9-Croiseurs légers (13)

Le Georges Leygues

Le croiseur léger Georges Leygues en 1937

Le croiseur léger Georges Leygues en 1937

Le sixième et dernier croiseur léger de classe La Galissonnière à été à l’origine baptisé Chateaurenault mais alors qu’il n’est pas encore sur cale, le ministre de la Marine Georges Leygues meurt le 6 septembre 1933.

Georges Leygues

Georges Leygues

En hommage à l’artisan de la renaissance de la Royale, son successeur, Albert Sarraut décide de rebaptiser le nouveau croiseur Georges Leygues le 13 septembre 1933. Le nom de Chateaurenault sera attribué au deuxième De Grasse.

-Le Georges Leygues est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 21 septembre 1933 lancé le 24 mars 1936 en présence du ministre de la Marine François Pietri, son épouse étant la marraine du bâtiment.

Il est armé pour essais le 1er janvier 1937 présenté en recette à la mi-avril et livré par le chantier à la marine nationale le 22 avril 1937. Il quitte son port constructeur le même jour et arrive à Brest le lendemain 23 avril, le transit étant l’occasion des premiers essais à la mer.

Les essais officiels en route libre commencent le 27 mai et s’achèvent le 21 juin quand commence la période de démontage et de modifications après essais et se termine le 31 octobre, l’armement définitif étant prononcé le 15 août 1937.
La clôture de l’armement du croiseur est prononcée le 1er novembre et le croiseur est admis au service actif le 4 décembre 1937 quinze jours après son affectation à la 4ème DC le 20 novembre.

A peine constituée, la 4ème Division de Croiseurs est envoyée en Extrême Orient pour montrer le pavillon et tester le matériel, une véritable croisière d’endurance pour les trois derniers croiseurs de 7600 tonnes.

La 4ème DC appareille de Brest le 1er décembre 1937 pour une première étape vers Alger qui sert de traversée de longue durée. Après une escale à Alger du 4 au 9 décembre, les trois croiseurs font escale à Port Saïd (14 au 16 décembre) et Djibouti où ils arrivent le 20 décembre 1937.

Le Georges Leygues et le Montcalm appareillent le 22 suivis par la Gloire le 24 décembre,direction Colombo où ils arrivent le 28 décembre 1937 pour un longue escale jusqu’au 6 janvier 1938, date de leur appareillage pour Singapour où ils font escale du 7 au 10 janvier 1938.

La 4ème DC arrive à Saïgon le 12 janvier 1938 retrouvant le croiseur léger Lamotte-Picquet, navire amiral des Forces Navales d’Extrême Orient (FNEO). Le port indochinois connait une concentration inédite de navires de guerre avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza, le pétrolier Loing et les sous marins de 1500 tonnes Fresnel et Acheron.

Après des manoeuvres dans les eaux indochinoises jusqu’au 2 février, les trois croiseurs reprennent le cours de leur croisière, faisant escale à Batavia du 5 au 9 février, à Colombo du 14 au 17 février, à l’Ile Maurice du 23 au 25 février, à la Réunion le 27 février, à Diego Suarez du 1er au 5 mars et à Nossi Bê du 5 au 11 mars avec des écoles à feu le premier jour.

La division se rend ensuite dans l’archipel aux Comores le 12 mars avant une escale à Monbassa du 14 au 18 mars puis à Djibouti du 23 au 25 mars. La division s’arrête à Suez du 28 au 31 mars, s’arrête brièvement à Ismaïla le 31, retrouvant les eaux méditerranéennes le 1er avril 1938.

La Gloire fait escale seule à Port Saïd les 31 mars et 1er avril avant de retrouver ses deux sister-ship à Bizerte pour une escale du 4 au 8 avril. Ils regagnent la Bretagne et si le Georges Leygues met cap sur Brest où il arrive le 14, la Gloire et la Montcalm mettent cap sur Lorient. Le Georges Leygues est indisponible du 19 avril au 15 juin 1938 pour les visites de garantie.

En juin 1938, le Georges Leygues comme les autres croiseurs de la 4ème DC est affecté à l’Escadre de l’Atlantique(vice amiral de Laborde sur le cuirassé Provence).

Intégré à la Force de Raid en septembre 1939, le croiseur léger Gloire tout comme le reste de la 4ème DC est de nouveau affecté dans l’Atlantique, la grande réorganisation de septembre 1940 l’affectant à Brest au sein de la 3ème Escadre Légère.

Arrivé à  Brest le 15 septembre 1940 avec ses deux congénères, le croiseur léger Georges Leygues,  sort avec ses deux compagnons de division du 25 septembre au 7 octobre et du 10 au 20 octobre pour une série d’exercices destinés à permettre aux croiseurs de prendre leurs marques dans la région.

Du 20 novembre au 4 décembre, il participe à la remise en condition du Gloire en compagnie du Georges Leygues. Du 9 au 16 décembre, le Georges Leygues et le Montcalm sortent pour exercices en mer d’Iroise avant un mouillage prolongé en baie de Quiberon du 17 au 23 décembre, les deux croiseurs légers rentrant à Brest le 24 décembre, permettant à leurs équipages respectifs de passer les fêtes de fin d’année à Brest ou dans leur famille.

Le 16 janvier 1941, la 2ème DC retrouve la 4ème DC. Les deux divisions vont manoeuvrer ensemble et avec une partie des contre-torpilleurs basés à Brest en l’occurence la 2ème DCT au complet (Jaguar Chacal et Léopard) et une partie seulement des 8ème DCT (Le Triomphant et Le Malin, l’Indomptable étant indisponible pour grand carénage) et 10ème DCT (Le Fantasque seul disponible, le Le Terrible étant en travaux à flot et L’Audacieux subissant une indisponibilité accidentelle).

Les six croiseurs et les six contre-torpilleurs appareillent de Brest le 18 janvier pour un exercice en mer d’Iroise. Tout commence par un exercice de combat antisurface, les contre-torpilleurs attaquant les croiseurs puis les croiseurs tentant d’intercepter des torpilleurs cherchant à gagner La Manche (18 au 25 janvier).

Après un ravitaillement auprès du pétrolier Nièvre mouillé en baie de Douarnenez (26 au 29 janvier), la 2ème DC se retrouve à attaquer la 4ème DC et les contre-torpilleurs avant que la 2ème DCT, La 8ème DCT et le 10ème DCT ne s’allie aux croiseurs «tunisiens» contre les croiseurs «brestois» (30 janvier au 9 février).

La 2ème DC mouille en rade de Brest jusqu’au 16 février ce qui permet aux amoureux de notre marine d’admirer le spectacle rare des six unités d’une même classe rassemblés au même endroit et au même moment.

Le 20 février 1941, la 4ème DC appareille pour des manoeuvres au large de l’Afrique occidentale notamment au large de Dakar où les trois croiseurs légers arrivent le 25 février. Ils s’entrainent du 27 février au 7 mars avant une Ecole à feu à Rufisque du 9 au 12 mars quand les trois croiseurs mettent cap sur Brest où ils arrivent le 19 mars 1941.

Le croiseur léger Gloire navire-amiral de la 4ème DC sort en solitaire du 25 mars au 4 avril pour entrainement avant de transférer son pavillon de navire-amiral au Georges Leygues pour entrer  en carénage.

Le Georges Leygues est indisponible pour avarie du 12 avril au 2 mai avant de sortir pour essais du 3 au 10 mai puis remise en condition du 11 au 31 mai.

Il quitte Brest le 5 juin, fait escale à Saint-Nazaire du 7 au 11 juin, à Bordeaux du 12 au 17 juin, à Lisbonne du 20 au 25 juin, à Cadix du 27 au 30 juin, à Gibraltar du 2 au 7 juillet avant d’arriver à Casablanca le 9 juillet 1941.

Dans le grand port marocain, il participe à la répression de violentes émeutes qui ont secoué la casbah avec la mise à terre de la compagnie de débarquement. Le croiseur léger ressort le 15 juillet pour une mission de surveillance, les autorités français craignant que ces émeutes ne soient coordonnés avec un soulèvement dans le sud marocain.

La situation s’étant stabilisée, le croiseur léger revient à Casablanca le 27 juillet et reste à quai jusqu’au 2 août quand il reprend la mer pour rentrer à Brest le 5 août. Il est indisponible (permissions de l’équipage) du 10 au 31 août 1941. Il sort pour essais du 3 au 7 septembre puis remise en condition du 9 au 23 septembre 1941.

Le Georges Leygues sort le 2 octobre pour un exercice dans l’Atlantique. Après un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 10 octobre, le croiseur léger fait escale à Lorient pour ravitaillement et résoudre plusieurs problèmes techniques (11 au 21 octobre).

Il sort pour essais du 22 au 25 octobre avant de reprendre son entrainement avec un exercice de combat antisurface du 26 octobre au 6 novembre suivit d’une escale à La Rochelle. Il quitte le port charentais le 12 novembre 1941 pour un exercice de lancement de torpilles jusqu’au 16 novembre avant que le croiseur léger ne rentre à Brest le 18 novembre 1941.

Le jour de son retour à Brest, il croise le croiseur léger Gloire qui sort pour essais après son grand carénage (jusqu’au 30 novembre). Le Georges Leygues après une sortie pour entrainement du 25 au 30 novembre retrouve La Gloire et le Montcalm pour remise en condition du croiseur léger du 3 au 17 décembre. Le 18 décembre 1941, le croiseur léger Gloire redevient navire-amiral de la 4ème DC.

Le Georges Leygues effectue ensuite une dernière sortie d’entrainement du 26 décembre 1941 au 4 janvier 1942 avant une escale à Cherbourg jusqu’au 8 janvier quand il reprend la mer pour un nouvel exercice de combat antisurface jusqu’au 15 janvier quand il rentre à Brest pour s’amarrer au quai des Flottilles.

Le 21  janvier 1942, la ville de Villeneuve sur Lot, ville natale de Georges Leygues devient la marraine du bâtiment.

Le 27 janvier 1942, les trois croiseurs sortent pour des manoeuvres en Manche du 28 janvier au 12 février avant une escale à Cherbourg du 13 au 18 février avant de rentrer à Brest le 19 février.

Alors que le Montcalm va subir un grand carénage (bassin n°3 du 1er mars au 4 août 1942), la Gloire et le Georges Leygues subissent des travaux à flot pour moderniser leur DCA et ce du 21 février au 2 mars. Le Georges Leygues reçoit trois affûts doubles de 25mm Hotchkiss et huit canons de 37mm Schneider en affûts simples.

La Gloire et le Georges Leygues appareillent le 4 mars 1942 pour un exercice en compagnie de la 3ème DCT (Panthère Lynx Tigre) en Manche, la 4ème DC et la 3ème DCT cherchant à s’intercepter mutuellement (5 au 17 mars).

Les deux croiseurs et les trois contre-torpilleurs font escale à Cherbourg du 18 au 22 mars, au Havre du 23 au 27 mars, à Dunkerque du 29 mars au 4 avril, sur l’île de Wight du 6 au 11 avril avant de rentrer à Brest le 15 avril après un nouvel exercice du 12 au 14 avril.

Le Georges Leygues sort pour un entrainement aviation en solitaire du 20 avril au 2 mai. Comme pour les autres exercices de ce genre, le Georges Leygues va lancer à de nombreuses reprises ses deux Loire 130 pour entrainer son détachement aviation et former de nouveaux pilotes sans oublier la phase délicate de la récupération.

Des actions de combat sont également menés avec des lancement de bombes (cet hydravion pouvait lancer deux bombes de 75kg) et des mitraillages sur des cibles fixes ou remorquées par le croiseur ou une embarcation du croiseur.

Après une escale à Quiberon du 3 au 12 mai, le croiseur léger effectue un exercice de lancement de torpilles du 13 au 17 mai avant de rentrer le lendemain, 18 mai à Brest.

Le 25 mai 1942, les croiseurs légers Georges Leygues et Gloire quittent Brest pour une série d’exercices : défense aérienne à la mer du 25 mai au 3 juin, ravitaillement à Lorient le 4 juin, combat de nuit du 5 au 9 juin, bombardement littoral au large de Quiberon du 11 au 27 juin et escorte/attaque de convois du 28 juin au 7 juillet.

Indisponible du 8 juillet au 2 août, le Georges Leygues sort pour essais du 3 au 7 août avant remise en condition entre Brest et Lorient du 9 au 21 août. De retour à Brest le 22  août, il ressort pour un entrainement au combat de nuit du 27 août au 5 septembre, le croiseur léger rentrant à Brest le 9 septembre après une escale à Lorient du 6 au 8 septembre.

Le 16 septembre 1942, Le Georges Leygues sort pour un exercice de combat jusqu’au 21 septembre quand il met cap sur Saint Nazaire où il retrouve ses deux sister-ship pour une escale commune du 22 au 26 septembre. Les trois croiseurs manoeuvrent ensemble du 27 septembre au 4 octobre avant de rentrer à Brest le 6 octobre à l’aube.

La 4ème DC quitte Brest le 12 octobre pour un exercice dans l’Atlantique accompagnés par le pétrolier-ravitailleur Var qui ravitailla à la mer successivement les trois «7600 tonnes», exercice qui s’acheva par une escale à Bordeaux du 30 octobre au 3 novembre avant de reprendre la mer pour un exercice de combat de nuit du 4 au 9 novembre puis un exercice de défense aérienne à la mer du 12 au 17 novembre avant de rentrer à Brest le 19 novembre 1942.

Le Georges Leygues sort du 22 au 27 novembre pour un entrainement au profit d’officiers et d’officiers mariniers de réserve, le croiseur faisant escale à Dublin du 28 novembre au 2 décembre puis après un exercice de combat du 3 au 10 décembre, il rentre à Brest le lendemain 11 décembre 1942. Il sort ensuite pour exercice avec ses deux sister-ship du 13 au 20 décembre 1942.

Il débarque alors ses munitions et vidange ses soutes avant d’être échoué dans le bassin n°3 pour un grand carénage bien mérité.

Durant ses travaux au bassin jusqu’au 2 avril 1943, sa coque est grattée, sablée et repeinte, les hélices sont changées, les chaudières retubées, les turbines visitées et remises en état. La catapulte est mise à terre pour inspection et modification, les canons de 152 et de 90mm sont retubées et la DCA légère modifiée avec l’embarquement de trois affûts doubles de 25mm supplémentaires (portant leur nombre à six) et de quatre canons de 37mm supplémentaires, canons embarqués en six affûts doubles.

Remis à flot le 2 avril 1943, il subit une période de travaux à quai jusqu’au 12 avril avant des essais à la mer du 14 au 24 avril. Sa remise en condition à lieu jusqu’au 12 mai en compagnie de ses deux sister-ship. La 4ème DC faisant escale à Cherbourg du 13 au 17 mai, au Havre du 18 au 21 mai, à Dunkerque du 22 au 27 mai avant de rentrer à Brest le 30 mai 1943.

Le Georges Leygues quitte Brest le 7 juin pour Dakar où  il arrive le 13 juin. Il effectue une Ecole à feu à Rufisque du 15 juin  au 2 juillet avant une nouvelle escale à Dakar jusqu’au 5 juillet, date de son départ de l’Afrique Occidentale pour rentrer à Brest le 10 juillet 1943.

Le 14 juillet 1943, la 4ème DC effectue une mini revue navale au large de Saint Malo en compagnie du pétrolier Var avant que les quatre navires ne se rendent au Havre pour une escale du 16 au 21 juillet avant une série d’exercice menés de jour pour permettre au public d’admirer les capacités de notre marine.

Tout commence par un exercice de défense aérienne à la mer du 22 au 27 juillet, les trois croiseurs protégeant le pétrolier contre la menace d’hydravions torpilleurs et de bimoteurs d’assaut (Bloch MB-175T et Lioré et Olivier Léo 456).

Après un ravitaillement à la mer le 28 juillet, les trois croiseurs légers effectuent un entrainement au combat antisurface, à chaque fois un des trois croiseurs étant la proie et les deux autres les chasseurs du 29 juillet au 5 août avant une nouvelle escale au Havre du 6 au 10 août. La 4ème DC et le pétrolier rentrent à Brest le 12 août 1943.

Après une période d’indisponibilité du 13 août au 3 septembre (entretien et permissions de l’équipage), le Georges Leygues sort pour essais du 4 au 8 septembre avant une remise en condition opérationnelle du 9 au 24 septembre.

Le 1er octobre, les Georges Leygues et Montcalm sortent de Brest et retrouvent leur sister-ship ainsi que les contre-torpilleurs. Du 1er au 12 octobre, la 4ème DC affronte la 1ère DCT ( Jaguar Léopard Chacal) au cours d’une série de joutes diurnes et nocturnes avec tirs réels et lancement simulés ou non de torpilles.

Après ravitaillement et entretien en baie de Douarnenez du 13 au 15 octobre, les contre-torpilleurs appareillent en pleine nuit pour disparaître aux yeux des croiseurs qui vont tenter de l’interception, interception effective le 19 octobre entre Cherbourg et Le Havre. Les deux divisions font escale au Havre du 21 au 25 octobre avant de rentrer à Brest le 27 octobre 1943.

Le Georges Leygues sort pour un entrainement aviation du 4 au 12 novembre, entrainement destiné à roder les deux Dewoitine HD-731 qui viennent de remplacer les deux Loire 130 précédemment embarqués.

Après une escale à Saint-Nazaire du 13 au 17 novembre, il sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 18 au 27 novembre avant une escale à Bordeaux au quai des Chartrons.

A noter qu’une délégation de la ville de Villeneuve sur Lot _ville natale de Georges Leygues_ est à bord pour l’escale du 28 novembre au 2 décembre avant une sortie à la mer du 3 au 9 décembre, la délégation officielle (douze personnes) débarquant à La Rochelle où le croiseur est en escale du 10 au 15 décembre. Il rentre à Brest le 21 décembre après un passage à Lorient du 16 au 20 décembre 1943.

Après une période d’entretien à flot du 1er au 21 janvier, il sort pour essais du 24 au 31 janvier avant remise en condition au large de Brest et en Manche du 3 au 15 février 1944.

Après un mouillage à Landevennec, amarré à proximité l’ancien porte-avions Béarn du 20 février au 3 mars 1944, le croiseur léger franchit le goulet pour un entrainement au combat du 6 au 15 mars avant une escale à Saint Malo du 16 au 20 mars. Après un entrainement aviation du 21 au 27 mars 1944, le croiseur léger rentre à Brest le lendemain 28 mars.

Le 4 avril 1944, le cuirassé Jean Bart appareille de Brest direction Portsmouth la grande base britannique. Il n’est pas seul puisque l’accompagne le croiseur léger Georges Leygues, trois contre-torpilleurs de la 1ère DCT ( Jaguar Chacal et Léopard) et les torpilleurs d’escadre L’Opiniâtre et L’Aventurier.

La petite force navale appelée force Y arrive dans la grande base navale britannique le lendemain 5 avril pour une opération publique d’une semaine où les navires français (et dit-on leurs équipages) ont connu un grand succès.

La force repart le 13 avril, fait escale à Douvres du 15 au 17 puis à Newcastle du 22 au 25 avril, escale improvisée en raison de problèmes mécaniques sur plusieurs navires de la force Y.

Les réparations assurées par l’équipage et les ouvriers de plusieurs chantiers de la Tyne terminées, les navires français font escale à Rosyth pour ravitaillement avant de cingler direction Scapa Flow où ils arrivent le 30 avril 1944.

La force Y retrouve alors une partie de la Home Fleet en l’occurence le porte-avions HMS Illustrious, le cuirassé HMS Lion, le croiseur lourd HMS London et huit destroyers, formant la force X.

Les force X et Y reprennent la mer le 3 mai 1944 pour quinze jours d’exercices intensifs en mer du Nord et plus précisément au large de l’Ecosse.

Les navires de la Royale et de la Royal Navy vont ainsi simuler un classique combat d’escadre, répéter les procédures de défense aérienne à la mer et de défense anti-sous-marine avant plusieurs écoles à feu sur des ilôts désertiques de la côte écossaise. Après une escale à Greenock dans l’estuaire de la Clyde du 21 au 26 mai, la force Y reprend la mer pour rentrer à Brest le 30 mai 1944.

Après une période d’entretien à flot du 31 mai au 9 juin, il sort pour essais du 10 au 14 juin avant un entrainement en mer d’Iroise du 17 au 24 juin avant de rentrer dans la soirée du 24 à Brest.

Le 28 juin 1944, la 4ème DC sort au complet pour exercices en mer d’Iroise jusqu’au 9 juillet quand les trois croiseurs font escale à Cherbourg jusqu’au 15 juillet, les compagnies de débarquement des trois croiseurs défilant avec les fusiliers-marins de la base aéronavale de Cherbourg-Chantereyne dans les rues de Cherbourg pour le 14 juillet.

Reprenant la mer le 16 juillet, les trois croiseurs servent de plastron aux défenses du secteur de Cherbourg du 17 au 22 juillet avant que les trois croiseurs ne rentrent à Brest le 24 juillet 1944.

Indisponible du 25 juillet au 12 août pour entretien courant et permissions de l’équipage, le croiseur léger Georges Leygues sort pour essais du 13 au 18 août et pour entrainement du 20 au 29 août 1944.

Après une sortie avec ses deux sister-ship du 7 au 17 septembre 1944, le croiseur Georges Leygues et ses deux sister-ship participent aux manoeuvres «Prométhée» en compagnie notamment du cuirassé Gascogne et du porte-avions Painlevé du 20 septembre au 15 octobre avec des raids de l’aéronavale contre les bases aériennes de la région, des raids de l’armée de l’air contre la flotte sans oublier des exercices ASM avec le concours des hydravions basés à terre et les sous-marins Pasteur et Ajax de la 5ème Escadre.

Rentré à Brest le 17 octobre, le Georges Leygues va participer avec La Gloire à une croisière en Amérique du Nord, appareillant le 22 octobre pour le Nouveau Monde.

Après une traversée de l’Atlantique à bonne vitesse, les deux croiseurs font escale à Terre Neuve du 27 octobre au 3 novembre, mouille à Saint Pierre et Miquelon du 4 au 5 novembre, à Halifax du 6 au 9 novembre, à Québec du 10 au 13 novembre et enfin à Montreal du 15 au 18 novembre où l’accueil des québecois est plus que chaleureux.

Remontant le Saint Laurent, il fait ensuite escale à Boston du 25 au 28 novembre et à New York du 30 novembre au 3 décembre avant de retraverser l’Atlantique pour rentrer à Brest le 8 décembre 1944.

Le Georges Leygues sort pour entrainement au combat de nuit du 13 au 18 décembre puis après un bref retour à Brest pour se ravitailler effectue un entrainement DAM (Défense Aérienne à la Mer) du 20 au 27 décembre 1944.

Le Georges Leygues commence l’année 1945 par un entrainement aviation du 7 au 15 janvier suivant d’une Ecole à feu avec lancements de torpilles du 17 au 24 janvier. Les deux croiseurs légers Gloire et Georges Leygues sortent ensemble pour exercice de défense aérienne à la mer du 30 janvier au 7 février puis pour un exercice de combat de nuit du 9 au 13 février avant de rentrer à Brest le 15 février 1945.

Le 26 février, le Georges Leygues franchit le Goulet séparant la Rade de Brest de la haute mer et cingle vers Cherbourg où il arrive le 28 février pour une escale jusqu’au 4 mars.

Il sert ensuite de plastron aux défenses de l’Arsenal du 5 au 10 mars avant de cingler en direction du Havre où il fait escale du 11 au 17 mars, étant ouvert au public dans le cadre d’une grande opération de relations publiques ou de propagande selon les points de vue. Il reprend la mer pour un exercice de défense aérienne à la mer en Manche du 18 au 23 mars avant de faire escale à Calais du 24 au 30 mars 1945.

Cette escale calaisienne est suivit d’un entrainement à la navigation et au combat de nuit du 31 mars au 5 avril, le croiseur relâchant à Dunkerque du 6 au 17 avril pour régler plusieurs problèmes techniques, les ouvriers des ACF apportant leur concours à l’équipage.

Le Georges Leygues reprend la mer le 18 avril direction l’Angleterre où il fait escale à Douvres du 19 au 24 avril puis à Chatham du 25 au 30 avril avant de rentrer à Brest le 5 mai, faisant une deuxième escale à Cherbourg du 1er au 3 mai.

Après une période d’entretien courant à flot du 6 au 25 mai, le croiseur léger sort pour entrainement au combat de nuit du 1er au 8 juin suivit d’un entrainement aviation du 12 au 20 juin avant de rentrer à Brest le lendemain 21 juin 1945.

Il ressort pour entrainement au combat du 26 juin au 7 juillet avant de gagner Lorient pour ravitaillement le 8 juillet. Il cingle de là en direction de Dakar pour entrainement au polygone de tir de Rufisque.

Arrivé à destination le 11 juillet 1945, il entraine ses canonniers (et par conséquence ses manœuvriers et ses «bouchons gras») du 12 au 24 juillet, rentrant à Brest le 30 juillet 1945.

La 4ème DC sort au complet pour entrainement du 7 au 21 août en compagnie de la 1ère DCT (Guépard Lion Bison) pour exercice de défense aérienne à la mer, combat antisurface et attaque/protection de convois avant de rentrer à Brest le 25 août après une escale à Cherbourg du 22 au 24 août.

Le Georges Leygues sort à nouveau pour une école à feux du 2 au 10 septembre puis pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 20 septembre, mouillant en baie de Douarnenez du 21 au 30 septembre avant de rallier Brest le lendemain 1er octobre 1945.

Le Georges Leygues débarque alors ses munitions et est échoué au bassin n°3 pour un grand carénage à partir du 5 octobre 1945. Les travaux concernent surtout une remise en état complète qu’il s’agisse de la coque (grattée et repeinte), des hélices (changement), de l’appareil propulsif (retubage des chaudières, inspection des turbines), de la catapulte (remplacée par une neuve) et l’armement (retubage des canons de 152 et de 90mm notamment).
Il est remis à flot le 14 avril 1946 et remorqué à quai dans la Penfeld pour des travaux complémentaires ne nécessitant pas de passage au bassin. Le 4 mai 1946, il est armé pour essais sortant du 4 au 9 mai avant un retour au port pour des modifications à flot du 10 au 16 mai.

Le 17 mai 1946, la 4ème division de croiseurs au grand complet sort pour entrainement et remise en condition du Georges Leygues jusqu’au 2 juin quand les trois croiseurs reviennent à Brest pour se ravitailler en carburant.

Reprenant la mer le 3 juin, ils gagnent le Sénégal pour une Ecole à feu de division. Les trois croiseurs font escale à Dakar du 7 au 12 juin avant de s’entrainer au tir et au combat antisurface du 13 juin au 4 juillet. Après une nouvelle escale à Dakar du 4 au 8 juillet, la 4ème division rentre à Brest le 14 juillet 1946.

Il sort à nouveau pour entrainement au combat de nuit du 20 au 27 juillet puis un entrainement à la défense aérienne à la mer du 31 juillet au 7 août, rentrant à Brest le 12 août après une escale à Saint Malo du 8 au 11 août 1946.

Le Georges Leygues est indisponible du 13 au 30 août (permissions de l’équipage) avant de reprendre la mer pour essais et entrainement du 31 août au 8 septembre 1946.

Le 15 septembre 1946, la 4ème DC appareille de Brest en compagnie des 3ème DCT (Bugeaud du Chayla Dupetit-Thouars) et 6ème DCT (Vautour Epervier Milan) pour une importante phase d’exercice dans le Golfe de Gascogne.

Du 16 au 24 septembre, la 4ème DC affrontent les deux divisions de contre-torpilleurs dans une série de joutes nautiques avant que les trois divisions ne fassent escale à Lorient, «embouteillant» la rade du 25 au 30 septembre.

La 4ème DC reprend la mer le 1er octobre pour un exercice d’attaque de convois contre les contre-torpilleurs simulant un convoi rapide entre Lorient et Biarritz où les navires font escale (au mouillage faute de place) du 9 au 15 octobre avant que les croiseurs les contre-torpilleurs reprennent la mer en trinômes.

Le Georges Leygues est avec le Du Chayla et l’Epervier, la Gloire forme ainsi un groupe avec le Bugeaud et le Vautour, alors que le Dupetit-Thouars et le Milan sont accompagnés du Montcalm.

Les trois groupes vont s’affronter dans des combats antisurface du 16 au 27 octobre, étant ravitaillé par le pétrolier Var venu de Brest recomplétant ses soutes au nouveau port pétrolier du Verdon à l’entrée de l’estuaire de la Garonne.

Après une escale à Royan du 28 octobre au 3 novembre, les croiseurs et les contre-torpilleurs subissent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 4 au 10 novembre avant une escale à Lorient du 11 au 15 novembre suivit d’un entrainement au combat de nuit du 16 au 21 novembre avant un retour à Brest le 22 novembre 1946.

Le Georges Leygues est indisponible du 23 novembre au 20 décembre (problème de chaudière) avant de sortir pour essais du 22 au 27 décembre suivit d’une remise en condition en mer d’Iroise du 28 décembre 1946 au  15 janvier 1947, rentrant à Brest le lendemain, 16 janvier 1947.

Il ressort pour un entrainement aviation du 27 janvier au 2 février avant une escale à Cherbourg du 3 au 7 février. Reprennant la mer, il subit un entrainement à la défense aérienne à la mer du 8 au 14 février avant une escale à  Dieppe du 15 au 21 février. Après un exercice de combat de nuit du 22 au 27 février, le croiseur léger fait escale au Havre du 28 février au 2 mars avant un exercice de combat avec lancement de torpilles de guerre du 3 au 12 mars. Il est de retour à Brest le 14 mars 1947.

Il sort à nouveau pour un exercice en compagnie de l’aviso-colonial Beautemps Beaupré gréé en temps de paix comme navire hydrographique. Du 15 au 27 mars, les deux navires se livrent à une série de joutes, l’aviso jouant soit un cargo rapide à protéger ou un raider à protéger. Les deux navires font escale à Saint Malo du 28 mars au 2 avril avant un nouvel exercice avec Ecole à feu du 3 au 12 avril, les deux navires rentrant à Brest le 14 avril 1947.

Après une période d’entretien à flot du 15 avril au 7 mai, le Georges Leygues sort pour essais du 8 au 12 mai avant remise en condition du 15 mai au 5 juin, le croiseur léger s’amarrant au quai des flottilles le 7 juin 1947.

Il sort à nouveau pour entrainement combiné du 12 au 30 juin 1947 avant une escale à Lorient du 1er au 5 juillet, rentrant à Brest le 6 juillet 1947.

Après une période d’indisponibilité du 7 au 25 juillet, le Georges Leygues sort pour essais du 26 au 29 juillet avant remise en condition du 30 juillet au 6 août 1947.

Après un exercice aviation du 9 au 16 août 1947, il participe à la remise en condition du croiseur léger La Gloire du du 21 août au 17 septembre en mer d’Iroise et dans le Golfe de Gascogne avant que les deux croiseurs ne rentrent le lendemain, 18 septembre 1947 à Brest.

Alors que le Montcalm est en grand carénage, les deux croiseurs légers de la 4ème DC disponibles quittent Brest le 25 septembre pour Dakar où les deux croiseurs arrivent le 1er octobre.

Après une escale jusqu’au 5 octobre, les deux croiseurs manœuvrent dans la région jusqu’au 27 octobre, effectuant des tirs au polygone de Rufisque, des entrainement à la navigation de combat, des lancement de torpilles. Après une nouvelle escale à Dakar du 28 octobre au 4 novembre, les deux croiseurs quittent l’AOF, font escale à Casablanca du 7 au 12 novembre avant de rentrer à Brest le 16 novembre 1947.

Le Georges Leygues sort à nouveau pour entrainement du 21 novembre au 4 décembre, enchainant un exercice aviation (21 au 25 novembre), un exercice de défense aérienne à la mer (26 au 30 novembre) et un exercice de combat de nuit (1er au 4 décembre) avant de rentrer à Brest le lendemain 4 décembre 1947.

Du 15 au 22 décembre, Le Montcalm sort pour essais en compagnie de ses deux sister-ship avant remise en condition du 23 décembre 1947 au 12 janvier 1948. La 4ème DC fait escale à Cherbourg du 13 au 18 janvier, à Plymouth du 19 au 24 janvier, à Saint Malo du 25 au 30 janvier avant que la division rentre au complet à Brest le 2 février 1948 au matin.

Le 12 février 1948, le porte-avions Henriette de France franchit le Goulet qui ferme la rade de Brest. Il ouvre la route à ses deux torpilleurs d’escadre puis aux croiseurs de la Flotte de l’Atlantique c’est-à-dire le croiseur lourd Foch et les croiseurs légers  Gloire Montcalm et Georges Leygues.

Cette sortie marque le début de l’exercice «Centaure» avec une première journée consacrée à un exercice de défense aérienne à la mer, l’armée de l’air attaquant le porte-avions et les croiseurs qui se défendent avec leur DCA mais également avec les chasseurs Dewoitine D-795 du porte-avions

Il est suivit le lendemain 13 février par un exercice d’escorte et de protection de convois, alternativement le groupe Foch (croiseur lourd Foch et croiseur léger Georges Leygues) et le groupe Gloire (croiseurs légers  Gloire et Montcalm) défendaient et attaquaient un convoi composé de pétroliers et de cargos civils dont leurs armateurs ont accepté de jouer le jeu. Les croiseurs vont manoeuvrer encore jusqu’au 18 février (combat antisurface) avant de rentrer à Brest le 20 février.

Le Georges Leygues subit alors un grand carénage. Il est échoué dans le bassin n°3 du 5 mars au 12 août 1948 pour une remise en état et une modernisation notamment au niveau de son électronique.

Remis à flot, il subit une courte période de travaux à quai avant d’être armé pour essais. Il sort ainsi du 22 au 25 août 1948 avec son sister-ship La Gloire puis après un ravitaillement rapide le 26 août, sortent de nouveau pour remise en condition du 27 août au 4 septembre en compagnie également du Montcalm remis des conséquences de son incendie.

Rentré à Brest le 5 septembre, le croiseur léger apprend le début de la seconde guerre mondiale quand il reçoit sur les ondes de la BBC écoutés par quelques officiers anglophiles et anglophones que la Norvège et le Danemark étaient soumis à de violents bombardements aériens allemands.

Caractéristiques de la classe Galissonnière

Classe La Galissonniere 2

Déplacement :  Les six croiseurs légers de classe La Galissonnière sont connus comme des croiseurs de 7600 tonnes mais ce déplacement est le déplacement Washington qui traduit en tonnes métriques donne 7720 tonnes. Le déplacement varie naturellement d’une unité à l’autre mais à l’entrée en guerre, les croiseurs déplacent 9400 tonnes lège et 10000 tonnes en charge.

Dimensions : Longueur entre perpendiculaires : 172m Longueur hors tout : 179.5m Largeur à la flottaison : 17.480m Tirant d’eau : 5.280m

Appareil Propulsif  : deux groupes de turbines alimentées en vapeur par quatre chaudières Indret à petits tubes développant 84000ch et entrainant deux hélices tripales.

Performances : La puissance nominale (84000ch ou 61814 kW) doit permettre d’atteindre 31 noeuds mais comme souvent les performances sont bien meilleures notamment aux essais, le meilleur étant le croiseur léger La Gloire qui avec un déplacement de 8008 tonnes développe une puissance de 116174ch pour une vitesse de 36.8 noeuds. Pour la distance franchissable, la distance franchissable moyenne est de 7000 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : La cuirasse de ceinture est épaisse de 105mm à comparer avec celle de l’Algérie, le croiseur lourd français le mieux protégé à une ceinture de 110mm. La ceinture des croiseurs légers se termine par une cloison de 60mm, une cloison longitudinale interne fait 20mm, le pont principal fait 38mm. Les tourelles triples de 152mm sont protégées à 100mm à l’avant, 50mm sur les côtés, 40mm à l’arrière et 45mm pour le toit. Le blockhaus bénéficie de 95mm de blindage sur les faces et 50mm sur le dessus.

Détection et conduite de tir : Ils reçoivent à leur mise en service 3 télémètres stéréoscopiques de 8m doubles OPL installés sur la tourelle de télépointage des 152mm, sur la tourelle II de 152mm et sur la tourelle III de 152mm; 2 télémètres stéréoscopiques de 4m OPL sur les tourelles de télépointage de 90mm. Ils disposent également d’un télémètre à coïncidence de 3m sur le blockaus, 4 télémètres à stéréoscopiques de 1m et deux télémètres à coïncidence de 0.80m.

Ils reçoivent également plusieurs radars entre 1941 et 1948, plus précisément un radar de navigation, un radar de veille air, un radar de veille surface et deux radars de conduite de tir

Armement :  9 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1930 en trois tourelles triples modèle 1930 (deux avant et une arrière) 8 canons de 90mm modèle 1926 de longueur de 50 calibres répartis en quatre affûts doubles et 8 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en quatre affûts doubles remplacées par des canons de 25mm Hotchkiss et de 37mm Schneider. Deux affûts lance-torpilles doubles de 550mm et douze grenades ASM.

Aviation : Une catapulte à air comprimé installée sur la tourelle de 152mm arrière et un Hangar pour deux hydravions installés juste derrière la tourelle III de 152mm. Les hydravions sont donc des Loire 130 puis des Dewoitine HD-731

Equipage : Les aménagements prévus pour les marchés imposent des logements pour un équipage de 557 hommes alors que les croiseurs légers ayant le statut de navire amiral voit leur effectif total porté à 577 hommes. L’effectif en temps de guerre doit être porté à 636 hommes (sans officier général à bord). En 1948, les effectifs théoriques sont de 674 hommes dont 32 officiers porté en temps de guerre à 764 hommes dont 32 officiers.

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9-Croiseurs légers (7)

D-Croiseur léger Émile Bertin

Le croiseur léger Emile Bertin

Le croiseur léger Emile Bertin

Un nouveau croiseur léger mouilleur de mines ?

Dès la fin des années vingt, l’état major de la marine se préoccupe de la nouvelle génération de croiseurs. Les trois Duguay Trouin sont très réussis mais leur artillerie de 155mm est jugée comme trop limitée et leur armement en torpilles est considéré comme excessif sans parler de l’absence de protection.

Parallèlement se pose aussi la question du mouillage de mines. Le Pluton était en construction mais il ne pouvait assurer tout seul les plans de mouillage de mines prévus. Les marins français s’interrogent alors : est-il bien utile de construire des mouilleurs de mines spécialisés ?

La Royale ne tarde pas à répondre nom et si le futur Émile Bertin est officiellement appelé «croiseur de 6000 tonnes mouilleur de mines», ce n’est en rien un Pluton bis mais un véritable croiseur ayant comme fonction secondaire le mouillage de mines.

L’acte de naissance de l’Emile Bertin peut être fixé le 18 décembre 1928 quand la décision ministérielle 1254 E.M.G/3 demande au STCN l’étude d’un nouveau croiseur léger. Le STCN aboutit ainsi en 1929 à un avant-projet qui donne un déplacement de 5980 tonnes Washington, un déplacement en charge normale de 6530 tonnes, une longueur de 177m, une puissance propulsive de 102000ch, une vitesse de 34 noeuds et un rayon d’action de 3000 miles nautiques à 18 noeuds.

C’est sous le nom administratif de Cl-1 qu’il est financé à la tranche 1930 votée le 12 janvier 1930 et qui prévoit également la construction d’un croiseur lourd (le futur Algérie), six contre-torpilleurs (future classe Le Fantasque), de deux avisos coloniaux type Bougainville, de six sous marins de 1ère lasse, d’un sous marin mouilleur de mines type Saphir et du mouilleur de filets Gladiateur.

Le 3 décembre 1930, le ministre de la Marine, Jacques-Louis Dumesnil baptisé Cl-1 du nom d’Émile Bertin. Le 26 août 1931, la construction est attribuée aux chantiers de Penhoët mais l’armement doit se faire au sein de l’Arsenal de Brest.

Carrière opérationnelle

L'Emile Bertin en construction

L’Emile Bertin en construction

-L’Emile Bertin est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Navals de Saint Nazaire-Penhoët le 18 août 1931 et lancé le 9 mai 1933 en présence du ministre de la Marine Georges Leygues. Le croiseur est armé pour essais le 15 mai 1934 suivit de sa première sortie à la mer pour sa présentation en recette le 28 juin 1934.

Le croiseur quitte son port constructeur le 9 juillet 1934 pour Brest où il arrive le lendemain 10 juillet. Après une série d’essais réalisés du 17 juillet au 14 août (au cours desquels il atteint la vitesse de 40.2 noeuds !), il entre en démontages le lendemain 15 août.

Entré en armement définitif le 15 octobre 1934, il subit d’autres tests notamment pour recetter l’artillerie et les torpilles avant que la clôture de l’armement ne soit prononcée le 28 janvier 1935.

La Directive Ministérielle D.M.81 EMG/3 du 6 février 1935 affecte provisoirement l’Emile Bertin à la 2ème escadre basée à Brest en attendant que ne soient achevés les croiseurs légers La  Galissonnière et Jean de Vienne avec qui il doit former une division au sein de la 1ère escadre à Toulon.

Le 8 février 1935, le nouveau fleuron de la marine nationale appareille de Brest pour sa croisière d’endurance. Il fait successivement escale à Funchal (Ile de Madère) du 11 au 13 février, Port-Etienne (auj. Nouadibu en Mauritanie) pour la nuit du 15 au 16, Dakar du 17 au 20, Fort de France du 1er au 3 mars avant une tournée dans les Antilles françaises pour montrer le pavillon. Il quitte les Antilles le 19 mars pour Brest où il arrive le 1er avril 1935 après une escale à Ponta Delgada aux Açores du 26 au 28 mars 1935. Le matériel  s’est parfaitement comporté.

L’Emile Bertin est admis au service actif le 17 mai 1935 avec Brest pour port d’attache.

L’Émile Bertin devient le 1er septembre 1935,navire-amiral du Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème escadre composé alors de la 4ème Division Légère (contre-torpilleurs Milan Epervier et Valmy) et de la 6ème Division Légère (contre-torpilleurs Bison Lion Vauban).

Il participe aux évacuations de ressortissants étrangers piégés par le déclenchement de la guerre d’Espagne.

Le 15 août 1936, le Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème Escadre est rebaptisé «2ème Escadre Légère», composée alors de la 8ème DL (L’Indomptable, Le Triomphant et le Malin) et de la 10ème DL (Le Fantasque, L’Audacieux, Le Terrible).

De retour à Brest le 23 juillet, il entre en carénage pour deux mois. A l’issue de ce carénage, il doit être affecté à l’Escadre de la Méditerranée et en conséquence dès le 9 août, l’Emile Bertin cesse d’être bâtiment amiral de la 2ème EL, relevé par le contre-torpilleur Mogador qui avec ses 8 canons de 138mm en quatre pseudo-tourelles doubles ressemble à un petit croiseur.

De nouveau disponible le 15 septembre 1938, il appareille de Brest le 5 octobre, naviguant de conserve avec la Jeanne d’Arc jusqu’à l’escale de Casablanca où ils arrivent ensemble le 8 octobre pour trois jours de repos. Le 11, l’Emile Bertin appareille et met cap au nord, passant la nuit suivante mouillé en rade de Tanger puis se dirige vers Toulon où il arrive le 15 octobre 1938. Il est affecté à l’Escadre de la Méditerranée comme bâtiment hors rang.

L’Escadre de la Méditerranée est dissoute le 1er juillet 1939, remplacée par trois escadres distinctes formant la Flotte de la Méditerranée. L’Emile Bertin est affecté à la 4ème escadre basée à Bizerte.

Un temps, on envisagea de détacher l’Emile Bertin à Dakar pour la chasse aux raiders  allemands mais les problèmes techniques récurrents du croiseur et la fin de la guerre de Pologne le 15 décembre 1939 fit que le croiseur léger, véritable «Rolls-Royce» de la marine nationale resta en Méditerranée.

Suite à la grande réorganisation de septembre 1940, la 4ème escadre légère basée à Bizerte devient 6ème escadre légère avec l’Emile Bertin à sa tête comme navire-amiral. Le terme légère s’explique par l’absence de cuirassé affecté à demeure à cette entité qui dispose un an plus tard des navires suivants :

-2ème DC : croiseurs légers La Marseillaise Jean de Vienne et La Galissonnière

-1ère DCT : contre-torpilleurs Vauban Lion Épervier

-3ème DCT contre-torpilleurs Guépard Valmy Verdun 11ème DCT : contre-torpilleurs Milan Aigle et Bison

-12ème DT formée par les torpilleurs La Pomone la Bombarde et L’Iphigénie.
-Groupement de sous-marins : 17ème DSM : (Aréthuse, de l’Atalante, de la Vestale et de la Sultane), 20ème DSM : sous-marins mouilleurs de mines Turquoise, Rubis, Saphir et Nautilus; 9ème Division de Sous Marins (Caïman Morse Souffleur) et 10ème DSM (Phoque Dauphin Espadon) et la 11ème DSM (Marsouin Narval Requin).

-Pétrolier Dordogne et Mékong

-Mouilleur de mines Pollux

-Ravitailleur d’hydravions (ex-canonnière) L’Engageante

La mission de cette 6ème EL est clairement de couper les lignes de communication entre l’Italie et sa colonie de Libye par de brutales attaques de surface, des opérations de mouillage de mines et l’action décidée de sous-marins côtiers, adaptés à la Méditerranée.

De septembre 1940 à mars 1941, l’Emile Bertin subit un grand carénage destiné à améliorer ses performances mais surtout à fiabiliser un navire aux performances brillantes mais fragile. Il est échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 14 septembre 1940 au 10 mars 1941.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont changées. La catapulte un temps menacée est finalement conservé. Un premier radar de veille surface est installé tandis que la DCA est modernisée : les 8 canons de 37mm modèle 1933 groupés en quatre affûts doubles et les 8 mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles sont remplacés par huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles.

Remis à flot, il subit une période complémentaire de travaux à quai jusqu’au 25 mars 1941 quand il entame ses essais à la mer jusqu’au 6 avril. Il effectue ensuite sa remise en condition du 7 au 22 avril, date à laquelle il redevient officiellement navire-amiral de la 6ème Escadre Légère, remplaçant le Jean de Vienne qui l’avait suppléer durant son immobilisation.

Le croiseur léger participe ensuite à un exercice avec les contre-torpilleurs sous ses ordres du 2 au 12 mai, un exercice de protection et d’attaque de convois. Après une escale dans le port de La Valette du 13 au 20 mai 1941, l’Emile Bertin et deux divisions de contre-torpilleurs ( 1ère DCT : contre-torpilleurs Vauban Lion Epervier 3ème DCT contre-torpilleurs Guépard Valmy Verdun) participent à un exercice de défense aérienne à la mer du 21 mai au 2 juin 1941 avant de rentrer le lendemain à Bizerte.

Immobilisé pour une avarie de chaudière du 4 juin au 12 juillet, le croiseur léger mouilleur de mines  ressort pour essais du 13 au 17 juillet avant une remise en condition du 18 au 30 juillet avant une escale à Heraklion en Crète du 1er au 5 août avant un exercice avec la marine grecque du 6 au 13 août qui se termine par une escale au Pirée du 14 au 21 août avant de rentrer à Bizerte le 24 août.

Le 8 septembre, le croiseur léger Emile Bertin quitte Bizerte avec un chargement de mines d’exercices soit 60 mines. Profitant du mauvais temps, il échappe à ses «mouchards» en l’occurence trois contre-torpilleurs de la 1ère DCT chargés d’intercepter un mouilleur de mines ennemi et va déposer son chargement dans le Golfe de Gabès le 10 septembre 1941.

L’Emile Bertin file plein nord mais est «intercepté» par la 1ère DCT (Vauban Lion Epervier) qui coule le navire à  la torpille et au canon le 11 septembre. Le champ de mines n’est pas repéré jusqu’à ce qu’un cargo ne saute sur une mine.

Une observation aérienne repère le champ de mines qui est dragué par des aviso-dragueurs et des dragueurs auxiliaires (des chalutiers réquisitionnés) du 13 au 17 septembre. Une mine dérivante est coulée à la mitrailleuse par un hydravion de grande patrouille.

L’Emile Bertin rentré à Bizerte le 15 septembre ressort pour un exercice de combat de nuit du 23 au 27 septembre avant une escale à Sfax du 28 au 30 septembre puis Heraklion du 2 au 5 octobre avant de rentrer à Bizerte le 8 octobre 1941.

La 6ème Escadre Légère ressort au complet du 15 au 30 octobre pour des manoeuvres combinées avec pour thèmes l’escorte et l’attaque de convois, le bombardement littoral, le combat de nuit et la défense aérienne à la mer.

La 6ème EL fait escale à La Valette du 1er au 7 novembre puis à Alexandrie du 10 au 15 novembre avant un exercice avec la marine britannique jusqu’au 21 novembre quand les navires des deux marines se séparent.

L’Emile Bertin et ses contre-torpilleurs font escale à Lattaquié du 23 au 27 novembre puis à Beyrouth du 28 novembre au 2 décembre. Le croiseur mouilleur de mines manoeuvre avec le Primauguet, navire-amiral de la DNL du 3 au 12 décembre avant que la 6ème EL ne rentre à sa base le 16 décembre et d’y rester jusqu’à la fin de l’année 1941.

Après une période d’entretien à flot du 7 janvier au 15 février, l’Emile Bertin sort pour essais du 16 au 20 février 1942 avant une remise en condition du 21 février au 2 mars.

Le 4 mars 1942, la ville de Cherbourg devient ville-marraine du bâtiment, Emile Bertin étant décédé à La Glacerie, petite commune proche du grand port normand.

Le 5 mars, il sort pour un entrainement à la surveillance maritime pour habituer à la région le détachement aviation du croiseur qui vient de recevoir deux Dewoitine HD-731. Peu après l’appareillage, il s’échoue à l’entrée du canal relient le lac à la mer. Il se remet à flot tout seul et n’est heureusement n’est pas avarié.

Il repart le lendemain pour l’exercice prévu, exercice qui l’occupe du 6 au 20 mars avant de fréquents ravitaillement à Tunis ou dans le Golfe de Gabès. Il rentre à Bizerte le 22 mars 1942.

Le 7 avril 1942, l’Emile Bertin sort avec la 2ème DC amputé du Jean de Vienne alors en croisière en Amérique du Sud pour une série d’exercice : défense aérienne à la mer (7 au 18 avril), combat de nuit (21 au  27 avril), attaque et escorte de convois (30 avril au 7 mai) et surveillance maritime (12 au 22 mai), les trois croiseurs rentrant à Bizerte le 25 mai 1942.

Après une période d’indisponibilité accidentelle du 27 mai au 12 juin, l’Emile Bertin sort pour essais du 13 au 20 juin avant une remise en condition du 21 juin au 5 juillet. Il ressort pour un exercice en solitaire du 15 au 27 juillet suivit par une escale à Tunis du 28 au 31 juillet avant de rentrer à Bizerte le 2 août 1942.

Après une période d’indisponibilité pour les permissions de l’équipage du 2 au 21 août, l’Emile Bertin ressort pour entrainement du 22 août au 2 septembre en compagnie du croiseur La Galissonnière, les deux croiseurs faisant escale à La Valette du 3 au 10 septembre avant de rentrer à Bizerte le 12 septembre 1942

Le 24 septembre 1942, la 3ème Division de Torpilleurs arrive à Bizerte pour renforcer la 6ème Escadre Légère. Cette division est composée de quatre torpilleurs légers de type Le Fier (1100 tonnes) à savoir les  L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien. Cette arrivée entraine la dissolution de la 12ème DT, les trois torpilleurs devant être transformés en patrouilleurs.

La division sort avec son navire-amiral pour un entrainement au combat de nuit du 27 au 30 septembre avant une escale à Tunis du 1er au 5 octobre puis à La Valette du 6 au 11 octobre avant un retour à Bizerte le 13 octobre 1942 à l’aube.

Le 20 octobre, un incendie éclate dans le hangar à hydravion, détruisant un Dewoitine HD-731 démonté ce qui sauva le navire quand on connait le volatilité de l’essence à très haut indice d’octane.

L’incendie est rapidement circonscrit et les dégâts sont fort heureusement limités. Le croiseur est indisponible pour réparations du 22 octobre au 5 décembre 1942 avant de sortir pour essais du 6 au 13 décembre puis pour remise en condition du 14 au 24 décembre, passant la fin de l’année à quai à Bizerte.

La première sortie de l’année à lieu du 8 au 12 janvier pour un entrainement à la défense aérienne à la mer, l’armée de l’air cherchant à retrouver et à détruire le croiseur qui est officiellement coulé trois fois mais les aviateurs ont du reconnaître la perte d’une vingtaine d’appareils.

Après une escale à Sfax du 13 au 17 janvier 1943, le croiseur retrouve à la mer la 3ème DT le 18 janvier pour un exercice à double détente. Du 18 au 20 janvier, les torpilleurs pourchassent le croiseur qui simule tantôt un raider tantôt un mouilleur de mines avant qu’après un ravitaillement à Sfax, le croiseur n’attaque les torpilleurs qui simulent un convoi rapide (22 au 27 janvier). Les cinq navires rentrent à Bizerte le 29 janvier 1943.

Le 12 février 1943, l’Emile Bertin sort pour un entrainement au mouillage de mines dans le golfe de Gabès. Il mouille un chargement complet de mines d’entrainement soit 72 engins qui forment un champ de mines compact.

Le croiseur file alors vers le nord mais est intercepté par le sous-marin Aréthuse et touché par une torpille ce qui l’oblige à stopper avant qu’un deuxième projectile ne l’envoie par le fond.

Le champ de mines est repéré par hydravion avant d’être dragué par explosifs, les hydravions larguant des grenades anti-sous-marines qui détruise environ 40% des engins avant que le reste ne soit neutralisé par des moyens plus traditionnels.

Rentré à Bizerte le 15 février, le navire-amiral de la 6ème escadre légère ressort pour un entrainement au bombardement littoral. Quittant Bizerte le 20 février 1943, il fait escale à Mers-El-Kebir du 24 au 27 février, franchit le détroit de Gibraltar le 2 mars puis fait escale à Casablanca du 4 au 9 mars où Mohamed V, sultan du Maroc visite le navire.

Arrivé à Dakar le 13 mars 1943, l’Emile Bertin s’entraine au polygone de tir de Rufisque du 16 mars au 3 avril, tirant avec ses canons de 152mm, ses quatre canons de 90mm mais également sa DCA alors que sa compagnie de débarquement s’entraine à mener des opérations coup de poing digne des descentes du temps de la marine à voile.

Après une escale à Dakar du 4 au 7 avril, le croiseur léger appareille mais après quelques heures de mer, il est victime d’une avarie, un bris d’hélice comme constaté lors d’un passage au bassin à Dakar du 10 au 15 avril. L’hélice n’est pas remplacée, l’Emile Bertin devant subir un grand carénage à l’été 1943.
C’est donc sur trois pattes qu’il quitte Dakar le 17 avril. Après une escale à Casablanca du 20 au 22 avril, il franchit le détroit de Gibraltar le 24 avril, se ravitaille à Mers-el-Kebir le 26 avril avant de rentrer à Bizerte le 29 avril 1943.

Avec une hélice en moins, le croiseur léger ne sort que dans les atterrages immédiats de Bizerte soit du 1er au 7 mai, du 11 au 15 mai et du 20 au 25 mai.

Débarquant ses munitions le 30 mai, il est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 1er juin 1943 au 15 janvier 1944, transmetttant son pavillon de navire-amiral au croiseur léger La Galissonnière.

A l’origine ce grand carénage devait s’achever fin novembre mais la découverte de parties corrodées sous la ligne de flottaison et dans les réservoirs de mazout retarde sa remise à flot. Après une période de travaux à quai (16 au 30 janvier 1944), le croiseur léger subit des essais à la mer du 1er au 12 février avant remise en condition en compagnie des navires de la 6ème EL du 14 février au 2 mars. Ce dernier jour, il redevient navire-amiral de la 6ème Escadre Légère.

Il ressort le 9 mars 1944 pour un exercice de mouillage de mines dans le Golfe de Gabès qui reçoit 84 mines d’exercices déployés en petits bouchons plutôt que dans un champ de mines uni ce qui oblige le croiseur à des manoeuvres acrobatiques.

Cette méthode de mouillage se révèle plus efficace et plus délicate à neutraliser mais ne sera pas généralisée, l’Amirauté préférant confier aux navires de surface rapides le mouillage de vastes champs de mines et aux sous-marins la dépose de bouchons de mines pour perturber l’accès aux ports et autres bases navales. L’Emile Bertin est de retour à Bizerte le 15 mars 1944.

Du 20 au 27 mars 1944, l’Emile Bertin subit un exercice de défense aérienne à la mer entre Malte et la Tunisie avant de faire escale à La Valette du 28 mars au 2 avril 1944. Rentré à Bizerte le 4 avril 1944, il ressort le 6 avril pour accompagner le paquebot Ile de France qui transportait le président de la République par interim Léon Lauray dans une tournée au Levant.

Le croiseur retrouve le paquebot entre la Tunisie et la Crète le 7 avril et l’escorte jusqu’à Beyrouth où les deux navires arrivent à destination le 10 avril 1944. Après l’escale commune jusqu’au 13 avril, le croiseur manoeuvre avec la DNL jusqu’au 20 avril quand il retrouve le paquebot qu’il escorte jusqu’à Toulon où les deux navires arrivent le 27 avril 1944. Le navire-amiral de la 6ème Escadre Légère repart le 29 avril et rentre à Bizerte le 3 mai 1944.

Du 12 mai au 5 juin 1944, l’Emile Bertin va participer à des manoeuvres interarmées baptisées Harmattan, impliquant la 6ème Escadre Légère, les Forces Armées de Tunisie (FAT) (armée de terre) et des unités de l’armée de l’air stationnés dans le protectorat.

Durant ces vingt-quatre jours d’exercices intensifs simulant une attaque de la ligne Mareth puis un raid sur les côtes tunisiens, l’Emile Bertin va aussi bien participer à des exercices de bombardement littoral en appui de troupes au sol, des exercices de combat de nuit, d’escorte et d’attaque de convois, de défense aérienne à la mer et même de mouillage de mines. Il rentre à Bizerte le 10 juin après une escale à La Valette en compagnie notamment des croiseurs légers Jean de Vienne et La Marseillaise.

Après une période d’indisponibilité du 11 juin au 9 juillet, l’Emile Bertin ressort pour essais du 10 du 15 juillet avant entrainement du 17 au 30 juillet.

Rentré à Bizerte le 1er août, il ressort pour un transport de troupes entre la Tunisie et la métropole en l’occurence un régiment de tirailleurs tunisiens qu’il embarque à Bizerte le 7 août et qu’il débarque à Toulon le 10 août pour des manoeuvres à Canjuers jusqu’au 25 août.

Durant ce laps de temps, l’Emile Bertin s’entraine dans le Golfe du Lion avec notamment la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) pour un exercice de combat de nuit du 10 au 14 août 1944 puis un exercice  de défense de convois à l’aide de navires affrétés par la marine (deux cargos et un pétrolier) du 16 au 23 août. Il gagne alors Toulon où il rembarque les tirailleurs tunisiens qu’il ramène en Tunisie le 29 août 1944.

Le navire-amiral de la 6ème escadre légère ressort le 12 septembre 1944 avec la 7ème DCT (Vauquelin Tartu Chevalier Paul) et la 11ème DCT (Mogador Volta, Hoche) pour un exercice de combat.

Du 13 au 18 septembre, le croiseur léger et les six contre-torpilleurs s’entrainent au combat de nuit avant une escale à Sfax du 19 au 22 septembre puis un exercice de combat antisurface du 23 au 30 septembre, les contre-torpilleurs cherchant à intercepter l’Emile Bertin qui joue admirablement bien le raider ou le mouilleur de mines rapide, échappant aux interceptions des contre-torpilleurs sauf à deux reprises.

Après une escale à Tunis du 1er au 6 octobre et à La Valette du 7 au 11 octobre, les six navires s’entrainent à la défense aérienne à la mer du 12 au 17 octobre avant de rentrer à Bizerte le lendemain 18 octobre 1944.

Indisponible pour entretien à flot du 19 octobre au 15 novembre, le navire-amiral de la 6ème Escadre Légère ressort pour essais du 16 au 19 novembre avant un entrainement en solitaire du 22 novembre au 4 décembre avant de rentrer au port le lendemain 5 décembre 1944. Il sort encore deux fois pour un entrainement en solitaire : du 7 au 12 décembre et du 16 au 24 décembre avant de passer les fêtes de fin d’année à son port d’attache.

L’Emile Bertin sort pour entrainement en solitaire du 7 au 15 janvier 1945 avant un entrainement de groupe avec les 7ème et 11ème DCT qui sont au complet. Cet entrainement qui occupe ces sept navires du 21 janvier au 5 février est consacré aussi bien à la défense aérienne à la mer, au combat antisurface qu’à l’attaque et à l’escorte de convois. Après une escale à La Valette du 6 au 9 février, le croiseur léger et les contre-torpilleurs rentrent à Bizerte le 10 février 1945.

L’Emile Bertin ressort du 15 mars au 12 avril pour une mission de surveillance dans le sud tunisien en liaison avec l’armée de l’air, le croiseur se chargeant des atterrages immédiats de la côte et l’armée de l’air au dessus du désert. Le navire-amiral de la 6ème escadre légère rentre à Bizerte le 14 avril 1945.

Le 22 avril 1945, l’Emile Bertin sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer jusqu’au 30 avril avant de mouiller dans le golfe de Gabès jusqu’au 4 mai avant de rentrer à Bizerte le 6 mai. Il entre en phase de simulation de conflit dans lequel il doit mouiller d’imposants champs de mines pour empêcher la marine italienne d’effectuer une démonstration en Tunisie.

Il charge 72 mines d’exercice et appareille à grande vitesse le 9 mai, échappant aux tirs (simulés) des batteries côtières puis à la 7ème DCT (Vauquelin Tartu et Chevalier Paul) en embuscade pour mouiller de nuit un champ de mines à 10 km de la frontière pour éviter tout incident dans la nuit du 12 au 13 mai. Le champ de mines est «dragué» par des dragueurs de mines qui sont attaqués par le croiseur léger qui rentre à Bizerte le 16 mai 1945.

Après des travaux de peinture et d’électronique à flot du 18 au 30 mai, il sort pour essais du 1er au 4 juin avant un entrainement en solitaire du 7 au 15 juin.

Le lendemain, 16 juin, le croiseur léger appareille de Bizerte, fait escale à Mers-El-Kebir du 20 au 25 juin, franchit le détroit de Gibraltar le 28 juin puis fait escale à Casablanca du 29 juin au 2 juillet avant de gagner Dakar où il arrive le 6 juillet 1945.

Il s’entraine au polygone de Rufisque du 9 au 21 juillet, tirant avec ses canons de 152 et de 90mm, connaissant un certain nombre de problèmes dans le chargement des pièces et l’échauffement des tubes.

Un canon (le III,  le canon bâbord de la tourelle n°1) explose même en ne faisant heureusement que quelques blessés. Le croiseur perd ce canon et l’ouverture est obturé mais ne sera remplacé qu’en 1946 lors du prochain grand carénage.

Après un exercice de défense aérienne à la mer au profit du ComAir AOF du 25 au 30 juillet et un exercice de défense littorale du 2 au 9 août, le croiseur léger quitte le Sénégal le 12 août, fait escale à Port-Etienne du 13 au 16 août, à Casablanca du 18 au 22 août, à Alger du 25 au 30 août avant de rentrer à  Bizerte le 3 septembre.

Après une période d’indisponibilité (permissions de l’équipage, entretien courant) du 4 au 29 septembre 1945, l’Emile Bertin sort pour essais du 30 septembre au 3 octobre avant un entrainement individuel dans le sud Tunisien du 7 au 16 octobre avant de rentrer à Bizerte le 18 octobre 1945.

Il sort pour une mission de surveillance du détroit de Sicile du 20 au 30 octobre puis un entrainement avec le contre-torpilleur Mogador qui sortait d’un grand carénage du 1er au 9 novembre avant de rentrer à Bizerte le 10 novembre. Le 11 novembre, la compagnie de débarquement du croiseur défile à Bizerte pour commémorer l’armistice.

L’Emile Bertin sort pour un exercice de combat du 15 au 27 novembre en compagnie de la 11ème DCT avant une escale commune à Sfax du 28 novembre au 2 décembre 1945 puis de rentrer à Bizerte le 4 décembre 1945. Le croiseur léger mouilleur de mines sort pour un entrainement en solitaire du 10 au 22 décembre 1945 avant de passer les fêtes de fin d’année au port.

L’Emile Bertin sort pour un exercice avec ses contre-torpilleurs du 7 au 21 janvier 1946 avant une escale  à Sfax du 22 au 25 janvier puis à La Valette du 27 au 30 janvier avant de rentrer à  Bizerte le  3 février 1946.

Il débarque ses munitions et vidange ses soutes du 4 au 8 février. Le 9 février 1946, le contre-amiral Prisset, commandant en chef de la 6ème escadre légère quitte l’Emile Bertin et met sa marque sur le contre-torpilleur Mogador qui reste endivisionné en dépit de sa nouvelle fonction.

L’Emile Bertin est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 12 février 1946 pour d’importants travaux qui vont le voir immobiliser au sec pendant six mois jusqu’au 4 août 1946.

Il subit une remise en état complète de l’appareil propulsif avec le changement des chaudières et de plusieurs turbines. La coque est grattée, sablée et repeinte, les hélices sont remplacées. Les superstructures sont peu modifiées même si le mat radar doit être renforcé. La catapulte est changée même si on s’interrogea sur son débarquement.

Remis à flot le 4 août, il est remorqué au quai d’armement de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour des travaux complémentaires jusqu’au 25 août 1946. Il est en essais à la mer du 26 août au 4 septembre avant remise en condition du 9 au 21 septembre en compagnie notamment des torpilleurs légers de la 3ème DT et de la 2ème DC (La Galissonnière et Jean de Vienne, La Marseillaise étant en grand carénage).

Le 22 septembre 1946, l’Emile Bertin redevient navire-amiral de la 6ème Escadre légère en remplacement du Mogador.

Il sort pour un entrainement majeur en Méditerranée en compagnie de la 3ème DT et de la 11ème DCT soit dix navires de combat plus le transport Golo chargé de matériel et de munitions ainsi que le pétrolier Mékong.

Le pétrolier Mékong

Le pétrolier Mékong

Quittant Bizerte le 24 septembre, les navires de combat vont s’entrainer dans un triangle Malte-Tunisie-Libye jusqu’au 2 octobre pour entrainement au combat antisurface de jour comme de nuit, se ravitaillant en mer auprès du pétrolier Mékong.

Ils font escale à La Valette du 3 au 6 octobre pour se ravitailler en munitions et en vivres auprès du Golo qui les soutes vides regagna Bizerte pour un nouveau chargement. Le croiseur léger, les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs reprennent la mer le lendemain pour un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 12 octobre au large de la Tunisie.

L’Emile Bertin fait ensuite escale à Patras du 13 au 16 octobre pendant que les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs sont à Zanthe. Le 17 octobre, l’escadre française se réunit à la mer pour se ravitailler en carburant auprès du Mékong avant de gagner Le Pirée où ils font escale du 21 au 25 octobre avant un exercice avec la marine grecque jusqu’au 30 octobre quand les navires français sont à Thessalonique jusqu’au 5 novembre.

La compagnie de débarquement de l’Emile Bertin et des détachements des différents navires rendent hommage à l’Armée d’Orient en déposant une gerbe devant le monument aux morts.

Il reprend la mer pour une escale à Istanbul du 6 au 10 novembre puis à Iskenderun du 13 au 17 novembre et à Beyrouth du 20 au 24 novembre.

Après un exercice avec la DNL, la petite escadre fait escale à Haïfa en Palestine mandataire du 30 novembre au 3 décembre avant de rentrer à Bizerte le 7 décembre 1946. Il est indisponible pour entretien jusqu’à la fin de l’année.

Il sort pour la première fois du 7 au 12 janvier pour un exercice de combat de nuit en compagnie de la 3ème DT avant une escale à Tunis du 13 au 18 janvier suivit d’un exercice de défense aérienne à la mer du 19 au 25 janvier avant de rentrer à Bizerte le 27 janvier 1947.

Victime d’une avarie mécanique, l’Emile Bertin est indisponible du 28 janvier au 12 février avant de sortir pour essais du 13 au 18 février avant un stage de remise en condition du 20 février au 5 mars pour notamment amariner les  nouveaux appelés.

Le 18 mars 1947, le croiseur léger Emile Bertin quitte Bizerte et retrouve le lendemain à la mer le croiseur lourd Algérie pour une croisière en Méditerranée orientale.

Les deux navires font escale ensemble à Corfou du 23 au 28 mars avant de se séparer, l’Emile Bertin faisant escale à Patras du 30 mars au 2 avril alors que l’Algérie mouillait au large de l’île de Zanthe.

Les deux navires se retrouvent à La Canée en Crète pour une nouvelle escale commune du 5 au 9 avril avant de remonter vers le nord pour une escale commune au Pirée du 12 au 17 avril 1947.

C’est ensuite Thessalonique qui est l’objet de la visite des deux croiseurs français pour une escale du 20 au 24 avril avant une nouvelle séparation, l’Emile Bertin faisant escale à Mytilène sur l’île de Lesbos du 26 au 28 avril alors que l’Algérie gagne directement Rhodes où il arrive le 27 avril, y retrouvant l’Emile Bertin le 30 avril 1947.

Les deux croiseurs font ensuite escale à Antalya du 1er au 3 mai et à Iskenderun du 6 au 9 mai (théâtre au mois de février d’émeutes anti-françaises ce qui explique que les marins français ne purent descendre à terre) avant de se séparer une nouvelle fois, l’Algérie gagnant directement Beyrouth où le croiseur lourd arrive le 11 mai 1947 alors que l’Emile Bertin lui fait escale à Lattaquié du 10 au 13 mai, retrouvant son compère de traversée le lendemain 14 mai 1947.

Après un exercice avec la Division Navale du Levant (16 au 21 mai), le croiseur lourd et le croiseur léger font escale à Haïfa du 22 au 27 mai, à Alexandrie du 30 mai au 3 juin puis à La Valette du 8 au 12 juin 1947. Les deux navires se séparent alors : l’Emile Bertin rentre à Bizerte le lendemain 13 juin alors que l’Algérie file directement sur Toulon où il arrive le 16 juin.

Après une période d’indisponibilité (entretien et permissions de l’équipage) du 17 juin au 13 juillet 1947, le croiseur léger reprend la mer pour essais du 15 au 22 juillet avant un entrainement en solitaire du 24 juillet au 8 août, rentrant à Bizerte le 15 août après une escale à La Valette du 9 au 13 août 1947.

Il sort pour un mouillage de mines le 24 août après avoir chargé 72 mines de guerre pour un véritable mouillage de mines à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Contrairement aux exercices mené par le passé, le croiseur léger n’est pas intercepté ni menacé. Les mines sont mouillés le 28 août 1947 de nuit avec succès avant de rentrer à Bizerte à grande vitesse le 30 août 1947.

Il sort entre le 2 et le 10 septembre pour un entrainement de défense aérienne à la mer puis un entrainement au combat de surface avec la 3ème DT. Cet exercice qui à lieu du 15 au 23 septembre est suivit d’une escale à La Valette du 24 au 27 septembre et à Sfax du 30 septembre au 2 octobre avant de rentrer à Bizerte le 4 octobre.

L’Emile Bertin sort pour un entrainement en compagnie de la 11ème DCT du 7 au 24 octobre 1947, restant en mer et étant ravitaillé par le Mékong. Le croiseur léger et les contre-torpilleurs rentrent à Bizerte le 2 novembre après une escale à La Valette du 26 au 30 octobre.

L’Emile Bertin sort pour entrainement avec la 7ème DCT du 4 au 24 novembre suivant le même modèle que l’entrainement avec la 11ème DCT. Après une escale à Sfax du 25 au 29 novembre, il rentre à Bizerte le 1er décembre 1947.

Du 8 au 20 décembre, le croiseur léger Emile Bertin sort avec les deux divisions de contre-torpilleurs pour un entrainement combiné avec un entrainement au combat de nuit, un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois, à la défense aérienne à la mer et au bombardement littoral. Ils rentrent à Bizerte le 22 décembre et restent au port jusqu’à la fin de l’année.
Le 4 janvier 1948, le croiseur léger quitte Bizerte pour une tournée en Méditerranée occidentale afin de montrer l’un des fleurons de la marine nationale. Il fait escale à Alger du 7 au 12 janvier, à Oran du 13 au 18 janvier, à Tanger du 20 au 24 janvier, à Gibraltar du 25 au 27 janvier, à Barcelone du 30 janvier au 3 février, à Marseille du 6 au 12 février.

Après une période d’entretien à flot à Toulon du 13 février au 2 mars 1948, le navire-amiral de la 6ème escadre légère fait escale à Nice du 4 au 8 mars, à Bastia du 9 au 13 mars, à Ajaccio du 15 au 21 mars, à Bonifaccio du 23 au 27 mars avant de rentrer à Bizerte le 30 mars dans la soirée.

Le 5 avril 1948, l’Emile Bertin appareille avec les 7ème et 11ème DCT pour un exercice de combat à double détente. Dans un premier temps (6 au 11 avril), le croiseur doit échapper à la meute des contre-torpilleurs lancé à sa poursuite et après un ravitaillement à la mer auprès du Mékong le 12 avril, le croiseur doit intercepter la 7ème DCT en compagnie de la 11ème DCT avant que les rôles ne s’inversent (13 au 24 avril). La petite escadre rentre à Bizerte le 26 avril 1948.

L’Emile Bertin sort pour une nouvelle opération de mouillage de mines à la frontière tunisio-libyenne le 5 mai, larguant son chargement du 8 au 15 mai avant une mission de présence au large de la Libye du 16 au 27 mai 1948, rentrant à Bizerte le 1er juin 1948.

Il ressort du 7 au 15 juin pour un entrainement à la défense aérienne à la mer suivit d’un entrainement avec deux navires de la 7ème DCT, le Vauquelin et le Chevalier Paul  du 18 au 24 juin 1948 avant une escale à Sfax du 24 au 27 juin puis à Tunis du 29 juin au 2 juillet avant de rentrer le lendemain au port.

Après une période d’indisponibilité du 4 juillet au 2 août, l’Emile Bertin sort pour essais et remise en condition du  4 au 17 août en compagnie du Tartu qui lui aussi sortait d’une période d’entretien. Les deux navires mouillent dans le golfe de Gabès du 18 au 25 août avant de rentrer à Bizerte le 27 août 1948.

Il est alors armé à effectifs de guerre et reste en permanence en alerte notamment en cas de coup de force italien en direction de la Tunisie.

CL Emile Bertin profil

Caractéristiques Techniques du croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin

Déplacement : déplacement Washington 5984 tonnes déplacement en charge normale 6530 tonnes déplacement en surcharge 8480 tonnes.

Dimensions : Longueur (hors tout) 177m (entre perpendiculaires) 167m Largeur : 15.84m Tirant d’eau (déplacement Washington) 5.33m (surcharge) 6.00m Tirant d’air en charge normale 32.50m

Propulsion : Quatre ensembles de turbines à vapeur Parson alimentées par six chaudières Penhoët (27 kg/cm² et 330°) à surchauffe du type à petits tubes d’eau et flamme directe, dévellopant une puissance totale normale de 102000ch et entrainant quatre hélices tripales

Performances : Vitesse maximale : 33 noeuds Distance franchissable : 6000 miles nautiques à 15 noeuds, 2800 miles nautiques à 20 noeuds, 1100 miles nautiques à 33 noeuds

Protection : parois latérales du blockhaus et de la soute à munitions 30mm. Étroit compartimentage avec quatorze tranches (A à N) et donc treize cloisons transversales sans ouverture du fond au pont principal.

Armement : 9 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1930 en trois tourelles triples modèle 1930 (deux avant et une arrière). 4 canons de 90mm (3.5 pouces) Schneider modèle 1926 en un affût double axial modèle 1930 et deux affûts simples latéraux modèle 1926.

4 canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples (deux à tribord et deux à babord au niveau du bloc passerelle) puis en 1939, 8 canons de 37 mm modèle 1933 en quatre affûts CAD et 8 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en quatre affûts doubles. Cette DCA périmée est remplacée par huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles

 6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples modèle 1928T tirant des torpilles modèle 23D qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds. 21 grenades ASM Guilbaud de 52kg (CM : 35kg de tolite) larguées par gravité à l’aide de deux glissières.

 84 mines mises en oeuvres par deux voies démontables Decauville de 50m. Les mines emportées sont de type Bréguet B4 pesant 530kg (CM = 80kg de tolite) pouvant être mouillé dans des eaux d’une profondeur n’excedant pas 90m.

 Aviation : Catapulte Penhoët orientable à air comprimé de 20m de long installée en position axiale entre les deux cheminées pouvant lancer un des deux hydravions Gourdou-Lesseure GL832 récupérés à la mer par deux mats de charge électrique. Le croiseur dispose d’un atelier mécanique et d’une réserve en carburant de 2400 litres. Le GL-832 à ensuite été remplacé par le Deswoitine HD-731

 Equipage : l’Emile Bertin est commandé par un capitaine de vaisseau avec un état major de 22 autres officiers et L’équipage se compose de 9 premiers maitres, 24 maîtres, 60 seconds maîtres et 427 quartiers maîtres et matelots. Gréé en navire-amiral, l’Emile Bertin peut embarquer un officier général, un état major de cinq officiers et 17 à 18 non-officiers. Quatre passagers civils peuvent être embarqués.

9-Croiseurs légers (5)

B-Croiseur-école d’application Jeanne d’Arc

Croiseur école Jeanne d'Arc Portsmouth 1937 2

Une Ecole flottante

La formation des futurs officiers ne peut être que théorique, elle doit comprendre une formation pratique à la mer. Au sein de la marine nationale avant la construction des magnifiques bâtiments de l’Ecole Navale à Brest, les futurs officiers étaient formés sur le «Borda», un ancien navire à voile transformé en ponton école avant un stage à la mer sur le croiseur école Duguay Trouin, l’un des navires qui abritait l’Ecole d’application créée par le décret du 12 octobre 1964.

En 1912, on décide de confier la tâche de navire-école au croiseur cuirassé Jeanne d’Arc. Le choix de ce dernier n’est pas innocent : la «Pucelle d’Orléans» symbolise le patriotisme français de ce début de siècle et l’étendard de la revanche pour récupérer les provinces perdues.

Ce croiseur cuirassé dont les plans avaient été dessinés par un certain Emile Bertin est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 24 octobre 1896 lancé le 8 juin 1899 et admis au service actif le 19 mai 1903.

Il est d’abord affecté à l’Escadre du Nord puis à l’Escadre de la Méditerranée à partir de juillet 1906 puis de nouveau à l’Escadre du Nord.

Placé en réserve en 1909, il est désigné en mars 1912 pour servir d’école d’application des aspirants jusqu’au 27 juillet 1914, inaugurant ainsi la tradition de placer le navire école de la Royale sous le saint patronnage de la «Bergère de Domremy».

Il participe à la première guerre mondiale en Méditerranée orientale avant de reprendre son rôle de croiseur école de décembre 1919 à 1928. Rayée le 15 février 1933 et condamnée le 21 mars, elle est vendue à la démolition aux chantiers de la Seyne sur Mer le 9 juillet 1934.

Dès le début des années vingt, la marine s’interroge sur le successeur à donné à la Jeanne d’Arc usé par un service intensif notamment durant le premier conflit mondial. On envisage plusieurs hypothèses, la première consistant en la conversion d’un navire de guerre ancien, la second consistant en l’achat et en la conversion d’un paquebot.

Ces deux hypothèses sont rapidement écartées : la première est séduisante sur le papier mais elle coûte cher surtout que la marine nationale ne dispose d’aucun navire qu’elle pourra sacrifier pour une mission secondaire par rapport aux missions de combat alors que la seconde est couteuse à l’achat comme à l’aménagement.

Il faut donc construire un navire neuf. La tranche 1926 financée le 4 août 1926 prévoit ainsi la  construction d’un croiseur lourd (le futur Colbert), de trois contre-torpilleurs de classe Guépard, des quatre derniers torpilleurs d’escadre de classe L’Adroit, du sous marin croiseur Surcouf, de cinq sous marins de 1ère classe, d’un sous marin mouilleur de mines, du ravitailleur de sous marins Jules Verne, deux pétroliers de type Mékong et d’un «croiseur à déplacement réduit» spécifiquement conçu pour l’écolage mais qui est avant tout un véritable navire de guerre.

La mise en service de ce navire est prévue pour 1931 mais la «Jeanne à six tuyaux» alias «l’étui à cigarettes» est dans un état matériel tel qu’il ne peut attendre et doit donc être remplacé. La solution intérimaire choisie est la conversion d’un croiseur cuirassé, l’Edgar Quinet.

Croiseur cuirassé Edgar Quinet 1911
Ce dernier effectue une première croisière en 1928 mais lors de la seconde croisière, il s’échoue sur une roche inconnue de la côte algérienne au large du Cap Blanc le 4 janvier 1930 et ne peut être sauvé, il se casse en deux et coulera quatre jours plus tard.
Comme le Jeanne d’Arc n’est pas encore prêt à accueillir ses élèves, la croisière d’application 1930-1931 aura lieu à bord des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren qui se partageront la promotion 1928.

Carrière opérationnelle

Le croiseur école Jeanne d'Arc

Le croiseur école Jeanne d’Arc en 1936

-La Jeanne d’Arc est mise sur cale par la Société des Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët dans ses chantiers de Saint-Nazaire le 7 août 1928. Lancé le 14 février 1930, le croiseur est armé pour essais le 15 décembre 1930.

Il subit un premier armement définitif le 1er avril 1931, reprenant ses essais à partir du 25 juin après la fin des travaux. La clôture d’armement est prononcée le 14 septembre 1931.

Le 6 octobre 1931, le croiseur-école d’application Jeanne d’Arc est admis au service actif avec Brest pour port d’attache

Durant toute la première décennie de sa carrière opérationnelle, le croiseur-école va effectuer une croisière annuelle d’octobre à juillet, passant les semaines le séparant d’une nouvelle croisière en entretien.

La première croisière voit le croiseur-école être absent de son port d’attache Brest du 10 octobre 1931 au 4 juillet 1932 avant de subir un premier carénage de juillet à septembre 1932 avant une deuxième croisière d’application du 5 octobre 1932 au 5 juillet 1933, effectuant un véritable tour du monde.

La troisième croisière école d’application voit le croiseur s’absenter de Brest du 5 octobre 1933 au 6 juillet 1934 alors que la quatrième à lieu du 5 octobre 1934 au 4 juillet 1935. La cinquième croisière école d’application à elle lieu du 5 octobre 1935 au 4 juillet 1936.

Durant ces croisières, la Jeanne d’Arc outre la formation des élèves officiers embarqués va manoeuvrer avec des navires français présents su zone mais également servir d’outil de diplomatie navale.

La sixième campagne à lieu du 5 octobre 1936 au 4 juillet 1937 alors que la septième à lieu du 4 octobre 1937 au 2 juillet 1938 et que la huitième voit «La Jeanne» s’absenter de son port d’attache du  5 octobre 1938 au 16 avril 1939.

Les préparatifs de la neuvième croisière école d’application sont interrompus le 23 août 1939 avec l’imminence de la guerre.

Comme il était prévu, le croiseur-école devenu pour l’occasion croiseur léger, est affecté aux Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) pour des missions de patrouille et d’interception des raiders allemands en action dans l’Atlantique. Il va également assurer des missions de transport d’avions et d’or entre la métropole, les Antilles et le Canada.

Bien que la guerre de Pologne s’achève dès le 15 décembre 1939, la Jeanne d’Arc va rester déployer aux Antilles jusqu’au mois de juin 1940 quand les besoins en encadrement d’une marine en expansion pousse l’Amirauté à reprendre les croisières d’application.

Les arsenaux métropolitains étant saturés, l’Amirauté décide de faire subir des travaux dans un chantier étranger, Fort de France pouvant assurer l’entretien régulier, les petits carénages mais point des travaux de plus grande ampleur.
Le choix se porte sur un chantier américain en l’occurence le Charleston Naval Shipyard en Caroline du Sud. Le croiseur léger quitte les Antilles le 21 juin 1940 et arrive aux Etats Unis le 26 juin 1940. A noter qu’il à débarqué avant son départ de la Martinique, ses hydravions CAMS 37 et ses munitions.

Il est échoué au bassin dès le 28 juin pour une remise en état complète à laquelle participe des ouvriers américains mais également une équipe de l’Arsenal de Brest notamment pour familiariser les ouvriers «yankees» aux côtes métriques.

Le croiseur subit une remise en état complète : changement des hélices et des gouvernails, réalésage des lignes d’arbre, refonte des locaux vie et des locaux d’instruction, grattage et peinture de la coque…… . Il faut noter que les travaux d’armement seront réalisés à Brest.

Remis à flot le 14 août 1940, il subit des essais à la mer du 15 au 24 août avant une période de travaux complémentaires à flot jusqu’au 4 septembre 1940.

Le lendemain, 5 septembre 1940, le croiseur école quitte Charleston arborant le pavillon tricolore mais également le Stars & Stripes, cadeau des ouvriers de l’Arsenal. Il traverse l’Atlantique et rentre à Brest le 11 septembre 1940.

Il subit ensuite une période de travaux notamment en ce qui concerne l’armement : si les canons de 75mm sont maintenus tout comme les quatre tourelles de 155mm, la DCA légère est modifiée avec le débarquement des deux canons de 37mm modèle 1925 et son remplacement par deux affûts doubles en attendant la disponibilité de pièces plus modernes.

Après une nouvelle période d’essais à la mer du 21 au 24 septembre 1940, le croiseur-école prépare sa neuvième croisière école d’application. Embarquant 160 élèves (dont deux roumains et deux yougoslaves), le croiseur école quitte Brest le 4 octobre 1940.

Considéré comme un navire-école, il va être le seul navire de la Royale à faire régulièrement escale en Italie au moins jusqu’en 1946 quand les tensions diplomatiques deviennent telles que l’Italie interdit ses ports à des navires militaires français alors que les navires marchands sont soumis à de multiples restrictions qui ressemblent souvent des mesquineries pathétiques.

Il fait escale à Bordeaux du 7 au 9 octobre, à Vigo du 11 au 14 octobre, à Lisbonne du 16 au 20 octobre, à Casablanca du 22 au 25 octobre, à Gibraltar du 26 au 29 octobre, à Palma de Majorque du 1er au 4 novembre, à Bastia du 6 au 9 novembre, à La Spezia du 10 au 14 novembre, à Civitavecchia du 16 au 19 novembre, à Naples du 20 au 23 novembre, à Tunis du 25 au 27 novembre et à Alexandrie du 29 novembre au 2 décembre.

Après avoir franchit le canal de Suez, le 4 décembre 1940, le croiseur-école file directement vers Djibouti où il arrive le 8 décembre. Il va manoeuvrer avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 9 au 13 décembre avant de reprendre sa croisière école.

Il fait escale à Aden du 14 au 18 décembre, à Mascate du 20 au 22 décembre avant de passer Noël à Bombay où la Jeanne d’Arc fait escale du 23 au 27 décembre.

Il reprend la mer le 28 décembre, direction Cochin où il fait escale du 30 décembre 1940 au 2 janvier 1941. Il fait ensuite escale à Diego Suarez pour ravitaillement et quelques réparations du 7 au 13 janvier avant de manoeuvrer avec le D’Entrecasteaux du 14 au 18 janvier.

Le croiseur école est à Durban du 24 au 28 janvier, à Simonstown du 31 janvier au 4 février avant de traverser l’Atlantique et de faire escale à Buenos Aires du 7 au 10 février, à Montevideo du 11 au 15 février, à Rio de Janeiro du 18 au 22 février, à Dakar du 26 février au 1er mars, à Cadix du 5 au 8 mars, à Porto du 11 au 16 mars, à Bordeaux du 19 au 22 mars avant de rentrer à Brest le 25 mars 1941 après presque six mois en mer.

Il subit un petit carénage du 2 avril au 8 mai, étant échoué dans le bassin n°3 du 2 au 20 avril pour inspection des œuvres vives et des hélices comme après chaque campagne. Il reçoit également une DCA moderne : les canons de 37mm modèle 1933 et les mitrailleuses de 13.2mm sont remplacés par six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples et quatre canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40, également en affût simple. Un temps, on envisagea d’installer une catapulte avant d’y renoncer à nouveau.

Après une période d’essais à la mer du 10 au 15 mai, le croiseur léger qui à renouvelé une part non négligeable de son équipage subit un stage de remise en condition du 20 au 31 mai avant de gagner  Rufisque pour une école à feux.

Il quitte Brest le 5 juin 1941, fait escale à Casablanca du 10 au 12 juin avant d’arriver à Dakar le 16 juin. L’entrainement au tir à lieu du 18 juin au 7 juillet. Après une escale à Dakar jusqu’au 10 juillet, le croiseur école rentre à Brest le 15 juillet 1941. Il est indisponible jusqu’au 20 août avant de reprendre la mer pour essais du 21 au 27 août avant un entrainement individuel du 30 août au 4 septembre 1941.

Le 10 septembre 1941, il quitte Brest avec un chargement d’or direction Halifax où le précieux chargement est débarqué le 17 septembre. Il rentre dans la foulée pour Brest où il arrive le 23 septembre.

Le 24 septembre 1941, la ville d’Orléans devient ville-marraine du croiseur-école pour des raisons historiques qui n’est pas utile de préciser.

La dixième campagne école d’application commence le 3 octobre 1941 quand le croiseur quitte Brest pour traverser l’Atlantique et arrive à Halifax le 10 octobre pour quatre jours d’escale avant de reprendre la mer, direction Boston pour trois jours d’escale du 15 au 20 octobre.

Après une escale à New York du 22 au 25 octobre et à Philadelphie du 27 au 30 octobre, le croiseur école fait escale à Charleston du 4 au 8 novembre, à Miami du 12 au 16 novembre, à La Havane du 19 au 22 novembre, à Veracruz du 24 au 28 novembre, à Colon du 2 au 6 décembre.

Après avoir traversé le canal de Panama, il fait escale à Acapulco du 11 au 15 décembre, à San Diego du 20 au 25 décembre, à Seattle du 29 décembre au 3 janvier et à Vancouver  6 au 11 janvier 1942.

Après une mouillage à Clipperton du 17 au 22 janvier, le croiseur école repasse le canal de Panama le 27 janvier avant une escale à Carthagène du 2 au 7 février, à Caracas du 10 au 14 janvier, à Fort de France du 17 au 21 janvier.

Il traverse l’Atlantique, direction Dakar où il arrive le 26 janvier. Victime d’une avarie, il rester dans la capitale de l’AOF jusqu’au 12 février. Après une sortie d’essai le 13 février, il reprend sa croisière école d’application qui se poursuit par une boucle en Afrique du Nord.

Il fait escale à Casablanca du 18 au 21 février, à Tanger du 23 au 26 février, à Oran du 28 février au 2 mars, à Alger du 3 au 7 mars et à Tunis du 10 au 14 mars. Il enchaine par une escale à Cagliari du 16 au 19 mars, à Valence du 22 au 25 mars, à Gibraltar du 29 mars au 2 avril, à Lisbonne du 6 au 10 avril, à La Rochelle du 14 au 19 avril avant de rentrer à Brest le 21 avril 1942 après près de six mois de mer.

Le croiseur école subit une période d’entretien à flot du 25 avril au 5 juin. Il reçoit notamment une catapulte rendant l’utilisation de son hydravion bien plus facile. Le reste de l’armement ne change pas mais un radar de navigation est installé à la fois pour la conduite du navire mais également pour la formation des élèves.

Après une série d’essais à la mer du 7 au 15 juin, le croiseur subit un entrainement individuel du 16 au 21 juin avant d’être indisponible jusqu’au 15 juillet 1942 afin de permettre à l’équipage de prendre ses permissions.

Le croiseur école effectue des sorties d’entrainement individuel du 16 au 21 juillet, du 25 au 28 juillet et du 4 au 7 août pour entrainement de l’équipage, parfois renforcés de réservistes de la 2ème région maritime.

Il est indisponible pour une avarie sur une chaudière du 12 au 20 août avant de sortir pour essais du 21 au 25 août puis pour entrainement du 27 août au 5 septembre, entrainement en mer d’Iroise suivit d’une escale à Dublin du 7 au 12 septembre, avant un retour à Brest le 14 septembre 1942

Alors que la onzième campagne est sur le point de commencer, l’Amirauté s’interroge sur l’utilité de campagnes aussi longues alors que les promotions de l’École Navale sont de plus en plus importantes en termes d’effectifs et certains de proposer des campagnes plus courtes afin d’en réaliser deux voir trois par an. Dans l’immédiat, cette idée n’est pas retenue mais l’idée n’est pas oubliée.

Le 24 septembre 1942, le croiseur école quitte Brest avec 164 élèves officiers à bord pour une croisière centrée davantage sur l’Afrique et le Proche Orient. La Jeanne d’Arc fait escale à Lisbonne du 28 au 30 septembre avant de manoeuvrer jusqu’au 3 octobre avec la marine portugaise.

Le détroit de Gibraltar franchit le 5 octobre, il fait escale à Oran du 7 au 10 octobre puis à Tunis du 12 au 15 octobre. Après un exercice avec les navires de la 6ème escadre légère (dont le navire-amiral est le croiseur léger mouilleur de mines Émile Bertin), la Jeanne d’Arc fait escale à Tripoli du 19 au 21 octobre, à Lattaquié du 24 au 27 octobre puis à Beyrouth du 29 octobre au 2 novembre.

Il franchit le canal de Suez le 5 novembre, fait escale à Djibouti du 9 au 12 novembre, à Aden du 14 au 16 novembre, à Diego Suarez du 18 au 21 novembre, à Maputo du 24 au 29 novembre, au Cap du 3 au 7 décembre, à Luanda du 10 au 12 décembre, à Recife du 14 au 17 décembre, escale suivit d’exercices avec la marine brésilienne puis d’une longue escale à Cayenne jusqu’au 2 janvier 1943.

La Jeanne d’Arc reprend la mer le 5 janvier et fait escale à Georgetown du 6 au 11 janvier puis à Port of Spain (Trinidad et Tobago) du 14 au 17 janvier. C’est ensuite Fort de France où le croiseur subit un arrêt technique du 18 janvier au 24 février, les élèves officiers suivant des cours à terre.

Reprenant la mer après essais le 27 février, le croiseur-école fait escale à San Juan de Porto rico du  1er au 4 mars, à Nassau (Bahamas) du 6 au 9 mars, à Miami du 10 au 13 mars, à Charleston du 15 au 18 mars et à New York du 20 au 25 mars 1943.

Traversant l’Atlantique, il fait escale à La Corogne du 29 mars au 4 avril avant de rentrer directement sur Brest le 6 avril 1943.

Le croiseur-école subit un petit carénage du 12 avril au 14 septembre 1943, étant échoué au bassin n°3 du 14 avril au 25 août. Il subit ensuite des travaux au quai d’armement jusqu’au 14 septembre.

Les essais à la mer ont lieu du 15 au 22 septembre avant remise en condition et préparation de la douzième campagne école d’application du 24 septembre au 5 octobre 1943.

Le 7 octobre 1943, le croiseur-école appareille pour une nouvelle campagne. Après un exercice en mer d’Iroise avec des unités de la Flotte de l’Atlantique, la Jeanne d’Arc gagne l’Irlande, faisant escale à Dublin du 9 au 11 octobre avant de gagner Belfast où il est en escale du 13 au 16 octobre.

Traversant la mer d’Irlande, le croiseur fait escale à Glasgow du 19 au 22 octobre puis contourne l’Écosse pour faire escale à Aberdeen du 27 au 30 octobre puis à Newcastle du 2 au 5 novembre avant de franchir la mer du Nord pour plusieurs escales en Scandinavie.

Il fait escale à Bergen du 8 au 12 novembre, à Stavanger du 14 au 17 novembre, à Oslo du 19 au 21 novembre, à Göteborg du 22 au 24 novembre, à Copenhague du 25 au 28 novembre puis à Stockholm du 30 novembre au 2 décembre puis à Helsinki du 4 au 8 décembre, devant être accompagné d’un brise-glaces pour sortir du port.

Le croiseur-école quitte la Baltique, franchit l’Oresund, le Kattegat et le Skagerak le 12 décembre 1943, faisant escale à Rotterdam du 18 au 26 décembre puis à Londres du 27 au 30 décembre avant de traverser la Manche, direction Brest où il arrive le 4 janvier 1944.

Après une escale pour ravitaillement et entretien (quelques avaries causées par les eaux froides de la Baltique), le croiseur-école reprend la mer le 16 janvier pour une tournée nord-américaine qui commence par le Canada.

Il fait escale à Saint John (Terre-Neuve) du 22 au 26 janvier, à Saint Pierre et Miquelon du 27 au 30 janvier, à Halifax du 2 au 7 février 1944, à Boston du 10 au 14 février, à New York du 16 au 19 février et enfin à Washington dans la rivière Potomac du 21 au 25 février 1944.

Il fait ensuite escale à Miami du 28 février au 2 mars, à La Havane du 4 au 8 mars, à Kingston (Jamaïque) du 10 au 13 mars, à Saint Domingue du 15 au 18 mars, à Fort de France du 20 au 27 mars, à Dakar du 1er au 5 avril, à Port-Etienne du 7 au 9 avril, à Casablanca du 11 au 14 avril, à Cadix du 16 au 19 avril, à Lisbonne du 21 au 24 avril, à Saint-Nazaire du 27 avril au 1er mai avant de rentrer à Brest le lendemain 2 mai 1944.

Le croiseur est en entretien à flot du 3 au 27 juin 1944 avant une campagne d’essais à la mer du 28 juin au 5 juillet avant une remise en condition du 7 au 20 juillet.

Il appareille de Brest le 22 juillet pour Dakar où il arrive le 26 juillet. Il effectue une école à feu à Rufisque du 28 juillet au 12 août avant de rentrer à Brest le 16 août. Il est indisponible jusqu’à la fin du mois pour permettre à l’équipage de prendre ses permissions.

Il reprend la mer pour des sorties locales du 3 au 10 septembre (escale à Cherbourg du 11 au 13 septembre) et du 15 au 20 septembre pour un exercice en mer d’Iroise. Il prépare ensuite une nouvelle campagne qui sera cette fois un véritable tour du monde.

Le 24 septembre 1944, le croiseur-école quitte Brest, fait escale à Lisbonne du 28 septembre au 2 octobre puis après un exercice avec la marine portugaise, franchit le détroit de Gibraltar, fait escale à Tanger du 5 au 7 octobre puis à Valence du 9 au 11 octobre.

Après une escale à Marseille du 13 au 15 octobre, le croiseur-école est à Civitavecchia du 18 au 21 octobre puis à Tarente du 23 au 27 octobre avant un arrêt technique à Bizerte du 28 octobre au 5 novembre.

Reprenant la mer, il fait escale à Alexandrie du 8 au 12 novembre avant de franchir le canal de Suez le 13 novembre pour une escale à Djibouti du 17 au 20 novembre puis à Aden (22 au 25 novembre), à Mascate (26 au 29 novembre), à Bombay (1er au 4 décembre), à Cochin (6 au 8 décembre), à Colombo (10 au 13 décembre) et à Singapour du 14 au 18 décembre 1944.

Après un exercice avec les marines britanniques et néerlandaises, le croiseur-école fait escale à Batavia du 26 au 30 décembre puis à Saïgon du 3 au 8 janvier et à Manille du 11 au 14 janvier 1945.

Après un exercice avec l’Asiatic Fleet, la Jeanne d’Arc fait escale à Yokohama du 21 au 26 janvier puis à Pearl Harbor du 1er au 5 février et à Vancouver du 10 au 14 février. Le croiseur-école fait ensuite escale à Seattle du 16 au 20 février, à San Diego du 23 au 27 février avant de mouiller à Clipperton du 28 février au 5 mars.

Au cours de ce mouillage, un équipe d’ingénieurs étudie l’atoll pour éventuellement implanter en cas de conflit un aérodrome/hydrobase mais rapidement, cette possibilité est écartée.

Le croiseur-école reprend la mer le 6 mars, faisant escale à Acapulco du 9 au 12 mars avant de franchir le canal de Panama le 15 mars pour déboucher en mer des Caraïbes. Il file vers Kingston où il fait escale du 19 au 22 mars avant de gagner La Havane pour une escale du 24 au 27 mars.

Comme quasiment à chaque croisière, le croiseur-école fait escale à La Nouvelle Orléans du 30 mars au 3 avril puis à Miami du 6 au 10 avril et aux Bermudes du 13 au 16 avril. Il fait escale à Dakar du 21 au 25 avril puis à Casablanca du 28 avril au 3 mai.

Après une escale à Cadix du 5 au 8 mai 1945, le croiseur est à Porto du 11 au 14 mai, à Bordeaux du 17 au 20 mai avant de rentrer à Brest le 22 mai 1945.

Le croiseur-école entre alors en petit carénage dès le lendemain 23 mai. Il échoué au bassin n°3 du 27 mai au 14 août 1945 avec à la clé grattage et peinture de la coque, changement des hélices, modernisation des auxiliaires, installation de nouveaux radars, renforcement de la DCA (huit canons de 37mm Schneider en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss en six affûts doubles).

Remis à flot, il subit des travaux à quai jusqu’au 31 août. Il sort pour essais du 1er au 8 septembre avant remise en condition et préparation de la quatorzième croisière école d’application et ce jusqu’au 21 septembre 1945.

Le 25 septembre 1945, le croiseur-école quitte Brest pour sa nouvelle campagne école d’application centrée sur une circumnavigation autour du continent américain. Il traverse l’Atlantique en direction d’Halifax où il arrive le 1er octobre pour une escale jusqu’au 5 octobre avant un exercice avec la marine canadienne jusqu’au 8 octobre.

Il reprend ensuite la mer pour une escale à New York du 9 au 13 octobre puis à Norfolk du 16 au 19 octobre, à Miami du 22 au 25 octobre, à Veracruz du 28 au 31 octobre et après un exercice avec la marine mexicaine, le croiseur-école fait escale à La Havane du 4 au 9 novembre puis à Carthagène du 12 au 15 novembre, à Caracas du 18 au 20 novembre et à Cayenne du 22 au 25 novembre 1945.

Après un exercice avec l’aviso colonial Lapérouse et un destroyer brésilien, le croiseur-école fait escale à Belem du 30 novembre au 3 décembre puis à Rio de Janeiro du 7 au 12 décembre. C’est ensuite Montevideo qui accueille le croiseur-école du 14 au 16 décembre, embarquant quatre élèves-officiers uruguayens pour entrainement du 17 au 23 décembre avant que le croiseur-école ne passe les fêtes de fin d’année à Buenos Aires du 24 décembre au 2 janvier.

Après un exercice avec la marine argentine du 3 au 7 janvier, le croiseur-école fait escale à Mar del Plata du 10 au 14 janvier puis à Port Stanley du 17 au 20 janvier, le commandant du croiseur esquivant poliment les questions des journalistes anglais et argentins sur le devenir de l’archipel.

Il franchit ensuite le détroit de Magellan dans des conditions de mer difficiles ce qui fait que l’escale à Valparaiso du 1er au 5 février à des allures d’arrivée au paradis. Après un exercice avec la marine chilienne, le croiseur fait escale à Antofagasta du 12 au 15 février, à Lima du 19 au 22 février, à Guayaquil du 25 février au 1er mars avant de franchir le canal de Panama le 4 mars pour rentrer en métropole.

Il fait escale à San Juan de Porto Rico du 8 au 11 mars, à Fort de France du 13 au 17 mars puis après un exercice avec les FNFA, le croiseur-école traverse l’Atlantique direction Casablanca où il arrive le 22 mars.

Reprennant la mer le 27 mars, il fait escale à Gibraltar du 28 mars au 2 avril puis à Cadix du 4 au 8 avril, à Lisbonne du 12 au 17 avril, à Bordeaux du 20 au 24 avril, à Plymouth du 28 avril au 2 mai avant de rentrer à Brest le 5 mai 1946.

Après une période d’entretien à flot du 6 mai au 20 juin et une indisponibilité (permissions de l’équipage) jusqu’au 13 juillet, le croiseur léger sort pour essais du 15 au 22 juillet avant un stage de remise en condition en compagnie d’unités de la 2ème escadre du 23 juillet au 12 août 1946.

Il sort pour entrainement d’officiers de réserve du 21 au 27 août avec escale à Cherbourg jusqu’au 30 août. Rentré à Brest le lendemain 1er septembre, il sort pour entrainement au combat de nuit du 4 au 9 septembre, manquant de peu de s’échouer à l’entrée du goulet.

Rentré à Brest, il est indisponible du 12 au 18 septembre avant de sortir pour essais du 19 au 22 septembre puis de préparer la quinzième croisière école d’application.

Il quitte Brest le 27 septembre,fait escale à Vigo en Galice du 30 septembre au 2 octobre puis à Lisbonne du 4 au 7 octobre, escale délicate en raison d’une bagarre entre marins français et jeunes portugais pour apparemment une vulgaire histoire de fille.

Reparti le 7 octobre avec vingt-quatre heures d’avance, il fait escale à Casablanca du 9 au 12 octobre puis à Tanger du 13 au 15 octobre avant de franchir le détroit de Gibraltar le 16 octobre, direction Malaga où le croiseur-école fait escale du 18 au 21 octobre.

Le périple espagnol continu par une escale à Carthagène du 23 au 27 octobre, l’escale suivante à Valence du 1er au 5 novembre, étant précédé d’un exercice avec la marine espagnole (ce sera d’ailleurs le dernier du genre avant le conflit).

Après une escale à Barcelone du 6 au 10 novembre, le croiseur-école fait escale à Gênes du 12 au 15 novembre, à Naples du 18 au 21 novembre, à Patras du 23 au 26 novembre, au Pirée du 29 novembre au 2 décembre, à Thessalonique du 5 au 8 décembre, à Istanbul du 10 au 13 décembre et à Izmir du 15 au 18 décembre.

Après une exercice avec la DNL, la Jeanne d’Arc fait escale à Beyrouth du 23 au 27 décembre puis à Haïfa du 29 décembre 1946 au 3 janvier 1947 avant de franchir le canal de Suez et de gagner Djibouti où il fait escale du 10 au 15 janvier.

Le croiseur-école fait ensuite escale à Monbassa du 21 au 25 janvier, à Maputo du 29 janvier au 2 février, à Durban du 5 au 9 février, à Simonstown du 12 au 16 février puis à Luanda du 19 au 23 février 1947.

La Jeanne d’Arc franchit ensuite l’Atlantique Sud direction l’Argentine, faisant escale à Buenos Aires du 28 février au 3 mars, à Montevideo du 4 au 8 mars, à Rio de Janeiro du 12 au 15 mars, à Recife du 18 au 22 mars, à Cayenne du 25 au 28 mars, à Port of Spain du 30 mars au 2 avril, à Nassau du 6 au 8 avril, à Norfolk du 11 au 14 avril et à Boston du 17 au 21 avril. Après une ultime escale à Halifax du 25 au 30 avril, le croiseur-école franchit l’Atlantique et arrive à Brest le 5 mai 1947.

Le Jeanne d’Arc est échoué au bassin n°3 pour un petit carénage du 10 mai au 10 juillet 1947, un petit carénage qui voit surtout une remise en état des œuvres vives et des parties non accessibles à mer ou à flot.

Remis à flot le 10 juillet, il subit des travaux à flot jusqu’au 25 août. Il est en essais du 27 août au 4 septembre avant remise en condition et préparation de la seizième campagne du 6 au 18 septembre 1947.

Il appareille le 25 septembre 1947 direction le Canada, faisant escale à Halifax du 1er au 4 octobre puis après un exercice avec la marine canadienne, le croiseur-école fait escale à New York du 12 au 15 octobre puis à Philadelphie du 17 au 21 octobre et à Miami du 25 au 30 octobre.

Après une escale à Port au Prince du 3 au 7 novembre, le croiseur-école est à Kingston du 9 au 14 novembre puis à Colon du 16 au 19 novembre avant de franchir le canal de Panama le lendemain.

Dans le Pacifique, il mouille à Clipperton du 22 au 27 novembre avant de mettre cap au nord, faisant escale à Acapulco du 2 au 7 décembre puis à San Diego du 10 au 14 décembre, à San Francisco du 16 au 19 décembre, à Seattle du 22 au 27 décembre puis à Vancouver du 29 décembre 1947 au 4 janvier 1948.

Il met ensuite cap au sud, faisant escale à Los Angeles du 8 au 12 janvier puis franchit le canal de Panama le 19 janvier pour retrouver la mer des Caraïbes. Il fait escale à Carthagène du 23 au 27 janvier puis à Fort de France du 1er au 7 février.

Traversant l’Atlantique, il fait escale à Dakar du 12 au 16 février  puis à Casablanca du 19 au 22 février avant d’effectuer une boucle en Méditerranée. Franchissant le détroit de Gibraltar le 24 février 1948, la Jeanne d’Arc fait escale à Oran du 27 février au 1er mars puis à Tunis du 4 au 9 mars, à Ajaccio du 12 au 16 mars puis à Marseille du 17 au 21 mars.

Après une ultime escale à Nice du 23 au 27 mars, le croiseur-école reprend le chemin de Brest, faisant escale à Gibraltar du 2 au 5 avril puis à Bordeaux du 9 au 12 avril avant de rentrer à Brest le 16 avril.

Le croiseur Jeanne d’Arc est indisponible du 17 avril au 24 mai pour permettre à l’équipage de prendre ses permissions et au navire de subir un entretien à flot destiné à améliorer ses capacités militaires, la guerre étant jugé tellement proche que certains s’interrogent sur la pertinence de maintenir la dix-septième campagne d’application.

Après une sortie d’essais du 27 mai au 4 juin, le croiseur léger subit un stage de remise en condition du 8 juin au 2 juillet, enchainant par une école à feu sur le polygone de Rufisque. Il quitte pour cela Brest le 5 juillet et arrive à Dakar le 10 juillet. Le stage d’entrainement à lieu du 11 juillet au 15 août. Après une escale à Port-Etienne du 17 au 20 août, il rentre à Brest le 25 août 1948.

Alors qu’il préparait la dix-septième campagne, le croiseur-école reçoit l’ordre le 30 août de passer aux effectifs de guerre. La campagne école est annulée et comme huit ans plutôt, la Jeanne d’Arc est affecté aux Antilles pour une mission de présence, de surveillance et d’interception de navires allemands.

Il appareille à l’aube le 3 septembre, deux jours avant l’attaque allemande contre le Danemark et la Norvège que le croiseur apprend alors qu’il était en plein Atlantique. Il arrive à Fort de France le 10 septembre 1948 et ressort dès le lendemain pour une première patrouille dans les Petites Antilles avec pour mission de traquer les raiders allemands dont on soupçonnait la présence notamment suite à des interceptions radio.

Croiseur école Jeanne d'Arc 1940 schéma

Caractéristiques du croiseur-école Jeanne d’Arc

Déplacement :  standard théorique 6600 tonnes en charge normale 7893 tonnes le déplacement Washington est de 6496 tW.

Dimensions :  longueur hors tout 170m longueur entre perpendiculaires 160m largeur maximale 17.53m (17.50m à la flottaison) tirant d’eau en charge normale 5.85m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières à petits tubes de type Du Temple dévellopant 32500ch et entrainant deux lignes d’arbres terminées par des hélices tripales.

Performances :  Théoriquement, le croiseur-école doit pouvoir dévelloper 32500ch à 300 tours/minute soit une vitesse de 25 noeuds mais au courant des essais, la Jeanne d’Arc à pu filer à 27.035 noeuds (puissance maximum normale PMN) et 27.86 noeuds à feux poussées (43600ch) au déplacement moyen de 6600 tonnes

La distance franchissable est de 6670 miles nautiques à 11 noeuds, 5600 miles nautiques à 16 noeuds, 3500 miles nautiques à 22 noeuds, 2900 miles nautiques à 24 noeuds et 2300 miles nautiques à 27 noeuds.

«Protection» :  autour des groupes avant et arrière des soutes à munitions, entre la cale et le premier faux pont, l’épaisseur des cloisons est portée à 20mm. Autour du blockaus la carapace à 30mm en deux plans de 15mm. Autour du tube reliant le blockaus aux postes centraux, la paroi à 20mm. Aucune protection horizontale.

Armement : 8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles, 4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples, deux canons de 37mm modèle 1925 en deux affûts contre-avions simples (CAS), huit mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles, deux mitrailleuses Hotchkiss de 8mm et deux tubes simples modèle 1926 avec un champ de batttage allant de 40 à 140° pour le tube tribord et de 320 à 220°.

La DCA légère à été sensiblement modifiée, les canons de 37mm et les mitrailleuses ont été remplacés par huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 et douze canons de 25mm modèle 1939-40 en affûts doubles

Aviation : Une catapulte pour un hydravion (à partir de 1942)

Equipage :  26 officiers, 105 officiers-mariniers et 351 quartiers maitres et matelots soit 482 hommes plus 156 officiers-élèves, ces derniers étant répartis entre six postes de douze et six postes de quatorze