Pologne et Pays Neutres (22) Portugal (2)

HISTOIRE DU PORTUGAL

Cronologia (Chronologie)

Les grandes dates qui ont fait l’histoire du Portugal

Tout comme l’Espagne je vais dans cette partie parler des grandes dates qui font fait l’histoire du Portugal, un choix pleinement subjectif et arbitraire. Bien entendu si une date importante semble manquer les commentaires sont là.

Statue de Viriate avec l’inscription « Terreur des romains »

-180 a.C : Naissance de Viriate le «Vercingetorix portugais»

-155-139 (a.C) : Guerre lusitanienne

-139 a.C : assassinat de Viriate par l’un des siens

-13 p.C : La province romaine d’Hispanie Ultérieure est divisée en provinces de Lusitanie et de Bétique, provinces séparées par le fleuve Guadiana. La province de Lusitanie couvre la plus grande partie du Portugal actuel au sud du Douro plus une partie du Leon et de l’Estremadure.

-286 : Création de la Province de Gallecie qui couvre le nord du Portugal et le nord de l’Espagne actuelle

-409 à 416 : Les Alains sont présents dans la péninsule ibérique

-419 : Les Suèves s’installent en Gallaecia qui inclus le futur territoire du comté du Portugal

-468 : les Wisigoths s’emparent de la Lusitanie et l’intègre à leur royaume qui à son apogée couvrait toute la péninsule ibérique mais aussi la Septimanie (sud-est de la France)

-1097 : Henri de Bourgogne reçoit du roi de Castille et de Léon Alphonse VI le comté de Portugal

Alphonse 1er de Portugal

-1139 : Alphonse-Henri se proclame roi du Portugal après la bataille d’Ourique. Alphonse VII de Castille et Leon le reconnaît en 1143 sous le nom d’Alphonse 1er de Portugal

-1147 : Lisbonne est reprise par les chrétiens à l’issue d’un siège de plus de trois mois (1er juillet au 25 octobre). La reconquête de la future capitale portugaise occupée par les musulmans depuis l’an 711 s’est faite dans le contexte de la deuxième croisade.

-1179 : le pape Alexandre III reconnaît officiellement Alphonse 1er comme roi de Portugal

-1249 : la conquête de l’Algarve par Alphonse III marque la fin du volet portugais de la Reconquista.

-1255 : Lisbonne devient la capitale du royaume de Portugal en remplacement de Coimbra

-1267 : Traité de Badajoz qui fixe les frontières entre le Portugal et la Castille.

-1297 : Traité d’Alcanices qui remanie le traité précédent à la marge

-1355 : La maitresse du futur Pierre 1er Ines de Castro est assassiné sur ordre d’Alphonse IV. A son avènement deux ans plus tard il chatiera les assassins, exhumera le corps de sa maitresse qui couronnée vera les nobles portugais lui baiser la main.

-1385 (14 août) : Bataille d’Aljubarrota. Victoire des portugais appuyés par les anglais sur les castillans soutenus par les aragonais, les français et les italiens.

C’est la fin de l’Interrègne Portugais (2 avril 1383 au 14 août 1385) qui faisait suite à la mort sans héritier masculin de Ferdinand 1er. Jean, maitre de l’ordre militaire d’Aviz et accessoirement fils illégitime du roi défunt devient roi. Cet événement est vu comme un élément majeur dans l’éveil de la conscience nationale portugaise.

-1373 (16 juin) : traité de perpétuelle amitié entre l’Angleterre et le Portugal qui annonce le Traité de Windsor

-1386 (9 mai) : Traité de Windsor. Traité diplomatique entre l’Angleterre et le Portugal, alliance scellée par le mariage de Jean 1er de Portugal avec Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gand, 1er comte de Lancastre, troisième des cinq fils d’Edouard III.

Henri le Navigateur

-1394 (4 mars) : naissance à Porto de Dom Henrique de Avis, 1° duque de Viseu plus connu sous le nom d’Henri le Navigateur (mort à Sagres le 13 novembre 1460)

-1415 : les portugais s’emparent de la ville de Ceuta

-1419 : les portugais découvrent Madère

-1427 : les portugais s’emparent des Açores

-1434 : début de la campagne d’exploration menée sous l’impulsion de l’infant Henrique plus connu sous le nom d’Henri le Navigateur.

-1479 : Traité d’Alcaçaves : la Castille contrôle définitivement les Canaries, le Portugal contrôlant Madère, les Açores et le Cap Vert. Le royaume lusitanien reçoit le droit de conquérir Fez et le monopole du commerce avec la Guinée.

Bartolomeu Dias

-1488 : Bartolomeu Dias découvre et dépasse le cap de Bonne Espérance. Néanmoins les portugais laisseront aux hollandais le site préférant s’installer plus à l’est dans l’actuel Mozambique

-1494 : Jean II de Portugal et les rois Catholiques signent le traité de Tordesillas dit traité de partage du monde. Les portugais peuvent occuper tout ce qui se trouve à l’est d’une ligne à 370 lieues à l’ouest des îles du Cap Vert.

Vasco de Gama

-1498 : Vasco de Gama arrive aux Indes à Calicut

-1500 : Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil

-1519 à 1521 : le portugais Fernão de Magalhães (Fernand de Magellan) au service de Charles Quint réalise le premier tour du monde même si il ne reverra jamais l’Europe, étant tué aux Philippines.

-1524/25 : naissance de Luis Vaz de Camoes (mort le 20 juin 1580)

-1530 : le Portugal débute la colonisation du Brésil

-1536 : l’Inquisition s’installe au Portugal

-1553 : pour récompenser les portugais de les avoir aidés à lutter contre la piraterie les chinois cèdent un territoire, la colonie de Macao.

-1578 : Sébastien 1er, avant-dernier roi de la maison d’Aviz est tué à la Bataille des Trois Rois à Ksar-El-Kébir.

-1580 : Henri 1er qui avait quitté les ordres (mais sans pouvoir avoir de descendance) meurt après deux ans de règne. Le Portugal perd son indépendance après la bataille d’Alcantara (25 août 1580). Philippe II d’Espagne devient Philippe 1er de Portugal après les Cortes de Tomar (1581). Début d’une Union Personnelle de 60 ans entre l’Espagne et le Portugal.

-1585/1604 : guerre anglo-espagnole. Les portugais participent à la guerre côté espagnol car à l’époque les lusitaniens et les ibères sont unis sous la domination du roi d’Espagne (Union Iberique)

-1602-1663 : guerre hollando-portugaise pour le contrôle des colonies d’Asie du Sud-Est

Jean IV

-1640 (1er décembre) : Révolution du 1er décembre, restauration de l’indépendance du Portugal avec l’avénement le 15 décembre de Jean IV, premier roi de la maison de Bragance qui va régner jusqu’en 1910.

-1668 (13 février) : Traité de Lisbonne l’Espagne reconnaît l’indépendance du Portugal

-1703 : Traité de Methuen. Les textiles anglais entrent au Portugal sans être taxés contre un abaissement des charges sur les vins portugais en Angleterre. Considéré comme le début du «protectorat» britannique sur le royaume lusitanien.

Marquis de Pombal

-1750-1777 : le marquis de Pombal dirige le royaume du Portugal. Politique de despotisme éclairé.

-1755 (1er novembre) : Tremblement de Terre de Lisbonne d’une magnitude de 8.75. 15000 morts sur une population de 250000 habitants, 85% des maison inhabitables.

-1759 (7 septembre) : les jésuites sont expulsés du royaume

-1777 : le Portugal signe avec l’Espagne le Traité de San Ildefonso, traité qui fixe les frontières des deux empires latins en Amérique du Sud

-1791 : Marie 1er au pouvoir depuis 1777 est officiellement déclarée folle. Son fils Jean assure la régence avant devenir roi sous le nom de Jean VI en 1816.

-1801 : Guerre des Oranges. Le Portugal perd la ville d’Olivences au détriment de l’Espagne.

-1807 (20 novembre) : Invasion du Portugal par les troupes françaises du général Junot. Lisbonne est prise sans résistance dès le 30 novembre. La veille dans la plus grande confusion la famille royale, le gouvernement et une partie de la noblesse ont quitté le pays pour Rio de Janeiro qui va être la capitale de l’Empire de 1808 à 1822.

-02 mai 1808 au 17 avril 1814 : Guerre péninsulaire

-1808 (juillet) : Les troupes anglaises du général Arthur Wellesley, duc de Wellington débarquent au Portugal pour profiter de la révolte qui à éclaté dans tout le pays au mois de juin.

-1808 (21 août) : défaite française à Vimeiro qui fait suite à la défaite de Roliça quatre jours plus tôt.

-1809 (Mars) : deuxième invasion française du Portugal menée par Soult

-1809 (29 mars) : Soult s’empare de Porto peu défendue par les troupes lusitaniennes.

-1809 (mai) : le général Wellesley est de retour au Portugal. Victoires anglo-portugaises à Orejo et Porto. Wellington protège Lisbonne avec les lignes fortifiées de Torres Vedras dont l’action est renforcée par une politique de terre brûlée.

-1810 (juillet) : troisième invasion française du Portugal menée par le duo Ney/Massena. Nouvel échec. En mars 1811 Massena doit replier ses troupes sur Salamanque.

-1812 (Automne) : Wellington doit lever le siège de Burgos suite à une contre-attaque française et doit se replier sur le Portugal.

-1813 : offensive anglo-hispano-portugaise venu du Portugal en direction de l’Espagne

-1815 : le Portugal prend le nom de Royaume-Uni de Portugal, du Brésil et des Algarves.

-1820 (août) à avril (1823) : Vintisme période radicale de la Révolution libérale

-1820 (24 août) : révolte libérale à Porto

-1820 (15 septembre) : révolte libérale à Lisbonne

-1820 (28 septembre) : la Junte du Nord implantée à Porto et celle de Lisbonne s’unissent. Le général anglais William Beresford qui sert de régent en absence du roi du Portugal est expulsé du pays.

-1820 (22 novembre) : Elections à l’Assemblée Constituante

-1821 : le roi Jean VI retourne au Portugal et laisse son fils aîné Pierre comme régent au Brésil.

-1821 (11 novembre) : échec d’un coup d’état militaire (Martinhada)

-1822 : le régent Pierre, Pierre Ier, proclame l’indépendance du Brésil (7 septembre), reconnue par le Portugal en 1825. Le gouvernement adopte une nouvelle constitution très libérale inspirée de la constitution française de 1791 (23 septembre).

-1824 (avril) : révolte du camp réactionnaire (Abrilada)

-1826 (10 mars) : mort de Jean VI à Lisbonne. Pierre devenu empereur du Brésil abdique ses droits portugais en faveur de sa fille Marie qui doit épouser son oncle Michel.

-1828 (juillet) : Michel, troisième fils de Jean VI et oncle de Marie II se proclame roi pour rétablir l’absolutisme sous le nom de Michel 1er. C’est le début de la guerre civile.

-1831 (7 avril) : Pierre 1er du Brésil abdique en faveur de son fils Pierre II, deuxième et dernier empereur du Brésil. Il débarque aux Açores prend la tête des libéraux avant de rallier le Portugal débarquant près de Porto le 8 juillet 1832. La ville est assiégée par le camp absolutiste pendant un an.

-1833 (24 juillet) : les libéraux s’emparent de Lisbonne et marchent vers le nord pour prendre à revers les troupes absolutistes.

-1834 (26 mai) : Accords d’Evora Monte qui marquent la fin de la guerre civile. Une amnistie générale est proclamée, Michel s’exile en Italie, le mariage avec sa nièce Marie II est annulé. Cette dernière est rétablie sur le trône.

-1836 (8 septembre) : révolution septembriste. Le Portugal interdit l’esclavage dans ses colonies.

-1838 : nouvelle constitution un compromis entre la constitution libérale de 1822 et la Charte de 1826.

-1842 (27 janvier) : Coup d’Etat militaire. Rétablissement de la Charte de 1826.

-Octobre 1846 à juin 1847 : nouvelle guerre civile

Antonio de Oliveira Salazar

-1889 (28 avril) : naissance à Vimieiro d’Antonio de Oliveira Salazar

-1890 : Le Portugal qui rêve de se taille un empire Mare a Mare, une carte rose (mapa cor-de-rosa) c’est-à-dire relier les colonies d’Angola et du Mozambique en annexant les territoires couvrant les actuelles Zambie et Zimbabwe doit reculer devant l’ultimatum britannique du 11 janvier. Vague d’indignation dans le pays, la monarchie et la classe portugaise sont discrédités. C’est dans ce contexte que le futur hymne national portugais A Portugesa est composé.

-31 janvier 1891 : soulèvement militaire à Porto. Augusto Alves da Veiga proclame la République mais le mouvement est écrasé par la Garde Municipale restée loyale au gouvernement. Le bilan est lourd (12 morts et 40 blessés), 250 personnes sont condamnées à des peines de relégation en Afrique (18 mois à 15 ans).

-1907 (10 mai) : coup d’Etat de Joao Franco soutenu par le roi Charles 1er

-1908 (1er février) : le roi Charles Ier et son fils aîné Louis Philippe sont assassinés.

-1910 (5 octobre) : suite à une révolte militaire, le roi Manuel II doit fuir le pays direction Gibraltar. La République est proclamée, une constitution étant proclamée l’année suivante en 1911.

-1915 (janvier-mai) Dictature de Pimenta de Castro

-1916 (9 mars) : L’Allemagne déclare la guerre au Portugal, Lisbonne ne tardant pas à faire de même

-1916 (15 mars) : l’Autriche-Hongrie déclare la guerre au Portugal

-1916-1918 : le Portugal participe à la première guerre mondiale avec notamment un corps expéditionnaire combattant en France.

-1917 (5 décembre) : coup d’état qui porte au pouvoir Sidonio Pais qui mène une politique autoritaire qui lui aliène peu à peu tous ses soutiens.

-1918 (9 avril) : bataille de la Lys (opération Georgette). Les portugais subissent de lourdes pertes.

-1918 (14 décembre) : assassinat de Sidonio Pais

-1919 (19 janvier) : la restauration de la monarchie est proclamée dans le nord du pays mais le 13 février 1919 les monarchistes sont chassés de Porto

-1919 (23 janvier) insurrection monarchiste Lisbonne

-1921 (19 octobre) Noite Sangrenta (Nuit Sanglante). Un coup de force aboutit à la démission du gouvernement mais le président refuse de reconnaître le gouvernement issu de la rébellion. Dans la nuit des tueurs abattent cinq personnes plus ou moins liées au régime sidoniste.

-1926 (28 mai) : coup d’état militaire du général Gomes da Costa.Début de la Ditatdura Nacional (Dictature nationale)

-1926 (3 juin) Antonio de Oliveira Salazar est nommé ministre des Finances. Il démissione dès le 19 car il ne peut obtenir les pleins pouvoirs.

-1928 (28 avril) : Antonio de Oliveira Salazar devient ministre des Finances. En un an il rétablit les finances de l’Etat portugais et devient une figure incontournable du régime.

-1930 (30 juillet) : création de l’Uniao Nacional (Union Nationale), parti unique de la Dictature Nationale puis de l’Estado Novo.

-1932 (25 juin) : Salazar est nommé président du Ministère (chef du gouvernement)

-1933 (19 mars) : adoption de la constitution qui met en place l’Estado Novo

-1936-1939 : le régime «national-catholique» de Salazar soutien Franco dans sa lutte contre les républicains espagnols.

-1939 (17 mars) : signature du Pacte Ibérique entre Franco et Salazar. Les deux pays décident de coordonner leurs politiques étrangères pour notamment empêcher un nouveau conflit dans la péninsule (ce qui ne peut que satisfaire la Grande-Bretagne et la France).

Pologne et Pays Neutres (20) Espagne (20)

Navires

Croiseurs

Le Canarias

-Le croiseur lourd Canarias était un navire 10840 tonnes (13700 tonnes à pleine charge), mesurant 194m de long sur 20m de large et 6.53m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 90000ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 33 nœuds.

Il était armé de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles, huit canons de 120mm en quatre affûts doubles, douze canons de 40mm, trois canons de 20mm et douze tubes lance-torpilles de 533mm en quatre plate-formes triples. L’équipage se composait de 679 officiers et marins.

Le Navarra

-Le croiseur léger Navarra était un navire de 5590 tonnes (6450 tonnes à pleine charge), mesurant 141m de long sur 15m de large et 4.80m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 25500ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 25.5 nœuds.

Il était armé de neuf canons de 152mm en affûts simples (nombre réduit à six en configuration navire-école), quatre canons de 47mm (puis deux de 76mm) et quatre tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes doubles. Son équipage se composait de 404 officiers et marins.

Le croiseur léger Mendez Nunez

-Le croiseur léger Mendez Nunez (classe Blas de Lezo) était un navire de 4860 tonnes (6330 tonnes à pleine charge), mesurant 141m de long pour 14m de large et 4.37m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 45000ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 29 nœuds.

Son armement se composait de six canons de 152mm en affûts simples sous masque, quatre canons de 47mm (puis quatre de 76mm), douze tubes lance-torpilles de 533mm en quatre plate-formes triples. Durant le conflit des canons légers antiaériens de 37mm ont été embarqués (quatre à huit selon les sources).

L’Almirante Cervera

-Les croiseurs de classe Almirante Cervera (Almirante Cervera Miguel de Cervantes Galicia [ex-Libertad ex-Principe de Asturias]) étaient des navires de 7595 tonnes (9385 tonnes à pleine charge), mesurant 176m de long pour 16m de large et un tirant d’eau de 5.03m, une puissance propulsive de 80000ch lui permettant d’atteindre une vitesse maximale de 33 nœuds.

Son armement était composé de huit canons de 152mm (trois tourelles doubles et deux affûts simples), quatre canons de 102mm, trois canons de 47mm (puis deux de 76mm et six canons de 20mm) et douze tubes lance-torpilles de 533mm (quatre plate-formes triples) (nombre réduit à deux plate-formes triples). Son équipage était composé de 564 officiers et marins.

Destroyers

L’Alsedo

-Les trois destroyers de Classe Alsedo étaient des navires de 1061 tonnes (1336 tonnes à pleine charge), mesurant 86.25m de long (83.82m entre perpendiculaires) pour 8.23m de large et un tirant d’eau de 4.57m. Avec une puissance propulsive de 33000ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 34 nœuds.

L’armement était composé de trois canons de 102mm en affûts simples sous masque, deux canons de 47mm et quatre tubes lance-torpilles de 533mm (deux plate-formes doubles). L’équipage se composait de 86 officiers et marins.

Le Cisar

-Les quinze destroyers de Classe Churruca étaient des navires d’un déplacement standard variant selon les navires de 1560 à 1676 tonnes avec pour déplacement à pleine charge des chiffres allant de 2120 tonnes à 2205 tonnes).

Mesurant 101.50m de long pour 9.68m de large et un tirant d’eau de 3.20m, ils disposaient d’une puissance propulsive de 42000ch leur permettant d’atteindre la vitesse maximale de 36 nœuds.

L’armement se composait de cinq canons de 120mm, un canon de 76mm, quatre mitrailleuses, six tubes lance-torpilles de 533mm (deux plate-formes triples) et deux lanceurs de charges de profondeur. Durant la guerre les canons de 76mm et les mitrailleuses ont été remplacés par des canons de 20 et de 37mm. L’équipage des Churucca se composait de 175 officiers, officiers mariniers et marins.

-Les destroyers de Classe Oquendo étaient des navires de 1800 tonnes (2400 tonnes à pleine charge), mesurant 108m de long pour 10.15m de large et 4.05m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 54000ch leur permettant d’atteindre une vitesse maximale de 33 nœuds.

Les Oquendo étaient armés de quatre canons de 120mm en quatre affûts simples sous masque, deux canons de 76mm (puis six canons de 37mm), quatre canons de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (deux plate-formes triples) et deux lanceurs de grenades ASM.

Torpilleurs

-Les torpilleurs de Classe Audaz étaient des navires de 1200 tonnes (1750 tonnes à pleine charge), mesurant 95m de long pour 9.4m de large et un tirant d’eau de 3m, une puissance propulsive de 30000ch leur permettant d’atteindre la vitesse maximale de 31 nœuds.

L’armement se composait de trois canons de 102mm, quatre canons de 37mm, huit canons de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (deux plate-formes triples) et un grenadeur axiale. L’équipage se composait de 145 officiers et marins.

L’Ariete

-Les torpilleurs de Classe Teruel (type Ariete italiens) étaient des navires de 757 tonnes (1118 tonnes à pleine charge), mesurant 83.5m de long pour 8.62m de large et un tirant d’eau de 3.15m, une puissance propulsive de 22000ch leur permettant d’atteindre la vitesse maximale de 31.5 nœuds.

L’armement se composait de deux canons de 100mm en affûts simples, dix canons de 20mm, six tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes triples, des grenades ASM (pouvant être remplacés par vingt mines). L’équipage se composait de 115 officiers et marins.

Sous-marins

Classe B

-Les sous-marins Type B étaient des navires déplaçant 556 à 563 tonnes en surface (716 à 718 tonnes en plongée), mesurant 64.18m de long sur 5.60m de large et 3.55m de tirant d’eau, une vitesse maximale de 16 nœuds en surface (10.5 nœuds en plongée). L’armement se composait de quatre tubes lance-torpilles de 450mm (deux à la proue et deux à la poupe) avec six torpilles de réserve et un canon de 76mm. L’équipage se composait de 28 à 34 hommes.

Type C

-Les sous-marins Type C étaient des navires déplaçant 925 tonnes en surface (1144 tonnes en plongée), mesurant 73.3m de long pour 6.3m de large et un tirant d’eau de 5.7m, une puissance propulsive de 1000ch en surface (375ch en plongée), une vitesse maximale de 16.5 nœuds en surface (8.5 nœuds en plongée), un équipage de 40 officiers et marins avec un armement composé d’un canon de 76mm et six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue et deux à la poupe) avec quatre torpilles de réserve.

L’Archimède

-Les sous-marins General Moja et General Sanjurjo (type Archimede italien) étaient des navires déplaçant 985 tonnes en surface (1295 tonnes en plongée), mesurant 70.5m de long sur 6.87m de large et un tirant d’eau de 4.12m, disposant d’une puissance propulsive de 3000ch en surface (et 1100ch en plongée) ce qui lui permettait d’atteindre une vitesse maximale de 17 nœuds en surface et de 7.7 nœuds en plongée. Leur armement se composait de deux canons de 100mm, deux mitrailleuses de 13.2mm et huit tubes lance-torpilles de 533mm avec seize torpilles. Son équipage se compose de 55 officiers et marins.

Navires légers

-Canonnières classe Recalde : Laya et Lauria (désarmées en 1940)

-Canonnières classe Canovas del Castilla : Canovas del Castillo Canalejas et Eduardo Dato

-Canonnière Calvo Sotelo

-Torpilleurs type T-1 utilisés comme patrouilleurs : T-1 T-2 T-4 T-7 T-9 T-14 T-16 T-17 T-18 T-19 T-20 T-21 et 22. Ces navires ont survécu à la guerre d’Espagne mais seuls ont servit durant la Pax Armada les T-7, T-9, T-14, T-16, T-17, T-19. Seul le T-17 à servit durant le second conflit mondial.

-Vedettes lance-torpilles : deux G-5 héritées de la marine républicaine, dix-sept vedettes type S-Boote (différentes origines exportés par l’Allemagne ou fabriquées sous licence en Espagne) et quatre MAS. Un nombre incertain de vedettes (entre huit et douze exemplaires selon les sources) ont été construites durant la Pax Armada mais n’ont pas fait une grande carrière.

-Chalutiers armés : Quatre classe Castle, deux classe Mersey, trois classe Brisquard et huit garde-pêches

Navires de guerre des mines

-Six mouilleurs de mines utilisés également auxiliaires et comme transports : deux unités de classe Marte (Marte Neptuno), deux unités de classe Jupiter (Jupiter Vulcano) et deux unités de classe Eolo (Eolo Trito).

-Sept dragueurs de mines classe Bidasoa et sept de cclasse Guardiaro

Navires auxiliaires

-Ravitailleur d’hydravions Dedalo

-Cinq citernes de transport d’eau

-Pétrolier d’escadre Pluton

-Navire-école Galatea

-Navire de sauvetage de sous-marins Kanguro

-Navire de soutien Poseidon

-Les projets de construction d’auxiliaires modernes s’est heurté à de nombreux problèmes d’ordre technique, économique et politique. Aucun navire n’à été construit et il faudra attendre l’après guerre pour qu’enfin l’Armada Espanola renouvèle ses navires auxiliaires.

Avions et hydravions

Avions

Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

-Avions-torpilleurs Vickers Vildebest : quelques exemplaires hérités de la République mais rapidement retirés du service (obsolètes, manque de pièces détachées). Ils vont être remplacés par des Savoia-Marchetti SM.79 Sparviero laissés en Espagne par l’Aviazione Legionaria.

Hydravions

-Heinkel He-60

-Heinkel He-115

CANT Z.506 Airone

-CANT Z.501 et Z.506

-Savoia-Marchetti SM.62

Infanteria de Armada

La Infanteria de Armada est créée par Charles V en 1537 quand le père de Philippe II créé les Companias Viejas del Mar de Napoles (les «anciennes compagnies de la mer de Naples») affectées aux Escuadras de Galeras del Mediterraneo (Escadres des galères de la Méditerranée).

C’est sous Philippe II que les marines espagnoles s’initient aux opérations amphibies, menant des descentes l’équivalent de nos raids commandos contemporains.

Ces unités étaient organisées avec un tiers de mousquetaires, un tiers d’épéistes et un tiers de piquiers. On trouvait le Tercio Nuevo de la Mar de Napoles (Nouveau Tercio de la mer de Naples), le Tercio de la Armada del Mar Oceano (Tercio de la marine de la mer océane), le Tercio de Galeras de Sicilia (Tercio des galères de Sicile) et le Tercio Viejo del Mar Oceano y de Infanteria Napolitana (Ancien Tercio de la mer Océane et de l’infanterie napolitaine).

En 1704 les Tercios deviennent des régiments : Regimiento de Bajeles (Régiment des vaisseaux), Regimentio de la Armada (Régiment de la Marine), Regimentio del Mar de Napoles (Régiment de la mer de Naples) et Régimentio de Marina de Sicilia (Régiment de la Marine de Sicile), des unités étant détachés à l’Armée alors que le cœur de l’unité restait au sein du Cuerpo de Batallones de Marina (Corps des Bataillons de Marine).

Les «marines» espagnols participent à l’expédition d’Alger (1541), à la bataille de Lepante (avec un certain Miguel de Cervantes) (1571), l’expédition de Tunis (1573), la conquête de l’île de Terceira (archipel des Açores) (1582), l’expédition de Grande-Bretagne (1599) et l’expédition de San Salvador (1625).

En 1717 le Cuerpo de Batallones de Marina voit son organisation définitivement fixée avec douze bataillons, ces unités pouvant être engagées comme unités constituées mais aussi engerber d’autres unités venant par exemple de l’armée de terre. En 1740 un corps d’artillerie est créé et vers 1750 on compte 12000 fantassins et 3000 artilleurs, les premiers formant des détachements d’abordage et les seconds servant les pièces d’artillerie embarquées. Durant la guerre d’indépendance espagnole contre la France napoléonienne, les marines espagnols furent réorganisées en une division à sept régiments.

Durant cette période ils ont combattu en Sardaigne en 1717, à Naples et en Sicile en 1732, à Carthagènes des Indes en 1741, à La Havanne en 1762, à Alger en 1775, à Pensacola en 1781, à Toulon lors du siège du même nom en 1793, à la défense du Ferrol en 1800 et à la reprise de Buenos Aires en 1806.

En 1827 l’infanterie et l’artillerie fusionne dans une brigade la Brigada Real de Marina, une évolution dictée par l’augmentation des performances de l’artillerie et la disparition de l’abordage comme technique d’assaut. Disposant de deux bataillons, cette brigade fût rebaptisée Real Cuerpo de Artilleria de Marina en 1833.

Les marsouins espagnols participent à la première guerre Carliste (1834-1839) avec trois bataillons d’infanterie levés pour combattre les carlistes et un quatrième bataillon destiné à renforcer la Garde Royale à Madrid. En 1839 l’infanterie de marine espagnole change à nouveau de nom devenant le Cuerpo de Artilleria y de Infanteria de Marina. En 1841 l’infanterie est transférée à l’armée de terre et le corps devient le Cuerpo de Artilleria de Marina.

En 1848 l’infanterie de marine est recréée sous la forme d’un Cuerpo de Infanteria de Marina, une unité de la taille d’un régiment avec un état-major régimentaire, trois bataillons d’infanterie, des unités de soutien et une fanfare. L’artillerie de marine disparaît en 1857.

Le corps d’infanterie de marine est ensuite porté à cinq bataillons qui sont réorganisés en 1869 en trois régiments, un par base navale (Ferrol, Carthagène et Cadix).

C’est à cette époque que l’infanterie de marine espagnole cesse d’être une simple force de défense des bases navales pour devenir une force destinée à combattre dans les colonies, des colonies qui comme Cuba et les Philippines étaient particulièrement remuantes.

Durant la troisième guerre Carliste (1872-1876), l’infanterie de marine espagnole combat au sol et en 1879 une école est créée sous le nom d’Academia General Central de Infanteria de Marina.

L’infanterie de marine est à nouveau réorganisée pour faire face aux guerres coloniales aux Philippines et à Cuba avec trois brigades à deux régiments chacune. En 1886 le nombre de brigades est passé à quatre avec chacune quatre tercios mais en 1893 on créé trois régiments à deux bataillons chacun.

Durant cette période ils ont combattu à Saint Domingue en 1804, en Cochinchine en 1858, au Mexique en 1862, à Cuba et aux Philippines en 1898 et au Maroc en 1911.

A la fin du premier conflit mondial, l’opération amphibie est considérée comme impossible, le désastre de Gallipoli ayant fait un tort considérable à l’idée de pouvoir prendre pied sur un littoral défendu. Les marines espagnols s’illustrent cependant à Alhucemas en 1925 lors du débarquement franco-espagnol qui va mettre fin à la guerre du Rif.

La proclamation de la Deuxième République en 1931 aurait pu sonner le glas de l’infanterie de marine espagnole puisque le ministre de la guerre Manuel Azana avait prévu sa disparition mais avant que cette funeste décision soit appliquée, la guerre d’Espagne à éclaté.

Comme de nombreux corps de l’armée espagnole, l’infanterie de marine s’est divisée entre républicains (garnison de Carthagène et détachement de Madrid ) et nationalistes (garnison de Cadix et du Ferrol)

L’infanterie de marine est totalement réorganisée au printemps 1941. Rebaptisé Tercio de Armada, elle dispose tout d’abord de trois bataillons indépendants installés au Ferrol, à Cadix et à Carthagène plus une compagnie à Madrid et une compagnie en Guinée espagnole.

Ces trois bataillons sont organisés en un état-major, trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes.

Durant la guerre une Brigada de la Armada est levée pour protéger les côtes de la Catalogne mais elle est dissoute dès 1952. La même année le Tercio de Armada est réorganisé avec une brigade regroupant les trois bataillons existants associés à un bataillon d’artillerie et un bataillon du génie.

Cette organisation ne va guère évoluée jusqu’à la mort de Franco.

Pologne et Pays Neutres (19) Espagne (19)

Marine

Histoire

Dans cette partie je vais aborder brièvement l’histoire de la marine espagnole qui participa directement à la puissance esspagnole au 16ème et au 17ème siècle.

La marine espagnole apparaît avant même la naissance de l’état espagnole avec notamment une marine aragonaise (troisième plus grande flotte de Méditerranée) et une marine castillane qui participa à la guerre de Cent Ans aux côtés des français tout en menant la Reconquista.

En 1232 la flotte castillane joue un rôle clé dans la reprise de Cadix. En 1375 elle bat une flotte anglaise à Bourgneuf et mènent des raids sur les côtes de la Perfide Albion.

La puissance navale espagnole participe aux Grandes Découvertes puis à la colonisation d’un nouveau continent. Auparavant en 1402 les castillans ont conquis les Canaries. En 1419, les castillans chassent la ligue Hanséatique du golfe de Gascogne.

Fresque vaticane représentant la bataille de Lepante

Elle s’illustre en Méditerranée à Lépante en 1571 où la marine coalisée (espagnols, vénitiens, états pontificaux) était dirigée par le demi-frère adulterin de Philippe II, Don Juan de Austria.

L’attaque des brulots anglais lors de l’épisode de l’Invincible Armada

En 1588 l’échec de l’Invincible Armada dans sa conquête de l’Angleterre marque le début du déclin de la puissance navale espagnole au profit des Provinces Unies et de la Grande-Bretagne.

A la fin du 17ème siècle, les Habsbourgs délaissent la marine de guerre, estimant que l’investissement n’est pas rentable. Un relatif redressement à lieu sous les Bourbons, la France contant sur l’Espagne pour contrer la puissance navale britannique avec plus ou moins de réussite.

Elle subit de lourdes pertes à la Bataille de Trafalgar (1805) perdant onze navires de ligne et un quart du reste de sa flotte.

Dans les années 1820 l’empire colonial espagnol essentiellement concentré en Amérique du Sud tombe. La marine perd de son importance, le déclin de l’Armada Espanola étant à l’image d’une Espagne figée dans la recherche d’un Siècle d’Or mythifié, d’une Espagne manquant le virage de la Révolution Industrielle à l’exception de quelques régions périphériques (Catalogne, Pays Basque).

Signe qui ne trompe pas, les premiers bâteaux à vapeur sont acquis en 1846….au Mexique, des bâteaux certes construits en Grande-Bretagne mais c’est quand même révélateur.

Dans les années 1850 et 1860 des investissements non négligeables sont réalisés pour les forces navales espagnoles déployées dans le Pacifique.

Dans les années 1890 des croiseurs cuirassés sont acquis par la marine espagnole. En 1896, la marine espagnole comprend trois divisions basées à Cadix, au Ferrol et à Carthagène. Chaque division dispose également de monitors alors que les côtes sont défendues par des navires spécifiques.

Blason de l’infanterie de Marine espagnole

A cette époque on trouve un cuirassé, huit croiseurs de première classe, six croiseurs de deuxième classe, neuf croiseurs de troisième classe et 38 torpilleurs. Dix navires sont également en construction, les effectifs étant de 1002 officiers, 725 mécaniciens, 14000 marins et 9000 marines, l’Infanteria de Marina étant créée le 27 février 1537 ce qui en fait le corps d’infanterie de marine le plus ancien du monde.

En dépit d’un effort de modernisation, elle affronte une marine américaine plus moderne et qui rentre en 1898 dans la cour des grands. La marine espagnole subit de lourdes pertes à Cuba et aux Philippines.

L’Espagne reste neutre durant la première guerre mondiale et sa première opération réelle depuis 1898 est la Guerre du Rif, la révolte d’Abd-El-Krim écrasée par les français et les espagnols qui débarquent en baie d’Alhucemas le 8 septembre 1925.

L’aéronavale espagnole voit le jour en 1920 quatre jours après un décret royal qui approuvait sa création. Son berceau est situé à El Prat sur le site de l’actuel aéroport de Barcelone. En septembre 1936 elle fusionne avec l’armée de l’air républicaine après la réorganisation des forces armées suite au coup d’Etat. L’équipement est obsolète.

A noter également que sans le déclenchement de la guerre d’Espagne, l’infanterie de marine aurait été également dissoute par le gouvernement républicain.

En 1931 la marine royale devient la marine républicaine. Au moment du coup d’état de juillet 1936, la marine se divise entre républicains et nationalistes.

Sur les trois bases de la marine espagnole (Ferrol, Cadix et Carthagène), deux d’entre-eux tombent aux mains des rebelles (Ferrol, Cadix) mais la majorité des navires vont restés dans le camp républicain. Cette supériorité numérique va être obérée par le fait que nombre d’officiers vont emprisonnés voir tués par des équipages mutinés.

La marine nationaliste va disposer d’un cuirassé l’Espana (ex-Alfonso XIII), les croiseurs légers Navarra et Almirante Cervera, les croiseurs lourds Canarias et Baleares, un destroyer et différents navires légers. Très vite d’autres navires vont être acquis auprès de l’Italie en l’occurence quatre destroyers et deux sous-marins.

Croiseur lourd Canarias

Les républicains vont aligner le cuirassé Jaime I, trois croiseurs légers, quatorze destroyers et cinq sous-marins.

Le 5 août 1936 c’est un affrontement que l’histoire à retenu sous le nom de Convoy de la Victoria. Si dès le début du soulèvement des troupes de l’Armée d’Afrique ont pu rallier la péninsule ibérique c’est uniquement par voie aérienne. Or si la voie aérienne est plus rapide, elle est limitée en terme de volume et surtout ne permet pas de transférer du matériel lourd.

Si les nationalistes veulent amener dans la péninsule l’Armée d’Afrique, ses armes et son matériel il faut donc contrôler le détroit de Gibraltar.

Franco veut briser le blocus républicain avec un convoi transportant 2500 à 3000 hommes à bord de quatre transports venus de Ceuta avec pour escorte la canonnière Dato, le garde-côtes Uad Kert et le vieux torpilleur T-19. Ils doivent être couverts par cinq Savoia-Marchetti SM.81, des Fokker F.VII, des DC-2, des chasseurs Nieuport Nid-52 et un escadron de Bréguet 19.

le convoi nationaliste attaqué par le destroyer Alcala Galiara parviendra sans encombre à Algeciras et par la suite la marine républicaine harcelée par les avions italiens et allemands va quitter la zone. De toute façon la présence du Deutschland et de l’Admiral Scheer rend illusoire toute tentative de couper la liaison avec l’Afrique du Nord.

Du 16 août au 12 septembre 1936 les républicains et les nationalistes se disputent le contrôle de l’île de Majorque, les italiens l’occupant jusqu’à la fin de la guerre civile.

Le 29 septembre 1936 à lieu la Bataille du Cap Spartel près de Tanger. Les destroyers républicains Gravina et Almirante Ferrandiz vont affronter le croiseur léger Almirante Cervera et le croiseur lourd Canarias.

L’Almirante Ferrandiz est coulé par le Canarias (touché à six reprises, explose et coule, trente et un survivants récupérés par le Canarias et 28 par le cargo français Kotoubia). Cette bataille marque la fin définitive des tentatives républicaines de couper le Maroc Espagnol de la péninsule ibérique.

En octobre 1936 un affrontement naval à lieu en Guinée espagnole (aujourd’hui Guinée Equatoriale) entre un croiseur auxiliaire nationaliste le Ciudad de Mahon (un canon de 76mm et un canon de 101mm) et le navire prison aux mains des républicains, le Fernando Poo.

Le croiseur auxiliaire transportant des troupes marocaines venues des Canaris pour prendre le contrôle de la colonie. Un échange de coups de feu entraine le naufrage du navire prison. Les troupes débarquées permettent aux nationalistes de s’emparer de la future Guinée Equatoriale.

Le 5 mars 1937 à lieu en Biscaye la Bataille du cap Machichaco entre un convoi républicain (un transport le Galdames et quatre chalutiers armés de la section basque de la marine républicaine (Bizacaya Gipuzkoa Donostia Nabarra) fait face au croiseur lourd Canarias.

En dépit du soutien de batteries côtières, les républicains doivent constater la capture du transport et la destruction du Nabarra.

Le croiseur lourd Baleares

Du 7 au 9 septembre 1937 c’est la Bataille du Cap Cherchel avec côté nationaliste le croiseur lourd Baléares et côté républicain les croiseurs légers Libertad et Menez Nunez accompagnés par sept destroyers. Le croiseur lourd repère un convoi républicain et si il est gravement endommagé, les deux cargos sont perdus (un échoué et l’autre interne).

Les 5 et 6 mars 1938 à lieu la Bataille du cap Palos près de Carthagène. Elle oppose le camp républicain avec les croiseurs légers Libertad et Mendez Nunez associés à cinq destroyers et le camp nationaliste avec les croiseurs lourds Baleares et Canarias, le croiseur léger Almirante Cerverra et trois destroyers.

Dans la nuit les croiseurs lourds se heurtent aux républicains. Le Baleares se sacrifie et est coulé mais la mission d’empêcher les républicains d’interdire le passage d’un convoi de renforts est réussie. Sur les 1206 marins du croiseur lourd, seuls 441 vont survivre.

Quand la guerre d’Espagne se termine la marine espagnole affiche le visage suivant :

-Croiseur lourd Canarias

-Croiseurs légers Navarra Mendez Nunez Galicia Almirante Cervera et Miguel Cervantes

-Destroyers classe Alsedo (Alsedo Lazaga Velasco)

L’Almirante Antequera

-Destroyers classe Churucca (Sanchez Barcaitzegui , José Luis Diez , Lepanto , Churucca , Alcala Galiano , Almirante Valdès , Almirante Antequera , Almirante Miranda , Ciscar , Escano , Gravina , Jorge Juan Ulloa)

-Les destroyers Ceuta et Melilla transférés par les italiens vont être rapidement utilisés pour l’entrainement avant d’être désarmés durant la Pax Armada.

-Sous-marins B-1 B-2 B-3 B-4 C-1 C-2 C-4

-Sous-marins ex-italiens General Moja et General Sanjurjo

En dépit d’une situation économique très difficile la marine espagnole à de grandes ambitions et avec un régime autoritaire qui magnifie l’histoire espagnole et notamment celle des Rois Catholiques, des grandes découvertes et de la naissance de l’empire espagnole.

De nombreux projets sont étudiés tous plus irréalistes les uns que les autres. Le projet le plus aboutit comprenait trois cuirassés (l’Espagne à cherché à obtenir les plans des Vittorio Veneto), un porte-avions inspiré du Graf Zeppelin, quatre croiseurs légers modernes, de nouveaux destroyers, de nouveaux sous-marins et un train d’escadre.

Très vite pour ne pas dire immédiatement l’Armada Espanola doit limiter drastiquement ses ambitions. Exit les porte-avions et les cuirassés et place à des unités plus légères type destroyers et escorteurs.

C’est au milieu de la Pax Armada que les constructions navales reprennent pour reconstituer une marine digne de ce nom. Certains navires anciens sont désarmés ou relégués à des tâches secondaires comme l’entrainement.

En ce qui concerne les croiseurs, le Canarias devient en l’absence de cuirassé le navire-amiral de la marine espagnole. C’est aussi un ambassadeur flottant et il accueille souvent le Caudillo en tenue d’amiral pour une tournée des ports d’Espagne et du Maroc espagnol non sans que cela provoque quelques tensions et quelques crispations avec le voisin français. Il subit une modernisation a minima en 1946/47.

Croiseur léger Navarra

En ce qui concerne les croiseurs légers, le Navarra va être relégué au statut de navire-école pour entrainement et formation des nouveaux officiers de marine. Il reste cependant un navire de guerre et pourra assurer en cas de besoin de véritables missions de combat.

Les quatre autres croiseurs restent en service comme unités de première ligne (Mendez Nunez Galicia Almirante Cervera et Miguel Cervantes) avec des travaux de modernisation menés dans des conditions difficiles.

Cela n’empêche pas la marine espagnole de mettre sur cale en septembre 1947 et en mai 1948 deux croiseurs légers baptisés Majorque et Ferrol, des navires de 8000 tonnes, 30 nœuds armés de huit canons de 152mm en quatre tourelles doubles, huit canons de 120mm, des tubes lance-torpilles et une DCA légère.

La construction va être menée à un train de sénateur et ils vont être achevés seulement en 1953. Opérationnels seulement en 1956, ils vont rester en service aux côtés du croiseur léger Baleares (ex-USS Flint [CL-64]) jusqu’en 1984 et 1986 respectivement après avoir été transformés en croiseurs lance-missiles.

En ce qui concerne les destroyers, la marine espagnole va tenter de renouveler une flotte qui sans être obsolète commençait déjà à accuser le poids des ans sans compter son utilisation intensive durant la guerre d’Espagne avec tout ce que cela engendre en terme de vieillissement prématuré car l’entretien est parfois difficile à réaliser.

Les destroyers les plus anciens étaient les trois unités de la Classe Alsedo mises en service en 1924/25 (Alsedo Lozaga Velasco). Ces unités vont être remplacées au cours de la Pax Armada par quatre destroyers de la Classe Oquendo (voir ci-après).

L’épine dorsale de la force de destroyers ibérique est formée par les quinze unités de la classe Churucca (Sanchez Barcaitzegui , José Luis Diez , Lepanto , Churucca , Alcala Galiano , Almirante Valdès , Almirante Antequera , Almirante Miranda , Ciscar , Escano , Gravina , Jorge Juan Ulloa, Alava et Liniers), des navires mis en service dans les années trente entre 1929 et 1937. A noter qu’une unité à été coulée durant la guerre d’Espagne (Almirante Ferrandiz).

Ces destroyers vont restés en service jusqu’au second conflit mondial, subissant une modification de l’armement et une remise en état pour leur permettre de rester tant bien que mal en état de combattre un adversaire de premier plan.

Pour remplacer les trois unités de classe Alsedo, les espagnols décident de construire une nouvelle classe de destroyers, la Classe Oquendo.

Dans les plans de modernisation de la flotte espagnole, les Oquendo doivent opérer en soutien du Canarias alors que les destroyers légers de classe Audaz doivent opérer en compagnie des croiseurs légers et des escorteurs de classe Ariete acquis auprès de l’Italie.

Les espagnols ont prévu la construction de douze destroyers de classe Oquendo et de vingt-quatre destroyers de classe Audaz mais ces plans totalement irréalistes sont rapidement amendés.

Finalement seulement neuf destroyers de Classe Oquendo sont mis sur cale, trois étant achevés avant le second conflit mondial (Oquendo Roger de Lauria Marques de La Ensenada) et trois autres dans l’immédiat après guerre (Blas de Lezo Gelmirez Langara), les trois derniers étant annulés (Bonifaz Recalde Blasco de Garay).

Pour constituer/reconstituer une force légère de combat les espagnols vont commander quatre destroyers légers type Ariete auprès des italiens et neuf destroyers légers de Classe Audaz.

Les unités de classe Ariete construites en Italie sont livrées et mises en service en 1944/45, ces quatre navires étant baptisés Teruel Alcazar de Toledo Cape Machichaco et Cape Spartel.

Les neuf destroyers légers de classe Audaz sont mis en service entre 1943 et 1947, des unités baptisées Ariete Audaz Furor Intrepido Meteoro Osado Rayo Relampago et Temerario.

En ce qui concerne les sous-marins les unités héritées de la guerre civile restent en service. Si on envisage la construction d’unités neuves inspirées de plans allemands, les contraintes budgétaires, économiques et industrielles font capoter le projet. La flotte sous-marine espagnole se composait donc de neuf unités, les sous-marins de classe Archimede ex-italiens (General Moja General Sanjurjo), quatre unités Type B (B-1 B-2 B-3 B-4) et Type C (C-1 C-2 C-4).

La marine espagnole dispose également de navires auxiliaires comme le ravitailleur d’hydravions Dedalo, des pétroliers, de la «poussière navale». (NdA plus de détails dans la partie navires)

En ce qui concerne les batteries côtières, elles sont modernisées dans le cadre d’une stratégie anti-blocus.

L’aéronavale est reconstituée avec le transfert par l’armée de l’air des hydravions en septembre 1942.

La marine espagnole dispose également d’une unité d’infanterie, l’Infanteria de Marina, la plus ancienne unité de ce type puisque créée dès 1537 sous le règne de Charles Quint. Elle est rebaptisée en 1941 Tercio de Armada.

Organisation

La marine espagnole dispose d’un état-major installé à Madrid et deux état-majors d’escadre, l’Escadre du Nord (état-major implanté au Ferrol) et une Escadre du Sud (état-major implanté à Carthagène).

Ces état-majors prennent en charge les moyens qui dépendent des régions navales, la 1ère implantée au Ferrol, la 2ème à Carthagène et la 3ème à Cadix. Généralement les unités légères et les auxiliaires dépendent des régions navales, les unités de combat des escadres.

En 1945 un commandement de la logistique et de l’école est créé pour soulager et coordonner l’action des régions.

Les batteries côtières dépendent des régions navales alors que les hydravions sont placés sous le commandement de l’état-major général de Madrid tout comme le Tercio de Armada.

Pologne et Pays Neutres (2) Espagne (2)

HISTOIRE DE L’ESPAGNE

Cronologia (Chronologie)

Les grandes dates qui ont fait l’histoire de l’Espagne

Dans cette partie j’ai décidé de choisir les grandes dates qui à mon sens à fait l’histoire de l’Espagne. Ce choix est totalement arbitraire mais je l’espère cohérent. Bien entendu chers amis lecteurs, chers amis uchronautes si jamais vous avez une date qui vous semble important n’hésitez pas à faire péter les commentaires.

Buste de l’empereur Auguste

-29 à 19 avant notre ère : l’empereur Auguste achève la conquête de la péninsule ibérique

-74 : les hispaniques sont faits citoyens romains par l’empereur Vespasien

-98 : Trajan issue d’une famille romaine installée en Espagne devient empereur

-409 des peuplages germaniques arrivent dans la péninsule ibérique

-416 les Wisigoths tentent de reconquérir la péninsule ibérique au nom de Rome

-429 les Vandales quittent la Péninsule Ibérique pour l’Afrique du Nord

-475 Euric rompt le foedus avec l’empire romain d’Occident. Début de l’occupation wisigothique de la Péninsule

-476 fin de l’Empire Romain d’Occident

-554 à 664 : tentative de reconquête de la part de l’empire byzantin

-585 : le royaume wisigothique absorbe le royaume suève (créé vers 411)

-589 le troisième concile de Tolède fait du catholicisme la religion officielle du royaume wisigothique au détriment de l’arianisme

-711 : trente-deux ans après une première tentative, les musulmans berbères dirigés par Tarik franchissent le détroit qui ne va pas tarder à porter son nom (Djebel-Al-Tarik «le détroit de Tarik» le détroit de Gibraltar).

-718 Pelage bat les troupes musulmanes à Covadanga. Cette victoire est considérée comme le début de la Reconquista

-745 Suite la révolte des Berbères de la Péninsule ibérique, les chrétiens parviennent à reconquérir la Galice.

-754 le roi des Asturies Alphonse 1er reconquiert le Leon

-778 bataille du col de Roncevaux

-1031 le califat de Cordoue se morcelle en de multiples petits royaumes appelés taïfas. Cela facilite la Reconquista

-1037 première union des royaumes de Galice, de Leon et de Castille sous l’autorité de Ferdinand 1er le Grand

-1072 : deuxième union des royaumes de Galice, de Leon et de Castille sous l’autorité d’Alphonse VI le Vaillant

-1085 : Alphonse VI de Castille reprend Tolède qui va être la capitale de la Castille jusqu’au 16ème siècle

-1086 à 1147 domination des Almoravides

statue du Cid à Burgos

-1096 : Rodrigo Diaz de Bivar plus connu sous le nom du Cid reprend Valence

-1137 : union de l’Aragon et de la Catalogne

-1147 à 1212 domination des Almohades

-16 juillet 1212 : les armées chrétiennes coalisées défont les troupes musulmanes à Las Navas de Tolosa

-1213 : Pierre II d’Aragon meurt à la bataille de Muret contre les troupes de Simon de Monfort venus réprimer l’hérésie cathare. L’Aragon renonce à toutes ses prétentions au nord des Pyrenées

-1230 : Union de la Castille et du Leon

-1236 : Cordoue est reprise

-1238 : conquête de Valence et création du royaume du même nom par les aragonais

-1248 : Après dix-huit mois de siège, Ferdinand III de Castille reprend la ville de Seville musulmane depuis 711

-1261 : Reprise de Cadix par les chrétiens

-1352-1361 : première guerre civile de Castille entre Pierre 1er dit le Cruel et son demi-frère Henri de Trastamare. Ce dernier l’emporte.

Isabelle et Ferdinand les rois catholiques

-1469 : mariage d’Isabelle de Castille et de Ferdinand d’Aragon

-1474 : Isabelle devient reine de Castille, défaisant en 1476 les partisans de sa nièce Jeanne («la Beltraneja»). Cette deuxième guerre civile de Castille ou guerre de Succession de Castille ne se termine qu’en 1479.

-1478 à 1480 : mise en place de l’Inquisition Espagnole

-2 janvier 1492 : prise de Grenade. Fin de la Reconquista après sept siècles d’efforts des différents royaumes chrétiens

-31 mars 1492 : Décret expulsant les juifs de la Péninsule Ibérique

Christophe Colomb

-1492 : Christophe Colomb découvre le continent américain ce qui traditionnellement marque la fin du Moyen-Age et le début de la Renaissance

-7 juillet 1494 : Traité de Tordesillas «partage du monde» entre l’Espagne et le Portugal

-1499 Révolte des habitants musulmans de l’Albacine de Grenade. Fin du régime de tolérance

-Février 1502 : les rois catholiques décident l’expulsion des musulmans du Royaume de Castille. De nombreux musulmans se convertissent. Appelés morisques ils seront toujours considérés avec beaucoup de suspicion ce qui explique leur expulsion entre 1609 et 1614 par Philippe III.

-1515 : la Navarre intègre les possessions de la Couronne

-1516 : mort de Ferdinand d’Aragon son petit fils Charles devient le premier vrai roi d’Espagne

-1520/21 Révoltes des Comuneros

-1521 Conquête de l’empire aztèque par Hernan Cortès

-1555 Charles Quint abdique au profit de son fils Philippe II

-1559 : traité du Cateau-Cambrésis fin des guerres d’Italie, la domination espagnole dans la péninsule italique est consacrée

-1560 : Madrid devient la capitale de l’Espagne

-1571 : victoire de Lepante, coup d’arrêt à l’expansion ottomane en Méditerranée

-1581 : le Portugal et ses possessions coloniales sont intégrées à l’Empire espagnol

-1588 : désastre de l’Invincible Armada

-1601 : Valladolid redevient capitale de l’Espagne et ce jusqu’en 1606 (elle l’avait déjà été de 1517 à 1561)

-1618 à 1648 guerre de Trente Ans

-1635 : la France rentre officiellement en guerre pour contrer la puissance espagnole au grand dam du parti dévot. La guerre franco-espagnole ne s’achèvera qu’en 1659 avec le Traité des Pyrenées.

-1640 : soulèvement de la Catalogne et du Portugal, ce dernier retrouvant son indépendance

-1643 : bataille de Rocroi, le duc d’Enghien futur Grand Condé met fin au mythe de l’invincibilité du Tercio. La France récupère le Roussillon et l’Artois

-1700 : mort de Charles II, dernier des habsbourgs d’Espagne. Sa mort déclenche la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714)

-1704 : l’Angleterre occupe Gibraltar

-1714 : traité d’Utrecht l’Espagne perd des territoires en Italie et aux Pays-Bas. Elle perd également Gibraltar et Minorque. Le petit-fils de Louis XIV, Philippe duc d’Anjou devient roi d’Espagne sous le nom de Philippe V mais en renonçant à ses droits à la couronne de France.

Versailles : les ambassadeurs espagnols reconnaissent Philippe duc d’Anjou comme leur roi.

-178-1720 guerre de la Quadruple Alliance. L’Espagne de Philippe V échoue à reconquérir une partie de l’Italie. L’Espagne s’enfonce dans le declin. Tentatives de réformes, les rois espagnols tentent de gouverner en despotes éclairés

-1734 : premier pacte de famille

-1763 : deuxième pacte de famille

-1783 L’Espagne récupère Minorque et la Floride (perdues suite à la guerre de Sept Ans)

-1790 rupture du pacte de famille

-1793 : après l’exécution de Louis XVI l’Espagne entre en guerre contre la République française. Le conflit tourne très vite à l’avantage de la France. Par le traité de Bâle de 1795 l’Espagne perd la partie orientale de l’île de Saint Domingue

-1796 : traité franco-espagnol de San Ildefonso

-1800 : deuxième traité de San Ildefonso la Louisiane espagnole depuis 1763 (pour compenser la perte de la Floride) redevient française

-21 octobre 1805 : défaite de la flotte franco-espagnole de l’amiral Villeneuve contre la flotte anglaise de l’amiral Nelson à Trafalgar.

Ferdinand VII

-19 mars 1808 : Charles IV est renversé par son fils Ferdinand VII. Intervention de Napoléon 1er

-2 mai 1808 : soulèvement de Madrid (Dos de Mayo) répression française brutale

-12 mai 1808 : A Bayonne Charles IV et Ferdinand VII sont forcés à abdiquer. Joseph Bonaparte roi de Naples devient roi d’Espagne le 7 juillet suivant. Les libéraux qui soutiennent le nouveau roi sont appelés afrancesados

-Du 5 février 1810 au 24 août 1812 : siège de Cadiz par les français

-19 mars 1812 promulgation de la Constitution Libérale par les Cortès de Cadix

-1813 : José 1er d’Espagne (Joseph Bonaparte) est chassé, Napoléon renonce à se maintenir en Espagne

-1814 : retour des Bourbons en Espagne

-24 mars 1814 : six semaines après son retour en Espagne, Ferdinand VII abolit la constitution de 1812

-1815 : envoi de troupes aux Amériques pour réprimer les soulèvements indépendantistes

-1815/1816 : reconquête de la Nouvelle-Grenade par l’armée espagnole

-1818 : indépendance du Chili garantie

Simon Bolivar

-1819 : Libération de la Nouvelle-Grenade par Simon Bolivar. Création de la Grande Colombie dont Bolivar devient le premier président

-1820 : Soulèvement libéral contre le très absolutiste Ferdinand VII qui doit accepter la Constitution de 1812. C’est le début du Trienno Liberal qui s’achève le 28 septembre 1823 quand les «100000 fils de Saint Louis» s’emparent de Cadix. Fin de la période constitutionnelle de F.VII.

-1822 : les Etats-Unis reconnaissent l’indépendance des anciennes colonies espagnoles

-1824 : défaite des troupes espagnoles à la bataille d’Ayacucho les espagnols sont chassés du Pérou

-1829 : Dernière tentative de Ferdinand VII de reconquérir les colonies espagnoles. Il espère s’appuyer sur la France mais la Révolution de Juillet de 1830 fait capoter le projet.

Isabelle II.

-1833 : mort de Ferdinand VII, sa fille Isabelle devient reine ce que ne peuvent accepter les partisans de son oncle, Don Carlos qui selon la loi salique doit devenir roi. C’est la première guerre carliste (1833-1840).

-1837 : nouvelle constitution

-1845 : nouvelle constitution

-1846-1849 Deuxième guerre carliste

-1868 (19 au 27 septembre) Une révolution (Glorieuse Révolution) expulse Isabelle II d’Espagne

-30/09/1868 au 29/12/1874 : Sexenio Democratico période agitée de l’histoire espagnole avec un gouvernement provisoire jusqu’en janvier 1871, le règle d’Amédée 1er de janvier 1871 à février 1873 et la Première République de février 1873 à décembre 1874

-1872-1876 : Troisième guerre carliste

Alphonse XII

-29 décembre 1874 : Coup d’Etat (Pronunciamento) du général Martinez Campos. Restauration des Bourbons avec Alphonse XII, fils d’Isabelle II.

-30 juin 1876 : nouvelle constitution qui entérine la Restauration des Bourbons

Alphonse XIII

-1885 : mort d’Alphonse XII. Son épouse Marie-Christine enceinte donne naissance le 17 mai 1886 à Alphonse XIII qui est donc roi avant même sa naissance sous la régence de sa mère Marie-Christine.

-21 avril au 13 août 1898 : guerre hispano-américaine. L’Espagne perd ses principales colonies comme Guam, les Philippines et Cuba.

-26 juillet au 2 août 1909 : Semaine Tragique à Barcelone, des manifestations protestant contre l’envoi de réservistes au Maroc provoque une semaine d’émeutes et de violents combats provoquant la mort de 112 personnes.

-22 juillet au 9 août 1921 : désastre d’Annual. Le rifains d’Abd-El-Krim mettent en déroute les troupes espagnoles du général Silvestre.

Alphonse XIII et le général Primo de Rivera. Au lieu de sauver la monarchie, la dictature militaire accéléra probablement sa chute

-13 septembre 1923 : coup d’état du général Miguel Primo de Rivera avec l’accord du roi. Il démissione en janvier 1930

-12 avril 1931 : élections municipales remportées par les républicains

-14 avril 1931 : proclamation de la Deuxième République Alphonse XIII part en exil

-Juin 1931 : Elections des Cortes constituantes

-Décembre 1931 : approbation de la nouvelle constitution

-10/12 août 1932 : échec du coup d’Etat du général Sanjurjo (Sanjurjada)

-6 octobre 1934 : suite à l’entrée au gouvernement de trois ministres de droite, Lluis Companys proclame un «Etat catalan au sein de la République fédérale espagnole» L’armée espagnole intervient dès le lendemain et met fin à cet éphémère expérience

-4 au 19 octobre 1934 : révolte des mineurs asturiens. Intervient de l’Armée et notamment des unités de l’armée d’Afrique commandées par le général Franco. Féroce répression.

-16 février 1936 : Elections générales victoire du Frente Popular dans un contexte tendu avec de nombreuses fraudes

-17 juillet 1936 : Coup d’Etat militaire. Son échec marque le début de la Guerre d’Espagne

-21 juillet au 27 septembre 1936 : siège de l’Alcazar de Tolède

-24 juillet 1936 : Création de la Junte de Défense Nationale

-13 septembre 1936 : San Sebastian tombe aux mains des nationalistes

-27 septembre 1936 : Tolède tombe aux mains des nationalistes

-29 septembre 1936 : Franco proclamé Generalisimo, approbation de la création des Brigades Internationales

-10 octobre 1936 : Le généralissime Franco est proclamé à Burgos chef du gouvernement de l’Espagne soulevée

-1er au 23 novembre 1936 : échec des nationalistes devant Madrid. Le gouvernement républicain s’est replié sur Valence dès le 6 novembre.

-8 février 1937 : prise de Malaga par les nationalistes

-26 avril 1937 : Bombardement de Guernica

-19 juin 1937 : prise de Bilbao par les nationalistes

-6 au 26 juillet 1937 : offensive républicaine à Brunete

-21 octobre 1937 : chute de Gijon

-30 octobre 1937 : le gouvernement républicain abandonne Valence pour Barcelone

-15 avril 1938 : les nationalistes atteignent la Méditerranée à Vinaros coupant la zone républicaine en deux

-24 juillet au 16 novembre 1938 : Bataille de l’Ebre, dernière offensive majeure du camp républicain

-23 décembre 1938 : début de la Bataille de Barcelone. Le gouvernement se replie à Girone

-26 janvier 1939 : Chute de Barcelone

-27 février 1939 : la France et la Grande-Bretagne reconnaissent le gouvernement nationaliste comme le gouvernement espagnol légitime

-5 mars 1939 : dans l’espoir de sauver ce qui peut l’être, le colonel Casado prend le pouvoir à Madrid

-6 mars 1939 : le gouvernement républicain s’exile en France

-7 au 11 mars 1939 : combats fratricides à Madrid entre factions républicaines

-12 au 25 mars 1939 : le colonel Casado échoue dans ces tentatives de négociation avec Franco

-28 mars 1939 : Madrid tombe sans combats

-30 mars 1939 : chute de Valence et d’Alicante

-31 mars 1939 : Almeria, Murcie et Carthagène sont occupés

-1er avril 1939 : Franco annonce la fin de la guerre. Les Etats-Unis reconnaissent son gouvernement.

Mitteleuropa Balkans (180) Grèce (24)

ARMEE DE TERRE

Miscellanées historiques

Avant-propos

Dans cette partie je vais balayer rapidement l’histoire militaire grecque au travers de batailles, de grandes figures, d’armées, d’unités. Une sorte de pot-pourri que j’avais voulu réaliser pour la marine mais sans y trouver un bon angle d’attaque. Je pense l’avoir trouvé pour cette partie.

Hoplites

L’hoplite est le fantassin lourd de la Grèce antique c’est le soldat d’élite grec par excellence. Devant payer son équipement, l’hoplite est donc un citoyen aisé qui doit défendre ses biens ce qui le rend selon les penseurs grecs plus apte à défendre la cité.

L’origine du terme est incertaine. Selon Thucydide cela viendrait du mot hoplon (bouclier) mais le problème c’est que les autres historiens appellent le bouclier astis. L’hypothènse la plus couramment admise est que le terme hoplite vient de ta hopla qui regroupe les armes et la protection.

L’équipement se compose d’un casque (kranos), une cuirasse (thorax), des protége-tibias (knémides), un bouclier (hoplon/aspis), une ou deux lances (dory) et une épée courte (xyphos ou kopes).

Naturellement cet équipement de base évolue vers un allègement de la protection pour gagner en mobilité. En ce qui concerne l’armement, on voit l’abandon d’une lance sur deux en raison du développement des armes de jet. Selon certaines études, le poids de l’équipement serait de 30kg soit pas vraiment supérieur à celui d’un soldat moderne qui porte casque, gilet pare-balles et paquetage.

L’apparition de l’hoplite combattant en phalange est incertaine. Elle daterait probablement du 8ème siècle avant notre ère.

Peltaste

Venant du mot Pelté (bouclier léger), c’est l’infanterie légère grecque qui apparaît au 4ème siècle, des unités de mercenaires des époques classiques et hellénistiques.

Vennant essentiellement de Thrace avant qu’autres régions fournissent ce type d’unité, les peltaste ne sont pas protégés, disposant d’un bouclier rond ou en croissant en osier, de javelots et d’épée.

Initialement ils forment des unités d’appoint servant à contrer la cavalerie ennemie en lançant des javelots. Ils sont également utilisés pour la poursuite. A plusieurs reprises des unités de peltaste l’ont emporté contre des hoplites pourtant plus lourdement protégés et armés.

A l’époque hellénistique ils sont toujours là. On trouve des thraces, des illyriens, des agrianes, l’équipement s’alourdit ce qui s’inscrit dans un mouvement plus général. Le petit bouclier est ainsi remplacé par un bouclier ovale le thureos qui serait d’origine celte.

Gymnète

C’est une autre unité d’infanterie légère. Il ne dispose pas d’armure, portant une simple tunique appelée chiton. Son nom signifiant nu, on comprend que sa protection est inexistante. Il est armé d’un arc, d’une fronde, de javelots. Il peut aussi disposer d’une épée (machaira) ou d’un gourdin.

A Sparte cette unité était issue des hilotes. Ils lancent des projectiles avant de se retirer au profit des hoplites. Très utiles dans les embuscades et la petite guerre, ces unités ont longtemps été méprisées ils acquièrent une importance croissante suite à la deuxième guerre médique et surtout à la Guerre du Péloponnèse, une guerre totale qui impose toujours plus de soldats sur le terrain.

Avec le temps les peltastes sont devenus spécialistes du javelot, les gymnètes étaient désormais surtout des archers et des frondeurs.

Phalange

Phalange grecque

En grec ancien la Phalanx désigne une formation de lanciers qui l’emporte par un choc frontal. Les grecs ne l’ont cependant pas inventé puisqu’on trouve des unités de ce type à l’époque sumérienne.

La plus connue c’est la phalange hoplitique des cités grecques de l’époque classique même si la phalange macédonienne et sa célèbre sarisse peut lui contester ce titre.

La phalange macédonienne de Philippe II et d’Alexandre le Grand était connue pour sa manoeuvrabilité ou la protection était plus légère que celle des cités-Etats du sud de la Grèce.

Sous les diadoques elle s’alourdit à nouveau. Elle succombera sous les coques de la légion romaine plus souple et plus évolutive.

La phalange hoplitique apparaît au 8ème siècle, Homère évoquant une formation hoplitique dans son célèbre poème épique l’Illiade. Elle prend sa forme définitive au 7ème siècle en profitant d’un certain nombre de progrès techniques, politiques et culturels :

-Apparition du bouclier rond (aspeis koite) de 90cm de diamètre

-Apparition du casque corinthien parfois à cimier fait d’une seule pièce de bronze martelée

-La phalange est un outil politique en faveur des tyrans qui s’appuient sur les masses face à l’aristocratie. Cela n’empêchera pas la phalange hoplitique de symboliser également la démocratie.

-Le développement culturel (mise en place de la cité et de ses institutions) et économique (augmentation de la richesse) favorise la mise en place de la phalange.

Comment opère-t-elle ?

Arrivée sur le lieu de la bataille les hoplites se déploient sur huit à douze rangs. Solidement protégé, l’hoplite offre fort peu de parties de son corps vulnérables aux coups.

La phalange opère avec la cavalerie (même si les unités montées ont un rôle secondaire à l’époque) et des troupes légères armées d’arcs, de javelots et de frondes.

L’assaut est frontal au pas de course pour réduire le temps d’exposition aux armes de jets.

Les thébains ont modifié l’engagement des hoplites avec l’ordre oblique qui voit l’engagement de 25 ou 50 rangs de profondeur. Le grand stratège Epaminondas met ses meilleures troupes à gauche son aile marchante face aux meilleures troupes adverses ce qui est une surprise tactique et psychologique.

Les hoplites doivent être en bonne condition physique mais l’entrainement collectif est sommaire se limitant aux manœuvres. L’incertitude vulnérabilise la phalange. Sous Philippe II de Macédoine, la phalange évolue avec l’apparition d’une unité d’élite les Pezhetairoi (Compagnons à pied). Otage à Thèbes, le père d’Alexandre le Grand s’inspire de ce qu’il voit dans la cité d’Epaminondas pour réorganiser et moderniser son armée.

Au début de son règne, le royaume de Macédoine est un royaume pauvre. Les piquiers macédoniens sont légèrement armés avec une sarisse, une pique d’infanterie longue de 5 à 7m pouvait être utilisé en charge ou en défense (plantée dans le sol, elle peut repousser les charges de cavalerie). Le bouclier passe de 90 à 60cm de diamètre, le casque est plus simple en fer, la cuirasse en fer est réservée aux officiers.

En charge les quatre premiers rangs décalés d’un mètre abaissent leur sarisse, formant un mur de pique, les rangs suivants l’inclinant légèrement vers l’avant pour protéger les quatre premiers rangs des flèches et des traits ennemis. Pour le combat au corps à corps l’armement est complété par une épée en fer.

La phalange macédonienne passe à seize rangs de profondeur. L’entrainement est bien plus poussé qu’ailleurs, les soldats macédoniens à l’instar des prussiens du Grand Frédéric deviennent de véritables automates. La discipline est bien plus stricte.

Au simple choc frontal comme jadis, Philippe II ajoute des manœuvres savantes pour semer la surprise et le desarroi dans les rangs ennemis.

Sous Alexandre la phalange occupe la cavalerie se chargeant du choc et de la manœuvre. Durant son expédition l’armée s’adapte en permanence avec des contingents locaux.

La phalange possède les défauts de ses qualités : son caractère compact la rend peu souple en cas d’imprévu, la rend peu souple en terrain accidenté et vulnérable à toute autre attaque autre que frontale.

Ces défauts seront accentués à l’époque hellénistique où les soldats seront lourdement protégés et armés. Cela pouvait aller tant que la phalange affrontait une autre phalange mais face à une troupe plus mobile et moeux entrainée comme la légion manipulaire, les défauts devenaient rédhibitoires.

Leuctres, ordre oblique et bataillon sacré

A la fin du quatrième siècle, Thèbes supplante Sparte comme puissante dominante du monde grec, puissance qui passe par un outil militaire de pointe symbolisé par plusieurs choses : un stratége (Epaminondas), un tactique (l’ordre oblique qui sera remis au goût du jour par Fréderic le Grand) et une unité d’élite, le bataillon sacré dont le nom sera repris par une unité commando de l’Armée Grecque de Libération.

La légende à fait du Hieros Lochos une troupe invincible unie par un lien homosexuel. Cette histoire notamment propagée par Plutarque est certes en partie vraie mais il faut rappeler que dans la Grèce antique l’homosexualité était considérée comme normale.

En réalité ce qui faisait la force du bataillon sacré c’est tout simplement qu’ils étaient des professionnels parmi les amateurs.

Forcément quand vous passez votre temps à vous entrainer et que vous êtes engagés face à des militaires à temps partiel comme c’est la majorité des cas dans les cités grecques forcément vous faites la différence. Si cette unité est l’une des plus célèbres de l’histoire militaire grecque, elle n’est pas unique puisqu’à on trouvé des unités semblables à Argos et à Elis.

Cette unité est équipée comme tout hoplite de l’époque à savoir un casque de bronze (plus léger et moins encombrant que ceux des guerres médiques), une cuirasse de lin doublé au lieu du bronze lourd et onéreux, une lance qui une fois brisée est remplacée par une épée qu’elle soit à double (Scythos) ou simple tranchant (Kopis). Le bouclier appelé aspis koilé mesure 90cm de diamètre.

Cette unité connait son baptême du feu en 375 où elle triomphe des redoutables spartiates mais son chef d’oeuvre c’estt 371 et la bataille de Leuctres où Epaminondas inflige une cuisante défaite aux spartiates et à leurs alliés.

Il utilise pour cela l’ordre oblique, renforçant son aile marchante avec 50 rangs d’hoplites contre 8 à 12 habituellement. Au chox frontal jusqu’ici utilisé lors des combats entre cités, le stratège thébain préfère la manœuvre et le débordement.

L’hégémonie thébaine ne dure cependant pas. En 362 Epaminondas est tué à la bataille de Matinée contre les athéniens et les spartiates. La cité de Béotie épuisée ne peut rien faire face à la montée en puissance du royaume macédonien.

En 338 à la célèbre bataille de Chéronée, le bataillon sacré est quasiment anéanti. Sur les 300 hommes de son effectif seuls six vont survivre, intégrant la garde personnelle du père d’Alexandre le Grand.

L’armée d’Alexandre de Macédoine à la conquête du monde

Buste d’Alexandre III

L’armée d’Alexandre c’est surtout celle de son père Philippe II de Macédoine qui en quelques années transforme un petit royaume considéré comme semi-barbare par les grecs du Sud en nouvelle puissance du monde héllénophone succédant à la cité de Thèbes.

Longtemps le père d’Alexandre le Grand est passé dans l’histoire pour roi ivrogne et bon à rien alors qu’il était au contraire un stratège brillant et un fin politique. En même temps comment paraître brillant quand on à pour fils un conquérant qui à fasciné des générations de rois et d’empereur impatients de l’imiter voir de l’égaler…… .

Quand il devient roi en -359, Philippe II ne dispose que d’une petite armée avec certes une cavalerie bien entrainée mais de taille réduite. De plus son infanterie est composée de paysans levés au coup par coup donc peu ou pas entrainés, peu ou pas armés. En ce qui concerne les effectifs on estime qu’il passe de 10000 fantassins et 600 cavaliers à 20000 fantassins et 3000 cavaliers.

Bien entendu l’armée macédonienne n’est pas passé de l’indigence à l’opulence du jour au lendemain. Très pragmatique le père d’Alexandre le Grand à réformé progressivement son armée, testant, se trompant avant de réussir. Ses sources d’inspiration sont à chercher à Thèbes où otage il à pu observer nombre de choses.

Il n’à probablement pas créé la phalange, elle existait probablement avant même son avènement même si aucune source n’existe à ce sujet mais comme nous le savons l’absence de sources ne signifie pas absence du dit phénomène tout comme une loi interdisant un phénomène ne signifie pas la disparition du dit phénomène surtout si cette interdiction est répétée à de multiples reprises.

L’armée macédonienne fonctionne selon un système militaire complet. La phalange et la cavalerie lourde opèrent ensemble. A la cavalerie lourde le choc, à la phalange l’occupation du terrain. C’est d’autant plus efficace qu’ailleurs la cavalerie n’est pas très développée faute de volonté et probablement de moyens. On trouve également des unités de cavalerie légère pour l’éclairage, le flanquement et la poursuite.

A ces deux entités majeures s’ajoutent des troupes légères notamment les javeliniers (lanceurs de javelots) et les frondeurs. Elles désorganisent la phalange adverse avant le choc mais sont aussi utilisées pour la petite guerre qui à existé bien avant Clausewitz.

On trouve des archers crétois et scythes, des frondeurs (peltastes) thraces et agrianiens (Bulgarie actuelle) et illyriens.

On trouve également ce qu’on appelle les hypaspites ou porte-boucliers qui doivent assurer la protection rapprochée de la phalange.

En temps de paix les effectifs sont modestes avec un noyau mobiliaire, des mercenaires (que l’on retrouve surtout chez les troupes légères) et la garde ou hetaroi. En temps de guerre des recrues sont levées à cette occasion.

Alexandre poursuivra l’oeuvre de son père mais sa principale différence sera d’engager davantage les armes de jet.

Si son père les utilisait uniquement pour les sièges, lui les utilisait aussi dans des batailles rangées probablement parce que le contexte était différent : batailles isolées ou campagnes limitées pour l’un, campagne de longue durée en terrain étranger pour l’autre.

La phalange continuera d’évoluer sous les diadoques, elle s’alourdira et perdra la mobilité de celle de Philippe II et d’Alexandre. Les guerres entre les anciens lieutenants d’Alexandre le Grand verront l’opposition de deux phalanges toujours plus lourdes, toujours plus protégées et toujours moins mobiles ce qui aura de terribles conséquences quand les phalanges affronteront des légions plus mobiles, mieux structurées et surtout habituées à affronter des adversaires différents.

Phalange vs Légion

Comment la Légion romaine à vaincu la Phalange grecque ? Les grecs sont choqués par l’agressivité romaine. Face à des troupes hellénistiques habitués au combat à la sarisse à distance ils voient des romains lancer leurs javelots puis chercher le combat au corps à corps où leur entrainement au gladius (les légionnaires s’entrainent avec des épées en bois plus lourdes ce qui est un plus évident) fait la différence.

La phalange grecque très efficace, redoutable en terrain plat est vite mise en difficultés sur un terrain accidenté. La Légion plus souples avec ses manipules et ses centuries est plus adaptable.

D’autres facteurs clés vont faire la différence : recrutement et prime à l’expérience (on encourage l’initiative permise par un meilleur encadrement), discipline de fer, équipement qui rend le légionnaire capable de s’adapter à une situation imprévue (les romains contrairement aux grecs ont affrontés des adversaires très variés) et pratique de ce qu’on pourrait appeler par anachronisme le RETEX.

Comme les carthaginois l’ont appris à leurs dépends, les romains peuvent perdre une, deux, trois batailles mais si ils ont décidé de remporter un conflit ils mettent tout en œuvre pour aboutir à cet objectif.

Les macédoniens étaient équipés d’une longue lance (7 à 8m), une sarissa utilisable pour le choc collectif et non comme arme individuelle ou comme arme de jet. Le légionnaire dispose lui d’un armement nettement plus variés avec deux pilum, un javelot utilisable également une lance mesurant entre 1.65 et 1.70m (manche en bois de 95cm, pointe en fer de 70 à 75cm), un gladius une épée courte de 60 à 70cm et un poignard de 20cm.

Aux côtés des légions et des phalanges on trouve des unités auxiliaires, des unités complétant l’action de ce qu’on pourrait appeler le «corps de bataille».

Les greco-macédoniens ont employé des troupes légères thraces, des cavaliers thessaliens, des archers crétois, des cathaphractaires (cavaliers cuirassés ancètres de nos chevaliers du Moyen-Age), des éléphants et des chars de guerre.

Cette intégration sera aussi faite par les romains avec leurs troupes auxiliaires mais ils veilleront à ne pas se laisser déborder et perdre en cohésion à la différence des armées hellénistiques qui ressembleront à la fin à des agrégats de troupes variées sans cohésion avec parfois des unités à la volonté et à la loyauté douteuse.

Miscellanées sur l’armée byzantine

Cathapractaire

Faisons maintenant un bon dans le temps en parlant de l’armée byzantine, l’armée de l’Empire Romain d’Orient qui allait peu à peu abandonné son côté latin au profit de son côté grec, Justinien étant considéré comme le dernier empereur romain siégeant à Byzance.

Commençons d’abord par présenter l’armée byzantine (promis je serais synthétique). C’est l’héritière des légions romaines, la langue de commandement était le latin puis le grec à partir du 6ème siècle qui correspond au basculement de Byzance du côté grec.

Si l’armée romaine avait basé ses succès sur l’infanterie, sa descendante s’appuyait davantage sur la cavalerie notamment les Kataphractos (cataphractaires) qui sont une évolution d’une unité de cavalerie romaine datant de l’époque d’Hadrien (Clibanarii). L’infanterie intervient davantage en soutien de la cavalerie.

Du côté de l’infanterie on trouve de l’infanterie lourde (Skutatoi puis Kontarioi) et de l’infanterie légère composée essentiellement d’archers (psiloi).

A cette force composée de volontaires et de conscrits s’ajoute des mercenaires notamment la célèbre garde varègue.

Sous Justinien sur le plan de l’organisation les lourdes légions manipulaires ont fait place à des unités plus petites et plus souples appelées tagma/numerus, des unités de 300 à 400 soldats.

Deux tagmata (le pluriel de tagma) ou plus forment une brigade (moira), deux brigades ou plus formaient une division ou meros.

Sous Justinien on trouve six grands ensembles :

-La garde présente à Constantinople et dans ses environs immédiats

-Les comitatenses/Stratiotai (force de manœuvre)

-Les limitanei ou troupes frontalières

-Les foederati (fédérés) composées uniquement de barbares fédérés puis mixtes à partir du 6ème siècle

-Les alliés : troupes recrutées chez les barbares non fédérés (Huns, Herules et Goths essentiellement). Ces unités sont commandés par leurs propres chefs, recevant des terres et une subvention annuelle.

-Les bucellaires : armées privées des généraux et aux préféts du prétoire. Leur niveau d’entrainement et d’équipement dépendait de la richesse de leur propriétaire.

Sous l’empereur Justinien les effectifs sont estimés à 300 à 350000 hommes mais en campagne pour des raisons logistiques on ne déploie pas plus de 20 à 25000 hommes.

L’équipement évolue au contact notamment des perses : côte de mailles, cuirasse, casques et jambières.

Sous Constant II (empereur de 641 à 668) le dispositif militaire est réorganisé avec la mise en place des thèmes, des circonscriptions gérées par des stratèges où des hommes en assurent la mise en valeur et la défense. Les thèmes sont d’abord très grands mais après plusieurs révoltes aristocratiques, le nombre augmente et leur taille se réduit. C’est ainsi qu’on passe de 4 à 38 en quelques années seulement.

Après ces premières révoltes les empereurs se découvrent le besoin de posséder non pas une simple garde mais une véritable armée qui leur soit fidèle. Une admnistration séparée prend sous son contrôle les tagmata.

Parmi ces unités on trouve des unités prestigieuses et d’autres qui le sont moi. C’est ainsi qu’on trouve les Scholai (écoles) descendants directs des gardes impériales de Constantin, les Esckoubitoi (vigiles) établies par Léon 1er, les Arithmoi (nombres) ou Vigila (la veille) établis entre la fin du 5ème et le début du 6ème siècle et les Hekamatoi (capables) établis par Nicephore 1er.

Ces unités étaient des bataillons de cavalerie dont les effectifs variaient entre 1000 à 6000 hommes avec en moyenne 4000 hommes.

On trouvait également des unités d’infanterie comme les Noumeroi, les Optimatoi et le Tagma ton Teikhon qui comme son nom l’indique assurait la défense des murs de la cité. A noter que la Vigila et les Noumeroi assistait la police de Constantinople.

L’armée byzantine était bonne dans l’ensemble mais elle possédait une faiblesse importante : elle dépendait beaucoup de la personnalité de l’empereur. Un chef décidé, un stratège charismatique et elle donnait le meilleur d’elle même mais en revanche un empereur faible et l’armée se désintégrait sur ses bases.

Au Moyen-Age sous les Comnène on trouve une armée professionnelle et disciplinée. On trouve la garde varègue une unité d’infanterie et les Immortels une unité de cavalerie lourde, ces deux unités étant stationnées à Constantinople.

On trouve des unités légères dans les provinces avec des recrues venant essentiellement de Macédoine, de Thessalie et de Thrace, les unités étant des unités d’infanterie et de cavalerie.

Avec l’affaiblissement de l’empire, les unités de mercenaires augmentent avec tout ce que cela comporte d’indiscipline et de fidélité douteuse. A la chute de Constantinople en 1453, l’armée byzantine défendant la capitale comprend 7000 hommes dont 2000 mercenaires étrangers (essentiellement génois).

Garde varègue

Reconstitution moderne de gardes varègues

Appelée aussi Garde varègue, la Tagma ta Varangon était une unité militaire byzantine composée de soldats venus d’abord du monde scandinave puis de plus du monde anglo-saxon.

En 874 les Rus (des vikings qui donnèrent naissance à la Russie) rentrent au service de l’Empire byzantin. La garde varègue est officiellement fondée en 988 par Basile II Bulgaroctone.

Ce dernier (NdA mon empereur byzantin favori) devait faire face aux rébellions de Bardas Phocas et de Bardas Skléros et n’avait pas confiance dans sa garde byzantine. Un traité signé avec la Russie kiévienne de Vladimir 1er permet l’envoi d’un contingent de 6000 hommes.

Jusqu’au 11ème siècle, les gardes varègues sont essentiellement scandinaves (Suède, Danemark, Norvège, Islande) mais après la conquête normande de l’Angleterre (1066) nombre d’anglo-saxons s’enfuient et s’engageant dans cette garde.

Outre la protection de l’empereur, cette garde à été engagée en Italie au 11ème siècle contre les normands et les lombards. La garde défend la ville de Constantinople en 1204, les croisés évitant les remparts défendus par les guerriers scandinaves et anglo-saxons.

Disparaissant suite à cet événement dont l’empire byzantin ne se révélera jamais vraiment, la garde varègue renait à Nicée sous la forme d’un régiment de porteurs de hache (Keltai Pelekophroi), l’un des cinq régiments de la garde. Ce régiment veille également sur le trésor impérial.

Les gardes varègues affichent une grande loyauté à l’empereur en fonction ce qui étonne les grecs habitués aux complots et au «machiavélisme». Je dis bien en fonction et non à l’homme car dès qu’un empereur était détroné et/ou assassiné, les gardes prêtaient serment à son successeur surtout après avoir pu se servir dans le trésor impérial.

Les sources se font plus discrètes à partir du début du 15ème siècle, la garde varègue passant alors de l’histoire à la légende.

Cataphractaires

Appelés en grec Kataphractos (entièrement protégé) ce sont des cavaliers lourds qui sont les ancètres de nos chevaliers médievaux. Ils sont appelés indifférement cataphractaires et cataphractes.

Le cavalier et la monture sont recouverts d’une cote de maille et leur armement principale est la lance appelée contus.

Ce n’est pas une exclusivité byzantine puisqu’on à trouvé ce type d’unité chez les Scythes, les Sarmates, les Achéménides séleucides, les Pathes, les Alains, les Sassanides, les romains, les arméniens et donc les byzantins.

L’armée romaine dont est issue l’armée byzantine à longtemps négligé la cavalerie. On trouvait bien des unités montées mais les equites étaient des unités de cavalerie légère surtout utilisées pour la poursuite et l’éclairage.

Ce n’est que très progressivement que des cavaliers lourds vont intégrer l’armée romaine. On trouve la mention d’une unité auxiliaire de cataphractaires sarmates sous le règle d’Hadrien mais il faut attendre le 3ème siècle quand la cavalerie lourde arrive en force sous le règle de l’empereur Gallien (253 à 268) à une époque où l’armée romaine à été totalement réorganisée avec une armée montant la garde aux frontières et une force d’intervention composée essentiellement d’unités montées. On trouve par exemple 5500 cataphractaires sarmates en Bretagne au 2ème siècle.

Les cataphractaires portaient une côte de maille, une lance de 4m semblable à la sarisse grecque, pas d’étriers, un fouet, une hache (NdA on ne sait pas si il s’agissait d’une arme de guerre ou de parade) et un arc.

Les cataphractaires disparaissent des sources à la fin du 10ème siècle mais seraient apparus sous la dynastie des Comnènes. L’Empire byzantin à disposé de cavaliers lourds jusqu’à la fin.

Benelux (40) Belgique (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T-9 BENELUX (2) BELGIQUE

Belgique 3

AVANT-PROPOS

Après avoir passé plus de trois mois sur les Pays-Bas, je passe au deuxième volet de ce Tome 9, volet consacré à la Belgique. Comme à chaque fois j’espère passer moins de temps que précédemment mais que cela va sans doute rester un vœux pieu.

La Belgique est longtemps restée une «expression géographique» pour reprendre le bon mot du chancelier autrichien Metternich à propos de l’Italie.

A quand dater la naissance de la Belgique ? A la Gaule Belgique dont les tribus affrontèrent les légions de César ? À l’émergence de la Bourgogne comme puissance majeure ? À la division politico-religieuse du XVIème siècle entre l’Union d’Utrecht et l’Union d’Arras ? Aux révolutions de la fin du 18ème ?

Difficile à dire ce qui est sur c’est qu’il fallut attendre 1830 pour qu’enfin la Belgique devienne un pays indépendant mais une nation c’est moins sur car très vite les relations entre flamands et wallons vont devenir tendues, les seconds plus riches snobant les premiers considérés comme des bouseux avant que la situation ne se renverse bien des décennies plus tard. En 2020, la Belgique est encore un pays uni mais es-ce que ce sera le cas encore dans cinquante ans rien n’est moins sur.

Pays neutre coincé entre des puissances militaires qui n’attendent qu’un prétexte pour se sauter mutuellement à la gorge, la Belgique est forcée de participer à la première guerre mondiale, parvenant sous l’impulsion du Roi-Chevalier Albert 1er à préserver une partie du territoire national.

Tirant les leçons de ce conflit, la Belgique abandonne sa sacro-sainte neutralité en s’alliant avec la France par un traité d’assistance mutuelle signé en 1920. En 1934, Albert 1er meurt accidentellement et son fils Léopold III lui succède.

Ce dernier est inquiet de la montée en puissance de l’Allemagne nazie et refuse d’être entraînée dans ce conflit. En 1936, la Belgique retourne à la neutralité au grand dam des puissances occidentales.

La guerre de Pologne semble valider cette hypothèse mais néanmoins ce conflit impose à la fois un réarmement du pays et un rapprochement mezzo voce avec Paris et Londres, Bruxelles adoptant une position semblable à celle de La Haye.

Le second conflit mondial, le pays se retrouvera divisé entre un gouvernement réfugié à Caen et un roi qui avait décidé de rester à Bruxelles pour dit-il «soulager les souffrances de son peuple».

Léopold III (1934-1951) 11

Léopold III

Son influence sera réelle mais limitée, les allemands imposant un gouvernement militaire qui s’appuyait sur des collaborateurs flamands et wallons. Le territoire libéré, la question du roi se posera, aboutissant à des affrontements et à un référendum qui aboutira en 1959 à l’abdication de Léopold III et à l’avènement de Baudouin 1er.

Tout comme le Tome 9(1), le Tome 9(2) sera organisé en une partie historique avant d’enchaîner par une partie navale consacré à la «marine belge», une marine qui allait connaître des éclipses jusqu’à la création d’un Corps Naval Belge/Belgium Naval Corps/Belgish MarineKorps.

Belgique 13

Pavillon de la marine belge

L’action courageuse et remarquable de cette petite marine allait convaincre le gouvernement belge de pérenniser un outil naval qui aujourd’hui opère de manière quasi-continuelle avec la Koninklijke Marine au point qu’on parle depuis des années de la création d’une marine néerlando-belge ou belgo-néerlandaise.

On passera ensuite à l’armée de terre belge avec son histoire, son organisation et son armement avant de terminer par l’armée de l’air belge, une armée de l’air qui comme son homologue néerlandaise n’était pas indépendante au début du second conflit mondial.

L’armée de terre est puissante et bien équipée même si il y à un certain nombre de lacunes. Elle peut raisonnablement espéré tenir suffisamment longtemps pour permettre l’entrée en Belgique de renforts franco-britanniques capables de repousser les troupes allemandes.

L’armée de l’air belge est en réalité une entité de l’armée de terre appelée Aéronautique Militaire et ne deviendra indépendante qu’après le second conflit mondial. L’équipement est essentiellement étranger, les avions de conception et de fabrication belge étant très peu nombreux, le gouvernement belge n’ayant pas pu ou su encourager l’émergence d’un constructeur national, la SABCA produisant davantage des avions étrangers sous licence qu’autre chose.

HISTOIRE DE LA BELGIQUE

Les prémices

Antiquité et Haut Moyen-Age

Dans cette première partie, quelques informations sur la «Belgique», un territoire qui allait être longtemps disputé et le théâtre de nombreux conflits en raison d’une géographie qui favorisait les envahisseurs : des fleuves qui formaient autant de pénétrantes, pas de montages infranchissables, des vastes plaines.

Le territoire actuel de la Belgique à été peuplé par les Celtes, un peuple indo-européen venu d’Europe centrale. La date d’installation est incertaine entre -1200 et -800 avant J.C.

Jules Cesar

Buste de Jules César repêché dans le Rhône 

Connus sous le nom de gaulois (de gallus coq) par les romains, ces habitants résistent ou s’allient avec la République Romaine et ce jusqu’en -58 quand Jules César pour des raisons politiques engage la conquête de la Gaule. Selon l’auteur des Commentaires sur la Guerre de Gaule, les Belges étaient plus belliqueux et les plus redoutables.

Après six ans de combat et une ultime victoire à Alésia en -52, la Gaule devient une possession romaine, possession divisée en trois provinces, la province de Lyonnaise, la province d’Aquitaine et la province de Belgique.

Cette province est bien plus vaste que l’actuel Royaume de Belgique puisqu’elle s’étend également sur le nord-est de la France (de la mer du Nord à la Franche-Comté) ainsi que sur une partie des Pays-Bas et de l’Allemagne (ex-Nouveaux Pays Allemands).

En l’an 84 de notre ère elle est divisée en deux provinces, la province de Germanie inférieure et la province de Germanie supérieure, cette dernière étant à nouveau divisée sous Dioclétien en Belgica prima et Belgia secunda.

Comme partout dans l’empire, les romains équipent le territoire, traçant des routes, établissant des forts qui sont autant d’embryons de villes. La défense est assurée par des légions romaines et par des auxiliaires barbares dont certains sont appelés à un grand avenir puisqu’il s’agit des Francs et notamment des plus puissants d’entre-eux, les francs saliens.

Le royaume franc à pour capitale Tournai et émerge au Vème siècle. En 496, Clovis se convertit au christianisme marquant le début de l’histoire du royaume de…..France fondé par l’alliance du trône et de l’autel ce qui sort du cadre de notre étude.

Aux Mérovingiens succèdent les Carolingiens et notamment le plus célèbre d’entre-eux, Charles le Grand ou Charlemagne. La future Belgique est au cœur de la puissance carolingienne, le premier empereur romain d’Occident depuis plus de trois siècles faisant d’Aix-La-Chapelle sa capitale.

Certes Aachen n’est pas en Belgique actuelle mais la capitale impériale irrigue les territoires alentours via notamment la vallée de la Meuse.

En 840, Louis le Pieux unique fils survivant de Charlemagne décède à son tour, laissant trois fils qui se partagent l’héritage paternel ou plutôt se querellent pour obtenir la plus grosse part. En 843 est signé le Traité de Verdun.

Traité de Verdun

Carte du traité de Verdun

Ce traité à une importance fondamentale. Pas vraiment pour ses clauses politiques _elles ne tiendront pas longtemps_ mais pour des raisons culturelles _le traité est rédigé en français et en allemand ou du moins dans des formes qui annoncent ces deux langues_ et géographiques puisque les limites sont fixées sur l’Escaut et le Rhin.

On trouve comme nous le savons à l’ouest la Francia Occidentalis confiée à Charles le Chauve et à l’est la Francia Orientalis confiée à Louis le Germanique. Ces deux royaumes annoncent la France et l’Allemagne. En revanche l’état central appelé Lotharingia _en référence à son souverain Lothaire_ n’allait pas survivre jusqu’à l’époque des Etats-Nations.

L’actuel territoire de la Belgique est essentiellement contenu par la Lotharingie (qui par déformation allait donner naissance à la Lorraine) mais des territoires actuellement en Belgique appartenaient par exemple à la Francia occidentalis puisque la frontière de celui-ci était fixé sur un fleuve aujourd’hui belge, l’Escaut.

En 870, le traité de Meersen provoque la disparition de la Lotharingie partagée entre les deux royaumes, la Meuse et l’Ourthe servant de frontière. En 879, tous les territoires de l’actuelle Belgique ont été rattachés à la future Germanie.

Les Carolingiens et les ascendants des Capétiens tout se disputant le trône n’ont pas renoncé à s’emparer de la Lotharingie. En 911, Charles le Simple envahit et va en garder le contrôle jusqu’en 923 quand Henri 1er dit l’Oiseleur récupère le territoire contesté.

Quand se termine le 10ème siècle, le territoire de l’actuelle Belgique est morcelée en de multiples entités territoriales, certaines éphémères et d’autres plus durables.

C’est aussi à cette époque que les villes se développent, tirant leur richesse du commerce maritime mais aussi du travail de la laine, de la laine anglaise ce qui expliquera nombre de positions politiques des villes «belges». Cette expansion sera continue jusqu’au 14ème siècle quand l’Europe est frappée par la Peste Noire provoquant des saignées démographiques qui ne seront effacées qu’au 19ème siècle.

Ces villes sont riches, puissantes et jalouses de leur indépendance. Même le roi le plus puissant peut s’y casser au moins temporairement les dents, Philippe IV le Bel étant bien placé pour le savoir quand son armée est écrasée à la bataille des Eperons d’or à Courtrai le 11 juillet 1302.

Principauté de Liège et Pays-Bas bourguignons

En l’an 985, la principauté de Liège voit le jour. Parti intégrante du Saint Empire Romain Germanique (En l’an 962, le roi de Germanie Othon 1er à rétablit la dignité impériale disparue en 888 à la mort de Charles le Gros), cette principauté ecclésiastique dirigée par un prince-évêque allait durant plus de 800 ans puisqu’elle ne disparaît qu’en 1789 (révolution liégoise).

Les autres territoires «belges» dépendaient plus ou moins directement des ducs de Bourgogne, des vassaux du roi de France mais qui parfois étaient plus puissants que leur suzerain ce qui rarement bon pour la stabilité d’une région surtout avec un personnage aussi charismatique que controversé comme Charles le Téméraire.

Les ducs de Bourgogne tenaient leur puissance de notre Bourgogne mais aussi de la Franche-Comté mais peu à peu ils vont acquérir essentiellement par mariage d’immenses territoires.

Bourgogne

Les possessions bourguignonnes étaient regroupées en deux grandes ensembles, les «pays de par deçà» qui regroupaient des territoires appartenant aujourd’hui à la France, à la Belgique et aux Pays-Bas à savoir la Flandre, l’Artois, le Brabant,le Limbourg,le Hainaut,le Naumurois, la Hollande et la Zélande notamment et les «pays de par delà» (Bourgogne Franche-Comté).

Les différents ducs de Bourgogne (Philippe le Hardi [1342-1404],Jean sans Peur [1371-1419] Philippe le Bon [1396-1467] et Charles le Téméraire [1433–1477]) tentèrent d’unifier leurs états, d’en faire un ensemble unitaire et centralisé mais cela fût impossible faute de temps mais aussi en raison des déjà forts particularismes locaux qui obligeaient les ducs de Bourgogne à multiplier les négociations et les compromis avec les élites locales.

C’était donc écrit qu’il n’y aurait jamais de Bourgogne comme il y eut de France, d’Allemagne ou d’Italie. La mort de Charles le Téméraire en 1477 donne le coup de grâce à cette politique.

Charles Quint 64

Ai-je besoin de le présenter ? 

Cependant tout n’est pas totalement perdu puisque l’unique héritière de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne va épouser Maximilien 1er de Habsbourg. De cette union naît un fils prénommé Philippe le Beau, le père de Charles Quint. Ce dernier nait en 1500 à Gand et se considéra toujours comme flamand et bourguignon avant tout.

Cette union entre Marie et Maximilien empêcha le roi Louis XI de s’emparer de la totalité des possessions bourguignonnes. Il dut se contenter du duché de Bourgogne (qui avait été cédé à Philippe Le Hardi comme apanage) ne pouvant s’emparer du comté de Bourgogne (future Franche-Comté) ni des Pays-Bas qui passèrent dans le camp Habsbourg et ce pour près de quatre siècles.

Charles Quint à un œil particulier sur les possessions de sa famille du côté paternel et réunit par la pragmatique sanction en une seule entité, les dix-sept provinces couvrant l’actuel Benelux. Ce n’est pas un hasard si la cérémonie d’abdication de l’empereur n’à pas lieu à Vienne ou à Madrid mais à Bruxelles. Les territoires formant l’actuelle Belgique reviennent à son fils, Philippe II.

Pays-Bas Espagnols et Autrichiens

Né à Gand, Charles Quint se considérait comme un enfant du pays. Tout le contraire de son fils Philippe II né et élévé en Espagne. Farouche champion de la cause catholique, il s’opposait de toutes ses forces à l’hérésie protestante et rêvait comme son père de centraliser toutes ses possessions en ne montrant guère d’intérêts pour les particularismes locaux.

Les frictions et les querelles sont nombreuses. Les raisons sont multiples entre la volonté centralisatrice de Madrid, les impôts très lourds (les monarchies d’Ancien Régime sont perpétuellement à court d’argent) mais aussi les exactions de la soldatesque qui mal ou pas du tout payée vivait sur le pays, engendrant de terribles nuisances.

En 1568 commence ce qu’on va appeler la Guerre de 80 ans, la guerre qui allait aboutir en 1648 à la reconnaissance définitive de l’indépendance des Provinces Unies, l’union des sept provinces les plus septentrionales, provinces à majorité protestante alors que le sud restait fidèle à la foi catholique.

Cette Union d’Utrecht était la réponse protestante à l’Union D’Arras signée le 6 janvier 1579 et qui était une alliance défensive contre les calvinistes. Cette Union d’Atrecht regroupait les comté d’Artois et du Hainaut, le Cambresis et Douai. Le 17 mai 1579, la Paix Arras est signée, paix à laquelle se joignent également Orchies et Lille. D’autres entités territoriales appuyant cette pais sans la signer (Namur, Luxembourg, Limbourg).

Cette union et cette paix doivent beaucoup à Alessandro Farnese, grande capitaine et grand politique. Par cette union, l’emprise espagnole est renforcée et l’Union d’Arras peut servir de base de reconquête des provinces rebelles du Nord.

A la différence des Provinces-Unies du Nord, les Pays-Bas espagnols vont rester une vague confédération de provinces où chaque entité conservait jalousement ses lois et ses coutumes. Il appartient à ce vaste ensemble qu’est la couronne d’Espagne même si le siècle d’or espagnol est en passe de se terminer.

En 1700, Charles II dernier roi Habsbourg d’Espagne meurt sans héritier. Depuis des années les autres monarchies se préparent à sa mort et au partage des dépouilles.

Deux royaumes sont surtout concernés : la France de Louis XIV et le roi de Bohème et de Hongrie également empereur du Saint-Empire Romain Germanique. L’Angleterre à également son mot à dire au titre de son sacro-saint principe d’équilibre des puissances.

Comme souvent c’est la guerre qui va décidé du vainqueur. C’est la guerre de Succession d’Espagne qui va durer treize ans de 1701 à 1714, aboutissant par les traités de Rastadt et d’Utrecht à un partage des territoires ayant appartenu à Charles II.

C’est ainsi que les Pays-Bas Espagnols deviennent pour à peine un siècle les Pays-Bas autrichiens passant des Habsbourg d’Espagne aux Habsbourg d’Autriche (de la filiale à la maison mère si l’on peut dire).

Détail amusant, à Vienne, le bureau spécial chargé de gérer ces territoires portera le nom de Belgium Austriacum en français Provinces Belgiques et en thiois _dialecte flamand_ Oostenrijkse Nederlanden (Pays-Bas autrichiens).

En succédant au Conseil Suprême des Pays-Bas, ce bureau montrait de manière implicite que tout le monde avait compris qu’un système de communauté régnait au sein des Pays-Bas autrichiens et que tôt ou tard il faudrait en tenir compte.

Ce territoire à un rôle de zone tampon entre la France et les Provinces-Unies. Il s’agit aussi d’éviter la réalisation d’un cauchemar britannique : le drapeau français flottant sur Anvers, le grand port flamand ayant toujours été considéré comme un «potentiel pistolet braqué sur Londres».

Le traité de la Barrière signé en 1715 autorise le stationnement de troupes néerlandaises dans le pays, troupes déployées dans des forteresses, le siège étant encore considéré comme préférable à l’incertaine bataille en terrain libre.

Les débuts avec Vienne sont compliqués mais peu à peu à la situation s’apaise mais en 1744 éclate la guerre de Succession d’Autriche, un conflit qui fait suite à la volonté de Charles VI de défendre les droits de sa fille Marie-Thérèse en matière de succession à la tête de ses possessions patrimoniales, la couronne impériale allant à François-Etienne de Lorraine, le mari de l’ennemie jurée de Fréderic II de Prusse.

Cette guerre éclate d’ailleurs par l’invasion de la Silésie par la Prusse _que Marie-Thérèse considère comme son allié_ en décembre 1740. La situation de Marie-Thérèse est compliquée d’autant que George II et son premier ministre Walpole refusent d’intervenir. La France hésite, louvoie et finit par entrer en guerre contre Marie-Thérèse au nom de la vieille rivalité entre la maison de France et la maison d’Autriche. La France et la Prusse vont s’allier mais on ne peut pas dire que cette alliance soit productive et profitable.

On trouve donc d’un côté la Prusse, la France, l’Espagne et la Bavière et de l’autre l’Autriche, la Grande-Bretagne, les Provinces-Unies, la Sardaigne et la Saxe.

Les combats vont avoir lieu en Allemagne mais aussi dans les Pays-Bas autrichiens, théâtre de nombreuses guerre par le passé (en attendant le futur). Le 15 mars 1744, la France déclare officiellement la guerre à la Grande-Bretagne et à l’Autriche.

A l’époque les Pays-Bas autrichiens sont dérivés par l’archiduchesse Marie-Anne d’Autriche, sœur de Marie-Thérèse et par son mari, le prince Charles-Alexandre de Lorraine, frère de François-Etienne.

Fin mai 1744, les troupes françaises sous la direction du maréchal de Noailles passent la frontière. Ils s’emparent sans difficulté des places de la barrière _aussi mal entretenues que défendues_ puis de villes. Maurice de Saxe parvient de son côté à bloquer l’armée ennemie en associant coups de main et raids de troupes légères. Les victoires s’enchaînent.

Maurice de Saxe

Tableau représentant Maurice de Saxe (photo prise dans le remarquable musée de la ville de Strasbourg dont je vous recommande chaudement la visite)

En trois campagnes, les 120000 hommes dirigés effectivement par Maurice de Saxe s’emparent de tous les territoires ennemis à l’exception de la Gueldre et du Luxembourg. Le 17 mai 1744, la ville de Courtrai est prise, les alliés se repliant pour couvrir Gand, Anvers et Bruxelles.

Après le traditionnel hivernage, les combats reprennent au printemps 1745 avec le siège de Tournai et surtout la bataille de Fontenoy le 11 mai 1745 où Maurice de Saxe remporte une splendide victoire contre les troupes anglo-hollandaises du duc de Cumberland sous le regard de Louis XV et du Dauphin Louis (décédé en 1765, il ne régnera jamais mais donnera trois rois à la France Louis XVI, Louis XVIII et Charles X). Le 22 mai, Tournai est prise suivit de Gand le 15 juillet ou encore d’Ostende le 24 août.

En 1746, ce sont les villes de Bruxelles, Malines, Anvers, Mons et Charleroi qui tombent aux mains des français en attendant Namur. Le 11 octobre 1746, une armée autrichienne dirigée par Charles-Alexandre de Lorraine est battue à Rocourt ce qui ouvre à la France les portes des Provinces-Unies, porte franchie en 1747 avec la prise de Berg-op-Zoom et de Maastricht.

Le traité de paix est signé à Aix-La-Chapelle le 18 octobre 1748, traité très impopulaire en France puisque Louis XV rend ses conquêtes. La future Belgique allait donc rester sous souveraineté autrichienne. On peut cependant se poser la question de savoir ce qu’aurait fait l’Angleterre si les Pays-Bas autrichiens étaient devenus français….. .

Benelux (3) Pays-Bas (3)

Des Habsbourg à l’indépendance : que les Pays-Bas soient et les Pays-Bas furent ! (1500-1648)

Des Pays-Bas à la sauce autrichienne

Charles le Téméraire

Charles Le Teméraire

En apparence la mort de Charles le Téméraire est un triomphe pour le Louis XI. Il ne laisse qu’une fille et on sait qu’à l’époque l’absence d’un héritier mâle ou d’un héritier trop jeune était une catastrophe pour une monarchie («malheur au royaume dont le prince est un enfant»).

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Italie (11) Regia Marina (1)

HISTOIRE ET EVOLUTION DE LA REGIA MARINA

Avant-propos

Si la Regia Marina est née le 17 novembre 1860 (soit avant la proclamation du royaume d’Italie le 17 mars 1861!), l’histoire maritime italienne est nettement plus riche et nettement plus ancienne puisque remontant à l’Antiquité.

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Italie (5) Histoire (4)

L’Italie des XVIIème et XVIIIème siècles 

Pax Hispanica

Comme nous venons de le voir, les guerres d’Italie aboutissent à une mainmise de l’Espagne sur la péninsule, une sorte de Pax Hispanica. Jusqu’en 1620 environ, la domination espagnole est totale, cette domination profitant de l’affaiblissement de la France, de l’Angleterre et des états allemands.

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Italie (4) Histoire (3)

Eveil culturel et morcellement politique : l’Italie de la Renaissance (XVème-XVIème siècle)

Avant-propos

Quand débute le quinzième siècle, le quattrocento la situation de l’Italie est noire puisque le pays à été ravagé par les guerres, les famines et la peste noire.

Peu de transalpins pouvaient imaginer à cet instant que le monde italien était à l’orée d’un éveil culturel qui allait marquer l’Europe, marquant la fin du Moyen-Age et le début d’une nouvelle ère.

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