Pologne et Pays Neutres (105) Pologne (17)

Bombardiers

Avant 1939

-PZL P.37 Los

Armée de l’air polonaise reconstituée

-Douglas DB-7 livrés par la France

-Douglas A-20 Havoc ex-britanniques

– North American B-25 Mitchell

-Peltyakov Pe-2

-Illiouchine Il-2 Sturmovik

Avions de reconnaissance et de coopération

Avant 1939

-PZL P.23 Karas

-Le RWD-14 Czapla (Héron)est un avion de coopération de conception et de fabrication polonais, un petit biplace monomoteur à aile haute qui effectua son premier vol en 1936 avant d’être mis en service à partir en 1939, 65 exemplaires ayant été produits pour la Pologne et la Roumanie, appareils qui ont suivi quatre prototypes.

A l’origine de cet appareil figure un appel d’offres de l’armée de l’air polonaise de 1933 pour remplacer le Lublin R-XIII.

DWL proposa une adaptation de son avion d’entrainement RWD-8 mais l’appareil mis au point baptisé RWD-12 n’avait pas de meilleures performances que l’appareil qu’il devait remplacer. Finalement l’entreprise à mis au point le RWD-14 bien plus performant.

Le RWD-14 remporta le concours devant le Lublin R-XXI et un projet de PWS mais la mise au point fût particulièrement difficile ce qui explique que l’appareil n’à été mis en service qu’en 1938 et fût très vite considéré comme un appareil interimaire en attendant la mise en service du LWS-3 Mewa qui en raison des événements n’entrera jamais en service.

Mis en service officiellement au printemps 1939 il avait pour seul avantage par rapport au Lublin R-XIII de pouvoir décoller sur courte distance et d’atterir sur de courtes distances également.

Le 1er septembre 1939 35 appareils sont en service (40 selon d’autres) répartis en cinq escadrilles de sept appareils, les unités dépendant des différentes armées.

30 autres appareils sont en réserve mais la plupart furent mis en ligne, la Pologne utilisant 49 exemplaires. 35 appareils sont détruits 14 évacués vers la Roumanie, certains étant utilisés par l’armée de l’air de Bucarest.

Le RWD-14b était un avion de coopération biplace monomoteur monoplan de conception et de fabrication polonaise pesant 1225kg à vide et 1700kg en charge, mesurant 9m de long pour 11.9m d’envergure et 3m de haut.

Cet appareil était motorisé par un PZL G-1620B Mors II, un moteur radial de 470ch au décollage (430ch en vol au niveau de la mer) entrainant une hélice bipale Szomanski lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 247km/h, de franchir 675km et voler à 5100m, l’armement se composant d’une mitrailleuse de 7.92mm fixe wz.33 et une mitrailleuse Vickers K en poste arrière.

Armée de l’air polonaise reconstituée

-Peltyakov Pe-3

Potez 63-11

-Potez 63.11

-Bloch MB-175 et 176

Entrainement et Transport

Avant 1939

-Focke-Wulf Fw-44 Stieglitz

-Fokker F.VII

-Le RWD-8 est un avion d’entrainement monoplan à aile haute de conception et de fabrication polonaise. C’est la réponse à un appel d’offres de 1931 pour un avion d’entrainement de base, l’appareil triomphant de la concurrence représentée par le PZL-5bis et par le Bartel BM-4h. Une variante civile est rapidement produite.

En novembre 1938 349 RWD-8 sont en service, plus de quatre-vingt d’entre-eux ayant été financés par souscription publique. L’appareil à été vendu en Palestine mandataire (trois), en Espagne (un), au Maroc (un), au Brésil (un), en Estonie (un), en Yougoslavie et au Portugal, les huit appareils étant rapidement donnés aux nationalistes espagnols.

En septembre 1939 treize flights de trois appareils sont mis à la disposition des armées pour des missions de liaison et de reconnaissance. De nombreux exemplaires sont détruits au sol par des bombardements aériens ou brûlés pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi.

57 se réfugient en Roumanie, 40 en Lettonie, 2 en Hongrie, quelques appareils étant capturés par les allemands.

Le RWD-8 était un appareil pesant 480kg à vide mais 750kg en charge, mesurant 8m de long pour 11m d’envergure et 2.3m de haut. Motorisé par un PZInz Junior de 110 ou 120ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 175km/h (145km/h en croisière), franchir 435km et voler à une altitude maximale de 5000m.

-Le RWD-13 est un avion de tourisme triplace à aile haute utilisé pour l’entrainement et comme ambulance aérienne. Il effectue son vol inaugural le 15 janvier 1935, est produit de 1935 à 1939 à environ 100 exemplaires.

Issu du RWD-6, il à été mis au point dans une variante ambulance (RWD-13S) mais aussi une version dite «universelle» (RWD-13TS). La Yougoslavie à produit quatre RWD-13 et deux RWD-13S sous licence par Rogozarski (En 1939, les quatre RWD-13 sont transformés en RWD-13S).

L’armée de l’air polonaise à acquis cinq RWD-13S auxquels se sont ajoutés cinq RWD-13 civils mobilisés comme appareils de liaison.

Vingt appareils ont été exportés en Espagne, huit au Brésil et trois en Palestine mandataire. La Roumanie recupére vingt-trois RWD-13 et cinq RWD-13S. Un RWD-13S à rallié l’Estonie, l’Allemagne à utilisé quelques appareils tout comme la Suède (un appareil évacué).

Le RWD-13 pesait 530kg à vide et 930kg à pleine charge, mesurant 7.85m de long pour 11.6m d’envergure et 2.05m de haut. Motorisé par un PZInz-Walter Major de 130ch entrainant une hélice bipale, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 210km/h, de voler en croisière à 180km/h, de franchir 900km et de voler à 4200m.

-Le RWD-17 est un avion d’entrainement à l’acrobatie aérienne (à une époque où la maniabilité de l’appareil était capitale), un biplan monomoteur à aile parasol. Il effectue son premier vol le 7 août 1937, étant produit à environ trente exemplaires en 1938 et 1939. Huit ont été récupérés par la Roumanie et deux par la Lettonie.

Cinq RWD-17W avec flotteurs (plus un prototype) sont commandés, deux sont mis en service, les autres sont livrés sans être officiellement mis en service. Le prototype est perdu lors d’une tentative d’évacuation vers la Suède, les autres sont évacués vers la Roumanie (trois) et deux sont détruits près de Varsovie. Il y eut un projet de RWD-17bis mais aucun n’appareil n’à été livré.

Le RWD-17 pèse 520kg à vide et 810kg à pleine charge, mesurant 7.7m de long pour 10m d’envergure et 2.45m de haut. Motorisé par un moteur PZInz. Major de 130ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 195km/h (165km/h en croisière), franchir 680km et voler à 5000m.

-Le PWS-16 est un biplan d’entrainement qui donna ultérieurement naissance au PWS-26. Il effectue son premier vol en 1933 avant d’être mis en service en 1934. Il est lui même issu du PWS-14. Il à été produit à 40 exemplaires (20 PWS-16 et 20 PWS-16bis). Vingt appareils ont été vendus aux nationalistes espagnols en 1937.

Le PWS-16 mesurait 7.03m de long, 9m d’envergure et 2.75m de haut, un moteur Wright J-5 Whirlwind de 220ch lui permettant de voler à 215km/h.

L’Avro Tutor. Le PWS-18 est sa version produite sous licence

-Le PWS-18 est un avion d’entrainement produits à 40 exemplaires en 1935/36. Deux Avro Tutor sont acquis avant qu’une version polonaise soit produite sous licence. La production s’arrête car le PWS-26 est jugé bien plus prometteur. Il est utilisé par les écoles à Deblin et Bydgoszcz et au sein d’unités opérationnelles.

Le PWS-18 pèse 900kg à vide et 1250kg en charge, mesurant 8.02m de long pour 10.97m d’envergure et 2.92m de haut. Motorisé par un PZL-Wright J-5B Whirlwind de 220ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 200km/h (170km/h en vitesse de croisière), franchir 465km et voler à 4950m. L’armement optionel se compose d’une mitrailleuse de 7.92mm et de deux bombes de 12kg.

-Le PWS-24 est un petit monomoteur monoplan à aile de haut de transport de passagers. Produit à onze exemplaires pour la compagnie polonaise LOT, il effectue son vol inaugural en août 1931, étant mis en service en 1933.

En 1935 trois appareils sont convertis pour la photographie aérienne, quatre sont retirés du service en 1936, le dernier en 1938. En avril 1935 un PWS-24bis est acquis par l’armée de l’air polonaise pour servir d’avion d’état-major. Deux PWS-24bis sont transformés pour la photographie aérienne (un endommagé et un en Roumanie).

Le PWS-24 pesait 1220kg à vide et 2000kg en charge, mesurant 9.65m de long pour 15m d’envergure et 2.95m de haut. Motorisé par un Pratt & Whitney Wasp Junior TB de 420ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 225km/h (180km/h en croisière), franchir 700km et voler à 5000m.

-Le PWS-26 est un avion d’entrainement avancé, un biplace de conception et de fabrication polonaise, la version armée du PWS-16. Il effectue son premier vol en 1935 avant d’être mis en service en 1937. Au total 320 exemplaires ont été produits pour remplacer la majorité des PWS-14, PWS-16, PWS-18 et des Bartel BM-5.

Il participe à la guerre de Pologne comme appareil de liaison aux côtés du RWD-8 ce qui explique pourquoi quelques appareils ont été abattus par les allemands (et un pour l’URSS) aux côtés de nombreux appareils détruits au sol ou brûlés. Des appareils sont évacués vers la Roumanie et vers la Lettonie.

Le PWS-26 pesait 885kg à vide et 1170kg en charge, mesurant 7.03m de long pour 9m d’envergure et 2.87m de haut. Motorisé par un Avia-Wright J-5B Whirlwind de 240ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 201km/h (172km/h en croisière), franchir 460km et voler à 4200m, l’armement pas toujours monté se composant d’une mitrailleuse de 7.92mm et de deux bombes de 12kg.

-Le Lublin R-XVI est un avion servant de transport de passagers d’ambulance aérienne. Son inaugural à lieu en février 1935, sa production se limitant à sept exemplaires en 1935, appareils utilisés par la Croix-Rouge polonaise. Utilisés durant la guerre de Pologne, un est capturé par les allemands en 1939, le sort des autres est inconnu.

Le Lublin R-XVI pesait 1150kg à vide et 1630kg en charge, mesurait 10.08m de long 14.93m d’envergure et 2.96m de haut. Motorisé par un Polish-Skoda J-5 Whirlwind de 220ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 190km/h au niveau de la mer (168km/h à 4000m), franchir 800km et voler à 4460m.

-Le Bartel BM.4 est un avion d’entrainement biplan. Effectuant son premier vol le 20 décembre 1927, il est mis en service en 1929. Produits de 1928 à 1932, il à été produit à environ 75 exemplaires. En 1936 ils ont cédés à des aéroclubs civils réquisitionnés en 1939 et tous détruits.

Cet appareil pesait 538kg à vide et 791kg en charge, mesurait 7.22m de long pour 10.17m d’envergure et 2.93m de haut. Motorisé par un moteur radial Le Rhône 9C de 80ch entrainant une hélice bipale, il pouvait atteindre une vitesse maximale de 125km/h (110km/h en croisière), voler pendant 3h à 2820m comme altitude maximale.

-Le Bartel BM-5 est un avion d’entrainement biplan biplace, un avion d’entrainement de base qui effectua son premier vol le 27 juillet 1928. Il à été produit à 62 exemplaires en 1929/30, des appareils en service entre 1930 et 1939.

Il pesait 906kg à vide et 1294kg en charge, mesurait 7.81m de long pour 11.2m d’envergure et 3.18m de haut. Motorisé par un SPA.6A de 220ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 164km/h (150km/h en vitesse de croisière), franchir 450km et voler à une altitude maximale de 3250m.

Armée de l’air polonaise reconstituée

-Fairey Battle ex-britanniques pour l’entrainement

-16 De Havilland DH.82 Tiger Moth

-Douglas C-47 Skytrain

Pologne et Pays Neutres (103) Pologne (15)

Organisation

Armée de l’air polonaise en septembre 1939

Etat-major

Brigade de poursuite (Brygade Poscigowa)

-Escadron III/1 (3ème escadron, 1er régiment) avec deux escadrilles (111ème et 112ème escadrilles de chasse) appareil utilisé : PZL P.11

-Escadron IV/1 (113ème, 114ème et 123ème escadrilles de chasse) appareils utilisés : PZL P.11 et P.7 pour la 123ème escadrille

Au total cette brigade disposait de 43 PZL P.11 et 11 PZL P.7 (certaines sources donnent 10 appareils)

Brigade de bombardement

La Brigada Bombowa dispose au total de 36 PZL P.37 Los, de 50 PZL P.23 Karas et deux avions de soutien, le tout répartis en quatre escadrons à deux escadrilles.

-2ème Escadron de bombardement (21ème et 22ème escadrilles)

-6ème Escadron de bombardement (64ème et 65ème escadrilles)

-10ème Escadron de bombardement (211ème et 212ème escadrilles)

-15ème Escadron de bombardement (216ème et 217ème escadrilles)

-pelotons de liaison n°4 et n°12

D’autres documents ajoutent le 20ème escadron de bombardement et la 55ème escadrille de bombardement indépendante.

Ces deux brigades forment une réserve stratégique aux côtés des pelotons de communication n°1 et n°2 et de la 10ème escadrille d’observation polonaise. Les autres unités dépendent des différentes armées et sont au service de l’armée de terre.

-Armée de Modlin

-Peloton de communication n°11

-41ème escadrille de reconnaissance

-3ème escadron du 5ème régiment de chasse (152ème escadrille)

-53ème escadrille d’observation

-Armée de Poméranie

-Peloton de communication n°7 et n°8

-42ème escadrille de reconnaissance

-43ème escadrille d’observation

-46ème escadrille d’observation

-3ème escadron du 4ème régiment de chasse (141ème et 142ème escadrilles de chasse)

-Armée de Poznan

-Peloton de communication n°6

-34ème escadrille de reconnaissance

-33ème escadrille d’observation

-36ème escadrille d’observation

-3ème escadron du 6ème régiment de chasse (131ème et 132ème escadrilles)

Armée de Cracovie

-3ème peloton de communication

-24ème escadrille de reconnaissance

-23ème escadrille d’observation

-26ème escadrille d’observation

-3ème Escadron du 2ème régiment de chasse (121ème et 122ème escadrilles)

-Armée des Carpathes

-Peloton de communication n°5

-31ème escadrille de reconnaissance

-56ème escadrille d’observation

Groupe opérationnel de la Narew

-9ème peloton de communication

-51ème escadrille de reconnaissance

-13ème escadrille d’observation

-151ème escadrille de chasse

Unités aériennes polonaises en France

1ère Escadre Polonaise de Chasse (21ème Escadre de chasse)

Bloch MB-700.

-GC I/21 «Varsovie» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX puis Arsenal VG-52

-GC II/21 «Cracovie» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC III/21 «Poznan» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

Supermarine Spitfire Mk IX

-GC IV/21 «Lublin» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX puis Arsenal VG-52

-2ème Escadre Polonaise de Chasse (23ème Escadre de chasse)

-GC I/23 «Gdansk» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC II/23 «Szczecin» Bloch MB-700. Après la campagne de France l’unité devient le GC II/21 avec des Supermarine Spitfire Mk IX puis des Arsenal VG-52.

-GC III/23 «Wroclaw» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC IV/23 «Wilno» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX et enfin des Arsenal VG-52. L’unité devient le GC III/21.

-Escadre polonaise de bombardement (37ème Escadre de Bombardement Léger)

North American B-25 Mitchell

-GB I/37 «Poméranie» : Douglas DB-7 puis North American B-25

Douglas A-20 Havoc

-GB II/37 «Silésie» : Douglas DB-7 puis Douglas A-20 Havoc

-GB III/37 «Haute Pologne» : Douglas DB-7 puis North American B-25

-Groupes de reconnaissance polonais

Potez 63-11

-GR polonais n°1 puis GR «Cracovie» : Potez 63.11 puis Bloch MB-175 puis MB-176

Bloch MB-175

-GR polonais n°2 puis GR «Poznan» : Potez 63.11 puis Bloch MB-175 puis MB-176

Unités aériennes sous contrôle soviétique

Yakovlev Yak-9

-1er régiment de chasse «Varsovie» : Yakovlev Yak-9

-2ème de régiment de bombardement «Krakow» : Peltyakov Pe-2

-3ème régiment d’assaut «Lublin» : Illiouchine Il-2 Sturmovik

-4ème régiment de reconnaissance «Poznan» : Peltyakov Pe-3

Pologne et Pays Neutres (102) Pologne (14)

FORCES ARMEES POLONAISES (2) : ARMEE DE L’AIR

Historique

Les premières unités des Wojska Lotnicze i Obrony Powietrznej (Forces Aériennes et Forces de Défense aérienne) voient le jour dès 1918 en Russie mais leur existence éphémère puisqu’elles disparaissent dès le mois de mai.

Bréguet 14

Parallèlement au sein de l’Armée Bleue sont créées sept escadrons, trois volant sur Bréguet 14 (n°39,59 et 66), trois sur Salmson 2 (n°580, 581 et 582) et un sur SPAD VII (n°162), le Bréguet 14 étant utilisé pour la reconnaissance et le bombardement, le Salmson 2 pour la reconnaissance et l’observation, le SPAD VII pour la chasse. Ces unités arrivent en Pologne en mai 1919.

La Pologne profite aussi des surplus d’après guerre en récupérant des avions allemands et autrichiens.

L’armée de l’air polonaise ne tarde pas à être engagée en Ukraine à la fin 1918 pour des combats dans la région de Lwow (Lviv). Le 2 novembre les polonais s’emparent de l’aérodrome de Lewandowka à Lwow/Lviv, un premier combat aérien est attesté le 5 novembre 1918.

Le 9 janvier 1919 Francfort sur l’Oder est bombardé lors de la Révolte de la Grande Pologne. Entre 1919 et 1921, les avions polonais participent à la guerre polono-soviétique (1919-1921).

En juin 1920 l’armée de l’air polonaise aligne quinze eskadra (escadrons) de reconnaissance et quatre de chasse (n°1 à 19) et un de bombardement (n°21). Durant le conflit cité plus haut, les avions polonais mènent des missions de reconnaissance, de bombardement et des mitraillages.

L’équipement est particulièrement hétéroclite avec 158 Bréguet 14, 151 avions de reconnaissance LVG C.V, 106 chasseurs Bristol F2, 91 avions de reconnaissance AEG C.IV, 86 SVA-10 de reconnaissance, 84 avions de reconnaissance Rumper C.I, 63 avions de reconnaissance DFW C.V, 53 avions de reconnaissance Salmson 2A2. On trouve également des De Havilland DH.9, des Albatros C.I, C.VII, C.X et J.I mais aussi des Hannover CL.I.

Le parc d’aviation de chasse est lui aussi particulièrement hétéroclite avec des Fokker D.VII, des SPAD VII, des SPAD XIII, des Oeffage D.III, des Ansaldo Balilla, des Sopwith Dolphin et des Fokker E.V.

La flotte à été rationnalisée à partir de 1923 avec SPAD 61 (280 exemplaires), des Potez 15 (245 exemplaires), des Bréguet 19 (250 exemplaires) et des Potez 316 (316 exemplaires produits sous licence). On trouve aussi des bombardiers Farman Goliath remplacés par des Fokker F.VII.

Très vite la Pologne souhaite posséder sa propre industrie aéronautique pour gagner en indépendance. Comme souvent cela commence par la production d’un appareil sous licence et le patrie de Chopin n’échappe pas à la règle en produisant sous licence 50 Avro BH-33E produits sous la désignation de PWS-A. Le premier avion polonais ne tarde pas avec le PWS-10, un chasseur à aile haute (80 exemplaires produits à partir de 1932) mais tous ces appareils ne sont plus en service en septembre 1939.

PZL P.7

En 1933 la Pologne produit son premier chasseur entièrement construit en métal, le PZL P.7a (150 exemplaires produits).

Il est suivit par 30 PZL P.11a et 175 PZL P.11c en 1935. De ce dernier appareil est mis au point le PZL P.24 qui connait un vrai succès à l’export (Turquie, Roumanie, Bulgarie et Grèce).

La Pologne ne s’intéresse pas à cet appareil préférant investir dans le PZL P.50 mais le retard de cet appareils aux performances comparables au Seversky P-35 entraine la commande de PZL P.24 mais les appareils commandés n’ont pas encore été livrés quand l’Allemagne attaque. Le PZL P.50 tout comme les bimoteurs de chasse PZL P.38 et PZL P.48 ne rentreront jamais en service.

Potez 25

Dans le domaine de la reconnaissance, de la coopération et de l’observation les Potez 25 et Bréguet 19 sont remplacés par un appareil de conception et de fabrication polonaise, le PZL P.23 Karas, un gros monomoteur à moteur radial et train fixe. Cet appareil est mis en service en 1936 mais dès 193 il est déclassé pour ne pas dire plus.

En revanche le PZL P.37 Los n’à rien à envié aux principaux bombardiers allemands, français, britanniques et soviétiques, cet élégant bimoteur étant le fleuron de l’armée de l’air polonaise le 1er septembre 1939.

Dans le domaine de l’entrainement les jeunes polonais sont d’abord formés sur RWD-8 puis sur PWS-26.

Face aux retards de l’industrie aéronautique polonaise des commandes sont passées à l’étranger avec 160 Morane-Saulnier MS-406 et dix Hawker Hurricane. Ai-je besoin de préciser qu’aucun appareil de cette commande n’à été mis en service avant la disparition de la Pologne ? Même chose pour des Fairey Battle commandés à la même époque.

Les unités aériennes polonaises étaient utilisés en théorie en régiment à quatre escadrons disposant de deux escadrilles chacune, chaque escadrille disposant de huit à douze appareils, les escadrons disposent au moins sur le pied de 16 à 24 appareils, les régiments de 64 à 96 appareils mais cela reste théorique.

En polonais l’escadrille de bombardement se dit eskadra bombowa, l’escadrille de chasse eskadra mysliwskia, l’escadrille d’observation eskadra obserwacyjna, l’escadrille de reconnaissance eskadra Rozpoznawcza et l’escadrille d’état-major eskadra sztabowa.

Quand l’Allemagne attaque le 1er septembre 1939 l’armée de l’air polonaise aligne les moyens suivants :

-175 chasseurs PZL P.11 (140 en unités)

-105 chasseurs PZL P.7 (30 en unités)

-35 bombardiers légers/avion de reconnaissance PZL P.23A Karas (0 en unités)

PZL P.23 Karas

-170 PZL P.23 (120 en ligne)

-6 PZL P.43

-2 PZL P.46 Sum (un en ligne)

PZL P.37 Los

-86 bombardiers bimoteurs PZL P.37 Los (36 en unités)

-15 bombardiers bimoteurs PZL P.30 (0 en ligne)

-150 avions de coopération Lublin R-XIII (55 en ligne)

-60 avions de coopération RWD-14 Czayla (35 à 40 exemplaires en ligne selon les sources)

-15 LW-6 Zubr

-15 PW-16

Au total on compte 771 exemplaires mais seulement 421 en ligne.

Contrairement à ce qu’on écrit parfois l’armée de l’air polonaise n’est pas anéantie au sol par les bombardements préliminaires de la Luftwaffe elle fait mieux que se défendre même si très vite la supériorité numérique et technique de l’armée de l’air allemande faisait peser tout son poids sur le théâtre d’opérations polonais.

Par exemple la Brigade de Poursuite qui défend Varsovie revendique la destruction de seize appareils pour la seule journée du 1er septembre mais pour le prix de dix appareils. En six jours elle sera créditée de la destruction de 42 avions allemands mais est littéralement saignée à blanc avec la perte de 38 de ses 54 chasseurs. Le 6 septembre elle se replie sur Lublin laissant Varsovie sans défense aérienne.

Le 2 septembre 1939 un PZL P.23 Karas bombarde une usine à Ohlau. Les dégâts sont limités, symboliques même mais c’est le premier avion à bombarder l’Allemagne.

Au total l’armée de l’air polonaise à revendiqué 134 victoires (sept par des PZL P.7a, 125 par des P.11a et 2 par des P.11g)

Quand la Pologne succombe, des appareils se réfugient à l’étranger, certains étant réutilisés par les pays d’accueil. Les pilotes vont parvenir pour la plupart à rejoindre l’ouest et participer à la mise sur pied d’unités sous contrôle français.

La fin prématurée de la guerre de Pologne repoussa de plusieurs années la mise sur pied d’unités de chasse, de bombardement et de reconnaissance sous commandement opérationnel français, le commandement de temps de paix ayant été attribué au gouvernement polonais même si c’est plus du symbolisme qu’autre chose.

C’est le 30 septembre 1941 que la Darmowe Polskie Sily Powietrzne (Force Aérienne Polonaise Libre) est officiellement créée sur l’aérodrome de Lyon-Bron où dès le mois de mars 1940 avait été créé un Dépôt d’Instruction de l’Aviation Polonaise (DIAP), un dépôt chargé de rassembler les appareils livrés, de les prendre officiellement en main et d’entrainer les pilotes avec l’aide d’instructeurs français.

Caudron CR-714

Reste à trancher la question de l’équipement. Pour la chasse les polonais reçoivent tout d’abord le très médiocre Caudron CR.714, un chasseur léger construit en bois.

Bloch MB-700. Faute de carrière sous les couleurs françaises, il fût utilisé par la Pologne et la Tchécoslovaquie

C’est sans déplaisir qu’ils vont rapidement le remplacer par le Bloch MB-700 un honnête appareil dont les principaux avantages était un coût modeste et surtout qu’il n’avait pas été sélectionné par l’Armée de l’Air.

Comme le gouvernement polonais en exil veut dans une certaine mesure se détacher de la tutelle de Paris, un autre chasseur va être acquis en l’occurence le Supermarine Spitfire qui devient le Szabla (Sabre) alors que le MB-700P (P pour Pologne bien sur) devient le Blysk (Eclair).

Deux escadres de chasse sont mises sur pied, la 1ère volant sur Bloch MB-700P alors que la 2ème allait voler sur Spitfire. 250 Spitifre et 250 Bloch sont commandés et livrés entre juin 1942 et juin 1944.

C’est la première escadre de chasse polonaise qui est activée la première en l’occurence le 2 juin 1942 en même que le GC «Varsovie» (GC I/21 pour l’Armée de l’Air, la 1ère Escadre Polonaise de chasse étant aussi connue sous la désignation de 21ème Escadre de Chasse)

Déclaré opérationnel en septembre 1942 ce premier groupe de chasse est rapidement suivit du GC «Cracovie» (GC II/21) opérationnel en janvier 1943, du GC «Poznan» (GC III/21) opérationnel en septembre 1943 et enfin du GC «Lublin» (GC IV/21)opérationnel en juin 1944. Les quatre groupes sont stationnés à La Fere-Courbes dans l’Aisne.

Très vite cependant il faut réduire la voilure. Décision est prise en janvier 1945 de mettre en sommeil les GC III/21 et IV/21 qui deviennent des unités de réserve, les pilotes concernés effectuant des rappels réguliers comme réservistes mais ne sont plus considérés comme des militaires actives ce qui suscita des murmures dans les rang.

La 2ème Escadre Polonaise de Chasse est activée en octobre 1942 en même temps que GC «Gdansk» (GC I/23) opérationnel en janvier 1943. Il est suivit du GC «Szczecin» (GC II/23) opérationnel en juin 1943, du GC «Wroclaw» (GC III/23) opérationnel en janvier 1944 et du GC «Wilno» (GC IV/23) opérationnel en septembre 1944. En juin 1945 les GC II/23 et III/23 sont mis en sommeil, réduits au statut d’unités cadres avec des réservistes devant réaliser chaque mois un certain nombre d’heures. Cette escadre était stationnée à Betz-Bouyancy (BA 175) dans l’Oise.

Après la chasse une escadre de bombardement est mise sur pied mais il faudra pour cela attendre juin 1948 pour que soit mise sur pied la 1ère Escadre Polonaise de Bombardement Léger également connue sous la désignation plus austère de 37ème Escadre de Bombardement Léger.

Un tel délai s’explique par le manque de ressources et surtout des craintes politico-diplomatiques car si vis à vis de Berlin la mise sur place de deux escadres de chasse pouvait être vue comme un geste défensif acceptable la création d’une escadre de bombardement ce n’était pas la même histoire.

Douglas DB-7

C’est le 15 juin 1948 que l’escadre et ses trois groupes sont activés, le GB «Poméranie» (GB I/37), le GB «Silésie» (GB II/37) et le GB «Haute Pologne» (GB III/37), trois groupes stationnés à Romilly dans l’Aube, trois groupes volant sur un petit bombardier bimoteur Douglas DB-7.

Entre-temps deux groupes indépendants de reconnaissance de seize appareils ont été mis sur pied, deux groupes volant sur Potez 63-11 un appareil médiocre remplacé en mars 1944 par des Bloch MB-175. Ces deux groupes sont placés sous le contrôle direct de l’état-major de l’armée polonaise en France.

Quand le second conflit mondial éclate l’équipement de la FAPL est entre deux eaux avec du personnel complétent, bien formé et motivé mais l’équipement tarde à suivre avec un chasseur déclassé (MB-700), un bon chasseur (Spitfire), un bombardier léger en passe d’être déclassé (DB-7) mais un bon que dis-je un excellent appareil de reconnaissance (Bloch MB-175). En clair les pilotes, navigateurs, opérateurs radios et mitrailleurs polonais vont devoir tirer la quintescence de leur machine.

Si les chasseurs des 21ème et 23ème escadres (la 22ème est composée de pilotes tchèques) vont défendre le territoire français contre les incursions allemandes, si les Bloch MB-175 vont mener des missions de reconnaissance au dessus de l’ouest de l’Allemagne, les bombardiers vont dans un premier temps davantage s’entrainer sur le polygone de Cazaux que mener des opérations sur l’Allemagne.

Le 10 mai 1949 les allemands attaquent à l’ouest. Cette fois plus de retenue qui vaille ! Les polonais sont bien décidés à venger leur patrie oprimée. Les chasseurs traquent tout ce qui porte une croix gammée ou une croix noire, les avions de reconnaissance alimentent les état-majors en informations pas toujours traitées avec la vivacité nécessaire pendant que les bombardiers se frottent à la chasse et à la Flak.

Français britanniques et allemands sont unanimes : les polonais faisaient preuve d’une folle témérité, d’une très grande agressivité. Comme le dira l’un d’eux «Nous défendions un pays qui n’était pas le nôtre pour libérer notre patrie, c’était une double motivation ce qui explique que certains pilotes alliés nous prenaient pour des dingues. Connaissant certains de mes collègues ils n’avaient pas totalement tort».

Les pertes sont lourdes, pertes difficilement remplaçables car le réservoir humain n’était pas illimité et était déjà fortement solicité par les unités terrestres.

Voilà pourquoi à la fin de la campagne de France il fallut faire des sacrifices et dissoudre certaines unités.

C’est ainsi que début 1950 la FAPL affiche le visage suivant :

-1ère Escadre polonaise de chasse avec le GC I/21 «Varsovie», le GC II/21 «Szczecin» (ex-GC II/23), le GC III/21 «Wilno» (ex-GC IV/23) et le GC IV/21 «Lublin», les autres escadrons étant dissous pour remplumer les unités existantes.

L’équipement évolue, exit le Supermarine Spitfire Mk V et le Bloch MB-700 et place au Supermarine Spitfire Mk IX en dépit du lobbying de la France pour placer son Arsenal VG-40. Ce n’est que partie remise le VG-52 remplaçant à la fin du conflit le Spitfire Mk IX

-Escadre Polonaise de Bombardement (37ème Escadre de Bombardement) qui remplace ses Douglas DB-7 par des Douglas A-20 Havoc et des North American B-25. Ces trois groupes sont préservés.

-Les deux groupes de reconnaissance jadis connus comme «GR Polonais n°1» et «GR Polonais n°2» prennent les noms de tradition de deux groupes de chasse dissous, devenant respectivement les GR «Cracovie» et GR «Poznan». L’équipement évolue, le Bloch MB-175 cédant la place à des Bloch MB-176.

La voilure est donc réduite avec quatre groupes de chasse au lieu de huit, trois groupes de bombardement et deux reconnaissance soit neuf groupes au lieu de treize, un moindre mal si l’on peut dire.

Ces unités motivées et expérimentées vont combattre sur le front occidental jusqu’à la fin de la guerre, certaines unités ayant si on peut dire la chasse de combattre à la frontière avec la Pologne, ignorant bien sur qu’ils ont combattu pour ainsi dire pour rien puisque la Pologne allait bien renaitre mais pas vraiment sous la forme d’un état indépendant et libre de ses choix.

A la fin du conflit les unités sont rassemblées dans le nord de l’Allemagne. Si une partie accepterait de rejoindre la Pologne la majorité refusera de suivre le nouveau gouvernement clairement sous influence soviétique. Les unités polonaises sont dissoutes en septembre 1947 et commence pour ces hommes un nouvel exil.

Certains choisiront de rallier le Nouveau Monde, d’autres s’installeront en Grande-Bretagne, d’autres en France. Si certains choisiront une carrière civile sans lien avec leur expérience de la guerre d’autres continueront dans cette voix comme pilote militaire ou comme pilote de ligne.

Si les unités aériennes de la FAPL sont connues celles créées sous contrôle soviétique sont plus confidentielles.

Il faut dire qu’il fallut du temps pour convaincre cet grand paranoïaque de Staline de mettre sur pied des unités aériennes polonaises lui qui avait déclenché le mécanisme de la Grande Terreur en accusant toute personne qui lui semblait dangereuse d’accointances avec des services de renseignement étrangers.

Finalement convaincu il autorisa la mise sur pied d’un régiment de chasse polonais, le 1er régiment de chasse «Varsovie» avec pour équipement des Yakovlev Yak-9. Ce régiment opérationnel à l’automne 1950 va s’illustrer au dessus des plaines soviétiques éteignant les dernières réticences de nombre de hiérarques du régime.

Ce succès permet la mise sur pied d’un régiment de bombardement, le 2ème de régiment de bombardement «Krakow» avec pour équipement des Peltyakov Pe-2, d’un régiment d’assaut le 3ème régiment d’assaut «Lublin» volant sur Sturmoviket du 4ème régiment de reconnaissance «Poznan» avec des Peltyakov Pe-3.

Ces régiments les polonais pro-soviétiques ont espéré leur regroupement au sein d’une division aérienne polonaise mais ce projet sans cesse repoussé ne vit finalement le jour qu’en mars 1954 à une époque où il fallait préparer la mainmise communiste sur la Pologne, cette division formant la base de la future armée de l’air communiste polonaise.

Au combat ils vont opérer sur la partie nord de l’immense front russe, combattant au dessus des pays Baltes puis de la Pologne, réalisant parfois des incursions au dessus de l’Allemagne. Il semble mais ce n’est pas confirmé que des affrontements fratricides ont eu lieu entre polonais de l’ouest et polonais de l’est.

URSS (52) Ordre de Combat et Programme de Guerre (4)

Flotte du Pacifique (HQ Vladivostok)

-Un état-major de flotte (direction opérationnelle, direction de l’aéronavale, direction de la logistique, direction du renseignement, direction du personnel et de la formation, direction des transmissions)

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URSS (42) Aéronavale (1)

AERONAVALE

Avant-propos

Pendant plusieurs siècles la guerre sur mer se limita à l’horizon. Au delà de l’œil humain impossible de savoir si l’ennemi s’y trouvait. L’apparition des ballons et autres aérostats laissa imaginer aux marins qu’ils pouvaient échapper à cette maudite ligne d’horizon.

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