21-Armée de terre (11)

Régiments de tirailleurs

Les régiments de tirailleurs sont semblables aux régiments d’infanterie de ligne même si certains alignent quatre bataillons. Il existe cependant des différences notables entre les régiments de tirailleurs basés en Métropole et ceux basés dans l’Empire.

Si les RT basés en métropole sont généralement bien armés en matière antichar, ceux déployés dans l’Empire le sont beaucoup moins en raison d’une menace antichar inexistante ou diffuse.

Il faut également tenir compte du terrain et de la géographie qui peut rendre difficile le maniement de certains armes notamment le mortier de 120mm ce qui explique que les régiments de tirailleurs déployés dans l’Empire conservent le 81mm plus facile à transporter que son successeur.

On trouve également la particularité de régiments mobiles et portés de tirailleurs sénégalais qui déployés en Afrique se déplacent telles de véritables colonnes mobiles.

Régiments de tirailleurs des DINA et des DIC déployés en métropole

Leur organisation est identique aux régiments d’infanterie type Nord-Est tout comme leur équipement.

-La Compagnie de Commandement dispose d’un PC, de moyens de transmissions, de renseignement, des éclaireurs motocyclistes et des sapeurs pionniers

-Trois bataillons d’infanterie

-Un Etat-major et une section de commandement

-Une Compagnie d’accompagnement avec une section de commandement, quatre sections de     quatre mitrailleuses MAC-36 de   7.5mm pour la lutte antiaérienne et antichar à l’aide     d’ogives perforantes et une section d’engins avec deux canons de 25 puis de 47mm et deux     mortiers de 81mm puis de 120mm.

-Trois compagnies de fusiliers-voltigeurs avec une section de commandement avec un     mortier de 60mm et quatre sections de combat

-La Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) dispose de deux mortiers de 81mm puis 120mm ainsi que de 6 canons de 25mm puis 47mm

-La Compagnie Hors-Rang est chargé du ravitaillement, de l’approvisionement, du dépannage et du soutien sanitaire

Régiments de tirailleurs déployés dans l’Empire

Par rapport aux régiments de tirailleurs déployés à demeure en métropole, les régiments de tirailleurs déployés dans l’Empire sont moins bien armés, devant faire face à un ennemi nettement moins mordant que les divisions allemandes. Ils sont donc organisés de la façon suivante :

-La Compagnie de Commandement dispose d’un PC, de moyens de transmissions, de renseignement, des éclaireurs motocyclistes et des sapeurs pionniers

-Quatre bataillons d’infanterie

-Un Etat-major et une section de commandement

-Une Compagnie d’accompagnement avec une section de commandement, trois sections de     quatre mitrailleuses MAC-36 de 7.5mm ou de Hotchkiss modèle 1914 de 8mm et une     section d’engins avec deux canons de 25mm et deux mortiers de 81mm.

-Trois compagnies de fusiliers-voltigeurs avec une section de commandement avec un     mortier de 60mm et quatre sections de combat

-La Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) dispose de deux mortiers de 81mm ainsi que de 8 canons de 25mm.

-La Compagnie Hors-Rang est chargé du ravitaillement, de l’approvisionement, du dépannage et du soutien sanitaire

Régiments mobiles et «portés» de tirailleurs sénégalais

Au Sénégal, on trouve les 1er et 7ème régiments mobiles de tirailleurs sénégalais alors qu’au Cameroun est déployé le régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun. Ces régiments peuvent être considérés comme des régiments «portés».

Se déplaçant comme de véritables colonnes mobiles, ils sont totalement motorisés et peuvent ainsi nomadiser dans le desert ou dans la savane pour opposer une résistance diffuse à un ennemi majeur ou traquer les pillards et les bandes armées. Ils sont organisés de la façon suivante :

-Une Compagnie de Commandement qui dispose d’un PC, de moyens de transmissions, de renseignement, des éclaireurs motocyclistes et des sapeurs pionniers

-Deux bataillons d’infanterie avec un troisième qui peut être activé à la mobilisation qui sont organisés de la manière suivante :

-Un état-major associé à une section de commandement

-Une compagnie d’accompagnement à trois sections de quatre mitrailleuses (7.5 ou 8mm), une section de deux mortiers de 81mm et de deux canons de 25mm

-Trois compagnies de tirailleurs  avec une section de commandement avec un mortier de 60mm et quatre sections de combat

-La Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) dispose de deux mortiers de 81mm et de 4 canons de 25mm (deux sections de deux).

-La Compagnie Hors-Rang est chargé du ravitaillement, de l’approvisionement, du dépannage et du soutien sanitaire

Liste des régiments de tirailleurs en septembre 1939 et leur évolution ultérieure

Régiments de tirailleurs marocains

-1er régiment de tirailleurs marocains (Meknès) intégré à la 1ère Division Marocaine.

-Le 5ème bataillon du 1er régiment de tirailleurs marocain est déployé au Levant au sein de la Demi-brigade algéro-marocaine. Il sert de noyau dur à la formation du 9ème régiment de tirailleurs marocains qui intègre la Division Légère d’Infanterie du Levant (DLIL) devenue à la mobilisation d’août 1948, la 2ème DLI.

-2ème régiment de tirailleurs marocains (Marrakech) est dissous en septembre 1940 puis reconstitué en septembre 1948 lors de la réactivation de la 3ème Division Marocaine.

-3ème régiment de tirailleurs marocains (Saint-Dié) intégré à la 43ème DI de Strasbourg

-4ème régiment de tirailleurs marocains (Taza) intégré un temps à la 82ème DIA est mis en sommeil à l’automne 1940

-5ème régiment de tirailleurs marocains (Bourg) intégré à la 1ère DINA de Lyon

-6ème régiment de tirailleurs marocains (Verdun) intégré à la 2ème DINA de Toul

-Le 7ème régiment de tirailleurs marocains disposait de trois bataillons à Meknès et d’un quatrième à Bastia. Ce quatrième bataillon rallie le Maroc réunifiant le régiment qui est intégré à la 1ère Division Marocaine

-8ème régiment de tirailleurs marocains (Belfort) intégré à la 13ème DI de Besançon

-9ème régiment de tirailleurs marocains stationné au Levant au sein de la Division Légère d’Infanterie du Levant qui succède à la demi-brigade algéro-marocaine. Il est basé à Alep.

A la mobilisation de septembre 1948, les régiments de tirailleurs marocains basés au Maroc vont créer de nouveaux régiments de tirailleurs. Le 1er RTM donne naissance au 10ème RTM, le 3ème RTM donne naissance au 11ème RTM et le 5ème RTM donne naissance au 12ème RTM soit trois nouveaux régiments.

Le 10ème RTM et le 11ème RTM vont intégrer la 5ème division d’infanterie nord-africaine, le 12ème RTM intégrant la 6ème division d’infanterie nord-africaine.

Régiments de tirailleurs algériens

-1er régiment de tirailleurs algériens (1er RTA) stationné à Blida intégré à la 5ème brigade d’infanterie algérienne puis à la 81ème Division d’Infanterie d’Afrique.

-2ème régiment de tirailleurs algériens (2ème RTA) stationné à Mostaganem intégré à la 4ème brigade d’infanterie algérienne de la Division d’Oran. A la mobilisation de septembre 1939, il est dissous et non reconstitué par la suite.

-3ème régiment de tirailleurs algériens (3ème RTA) stationné à Bône intégré à la 7ème brigade d’infanterie algérienne de la Division de Constantine puis à la 83ème DIA. Il est préservé après la dissolution.

-4ème régiment de tirailleurs algériens (4ème RTA) déployé au Levant au sein de la DLIL par amalgame des 4ème bataillons des 6ème et 7ème RTA.

-5ème régiment de tirailleurs algériens (5ème RTA) stationné à Maison-Carrée intégré à la 5ème brigade d’infanterie algérienne de la Division d’Alger. A la mobilisation de septembre 1939, il est dissous et non reconstitué par la suite.

-6ème régiment de tirailleurs algériens (6ème RTA) stationné à Tlemcen intégré à la  à la 4ème brigade d’infanterie algérienne de la Division d’Oran.

Il est préservé à la mobilisation de septembre 1939, devenant une unité autonome qui remplace le 6ème REI déployé au Maroc au sein de la 4ème DLI, le 6ème RTA ralliant lui le Levant

-7ème régiment de tirailleurs algériens (7ème RTA) stationné à Constantine intégré à la 7ème brigade d’infanterie algérienne de la Division de Constantine puis à la 83ème DIA

-9ème régiment de tirailleurs algériens (9ème RTA) stationné à Miliana intégré à la 5ème brigade d’infanterie algérienne de la Division d’Alger puis à la 81ème DIA

-11ème régiment de tirailleurs algériens (11ème RTA) stationné à Sétif intégré à la 7ème brigade d’infanterie algérienne de la Division de Constantine puis à la 85ème DIA. Dissous en septembre 1940.

-13ème régiment de tirailleurs algériens (13ème RTA) basé à Metz et intégré à la 2ème DINA

-14ème régiment de tirailleurs algériens (14ème RTA) basé à Chateauroux et intégré à la 3ème DINA

-15ème régiment de tirailleurs algériens (15ème RTA) basé à Perigueux et intégré à la 3ème DINA

-17ème régiment de tirailleurs algériens (17ème RTA) intégré à la 87ème DIA

-18ème régiment de tirailleurs algériens (18ème RTA) intégré à la 87ème DIA

-19ème régiment de tirailleurs algériens (19ème RTA) intégré à la 85ème DIA est dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché
-21ème régiment de tirailleurs algériens (21ème RTA) basé à Epinal et intégré à la 6ème DINA

-22ème régiment de tirailleurs algériens (22ème RTA) basé à Toul et intégré à la 2ème DINA

-23ème régiment de tirailleurs algériens (23ème RTA) basé à Morhange et intégré à la 4ème DINA

-25ème régiment de tirailleurs algériens (23ème RTA) basé à Morhange et intégré à la 4ème DINA

-27ème régiment de tirailleurs algériens (27ème RTA) basé à Avignon et intégré à la 1ère DINA

Les 4ème bataillons des 6ème RTA et 7ème RTA stationnés à Alep forment ultérieurement un 4ème régiment de tirailleurs algériens, intégré à la Division Légère d’Infanterie du Levant en compagnie du 9ème régiment de tirailleurs marocains. Le 6ème RTA déployé en Algérie et reconstitué à quatre bataillons remplace le 6ème REI comme régiment indépendant au Levant.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, six nouveaux régiments de tirailleurs algériens sont créés à partir des régiments stationnés en Afrique du Nord.

C’est ainsi que le 8ème RTA est créé à partir du 1er RTA, le 10ème RTA est créé à partir du 2ème RTA, le 12ème RTA à partir du 3ème RTA, le 16ème RTA à partir du 5ème RTA, le 19ème RTA à partir du 7ème RTA et le 20ème RTA à partir du 9ème RTA. Ces régiments restent stationnés en Afrique du Nord.

Le 8ème RTA intègre la 5ème DINA en compagnie des 10ème et 11ème RTM, les 10ème et 12ème RTA intègrent la 6ème DINA en compagnie du 12ème RTM alors que les 16ème et 19ème RTA intègrent la 7ème DINA. Le 20ème RTA  intègre la 8ème DINA

Régiments de tirailleurs tunisiens

-4ème régiment de tirailleurs tunisiens (4ème RTT) est stationné à Sousse et intégré à la Division de Tunis. Après avoir échappé de peu à la dissolution, il est déployé à Bizerte avec pour mission de défendre la base navale en liaison avec les fusiliers marins.

-8ème régiment de tirailleurs tunisiens (8ème RTT) est stationné à Bizerte et intégré à la Division de Tunis puis à la 84ème DIA, division qui dispose également du 4ème régiment de zouaves

-12ème régiment de tirailleurs tunisiens (12ème RTT) est maintenu après la démobilisation au sein de la 191ème DIA déployée au Levant

-16ème régiment de tirailleurs tunisiens (16ème RTT) est stationné à Soueïda au Levant au sein de la 191ème DIA mais il est dissous en juillet 1940

-Le 20ème régiment de tirailleurs tunisiens (20ème RTT) rattaché à la 86ème DIA est dissous en juillet 1940. Il est reconstitué en septembre 1948 au sein de la 85ème DIA.

-24ème régiment de tirailleurs tunisiens (24ème RTT) stationné à La Roche sur Yon au sein de la 3ème DINA

-28ème régiment de tirailleurs tunisiens (28ème RTT) stationné à Montélimar au sein de la 1ère DINA

A la mobilisation d’août 1948, trois nouveaux régiments de tirailleurs tunisiens sont mis sur pied à partir des régiments stationnés en Tunisie et au Levant.

-Le 5ème RTT est créé à partir du 4ème RTT et est intégré à la 7ème DINA en compagnie des 12ème et 16ème RTA

-Le 6ème RTT est créé à partir du 8ème RTT et est intégré à la 8ème DINA en compagnie du 17ème RTA et du 7ème RTT

-Le 7ème RTT est créé à partir du 16ème RTT et est intégré à la 8ème DINA en compagnie donc du 6ème RTT et du 17ème RTA.

Régiments de tirailleurs sénégalais

-3ème régiment de tirailleurs sénégalais (3ème RTS) de Fès est dissous après la réduction de la 2ème Division Marocaine à deux régiments. Il est néanmoins reconstitué en septembre 1948 suite à la réactivation de la 85ème DIA qu’il forme avec le 20ème RTT.

-4ème régiment de tirailleurs sénégalais (4ème RTS) de Toulon intégré à la 2ème Division d’Infanterie Coloniale de Toulon

-5ème régiment de tirailleurs sénégalais (5ème RTS) de Monastir intégré à la division de Sousse puis déployé sur la ligne Mareth.

-6ème régiment de tirailleurs sénégalais (6ème RTS) de Casablanca est dissous en août 1940 en même temps que la 3ème Division Marocaine.

-8ème régiment de tirailleurs sénégalais (8ème RTS) de Toulon intégré à la 2ème Division d’Infanterie Coloniale de Toulon

-9ème régiment de tirailleurs sénégalais (9ème RTS) basé à Djibouti (ancien bataillon de tirailleurs sénégalais de la Côte des Somalis)

-10ème régiment de tirailleurs sénégalais (10ème RTS) de Bizerte intégré à la divison de Sousse puis à la 88ème DIA en compagnie du 18ème RTS.

-11ème régiment de tirailleurs sénégalais (11ème RTS) déployé au sein de la 181ème DIA est dissous en même temps que la division à laquelle il est rattachée.

-12ème régiment de tirailleurs sénégalais (12ème RTS) de La Rochelle intégré à la 1ère Division d’Infanterie Coloniale de Bordeaux

-13ème régiment de tirailleurs sénégalais (13ème RTS) à Alger intégré à la 1ère brigade d’infanterie algérienne (Division d’Alger) puis à la 181ème DIA. Régiment dissous en août 1940

-Le 4ème bataillon du 13ème RTS est dissous en même temps que le reste du régiment.

-14ème régiment de tirailleurs sénégalais (14ème RTS) de Mont de Marsan  intégré à la 1ère Division d’Infanterie Coloniale de Bordeaux

-15ème régiment de tirailleurs sénégalais (15ème RTS) de Philippeville est intégré à la 3ème brigade d’infanterie algérienne (Division de Constantine)
-16ème régiment de tirailleurs sénégalais (16ème RTS) de Montauban intégré à la 4ème DIC de Toulouse

-17ème régiment de tirailleurs sénégalais (17ème RTS) de Beyrouth dissous en septembre 1940

-18ème régiment de tirailleurs sénégalais (18ème RTS) de Gabès et intégré à la Division de Sousse puis à la 88ème DIA en compagnie du 10ème RTS.

-24ème régiment de tirailleurs sénégalais (24ème RTS) de Perpignan intégré à la 4ème DIC de Toulouse

A la mobilisation d’août/septembre 1948, trois nouvelles divisions d’infanterie coloniale (D.I.C) sont mises sur pied en Afrique du Nord avec des recrues européennes et des recrues sénégalaises, nécessitant la création de neuf nouveaux régiments dont six régiments de tirailleurs sénégalais.

C’est ainsi que le 4ème donne naissance au 11ème RTS qui intègre la 5ème DIC, le 5ème RTS donne naissance au 19ème RTS qui intègre la 6ème DIC, le 8ème RTS donnant naissance au 20ème RTS qui intègre la 7ème DIC.

Le 10ème RTS donne naissance au 21ème RTS qui intègre la 5ème DIC. Le 22ème RTS qui intègre la 6ème DIC est mis sur pied à partir du 16ème RTS et le 25ème RTS qui intègre la 7ème DIC est créé à partir du 24ème RTS.

Autres régiments de tirailleurs

Les autres unités de tirailleurs sont peu nombreuses. Elles se situent toutes en Asie et dans l’Océan Indien.

-Sur la Grande Ile (Madagascar) on trouve les 1er et 2ème régiments de tirailleurs malgaches, toujours en ligne en septembre 1948.

-En Indochine, on trouve quatre régiments indépendants de tirailleurs tonkinois, les 1er, 2ème, 3ème et 4ème RTTon, le 1er régiment de tirailleurs annamites, le 1er régiment de tirailleurs cambodgiens et le 4ème régiment de tirailleurs montagnards (ex-bataillon).

Publicités

21-Armée de terre (9)

Organisation d’un régiment d’infanterie

Régiment d’infanterie type Nord-Est

Généralités

-La Compagnie de Commandement dispose d’un PC, de moyens de transmissions, de renseignement, des éclaireurs motocyclistes et des sapeurs pionniers

-Trois bataillons d’infanterie

-Un Etat-major et une section de commandement

-Une Compagnie d’accompagnement avec une section de commandement, quatre sections de quatre mitrailleuses MAC-36 et une section d’engins avec deux canons de 25 puis de 47mm et deux mortiers de 81mm puis de 120mm.

-Trois compagnies de fusiliers-voltigeurs avec une section de commandement avec un puis deux mortiers de 60mm et quatre sections de combat à trois groupes de combat.

-La Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) dispose de deux mortiers de 81mm puis 120mm ainsi que de 6 canons de 25mm puis 47mm

-La Compagnie Hors-Rang est chargé du ravitaillement, de l’approvisionnement, du dépannage et du soutien sanitaire

Dans le détail

Le groupe de combat

Le groupe de combat est l’unité élémentaire de l’infanterie. Au plan tactique, le groupe de combat de se subidivse en deux demi-groupes, le demi-groupes de fusiliers et le demi-groupe de voltigeurs, le premier étant l’élément feu et le second étant l’élément mouvement.

Le demi-groupe de fusiliers comprend le sergent chef de groupe armé d’un fusil, le caporal _adjoint au chef de groupe_ lui aussi armé d’un fusil, le tireur FM qui outre son fusil-mitrailleur dispose d’un pistolet retiré en 1940 et remplacé par un pistolet mitrailleur, un chargeur FM lui aussi armé d’un pistolet mitrailleur et trois pourvoyeurs armés d’un fusil.

Le demi-groupe de voltigeurs comprend un premier voltigeur armé d’un fusil. Meilleur tireur du groupe, il dispose généralement d’un fusil à lunette. Il est accompagné de trois autres voltigeurs armés d’un fusil qui peuvent utiliser des grenades à fusil antichars et antipersonnelles.

Le groupe de combat dispose donc de onze hommes. Sur le plan de l’armement, tous les hommes possèdent un pistolet automatique, leur arme de base auxquels s’ajoutent neuf fusils, un fusil-mitrailleur et deux pistolets mitrailleurs.

Chaque groupe de combat est désigné par les lettres A,B  ou C.

La section de combat

Chaque section se compose de trois groupes de combat et d’un «groupe» de commandement avec l’officier commandant, d’un sous-officier adjoint, d’un agent de transmissions, d’un observateur et d’une équipe lance-grenades avec trois binômes de lance-grenades de 50mm soit dix hommes.

La compagnie de combat

L’effectif de la compagnie de combat est d’environ quatre officiers et cent quatre-vingt hommes et celle-ci s’organise en une section de commandement et quatre sections de combat.

La section de commandement dispose d’un groupe de commandement avec treize hommes, d’un groupe de ravitaillement avec douze hommes et deux véhicules, un véhicule d’allègement qui remorque la cuisine roulante.

La section de commandement dispose également d’un groupe de mortiers de 60mm avec deux pièces servies par huit hommes.

Tous les hommes de la section de commandement disposent d’un pistolet automatique, d’un pistolet mitrailleur pour les servants de mortier et les chauffeurs, d’un fusil pour les autres soit un total de 34 hommes, 34 pistolets automatiques, 10 pistolets mitrailleurs et 24 fusils.

La section de combat dispose donc d’un groupe de commandement et de trois groupes de combat tel que nous venons de le voir.

La compagnie d’accompagnement

Comme son nom l’indique cette unité accompagne les unités de combat en lui fournissant l’appui-feu nécessaire pour ses missions qu’il s’agisse de mortiers, de mitrailleuses ou de canons antichars.

Elle est organisée en une section de commandement, quatre sections de mitrailleuses et une section d’engins.

Section de commandement

Elle se compose d’un  groupe de commandement avec un groupe du capitaine (huit soldats et un sergent chef de groupe) et un groupe de ravitaillement avec quatre véhicules et quinze hommes.

Section de mitrailleuses

La compagnie d’engins dispose de quatre sections de ce type toutes organisées de la même façon à savoir deux groupes de deux pièces.

Le groupe est commandé par un sergent-chef armé d’un mousqueton puis d’un fusil, d’un mitrailleur-mécanicien et de deux équipes de pièces avec un caporal-chef de pièce armé d’un mousqueton puis d’un fusil ou d’un pistolet-mitrailleur, un chargeur, un tireur et deux pourvoyeurs tous armés d’un mousqueton puis d’un PM. On trouve également deux conducteurs par voiturette, chaque voiturette transportant deux armes (à cel s’ajoute une voiturette porte-munitions par groupe).

Section d’engins

La section d’engins est placée sous le commandement d’un aspirant (voir d’un adjudant-chef ou d’un adjudant) dispose de deux agents de transmission et de deux groupes pour un effectif de cinq sous-officiers, quatre caporaux et trente-deux hommes avec sept voiturettes.

Le groupe mortiers dispose de deux mortiers de 81mm servies par vingt-deux hommes dont un sergent chef de groupe armé d’un mousqueton puis d’un fusil ou d’un pistolet-mitrailleur, un télémétreur adjoint au chef de groupe armé d’un pistolet automatique puis d’un pistolet-mitrailleur et deux équipes dee dix hommes pour le service des mortiers (un caporal-chef de pièce, un pointeur et un chargeur _armés d’un fusil_, un artificier, quatre pourvoyeurs et deux conducteurs armés d’un pistolet mitrailleur).

La mise en service du mortier de 120mm entraine la mise en place permanente à l’échelle du groupe de deux chenilettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et d’une partie des servants.

Le groupe antichar est équipé de deux canons de 25mm, chaque pièce mise en oeuvre par cinq hommes avec un sergent-chef de pièce, un caporal tireur, un chargeur, deux pourvoyeurs et un conducteur tous armés d’un mousqueton puis d’un fusil.

Conformément à la décision de motoriser toutes les unités antichars, le groupe antichar disposera à partir de la fin 1940 de deux chenilettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et des servants.

Ultérieurement, dans les unités métropolitaines, le canon de 25mm est remplacé par un canon de 47mm plus apte à contrer les chars allemands.

Au niveau des munitions, la compagnie d’accompagnement dispose de 5362 cartouches par mitrailleuses, 150 coups par mortier de 81mm réduit ensuite à 120 par mortier de 120mm et 156 obus de 25mm par canon, nombre réduit à 140 obus de 47mm.

Bataillon d’infanterie

Le bataillon d’infanterie est organisé en un état-major, une section de commandement, trois compagnies de combat et une compagnie d’accompagnement.

L’état-major comprend onze hommes avec le chef du bataillon, le capitaine adjudant-major, un officier de renseignement, un médecin-lieutenant ou sous-lieutenant, un sergent secrétaire, un secrétaire, trois cyclistes, un mototyclistes et un chauffeur automobile.

La section de commandement dispose d’un groupe de transmission (un adjudant et vingt hommes), d’un groupe de ravitaillement avec un adjudant-chef, un adjudant et une dizaine de conducteurs, un groupe sanitaire avec un médecin auxiliaire, quatre infirmiers et seize brancardiers.

Le transport d’un bataillon nécessite un train (cinquante wagons) et soixante camions soit un convoi de trois kilomètres.

La compagnie régimentaire d’engins

La CRE est aux bataillons ce que la compagnie d’accompagnement est aux compagnies de combat, une réserve d’appui-feu pour la manoeuvre.
La section de commandement dispose d’un adjudant, de quatre sous-officiers  et de vingt hommes (un sous-officier chargé du renseignement, un sous-officier des équipages, trois agents de transmissions, deux observateurs, deux télémétreurs, un motocycliste et un cycliste).

-La CRE dispose également de trois sections antichars équipées de canons de 25mm. Chaque section est organisée de la même façon avec un groupe de commandement (un lieutenant ou un adjudant-chef commandant la section, un sous-officier adjoint, trois agents de transmissions et un conducteur) et trois pièces de 25mm servies par sept hommes.

Ultérieurement, les canons de 25mm sont motorisés avec un tracteur léger d’artillerie Latil M71 ou une chenillette Renault UE. Comme au sein de la compagnie d’accompagnement, les canons de 25mm de la CRE sont progressivement remplacés par des canons de 47mm modèle 1937 ou modèle 1939.

-Le groupe de mortiers de 81mm dispose d’un sous-officier et d’un télémétreur et surtout de deux pièces servies par un caporal et sept servants auxquels s’ajoutent deux conducteurs.

La compagnie de commandement

Cette compagnie dispose de douze officiers et deux cents hommes. Elle est organisée en une section de services, une section d’état-major, une section de transmissions, une section de pionniers et une section d’éclaireurs motocyclistes.

La section d’éclaireurs motocyclistes _seul réel élément de combat de la compagnie_ est placée sous le commandement direct du chef de corps. Elle dispose d’un officier, de trois sous-officiers, quatre caporaux et dix-huit éclaireurs.

La section est divisée en deux groupes de deux escouades de quatre éclaireurs avec un fusil-mitrailleur et trois mousquetons remplacés ensuite par un fusil (quand l’unité à laquelle elle était rattachée recevait le tant attendu MAS 36).

Dans les régiments d’infanterie type NE, tout le personnel de la section est sur moto solo sauf le chef de section en side-car (dans les régiments motorisés, toute la section est sur side-car).

Et pour finir le régiment……… .

Le RI type Nord-Est commandé par un colonel dispose de trois bataillons d’infanterie, d’une compagnie de commandement, d’une compagnie régimentaire d’engins et d’une compagnie hors-rang (six officiers et deux cent hommes).

Le parc de véhicules est conséquent avec en 1939 cinquante voitures hippomobiles, six chenilettes pour le ravitaillement et le remorquage des canons (ce parc augmenta avec la décision de motoriser toutes les unités antichars quelque soit l’échelon).

Le régiment d’infanterie dispose au final de 80 officiers et environ 3000 hommes, deux cents voiturettes ou voitures hippomobiles, une cinquantaine d’automobiles et neuf chenilettes.

Quand à l’armement collectif, il se compose de cent-douze fusils mitrailleurs, quarante huit mitrailleuses, trente-si lance grenades de 50mm, de neuf puis dix-huit mortiers de 60mm, huit mortiers de 81mm et douze canons de 25mm puis de 47mm.

Liste des unités d’active

Avant la mobilisation d’août 1939 qui multiplia les régiments d’infanterie de ce type, on trouvait les régiments d’active suivant :

-La 10ème division d’infanterie (Paris) dispose ainsi du 5ème R.I de Courbevoie, du 24ème R.I et du 46ème R.I tous les deux encasernés à Paris

-La 11ème division d’infanterie (Nancy) dispose du 26ème régiment d’infanterie de Jarville la Malgrange et du 170ème R.I installé à Epinal

-La 13ème division d’infanterie (Besançon) dispose du 21ème régiment d’infanterie de Chaumont et du 60ème régiment d’infanterie de Lons le Saunier.

-La 14ème division d’infanterie (Colmar) dispose du 35ème régiment d’infanterie de Belfort et du 152ème R.I qui lui est installé à Chaumont.

-Le 19ème divisions d’infanterie (Rennes) dispose de trois régiments d’infanterie avec le 41ème R.I de Rennes, le 71ème R.I de Mamers et le 117ème R.I du Mans.

-La 21ème division d’infanterie (Nantes) dispose du 48ème régiment d’infanterie de Fontenay le Comte, le 65ème régiment d’infanterie de Nantes et le 137ème régiment d’infanterie de Lorient

-La 23ème division d’infanterie (Tours) dispose des 32ème R.I d’Angers, du 107ème R.I d’Angoulème et du 126ème R.I de Brive.

-La 36ème divisions d’infanterie (Bayonne) dispose du 14ème régiment d’infanterie de Toulouse, du 18ème régiment d’infanterie de Bayonne et du 57ème régiment d’infanterie de Bordeaux

-La 42ème division d’infanterie (Metz) dispose de deux régiments d’infanterie, le 94ème RI de Bar le Duc et le 151ème RI de Commercy.

-La 43ème division d’infanterie (Strasbourg) dispose d’un seul régiment d’infanterie type Nord-Est en l’occurence le 158ème R.I d’Obernai.

On trouve donc 24 régiments d’infanterie type Nord-Est, chiffre qui tombera à 22 après la transformation de la 11ème DI de Nancy en Division d’Infanterie Motorisée.