour produire toujours plus vite toujours plus d’armes. Les allemands ne prirent ce facteur en compte que trop tard pour renverser la vapeur même si cela n’aurait pas changé grand chose.

La production commence fin 1942 d’abord aux côtés du F-22 USV puis seul. 750 canons sont produits en 1942/43, 1200 en 1944, 1500 en 1945, 800 en en 1946, 1000 en 1947, 750 en 1948, 1200 en 1949 et 450 jusqu’en juin 1950 soit un total de 7650 canons.

La production se poursuit pendant le conflit pour équiper l’artillerie divisionnaire, les divisions d’artillerie, les unités antichars et ce n’est qu’une partie de l’utilisation puisque des canons Zis-3 furent utilisés à bord de canons d’assaut notamment le SU-76.

La production va littéralement exploser. Si en 1950 seulement 950 pièces ont été produites en raison du déménagement des usines, la production devient massive en 1951 avec la sortie de 18500 pièces, 25000 pièces en 1952, 17500 en 1953 et 12000 en 1954, la production ne cessant qu’en 1956 avec la sortie de 85750 canons.

Ce canon était très apprécié par les soldats soviétiques par sa fiabilité, sa robustesse et sa facilité d’utilisation même par des servants inexpérimentés. Comme les autres canons, le Zis-3 était utilisé au sein de batterie de quatre canons, un bataillon comprennant trois batteries, trois bataillons pouvant former un régiment.

Ce canon va aussi être utilisé par les allemands sur des positions fixes mais aussi sur des chasseurs de chars (Panzerjäger), les finlandais pour l’appui-feu de l’infanterie, les roumains l’utilisant comme canon antichar d’abord en pièce tractée puis en chasseur de char, montant sur le chassis du char R-2 et un Zis-3 en superstructure.

Un prototype de canon d’assaut utilisant ce même canon ne dépassant pas le stade du prototype suite au basculement roumain du côté soviétique, la RKKA livrant à son nouvel allié des canons d’assaut SU-76 déjà en voie de déclassement.

Le nombre de canons récupéré par l’armée de Bucarest est incertain. Il est supérieur à la centaine mais le chiffre exact faute d’archives reste nimbé de mystères.

Après le second conflit mondial ce canon équipa les armées des «Démocraties Populaires» (Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Albanie en attendant la Yougoslavie), la Chine et différents pays africains ayant adopté le modèle soviétique. Certains pays pauvres continuant d’utiliser ce canon en 2020.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 76.2mm (76.2x385mm R) Poids en configuration de voyage : 2150kg Poids en ordre de combat : 1116kg Longueur du tube : 3.4m (42.6 calibres) Champ de tir vertical : -5° à +37° Champ de tir horizontal 54° Portée maximale 13290m Cadence de tir : supérieure à 25 coups par minute Equipe de pièce : sept hommes

OBUZIERUL 10cm Mod. 1934

100mm Houfnice vz30

L’obuzierul 10cm Mod.1934 est un obusier de campagne tchécoslovaque connu sous le nom de 10cm houfnice vz.30. Variante modifiée de l’houfnice vz.28, il à été mis au point pour remplacer des pièces héritées de l’empire austro-hongrois.

Cette pièce va être utilisée par les allemands (158 exemplaires essentiellement par la S.S), par les slovaques (30 exemplaires) et surtout par la Roumanie qui commanda 720 pièces, 248 auprès de la Tchécoslovaquie et 472 exemplaires auprès des allemands durant la Pax Armada.

A noter que la production de pièces détachées en Roumanie ont permis à l’Armata Regala Romana de faire durer son parc jusqu’à la fin de la guerre.

Cette arme va naturellement combattre sur le front russe, assurant l’appui-feu des troupes roumaines aussi bien dans l’offensive que dans la défensive. Il y eut visiblement des tentatives d’emploi comme arme antichar mais avec la trajectoire courbe des projectiles cela était une gageure de toucher un char sauf coup heureux.

En mai 1954 il restait 250 pièces dont certaines furent conservées en ligne avant d’être remplacées par des pièces soviétiques. Les pièces encore en état vont être conservées en réserve en cas de besoin avant d’être envoyée à la ferraille durant les années soixante.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 100mm (100x241R) Poids : 3077kg (configuration transport) 1766kg (en batterie) 16kg (projectile) Longueur du tube : 2.5m (25 calibres) Champ de tir horizontal 8° Champ de tir vertical -8° à +80° Portée maximale 10600m Cadence de tir 6 à 8 coups par minute Equipe de pièce : onze hommes (protégés par un bouclier de 4.7mm)

TUNUL LUNG 10.5cm Mod. 1913

Canon de 105L modèle 1913S

Sous ce nom figure une arme que nous connaissons mieux sous la désignation de canon de 105L modèle 1913S, un canon de 105mm mis au point par la firme Schneider mais qui devait beaucoup au canon de 107mm Putilov ce qui s’explique par le fait que la firme française avait investit dans la firme russe avant le premier conflit mondial.

Ce canon à été utilisé par la France mais aussi après guerre par la Belgique, l’Italie, la Pologne, la Yougoslavie et la Roumanie qui à reçu 45 exemplaires qui étaient utilisés au niveau corps d’armée au sein de bataillons d’artillerie hippomobile. Ces canons étaient encore en service en septembre 1948 en petit nombre pour compléter les pièces plus modernes. Quatre canons étaient encore en service en avril 1954 mais envoyés à la ferraille à la fin des années cinquante.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 105mm (105x390R) Poids en configuration transport 2650kg Poids en batterie 2300kg Poids du projectile 16kg Longueur du tube : 2.987m (28.5 calibres) Champ de tir horizontal 6° Champ de tir vertical -5° à +37° Portée maximale 12700m Cadence de tir 4 coups par minute Equie de pièce : sept hommes (protégés par un bouclier de 4mm d’épaisseur).

TUNUL LUNG 10.5cm Mod. 1936

Le Tunul Lung 10.5cm Mod.1936 (canon long de 105mm modèle 1936) est le successeur du canon précédent. Il à été mis au point pour remplacer le 105L modèle 1913S.

Ce dernier avait certes été modernisé (avec notamment des pneumatiques en remplacement des roues en bois pour la traction automobile) mais sa portée était devenue insuffisante pour faire face aux nouvelles pièces d’artillerie de corps d’armée.

La Roumanie va passer commande de 180 canons de ce type qui vont équiper dans une version différente (pas de frein de bouche ni de bouclier) l’artillerie française qui elle aussi avait constaté l’usure et le déclassement de ses modèle 1936S.

En septembre 1939 la Roumanie n’à reçut que 132 exemplaires. Le reliquat ne sera livré qu’au cours de l’année 1940 soit après la fin de la guerre de la Pologne, la France priorisant l’équipement de son armée ne laissant que la portion congrue à l’exportation ce qui est hautement compréhensible.

La Roumanie à envisagé une commande supplémentaire durant la Pax Armada sans donner suite soit par manque de fonds soit parce qu’elle ne pensait pas obtenir gain de cause auprès d’une France qui avait compris la nouvelle orientation de la politique extérieure roumaine.

En septembre 1948 il restait 172 pièces en service, des pièces utilisées au sein des régiments d’artillerie de corps d’armée, des régiments motorisés qui devaient assurer l’appui-feu des troupes au sol mais aussi assurer la contrebatterie.

Engagés sur le front russe ces canons vont accompagner les troupes roumaines dans les plaines ukrainiennes, en Crimée, dans la steppe et jusqu’aux contreforts caucasiens.

Quelques pièces sont perdues durant la contre-offensive soviétique de la fin 1950 mais les soviétiques ne les ont visiblement pas réutilisés probablement en raison d’un manque de munitions ou parce qu’ils n’en voyaient pas l’utilité.

Le canon français va appuyer les troupes roumaines jusqu’à la fin de la guerre. Selon un inventaire effectué en mars 1955 il ne restait plus que trente-deux pièces en service. En dépit d’un calibre hétérodoxe, vingt-quatre d’entre-eux vont rester en service après modernisation jusqu’en 1967 date à laquelle ils ont été envoyés à la casse sauf deux préservés à titre patrimonial.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 105mm (105x390R) Poids en batterie 3920kg Poids du projectile 15.7kg Longueur du tube 3.905m (37.6 calibres) Champ de tir horizontal 49° Champ de tir vertical 0° à +43° Portée maximale 16000m Cadence de tir 4 coups par minute Equipe de pièce : 7 hommes protégés par un bouclier de 4mm d’épaisseur.

Mitteleuropa Balkans (83) Roumanie (13)

Sous-marins

Le Delfinul

Comme nous l’avons vu dans la partie historique, la marine roumaine avait commandé un sous-marin dès 1914. Le déclenchement de la première guerre mondiale entraina la réquisition du sous-marin en construction à Chalons sur Saône chez la compagnie Schneider (NdA prononcer Schneidre).

Comme si l’histoire se mettait à begayer ce sous-marin est proposé par la France à la Roumanie une fois le premier conflit mondial terminé mais Bucarest décline cette proposition qui aurait vu la marine royale roumaine mettre en service un navire non seulement usé mais aussi tout simplement dépassé voir obsolète.

En 1924 la marine roumaine décide de commander un sous-marin neuf. Les chantiers navals Schneider espèrent remporter le contrat mais c’est finalement un chantier naval italien pourtant inexpérimenté dans ce domaine qui remporte le contrat pour une unité ainsi qu’un bâtiment de soutien.

Forcément il était prévisible que sauf miracle la construction allait rencontrer de nombreux problèmes. Mis sur cale aux chantiers navals de Fiume en 1927, il est lancé en 1930, complété en 1931 mais accepté uniquement en 1936 suite à de nombreux problèmes qui imposèrent de nombreux travaux correctifs.

Toujours en service en septembre 1948 le Delfinul sert d’abord d’instrument de dissuasion pour rendre la flotte soviétique de la mer Noire plus prudente avant de mener des missions plus offensives d’attaque de la navigation ennemie en mer Noire. Des missions de renseignement et des opérations spéciales ont également été menées.

Endommagé à plusieurs reprises, le Delfinul était en réparations quand le coup d’état communiste entraine la Roumanie dans un nouveau conflit avec l’URSS comme alliée et non comme ennemi.

Les nouveaux maitres du pays ordonnent l’arrêt des réparations officiellement pour des raisons techniques mais personne n’est dupe, tout le monde voyant derrière la main de Moscou. Une équipe de sous-mariniers soviétique inspecte le navire et estime que sa remise en état n’apporterait rien à la marine soviétique. Décision est alors prise de l’envoyer à la démolition, démolition effectuée entre septembre 1957 et février 1958.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 900 tonnes

Dimensions : longueur 68m largeur 5.9m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer, deux moteurs électriques deux hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 2000 miles nautiques

Armement : un canon de 102mm, une mitrailleuse de 13.2mm puis un canon de 20mm, huit tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à l’avant et quatre à l’arrière)

Equipage : 55 hommes

Le Rechinul et le Marsuinul

Le Rechinul (S-1) et le Marsuinul (S-2)

Après la longue et difficile construction du Delfinul on comprend que la marine roumaine n’ait pas voulu confier au chantier naval de Fiume la construction de nouveaux submersibles.

Elle se tourne vers un bureau d’études néerlandais baptisé IvS (Ingenieurskantoor voor Scheepsbouw). En réalité derrière ce bureau d’études batave se cache la marine allemande qui espérait ainsi préserver son savoir-faire et l’accroitre en attendant le jour où le réarmement sera possible.

Grâce à ce bureau d’études la marine roumaine va pouvoir s’équiper de deux submersibles qui ne sont pas identiques mais partagent un certain nombre de points communs.

Plans du sous-marin Rechinul

Le premier nommé baptisé Rechinul (requin) est issu du Project 298, version améliorée du E-1, un submersible conçu pour l’Espagne mais finalement vendu à la Turquie en 1935.

La Roumanie achète les plans et en 1938 les chantiers navals de Galati entament la construction de leur premier sous-marin avec l’assistance technique des chantiers navals AG Weser de Brême. En dépit de cette aide, le navire n’est lancé qu’en mai 1941 et mis en service en septembre 1942.

Le Marsuinul

Le second baptisé Marsuinul (Marsouin) est extérieurement assez semblable au précédent mais ils se différencient par le fait que ce dernier est conçu comme sous-marin mouilleur de mines. Mis sur cale seulement en juin 1940 il est lancé en octobre 1942 et mis en service en mars 1945.

Ces deux sous-marins sont naturellement toujours en service en septembre 1948. Si le Marsuinul effectue des missions de mouillage de mines pour tenter de bloquer les flottes militaires et les flottes marchandes ennemies, en revanche le Rechinul sert d’abord d’arme de dissuasion avant de mener de véritables missions de guerre.

Ces deux sous-marins vont disparaître pendant la guerre. Le Marsouinul est victime d’une mine……roumaine au large de Constansa le 14 mai 1951 alors que le Rechinul à été coulé par un sous-marin soviétique alors qu’il tentait d’évacuer des commandos roumains engagés derrière les lignes soviétiques en octobre 1952.

Caracteristiques Techniques

Le Rechinul

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 750 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 69.8m largeur 6.80m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown Boveri deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 7000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre tubes à l’avant et deux à l’arrière)

Equipage : 45 officiers et marins

Le Marsouinul

Déplacement : surface 620 tonnes plongée 860 tonnes

Dimensions : longueur 68.7m largeur 6.45m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown-Boveri

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 8000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre avant et deux arrières) 20 mines

Equipage : 45 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

Le programme naval de 1937 prévoyait dix vedettes lance-torpilles mais en septembre 1948 en raison de problèmes tout autant financiers que techniques seulement huit vedettes lance-torpilles sont en service au sein de la 4ème flottille de torpilleurs.

S-Boote en mer

Ces vedettes ne portent pas de nom mais deux lettres B et T pour Barca Torpilei (bateau lance-torpilles) suivit d’un chiffre allant d’abord de un à huit puis jusqu’à vingt-quatre puisqu’au final la marine royale roumaine va mettre en œuvre vingt-quatre navires de ce type, ces navires étant considérés par les soviétiques comme la principale nuisance parmi toutes celles que pouvait représenter la marine de Bucarest.

Utilisées de manière agressives elles tendaient des embuscades contre les convois soviétiques ou contre les navires militaires isolées. Certaines furent utilisées de manière plus originale pour infiltrer des commandos de saboteurs derrière le front pour détruire une batterie d’artillerie, un dépôt de munitions ou un poste de commandement.

Les huit vedettes en service en septembre 1948 (BT-1 à 8) étaient semblables aux S-Boot mais de conception roumaine, des navires de 65 tonnes, mesurant 29m de long sur 4m de large, filant à 40 nœuds avec un armement composé d’un canon de 20mm, de deux mitrailleuses de 7.92mm et deux tubes lance-torpilles de 533mm.

Durant le conflit seize nouvelles vedettes sont mises en service (BT-9 à 24), des navires plus gros, plus rapides et surtout mieux armées pour s’opposer avec succès à leurs homologues soviétiques.

Elles déplaçaient 105 tonnes, mesuraient 34m de long sur 5m de large, une vitesse maximale de 42 nœuds et un armement composé d’un canon de 37mm, de deux canons de 20mm, de deux mitrailleuses et de quatre torpilles de 533mm sur berceaux.

Sur les vingt-quatre vedettes lance-torpilles utilisées par la marine royale roumaine entre septembre 1948 et avril 1954, seize d’entre-elles ont été détruites, les huit survivantes furent détruites peu après la fin du conflit, leur usure prononcée rendant leur réutilisation problématique même pour des tâches secondaires.

Les BT-1, 4, 7, 8, 12, 16,21 et 24 ont été coulées par l’aviation, les BT-3 et 5 par des mines, les BT-19 et 20 par des batteries côtières et les BT-2, 6, 10 et 15 par leurs homologues soviétiques.

Mouilleurs de mines

NMS Amiral Murgescu

Le programme naval de 1937 prévoyait la construction pour la marine royale roumaine d’un croiseur léger baptisé Amiral Murgescu. Finalement ce navire allait être un hybride, un mouilleur de mines pouvant servir également de navire de transport et d’escorteur lourd. Il était prévu initialement quatre navires mais les trois sister-ship de l’Amiral Murgescu ne furent jamais construits.

-Le NMS Amiral Murgescu est mis sur cale le 1er août 1938 aux chantiers navals de Galati lancé le 14 juin 1939 et mis en service le 14 octobre 1941.

En temps de paix il effectue des mouillages de mines d’exercices mais aussi des missions de transport et des simulations de raids amphibies même si durant le second conflit mondial il ne mènera aucune mission de ce type.

Modernisé entre septembre 1946 et mars 1947 il était donc pleinement opérationnel en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial. La Roumanie reste neutre mais neutralité ne veut pas dire faiblesse et des champs de mines défensifs sont mouillés pour protéger les ports roumains et mêmes bulgares, Bucarest craignant une action décidée des soviétiques.

Après le déclenchement de l’opération BARBAROSSA, de nouveaux mouillages de mines sont réalisés. L’Amiral Murgescu ne mène que des mouillages défensifs en raison d’une vitesse trop faible pour s’échapper rapidement d’une zone contrôlée par l’ennemi.

Il va également mener des missions de transport de troupes entre Constansa et Odessa voir entre Odessa et la Crimée après la conquête de la presqu’île par les germano-roumains.

A Bucarest on se prend à rêver d’un condominium sur la Crimée ignorant que les allemands veulent en faire un pays des Goths (Gothland), une riviera pour les privilégiés du régime.

A plusieurs reprises le mouilleur de mines est endommagé mais jamais vraiment sérieusement, certains le mettant sur le compte d’une icône de la vierge que le commandant avait disposé dans sa cabine.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste provoque le basculement de la Roumanie dans le camp soviétique. L’Amiral Murgescu était à l’époque stationné à Constansa et s’apprêtait à appareiller pour une nouvelle mission d’escorte. Saisi par les soviétiques, il est interné à Sébastopol jusqu’à la fin de la guerre.

Il est rendu à la marine roumaine le 14 mars 1955. Rebaptisé NMS Dacia, il est transformé en ravitailleur polyvalent. Désarmé le 17 septembre 1974, il est vendu à la démolition et démantelé au début des années quatre-vingt.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 812 tonnes pleine charge 1068 tonnes

Dimensions : longueur 76.9m largeur 9.1m tirant d’eau 2.5m

Propulsion : deux moteurs diesels Krupp de 2100 ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds distance franchissable 3400 miles nautiques

Armement : deux canons de 105mm en affûts simples sous masques, deux puis huit canons de 37mm, quatre puis six canons de 20mm, deux affûts doubles de 13.2mm (débarqués en 1949), deux lanceurs de chargeurs de profondeur avec 65 charges, 135 mines

Battelerie : une vedette à moteur de 9t (un canon de 20mm, une mitrailleuse, six charges de profondeur)

Equipage : 135 officiers et marins

NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor

Le Maréchal Pétain à la mer, peinture publicitaire

Les NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor sont deux paquebots de 18000 tonnes comparables à notre Marechal Pétain construits non pas en Roumanie mais en Italie pour le Service Maritime Roumain afin de servir plusieurs lignes de transport de passagers en mer Noire et en Méditerranée.

Comme une partie des archives à disparu les lignes en question sont incertaines et font l’objet de spéculation. Si la plupart des auteurs s’accordent sur la desserte des ports bulgares, turcs et soviétiques certains estiment que ces paquebots auraient pu également desservir des ports de Méditerranée voir réaliser des croisières pour les plus fortunés.

Ces deux navires sont mis en service respectivement en septembre 1947 et mars 1948 et n’ont donc pas le temps de vraiment réaliser des traversées régulières et ainsi fidéliser une clientèle.

Résultat le Serviciul Maritim Român prend la décision en septembre 1948 de désarmer ces deux fleurons en attendant de savoir de quoi demain sera fait.

Le SMR est vite fixé. La marine royale roumaine réquisitionne ces deux paquebots et ordonne leur transformation en mouilleur de mines écartant d’autres projets (croiseur auxiliaire, navire-hôpital).

Conservant leurs noms d’origine, ils sont remis en service en mars et septembre 1949. Ils vont mener quelques missions de mouillage de mines mais vont surtout servir de transport de troupes ce qui fait dire à certains qu’on à perdu beaucoup de temps pour rien.

Contrairement à l’Amiral Murgescu, les deux paquebots transformés ne vont pas survivre à la guerre.

Le NMS Vlad Tepes est ainsi victime d’un sous-marin soviétique inconnu (NdA il à probablement été coulé avant d’avoir pu revendiquer sa victoire) le 14 aoûit 1950 (deux torpilles et non trois comme le pense des survivants probablement trompés par l’explosion de munitions ou des chaudières) alors que le NMS Domnitor est coulé le 8 août 1951 au large d’Odessa par l’aviation soviétique, quatre bombes étant fatales au navire qui s’incline et chavire, ne laissant que fort peu de survivants.

Caracteristiques Techniques

Déplacement en charge 18000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 181m largeur 23m tirant d’eau 9.40m

Propulsion : trois moteurs diesels deux temps Sulzer (produits sous licence en Roumanie) dévellopant 25000ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 21 nœuds distance franchissable 7500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : un canon de 152mm, quatre canons de 105mm, huit canons de 37mm et douze canons de 20mm, 300 mines mouillables

Capacités : en configuration paquebot ils pouvaient transporter 673 passagers répartis en trois classes. En configuration transport ils pouvaient transporter 5000 soldats équipés

Equipage : 325 officiers et marins pour le navire de croisière, 20 officiers et 145 hommes comme bâtiment militaire.

Mitteleuropa Balkans (80) Roumanie (10)

MARINE ROUMAINE

Histoire

Les origines

Pavillon de la marine royale roumaine

La marine roumaine est créée le 22 juin 1860 par le Domnitor Alexandru Ion Cuza suite à l’unification des principautés de Valachie et de Moldavie. A l’époque il s’agit d’une flottille destinée à opérer sur le Danube, flottille issue de l’union des forces navales des anciennes principautés désormais unies.

Les premiers officiers sont formés à Brest et la première base est aménagée à Izmail en mer Noire. La marine roumaine se déplace à Braila en 1864 puis à Galati en 1867. Cette dernière va devenir la principale base de la future marine royale roumaine avec des infrastructures toujours plus développées.

Cette marine est naturellement modeste avec six navires et 275 marins. A part préparer l’avenir d’une future expansion elle ne peut pas faire grand chose.

Une école de formation est installée à Galati en 1872 et peu à peu des navires modernes qu’ils soient neufs ou de conversions sont livrés à la marine roumaine. Le premier vrai navire militaire roumain est la canonnière Fulgerul construite en France en 1873 mais armée en Roumanie avec un canon Krupp. Deux plus tard un torpilleur à hampe baptisé Randunica est à son tour mis en service.

Les différents navires roumains participent à la guerre russo-ottomane sous pavillon russe car officiellement la Roumanie est encore une principauté sous vassalité ottomane ! Le Randunica coule en coopération avec les torpilleurs russes Carevitch et Ksenya le monitor fluvial ottoman Seyfi alors que l’artillerie côtière coule le 7 avril 1877 le Podgorice.
Après cette guerre qui aboutit à l’indépendance de la Roumanie et à l’autonomie (quasiment l’indépendance) de la Bulgarie, la flottille du Danube bénéficiant de plusieurs plans de réarmement (1883-1885, 1886 à 1888 et 1906 à 1908).

Le croiseur protégé NMS Elisabeta après la refonte de 1905

La division de la Mer Noire voit le jour en 1890 et comprend le croiseur protégé Elisabeta, le navire-école Mircea, trois torpilleurs de classe Smeul et la canonnière Grivita.

En 1898 la flottille est réorganisée en une division du Danube basée à Galati et une division de la mer Noir basée à Constansa, le grand port maritime roumain.

Après avoir d’abord privilégié le contrôle du Danube (à l’époque le grand fleuve n’à pas le statut de voie d’eau internationale comme il l’aura ultérieurement) avec une marine fluviale (Brown Water Navy), la Roumanie se préoccupe de posséder peut être par une marine de haute mer (Blue Water Navy) mais au moins une marine littorale, une marine de défense côtière (Green Water Navy).

Comme souvent dans ces moments là les premiers plans sont ambitieux voir même irréalistes puisque le plan de 1898 prévoyait six cuirassés garde-côtes, quatre destroyers et douze torpilleurs (aucun de ces navires ne sera construit).

Le 2 juillet 1905 la marine roumaine est impliquée à son corps défendant dans la plus célèbre mutinerie de l’histoire navale, celle du cuirassé russe Potemkine accompagné du torpilleur Ismail (n°273).

Le croiseur protégé Elisabeta engage le torpilleur russe Ismail alors que ce dernier avait tenté de se réfugier dans le port de Constansa. Le navire roumain tira un premier coup à blanc suivit d’un deuxième coup avec un obus bon de guerre. Le torpilleur russe n’à d’autre choix que de se replier.

Plus tard dans la journée, le cuirassé et le torpilleur quittent les eaux territoriales roumaines. Dans la nuit du 7 juillet le cuirassé retourne dans le port roumain, l’équipage acceptant de se rendre aux autorités roumaines en échange de l’asile politique.

A midi le 8 juillet le capitaine Negru, commandant du port monte à bord du cuirassé pour hisser le pavillon roumain avant de l’autoriser à entrer dans le port intérieur. Le 10 juillet le cuirassé est rendu aux autorités russes qui vont le rapatrier à Sébastopol.

La marine roumaine dans le premier conflit mondial

Deux ans avant le début du premier conflit mondial la marine roumaine planifie un ambitieux programme d’expansion navale avec six croiseurs légers de 3500 tonne, douze destroyers de 1500 tonnes et un sous-marin.

Le Marasesti à d’abord connu une carrière sous pavillon italien.

Quatre destroyers commandés à l’Italie mais ces navires furent réquisitionnés par les italiens en 1914. Trois sous-marins sont commandés en France aux chantiers navals Schneider de Chalons sur Saone mais il est réquisitionné par la France en août 1914 et l’argent versé issu d’une souscription publique va être rendu aux roumains pour acheter des munitions.

A l’époque le plus gros navire de la marine roumaine est le croiseur protégé Elisabeta, une antiquité flottante puisque mis en service en 1888. Voilà pourquoi ce navire fût utilisé pour garder les bouches du Danube même si il fût désarmé dès le début de la première guerre mondiale. Son armement est réutilisé pour protéger les rives du Danube contre une action des monitors fluviaux austro-hongrois.

La Koningliche und Kaiserliche Kriegsmarine possédait en effet une importante flottille de monitors et de patrouilleurs, une leçon de la guerre austro-allemande de 1866. Sans l’armistice de Nicolsburg (21 juillet 1866), la 2ème Armée prussienne aurait sans difficulté atteint Vienne.

En 1914 la Donauflottille (Flottille du Danube) créée en 1870 possède six monitors ainsi que six patrouilleurs ou plutôt six vedettes de 15 à 33 tonnes qui se révélant trop petites vont être supplées par des navires plus gros (60 à 133 tonnes).

Les autres navires ne sont guère plus modernes (quatre canonnières et trois torpilleurs de classe Naluca [NMS Smeul NMS Naluca NMS Sborul] mais aussi le mouilleur de mines NMS Alexandru cel Bun ou le navire d’entrainement NMS Mircea).

Comme les autres marines, la marine roumaine réquisitionne des navires marchands pour compléter la flotte, cette réquisition étant facilité par le fait que la marine marchande était une marine nationale, le Service Maritime Roumain ou Serviciul Maritim Român.

C’est ainsi que les paquebots vapeur Regele Carol I (roi Carol 1er), România (Roumanie), Imparatul Traian (Empereur Trajan) et Dacia (Dacie) sont convertis en croiseurs auxiliaires.

Signe qui ne trompe pas la Flottille du Danube était plus moderne avec quatre monitors fluviaux (Lascar Catargiu, Mihail Kogalniceanu, Ion C. Bratianu et Alexandru Lahovari) et huit torpilleurs de conception et de fabrication britannique.

Ces quatre monitors ont été construits à Galati en 1907 avec trois canons de 120mm chacun même si en 1918 le Mihail Kogalniceanu est transformé en monitor océanique.

Les huit torpilleurs britanniques de classe Capitan Nicolae Lascar ( NMS Major Ene, NMS Captain L. Bogdan, NMS Captain Romano, NMS Major Giurascu, NMS Major Sontu, NMS Major Gr. Ioan, NMS Lt. Calinescu et NMS Captain V Maracineanu) ont été construits en 1906/07, des navires plus comparables à des vedettes lance-torpilles puisqu’ils déplaçaient environ 50 tonnes, une vitesse de 18 nœuds et un armement composé d’un canon de 47mm, d’une mitrailleuse de 6.5mm et deux tubes lance-torpilles.

Ces navires étaient appuyés par des navires plus anciens de classe Vedea (NMS Vedea, NMS Argeșul, NMS Trotușul et NMS Teleorman). Construits en 1894 en Allemagne, c’était là encore de petits navires, davantage des vedettes que des torpilleurs avec un déplacement de 30 tonnes, une vitesse de 10 nœuds et un armement composé d’un canon de 37mm et de deux tubes lance-torpilles.

Cette flottille comprennait également six vieilles canonnières utilisées pour surveiller la frontière ainsi que des navires de soutien (mouilleur de mines, transport, ravitaillement).

Ces vieilles canonnières toutes construites en Grande-Bretagne étaient réparties entre les trois unités de la classe Oltul (NMS Oltul,NMS Siretul, NMS Bistrita) et trois unités de la classe Rahova (NMS Rahova, NMS Smârdan, NMS Opanez, NMS Silistra).

La première classe se compose de navires de 110 tonnes, d’une vitesse maximale de 10 à 12 nœuds avec un armement composé d’un canon de 57mm et d’un canon de 37mm alors que la seconde se compose de navires de 45 tonnes, d’une vitesse maximale de 9 nœuds (sic) avec un armement composé d’un canon de 37mm et d’un canon Nordenfelt.

Les navires auxiliaires sont composés de navires réquisitionnés (NMS Bujorescu NMS Catinca) et d’un ancien torpilleur à hampe, le Randunica.

Pour la marine roumaine, la guerre commence vraiment dans la nuit du 26 au 27 août peu après que la Roumanie eut déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie.

Trois torpilleurs (le Randunica pourtant déclassé et deux navires réquisitionnés transformés en torpilleurs, les Bujorescu et Catinca) attaquent la flottille austro-hongroise du Danube stationnée dans le port de Ruse mais l’objectif de couler l’un des monitors de la Donauflottille le Bosna (580 tonnes, 13.5 nœuds, deux canons de 120mm, deux canons de 66mm, deux canons de 47mm, deix obusiers de 120mm et sept mitrailleuses) échoua puisque seule une barge chargée de carburant fût coulée.

Cela poussa néanmoins la flottille à se replier à 130km à l’ouest jusqu’à Belene et de prendre de sérieuses mesures défensives (le canal de Belene était un bras du Danube situé près de la ville bulgare de Svistov séparée de la rive roumaine par l’île de Persina).

Les monitors et autres navires de la flottille du Danube allaient se montrer très actifs durant tout le conflit, apportant un appui-feu bienvenue aux troupes au sol et ceux en liaison avec les batteries côtières, la portée des canons perturbant la préparation d’artillerie et les mouvements de troupes en direction du front. En revanche il n’y eut pas d’affrontements directs entre les deux flottilles.

Le seul navire à être sérieusement endommagé est le torpilleur fluvial Gr. Ion percée comme une écumoire par des mitrailleuses ennemies avec tout de même la moitié de son équipage tué et ce lors de la Bataille de Turtucaia. Elle participe ensuite à la première bataille de Cobadin.

Signe de la menace qu’elle représentait, le général Macksen rassembla des pièces d’artillerie d’un calibre allant de 150 à 305mm pour neutraliser définitivement ces monitors mais l’attaque menée à partir du 21 septembre n’eut pas l’impact escompté puisqu’à la fin de la journée seul le monitor Lahovari avait été légèrement endommagé avec seulement six blessés.

Quand un avion de reconnaissance raporta un tel résultat, le général allemand démis de leurs fonctions les sept officiers chargés de cette opération.

Durant l’Offensive Flamanda (29 septembre-5 octobre 1916) les batteries côtières roumaines endommagèrent des navires austro-hongrois comme les monitors Bodrog Körös et Szamos mais aussi le patrouilleur Barsch et une barge de charbon tandis qu’une barge chargée d’explosifs coula.

Le Körös à été sérieusement endommagé à tel point qu’en décembre 1917 au moment de l’armistice il était encore en réparations, réparations qui n’allaient s’achever qu’en avril 1918. Bien qu’aucun navire roumain ne fût engagée dans cette offensive, la seule rumeur de leur présence poussa la flottille austro-hongroise à se replier à Belene.

Le 30 septembre 1916 près de Sulina le sous-marin allemand UB-42 lance une torpille contre le torpilleur roumain NMS Smeul mais le manque. Le torpilleur contre-attaque et endommage le sous-marin au niveau du périscope (qui est détruit) et du kiosque (qui est ébréché) ce qui impose son retour au port.

Du 19 au 25 octobre 1916 les forces roumano-russes lancèrent une offensive pour récupérer les territoires perdus en Dobroudja (Deuxième bataille de Cobabin).

La marine roumaine mobilise le monitor Lascar Catargiu qui débarque cinquante fusiliers marins qui occupent la ville d’Harsova le 8 novembre mais sans combat l’ennemi l’ayant évacué.

Le 10 novembre 1916 deux torpilleurs débarquent des troupes à Topalu pour occuper le village. Le 3 décembre, le torpilleur Capitan Valter Maracineanu est coulé dans le Danube par une mine (un mort) et le 8 décembre les navires roumains couvrent la retraite des troupes au sol qui vont parvenir à s’accrocher dans le Delta du Danube qui restera sous contrôle roumain jusqu’à la fin du conflit.

En novembre 1916 le NMS Smeul aurait provoqué la destruction du sous-marin mouilleur de mines UC-15. Le commandant du torpilleur à affirmé avoir repoussé un sous-marin allemand et comme la flottille allemande n’avait dans le secteur que ce sous-marin il est facile de faire le rapprochement.

Ce qui est sur en revanche c’est que le torpilleur n’à été qu’indirectement à l’origine du naufrage en provoquant l’explosion des mines embarquées sur le sous-marin allemand.

Le 3 janvier 1917 un torpilleur fluvial roumain capture douze soldats allemands à Ghecet puis couvre l’évacuation de Galati d’une armada hétéroclite de 528 navires, la canonnière fluvial Smardan étant coulée par l’artillerie allemande durant cette opération (trois morts) tandis que le monitor Catargiu était endommagé avec également trois morts à son bord.

Le 16 avril 1917 le torpilleur NMS Smeul chavire dans les bouches du Danube provoquant la mort de 18 marins dont trois officiers français. La cause n’est pas une mine ottomane comme c’est parfois écrit mais tout simplement le mauvais temps.

En juillet 1917 les monitors roumains bombardèrent la ville de Tulcea occupée par les bulgares, réduisant au silence toutes les batteries bulgares ne subissant que de très légers dommages.

Le 22 septembre 1917 le monitor austro-hongrois SMS Inn heurte une mine et coule près de Braila, deux personnes étant tués à bord, un opérateur télégraphiste et le chef d’état-major de la flottille austro-hongroise du Danube.

Après une période d’inactivité lié à l’armistice puis au traité de Bucarest, la flottille fluviale roumaine reprennant la guerre le 10…..novembre 1918.

Dans les premières heures du 11 novembre, le monitor Mihail Kogalniceanu accompagné par le torpilleur fluvial Trotusul soutient l’occupation de la ville de Braila, une occupation faite sans combats, les allemands ayant évacué la ville, laissant aux roumains de nombreux navires dans le port.

Entre-deux-guerres

Suite à la fin du premier conflit mondial la Roumanie augmente substantiellement sa superficie en absorbant des territoires ayant appartenu à la Russie, à l’Autriche-Hongrie et la Bulgarie.

La marine royale roumaine va augmenter ses moyens en récupérant des navires ayant appartenu à des navires ennemis comme l’Autriche-Hongrie, la défunte Double-Monarchie voyant trois monitors fluviaux continuer leur carrière frappé du pavillon bleu or et rouge. Ces navires sont baptisés Ardeal, Basarabia et Bucovina. En 1921 quatre patrouilleurs sont acquis auprès de l’Italie. Ces acquisitions vont former la plus puissante flottille fluviale du monde.

A la différence de l’avant guerre la marine roumaine va axer ses efforts sur la division de la mer Noire pour profiter de l’affaiblissement de la Russie et de l’empire ottoman.

En 1920 elle achète deux croiseurs-éclaireurs de la marine italienne qu’elle rebaptise Marasesti et Marasti, des navires que la marine royale roumaine connait bien puisqu’elle les avaient commandé en 1914 avant que le premier conflit mondial pousse la Regia Marina à les réquisitionner et les utiliser (les deux autres seront cédés aux nationalistes espagnols en 1937).

La Roumanie achète également quatre canonnières auprès de la marine française, des navires qu’elle rebaptise Stihi Dumitrescu Lepri et Sublocotenent Ghiculescu, un cinquième navire de ce type étant acquis pour cannibalisation.

Torpilleur type Ariete

A cela s’ajoute sept torpilleurs acquis comme dommages de guerre auprès de la défunte Autriche-Hongrie enfin plutôt six car le Fulgerul chavire et coule dans le détroit du Bosphore lors de son transit en direction de la Roumanie. Ces navires sont désarmés durant la Pax Armada et remplacés notamment par quatre unités de classe Ariete.

Après le temps des réutilisations vient le temps des constructions neuves. En 1926 la Roumanie met en service deux destroyers de classe Regele Ferdinand, les Regele Ferdinand et Regina Maria, des navires construits en Italie mais inspirés des conducteurs de flottilles (flottilla leader) britanniques de classe Shakespeare soit ce qui se fait de mieux à l’époque.

Le Regele Ferdinand en 1935

A la même époque la Roumanie intègre le cercle relativement fermé des pays disposant d’une composante sous-marine. On pourrait penser qu’il s’agissait d’une leçon du premier conflit mondial mais point puisque la volonté d’acquérir un torpilleur submersible est plus ancienne.

En mai 1913 la Roumanie décide de renforcer sa composante navale hauturière et passe commande de quatre torpilleurs de classe Vifor. Elle étudie également la possibilité de faire construire aux chantiers navals de La Spezia un sous-marin par la firme Fiat.

Ce premier submarin devait être financé par une souscription publique lancée l’année précédente par le jounal Universul. Cette souscription remporte un grand succès puisque trois millions de lei ont été récoltés.

Les roumains changent finalement d’avis puisque l’argent est envoyée au français Schneider pour un submersible côtier. Il est aussitôt mis sur cale mais suite au déclenchement du premier conflit mondial, il est réquisitionné par la marine française, l’argent déjà versé servant à acheter des munitions.

Dans l’immédiat après guerre la France est la première puissance militaire d’Europe mais est surtout un pays traumatisé obsédé par sa sécurité. Elle cherche donc des alliés et va les trouver notamment en Europe centrale et orientale en parainant la Petite Entente.

Qui dit sécurité dit armes et Paris espère placer les produits de son industrie dans ces pays qui pour certains ont déjà été ses alliés.

Pour Paris il est capital que Bucarest tienne son rang en mer Noire et pour cela propose ses navires dont deux sous-marins type O’Byrne dont le premier n’est autre que le sous-marin commandé en 1914 !

La marine roumaine décline cette proposition car ces deux bâtiments sont dépassés et disposant de faibles capacités de combat.

Il faut attendre 1924 pour que la Roumanie lance un vrai projet d’acquisition de sous-marins avec trois submersibles partiellement financé par deux des trois millions de lei collectés et que le Trésor Roumain avait prit soin de conserver.

Les chantiers navals Schneider espèrent remporter le contrat mais c’est finalement l’Italie qui va décrocher la timbale mais pour seulement un sous-marin le Delfinul et un bâtiment-base de sous-marin baptisé Constansa, deux navires commandés dans un chantier naval novice en la matière, les chantiers navals Quarnaro de Fiume. Sans surprise les travaux prennent du retard et il n’est mis en service qu’en 1936 neuf ans après sa construction.

Construire des navires c’est bien mais il faut aussi des infrastructures pour les accueillir mais aussi pour former les futurs cadres de la marine royale roumaine. Un collège naval est fondé à Constansa en 1920 et en 1938 un voilier-école le Mircea construit en Allemagne va permettre la formation des futurs officiers de marine roumain et surtout offrir une magnifique vitrine à la marine de Carol II.

Comme la guerre verra la réquisition de navires marchands le Serviciul Maritim Român reçoit lui aussi de nouveaux navires qu’ils s’agisse de constructions neuves ou de navires de seconde main disposant encore d’un bon potentiel.

On trouve ainsi le vapeur Oituz, les anciens cargos allemands Adreal Peles Alba Iulia et Suceava (mis en service en 1932/33), les paquebots Basarabia et Transilvania acquis en Allemagne en 1938 et quatre cargos achetés en Italie avant le début de la guerre de Pologne (Balcic, Cavarna, Mangalia et Sulina), le SMR disposant à cette époque de dix-sept navires marchands pour un déplacement global de 72000 tonnes.

C’est notamment ces navires qui vont transporter au Levant et en Egypte les soldats polonais qui avaient échappé à l’encerclement et à la captivité.

En 1937 la marine roumaine souhaite lancer un programme de réarmement avec un croiseur, quatre destroyers, trois sous-marins, deux mouilleurs de mines et dix vedettes lance-torpilles. Ces navires doivent tous être construits aux chantiers navals de Galati où de lourds travaux d’infrastructure viennent d’avoir lieu.

Comme souvent en temps de paix cet imposant programme se heurte à des réalités industrielles, budgétaires mais aussi politique. C’est ainsi que le NMS Amiral Murgescu qui devait être un croiseur léger va devenir un mouilleur de mines utilisable pour des missions d’escorte.

Il faudra finalement attendre 1943 pour que la marine roumaine mette sur cale un véritable croiseur léger, le NMS Miheai Viteazul, un navire similaire aux croiseurs légers de classe Berlin. Il va devenir le navire-amiral de la marine roumaine. Un sister-ship aurait du être construit mais le NMS Cetatea Alba mis sur cale en septembre 1948 ne fût lancé qu’en octobre 1951 et finalement coulé par un raid aérien français en septembre 1952 alors qu’il n’était toujours pas achevé.

Les quatre torpilleurs furent construits mais à un rythme de sénateur. De conception roumaine mais avec l’aide discrète des allemands et des italiens, ils sont mis en service entre 1945 et 1947, opérant principalement avec l’unique croiseur léger de la marine royale roumaine.

Sur les trois sous-marins prévus, seulement deux baptisés Marsuinul et Rechinul furent mis en service, le premier ressemblant à un type VII alors que le second était un sous-marin mouilleur de mines. Il y eut le projet d’acquérir cinq mini sous-marins italiens de type CB mais le projet n’à pas aboutit pas.

Les deux mouilleurs de mines ne furent finalement pas construits mais en septembre 1948 deux paquebots furent réquisitionnés et transformés en mouilleur de mines. En ce qui concerne les dix vedettes lance-torpilles, huit furent mises en service durant la Pax Armada.

Mitteleuropa Balkans (59) Bulgarie (23)

Artillerie lourde

Canon de 120mm Schneider-Canet modèle 1897

Appelé 120мм нескорострелно оръдие Д/28 « Шнайдер » par les bulgares, le canon de 120mm Schneider-Canet modèle 1897 était une pièce d’artillerie lourde mise en œuvre au niveau du corps d’armée voir de l’armée.

Dix canons étaient encore en service en décembre 1939 à la fin de la guerre de Pologne mais ils sont remplacés par des canons de 150mm de conception et de fabrication allemande.

Ce canon à été vendu à la Serbie et donc à la Bulgarie qui avait reçu 24 canons, pièces lourdes utilisées durant les deux guerres balkaniques et durant la première guerre mondiale.

Le 120мм нескорострелно оръдие Д/28 « Шнайдер » était un canon de 3080kg en batterie (3450kg en configuration transport) disposant d’un tube de 28 calibres (longueur 3.360m) permettant le tir d’un obus de 18kg à une distance maximale de 8400m (obus explosif) et de 6000m (shrapnel). L’affût permet au canon de pointer en site de -12° à +28°.

Obusier de 120mm modèle 1915TR

L’obusier de 120mm modèle 1915 à Tir Rapide (TR) était un obusier de conception et de fabrication française, un modèle mis au point par la firme Schneider.

Le modèle 1915TR est issu du modèle 1909, un obusier très mobile et très stable au tir ce qui était un plus évident pour augmenter la cadence de tir.

Exporté en Russie le modèle 1909 donna naissance à l’obusier de 122mm M1910. Le modèle 1909 fût également exporté en Serbie et en Bulgarie mais une partie de la commande bulgare bloquée en France par le déclenchement de la première guerre mondiale fût finalement utilisée par l’artillerie française entrée en guerre avec de sérieux manques en matière d’artillerie lourde.

En réalité les modèle 1909 et modèle 1915 étaient quasiment identique. En septembre 1915 la Bulgarie s’engage du côté des empires centraux et ses obusiers de 120mm modèle 1915TR vont être engagés contre les serbes qui disposaient du même modèle d’obusiers.

Cet obusier va aussi être utilisé par la Roumanie et par la Belgique mais il s’agissait de pièces de seconde main et non d’obusiers fraichement sorties d’usine. Au final 1915 exemplaires ont été produits.

Pour en revenir à la Bulgarie, Sofia à reçut 36 modèle 1909 suivis de 24 modèle 1915 capturés sur les serbes en 1915 soit un total de soixante pièces. Trente-huit étaient encore disponibles à la fin du premier conflit mondial et trente-six à la fin de la guerre de Pologne.

Il était toujours en service en septembre 1948 et va être largement employé par l’artillerie bulgare notamment dans les Balkans. Il ne restait plus que 13 pièces disponibles au printemps 1954, pièces rapidement envoyées à la casse car trop usées pour justifier un quelconque usage ultérieure.

L’obusier de 120mm modèle 1915TR pesait 1416kg en position de tir (2228kg en configuration transport) et disposait d’un tube de 13 calibres (1.74m) permettant le tir d’un obus de type séparé (120x142R) de 21kg à une distance maximale de 8300m à raison de dix coups par minute. L’équipe de pièce peut pointer l’obusier en site de -3° à +43° et en azimut sur 5°.

15cm Schwere Feldhaubitze 05

Connu sous la désignation turque de 15/14 sm. sahra obüsü, allemande de 15 cm schwere Positionhaubitze L/14 mit Rohrrucklauf et bulgare de 150-мм скорострелна гаубица Д-14 “Круп”, cet obusier de 150mm à connu un parcours tortueux pour arriver dans l’armée bulgare.

En effet ces obusiers sont des pièces d’artillerie de prise, l’empire ottoman ayant acquis trois batteries de six pièces en 1905, pièces livrées en 1908. Elles vont participer à la première guerre Balkanique et vont être capturées par les bulgares qui vont les réutiliser.

Quatorze sont disponibles au début de la première guerre mondiale et toutes sauf une sont encore là quand la première guerre mondiale se termine. Ces pièces sont mises en réserve de 1919 à 1939 et de 1944 à 1949 quand six d’entre-elles sont remises en ligne pour combattre en Grèce où elles sont toutes détruites.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze 05 était un obusier lourd de 150mm (calibre réel : 149.1mm) pesant 2290kg et disposant d’un tube de 14 calibres (longueur du tube 2.1m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 41kg (une à six charges propulsive) à une distance maximale allant de 2500 (une charge) à 7100m (six charges). L’équipe de pièce protégée par un bouclier de 4mm d’épaisseur peut pointer l’obusier en site de -5° à +43° et en azimut sur 5°.

15cm Schwere Feldhaubitze 13

Le 150мм скорострелна гаубица Д/14 “Круп-13” est tout simplement le 15cm Schwere Feldhaubitze 13, un obusier lourd de 150mm mis en service en 1913 et donc utilisé par l’armée de Guillaume II dans la première guerre mondiale. Pas moins de 3400 exemplaires sont sorties des usines allemandes.

Suite au traité de Versailles, cet obusier exporté en Turquie est livré à la Belgique et aux Pays-Bas au titre des réparations et conservé par la Reichswehr en petit nombre. Remplacé par le Schwere Feldhaubitze 18, le Sfh13 n’est plus en service dans l’armée allemande en septembre 1948 mais quelques pièces ont probablement été stockées.

Durant le premier conflit mondial Berlin transfert vingt-quatre pièces à l’armée bulgare mais seulement six survivent au second conflit mondial, les autres ayant été capturées par l’Entente lors de leur offensive de septembre 1918.

Les six pièces sont cachées durant l’entre-deux-guerres et remises en service en 1940 pour entrainer de nouveaux artilleurs en attendant la livraison de pièces plus modernes.

A ces 24 obusiers s’ajoutent huit pièces au canon plus long (17 calibres au lieu de 14) également transférées durant le premier conflit mondial. Elles vont également être utilisées durant le second conflit mondial sous la désignation de 150-мм скорострелна гаубица Д/17 “Круп”. Tous ces obusiers ont disparu durant le second conflit mondial.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze 13 était un obusier lourd de 150mm (calibre réel 149.1mm) disposant d’un tube de 14 (2087.4m) ou de 17 calibres (2534.7m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 42kg à une distance maximale de 8600m à raison de trois coups par minute. L’équipe de pièce peut pointer l’obusier en site de -4° à +45° et en azimut sur 9°.

15cm Schwere Feldhaubitze M.14

Le 15cm Schwere Feldhaubitze M.14 était un obusier lourd mis au point pour l’armée austro-hongroise par la célèbre firme Skoda de Pilsen. Très vite une version améliorée voit le jour, version désignée 15cm Schwere Feldhaubitze M.14/16.

Après guerre les pays successeurs de la Double-Monarchie ont continué à utiliser cette pièce comme l’Autriche, la Tchécoslovaquie et la Hongrie mais aussi d’anciennes puissances ennemies comme la Roumanie et l’Italie.

La Bulgarie à reçu cinq pièces de ce type durant le premier conflit mondial, quatre d’entre-eux étant disponibles à la fin du premier conflit mondial. Elles ont été utilisées au tout début du second conflit mondial mais vite retirées du service et envoyées à la casse.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze M.14 était un obusier lourd de 150mm (calibre réel 149.1mm) pesant 2765kg en batterie et disposant d’un tube de 14 calibres (soit une longueur de 2.12m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 41kg à une distance maximale de 8760m à raison de un ou deux coups par minute. L’équipe de pièce pouvait pointer le tube de -5° à +70° en site et de 6° en azimut.

15cm Schwere Feldhaubitze 18

15cm Schwere Feldhaubitze 18

Le 15cm Schewere Feldhaubitze 18 était un obusier mis au point par l’armée allemande en combinant le canon Rheinmetall sur l’affût Krupp. Il rentre en service dans la Wehrmacht en mai 1935 et en septembre 1939 plus de 1300 canons sont en service, la production continuant durant la Pax Armada pour remplacer définitivement les obusiers de 150mm plus anciens décrits plus hauts.

Bonne arme mais assez lourde, plusieurs projets d’allègement furent étudiées. La plus prometteuse voyait l’utilisation d’alliages légers mais ces derniers étant très demandés autre-part ce projet n’alla pas plus loin que l’étude théorique.

Une version à canon allongée plus lourde que la version d’origine ne connu pas non plus la production en série. Un nouveau modèle d’obusier, le 15cm Schwere FeldHaubitze 47 devait être mise en production en septembre 1948 mais la guerre la reporte.

Avant même le début du second conflit mondial, le 15cm Schwere Feldhaubitze 18 à connu son baptême du feu en étant employé par la Chine nationaliste dans sa guerre contre le Japon. Ce canon à également été exporté en Amérique du Sud (Argentine et Chili), au Portugal, en Finlande et donc en Bulgarie.

L’armée bulgare à reçut 24 canons en 1939, 20 en 1940 et 32 autres en 1942 portant le parc à 76 pièces. Une nouvelle commande est envisagée mais n’aboutira finalement pas.

A la fin du second conflit il y avait encore une dizaine de pièces en service, pièces ferraillées à la fin des années cinquante car considérées en surplus.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze 18 était un obusier lourd de 149.1mm pesant 5512kg en batterie (6304kg en transport) et disposant d’un tube de 29.5 calibres (longueur 4.440m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 43.52kg à une distance maximale de 13325m à raison de quatre coups par minute. L’équipe de pièce de 7 hommes peut pointer l’obusier de -3° à +45° en site et sur 64° en azimut.

Mitteleuropa Balkans (57) Balkans (21)

Artillerie de campagne et de montagne

7.5cm M.1915

Connu en version originale sous le nom de Skoda 7.5cm Gebirgskanone M.15, le canon de 75mm Skoda modèle 1915 est comme son nom l’indique un canon de montagne dont le caractère démontable entraina un fragilité préjudiciable lors des remorquages en terrain difficile.

Utilisé durant le premier conflit mondial par les austro-hongrois et par les allemands (ces derniers comme canon d’infanterie), il à été utilisé une fois le conflit terminé par l’Italie qui à reçu ces canons au titre des dommages de guerre. Il à été naturellement utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie à savoir l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne et la Yougoslavie mais aussi la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie.

La mise au point de ce ce canon à été longue en raison des incertitudes des services techniques qui hésitaient entre un canon démontable en multiples fardeaux ou un canon démontable en ensembles plus gros.

Voilà pourquoi ce canon dont l’étude à été lancé en 1911 n’à été mis en service qu’en avril 1915 soit un an de retard sur le planning initial. Après guerre une version améliorée baptisée modèle 1928 à été mise au point.

La Bulgarie à reçut 144 exemplaires durant le premier conflit mondial, des armes employées dans le tourmenté relief balkanique où il fit merveille. Cette arme fût utilisée comme pièce d’artillerie classique mais aussi comme canon d’infanterie lors des offensives bulgares locales.

83 pièces furent perdues (dont 54 capturées par l’Entente) réduisant le parc à la fin du premier conflit mondial à seulement 61 canons mais des pièces récupérées dans le chaos de l’après guerre fit remonter le parc à 120 pièces en septembre 1939 avant une décroissance liée à l’usure. 75 pièces étaient encore en service en septembre 1948 et 42 en avril 1954 quand le second conflit mondial se termine. l »immense majorité est envoyée à la ferraille.

Le 7.5cm M.1915 était un canon de 75mm disposant d’un tube de 15.4 calibres (longueur du tube 1.15m) pesant 614kg en position de tir (620kg en configuration transport) Il tire un obus (75x129R) de 6.35kg à une distance maximale de 8250m à raison de 6 à 8 coups par minute. L’équipe de pièce de cinq ou six hommes protégée par un bouclier de 4.2mm d’épaisseur peut pointer le canon en site de -10° à +50° et en azimut sur 7°.

7.5cm M.1936

Pour compléter à défaut de devoir remplacer le canon précédement présenter la Bulgarie à acquis en 1936 auprès de la firme Bofors un nouveau canon léger de montagne désigné par ses soins 7.5cm M.1936.

Sous cette désignation se cache une évolution du canon de montagne Bofors de 75mm modèle 1934, un canon notamment utilisé par la Belgique, les Pays-Bas et la Chine mais aussi par l’Allemagne (douze canons pour évaluation) et donc dans un modèle amélioré par la Bulgarie.

Ce canon également vendu en Argentine, au Brésil, au Paraguay, en Perse et en Suisse à été engagé au combat par les Pays-Bas aux Indes Néerlandaises, par la Belgique dans les Ardennes et par la Bulgarie dans les Balkans où le petit canon suédois fit merveille par sa robustesse et sa fiabilité.

Bien entendu avec 48 canons les artilleurs bulgares ne pouvaient pas faire de miracles mais ils sont parvenus à appuyer les troupes bulgares et ont surtout rendu plus difficile l’avancée des troupes alliées dans les Balkans où il à été exclusivement employé.

Il y eut bien le projet d’envoyer une batterie en Russie pour soutenir les deux divisions bulgares mais les canons restèrent à Varna en raison de la surcharge du cargo devant les emporter avec munitions et servant. Ce fût une heureuse chose car le cargo en question fût coulé par un sous-marin soviétique. Les canons auraient pu rallier la Crimée ultérieurement mais ce ne fût pas le cas.

A la fin du second conflit mondial la Bulgarie possédait encore seize canons de ce type qui furent stockés puis brièvement réutilisés comme pièces d’entrainement pour les nouveaux artilleurs bulgares. Deux pièces furent utilisées comme canon de salut à Sofia jusqu’en 1975 quand l’un d’eux explosa entrainant leur réforme, le canon endommagé étant envoyé à la ferraille, le second préservé dans un musée.

Le 7.5cm M.1936 était un canon léger de montagne de 75mm pesant 928kg en position de tir. Il dispose par ailleurs d’un tube de 24 calibrres (longueur du tube 1.8m) permettantt le tir d’un obus de 6.59kg (obus encartouché QF 75x212mm) à une distance maximale efficace de 9300m à raison de 15 à 25 coups par minute. L’équipe de pièce composée de neuf hommes et protégée par un bouclier pouvait pointer le canon en site de -10° à 50° et en azimut sur 7°54′.

7.5cm Gebirgsgeschütz 36 (désignation bulgare : 7.5cm M.1944)

Le 7.5cm Gebirgskanone 15 n’était autre qu’une pièce austro-hongroise produite par la firme Skoda, utilisée en petit nombre par l’armée allemande durant le premier conflit mondial et dont des exemplaires supplémentaires ont été commandés par la Reichswehr pour servir de canon de montagne (alors que les pièces commandées avaient été davantage utilisées pour le soutien rapproché de l’infanterie).

Ce canon déjà ancien devait être remplacé par une pièce plus moderne. Après avoir évalué des canons Bofors de 75mm (pièces exportées en Belgique et aux Pays-Bas) sous le nom de Gebirgseschütz 34, les allemands mirent au point leur propre canon, le 7.5cm Gebirgseschütz 36.

Mis au point par Rheinmettall, ce canon entra en service à partir de 1938 mais la production fût assez lente ce qui explique qu’il fallut attendre 1943 pour que les derniers Gebirgskanone 15 soient remplacés et relégués à l’instruction.

Ce canon était naturellement toujours en service en septembre 1948 et n’allait pas tardé à faire parler la poudre en Norvège en appuie des troupes de montagne allemandes.

La Bulgarie devient le seul client d’avant-guerre de ce canon de montagne. Pour compléter leurs Bofors de 75mm, ils vont passer commande de 60 exemplaires qui sont livrés entre 1944 et 1947 pour compléter les canons suédois mais aussi les canons austro-hongrois qui faisaient de la résistance en dépit d’une usure prononcée.

Ces canons vont opérer dans les Balkans pour appuyer les troupes bulgares aussi bien dans leurs combats conventionnels contre les alliés que lors des sinistres opérations de nettoyage.

A la fin du conflit il restait 23 pièces en service. Certaines ont été stockées jusqu’en 1975 quand décision est prise de purger les stocks des armes dépassées. Ces canons de montagne sont tous envoyées à la ferraille sauf deux préservées dans des musées.

Le 7.5cm M.1944 était un canon de montagne de 75mm pesant 750kg disposant d’un tube de 19 calibres (longueur du tube 1.45m) permettant le tir d’un obus de 5.75kg à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de cinq hommes pouvant pointer le canon en site de -2° à +70° et en azimut sur 40° de part et d’autre de l’axe.

7.5cm M1903

Le 7.5cm M1903 était un canon de 75mm comparable au M1904 ci-après mais de conception et de fabrication allemande, un produit de la firme firme Krupp. Ce canon acquis en 1913 était toujours en service au début du second conflit mondial même si il était en cours de retrait.

Il n’y eut pas de témoignage de son utilisation sur le front balkanique mais comme des partisans yougoslaves ont capturé un exemplaire il est évident qu’il à été utilisé dans les tristements célèbres opérations de nettoyage menées en Macédoine par les troupes bulgares.

Quelques rares exemplaires ont survécu jusqu’au printemps 1954 mais c’était pour mieux subir les foudres des chalumeaux des démolisseurs.

Le 7.5cm M1903 était un canon léger de 75mm pesant 1070kg en batterie mais 1770kg en configuration transport disposant d’un tube de 30 calibres (longueur 2.25m) permettant le titre d »un obus explosif de 6.35kg à une distance maximale de 8000m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes pouvait pointer le canon en site de -5° à +15° et en azimut sur 3°

Canon de 75mm Schneider-Canet

Le 7.5cm M1904 était un canon produit pour la Bulgarie par la firme française Schneider-Canet, un des grands «marchands de canon» d’avant le premier conflit mondial avec son concurrent allemand Krupp.

324 exemplaires du modèle 1904 sont commandées par la Bulgarie en 1906 ett livrées jusqu’en 1909. Avec un tel nombre vous n’allez pas être surpris chers lecteurs d’apprendre que ce canon sera la principale pièce d’artillerie de campagne de l’armée bulgare durant les deux guerres balkaniques et la première guerre mondiale.

A ces canons vont s’ajouter 180 canon de 75mm Schneider-Canet modèle 1907, des canons d’origine serbe capturés sur le champ de bataille en 1915 (180) mais aussi auprès de l’Armée d’Orient qui perdit neuf canons en 1916.

Et ce n’est pas finit puisque la Bulgarie va également récupérer des canons de 75mm Schneider-Canet modèle 1908, huit de ces canons capturés sur les troupes grecques en 1916 étant promptement remises en service au sein de l’armée bulgare.

Ces canons vont opérer au sein de l’armée bulgare durant tout le conflit et vont rester en service durant la période où les effectifs et les moyens de l’armée du tsar Boris III sont sévèrement contingentés. Nombre de pièces sont modernisées notamment en vue de les adapter à la traction automobile mais clairement en septembre 1948 ces différentes pièces étaient dépassées.

Elles vont néanmoins faire le coup de feu durant tout le conflit et en mai 1954 il restait encore une cinquantaine de ces pièces encore en service. Usées jusqu’à la corde elles n’ont pas été conservées par la suite et ont toutes finies sauf une sous les chalumeaux des ferrailleurs.

Le 7.5cm M1904 était un canon léger de 75mm pesant 1017kg en batterie (mais 1700kg en configuration transport) disposant d’un tube de 31.4 calibres (longueur 2.4m) lui permettant de tirer un projectile de 6.5kg (obus 75x280R) à une distance maximale de 8000m à raison de 15 coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes était protégée par un bouclier de 5mm ce qui lui permettait de pointer en site de -5° à +16° et en azimut sur 3°.

7.5cm M1910

Le 7.5cm M1910 était une autre création de la maison Krupp mais plus récente car datant comme sa désignation l’indique de 1910. Ces canons ont été acquis non pas légalement mais sur le champ de bataille, capturées au cours de différents conflits.

C’est ainsi que l’artillerie bulgare récupéra des M.1910 auprès des turcs (aux côtés de M.1904, M.1908 et M.1913) lors des deux guerres balkaniques, des M.1910 auprès de la Serbie en 1915 et des M.1910 auprès de la Grèce, ces canons étant d’anciennes pièces ottomanes !

Toujours en service dans l’armée bulgare en septembre 1948, ce canon était surtout utilisé depuis des positions fixes, des positions de campagne soigneusement aménagées pour casser l’avance alliée, la canaliser et l’user pour permettre la contre-attaque par des unités mobiles, unités de plus en plus rares au fur et à mesure que la guerre durait.

En mai 1954 il restait une poignée de pièces en service. Les chiffres sont incertains variant selon les sources entre 4 et 9. Ce qui est certain c’est que à part une pièces préservée dans un musée toutes les autres ont été envoyées à la ferraille.

Le 7.5cm M1910 était un canon léger de 75mm pesant 1079kg en batterie (mais 1770kg en configuration transport) disposant d’un tube de 30 calibres (2.250m) permettant le tir d’obus de 6.5kg (75x280R) à une distance maximale de 8000m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes protégée par un bouclier de 4mm pouvait pointer le canon de -5° à +16° en site et sur 7° en azimut.

7.7cm FK-16

Quand l’armée allemande décida de développer une artillerie de campagne moderne elle choisit le calibre de 77mm. Pourquoi un tel calibre ? Visiblement il s’agissait de pouvoir si besoin est réaléser les canons de 75mm français et de 76.2mm russes pour leur permettre de tirer des obus allemands.

Ce canon mis en service en 1896 sous la désignation de 7.7cm FK96 n.A va être supplanté durant le premier conflit mondial par le 7.7cm Feldkanone 16, un canon disposant d’un tube plus long, d’une élévation plus importante et un système de munition séparé pour réduire la consommation de poudre et ainsi l’usure des tubes.

Des canons de ce type ont été livrés à l’armée bulgare durant le premier conflit mondial en l’occurence vingt exemplaires. Dix-huit sont toujours là en novembre 1918 et 14 sont toujours en service à la fin de la guerre de Pologne mais en septembre 1948 les quatre survivants étaient utilisées uniquement pour l’entrainement. Ils sont été ferraillées durant le conflit à une date inconnue pour nous.

Le 7.7cm Feldkanone 16 était un canon léger de 77mm pesant 1318kg en position de tir et disposant d’un tube de 35 calibres (longueur du tube 2.695m) permettant le tir d’un obus de type séparé (77x230mm) de 7.2kg à une distance maximale de 10700m (9100m en pratique). L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de -10° à +40° et en azimut sur 4°.

8cm Feldkanone C/80

Le 8cm Feldkanone C/80 était un canon de conception et de fabrication allemande mis au point par Krupp à la fin du XIXème siècle. Cette arme à été utilisée par l’armée allemande mais aussi es pays étrangers à savoir l’Albanie, la Bulgarie, le Brésil, le Chili, la Grèce, le Monténégro, l’Etat libre d’Orange, l’empire ottoman, la Roumanie et la Serbie. Au total 1880 pièces ont été produites pour l’Allemagne et pour l’export.

Les bulgares vont utiliser cette arme durant les guerres balkaniques, la première guerre mondiale et dans l’entre-deux-guerres. Quelques pièces étaient encore en service en septembre 1939 mais en septembre 1948 le canon n’était plus en service. Tous ces canons ont été envoyés à la casse à une date inconnue probablement durant le second conflit mondial.

Le 8cm Feldkanone C/80 était une pièce d’artillerie de campagne de 75mm pesant 850kg et disposant d’un tube de 27 calibres (longueur du tube 2m) permettant le titre d’un obus de type séparé de 4.3 (standard ou shrapnel) ou 4.9kg (canister) à une distance maximale de 6000m à raison de dix coups par minute. L’équipe de pièce peut pointer le canon en site de -8° à +24°.

Mitteleuropa Balkans (47) Bulgarie (11)

Navires et hydravions de la marine bulgare

Torpilleurs

Torpilleurs classe Druzki

Torpilleur Druzki ou plutôt une reconstruction à l’identique réalisée entre 2000 et 2005 par une poignée de passionnés

Ces torpilleurs au nombre de six sont de conception et de construction française, ayant vu le jour aux chantiers navals Schneider de Chalons-sur-Saône.

Ces navires baptisés Druzki, Smeli,Hrabi,Strogi,Letjashchi et Shumni sont mis en service en 1908 et 1909. A noter que les trois derniers ont été assemblés en France, démontés puis remontés en Bulgarie.

Ces torpilleurs comparables aux célèbres «numérotés» de la marine française sont engagés dans la première guerre balkanique mais ne participent pas à la deuxième en raison de l’internement de la marine bulgare à Sebastopol, les navires militaires bulgares ne rentrant au pays qu’en 1914.

Ils vont participer au premier conflit mondial, le Shumni étant coulé par une mine au large de Varna en septembre 1916. Le Strogi est endommagé mais réparé mais le Letyashchi qui s’échoue à Varna le 28 novembre 1918 est capturé par les français qui vont l’envoyer à la démolition.

Suite au traité de Neuilly-sur-Seine les quatre torpilleurs sont maintenus en service mais sans tubes lance-torpilles, devenant ainsi des patrouilleurs ou des mouilleurs de mines. Modernisés en 1934 ils retrouvent leurs tubes lance-torpilles à la fin des années trente à une époque où ils étaient totalement obsolètes.

Le Druzki est désarmé en septembre 1944, le Smeli est désarmé en mars 1945, le Hrabi en octobre 1945 et le Strogi en juin 1946. Ils vont être remplacés par des torpilleurs de conception allemande et de fabrication bulgare, ces derniers reprendront les noms de leurs aînés. Les «numérotés bulgares» sont envoyés à la casse.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 97.5 tonnes

Dimensions : longueur 38m largeur 4.40m tirant d’eau 1.30 à 2.40m

Propulsion : une machine verticale à triple expansion (VTE) alimentée en vapeur par deux chaudières Normand dévellopant 1950ch et entrainant une hélice.

Performances : vitesse maximale 26 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 16 nœuds Capacité charbon : 11 tonnes

Armement : deux canons de 47mm modèle 1902, deux plate-formes doubles lance-torpilles de 450mm latérales et un tube lance-torpilles à la proue

Equipage : 27 à 32 officiers et marins

Torpilleurs légers classe Smeli

Les torpilleurs bulgares sont inspirés des Elbing allemands

A la fin des années trente les torpilleurs bulgares de classe Druzhi sont obsolètes. Leur remplacement devient urgent mais les bulgares n’ont aucune expérience dans la réalisation de navires de ce type.

Comme Sofia voulait gagner en autonomie et batir une industrie navale militaire, la simple commande à l’étranger était impossible ou du moins improbable. Plusieurs pays furent approchés pour fournir des plans et une assistance technique.

C’est l’Allemagne qui offrit la meilleur offre. Un contrat est signé le 14 septembre 1942 pour la construction à Varna de quatre torpilleurs légers inspirés des nouveaux torpilleurs allemands construits pour la toute jeune Kriegsmarine. Il semble que la marine bulgare avait envisagé la construction de quatre autres navires mais cela n’à pas dépassé le stade du projet.

Le modèle est approuvé par la marine bulgare le 14 mars 1943 nous donne un navire de 1200 tonnes pouvant filer à 30 nœuds et franchir 1500 miles nautiques à 25 nœuds.

Propulsés par des turbines à engrenages et des chaudières à vapeur surchauffée, ces navires étaient armés de trois canons de 105mm en affûts simples, une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm et deux plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm sans oublier des grenades ASM.

Ces navires sont baptisés Smeli, Druzkhi, Shumni et Strogi et sont mis en service respectivement en octobre 1944, en mars 1945, en septembre 1945 et en juillet 1946.

Ces navires vont naturellement participer à la seconde guerre mondiale pour défendre les côtes, escorter des convois et attaquer ceux de l’adversaire.

Le Smeli est coulé le 14 juin 1951 par une mine alors qu’il tentait d’attaquer un convoi soviétique ravitaillant la Crimée. Le Shumni est coulé le 8 septembre 1952 par l’aviation soviétique, le Druzkhi est victime de vedettes lance-torpilles soviétiques déployées en Crimée après la reprise de la presqu’ile suite à l’opération PIOTR VELIKY déclenchée en septembre 1953 (2 octobre 1953) alors que le Strogi qui avait survécu à de nombreux conflits finit par être sabordée à Varna le 25 janvier 1954.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1200 tonnes pleine charge 1580 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 97.50m largeur 11.50m tirant d’eau 3.95m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 45000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 1500 miles nautiques à 25 nœuds 3500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 105mm sous masque (deux avant et un arrière), quatre canons de 37mm en deux affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, deux plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et huit grenades ASM

Equipage : 110 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

S-Boot

Pour renouveler leur flotte certains marins bulgares se mirent à rêver de croiseurs et de destroyers soit une flotte capable non pas de tenir tête à la Flotte soviétique de la mer Noire ou à la marine turque mais de rendre intenable un blocus comme l’art de la guerre navale le prescrivait pendant des siècles.

Hélas trois fois hélas les moyens attribués à la marine du royaume de Bulgarie étaient trop faibles pour créer une Blue Water Navy même légère. Les marins bulgares furent donc obligés de se rabattre sur une Green Water Navy, une marine littorale composée outre de quatre torpilleurs légers d’une flottille de huit vedettes lance-torpilles fournies par la compagnie allemande Lurssen.

Ces vedettes lance-torpilles étaient comparables aux S-Boot allemandes en un peu plus gros avec un armement renforcé. Après la livraison des quatre premières vedettes en 1939, quatre autres furent livrées en 1941 pour permettre de former la première flottille de torpilleurs.

Ces vedettes étaient désignés par les lettres TL (torpeda lokda bateau lance-torpilles) suivit d’un chiffre allant de 1 à 8.


Ces vedettes étaient les seules en service en septembre 1948 mais durant le conflit huit autres nouvelles furent fournies par les allemands non pas pour augmenter les capacités offensives de la marine bulgare mais pour compenser des pertes très élevées ce qui dément cette image d’une marine bulgare sur la défensive et faisant preuve d’une totale pusillanimité.

Ce sont donc seize vedettes (TL-1 à 16) qui ont été fournies à la marine bulgare. En janvier 1954 quand la Bulgarie change de camp, il n’en reste plus que deux qui sont sabordées à Varna en compagnie des restes de la flotte bulgare. Cet événement survenu le 25 janvier 1954 reste d’ailleurs un vrai traumatisme dans la marine bulgare et je n’ose imaginer ce qui se serait passé si notre marine française avait connu un tel événement.

Sur les quatorze vedettes détruites, six l’ont été par l’aviation, quatre par des mines, deux accidentellement et deux par leurs homologues soviétiques.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 51 tonnes pleine charge 60 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 29m largeur 4.46m tirant d’eau 1.51m

Propulsion : trois moteurs essence Daimler-Benz dévellopant 2850ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale : 36 nœuds

Armement : un canon de 37mm, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses de 7.92mm et deux tubes lance-torpilles de 533mm

Equipage : 23 officiers et marins

Mouilleur de mines Bulgaria

Le HMS Abddiel

Pour une marine littorale, une Green Water Navy la mine marine est une arme capitale. Peu coûteuse mais d’une efficacité redoutable, elle ne peut et ne doit surtout pas être négligée que ce soit pour être mouillée ou pour être neutralisée.

Pour le mouillage on peut utiliser des navires marchands plus ou moins modifiés ou des navires spécialisés. Si aujourd’hui les mouilleurs de mines, les minelayer sont peu nombreux, à l’époque de la seconde guerre mondiale nombre de marines possédaient un ou plusieurs mouilleurs de mines.

Le principal inconvénient était que ce navire était conçu pour une période de guerre ce qui rendait son financement difficile à obtenir à moins de lui attribuer une mission du temps de paix ce qui pouvait avoir des conséquences dramatiques comme l’à montré la perte du mouilleur de mines Pluton à Casablanca en septembre 1939.

La marine bulgare souhaite dans le cadre de sa modernisation posséder un véritable mouilleur de mines pour poser les champs de mines défensif destinés à protéger les accès aux ports du pays.

Non sans mal le budget est obtenu et un grand mouilleur de mines semblable au HMS Abdiel et logiquement baptisé Bulgaria.

Plus gros navire de la marine bulgare, le Bulgaria dont le commandant honoraire était le tsar Boris III était un mouilleur de mines pouvant être utilisé également comme transport de troupes, navire de commandement et navire de soutien.

Il est mis sur cale aux chantiers navals de Varna (avec toujours l’assistance technique allemande) le 25 septembre 1942 lancé le 8 mars 1944 et mis en service le 17 septembre 1945.

Alors que la paix règne encore en Europe, le Bulgaria sert d’abord de navire-école pour former les futurs officiers de la marine bulgare mais aussi de transport de troupes, la Bulgarie expérimentant le transport rapide de troupes d’un port à l’autre.

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 5 septembre 1948, le Bulgaria redevient un vrai mouilleur de mines, embarque son chargement de mines et va installer les champs de mines prévus de longue date.

Une fois cette opération terminée, le Bulgaria va servir de transport de troupes rapide notamment en direction de l’URSS quand l’armée bulgare participera à la «croisade antibolchevique» avec le résultat que l’on sait. Ultérieurement le navire assurera le rapatriement des troupes bulgares.

Le 7 octobre 1952 alors qu’il venait de transporter en Crimée des troupes allemandes, il est surpris par l’aviation soviétique.

Des bombardiers bimoteurs Peltyakov Pe-2 passent à l’attaque en profitant d’une trouée dans la couverture nuageuse.

Naviguant sans escorte, le Bulgaria se défend comme un beau diable, manoeuvrant avec énergie et ouvrant le feu avec sa DCA. Si cette dernière abat trois avions, les sept autres parviennent à l’attaquer.

Trois bombes tombent à proximité fragilisant la coque (coups à toucher ou near missed) mais trois autres touchent le navire, le transformant en une annexe de l’enfer.

Le navire commence à se coucher sur tribord et chavire, explosant avant de sombrer ne laissant qu’une poignée de survivants qui seront repêchés le lendemain par deux hydravions allemands.

L’épave repose aujourd’hui à 350m de fond à environ 100 miles nautiques des côtes de Crimée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement standard 2800 tonnes pleine charge 3750 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 125m longueur entre perpendiculaires 122mm largeur 12m tirant d’eau 3.50 à 4.30m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières développant 68000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 37 noeuds (35 nœuds à pleine charge) distance franchissable 1000 miles nautiques à 37 noeuds

Armement : six canons de 105mm en trois affûts doubles (deux avant et un arrière), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, douze canons de 20mm en affûts simples et 140 mines. En configuration transport de troupes il peut embarquer entre 400 et 900 hommes.

Equipage : 242 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (22) Hongrie (22)

Véhicules

Chars de combat

Avant-propos

Dans ce domaine, les hongrois vont utiliser à la fois des chars étrangers (livrés de bonne grâce ou capturés sur le champ de bataille) mais aussi des véhicules nationaux. Néanmoins à par les Panzer IV et les quelques Tigre livrés à la fin du conflit, les chars de combat livrés aux hongrois étaient inférieurs à leur adversaire notamment en terme d’armement.

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