Pologne et Pays Neutres (46) Irlande (7)

Une histoire militaire de l’Irlande (3) : première guerre mondiale, indépendance et guerre civile

Soldat britannique de la première guerre mondiale

Durant le premier conflit mondial en dépit des débats sur la nécessité ou non de soutenir George V, les irlandais ont fait leur part avec 206000 hommes engagés ce qui est tout sauf un chiffre insignifiant.

58000 étaient déjà enrolés quand la guerre éclate (21000 réguliers, 18000 réservistes, 12000 appartenant à la réserve spéciale, 5000 marins et 2000 officiers). 130000 volontaires vont rejoindre les rangs de l’armée britannique durant le conflit (NdA j’ignore la raison de l’écart obtenu entre le chiffre total des engagés et le chiffre de 188000 obtenu). Les principaux régions pourvoyeuses sont l’Ulster, le Leinster et le Munster, les autres régions étant plus en retrait.

Les unités irlandaises sont regroupées au sein de trois divisions, les 10th 16thet 36th (Irish) Division, la première s’illustrant à Gallipoli, les deux autres sur la Somme. Les lourdes pertes font chuter les recrutements sans compter la condamnation de la guerre par l’Eglise Catholique en juillet 1915.

Pour ne rien arranger les irlandais les Paddies comme les appellent avec mépris avec les britanniques sont rudement traités (pour ne pas dire maltraités) par leurs officiers britanniques.

Certes les républicains étaient opposés à tout soutien à la Grande-Bretagne mais même les irlandais partisans du Home Rule et bien disposés vis à vis de George V sont écœurés et exaspérés. Un chiffre peut traduire ce sentiment : un soldat britannique sur 3000 sera fusillé après un passage par la cour martiale, chiffre qui tombe à un pour 600 pour les irlandais sachant que vingt-six fusillés seront ultérieurement pardonnés.

La situation est tellement tendue que la conscription ne sera étendue en irlande qu’en 1918 mais avec un apport plus symbolique que réel.

Les allemands tentent de soutenir l’IRA mais c’est un échec que ce soit la livraison d’armes pour le soulèvement de Pâques ou la levée d’une brigade irlandaise parmi les prisonniers irlandais en Allemagne, une brigade qui se limitera à cinquante-cinq hommes.

Au début du conflit les nouvelles recrues rejoignent les nouveaux bataillons au sein des huit régiments basés en Irlande. Les bataillons rejoignent ensuite les trois divisions citées plus haut.

Les huit régiments professionnels déployés en Irlande disposaient chacun de leur propre zone de recrutement.

On trouve le Royal Irish Regiment, le Royal Inniskilling Fusiliers, le Royal Irish Rifles, le Princess Victoria’s Royal Irish Fusiliers, le Connaugh Rangers, le Prince of Wale’s Leinster Regiment (Royal Canadian), le Royal Dublin Fusiliers et le Royal Munster Fusiliers.

Ces régiments sont affectés non pas aux divisions que je vais présenter par la suite mais à d’autres divisions de l’armée britannique (1ère, 6ème, 14ème, 24ème, 27ème, 29ème, 30ème, 31ème, 34ème,50ème, 57ème et 66ème division d’infanterie).

Après le début de la guerre ces régiments lèvent et entrainent des bataillons de service destinées aux trois divisions irlandaises.

Aux huit régiments d’infanterie s’ajoutent quatre régiments de cavalerie (4th [Royal Irish] Dragoon Guards, 5th [Royal Irish] Lancers, le 6th [Inshiskilling] Dragoons et le 8th [King Royal Irish] Hussars), un régiment d’infanterie régulier (The Irish Guards), deux régiments de cavalerie de la Special Reserve (North et South Irish Horse), deux unités de la Territorial Force (Liverpool Irish et London Irish Rifles)

A noter que la 16ème division est surtout composée de Volontaires Irlandais alors que la 36ème division est plus composée de d’hommes issues de l’UVF (Ulster Volunteers Force).

La 10ème division est créée en août 1914. Elle combat à Gallipoli, Salonique et en Palestine. La 16ème division mise sur pied en septembre 1914 n’est déployée en France qu’à partir de décembre 1915. Elle combat jusqu’au printemps 1918 quand elle est détruite par l’offensive allemande. Elle est reconstituée en juin, redéployée sur le continent en France mais n’à désormais d’irlandais que le nom.

La 36ème division ancienne Ulster Division est elle aussi mise sur pied en septembre 1914. Elle passe sur le continent en octobre 1915, combattant sur la Somme en 1916, à Messine, Ypres Courtrai avant d’être détruite en mars 1918 puis reconstituée mais perdant son caractère irlandais et même unioniste.

Quand le premier conflit mondial se termine, 27405 irlandais ont été tués soit un taux de 14% similaire au reste de l’armée britannique ce qui tendrai à démonter la légende des irlandais «chair à canon» de l’empire britannique.

De nombreux irlandais démobilisés vont émigrer hors d’Irlande, d’autres vont reprendre du service aussi bien au sein de l’armée du nouvel Etat libre qu’au sein d’unités de sinistre réputation : les Black & Tans et les Auxiliaries Auxies»). D’autres vont rejoindre une nouvelle police armée, l’Ulster Special Constabulary.

A la fin du premier conflit mondial sur les huit régiments disponibles en 1914 il n’en restait plus que cinq (a noter que certains ont changé de nom) : Royal Dublin Fusiliers, Royal Munster Fusiliers, le Connaugh Rangers, le Leinster Regiment et le Royal Irish Regiment. Ces régiments qui ont souffert de la guerre vont être dissous ou amalgamés après la création de l’Etat libre d’Irlande.

C’est ainsi que le 4th (Royal Irish) Dragoon Guards est amalgamé avec 7th Dragoon Guards (Princess Royal’s) pour former le 4th/7th Dragoon Guards. Même chose pour le 5th [Royal Irish] Lancers qui amalgamé avec le 16th The Queen’s Lancers va former le 16th/5th Lancers. Quand au 6th [Inshiskilling] Dragoons il s’amalgame avec l 5th (Princess Charlotte of Wale’s) Dragoon Guards pour former le 5th/6th Dragoons.

Le Connaugh Rangers est le résultat des 88th Regiment of Foot et du 94th Regiment of Foot, le premier formant le 1er bataillon, le 2ème régiment le 2ème bataillon du nouveau régiment. Stationné à Galway le régiment est dissous le 31 juillet 1922.

Le Prince of Wales ‘s Leinster Regiment (Royal Canadian) lui aussi avait été créé en 1881 par amalgamation du 100th Regiment of Foot (Prince of Wales ‘s Royal Canadian) et du 109th Regiment of Foot (Bombay Infantry), deux régiments levés respectivement en 1858 et 1853. Il est dissous le 31 juillet 1922.

Le Royal Dublin Fusiliers est issu de l’amalgamation du Royal Bombay Fusiliers et du Royal Madras Fusiliers avec des unités de milice de Dublin et de Kildare, le régiment possédant deux bataillons d’active et deux bataillons de milice. Il est dissous le 31 juillet 1922.

Le Royal Inniskilling Fusiliers connait un sort légèrement différent puisqu’il survit après 1922. Il est créé en 1881 par l’amalgamation du 27th (Inniskilling) Régiment of Foot et le 108th Regiment of Foot. Après le 31 juillet 1922 le 2ème bataillon va être préservé au sein de l’armée britannique aux côtés du 2nd Bataillon Royal Irish Fusiliers, du 89th Foot et du 108th Foot.

Le Royal Irish Fusiliers (Princess Victoria’s) est issu de l’amalgamation du 97th (Prince of Wales ‘s Irish) Regiment of Foot et du 89th (Princess Victoria ‘s) Regiment of Foot. Il devient en 1920 le Royal Irish Fusiliers (Princess Victoria’s).

Le Royal Irish Regiment est né en 1684 prennant son nom actuel en 1881 après avoir été successivement baptisé Earl’s of Granard ‘s régiment of Foot, Royal Regiment of Foot of Ireland, le 18th (The Royal Irish) Regiment of Foot.

Le Royal Munster Fusiliers est issus de la fusion du 101st Regiment of Foot (Royal Bengal Fusiliers) et du 104th Regiment of Foot (Bengal Fusiliers). Composé lui aussi de deux bataillons d’active et de deux bataillons de milice, il est dissous le 31 juillet 1922.

Le Royal Ulster Rifles est l’ancien Royal Irish Rifles (changement de nom en date du 1er janvier 1921) qui à été créé en 1881 par l’amalgamation du 83rd (County of Dublin) Regiment of Foot et du 86th (Royal County Down) Regiment of Foot.

Une histoire militaire de l’Irlande (4) : Etat libre et république, Etat d’urgence et second conflit mondial

Soldats de la National Army à bord d’un navire durant la guerre civile irlandaise

L’Etat libre d’Irlande met en place son Armée Nationale dont le cœur est formé à la fois par des vétérans de l’armée britannique (qui ont représenté jusqu’à 20% des officiers et 50% des sous-officiers, l’immense majorité des vétérans expérimentés) et par d’anciens membres de l’IRA. Leur commandant en chef est un certain Michaels Collins jusqu’à sa mort en août 1922.

Les effectifs autorisés par le Dail sont de 35000 en juillet 1922 et de 58000 en mai 1923, cette augmentation d’effectifs étant rendue nécessaire par la guerre civile irlandaise opposant pro et anti-traité alors qu’il était initialement envisagé une armée réduite de 4000 hommes.

Cette An t Arm Naisiunta va exister jusqu’au 1er octobre 1924 quand va être remplacée par les forces de défense (Oglaigh na h Eireann).

Les armes sont fournies par les britanniques que ce soit les armes légères, les armes automatiques, de l’artillerie, des autos blindées et même des avions.

La guerre civile irlandaise se termine le 24 mai 1923 quand les anti-traités déposent les armes. Il faut réduire les effectifs pour des raisons politiques, sécuritaires et économiques. Cela ne se fait pas sans mal puisqu’en mars 1924 on assistera à un mouvement d’humeur, une quasi-mutinerie.

Le 3 août 1923 le parlement irlandais vote le Defense Forces Act qui décide la mise en place pour le 1er octobre 1924 de Forces de défense.

Initialement l’armée nationale était organisée comme l’était l’IRA avec des divisions et des brigades mais en janvier 1923 elle est totalement réorganisée avec neuf commandements territoriaux et des corps spécialisés.

Les neuf commandements territoriaux sont Dublin, Athlone, Donegal, Claremorris, Limerick, Kerry, Waterford, Cork et Curragh.

Les corps spécialisés sont le Corps des autos blindées, le corps d’artillerie, le corps des ingénieurs de l’armée, le corps des travailleurs, le corps de maintenance, de réparation et de protection ferroviaire, le corps de sauvetage, le corps des transmissions de l’armée, le corps de transport, le corps de police militaire et le service aéronautique.

QF 18 Pounder Mk IV

En ce qui concerne l’armement on compte pour l’infanterie des pistolets Webley, des pistolets mitrailleurs Thompson, des fusils Lee-Enfield, de mitrailleuses Hotchkiss modèle 1909, Lewis et Vickers. L’artillerie n’à reçu que neuf canons de 18 livres, deux d’entre-eux devant tirer sur le tribunal de Dublin occupé par les anti-traités.

Les véhicules blindés sont treize autos blindées Rolls Royce, sept autos blindées Peerless et soixante-quatre Lancia.

Les avions sont de plusieurs modèles : un Martinsyde type A Mk2, six Avro 504K, un SE.5a, huit Bristol F2B, quatre Martinsyde F.4 et huit De Havilland DH.9

Après le retour à la paix l’armée est donc réorganisée, ses effectifs grandement réduits mais cette réduction est compensée par la mise en place d’une réserve. Enfin une réserve il y eut plusieurs organisations successives.

En mai 1927 c’est la Classe A Reserve avec des sous-officiers et des hommes du rang soit 5000 hommes bien entrainés.

En janvier 1928 est mise en place la Classe B Reserve, les personnes concernées subissant un entrainement initial de trois mois plus un mois par an. L’engagement minimal est de 6 ans. Elle va compter 3600 hommes mais elle va cesser d’exister en 1934.

A l’automne 1929 est mise sur pied la Volunteer Reserve Force (Force Volontaire de Réserve) mais cette force à une existence éphémère puisqu’elle disparaît en 1935.

En mars 1934 est mise sur pied une Volunteer Force avec des régiments territoriaux (Régiments de Oriel, de Leinster, de Dublin, d’Ormond, de Thomond, Connacht, Breffni, Tyrconnell, Uisneach et Desmond) plus le Régiment Pearse du nom du leader de l’insurrection de 1916 fusillé par les britanniques. Cette réserve comprend trois échelons (deux premiers échelons entrainés et un troisième composé de spécialistes civils).

Enfin en septembre 1948 au moment du second conflit mondial est mis sur pied une Local Security Force (LSF) avec 44870 hommes divisés entre un échelon A qui intervient en soutien de l’armée et un echelon B qui intervient en soutien de la police.

Si l’Etat libre d’Irlande reste neutre durant toute la période qui nous intéresse cela ne veut pas dire que les irlandais ne se battent pas quelque part et je ne fais pas ici allusion à leur réputation de bagarreur. Non je parle par exemple de la guerre d’Espagne où l’on trouve des irlandais engagés aussi bien du côté républicain que du côté nationaliste.

Côté républicain on trouve par exemple la Colonne Connolly. Portant le nom du leader républicain irlandais fusillé par les britanniques après l’échec du soulèvement de Pâques, la Colùn Ui Chonghaile regroupait des républicains irlandais de tendance socialiste qui ont combattu aux sein des brigades internationales.

De la taille d’une compagnie, elle était intégrée au sein du bataillon américain «Abraham Lincoln» qui lui même dépendait de la 15ème brigade internationale. 145 se sont engagés au début mais 61 ne sont pas rentrés au moment de la dissolution des Brigades Internationales en septembre 1938.

Dans le camp d’en face on compte une Brigade irlandaise ou en version originale Briogaid na hEireann. Mise sur pied par Eoin O’Duffy, elle ne va pas compter plus de 700 hommes.

Sa mise sur pied est d’abord politique. Les carlistes (catholiques traditionnels, partisan d’une restauration de la monarchie) sollicitent les catholiques irlandais pour les aider dans un conflit qu’ils considèrent comme étant une croisade contre le communisme et l’athéisme.

Cette demande est appuyée par Franco du moins tant que ce dernier aura besoin de s’assurer du soutien des carlistes. Une fois ceci fait il se montrera nettement moins enthousiaste sur l’utilité d’une telle unité.

Fin 1936 7000 volontaires qui étaient loin d’être des partisans enthousiastes du leader «fasciste» irlandais se sont presentés mais seulement 700 parviendront non sans mal en Espagne entre l’opposition du gouvernement irlandais et les réticences du généralissime.

Basés à Caceres, ces volontaires étrangers sont rattachés à la Légion sous le nom de 15ème bataillon, un bataillon à quatre compagnies. Très vite ils se font remarquer par leur excès liés à une consommation excessive de boissons alcoolisées. Cela leur est beaucoup reproché par leurs supérieurs espagnols.

Le seul engagement de la «brigade irlandaise» est la Bataille de Jarama (19 février 1937) enfin engagement c’est vite puisqu’après un duel fratricide avec des phalangistes venus des Canaries (deux irlandais et neuf canariens tués) la seule attaque tourne à la farce quand les irlandais refusent d’avancer.

En janvier 1937 600 autres volontaires tentent de rallier l’Espagne mais ils sont bloqués à Galway suite au vote d’une loi interdisant à tout citoyen irlandais de s’engager dans ce conflit. La brigade retourne en Irlande en juin 1937 mais certains retenteront leur chance en indiviuel.

Les Forces de Défense sont mobilisées durant la guerre de Pologne. Elles bénéficient durant la Pax Armada d’une modernisation de leurs moyens avec l’acquisition d’armes plus modernes, la petite armée irlandaise disposant même de quelques chars légers. Plus anecdotique l’équipement évolue avec un nouvel uniforme et un nouveau casque.

Soldats irlandais au début des années quarante. On comprend pourquoi un nouveau casque à été introduit durant la Pax Armada.

L’uniforme d’un vert gris assez proche du feldgrau est remplacé par un vert un peu plus clair et le casque qui ressemblait beaucoup au Stalhem allemand est remplacé par un casque que certains ont décrit comme le fils illégitime du casque anglais et du casque Adrian.

Au moment de la mobilisation l’armée de terre irlandaise dispose de huit brigades réparties sur tout le territoire national.

Pour améliorer la réactivité des troupes il est décidé de créer deux divisions regroupant chacune trois brigades laissant deux brigades indépendantes.

C’est ainsi que la 1ère division (QG Cork) regroupe la 1ère brigade (10ème, 13ème et 21ème bataillons), la 3ème brigade (4ème, 19ème et 31ème bataillons) et la 7ème brigade (9ème, 12ème et 15ème bataillons).

La 2ème division (QG Dublin) regroupe la 2ème brigade (2ème, 5ème et 11ème bataillons), la 4ème brigade (6ème, 8ème et 20ème bataillons) et la 6ème brigade (7ème, 18ème et 22ème bataillons).

Les deux brigades indépendantes sont la 5ème (3ème, 16ème et 25ème bataillons) alors que la 8ème brigade possède les 1er et 23ème bataillons.

On trouve également trois bataillons de garnison et la défense côtière.

Au printemps 1949 les divisions sont réorganisées tous comme les brigades. L’un de leur bataillon devient une colonne mobile (colúin shochorraithe) c’est à dire un groupement motorisé avec quelques chars légers, des autos blindées et de l’infanterie portée sur camion.

En cas de débarquement amphibie ou aéroporté ennemi ces colonnes mobiles doivent se porter au devant de l’ennemi et soutenir les défenses côtières ou les défenses des aéroports. Il semble qu’un temps on envisagea de regrouper les différents colonnes mobiles en un groupement motorisé pour faire masse mais cela ne se fit pas probablement pour des raisons de coût.

L’armée irlandaise va passer le second conflit mondial à se préparer à une guerre qu’elle ne souhaite, renforçant ses défenses côtières et frontalières, multipliant exercices et patrouilles, modernisant son armement avec l’aide discrète des alliés.

Quand le second conflit mondial se termine l’armée irlandaise n’à certes pas combattu du moins pas directement mais se trouve plus forte qu’en 1948.

Un temps le débat court sur l’utilité de maintenir la neutralité et de passer à une alliance avec d’autres pays d’Europe mais ce débat est vite enterré par la Statue du Commandeur aka Eamon de Valera.

La République d’Irlande va donc rester neutre ce qui ne l’empêchera une fois admise au sein des Nationes Unies en 1962 de participer sous casque bleu à des opérations dites de maintien de la paix.

On sait aujourd’hui après la déclassification des archives qu’en cas de nouvelle guerre contre l’URSS et les alliés, la verte Erin aurait pu servir de refuge en cas d’invasion de tout le continent. En revanche on ne connait pas le détail de la coopération prévue entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Irlande.

Grande Bretagne (87) Armée de terre (12)

Matériel de l’Armée britannique (7) : autos blindées et autres véhicules

Avant-Propos

Si le premier conflit mondial vit l’apparition des premières auto blindées, la fin de la guerre de mouvement en novembre 1914 (échec de la course à la mer) limita rapidement leur utilisation qui devint anecdotique sur le front occidental.

Après guerre, les autos blindées restèrent en service, de nouveaux modèles étant mis en service à partir du début des années trente au moment où l’armée de terre britannique se mécanise à une échelle plus importante que la France.

Leur mission principale étant la reconnaissance, ces véhicules sont légèrement armés en l’occurence des mitrailleuses et des canons légers, un armement trop puissant pouvant pousser l’équipage à engager le combat au lieu de penser à sa mission de reconnaissance et de renseignement.

Sur le plan de l’organisation, les unités de reconnaissance sont intégrées aux divisions, un régiment pour les divisions blindées, un bataillon pour les divisions d’infanterie et une compagnie pour les brigades blindées indépendantes.

Sur le plan matériel, de nombreux modèles sont lancées dans la précipitation d’un contexte international tendu mais au final seulement trois modèles furent conservés et produits en grande série, la Daimler Scout Car, la Humber Armoured Car et enfin la Daimler Armoured Car, la première disposant d’une simple mitrailleuse de 7.7mm, la seconde d’une mitrailleuse de 15mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm et la troisième d’un canon de 2 livres et d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm.

Aux côtés des autos blindées, des Armoured Car, on trouve d’autres véhicules, des chenillettes, des camions et des véhicules légers.

Dérivés des chars légers Carden-Loyd, les chenillettes britanniques furent une tentative pour répondre aux besoins de la mécanisation de l’infanterie.

Ces transporteurs (Carrier) furent utilisés pour le ravitaillement de l’infanterie, le transport et le remorquage des armes lourdes voir le transport de troupes même si ils n’avaient pas été conçus pour cette mission.

En ce qui concerne les camions et les véhicules légers, la Grande-Bretagne bénéficie d’une industrie automobile puissante et bien organisée qui lui permettre de disposer d’une flotte appréciable de camions et de VL (véhicules légers) ce qui ne l’empêcha pas de commander à l’étranger aux Etats-Unis, au Canada mais également en Italie.

Les besoins français et anglais en terme de camions étant similaires les deux pays tentèrent de coordonner leur production voir de mettre au point des modèles communs mais les intérêts financiers, industriels ainsi qu’un certain chauvinisme empêcha cette politique de bon sens de fonctionner pleinement.

Autos-blindées

Les modèles anciens en service en septembre 1939

-Quand éclate la guerre de Pologne (parfois connue comme la guerre de Trois Mois ou Three Months War), l’armée britannique disposait encore comme autos-blindées des Rolls-Royce Armoured Car mises en service en décembre 1914 par adaptation d’une caisse blindée sur un chassis de voiture Rolls-Royce Silver Ghost, cette caisse étant munie d’une tourelle monoplace armée d’une mitrailleuse Vickers.

Rolls Royce Armoured Car

Rolls Royce Armoured Car

A cette époque, le front occidental s’étant transformé en un double réseau de tranchées rendant impossible l’utilisation d’autos blindées qui furent envoyées au Moyen-Orient notamment pour soutenir la révolte des tribus arabes menée par Laurence d’Arabie. En 1917 la production des châssis est suspendue pour permettre à Rolls-Royce de se concentrer sur la production de moteurs d’avions.

Treize véhicules furent cédés à l’Etat Libre d’Irlande pour lui permettre de lutter contre l’IRA au cours de la guerre civile irlandaise. Ils furent retirés du service en 1944 et remplacées par des Humber Armoured Car plus modernes.

Les véhicules furent modernisés en 1920 et 1924 donnant naissance aux Rolls-Royce 1920 Pattern et Rolls-Royce 1924 Pattern dont 76 exemplaires étaient encore en service en Egypte et au Moyen-Orient avec une superstructure ouverte en remplacement de la tourelle, superstructure accueillant un fusil antichar Boys, un fusil-mitrailleur Bren et un lanceur de grenades fumigènes.

Les véhicules usés furent retirés du service en 1942 et remplacés par des véhicules plus modernes.

Caractéristiques Techniques des Rolls-Royce Armoured Car

Poids : 4.7 tonnes

Dimensions : longueur 4.93m largeur 1.93m hauteur 2.54m

Motorisation : un moteur à essence à refroidissement par eau 6 cylindres de 80ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 240km

Blindage : 12mm

Armement : une mitrailleuse Vickers .303

Equipage : 3 hommes

Lanchester 6x4 Armoured Car

Lanchester 6×4 Armoured Car

-En septembre 1939, l’auto-blindée Lanchester 6×4 est encore en service au sein de la Territorial Army et d’unités coloniales notamment en Asie du Sud-Est.

Cette imposante auto-blindée produite par la Lanchester Motor Company à pour origine un contrat signé le 19 juillet 1927. Deux prototypes sont présentés en mars 1928. 37 véhicules furent produits, 22 autos-blindées, deux véhicules d’instruction et treize véhicules de commandement avec un poste radio à la place de la mitrailleuse de caisse.

Les livraisons furent particulièrement lentes puisqu’il fallut cinq ans (1929-1934) pour équiper le 11ème régiment de hussards avant que le régiment soit déployé en Egypte en remplacement du 12ème régiment de lanciers. Les deux régiments échangèrent leurs véhicules, le 11ème hussard recevant des Rolls-Royce Pattern.

Quand éclate la guerre de Pologne, vingt-deux autos-blindées sont envoyées en Malaisie, le reste étant cédé à la Territorial Army.

Neuf ans plus tard en septembre 1948, ces autos-blindées n’étaient plus en service, ayant été remplacées par des modèles plus modernes et plus performants.

Quelques exemplaires sont cependant ressortis des stocks à la mobilisation pour assurer la protection du gouvernement.

Caractéristiques Techniques de la Lanchester 6×4 Armoured Car

Poids : 7 tonnes

Dimensions : longueur 6.10m largeur 2.02m hauteur 2.82m

Motorisation : un moteur essence Lanchester 6 cylindres de 90ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 9mm

Armement : tourelle biplace avec une mitrailleuse Vickers .50 associé à une mitrailleuse .303, une deuxième mitrailleuse de ce même calibre est présente à l’avant de la caisse (les véhicules de commandement disposent d’un poste radio à cet emplacement)

Equipage : 4 hommes

Les prototypes et les productions limitées

A partir de 1937 la Grande-Bretagne se lance sérieusement dans un véritable réarmement qui aurait nécessité du temps et de la méthode. Seulement voilà le contexte difficile, la crainte d’une guerre éclatant quasiment à l’improviste entraîna la multiplication des prototypes et des productions en petite quantité d’autos-blindées plus ou moins improvisées.

Humber Light Armoured Car

Humber Light Armoured Car

-La Humber Light Reconnaissance Car est un petit véhicule blindé produit par l’installation d’une caisse blindée sur le chassis de la Humber Heavy Utility Car.

Produite dans le cadre d’un appel d’offres pour un petit véhicule blindé de reconnaissance et de liaison, la Daimler Dingo lui fût préférée et la production en série ne dépassa pas les soixante-quinze exemplaires qui équipèrent la RAF pour la protection des terrains d’aviation en compagnie d’une autre petite auto-blindée, la Standard Beaverette.

Caractéristiques Techniques de la Humber Light Reconnaissance Car

Poids : 3.17 tonnes

Dimensions : longueur 4.37m largeur 1.88m hauteur 2.11m

Motorisation : un moteur à essence de 6 cylindres de 80-87ch

Performances : vitesse maximale 12& km/h distance franchissable 180km

Blindage : 12mm

Armement : un fusil antichar Boys et un fusil-mitrailleur Bren

Equipage : 3 hommes

Standard Beaverette

Standard Beaverette

-La Standard Car 4×2 appelée également Car Armoured Light Standard et plus connu sous le nom de Beaverette (du nom du ministre de la production aéronautique Lord Beaverbrooke) est une tentative d’une auto-blindée qu’on appellerait low-cost pour être produite en grande quantité et à un coût faible.

Plusieurs prototypes furent produits au cours du printemps 1940 mais l’armée britannique ne donna pas suite à la différence de la RAF qui cherchait à protéger ses terrains d’aviation avec un véhicule blindé armé d’une mitrailleuse.

Cinq cent cinquante véhicules Car Armoured Light Standard Mk I à fusil-mitrailleur Bren et Mk II avec une Vickers .303 et un fusil antichar Boys furent produits entre 1941 et 1943. Elles étaient généralement déployées par groupe de cinq à dix véhicules en soutien d’unités du RAF Regiment.

Ces véhicules étaient toujours en service en septembre 1948. Ce modèle à été exporté en Nouvelle-Zélande, douze véhicules amenés de Grande-Bretagne avant que la production ne reprenne au pays du long nuage blanc.

Caractéristiques Techniques de la Car Armoured Light Standard Mk I

Poids : 2 tonnes

Dimensions : longueur 4.11m largeur 1.60m hauteur 1.52m

Motorisation : un moteur à essence de 46ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h distance franchissable 300km

Blindage : 9mm

Armement : un fusil-mitrailleur Bren sous bouclier avec 2500 cartouches

Equipage : 2 ou 3 hommes

Morris Light Reconnaissance Car

Morris Light Reconnaissance Car

-La Morris Light Reconnaissance Car fût une autre tentative d’autos-blindée bon marché, pouvant être produite rapidement et à un coût modéré.

Soixante-quinze exemplaires furent tout de même produit pour la Grande-Bretagne avant que la licence de production ne soit cédée au Canada, à l’Australie et à l’Afrique du Sud, ces trois pays produisant avant guerre trois-cent cinquante exemplaires d’une version Mark I avant qu’une version Mark II améliorée n’entre en production au printemps 1949 (4×4 au lieu de 4×2, tourelle plus spacieuse).

Caractéristiques Techniques de la Morris Light Reconnaissance Car

Poids : 3.7 tonnes

Dimensions : longueur 4.06m largeur 2.03m hauteur 1.88m

Motorisation : un moteur à essence Morris 4 cylindre dévellopant 72ch

Performances : vitesse maximale 80 km/h distance franchissable 385km

Blindage : 8-14mm

Armement : un fusil-antichar Boys 0.555 et un fusil-mitrailleur Bren 0.303 (Mk I) deux mitrailleuses Besa de 7.92mm en tourelle.

Equipage : 2 ou 3 hommes

Guy Armoured Car

Guy Armoured Car

-La Guy Armoured Car était issue d’une coopération entre Guy Motors et le Woolwich Arsenal, l’auto-blindée combinant le châssis du tracteur d’artillerie Quad-Ant et une caisse blindée. Cette combinaison fût testée avec succès mais après la production de vingt-cinq exemplaires, l’armée britannique préféra se concentrer sur d’autres modèles notamment la Humber Armoured Car qui reprenait la même caisse sur un nouveau châssis.

Il fallut attendre l’export pour que cette auto blindée connaisse une véritable production de série en l’occurence à destination de la Finlande (vingt-quatre exemplaires), le Danemark (seize exemplaires), les Pays-Bas (trente-deux exemplaires plus production sous licence).

Caractéristiques Techniques de la Guy Armoured Car

Poids : 5.3 tonnes

Dimensions : longueur 4.12m largeur 2.06m hauteur 2.29m

Motorisation : un moteur essence Meadowsde 55ch

Performances : vitesse maximale 64 km/h distance franchissable 340km

Blindage : supérieur à 15mm

Armement : (Grande-Bretagne) une mitrailleuse .50 Vickers associé à une mitrailleuse .303 Vickers

Equipage : trois hommes

Morris CS9

Morris CS9

-La Morris CS9 est une auto-blindée 4×4 construite en combinant une caisse blindée et un châssis de camion, le Morris Commercial C9 4×2. Le prototype apparaît en 1936 et 100 exemplaires ont été produits et utilisés jusqu’en 1945 quand l’arrivée d’autos blindées plus modernes entraîne son retrait du service.

Caractéristiques Techniques de la Morris CS9

Poids : 7t

Dimensions : longueur 4.77m largeur 2.05m hauteur 2.13m

Motorisation : un moteur à essence Morris de 96ch

Performances : vitesse maximale 73 km/h distance franchissable 385km

Blindage : 7mm

Armement : tourelle biplace ouverte avec un fusil antichar Boys et un fusil-mitrailleur Bren

Equipage : 4 hommes

Daimler Scout Car (Daimler Dingo)

Daimler Dingo

Daimler Dingo

En 1938, le War Office lança un appel d’offres pour un véhicule de reconnaissance (Scouting Vehicle), appel d’offres auquel répondit Alvis, BSA Cydes et Morris.

Les tests commencèrent en août 1938, les différents modèles disposant d’un moteur arrière et de quatre roues motrices. Le projet Morris fût éliminé en raison d’une vitesse trop faible et c’est au final le projet BSA qui fût choisit, la production étant assurée par Daimler, la division automobile du groupe BSA.

Le schéma de base fût jugé suffisamment prometteur pour dévelloper un “char léger sur roues” , la future Daimler Armoured Car dont le premier prototype fût présenté aux autorités fin 1939.

Officiellement appelé Daimler Scout Car, cette auto-blindée reçut le surnom de Dingo du nom d’un chien sauvage australien.

Mis en service à la fin de 1939, la Car Scout Daimler Mark I fût essentiellement utilisée au sein des divisions d’infanterie qui disposaient d’un bataillon de reconnaissance.

Chaque bataillon disposait à l’origine de trois squadrons, un équipé de Daimler Armoured Car et deux de Daimler Scout Car, chaque squadron disposant de trois pelotons de cinq véhicules soit un total pour le bataillon de 45 véhicules.

Ce n’est que durant le conflit que l’organisation sera modifiée avec des escadrons mixtes généralement trois Dingo et deux Daimler Armoured Car.

Après les deux premiers modèles (Mk I et Mk II) quasiment identiques, le Mk III apparu au début du second conflit mondial avec un moteur plus puissant, un blindage renforcé et un armement plus puissant avec deux mitrailleuses Vickers de 7.7mm ou Besa de 7.92mm.

Le Daimler Dingo va être également produit au Canada sur un chassis différent (Ford) et en Australie. Elle va également être exportée en France, en Irlande, en Norvège, en Suède, au Portugal et en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques du Daimler Dingo

Poids : 3 tonnes

Dimensions : longueur 3.18m largeur 1.715m hauteur 1.50m

Motorisation : un moteur essence Daimler de 55ch

Performances : vitesse maximale 89 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 12mm sur les côtés 30mm frontal

Armement : un fusil-antichar Boys .55 ou un fusil-mitrailleur .303 Bren

Equipage : deux hommes

Daimler Armoured Car

Daimler Armoured Car

Daimler Armoured Car

La Daimler Armoured Car à été dévellopée parallèlement à la Daimler Scout Car, reprenant le design général, agrandit pour permettre l’installation d’une tourelle biplace issue du Tetrach, le char léger de la firme Vickers, cette tourelle disposant d’un canon de 2 livres.

Le prototype est prêt dès 1939 mais des problèmes de transmission (la même que le Dingo alors que le nouveau véhicule est deux fois plus lourd) obligèrent le concepteur à mener plusieurs modifications qui retardèrent la mise en service de la Daimler Armoured Car jusqu’au printemps 1942.

Il va équiper aussi bien les bataillons de reconnaissance des divisions d’infanterie que les régiments des divisions de chars, les bataillons disposant d’un squadron de 15 véhicules tout comme les régiments, ces derniers disposant à la place des Dingo des D.I de Humber Armoured Car mieux armés que les Daimler Scout Car.

Quand éclate le second conflit mondial, seule la version Mark I est en service, la version d’appui-rapproché (Close Support) n’ayant pas été mise en production.

Une version Mark II équipée d’un canon de 6 livres entre en production en octobre 1948 pour remplacer après engagement au combat les Mark I.

Ce véhicule à équipé les unités de la British Indian Army, l’Australie, la Belgique, le Canada et la Nouvelle-Zélande,

Caracteristiques Techniques de la Daimler Armoured Car

Poids : 7.6 tonnes

Dimensions : longueur 4m largeur 2.46m hauteur 2.26m

Motorisation : moteur à essence Daimler 6 cylindres de 95ch

Performances : vitesse maximale 80 km/h distance franchissable 320km

Blindage 7 à 16mm

Armement : tourelle abritant un canon de 2 pouces (40mm) approvisionné à 52 coups associé à une mitrailleuse coaxiale Besa de 7.92mm (2700 coups) + un fusil-mitrailleur Bren de 7.7mm

Equipage : 3 hommes

Humber Armoured Car

Humber Armoured Car

Humber Armoured Car

L’automitrailleuse Humber Armoured Car est la combinaison du châssis du tracteur d’artillerie Karrier KT4 avec la caisse de l’auto-blindée Guy qui comme nous l’avons vu à connu un succès limité dans son pays d’origine et plus important à l’export puisque les Pays-Bas ont acquis la licence de fabrication pour équiper leurs unités de cavalerie.

Les commandes britanniques sont passées au printemps 1940 et les livraisons s’étalent de janvier 1941 à juin 1943 pour équiper les quatre divisions blindées et les six brigades blindées indépendantes à raison d’un régiment pour les premières et d’une compagnie pour les secondes.

Si le régiment de reconnaissance dispose de deux squadrons de quinze Humber Armoured Car soit trente-véhicules, la compagnie de reconnaissance motorisée dispose de neuf véhicules (trois pelotons _platoon_ de trois véhicules).

La production se poursuit pour constituer les stocks et anticiper sur la création de nouvelles unités en temps de paix ou lors de la mobilisation.

Tous les engins produits jusqu’en juin 1943 étaient des Mk I. Le modèle Mk II qui lui succède se distingue par un moteur plus puissant, un blindage de caisse renforcé et une tourelle redessinée.

L’armement reste le même à la différence de la Mk III qui intègre un canon de 47mm français plus performant que le canon de 2 livres initialement envisagé et moins encombrant que le 6 livres britannique.

Cette Mk III dont la production commence en septembre 1947 va remplacer les Humber Mk I des compagnies de reconnaissance motorisée pour augmenter le punch de ces unités de reconnaissance de taille réduite.

Des variantes de dépannage, d’observation d’artillerie et de défense antiaérienne sont à l’étude en septembre 1948 mais la décision de les mettre en production n’à pas encore été prise.

Cette auto-blindée fût utilisée par l’armée indienne mais également par le Portugal, seul client export de l’auto-blindée avant le second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques de la Humber Armoured Car

Poids : 6.85 tonnes

Dimensions : longueur 4.572m largeur 2.184m hauteur 2.34m

Motorisation : un moteur à essence Roostes 6 cylindres dévellopant 90ch

Performances : vitesse maximale sur route 72 km/h Rayon d’action 402km

Blindage : nc

Armement : tourelle avec une mitrailleuse de 15mm Besa associée à une mitrailleuse Besa de 7.92mm(Mk I et Mk II) canon de 47mm modèle 1939 et mitrailleuse Besa de 7.92mm (Mk III)

Equipage : trois hommes (quatre hommes pour la Mk III)

Les prototypes en cours de dévellopement en septembre 1948

Quand le second conflit mondial éclate, plusieurs projets d’autos-blindées sont en cours de maturation chez les constructeurs britanniques. Il s’agit à la fois d’anticiper sur le déclassement progressif des véhicules en service et pouvoir riposter à d’éventuelles surprises surgissant du camp d’en face.

Le premier projet est une automitrailleuse 6×6, l’Alvis Heavy Armoured Car plus connue ultérieurement sous le nom de Saladin. Le projet est lancé dès septembre 1941 après évaluation de l’Automitrailleuse puissante française Panhard 201.

Ce projet est mené sans urgence par une firme fort occupée par ailleurs. A cela s’ajoute les hésitations sur l’armement. Tout le monde s’accord sur un canon mais si certains préconisent le 47mm français d’autres pensent au 6 livres voir à un canon de 75mm, faisant de cette automitrailleuse lourde un véritable char d’assaut.

Le projet un temps menacé est finalement mené à bien et quatre prototypes sont évalués à l’automne 1947, deux armés d’un canon de 6 livres, un armé d’un canon de 75mm américain et le quatrième armé d’un canon français de 47mm.

Si la dernière configuration est écartée, aucune décision n’est encore prise dans le choix de l’armement entre le 6 livres _au point mais aux performances qui pourraient s’avérer limitées_ et le 75mm encore perfectible. Aussi le 5 septembre 1948, la production en série de la future Saladin est encore loin d’être acquise.

Ce ne sera chose faite qu’à l’été 1949 suite aux excellents résultats des AMP françaises. Des variantes seront rapidement étudiées : dépannage, commandement, transport de troupes.

L’autre projet majeur était une auto-blindée utilisant le chassis du tracteur d’artillerie Matador, un projet novateur non sous sa forme _un véhicule 4×4, une caisse blindée surmontée d’une tourelle armée d’un canon de 47mm français_ mais parce que son constructeur à eut l’idée d’une véritable famille de véhicule.

Dès le lancement du projet, le bureau d’études d’AEC à planché sur des variantes commandement et contrôle, dépannage, appui-rapproché (avec un obusier de 3 pouces), défense antiaérienne, chasseur de char (avec un canon de 6 livres en superstructure), véhicule du génie, porte-mortier, transport de troupes.

La firme propose même à l’armée britannique de produire sur fonds propres tous les véhicules nécessaires à un bataillon interarmes composé d’un état-major, d’une compagnie de commandement et de contrôle, de deux compagnies de fusiliers, d’une compagnie d’appui et d’une compagnie de chars légers mais l’état-major britannique ne donne pas suite à cette proposition révolutionnaire.

Les autres projets sont encore au stade de la planche à dessin comme les remplaçants des Daimler Scout Car et des Humber Scout Car.