22-Armée de terre : armement et matériel (37)

AMD Laffly 50 AM («White-Laffly»)

AMD Laffly 50 AM («White-Laffly»)

AMD Laffly 50 AM («White-Laffly»)

Alors que les années trente sont émergentes, l’automitrailleuse standard de la cavalerie, la White TBC commence sérieusement à vieillir.

Cependant son armement dual (canon orienté vers l’avant et mitrailleuse vers l’arrière) est toujours satisfaisant. On décide de faire du neuf avec du vieux en récupérant les caisses et en les installant sur un chassis plus moderne, un chassis Laffly LC 2 renforcé type 50 AM.

Une centaine de voitures à ainsi été modifiées pour permettre aux unités d’automitrailleuses d’attendre dans de bonnes conditions l’arrivée d’automitrailleuses plus modernes.

Le remplacement effectué, elles sont envoyées en Afrique du Nord, au Maroc et en Tunisie où elles vont servir jusqu’à leur propre remplacement par des Panhard AMD 178 et des Gendron-Somua AM 39 qui à leur tour avaient été déclassées en métropole par la remarquable Panhard AM modèle 1940P.

Caractéristiques Techniques de l’AMD Laffly 50 AM

Poids en ordre de combat : 6500kg

Dimensions : longueur 5.40m largeur 2.30m hauteur 2.48m

Motorisation : Laffly 13 CV 4 cylindres dévellopant 50ch à 2240 tours/min

Vitesse maximale : 65 km/h vitesse moyenne 35 km/h Autonomie 300km (120 litres d’essence)

Blindage : 8mm maximum

Armement :  tourelle biplace avec un canon de 37mm semi-automatique armé de 164 obus et une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec 2880 cartouches

Equipage : quatre hommes (chef de voiture et pourvoyeur en tourelle, conducteur et inverseur en caisse)

Panhard 165 et 175

Panhard 165 TOE

Panhard 165 TOE

Cette AutoMitrailleuse de Découverte est issue d’un programme de 1926 qui aboutit à la construction de deux modèles ultérieurement unifiés donnant donc naissance au modèle 165/175.

Conçue pour le Théâtre des Opérations Extérieures (TOE), elle va servir quelques années en métropole avant de gagner le Maroc pour servir de véhicules de surveillance et de sureté notamment dans le Sud marocain. Elles étaient encore en service en septembre 1948, bien loin du tumulte du second conflit mondial naissant.

Caractéristiques Techniques de l’AMD 165/175 TOE

Poids en ordre de combat : 6750kg

Dimensions : longueur 5.00m largeur 2.00m hauteur 2.76m

Motorisation : Panhard SK 4 4 cylindres développant 86ch

Vitesse maximale 65 km/h vitesse moyenne 39.7 km/h Autonomie : 600km (242 litres d’essence à bord)

Blindage : 9mm maximum

Armement : tourelle biplace avec un canon de 37mm semi-automatique alimenté à 194 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm alimentée à 3900 cartouches

Equipage : quatre hommes (chef de voiture, pourvoyeur, conducteur et inverseur-opérateur radio)

AMD Laffly 80 AM «Laffly-Vincennes»

AMD Laffly 80 AM «Laffly-Vincennes»

AMD Laffly 80 AM «Laffly-Vincennes»

Cette automitrailleuse est issue de l’association d’une caisse blindée de conception nouvelle mais inspirée des White-Laffly plus anciennes et d’un chassis de camion à deux roues motrices pour obtenir à peu de frais une automitrailleuse de découverte.

Les «White-Laffly» eurent une nouvelle jeunesse avec un chassis plus moderne mais le moteur trop faible lui donne une vitesse de 65 km/h et un rapport poids/puissance de 7.7ch/tonne, insuffisante pour une AutoMitrailleuse de Découverte.

Une nouvelle automitrailleuse combinant un chassis de camion avec une caisse blindée inspirée de celle des White. Le chassis choisit est un chassis Laffly réceptionné par l’atelier de fabrication de Vincennes (AVIS) qui conçoit la caisse et la tourelle équipée d’une mitrailleuse de 13.2mm et en opposition un fusil-mitrailleur de 7.5mm.

Le chassis est réceptionné le 16 avril 1933 et le prototype est prêt à l’été 1934 avant d’être intensivement testé à l’automne. Aboutissant à un concept périmé, il n’est commandé qu’à vingt-huit exemplaires qui vont pourtant équiper successivement pas moins de neuf corps.
A l’origine, ces vingt-huit voitures vont équiper un escadron du 1er groupe d’automitrailleuses (quatorze exemplaires), deux pelotons du 3ème groupe d’automitrailleuses (six exemplaires) et un peloton du 5ème escadron du 1er REC (trois exemplaires), les autre exemplaires étant stockés.

Suite à la mise en place des DLM, ces automitrailleuses vont équiper les régiments de découverte de la 1ère et de la 2ème DLM avec quatorze véhicules au 6ème cuirassiers (1ère DLM) et six véhicules au 8ème cuirassiers (2ème DLM) pour compléter les AMD modèle 1935.

Au premier semestre 1939, l’arrivée d’un lot complémentaire de «Pan Pan» permet aux régiments de découverte d’unifier leur parc, reléguant les Laffly 80 AM en Afrique du Nord au sein du 1er et du 4ème régiment de chasseurs d’Afrique, servant encore quelques années, les 1er RCA recevant des AMD 178 alors que le 4ème RCA est transformé en «régiment de dragons portés» pour la 1ère DLC.

Leur carrière n’est cependant pas terminée, les véhicules reconditionnés armant le 2ème GRDI polonais en attendant la disponibilité de véhicules plus modernes.

Caractéristiques Techniques de l’AMD Laffly 80 AM

Poids en ordre de combat : 7500kg

Dimensions : longueur 5.30m largeur 2.20m hauteur 2.50m

Motorisation : moteur Laffly 4 cylindres développant 80ch à 2200 tours par minute

Performances : vitesse maximale 76 km/h vitesse moyenne sur route 45 km/h Autonomie 400km avec 162 litres d’essence à bord

Blindage : 20mm maximum

Armement : tourelle AVIS n°2 avec une mitrailleuse de 13.2mm alimentée à 1690 cartouches et un fusil-mitrailleur modèle 1924/29 de 7.5mm avec 2100 cartouches

Equipage : 4 hommes dont deux en tourelle, un conducteur et un inverseur

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L’armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (7)

L’évolution des autres véhicules entre 1940 et 1948.

Comme nous l’avons vu plus haut, les catégories AMR et AMD ont fusionné en une seule catégorie, les AMP ou Automitrailleuses Puissantes. Plusieurs véhicules ont ainsi été développés ou employés : l’AM modèle 40P , un puissant véhicule à roues 8X8 et des chars légers en l’occurence l’AMX-42, l’AMX-44, le FCM-42 et le plus ancien Hotchkiss H-39

L’automitrailleuse AM modèle 40P (Panhard 201)

Le premier véhicule va peu à peu remplacer au sein des DLM les Panhard 178 , des véhicules 4X4 dont la protection était jugée insuffisante.

Pas moins de 1963  exemplaires ont ainsi été construits, chaque division légère mécanique disposant de 45 AMP au sein d’un régiment de découverte soit un total de 360 véhicules, les autres étant mis à la disposition des 28 GRDI stationnés en métropole.

Des commandes additionnelles sont passées ultérieurement pour permettre un équipement décent à toutes ces unités sans parler de la nécessite d’établir des stocks de réserve, une attrition forte était prévisible.

Ce véhicule est un impressionnant véhicule 8X8 dont les premiers exemplaires sont livrés début 1941.

Déplaçant 9 tonnes et pouvant filer à 80 km/h, les prototypes sont armés d’un canon de 37mm mais les véhicules de série sont au final armés d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm. De là nait une famille de véhicules avec une variante d’appui rapproché, un véhicule de commandement, un véhicule de dépannage, une variante pour le génie ne dépassant pas le stade du prototype.

Le premier nommé apparu en septembre 1944 avec un canon de 75mm court dérivé de l’obusier de montagne modèle 1942 destiné à remplacer le canon de 65mm suivit par les véhicules de commandement (la tourelle était allongée et munie d’un canon factice) et de dépannage.

En ce qui concerne les chars légers, ils équipent au sein des GRDI de métropole  les unités précédemment équipées d’AMR 33 et 35, le régiment de découverte des Divisions Cuirassées ainsi qu’un groupe de reconnaissance intégré à chaque brigade cuirassée.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.

Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo.

En ce qui concerne les dragons portés, les Lorraine 38L sont remplacés par des Lorraine 39L puis par des Renault DAJ1, dérivé de la chenillette Renault DAE. Ce dernier était un véritable véhicule de combat avec un tourelleau armée d’une mitrailleuse de 7.5mm pour couvrir le débarquement des fantassins.

En ce qui concerne les chenillettes de ravitaillement, les Renault UE, UE2, DAE et Lorraine 37L sont toujours en service.