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La Suisse dans le second conflit mondial

Durant la Pax Armada la Suisse maintient sa neutralité tout en se préparant à un futur conflit. Le nom de Paix Armée (en analogie avec la Pax Romana) est parfaitement adapté à cette période. Mis à part quelques indécrottables naïfs ou optimistes personne en Europe ne pense que la guerre de Pologne ne sera pas bientôt suivie par un nouveau conflit, cette fois d’une toute autre ampleur.

A l’été les tensions ne cessent de croitre. Le 30 août le Conseil Fédéral publie une déclaration solennelle qui réaffirme la neutralité du territoire helvétique et appelle à la préservation de la paix sur le continent. La France et l’Allemagne confirment le 31 août leur volonté de préserver la neutralité helvétique mais ce genre de déclarations…… .

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne déclenche l’opération WESERUBUNG, l’invasion de la Norvège et du Danemark. Dans la journée la Suisse réaffirme sa neutralité et ferme ses frontières aux beligérants (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Norvège et Danemark) et surtout ordonne la mobilisation de l’armée suisse.

Le lendemain l’assemblée suisse élit le colonel Welksdorf Général de l’Armée Suisse. Alémanique, il rassure les romands en se montrant ostensiblement aux côtés du général Guisant qui sert de conseiller de l’ombre.

Reconstitution d’une unité militaire suisse au début du second conflit mondial

Le nouveau commandant en chef de l’armée suisse pilote la mobilisation de l’armée suisse. Des troupes de couverture sont mises en place aux frontières, des travaux sont menés pour renforcer les fortifications frontalières mais aussi à l’intérieur du pays selon le principe du réduit national imaginé par le général Guisant.

Sur le plan intérieur le pays met en place un certain nombre de restrictions notamment au niveau de la liberté de la presse. La police surveille les ressortissants allemands, italiens, français et anglais restés sur place, beaucoup d’entre-eux pratiquant du travail d’influence et de renseignement. On leur laisse tacitement une certaine liberté mais de temps en temps quelques arrestations et quelques expulsions montrent aux principaux intéressés la limite à ne pas franchir.

Sur le plan économique suivant le Plan Walhen une politique de rationnement et d’autosuffisance est mise sur pied avec l’augmentation des surfaces cultivées. On verra ainsi les parcs publics des villes suisses abandonner la pelouse et les massifs de fleurs pour des champs cultivés. Cela rendit la situation alimentaire des suisses moins dramatique que dans d’autres pays.

Comme nous le savons la Suisse n’à pas combattu durant le second conflit mondial. A la différence du général Wille, le général Welksdorf n’à jamais songé à entrer en guerre aux côtés des alliés ou aux côtés de l’Allemagne.

Il y eut cependant des incidents terrestres et aériens avec les alliés et avec les allemands. Sur le plan terrestre il s’agit souvent de patrouilles qui s’égaraient sur le territoire suisse suite à une frontière mal définit ou une erreur de navigation.

En revanche sur le plan aérien c’est plus flou. Si il y eut parfois de véritables erreurs de navigation, certaines intrusions étaient davantage des pressions sur la confédération helvétique.

Ce qui est certain c’est que Berne ne laissait rien passer, n’hésitant pas à abattre avec sa DCA et son aviation de chasse les appareils infiltrés qui s’obstinaient à survoler l’espace aérien helvétique. Les pilotes abattus étaient internés quelques temps avant d’être exfiltrés vers leurs pays d’origine.

A la fin de la guerre la Suisse s’en est plutôt bien sortie et tout le monde se félicite de l’attitude suisse durant le conflit. Il faudra attendre les années soixante-dix et quatre-vingt pour que les historiens critiquent l’attitude de la Suisse notamment vis à vis des juifs et de l’Allemagne nazie.