Grande-Bretagne (6) Géopolitique (1)

GÉOPOLITIQUE

Relations avec les dominions

-La Grande-Bretagne qui possédait le premier empire colonial du monde fit toujours preuve de pragmatisme avec différents statuts dont celui de dominion, un statut à mi-chemin entre l’indépendance et la colonie.

-Les dominions sont essentiellement des colonies de peuplement blanc à savoir l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et l’Afrique du Sud mais également Terre-Neuve et l’Etat libre d’Irlande.

-Indépendants en pratique, ces états étaient corsetés par une série de disposition permettant à Londres de s’ingérer dans leurs affaires intérieures.

-Ces dispositions deviennent caduques suite à la déclaration Balfour de 1926 puis au statut de Westminster en 1931 qui marque la naissance officielle du Commonwealth of Nations, établi comme une association d’États indépendants et souverains, « librement associés » et égaux, dont l’adhésion reposait sur une allégeance commune à la couronne britannique.

-En 1934, Terre-Neuve redevient une colonie dirigée par Londres avant de devenir en 1948, peu avant le conflit, une nouvelle province du Canada, premier dominion créé en 1867, le roi George VI étant représenté par un gouverneur général.

-Trois ans plus tard, en 1937, l’Etat Libre d’Irlande devient suite à un référendum la République d’Irlande, cessant tout relation d’allégeance à la couronne britannique, adoptant une posture neutraliste.

-Sur le plan des relations entre Londres et ses dominions, elles sont ambiguës, certains dominions notamment l’Australie menacée par le bellicisme japonais doutant de la volonté de Londres de défendre ses anciennes colonies.

-Cela impose à Londres de muscler son dispositif en Asie du Sud-Est avec la modernisation de la base navale de Singapour et l’aménagement d’une base tactique à Kuching sur l’île de Borneo qui relaie une base implantée à Alor Setar. Les moyens navals sont renforcés, trois cuirassés et deux porte-avions d’escadre sont déployés pour dissuader le Japon.

-Ce renforcement des positions en Asie du Sud-Est est commun à toutes les puissances coloniales de la région qu’il s’agisse des Etats-Unis aux Philippines (indépendantes en mars 1945), des Pays-Bas aux Indes Néerlandaises et de la France en Indochine.

-Ce renforcement concerne également la Royal Air Force (qui va déployer des bombardiers lourds en Extrême-Orient) et la Royal Army.

Si pour cette dernière relativement peu de troupes métropolitaines rejoignent Singapour, la Malaisie, l’Inde ou la Birmanie, les troupes de recrutement local sont nettement mieux formées et équipées. Ils vont former le socle des futures armées de l’indépendance promise à moyen terme.

Grande-Bretagne (1) Avant-Propos

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.3 GRANDE-BRETAGNE

Union Jack

AVANT-PROPOS

Après avoir terminé l’Allemagne, je me lance maintenant dans un nouveau tome, le premier véritable tome en version résumé à savoir la Grande-Bretagne.

Qui dit résumé ne dit pas bâclé. Je vais essayer d’être le plus précis possible sans endormir mes lecteurs par une avalanche de détails.

Dans ce troisième tome, je vais commencer par une histoire politique de la Grande-Bretagne, très allusive entre 1919 et 1939, un peu plus détaillée entre 1939 et 1948.

Neville Chamberlain en 1921

Neville Chamberlain en 1921

Si le point de divergence de mon uchronie est fixé au 9 novembre 1939, en Grande-Bretagne, c’est en mars 1940 que tout change quand Chamberlain est remplacé par Churchill comme premier ministre.

Winston Churchill

Winston Churchill

Le «Winston is back» lancé à la cantonade en septembre 1939 quand il était redevenu premier lord de l’Amirauté s’émousse rapidement au contact d’une paix incertaine mais d’une paix, certains mezzo voce s’inquiétant des foucades du Bouledogue qui pourrait provoquer la guerre, une guerre redoutée mais non souhaitée.

Résultat, si il remporte les élections de 1940, il perd celles de 1944 au profit des travaillistes qui persuadés de l’emporter dans un contexte de tension, provoquent des élections anticipées au printemps 1948, élections remportées par les conservateurs qui rappellent Winston Churchill, premier ministre quand le conflit éclate.

Après l’histoire politique, nous verrons dans une deuxième partie, la géopolitique de la Grande-Bretagne, une géopolitique mondiale car liée aux dominions dont les relations avec la métropole, l’ancienne puissance coloniale sont parfois ambivalentes.

La troisième partie sera consacrée à la Royal Navy, la marine de Sa Majeste avec une histoire rapide au 19ème siècle, son évolution entre 1919 et 1939, sa situation en septembre 1939 et son évolution jusqu’en septembre 1948.

La quatrième partie sera consacrée aux systèmes d’armes de la marine britannique, l’artillerie lourde, l’artillerie médiane (100-203mm), l’artillerie légère, les torpilles, les charges ASM et les mines.

Les parties suivantes étudieront successivement les navires de ligne (cuirassés et croiseurs de bataille), les porte-avions, les croiseurs lourds, les croiseurs légers, les destroyers, la «poussière navale», les sous-marins, les vedettes lance-torpilles et les navires de soutien.

Nous étudierons ensuite l’aéronavale _la fameuse Fleet Air Arm_ qui passe d’un statut de préoccupante faiblesse en septembre 1939 à celui d’une force moderne et redoutable au moins sur le papier avant d’étudier les bases navales et l’ordre de bataille de la Royal Navy en septembre 1948.

Comme les autres belligérants, la guerre déclenchée en septembre 1948 surprend la Royal Navy qui à engagé un important programme de modernisation notamment dans le domaine des cuirassés et des porte-avions.

Et comme les autres belligérants, certaines constructions peu avancées ou non prioritaires sont suspendues, d’autres accélérés en attendant les commandes d’urgence pour combler les premières pertes et les premiers manques.

Un programme de guerre est voté au printemps 1949 pour combler les pertes, anticiper sur une guerre longue et (déjà) préparer le futur en essayant d’imaginer le visage d’une marine britannique ayant triomphé de ses adversaires allemands, italiens et sans doutes japonais.

Ce sera ensuite une étude de l’armée de terre qui connait une croissance de ses effectifs et de ses moyens notamment pour réduire le délai de montée en puissance de la nouvelle British Expeditionnary Force (BEF) qui doit se déployé en France dès le début de la guerre.

Dans cette partie consacrée à la Royal Army, nous parlerons brièvement de son histoire du premier au second conflit mondial, de ses structures et de son armement.

Enfin nous terminerons par la Royal Air Force (R.A.F), la première force aérienne indépendante au monde (1918). Comme pour l’armée de terre, nous étudierons successivement son histoire, ses structures, les avions l’équipant, terminant par un ordre de bataille en septembre 1948.