17-Aviation navale (31)

Escadrille 11T

Cette escadrille est créée le 1er juin 1943 en même temps que la 7ème flottille d’aviation navale, le groupe aérien du Painlevé sur lequel sont embarqués les six avions torpilleurs Latécoère Laté 299 de l’unité du moins quand le porte-avions n’est pas dans la Rade-Abri. Dans ce cas là, l’escadrille est à Lanvéoc-Poulmic.

L’escadrille effectue ses premiers mouvements aviation à bord du Painlevé du 1er juin au 8 juillet 1944 au cours de la deuxième campagne d’essais du porte-avions avant de participer à sa Traversée Longue Durée du 15 au 18 août, ces deux dates marquant l’appareillage et le retour à Brest.

L’unité s’entraine depuis la terre lors de l’immobilisation du porte-avions pour les démontages et les modifications après la TLD (20 août au 12 septembre) avant de reprendre les opérations embarquées dès la disponibilité de la plate-forme admise au service actif le 18 août 1944.

A chaque sortie du porte-avions, l’escadrille 11T menait les mêmes opérations que les autres escadrilles embarquées de la marine nationale : formation pratique de jeunes pilotes, validation de l’expérience et des acquis des pilotes confirmés, entrainement aux missions de guerre, exercices avec l’armée de l’air et d’autres unités de la Flotte de l’Atlantique.

Du 22 juillet 1946 au 14 mars 1947, le Painlevé subit son premier grand carénage. Cela laisse la 7ème flottille d’aviation navale sans plate-forme mais cela permet à l’escadrille 11T de changer de monture, les Latécoère Laté 299 cédant la place à de rutilants Latécoère Laté 299-5.

La navalisation de l’unité _privée de porte-avions depuis huit mois_ à lieu lors de la remise en condition du porte-avions au large de Dakar du 11 avril au 27 mai avec la participation de l’armée de l’air.

Du 2 au 21 novembre 1947, le Painlevé participe à un exercice avec les cuirassés Normandie et Lorraine, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine accompagnés par huit torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine.

Après un entrainement du 1er au 5 septembre, en mer d’Iroise, l’escadrille 11T et les autres escadrilles embarquées sur le Painlevé se préparent à mener des missions de guerre suite à l’attaque allemande en Norvège et au Danemark.

A quai, le porte-avions est ravitaillé en carburant, vivres, pièces détachées et munitions de guerre (pour recompléter les stocks) pendant que les avions sont revisés à bord, certains jugés trop usés sont remplacés par des appareils neufs venus de Lanvéoc-Poulmic. L’escadrille 11T change ainsi deux de ses six avions torpilleurs, les deux appareils réformés étant cannibalisés pour récupérer des pièces.

Escadrille 12T

Cette escadrille est créée à Arzew près d’Oran à l’automne 1941 pour renforcer les capacités de surveillance et de combat dont le principal bénéficiaire était la 4ème escadre.

Officiellement activée le 30 septembre 1941 avec douze Bloch MB-481, l’escadrille 12T intègre la 10ème flottille d’hydravions qui se compose également de l’escadrille 14E (douze Potez-CAMS 141) et de l’escadrille 14R (douze Consolidated Catalina).

La mission de cette unité est d’être le bras armé des deux autres unités de la 10ème FH. En clair, une force navale ennemie repérée par un Catalina de la 14R ou un Potez-CAMS 141 de la 14E à de grandes chances de voir débouler les hydravions-torpilleurs de la 12T à moins que les Bloch MB-481 ne l’ait repéré tout seul puisque ces bimoteurs sont à la fois capable d’attaquer à la torpille, de surveiller une zone, de pister une escadre et de traquer les submersibles.

Deux appareils sont perdus au cours d’exercices et de mission de surveillance. Le premier le 14 mars 1947, écrasé au nord d’Alger (trois tués et deux blessés graves parmi l’équipage, trois morts au sol) et le second le 5 mai 1948, disparu au large de la Sicile. Son épave sera retrouvée près de Gela au cours d’une mission de reconnaissance menée en plein conflit, l’épave présentant des impacts de balle…… . Ces deux appareils sont promptement remplacés par des appareils de réserve.

A partir du 1er septembre 1948, les hydravions-torpilleurs de la 12T vont participer au dispositif de surveillance des côtes nord-africaines tout en se préparant si nécessaire à mener des raids à la torpille notamment contre le trafic de cabotage entre la Sicile et la péninsule italique.

Escadrille 13T

Le 12 mars 1942, sur la base aéronavale de Djibouti, arrivent douze hydravions bimoteurs Bloch MB-481 venus de métropole après un vol en plusieurs étapes.

Décollant de l’hydrobase des Mureaux _annexe de la BAN d’Orly_, ils ont fait étape sur l’Etang de Berre, à Karouba, à Alexandrie et à Suez avant d’arriver à Djibouti. Si six d’entre d’eux restent à Djibouti pour former la 9T, les six autres reprennent leur route pour rallier Diego-Suarez via les Seychelles, les six hydravions arrivant à destination le 17 mars 1942.

Leur arrivée marque la naissance de l’escadrille 13T qui renforce les capacités militaires françaises dans la région, ces bimoteurs pouvant servir à la surveillance maritime, au torpillage, au bombardement naval et terrestre ainsi qu’à la lutte anti-sous-marine.

Ces six appareils sont toujours en service le 1er septembre 1948 même si un appareil perdu en mer à du être remplacé. L’appareil de remplacement est arrivé de métropole démonté sur un cargo en compagnie de cinq autres appareils démontés qui servent de réserve d’attrition.

A partir du 2 septembre 1948, les hydravions de la 13T vont mener des patrouilles anti-sous-marines et des patrouilles anti-raiders dans l’Océan Indien pour contrer sous-marins et croiseurs auxiliaires ennemis qu’ils soient italiens ou allemands.

Escadrille 14T

Cette escadrille est activée le 25 septembre 1941 à Tripoli-du-Liban avec pour équipement huit Latécoère Laté 298. Cette escadrille doit donner un bras armé à l’escadrille de surveillance 10R équipée de Loire 130 pour traquer sous-marins et navires de surface.
Contrairement à d’autres unités d’hydravions-torpilleurs, l’escadrille 14T est encore équipée de Latécoère Laté 298, sa transformation sur Laté 299-7 étant reporté sine die en raison du déclenchement de la guerre alors qu’il était prévu à l’automne 1948.

Au 5 septembre 1948, l’escadrille (qui à utilisé au total onze Laté 298) participe aux patrouilles de surveillance au large des côtes syro-libanaises, se préparant à mener également des attaques à la bombe et à la torpille contre les navires italiens dans le Dodécanèse si l’Italie entrait en guerre.

Escadrille 15T

Au printemps 1945, la 1ère flottille d’aviation navale dispose sur la base de Calais-Marck de deux escadrilles de chasse et une escadrille de reconnaissance et d’attaque maritime soit trente-six appareils.

Pour compléter cette 1ère FAN et augmenter ses capacités, décision est prise de créer une escadrille de bombardiers-torpilleurs, l’escadrille 15T qui créée le 15 juin 1945 aligne douze Lioré et Olivier Léo456.

Cette escadrille déclarée opérationnelle le 4 août 1945 doit interdire La Manche et les côtes du Benelux à la marine allemande si cette dernière voulait appuyer une progression de la Heer en Belgique selon un plan inspiré du plan Schlieffen de 1914. Elle pourra aussi participer à l’appui du corps de bataille.

Au 5 septembre 1948, les douze appareils d’origine sont pleinement opérationnels, se préparant à participer à de futures opérations de guerre.

17-Aviation navale (23)

Escadrille 16E

Cette escadrille est activée le 12 juillet 1941 en même temps que la 4ème flottille d’aviation navale qui regroupe tous les appareils basés à Sidi-Ahmed, la base terrestre de l’aéronaval et pendant de Karouba qui regroupe les hydravions.

Cette escadrille est chargée avec ses douze CAO-700M de patrouiller dans le détroit de Sicile voir de pousser jusqu’au Golfe de Tarente et au canal d’Otrante pour détecter tout mouvement de la flotte italienne et guider sur elle les navires de la 6ème Escadre Légère voir de celle des 2ème et 4ème Escadres.

L’escadrille 16E est toujours équipée de ces appareils en septembre 1948 même si l’usure et les accident ont fait que quatre des douze appareils en service sont des appareils de remplacement par rapport au lot d’origine.

A partir du 1er septembre 1948, l’unité renforce ses patrouilles, suivant les mouvements de la flotte italienne notamment depuis le port de Tarente.

Escadrille 17E

Le 13 juin 1941 est créée à Diego Suarez l’escadrille 17E équipée de six hydravions Potez-CAMS 141 afin de renforcer les capacités de surveillance dans l’Océan Indien notamment contre les raiders allemands.

Ces hydravions sont toujours en service le 31 août 1948 et dès le 5 septembre 1948 renforcent leur présence au dessus des flots notamment le long des routes commerciales pouvant être attaquées par des croiseurs auxiliaires allemands.

Escadrille 18E

Le 10 octobre 1941, l’escadrille 18E est activée à Djibouti avec pour équipement huit Bloch MB-131 cédés par l’armée de l’air en attendant des appareils plus modernes et plus adaptés.

Cette escadrille est chargée en cas de conflit d’attaquer la flotte italienne de la mer Rouge et son trafic commercial même si un conflit entre la Grande Bretagne et l’Italie entrainerai la fermeture du canal de Suez aux italiens.

En septembre 1943, les cinq Bloch MB-131 survivants sont retirés du service (conservés sur place, ils serviront d’appareils de réserve et de soutien notamment dans des missions de transport) et remplacés par quatre CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 et maintiennent une garde vigilante dans le détroit de Bab-El-Mandeb en coopération avec les forces de surface et les forces britanniques présentes en force dans la région, les CAO-700M pistant les navires italiens et les Léo 456 se tenant prêts à neutraliser à la bombe ou à la torpille les navires de guerre italiens présents dans la région.

Entre septembre 1943 et septembre 1948, l’escadrille 18E à perdu un CAO-700M, vite remplacé.

Escadrille 19E

Le 7 juin 1947, l’escadrille 19E est activée à Dakar, anticipant de trois mois sur la création de la 1ère flottille mixte d’aviation navale qui regroupe comme vous vous en doutez des avions et des hydravions.

Cette escadrille est comme la 18E une escadrille mixte disposant de six CAO-700M de patrouille maritime et huit Lioré et Olivier Léo 456 de bombardement et de torpillage. Ils doivent lutter notamment contre les sous-marins et les raiders allemands dans l’Atlantique Sud.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et à partir du 5 septembre 1948, les CAO-700M et même les Léo 456 vont patrouiller au large de Dakar, assurant des patrouilles de surveillance mais également la couverture de convois.

17-Aviation navale (22)

Escadrille 12E

En septembre 1939, l’escadrille 3S3 est basée sur l’Etang de Berre avec un équipement ancien en l’occurence cinq Gourdou-Lesseure GL.810, six GL.811, cinq GL.812 et deux GL.813 soit un total de dix-huit appareils.

En février 1940,  ces hydravions dépassés sont remplacés par seize Latécoère Laté 298, seize hydravions utilisés aussi bien pour le torpillage, la reconnaissance et la lutte anti-sous-marine.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille 3S3 intègre la 2ème flottille d’hydravions et devient en octobre 1940, l’escadrille 2T.

Véritable phenix, cette escadrille est choisit en septembre 1941 pour devenir une unité de la patrouille maritime avec pour équipement douze CAO-700M. Son stationnement change également, à l’Etang de Berre l’escadrille 2T est redéployée à Fréjus-Saint Raphaël.

Une fois transformée, l’escadrille est renumérotée 12E et transformée à la 2ème flottille d’aviation navale en compagnie de la 6B (seize Bloch MB-175T), de la 2C (seize Grumman G-36A) et l’escadrille 8T (seize Lioré et Olivier Léo 456).

Elle à pour mission de patrouiller au dessus du bassin occidental de la Méditerranée et notamment entre Corse et Continent, dans le Golfe de Gênes pour tracer, pour pister la flotte italienne et offrir une capacité de détection supplémentaire au profit de la flotte française.

Durant ses sept années d’utilisation opérationnelle, l’escadrille 12E perd trois appareils : un mer et deux suite à des aterrissage hasardeux, ces appareils sont remplacés par des appareils issus des stocks de la marine.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et à partir du 1er septembre, va participer au dispositif de surveillance au large de Toulon, mission qui prend une autre saveur et une autre importance à partir du 5 septembre 1948.

Escadrille 13E

Le 13 novembre 1942, arrivent partiellement démontés à Nouméa, huit hydravions Consolidated Catalina. Leur arrivée marque l’acte de naissance de l’escadrille 13E destinée à renforcer les capacités de reconnaissance des forces navales françaises du Pacifique.

Basés sur la base aéronavale de Tantouta au nord de Nouméa, ils sont chargés d’assurer la surveillance des eaux environantes au profit notamment des FNFP pour optimiser leurs patrouilles.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 même si sur les huit appareils du lot d’origine, seuls quatre sont encore en service, les quatre autres étant des appareils de remplacement.

La mobilisation doit également permettre à l’unité de passer à douze appareils, les quatre appareils supplémentaires étant des PBY-2 venus directement des Etats Unis.

Escadrille 14E

Cette escadrille d’exploration est créée à l’automne 1941 en même temps que la 10ème flottille d’hydravions destiné à renforcer les capacités de la 4ème Escadre de Mers-Bel-Kébir.

Basée à Arzew prêt d’Oran, l’escadrille 14E est officiellement activée le 5 octobre 1941 avec pour équipement douze hydravions quadrimoteurs Potez-CAMS 141 aptes à la reconnaissance lointaine mais également à la lutte anti-sous-marine.

L’escadrille perd deux hydravions au cours de son utilisation opérationnelle, appareils qui sont rapidement remplacés. Cette escadrille dispose donc le 31 août 1948 de douze hydravions Potez-CAMS 141 qui vont participer aux patrouilles de surveillance et à la couverture de convois.

Escadrille 15E

Cette escadrille est activée en septembre 1945 sur la base de Port-Lyautey au sein de la 6ème flottille d’hydravions avec pour équipement six Latécoère Laté 615. Ces appareils ont pour mission de patrouiller dans l’Atlantique pour couvrir la navigation (et en temps de guerre les convois) et de traquer les raiders allemands.

Ces appareils sont encore en service en septembre 1948.

17-Aviation navale (21)

Escadrille 8E

Loire 70 en vol

Loire 70 en vol

En septembre 1939 est basée à Karouba l’escadrille E-7 équipée de six Loire 70, l’hydravion qui avait perdu la compétition contre le Bréguet Bizerte mais que la marine avait commandé pour se garder une roue de secours et ne pas trop dépendre d’un constructeur.

Cet appareil qui connait d’importants problèmes techniques est interdit de vol le 12 février 1940 après deux accidents. L’escadrille est faute de mieux rééquipée avec huit Lioré et Olivier H43 à l’origine prévue pour l’escadrille 3S5.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille E-7 intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés à Karouba (hors ceux rattachés aux croiseurs de la 6ème EL) et un mois plus tard en octobre 1940, l’escadrille E-7 devient escadrille 8E.

En juin 1941, l’escadrille 8E est transformée sur Bréguet Br790, recevant douze hydravions pour remplacer six Lioré et Olivier H43, appareils qui sont aussitôt feraillés qui ne seront pas regrettés par leurs équipages.

Ces appareils vont opérer principalement au profit de la 6ème Escadre Légère, étant les yeux des croiseurs Emile Bertin La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise sans oublier au profit des autres unités. Ils menaient des missions de surveillance ainsi que de nombreux exercices en solitaire ou avec les unités de la 6ème EL.

L’escadrille 8E est toujours équipée de cet appareil le 31 août 1948, trois appareils de l’unité étant des appareils de remplacement. Ils vont alors participer à des missions de surveillance au large de la Tunisie.

Escadrille 9E

Cette escadrille est activée en septembre 1942 avec douze CAO-700M pour remplacer la 5B/12R au sein de la 3ème flottille d’aviation navale basée à Lanvéoc-Poulmic. Elle est chargée de missions de surveillance et de patrouille maritime dans l’Atlantique et dans le Golfe de Gascogne en coopération avec le 7E basée à Lann-Bihoué prêt de Lorient.

Un appareil perdu en mars 1945 à l’atterrissage (deux morts et trois blessés) et un deuxième est réformé en septembre 1947 suite à des fragilités structurelles au niveau des bâtis moteurs 2 et 3, ces deux appareils étant promptement remplacés.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et vont se relayer pour notamment couvrir les convois atlantique sans oublier la traque des sous-marins et d’éventuels croiseurs auxiliaires allemands.

Escadrille 10E

Le 7 juin 1941 est activée à Port Lyautey au sein de la 6ème flottille d’hydravions (6ème FH), l’escadrille 10E qui reçoit comme équipement huit hydravions Potez-CAMS 141 ce qui permet au CSMAN d’augmenter son rayon d’efficacité et d’efficience en Méditerranée pour des missions de surveillance générale et l’appui aux unités de la flotte en Méditerranée comme dans l’Atlantique.

Ces appareils (six du lot d’origine et deux de remplacement arrivés respectivement en septembre 1946 et avril 1947) sont encore en service le 31 août 1948 et à partir du 1er septembre 1948, l’escadrille reçoit l’ordre de surveiller les côtes du Sud-marocain et de tendre jusqu’à Dakar pour couvrir une voie de navigation de convois, la voie DCB (Dakar-Casablanca-Brest).

Escadrille 11E

Bloch MB-175T

Bloch MB-175T

Le 12 janvier 1943 est activée à Lanvéoc-Poulmic l’escadrille 11E, une escadrille de reconnaissance et d’attaque maritime équipée de douze Bloch MB-175T.

Ces bimoteurs inaugurent le concept de reconnaissance armée imaginé par certains officiers de marine.

Ils imaginent des avions patrouillant un secteur donné avec des bombes en soute et sous les ailes pour mener si nécessaire des attaques d’opportunité, compensant le handicap des CAO-700M qui doivent souvent attendre le décollage des bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456M  pour attaquer la cible repérée en essayant si possible de continuer à pister le navire sans se faire repérer.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si ils bénéficient d’améliorations constantes, inaugurant le concept du radar aéroporté _même si les premiers modèles sont encore peu fiables_ et l’emploi de roquettes air-sol. Deux appareils du lot d’origine ont été perdus et remplacés par des appareils issus des stocks.

Au 5 septembre 1948, les Bloch MB-175T de l’escadrille 11E sont mis en alerte, l’Amirauté envisageant leur redéploiement en Grande Bretagne pour opérer en mer du Nord contre les convois chargés d’amener les troupes et leur ravitaillement.

17-Aviation navale (20)

Escadrille 4E

Basée sur l’Etang de Berre, l’escadrille d’exploration E-1 équipée de huit Bréguet Bizerte est redéployée au moment du déclenchement de la guerre de Pologne à Port-Lyautey pour couvrir les convois Brest-Gibraltar-Casablanca-Dakar.

Elle intègre le 15 septembre 1940 la 6ème flottille d’hydravions qui regroupe au sein du CSMAN les hydravions basés à Port-Lyautey. Elle devient au mois d’octobre l’escadrille 4E avec toujours le même équipement.

Ces appareils sont remplacés en avril/mai 1945 par douze Potez-CAMS 143 quadrimoteurs qui donnent un punch supplémentaire à l’unité qui reçoit comme mission principale la couverture des approches du détroit de Gibraltar contre les navires de surface et les sous-marins qui voudraient venir mettre le bazar en Méditerranée.  Un appareil est perdu en septembre 1947 et si l’équipage n’est que blessé, l’appareil est irrécupérable.

Ces douze appareils sont toujours en service le 31 août 1948, l’unité menant une patrouille permanente à l’ouest du détroit de Gibraltar dès le 1er septembre, une patrouille qui prend une autre saveur à partir du 5 septembre 1948.

Escadrille 5E

Le 12 juin 1941 est activée sur la base aéronavale de Cherbourg-Querqueville l’escadrille d’exploration 5E avec pour équipement six Potez-CAMS 141, des hydravions d’exploration à long rayon d’action permettant à l’unité de rayonner jusqu’au détroit du Pas de Calais.

En septembre 1946, les six Potez-CAMS 141  (deux appareils de réserve ayant remplacé deux appareils perdus en capotant à l’amerissage, l’équipage étant récupéré secoué mais indemne) sont remplacés par six Potez-CAMS 143, version améliorée du -141.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 et à partir du 5 septembre 1948 vont multiplier des patrouilles de surveillance en Manche et en mer du Nord en se ravitaillant à Dunkerque ou à Calais-Marck.

Escadrille 6E

En août 1939, l’escadrille d’exploration E-3 est basée sur l’Etang de Berre avec six hydravions Bréguet Bizerte. A la mobilisation liée à la guerre de Pologne, elle rallie Karouba en remplacement de l’escadrille E-2 initialement prévue.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe les hydravions basés à Karouba près de Bizerte pour appuyer notamment la 6ème Escadre Légère.

Elle est renumérotée 6E en octobre 1940. Le nombre de Bréguet Bizerte est porté à neuf appareils.
En décembre 1945, les huit Bréguet Bizerte survivants sont remplacés par huit Potez-CAMS 143 plus modernes et plus efficaces. Un appareil est perdu en mars 1948 et immédiatement remplacé.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et entament à partir du 1er septembre 1948 un dispositif de patrouilles permanentes au large de Tunisie.

Escadrille 7E

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

Le 7 décembre 1941 est activée à Lann-Bihoué au sein de la 5ème flottille d’aviation navale, l’escadrille 7E équipée de douze avions de patrouille maritime CAO-700M, de puissants quadrimoteurs.

Cette unité est chargée de sanctuariser le Golfe de Gascogne et de pousser le plus loin possible dans l’Atlantique pour couvrir les convois et traquer raiders et sous-marins allemands.

Deux appareils sont perdus jusqu’au 31 août 1948, un en mer (équipage porté disparu présumé mort) et un à terre à l’atterrissage, l’équipage étant blessé mais l’appareil irrécupérable est cannibalisé pour fournir des pièces détachés. Les appareils perdus sont promptement remplacés.

A partir du 31 août 1948, les douze CAO-700M vont se relayer pour maintenir une patrouille permanente dans le Golfe de Gascogne.

17-Aviation navale (19)

Escadrille 16R

Cette escadrille est activée le 13 octobre 1946 à Cherbourg-Querqueville, base où va monter en puissance la 10ème flottille d’aviation navale, le groupe aérien du porte-avions lourd Commandant Teste.

Equipée de six CAO-610 tout comme sa consoeur de la 18R, cette unité est chargée de missions de reconnaissance, d’éclairage, de torpillage voir de bombardement. Secondairement, ces appareils pouvaient mener des missions de commandement de chasse voir de chasse lourde. Cette escadrille rallie ensuite Arzew, sa base terrestre quand le porte-avions est à quai.

Le temps fort pour la 16R est la participation du 15 mai au 20 juin 1948 à une importante série d’exercices avec le cuirassé Bretagne et du croiseur de bataille Strasbourg  mais également en compagnie de six torpilleurs d’escadre et des trois contre-torpilleurs de la 11ème DCT à savoir le Mogador, le Volta et le Hoche.

Du 7 au 18 juillet 1948, l’escadrille 16R participe à un entrainement au large d’Alger. Le 14 juillet 1948, la 9ème flottille au complet soit  27 Bloch MB-159M, 12 CAO-610, 16 Latécoère Laté 299-5, 18 Loire-Nieuport LN-420, 8 Morane-Saulnier MS-474 et 4 Dewoitine D-720M survolent la ville en émettant des fumigènes bleu-blanc-rouge du plus bel effet.

La 16R sort à nouveau pour entrainement du 25 juillet au 8 août en compagnie de son navire porteur, rentrant à Mers-El-Kébir le 15 août après une escale à La Valette du 9 au 13 août 1948. Elle sort à nouveau pour entrainement du21 au 29 août 1948.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark le 5 septembre, le Commandant Teste appareille en compagnie du Bretagne pour contrer une éventuelle action italienne contre l’Afrique du Nord.

Les CAO-610 vont effectuer des missions de reconnaissance pour repérer d’éventuels navires italiens et participer à la sécurité des forces françaises.

Escadrille 17R

Numéro non attribué. Il le sera pour la première escadrille de surveillance mise sur pied à la mobilisation.

Escadrille 18R

Cette escadrille est activée le 13 octobre 1946 à Cherbourg-Querqueville, base où va monter en puissance la 10ème flottille d’aviation navale, le groupe aérien du porte-avions lourd Commandant Teste.

Equipée de six CAO-610 tout comme sa consoeur de la 16R, cette unité est chargée de missions de reconnaissance, d’éclairage, de torpillage voir de bombardement. Secondairement, ces appareils pouvaient mener des missions de commandement de chasse voir de chasse lourde. Cette escadrille rallie ensuite Arzew, sa base terrestre quand le porte-avions est à quai.

Du 7 au 18 juillet 1948, l’escadrille 18R participe à un entrainement au large d’Alger. Le 14 juillet 1948, la 9ème flottille au complet soit  27 Bloch MB-159M, 12 CAO-610, 16 Latécoère Laté 299-5, 18 Loire-Nieuport LN-420, 8 Morane-Saulnier MS-474 et 4 Dewoitine D-720M survolent la ville en émettant des fumigènes bleu-blanc-rouge du plus bel effet.

La 18R sort à nouveau pour entrainement du 25 juillet au 8 août, rentrant à Mers-El-Kébir le 15 août après une escale à La Valette du 9 au 13 août 1948. Elle sort à nouveau pour entrainement du21 au 29 août 1948.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark le 5 septembre, le Commandant Teste appareille en compagnie du Bretagne pour contrer une éventuelle action italienne contre l’Afrique du Nord. Les CAO-610 vont effectuer des missions de reconnaissance pour repérer d’éventuels navires italiens et participer à la sécurité des forces françaises.

Escadrille 1E

Bréguet 521 Bizerte

Bréguet 521 Bizerte

En septembre 1939, l’escadrille d’exploration E-2 est basée à Cherbourg-Chantereyne avec sept Bréguet Bizerte. Dans un premier temps, elle devait rallier Karouba et la 4ème région maritime mais au final, elle participe à la guerre de Pologne depuis la base de Lanvéoc-Poulmic sur la façade atlantique.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille E-2 intègre la 3ème flottille d’hydravions qui dépend du Commandement Atlantique de l’Aviation Navale (CAAN) et un mois plus, l’escadrille E-2 devient l’escadrille 1E avec toujours le Bréguet Bizerte comme monture dont le nombre est porté à douze appareils.

Les dix Bizerte survivants sont remplacés au printemps 1945 par douze Potez-CAMS 143, un hydravion quadrimoteur, version amélioré du Potez-CAMS 141. C’est avec cet appareil que l’escadrille entre dans le second conflit mondial en septembre 1948 avec une double mission : des patrouilles de surveillance et des couvertures de convois atlantiques.

Escadrille 2E

En septembre 1939, l’escadrille E-5 est basée sur l’Etang de Berre au nord de Marseille avec pour équipement sept hydravions Bréguet Bizerte. Sa mission est de couvrir la région de Marseille et de Toulon contre les forces ennemies qu’elles soient de surface ou sous-marines. Elle doit également assurer la couverture de convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 4ème flottille d’hydravions et en octobre 1940, elle est renumérotée escadrille 2E avec neuf Bréguet Bizerte comme équipement, les missions ne changeant pas.

Trois appareils sont perdus lors d’une utilisation opérationnelle intense : un perdu en mer (équipage disparu), un écrasé à terre près de Marseille (équipage sauf) et un autre ayant capoté à l’amerrissage sur l’étang de Berre (équipage sauf).

Au printemps 1945, les six Bréguet Bizerte survivants sont remplacés par douze Potez-CAMS 143 quadrimoteurs aux performances meilleures que le Bizerte.

Entre mai 1945 et septembre 1948, l’unité perd un appareil qui s’écrase en Provence ne laissant que trois survivants sur les huit membres d’équipage. Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948, menant dès avant l’ouverture du conflit des patrouilles de surveillance avant de couvrir les convois trans-méditerranéens.

Escadrille 3E

Latécoère Laté 523

Latécoère Laté 523

Lors de la mobilisation de septembre 1939, l’escadrille E-6 est basée à Lanvéoc-Poulmic avec trois gros hydravions d’exploration avec deux Latécoère Laté 523 et un Latécoère Laté 521 auquel s’ajoute un Latécoère Laté 522 réquisitionné auprès d’Air France.

En janvier 1940, le Laté 522 est rendu à Air France, réduisant l’escadrille E-6 à trois hydravions d’exploration.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille E-6 intègre la 3ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés à Lanvéoc-Poulmic et un mois plus tard, elle est renumérotée 3E. Ses missions et son équipement ne change pas.
En novembre 1941, les deux Laté 523 et l’unique Laté 521 sont remplacés par six Latécoère Laté 612, une version améliorée issue de l’unique Latécoère Laté 611. Cinq appareils sont encore en service en septembre 1948.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948, effectuant des patrouilles lointaines dans l’Atlantique. Il n’était pas rare qu’un Laté 612 de la 3E décolle de Lanvéoc-Poulmic, effectue sa patrouille avant de rallier Casablanca pour se ravitailler et retrouver Lanvéoc-Poulmic pour entretien, repos de l’équipage et préparation d’une nouvelle patrouille.

17-Aviation navale (18)

Escadrille 11R

En septembre 1939 est activée à Saïgon sur l’aérodrome de Than-Son-Nut l’escadrille 8S6 qui dispose de six Loire 130C et de deux CAMS-55 pour l’entrainement et les taches de servitude.

Cette unité assure des missions de surveillance côtière et doit en cas de conflit appuyer en haute mer les FNEO.

En octobre 1940, l’escadrille 8S6 du Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) devient l’escadrille 11R.

Cette escadrille perd au cours de l’année 1941 ses CAMS-55 mais reçoit deux autres Loire 130 ce qui porte le nombre d’appareils en ligne à huit. Elle est redéployée à Cam-Ranh à partir de janvier 1945.

En juin 1947, les cinq Loire 130C survivants sont remplacés par douze Consolidated PBY-5 Catalina, la version amphibie du célèbre hydravion de patrouille ce qui accroit ses capacités de patrouille et d’action.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 11R participe à un dispositif de surveillance des côtes de la Cochinchine.

Escadrille 12R

L’ascendance de l’escadrille 12R est particulièrement complexe. En septembre 1939 existe une escadrille AB-2, l’escadrille de reconnaissance et de surveillance de la F1A, la flottille du Béarn qui est équipée de dix Levasseur PL.101, sa base terrestre étant Lanvéoc-Poulmic prêt de Brest.

A l’origine, elle devait recevoir des bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-401 mais le débarquement de la flottille du Béarn entraine sa transformation en unité mixte opérationnelle/instruction.

Elle conserve ses vieux Levasseur pour d’éventuelles missions de guerre (même si les PL.101 sont plus des antiquités volantes qu’autre chose) et va recevoir des CAO-600 pour assurer la formation pratique des pilotes et des observateurs destinés notamment au groupe aérien du Joffre.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) avant d’être rebaptisé 5B. En décembre 1941, il ne reste plus que sept Levasseur PL.101 mais on compte six CAO-600.

Levasseur PL.101 appontant sur le Béarn

Levasseur PL.101 appontant sur le Béarn

Les derniers PL.101 sont interdits de vol en mars 1942 à une époque où l’escadrille est entièrement transformée sur CAO-600 soit neufs appareils. Elle est alors rebaptisée 12R et intègre la 6ème flottille d’aviation (6ème FAN), ralliant sa nouvelle base de Hyères-Le Palyvestre.

Cette unité est chargée d’une mission d’éclairage au profit du porte-avions et des forces navales avec secondairement des missions de torpillage et d’attaque. Secondairement, on verra certains CAO-600 expérimenter le commandement de la chasse voir même la chasse lourde.

Du 2 septembre au 12 décembre 1946, le Joffre est immobilisé pour un petit carénage et l’escadrille 12R troque ses huit CAO-600 (trois appareils perdus et remplacés, un appareil perdu mais non remplacé) par neuf CAO-610 qui sont tous en service en septembre 1948.

Escadrille 13R

Bloch MB-131

Bloch MB-131

Le 12 septembre 1941 est activée à Than-Son-Nut l’escadrille 13R destinée à renforcer les capacités de surveillance aéromaritime au profit des FNEO. Faute d’un matériel moderne, elle dispose de douze Bloch MB-131 cédés sans déplaisir par l’armée de l’air.

Le 21 juillet 1943, douze CAO-700M arrivent à Than-Son-Nut pour remplacer les Bloch MB-131 dont seulement huit étaient encore en service, quatre appareils ayant été réformés suite à une usure prononcé de la cellule et des moteurs.

Cette unité quitte Than-Son-Nut en novembre 1947 pour rallier la base aéronavale de Cam-Ranh et poursuivre ses missions de surveillance qui le conduisait aussi bien dans le Golfe du Tonkin et dans le Golfe du Siam.

Cette unité perd deux appareils suite à des accidents à l’atterrissage à Than-Son-Nut en 1945 et 1946, deux appareils réformés et cannibalisés, deux appareils venus de France en vol (!) rejoignant Cam-Ranh en décembre 1947.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 13R participe à des missions de surveillance au large des côtes indochinoises de crainte que le Japon ne profite de la guerre en Europe pour attaquer en Indochine.

Escadrille 14R

Cette escadrille est créée à Arzew près d’Oran à l’automne 1941 pour renforcer les capacités de surveillance au profit de la 4ème escadre.

Officiellement activée le 30 septembre 1941 avec douze Consolidated Catalina, l’escadrille 14R intègre la 10ème flottille d’hydravions qui se compose également de l’escadrille 14E (douze Potez-CAMS 141) et de l’escadrille 12T (douze Bloch MB-481).

Ces appareils assurent des patrouilles vers le détroit de Gibraltar en liaison avec les britanniques installés à Gibraltar mais également vers l’est jusqu’aux approches immédiates de la Sardaigne et de la Sicile. Outre la surveillance pure, la lutte anti-sous-marine devient une mission prégnante pour l’unité.

Deux appareils sont perdus en patrouille (équipages disparus présumés morts) et remplacés par deux PBY-2.

Comme les autres unités de surveillance, la 14R participent à des patrouilles permanentes au large des côtes nord-africaines avant de se préparer à couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

Escadrille 15R

Le 1er juin 1943 est créée la 7ème flottille d’aviation navale à Lanvéoc-Poulmic, la 7ème FAN étant le groupe aérien du porte-avions Painlevé.

Comme la 12R, l’escadrille 15R est équipée de neuf CAO-600 de reconnaissance, d’éclairage, de torpillage voir de bombardement. Secondairement, ces appareils pouvaient mener des missions de commandement de chasse voir de chasse lourde.

Au cours du transit Atlantique lors de la traversée de longue durée du Painlevé (15-20 juillet 1944), un CAO-600 en exercice de torpillage est victime d’une panne de moteur. S’écrasant en mer, il ne laisse aucune chance à son équipage.

Entre décembre 1946 et janvier 1947, cette unité est transformée sur CAO-610, version améliorée du CAO-600.

Après un exercice du 1er au 5 septembre 1948, l’escadrille 15R se prépare aussitôt à participer à des opérations de guerre en mer du Nord à bord du Painlevé en compagnie notamment des cuirassés Lorraine et Normandie.

17-Aviation Navale (2)

B-Une expansion continuelle ou la création de nouvelles unités

A l’automne 1940, l’Aviation Navale dispose d’un total de 520 appareils répartis entre 354 hydravions, 154 avions et 12 autogyres. Huit ans plus tard, le 31 août 1948, l’Aviation Navale dispose de 1320 appareils (565 hydravions, 743 avions et 12 autogyres).

Non seulement le nombre d’appareils à largement augmenté mais le ratio avion/hydravion longtemps favorable à ces derniers c’est inversé pour la simple et bonne raison que le nombre de porte-avions est passé d’un en septembre 1940 à cinq en septembre 1948.

Cette augmentation va être lente mais inexorable, régulière et continue, chaque année voyant la création d’une ou plusieurs escadrilles, d’une ou plusieurs flottilles.

L'Amiral Barjot successeur de l'Amiral Lartigue en 1945

L’Amiral Barjot successeur de l’Amiral Lartigue en 1945

Sous l’impulsion de l’amiral Lartigue puis à partir de 1945 de l’Amiral Barjot, l’Aviation Navale connait une expansion phénomènale, augmentant considérablement le nombre d’appareils de première ligne, appareil dont l’efficacité n’à rien à envier aux appareils terrestre, mettant fin à un certain complexe des marins volants face à leurs camarades de l’armée de l’air.

Septembre 1940-décembre 1941

Le Potez-CAMS 141

Le Potez-CAMS 141

-Création en juin 1941 à Cherbourg-Querqueville de l’escadrille d’exploration 5E équipée de six Potez-CAMS 141, cette escadrille intégrant la 1ère flottille d’hydravions

-Création en mai 1941 de l’escadrille 7B équipée de seize Lioré et Olivier Léo 451 de l’armée de l’air et qui seront progressivement remplacés par des Léo 456 plus adaptés aux opérations navales, cette unité étant basée à Lanvéoc-Poulmic.

Lioré et Olivier LéO 451 de l'armée de l'air

Lioré et Olivier LéO 451 de l’armée de l’air

-Création en décembre 1941 de l’escadrille 7E équipée de douze CAO-700M de patrouille maritime qui est elle aussi basée à Lanvéoc-Poulmic.

Ces deux escadrilles appartiennent à la 5ème flottille d’aviation navale (5ème FAN)

-Création en juillet 1941 de l’escadrille 10E à Karouba près de Bizerte, escadrille équipée de huit Potez-CAMS 141 et intégrée à la 6ème flottille d’hydravions (6ème FH).

-Création en septembre 1941 de la 10ème flottille d’hydravions. Basée à Arzew prêt d’Oran, elle est chargée de couvrir les approches de Mers-El-Kébir. Elle dispose des escadrilles suivantes :

-Escadrille 14E : douze hydravions de grande patrouille Potez-CAMS 141

-Escadrille 12T : douze hydravions-torpilleurs Bloch MB-481

-Escadrille 14R : douze hydravions de surveillance Consolidated Catalina

Création en août 1941 de la 4ème flottille d’aviation navale. Installée sur la base aéronavale de Sidi-Ahmed prêt de Bizerte, elle regroupe les avions chargés de l’éclairage, de la protection et de l’appui de la 6ème Escadre Légère en l’occurence les escadrilles suivantes :

Grumman G-36A. Commandé comme chasseur embarqué, il servit à terre pour défendre les bases navales

Grumman G-36A. Commandé comme chasseur embarqué, il servit à terre pour défendre les bases navales

-Escadrille 4C : escadrille de chasse chargée de couvrir Bizerte. Elle est équipée de seize Bloch MB-151 qui sont remplacés en octobre 1941 par seize Grumman G-36A

-Escadrille 16E : escadrille de patrouille maritime équipée de douze CAO-700M

-Escadrille 10B : escadrille de reconnaissance et d’attaque maritime équipée de seize Bloch MB-175T

-Escadrille 12B : escadrille de bombardiers-torpilleurs équipée de seize Lioré et Olivier Léo 456

-Création pour le CLAN de l’escadrille 14B en juin 1941 avec six CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456 ainsi que de l’escadrille 14T en septembre 1941 avec huit Latécoère Laté 298.

hydravion torpilleur Latécoère Laté 298

hydravion torpilleur Latécoère Laté 298

-Création en septembre 1941pour le Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) de l’escadrille 13R équipée de douze Bloch MB-131 et de l’escadrille 15B équipée de douze Martin 167F, ces deux unités étant basées à Tan-Son-Nhut en attendant l’ouverture de la BAN de Cam-Ranh.

-Création pour le CAEFAN en juin 1941 de l’escadrille 17E basée à Diego-Suarez avec quatre puis six Potez-CAMS 141 puis en octobre 1941 de l’escadrille 18E basée à Djibouti avec huit Bloch MB-131 transférés par l’armée de l’air. Solution transitoire en attendant la livraison d’appareils plus modernes.

Au 31 décembre 1941, l’Aviation Navale dispose de 762 appareils (405 hydravions, 12 autogires et 345 avions) soit 242 appareils de plus.

16-Navires auxiliaires (3)

C- Ravitailleurs d’hydravions classe Sans Souci

La marine nationale dispose encore en 1948 de nombreux hydravions qu’ils soient embarqués sur les croiseurs et les cuirassés mais également qui sont basés à terre. Pour ces derniers, la marine à besoin de navires spécialisés pour les ravitailler, les entretenir et les remorquer.

Après avoir utilisé d’anciens avisos et cannonières transformés pour ce rôle, la Royale finance à la tranche 1937 la construction de quatre ravitailleurs d’hydravions baptisés Sans-Souci Sans Peur Sans Pareil et Sans Reproche, le n°1 et le n°3 vont être construits aux ACL, les n°2 et n°4 aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët.

Le Sans Souci

-Le Sans Souci est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 8 septembre 1940 lancé le 20 novembre 1941 et mis en service le 7 janvier 1943.

Il est affecté à Brest et mouillé dans la Penfeld même si il rallie régulièrement l’Anse de Lanvéoc, l’antre des hydravions de la flotte de l’Atlantique même si le Sans Souci est aussi régulièrement déployé à Lorient voir à Cherbourg.

Du 7 février au 15 mars 1946, il est échoué au bassin n°4 du Salou pour son premier grand carénage destiné à le remettre totalement en état. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 1er avril, sortant pour essais le 2 et le 3 puis pour remise en condition du 5 au 12 avril 1946.

Le 5 septembre 1946, le Sans Souci appareille de Brest et gagne Casablanca le 10 septembre où il est rejoint le lendemain par quatre Bréguet Br790 de l’escadrille 3R puis le 12 par quatre Latécoère Laté 298 de l’escadrille 7T afin de tester sa capacité à soutenir plusieurs hydravions sans assistance extérieure.

Les huit hydravions redécollent le 13 septembre pour rejoindre Dakar via Port Etienne et sont soutenus par le ravitailleur d’hydravion qui leur fournit carburant, munitions pour les exercices, vivres et repos pour l’équipage.

Après une semaine de manoeuvres au large de Dakar du 18 au 25 septembre, le Sans Souci quitte la capitale de l’AOF le 27 septembre, fait escale à Casablanca du 1er au 4 octobre avant de rentrer à Brest le 9 octobre 1946.

Le 5 septembre 1948, le Sans Souci était à Brest. Il est mis en alerte, prêt à servir de base mobile d’aviation aux hydravions du Commandement Atlantique de l’Aviation Navale (CAAN).

Le Sans Peur

-Le Sans Peur est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët en même temps que le Sans Reproche le 8 juin 1940 lancé le 20 septembre 1941 et mis en service le 5 décembre 1942.

Il est affecté à Toulon, quittant Lorient où il avait été armé le 6 décembre 1942, faisant escale à Casablanca du 10 au 13 décembre avant de rallier Toulon le 17 décembre 1942. Il est plus précisément basé à Saint Mandrier, l’antre des hydravions du CNMAN.

Du 5 janvier au 25 février 1946, il est échoué dans le bassin Vauban n°9 pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 17 mars 1946, sortant pour essais les 18 et 19 mars puis pour remise en condition du 21 au 30 mars 1946.

Son activité opérationnelle se résume à soutenir les hydravions du CNMAN (Commandement Nord-Méditerranée de l’Aviation Navale) en mouillant aux salins d’Hyères ou à Villefranche pour soutenir les hydravions basés dans le sud de la France.

Le 5 septembre 1948, il était à quai à Toulon, revenant la veille de Villefranche où il avait soutenu huit Bloch MB-481 de l’escadrille 2B habituellement basée sur l’Etang de Berre.

Il complète ses soutes et ses magasins puis appareille dans la matinée du 6 septembre 1948 pour établir une base avancée aux salins d’Hyères.

Le Sans Pareil

-Le Sans Pareil   est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 8 septembre 1940 lancé le 20 novembre 1941 et mis en service le 7 janvier 1943.

Affecté à Bizerte, il quitte Lorient le 10 janvier 1943, font escale à Casablanca du 15 au 20 janvier avant de rallier la Tunisie le 24 janvier 1943.

Son activité opérationnelle se résume à soutenir les hydravions du CSMAN (Commandement Sud-Méditerranée de l’Aviation Navale) basés à Karouba près de Bizerte mais également à terme à Arzew, le déploiement d’unités d’hydravions prêt d’Oran devant accompagner la montée en puissance de la 4ème Escadre (cette situation est provisoire, le Sans Reproche devant être à terme redéployé en Algérie).

Du 15 janvier au 11 mars 1946, il est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 27 mars, sortant pour essais les 28 et 29 mars puis pour remise en condition du 31 mars au 12 avril 1946.

Le 5 septembre 1948, le Sans Pareil était en entretien à flot à l’Arsenal de Sidi-Abdallah. Il accélère sa remise en condition pour être près le plus rapidement possible.

Le Sans Reproche

-Le Sans Reproche est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët en même temps que le Sans Peur le 8 juin 1940 lancé le 20 septembre 1941 et mis en service le 5 décembre 1942.

Le Sans Reproche est basé à Lorient pour soutenir les hydravions du Commandement Atlantique de l’Aviation Navale (CAAN) à sa mise en service.

Du 2 mars au 22 avril 1945, il est échoué dans le bassin Ouest de l’Arsenal de Lorient pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais 7 mai 1945, sortant pour essais les 8 et 9 mai puis pour remise en condition du 11 au 22 mai 1945.

Le 7 juin 1945, décision est prise de redéployer le ravitailleur d’hydravions à Mers-El-Kébir pour soutenir la 10ème flottille d’hydravions qui dispose alors de trente-quatre hydravions (dix Potez-CAMS 141 de l’escadrille 14E, douze Bloch MB-481 de l’escadrille 12T et douze Consolidated Catalina de l’escadrille 14R).

Il quitte Lorient et la Bretagne le 10 juin 1945, fait escale à Casablanca du 14 au 17 juin avant de rallier Mers-El-Kébir le 21 juin 1945.

Du 1er mai au 15 juin 1948, il est échoué sur le dock-flottant de Mers-El-Kébir pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 1er juillet, sortant pour essais les 2 et 3 juillet puis pour remise en condition du 5 au 15 juillet.

Le 27 août 1948, il quitte Mers-El-Kébir en direction de Porto-Vecchio pour aménager une hydrobase avancée au profit des hydravions de la 12ème flottille. Arrivé le lendemain en Corse, le ravitailleur se met aussitôt au travail et y était toujours le 5 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des ravitailleurs d’aviation classe Sans Souci

Déplacement : standard 1372 tW pleine charge 2100 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 95m largeur 11.76m tirant d’eau 3.54m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer dévellopant 4200ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 noeuds distance franchissable 7000 miles nautiques à 15 noeuds 12000 miles nautiques à 10 noeuds

Electronique : un radar de navigation installé en 1947/48

Capacités : une grue de 25 tonnes et deux grues de 7.5 tonnes; 1200 tonnes de carburant 120 tonnes de vivress, 30 tonnes de munitions et 25 tonnes de pièces détachées + un atelier d’entretien.

Ils peuvent abriter deux Bréguet Br790 et remorquer tous les types d’hydravions en service

Armement : un canon de 90mm modèle 1926 à l’avant et huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles modèle 1943 (installés en 1945/46)

Equipage : 89 officiers et marins