Pologne et Pays Neutres (106) Pologne (18)

FORCES ARMEES POLONAISES (3) : MARINE

Historique

La Marynarka Wojenna à connu une histoire difficile, douloureuse, chaotique à l’image de la Pologne en quelque sorte.

Elle à existé brièvement à deux reprises (la Commission de la Mer créée le 24 mars 1568 et la Commission des Navires Royaux en 1626) avant de connaître une histoire continue à partir de 1918 et jusqu’à la guerre de Pologne.

Elle va ensuite renaitre sous la forme d’une Marine polonaise libre créée sous contrôle britannique, marine qui va combattre en mer du Nord et secondairement dans l’Atlantique. A la fin du conflit, cette marine va rallier la Pologne même si certains marins préféront rester en Grande-Bretagne estimant ne plus rien avoir en Pologne.

L’histoire navale polonaise commence durant la Guerre de Treize Ans (1454-1466) entre la Pologne et l’ordre teutonique. Le 15 septembre 1463 à lieu une bataille décisive dans le Frisches Haff, trente navires polonais et prussiens défont 44 navires teutoniques, la Pologne sécurisant un accès à la Baltique, accés pérénisé quand la Paix de Thorn (1466) donne à la Pologne la ville de Dantzig.

En 1561 après une victoire sur la Russie, la Pologne acquiert le port de Riga (perdu en 1621 au profit des suédois).

De 1568 à 1572 une proto marine polonaise existe sous la forme d’une Commission de la Mer (Komisja Morska) qui accord des lettres de marque à des corsaires stationnés à Puck chargées d’opérer en mer Baltique.

Les marchands de la ville de Gdansk (Dantzig) sont opposés à cet organisme probablement parce que la frontière entre corsaire et pirate est aussi mince qu’une feuille de papier.

A plusieurs reprises les rois de Pologne ont tenté de créer une véritable marine mais cette volonté se heurte à un manque de fond et du peu d’intérêt de la turbulente noblesse polonaise pour les choses de la mer.

En 1626 la Komisja Okretow Krolewskich (Commission des navires royaux) est créée pour tenter de mettre sur pied une marine polonaise pérenne et durable.

En 1627 les polonais remportent une victoire majeure à Olivia contre les suédois. La Diète (Sjem) débloque un budget important permettant à Vladislav IV Vasa d’acheter douze navires stationnés à Wladyslawowo (ville située sur en Poméranie à l’extrémité occidental du Frisches Haff), des navires qui sont détruits par le Danemark en 1637 pour la majeure partie, les rares survivants étant revendus en 1641/43.

Les navires concernés sont le Czarny Orzel (Aigle noir), un navire de 420 tonnes armé de 32 canons, le Pronsk Samuel (Prophète Samuel) un navire de 400 tonnes armé de 24 canons, le Wielkie Slonce (Grand Soleil), un navire de 540 tonnes armé de 24 canons, le Nowny Czarny Orzel (nouvel aigle noir 24 canons).

A ces quatre navires s’ajoutent quatre navires plus petits, des navires de 200 tonnes à savoir le Biaby Orzel (aigle blanc), Charitas, Gwiazdo (étoile) et Strzelec (sagitaire) et deux navires de 140 tonnes et quatre canons, le Swiety Piotr (St Pierre) et le Maly Biaby Orzel (Petit Aigle Blanc) et deux galères. On peut ajouter de petits embarcations utilisées par les cosaques (Chaïka)

En 1700 une petite marine est créée par Auguste II le Fort pour la Grande Guerre du Nord mais son existence est tellement éphémère qu’elle n’est pas considérée comme une version de la marine polonaise.

La Pologne longtemps puissance dominante dans l’est de l’Europe ne sera jamais une grande puissance maritime.

La marine polonaise (re)nait en 1918, les premiers navires étant quelques torpilleurs ayant appartenu à la marine impériale allemande.

Les marins polonais ont de grandes ambitions (y compris de cuirassés !) mais ils se heurtent au manque de moyens financiers. La marine polonaise allait donc être une Green Water Navy, une marine des eaux vertes, une marine littorale tournée vers la défense côtière contre l’Allemagne et l’URSS.

Conscient qu’une intervention franco-britannique en Baltique est peu probable ou sera du moins tardive, Varsovie espérant préserver l’avenir décide d’envoyer à l’ouest ses unités les plus modernes (c’est le Plan Peking), unités qui allaient permettre la mise sur pied d’une marine polonaise libre (Darmowa Polska Marynarka Wojenna) avec des unités cédées par la Grande-Bretagne, certaines anciennes mais d’autres modernes.

En septembre 1939 la marine polonaise est une force autonome dirigée par un commandement naval installé à Varsovie, commandement placé sous l’autorité du commandement en chef des forces polonaises.

La digue de la base navale de Hel endommagée par une bombe

Elle s’appuie sur la base de Gdynia-Oksywie, la base de Hel, la base aéronavale de Puck ainsi qu’un dépôt de munitions/gare de transit installé à Westerplatte dans la ville libre de Dantzig. A cela s’ajoute l’Ecole Navale installée à Gdynia.

Son organisation est classique avec des flottilles, une flottille de destroyers, une flottille de sous-marins, une flottille fluviale, un commandement de la défense côtière et l’aviation navale.

Le 1er septembre 1939 à lieu la Bataille de la baie de Dantzig, une bataille aéronavale. Bien entendu il n’est point ici question de porte-avions dont les deux pays sont dépourvus mais d’une bataille opposant des navires polonais (sept mouilleurs de mines, deux canonnières appuyées par des batteries antiaériennes installées à terre) à des avions allemands (trente-trois bombardiers essentiellement des Ju-87).

Comme nous l’avons vu l’opération Peking à envoyé hors de Pologne les unités les plus modernes laissant au pays quelques rares unités. On trouve notamment un mouilleur de mines, un destroyer, cinq sous-marins et divers petits navires.

Les sous-marins polonais doivent dans le cadre de l’opération Worek perturber les mouvements de la Kriegsmarine alors que dans le cadre de l’opération Murka un champ de mines doivent être tendu entre la péninsule de Hel et de Gdynia.

ORP Gryf

Au crépuscule dix navires polonais quittent Gdynia pour Hel. On trouve le mouilleur de mines ORP Gryf, les dragueurs mouilleurs de mines Jaskalka Czapala Zuraw Czajka Rybitwa et Mewa, les canonnières ORP Komendant Pilsduski et General Haller. A noter que le destroyer ORP Wicher ne participe pas directement à l’opération.

ORP Wicher

Dans l’après midi l’aviation allemande repère le Gryf. En à peine une demi-heure une contre-attaque aérienne est lancée.

Trente-trois avions attaquent en deux groupes, la DCA polonaise obligeant les allemands à larguer de plus haut ce qui explique qu’aucun impact majeur n’à été enregistré.

Un nouveau raid est lancé sur les coups de 18.00. A nouveau aucun impact majeur mais plusieurs navires sont endommagés notamment le Gryf qui se débarasse de ses mines. L’opération Murka est annulée.

A Hel le Wicher et le Gryf sont désarmés, perdant tout équipement utile et servant de pontons de DCA.

Du 8 au 14 septembre à lieu la Bataille de Gdynia, une bataillon opposant 17000 polonais à 29000 allemands, la Kriegsmarine enggageant deux cuirassés, trois croiseurs et dix destroyers, de petites unités ainsi que 120 avions.

Du 4 au 8 septembre les allemands isolent la côte polonaise de son hinterland, de son arrière pays, le cuirassé Schleswig-Holstein bombardant la côte mais son tir est peu efficace car la présence de batteries côtières lui interdit de trop s’approcher.

Dès le 4, les forces venues d’Allemagne et celles de Prusse orientale ont fait leur jonction. Le 8 l’attaque commence sur Gdynia. La ville est abandonnée le 12, tombant aux mains des allemands le 14. Les troupes polonaises se rendent après la défaite de Kepa Oksywska.

Du 1er septembre au 2 octobre 1939 à lieu la Bataille de Hel du nom de la péninsule qui sépare la baie de Puck appelée aussi Frisches Haff de la mer Baltique. Les allemands engagent 38000 hommes, deux cuirassés, deux destroyers plus des avions alors que les polonais sont 2800 hommes avec le soutien d’un destroyer, de mouilleurs de mines et de navires légers.

La forteresse de Hel est solidement armée avec une batterie de quatre canons de 152mm, deux batteries de deux canons de 105mm et trois batteries de huit canons de 75mm. La DCA représentée par la 2ème division d’artillerie antiaérienne navale se compose de six canons de 75mm, huit canons de 40mm, dix-sept mitrailleuses et deux projecteurs de 120cm. A cela s’ajoute les armes de l’infanterie à savoir quatre canons de 75mm, six canons de 75mm, 62 mitrailleuses et 11 mortiers.

Dès le 1er septembre la forteresse de Hel est bombardée. Le 3 septembre, le Wicher et le Gryf engagent avec les batteries côtières les destroyers allemands Leberecht Maas et Wolfgang Zenker, le premier est légèrement endommagé avec quatre morts à la clé. En face le Gryf enregistre quelques dégâts et sept morts.

Les navires allemands se replient appelant la Luftwaffe à la rescousse. L’aviation allemande coule le Gryf, le Wicher, le Mewa alors que le général Haller gravement endommagé coule le 6 septembre.

Les équipages s’insèrent dans le dispositif à terre, deux canons de 120mm du Gryf étant récupérés pour renforcer les défenses à terre.

Un premier assaut est mené le 9 septembre et les 12 et 13 septembre, les derniers navires polonais sont coulés ou désarmés, l’artillerie est installée à terre, les équipages renforçant la garnison.

Entre-temps le 7 septembre, la garnison de la Westerplatte se rend ce qui permet aux cuirassés allemands de mouiller à l’intérieur du Frisch Haff. Le 25 septembre ces navires sont légèrement endommagés. L’aviation allemande s’acharne mais en paye le prix avec 46 à 53 appareils abattus.

Les allemands déploient de l’artillerie lourde et même de l’artillerie lourde sur voie ferrée pour tenter de neutraliser la base devenue une île par la détonation de torpilles pour couper la base polonaise du reste de la péninsule. La forteresse capitule le 1er octobre et le lendemain toute la péninsule est occupée.

Du 10 au 19 septembre 1939 à lieu la Bataille de Kiepa-Oksywska, une bataille ayant eu lieu dans la banlieue de Gdynia, bataille opposant 38000 allemans à 15000 polonais. Ces derniers doivent combattre sur deux fronts.

Le 12 septembre 1939 les polonais se replient sur les monts Oksywie, renonçant à défendre la ville, les troupes polonaises capitulent le 19, le colonel Dabek se suicide.

La Darmowa Polska Marynarka Wojenna voit officiellement le jour le 15 mars 1940 par une prise d’armes sur la base navale de Devonport dans le sud de l’Angleterre. Cette marine polonaise libre va d’abord utiliser des navires polonais puis des navires cédés par les britanniques notamment deux vieux croiseurs légers et deux destroyers modernes.

Cette marine bien formée, bien entrainée et surtout motivée va opérer sous commandement britannique en mer du Nord puis en Manche notamment durant la Campagne de France.

A la fin du conflit cette marine doit rallier la Pologne. Elle se divise alors entre ceux préférant rentrer à l’ouest et ceux acceptant de servir un gouvernement officiellement d’union nationale mais qui va bientôt révéler sa véritable nature.

Pologne et Pays Neutres (94) Pologne (6)

De la guerre de Pologne à la Seconde Guerre Mondiale, des heures sombres pour la nation polonaise

Guerre de Pologne ou Guerre de Trois Mois ?

Parlons d’abord un peu historiographie. En France, le conflit qui éclate le 1er septembre 1939 et s’achève le 15 décembre 1939 est appelée Guerre de Pologne car en dépit du fait qu’il y eut des affrontements à l’ouest (la tristement célèbre «offensive» de la Sarre), en mer et dans les airs, l’essentiel des combats ont eu lieu sur le territoire polonais.

Les historiens anglo-saxons préfèrent parler non pas de Poland War ou de Polish War mais de Three Month’s War ou guerre de trois mois, certains persifleurs estimant que l’expression Guerre de Pologne était trop française pour être acceptable……. .

Le 1er septembre 1939 à l’aube l’Allemagne envahit la Pologne sans déclaration de guerre. Deux jours plus tard, la France et la Grande-Bretagne déjouant tous les prévisions d’Hitler déclarent la guerre à l’Allemagne. Es-ce le début d’une nouvelle guerre mondiale ? c’est ce que tout le monde croit mais en réalité ce conflit ne va durer que trois mois.

Georg Elser

Par quel miracle ? Des négociations ? Un miracle ? Non plus simple que cela un attentat commis parce ce qu’on appelerait aujourd’hui un «loup solitaire» à savoir Georg Elser qui estime qu’en tuant Hitler il mettra fin à la guerre.

Alors que la Pologne à depuis longtemps succombé aux coups de boutoirs germano-soviétiques, une bombe souffle la Bürgerbraükeller le 9 novembre 1939 alors qu’Hitler célébrait avec ses compares le seizième anniversaire de l’échec du putsch. Les secours relèvent quinze morts dont Hitler. L’auteur est arrêté à la frontière française, torturé, jugé et exécuté le 4 janvier 1940.

Entre-temps l’ancien kaiser Guillaume II est rappelé de son exil néerlandais pour offrir un visage présentable aux véritables maitres du pays à savoir un triumvirat Himmler/Goering/Borman.

Le 15 décembre 1939 Guillaume II annonce la suspension immédiate des hostilités. La France et la Grande-Bretagne acceptent la suspension des combats mais restent prudents.

Reste à trancher le cas de la Pologne. Guillaume II propose la réunion d’une conférence internationale pour trancher.

Cette conférence organisée à Coblence est pipée dès le début car Paris comme Londres ont exigé l’évacuation du territoire polonaise de septembre 1939 et son occupation par des troupes de pays neutres. Berlin refuse et Moscou ne daigne même pas répondre.

Suite à l’échec de la «Comédie de Coblence» (27-30 décembre 1939), la France et la Grande-Bretagne reconnaissent le gouvernement polonais en exil installé à Nantes le lendemain 31 décembre 1939.

Revenons quelques mois en arrière pour parler du conflit connu dans l’histoire sous le nom de Guerre de Pologne.

Fantassins polonais en 1939

L’armée polonaise aligne trente-neuf divisions d’infanterie (trente d’active et neuf de réserve) et seize brigades, 880 chars et 400 avions soit 950000 hommes.

Les allemands alignent soixante divisions et six brigades, 9000 canons, 2750 chars et 2315 avions soit 1.5 million d’hommes. A cela s’ajoute des unités slovaques (51306 hommes).

Les soviétiques vont eux aligner trente-trois divisions, onze brigades, 4959 canons, 4736 chars et 3300 avions soit 466516 hommes.

Du 1er au 5 septembre 1939 c’est la Bataille des Frontières. Le cuirassé Schleswig Holstein bombarde Dantzig mais la Westerplatte va résister jusqu’au 7 septembre 1939.

Car oui les polonais résistent motivés parce qu’ils défendent leur pays et que les français ne tarderont pas à lancer une offensive majeure sur le front occidental. On connait la suite, la timide que dis-je la pusilanime offensive en Sarre lancée le 7 septembre est très vite arrêtée.

Le 1er septembre la ville de Wielun est écrasée sous les bombes de la Luftwaffe et la ville libre de Dantzig est annexée.

Dès le 2 septembre 1939 les troupes allemandes venues de Poméranie ont atteint la vistule et occupent une bonne partie du corridor de Dantzig.

Parallèlement on assiste dès le début aux prémices de ce qui allait se passer durant la Pax Armada et durant le second conflit mondial à savoir des massacres de civils commis soit par des troupes combattantes ou par des civils armés. C’est notamment le cas le 3 septembre quand 1000 allemands ethniques accusés d’avoir tiré sur les troupes polonaises sont massacrées à Bydgoszcz.

Toujours le 3 septembre 1939 jour de la déclaration de guerre alliée, la 3ème Armée Allemande basée en Prusse orientale attaque. Le lendemain elles font leur jonction avec les unités venant de Poméranie obligeant les polonais à faire sauter les ponts sur la Vistule.

Au sud du front la 14ème Armée allemande attaque dans les Carpates. Après trois jours de combats intenses, l’armée du général List prend la direction de Cracovie qui tombera le 6 sans combats. Le même jour les forces polonaises se replient sur les rives de la Narew, de la Vistule et de la San.

Au nord c’est Gdynia qui est ciblée. Les polonais vont résister sur la presqu’île de Hel jusqu’au 1er octobre ! Le 7 septembre 1939, la garnison de la Westerplatte se rend et les troupes polonaises présentes sur la Narew doivent de se redéployer sur les rives du Bug. La ville de Tarnow tombe.

Le 8 septembre 1939 la ville de Ramdon tombe aux mains des allemands.

Le 10 septembre 1939 Varsovie est bombardée par l’aviation allemande. Le 12 la ville de Bialystok tombe. Le 13 les allemands franchissent le Vistule au sud de Varsovie. Le 14 les villes de Gdynia et de Brest-Litovsk tombent aux mains des allemands. Le 15, Przemysl est prise.

Le même jour, les troupes polonaises reçoivent l’ordre de se replier sur la frontière roumaine et d’attendre l’arrivée des alliés (sic). Le lendemain 16 septembre la capitale polonaise est entièrement encerclée par les allemands.

Les polonais pensent tenir encore mais le 17 septembre 1939 l’offensive soviétique fait passer leur situation de grave à désespérée. Les troupes polonaises vont progressivement se replier sur la Roumanie dans l’espoir d’échapper à la captivité de continuer le combat. Le lendemain le gouvernement se réfugie en Roumanie avant de passer en France.

Le 19 septembre 1939 les troupes allemandes et soviétiques font leur jonction du côté de Brest (Litovsk). Le même jour Wilno (Vilnius) tombe aux mains des soviétiques. Lwow capitule 22.

Le 28 septembre 1939 après trois semaines de siège la capitale Varsovie tombe aux mains des allemands. Deux jours plus tard un gouvernement polonais en exil est formé.

Le 1er octobre 1939 comme nous l’avons vu la courageuse garnison polonaise de la presqu’île de Hel capitule. Le 5 octobre, quatre jours après leur entrée officielle, les allemands organisent à Varsovie un défilé de la victoire.

Le conflit se termine le 6 octobre (même si certains soldats polonais vont lutter jusqu’au 10) et deux jours plus tard, l’Allemagne organise sa part du gateau polonais. Une partie est annexée au Reich et le reste forme le Gouvernement Général.

Les territoires annexés par l’Allemagne sont la Haute Silésie, la Prusse occidentale, la Poméranie, Poznan, Ciechanow, une partie de Lodz et la ville libre de Dantzig. Ces territoires forment trois Reichsgaue (Reichsgau Danzig Westpreussen dont le siège administratif est situé à Dantzig, Reichsgaue Wartheland dont le siège administratif est situé à Posen et enfin le Reichsgau Auslandorganisation der NSDAP).

Le gouvernement général lui est divisé en quatre districts : Cracovie, Lublin, Radom et Varsovie.

Le 1er novembre 1939 ce sera au tour de l’URSS d’annexer officiellement sa part du gâteau polonais. Ces territoires seront durant le second conflit mondial récupérés par les allemands qui après avoir envisagé de créer une nouvelle entité administrative vont les rattacher au gouvernement général.

A l’issue du second conflit mondial _oui je sais j’anticipe_ les annexions soviétiques de 1939 seront entérinées, la frontière polono-soviétique étant déportée vers l’ouest sur la ligne Curzon et en compensation la frontière entre la Pologne et les Nouveaux Pays Allemands est portée sur l’Oder et la Neisse là où les troupes alliées et soviétiques ont fait leur jonction au printemps 1945.

Le bilan lourd avec côté polonais 66300 tués et 133700 blessés (auxquels on peut ajouter selon les sources 680 à 911000 prisonniers) contre 16660 tués ou disparus et 32000 blessés côté allemand, 737 tués et 1125 blessés côté soviétique et 30 morts et 46 blessés côtés slovaque.

Ailleurs le conflit est plus limité avec quels combats aériens, des combats sur et sous la mer et quelques combats terrestres.

S.S Athenia

Le 3 septembre 1939 le paquebot S.S Athenia pris pour un croiseur auxiliaire est torpillé au large de l’Irlande par le U-30. 112 personnes perdent la vie dont 28 américains.

Le lendemain 4 septembre 1939, quinze bombardiers bimoteurs Bristol Blenheim attaquent les navires de guerre allemands au dessus de Wilhemshaven et de Brunsbüttel. Sept appareils sont abattus pour des résultats plus que médiocre car les trois bombes qui touchent n’explosent pas.

Du 7 septembre au 17 octobre 1939, la France lance une offensive en Sarre. Le début d’une attaque pouvant sauver la Pologne ?

Hélas pour Varsovie non car il s’agit davantage d’une reconnaissance armée, d’une reconnaissance en force. Les allemands se replient sans réellement combattre laissant les mines ralentir les français.

Dès le 18 septembre le général Gamelin ordonne l’arrêt de l’offensive, les troupes se retranchant sur place. Cette décision est contestée par nombre de généraux qui voient là une occasion en or de mettre l’Allemagne en difficulté. On peut dire que la leçon sera retenue pour plus tard…… .

Trois jours plus tard le 21 septembre le général Gamelin ordonne l’évacuation de la Sarre et le repli des troupes françaises sur la ligne Maginot.

Cette évacuation méthodique s’achève le 17 octobre 1939 avec quelques incidents contre des troupes allemandes qui tentent de profiter de la situation pour envahir le pays mais ils sont repoussés par les ouvrages de la ligne Maginot et par l’artillerie placée en couverture.

Gunther Prien

Le 13 octobre 1939 le sous-marin U-47 du commandant Gunther Prien pénètre dans la rade foraine de Scapa Flow. Il torpille le cuirassé HMS Royal Oak dont le naufrage entraine la mort de 868 officiers, officiers mariniers et marins.

Le 13 décembre 1939 à lieu la Bataille du rio de la Plata entre le cuirassé de poche Admiral Graf Spee et trois croiseurs britanniques, le lourd Exeter et les légers Achilles et Leander. Le cuirassé allemand sérieusement endommagé se réfugie à Montévideo.

Deux jours plus tard le conflit est suspendu, suspension actée le lendemain par les alliés. Les allemands demandent un laisser-passé pour ramener le cuirassé au pays.

Le cuirassé de poche Admiral Graf Spee se saborde à Montevideo le 17 décembre 1939

Paris et Londres refusent exigeant un désarmement sur place. Face au refus allemand d’un tel geste, le commandant Langsdorff décide de saborder le navire le 17. Trois jours plus tard il est retrouvé suicidé dans sa chambre d’hôtel à Buenos Aires, son corps allongé sur le pavillon geste symbolique si il en est.

Le 30 novembre 1939 alors que le conflit semble rentrer en sommeil après la mort d’Hitler, une nouvelle poussée de fièvre surgit en Finlande quand les troupes soviétiques envahissent leur petit voisin occidental dont la résistance fait l’admiration militaire.

A la promenade militaire espérée par les soviétiques (les troupes de la RKKA avait reçu explicitement l’ordre de ne pas franchir la frontière suédoise !) va succéder une guerre d’usure qui imposera à Moscou un effort considérable de plus de cinq mois pour venir à bout de la petite Finlande.

La guerre c’est aussi du renseignement, des coups tordus et dans ce domaine si les anglais sont doués, les allemands ne sont pas non plus des amateurs. Le 9 novembre 1939 deux officiers de renseignement britannique Sigismund Payne Best et Richard Henry Stevens sont enlevés à Venlo (Pays-Bas) par des agents allemands qui s’étaient fait passés par des officiers antinazis voulant renverser Hitler.

Alors que les agents britanniques sont envoyés en Allemagne, leurs agresseurs apprennent la mort d’Hitler dans l’attentat du putsch de la Brasserie. Profitant d’un moment de flottement («Nos gars étaient vraiment bouleversés par cette annonce» dira l’un des officiers britanniques), les deux officiers britanniques parviennent à s’évader et à rallier la France puis la Grande-Bretagne. Ils peuvent prévenir à temps que leurs contacts sont tous grillés ce qui limitera les dégâts.

La Pologne dans la Pax Armada : gouvernement en exil et territoire occupé démantelé martyrisé

Suite à la reconnaissance du gouvernement polonais en exil par les alliés, une nation polonaise se réorganise officiellement sur le territoire français et officieusement et clandestinement sur le territoire polonais.

L’opéra Graslin accueille les session d’un parlement polonais en exil composé d’élus ayant réussit à s’échapper du pays à l’automne 1939 et d’élus de la communauté polonaise en France.

Le château des Ducs de Bretagne accueille le gouvernement polonais en exil dirigé par le président Władysław Raczkiewicz et par le premier ministre et ministre de la défense Władysław Sikorski alors que les ministères s’installent dans des immeubles de l’Ile Feydeau qui sont considérés come un territoire polonais.

Une armée polonaise est reconstituée soutenue financièrement par la France même si le gouvernement polonais en exil essayera de trouver des ressources autonomes pour ne pas être trop dépendant de Paris et de Londres. Parmi ses ressources les royalties payées pour chaque fusil antichar modèle 1942, une copie du fusil antichar polonais wz.35.

En Pologne qu’elle soit annexée ou sous le joug du gouvernement général, la répression est féroce et impitoyable contre toute forme réelle ou supposée d’opposition. Il s’agit de briser tout net toute possibilité de soulèvement et toute possibilité de renaissance de la nation polonaise.

Le 23 novembre 1939 les juifs polonais sont contraints de vivre dans des ghettos et de porter l’étoile jaune. Curieusement le gouvernement en exil ne proteste pas ce qui s’explique pour certains par la profond antisémitisme d’une partie de la population polonaise et surtout de ses élites qui ont mené à des degrés divers une politique de polonisation ouvertement tournée contre les juifs.

Si côté soviétique la répression est immédiatement brutale et sans compromis, côté allemand on tente d’abord le jeu de la carotte et du baton mais le succès est mitigé ce qui explique très vite une répression teutone nettement plus brutale.

Selon les chiffres admis par la majorité des historiens, la répression durant cette période 1939-1948 à fait 750000 morts sans compter les disparus et les blessés succombant aux mauvais traitements.

Les arrestations massives, les expérimentations médicales et les travaux forcés provoquent des pertes terribles dans une population affaiblie par les maladies et la sous-nutrition. Cela atteindra un tel point qu’à partir de 1945 l’Allemagne lévera un peu le pied non pas pour des raisons humanitaires mais pour éviter une révolte des plus désespérés et donner un pretexte aux occidentaux pour attaquer à nouveau.

La Pologne dans le second conflit mondial et ses suites immédiates

Le territoire polonais occupé par l’Allemagne et l’URSS va littéralement souffrir le martyr. Une répression féroce doit empêcher toute renaissance du sentiment national polonais. Les élites encore présentes sont persécutées, victimes de brimades et de vexations diverses et variées.

Des camps d’internement puis des camps d’extermination sont construits en Pologne dans le but comme le dise les nazis de « régler définitivement la question juive ». Les nazis espèrent ainsi éliminer tous les juifs d’Europe mais n’y parviendront que très partiellement.

En Pologne occupée une résistance intérieure s’organise avec des filières de renseignement, d’évasion de prisonniers et de pilotes alliés abattus, des unités de sabotage. Cette résistance est divisée entre communistes et nationalistes ce qui va nuire à la « qualité » des opérations.

Le territoire polonais n’est pas épargné par les combats, les soviétiques ne faisant pas dans la dentelle pendant que les allemands s’accrochent au terrain comme des damnés pour retarder l’inéluctable.

Les villes sont ravagées par les combats et les bombardements qu’il soit d’artillerie ou d’aviation, la population civile est victime d’exactions venant aussi bien des allemands que des soviétiques, les viols, les exécutions sommaires et les exactions diverses se comptant par milliers.

La fin de la guerre ne marque pas la fin des malheurs pour la Pologne qui connait une insécurité terrible liée à l’action de certains résistants qui pour des raisons politiques ou matérielles continuaient leur actions.

La Pologne libérée par l’Armée Rouge doit normalement bénéficier d’élections libres mais très vite le gouvernement polonais de Nantes comprend que Staline n’à aucunement l’intention de rétablir la démocratie et que les alliés occidentaux n’ont pas l’intention de risquer une nouvelle guerre pour permettre à Varsovie d’obtenir ce qu’elle souhaite.

La suite est connue : la Pologne va devenir une « démocratie populaire » et le gouvernement polonais en exil qui s’installe à Londres en 1957 va rester une vitrine symbolique qui n’est calculée par personnne car ne dérangeant personne.

URSS (58) Armée de Terre (6)

L’armée impériale russe et le premier conflit mondial

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Soldats russes au début du premier conflit mondial. Le « rouleau compresseur » russe suscite énormément d’espoirs en France. La désillusion ne sera que plus grande. 

Après des années de tension, des années de crispation, le geste d’un étudiant serbe provoque l’implosion de l’Europe. Les grandes puissances liées entre-elles par des traités d’alliance mobilisent, persuadés que le conflit sera bref.

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URSS (54) Armée de Terre (2)

Une histoire militaire de la Russie

Les origines

Même si le sujet concerne la RKKA (Rabochny Kres’ynaskaya Krasnaya Armiya), l’Armée Rouge des Ouvriers et des Paysans impossible si on veut être rigoureux de passer sous silence l’histoire militaire de la Russie.

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URSS (13) Histoire et Géopolitique (12)

Opération Barbarossa

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne déclenche l’opération Weserübung, l’invasion du Danemark et de la Norvège même si officiellement il s’agit de protéger Oslo et Copenhague contre la menace d’un assaut franco-britannique.

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URSS (7) Histoire et Géopolitique (6)

La Russie dans le premier conflit mondial

Un certain Gavrilo Princip

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Gavrilo Princip

En ce début de vingtième siècle, la péninsule balkanique est une véritable poudrière, menaçant d’exploser et d’embraser l’Europe à tout instant.

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Allemagne (66) Armée de terre (23)

Fortifications

Westwall (Ligne Siegfried)

Carte du Westwall appelée Ligne Siegfried par les alliés

Carte du Westwall appelée Ligne Siegfried par les alliés

L’un des objectifs majeurs des vainqueurs du premier conflit mondial était d’empêcher l’Allemagne de provoquer un nouveau conflit.

Outre la limitation des effectifs et de l’équipement, une partie du territoire allemand en l’occurrence la Rhénanie, la fameuse “rive gauche du Rhin” était démilitarisé, mesure interdisant le stationnement temporaire et permanent de troupes allemandes et bien entendu l’interdiction de toute fortification.

En mars 1936, l’Allemagne fait pénétrer 3000 hommes légèrement armés en Rhénanie en violation du traité de Versailles sans réaction des français et des anglais au grand soulagement des généraux allemands.

Une fois la Rhénanie remilitarisé, se pose la question de sa défense contre une attaque franco-britannique.

Des projets sont lancés dès 1934 et des travaux sont même entamés mais ces premières tentatives ne sont pas menées à bien.

De nouveaux travaux sont menés officiellement à partir de 1938 (en réalité deux ans plus tôt) mais ces premières constructions sont vulnérables à l’artillerie ennemie.

Ce n’est qu’en 1937 qu’un programme plus cohérent est lancé, le Pionier-Program qui dessine une ligne continue de blockhaus, de fossés antichars, de réseaux barbelés de la frontière suisse jusqu’au Luxembourg. En 1938, la frontière belge et la frontière néerlandaise sont également couvertes.

A l’automne 1938, le “Limes-Program” succède au “Pionier-Program” pour obtenir un dispositif de protection cohérent.

Ce dispositif est considéré comme achevé en septembre 1939 après l’exécution des programmes « Aachen-Saar » et « Bruggen-Kleve« . Elle couvre la frontière allemande de Kleve sur la frontière germano-néerlandaise à Weil am Rhein sur la frontière entre la Confédération Helvétique et l’Allemagne.

Il se compose de 18000 ouvrages, de dents de dragons antichars. Pour accélérer les travaux, des modèles standardisés (Regelbau) sont dessinés qu’il s’agisse des blockhaus ou des obstacles antichars. Il existe cependant des différences entre les différentes du programme ayant présidé à la naissance du « Mur de l’Ouest ».

Les premiers ouvrages construits dans le cadre du Pioneering Program étaient des petites constructions avec une épaisseur de 50cm, les parois étant percées de trois embrasures orientées en direction de l’ennemi, les ouvrages les plus exposés ayant également des cloches d’observation et de tir.

Bunker type 10

Bunker type 10

Dans le cadre du Limes Programm, des ouvrages plus puissants sont construits. L’épaisseur des parois passe à 1.5m. 3471 Bunkers Type 10 sont construits sur les 630km. L’armement permet une couverture tous azimut.

Les ouvrages du Aachen-Saar Program sont similaires à ceux du précédents mais l’épaisseur des murs passe à 3.5m et les embrasures sont installées sur les côtés et non sur la face avant de l’ouvrage même si comme souvent dans la fortification il y à des exceptions. Ce programme planifie aussi la protection des villes de Sarrebruck et d’Aix-la-Chapelle, ville qui à l’origine étaient à l’ouest du tracé retenu.

A ces lignes de fortification s’ajoute des positions antiaériens, une zone occidentale de défense aérienne ou dans la langue de Goethe Luftverteidigungszone West (LVZ West). Elle se compose de positions antiaériennes fixes et de nids de mitrailleuse pour protéger les batteries contre un assaut terrestre.

Le programme « Bruggen-Kleve » voit la ligne Siegfried ou Westwall être prolongée vers le nord, le long de la frontière germano-néerlandaise. Les ouvrages sont similaires à celles du programme précédent.

La protection contre les chars est assurée par des obstacles appelés « dents de dragon » mais également par des hérissons, un assemblage de morceaux de métal dont la paternité doit être attribuée aux tchèques. Des inondations défensives sont également construites.

Si la propagande allemande à fait du Westwall le pendant oriental de notre Muraille de France, la réalité est différente. La ligne Siegfried est nettement moins solide et son rôle est différent.

Alors que la Ligne Maginot doit empêcher l’ennemi de percer notre frontière nord-est, la ligne Siegfried n’est vu que comme une ligne provisoire.

Un signe ne trompe pas, à la différence de la ligne Maginot, la ligne Siegfried ne dispose de troupes affectées en permanence. Point d’infanterie de forteresse au sein de la Heer, les ouvrages devant être occupées par des divisions d’infanterie classiques ce qui impose un certain délai.

La guerre de Pologne s’achevant rapidement sans attaque à l’ouest, le Westwall censé être provisoire devient une fortification semi-permanente.

La création d’unités de forteresse est semble-t-il étudié sérieusement par les généraux allemands mais au final on préfère affecter des compagnies d’infanterie des divisions déployées dans la région, une compagnie par régiment se spécialisant dans le combat sous béton. Autant dire des amateurs face à l’infanterie de forteresse française.

Sur le plan technique, les ouvrages sont comparables à des P.O français ou à des blockhaus type CEZF avec des créneaux de tir, des cloches d’observation, des cloches à mitrailleuses, des cloches à mortier et même des lance-flammes.

Il n’existe pas d’ouvrages d’artillerie capable de prendre à partie l’ennemi avant qu’il n’arrive à portée de tir.

Durant la Pax Armada, quelques travaux sont menés, des ouvrages supplémentaires sont construits avec un armement antichar (canon de 50mm) associé à des mitrailleuses. Des emplacements pour de l’artillerie sont également construits mais en dépit de ces efforts le Westwall semble bien incapable de s’opposer à une offensive franco-britannique décidée.

Ostwall et Neue Ostwall

Cloches blindées du Ostwall

Cloches blindées du Ostwall

Si l’Allemagne à interdiction absolue de fortifier sa frontière occidentale, elle à l’autorisation de protéger sa nouvelle frontière orientale en établissant une ligne d’ouvrage fortifié la protégeant d’une hypothétique attaque de la Pologne qui renait après plus d’un siècle de disparition.

Les études sont lancées en 1927, les travaux commençant en 1932 et s’achevant en 1938. Cette ligne couvre l’espace compris entre l’Oder et la Warthe, un espace de 150km d’où le nom de Festungfront Oder-Warthe-Bogen qui lui est aussi attribué.

A la différence du Westwall, le Ostwall est une ligne fortifiée comparable à la Ligne Maginot avec une centaine d’ouvrages s’appuyant sur le relief, les rivières et les marécages. Ces ouvrages disposent de coupoles blindées abritant de l’artillerie, des casemates pour de l’artillerie antichar, des mitrailleuses et des lance-flammes fixes. Les ouvrages sont reliés entre-eux par des tunnels où circulent un chemin de fer permettant de transporter rapidement hommes, munitions et matériels.

Il est prolongé au nord par le Pommernwall ou mur de Poméranie construit entre 1930 et 1935. La construction est plus légère que le Ostwall et se rapproche du Westwall même si les ouvrages sont équipés de créneaux mitrailleuses, de casemates antichars, de mortiers, d’observatoires pour l’artillerie, d’abris pour l’infanterie.

La conquête de la Pologne et le partage du pays avec l’URSS rend « obsolète » le Ostwall. Le pacte germano-soviétique rendant hypothétique un conflit entre Berlin et Moscou (du moins à court terme), la nouvelle frontière n’est pas couverte pas une fortification.

La dénonciation de ce pacte en mars 1945 change la donne. Un Neue Ostwall (nouveau mur de l’est) est réalisé le long de la nouvelle frontière entre l’Allemagne et l’URSS.

La Prusse Orientale étant protégée par d’anciennes forteresses, priorité est donnée à la défense du gouvernement général dont la frontière est protégé par des barbelés, des champs de mines et des ouvrages comparables non pas à ceux du Ostwall mais plutôt à ceux du Westwall.

Il s’agit là bien davantage d’une ligne de contrôle que d’une fortification imprenable. L’objectif est d’éviter une attaque surprise de l’armée rouge que d ’empêcher une invasion du gouvernement général.

Les ouvrages sont armés d’un ou deux créneaux de mitrailleuse, d’une coupole d’observation et pour certains soit d’un canon antichar de 50mm ou d’un mortier de 8cm.

Manquant de profondeur, cette position n’aurait pas opposé de grande résistance à une attaque décidée. Cette attaque ne se produisant pas lors du déclenchement de Weserubung, des travaux de renforcement sont menés au printemps 1949 pour lui donner de la profondeur et ainsi rendre la tache de l’ennemi plus complexe.

Allemagne (2) : Géopolitique

GEOPOLITIQUE

-L’une des obssessions allemandes était de dénoncer les clausses territoriales du traité de Versailles qui avait emputé l’Allemagne de nombreux territoires dont les cantons d’Eupen et Malmedy, l’Alsace-Lorraine et surtout à l’est, la renaissance de la Pologne isolant la Prusse Orientale du reste du territoire.

-Profitant de la faiblesse des démocraties occidentales, l’Allemagne récupère la Sarre, remilitarise la Rhénanie, annexe l’Autriche et les Sudètes avant de vassaliser la Bohème-Moravie (devenu un protectorat) alors que la Slovaquie théoriquement indépendante était en réalité sous la coupe de Berlin.

-Berlin se partage avec Moscou la Pologne, une partie est directement annexée et le reste devient un gouvernement général, une Pologne croupion.

-En Europe Centrale et Orientale, lutte d’influence entre l’Allemagne et les puissances occidentales avec une Roumanie totalement inféodée au Reich alors que la Yougoslavie pratique un vrai jeu de bascule même si peu avant le début du conflit, on peut considérer sa neutralité comme très favorable à la France et à la Grande-Bretagne.

-La Bulgarie elle reste indifférente aux approches occidentales, se contentant de se laisser courtiser par Berlin et Moscou alors que la Hongrie du régent Horthy est pro-allemande à la différence de la Grèce qui à clairement choisit le camp allié, n’attendant qu’un signe pour basculer d’une neutralité amicale au statut de belligérance.

-La Turquie inquiète de l’expansion de la flotte soviétique de la mer Noire reste neutre même si elle accepte les cadeaux de ses prétendants allemands et alliés.

-La Scandinavie reste neutre, la Norvège refusant toute participation alors que la Suède semble avoir une neutralité amicale vis à vis de l’Allemagne et que la Finlande bien que satellisée par l’URSS songe à prendre sa revanche.

-Ennemis potentiels : France, Grande-Bretagne, URSS et Etats-Unis

-Sur le plan des alliances, on trouve une alliance germano-italienne très déséquilibré, le poids économique, politique et militaire des deux partenaires n’étant pas égal sans parler d’un profond mépris des allemands vis à vis à des italiens.

-Pacte antikommintern plus symbolique qu’efficace, un pacte signé d’abord entre Berlin et Tokyo le 25 novembre 1936 auxquels se joignent bientôt l’Italie, la Hongrie et l’ESpagne. Le pacte germano-soviétique dénoncé en 1945 annule la plupart des dispositions de ce pacte qui devient bientôt une coquille vide

NdA : Ici pas vraiment de changements par rapport à l’histoire officielle. Les alliances sont les mêmes même si la présence de la France et de la Grande Bretagne peut rendre certains pays pro-allemands plus prudents qu’OTL.