Mitteleuropa Balkans (66) Bulgarie (30)

L’armée de l’air bulgare dans le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

A l’été 1948 l’armée bulgare organise de grandes manœuvres militaires dans le nord du pays, manœuvres auxquelles assistent de nombreux attachés militaires.

L’un d’eux le colonel Svensson, attaché militaire suédois dira gravement dans ses mémoires «Ce genre de manœuvres c’est souvent l’occasion de retrouver des amis, de discuter mais là personne n’avait la tête à rire et à plaisanter. Les tensions étaient telles en Europe que le conflit était iminent. On se demandait qui allait y survivre et qui allait y succomber».

Durant ces manœuvres l’aviation bulgare fait étalage de sa puissance avec un équipement correct pour une armée de deuxième zone.

Messerschmitt Me/Bf-110

C’est ainsi qu’en matière de chasse la majorité de sa flotte est composée de Messerschmitt Me-109E et G, de Messerschmitt Me -110 et quelques vénérables PZL P.24 et Avia B-534 étant encore en ligne relégués à la défense locale au sein de la Réserve Stratégique.

Dornier Do-17

En matière de bombardement la flotte est hétéroclite avec des avions allemands (Junkers Ju-88, Dornier Do-17), italiens (Caproni Ca-313) et tchèques (Avia B-71).

Fieseler Fi-156 Storch

En ce qui concerne la reconnaissance même situation avec des avions allemands (Fieseler Fi-156 Storch et Focke Wulf Fw-189) et italiens (Reggiane Re-2003A et Fiat RS-16). La flotte d’entrainement et de transport est elle aussi composite ( Junkers Ju-52/3m, Bu-131, Heinkel He-46,Heinkel He-51,Heinkel He-72,Focke-Wulf Fw-44 Stieglitz,Focke-Wulf Fw-56 Stosser,Caproni Ca-100,Polikarpov Po-2)

Dès août 1948 les Troupes Aériennes Royales Bulgares (кралски български въздушни войски ou kralski bŭlgarski vŭzdushni voĭski) adoptent leur organisation du temps de guerre, une organisation qui à été pensée et repensée à plusieurs reprises durant la Pax Armada.

Sous un état-major on trouve quatre orlyaks polyvalents, chaque orlyaks disposant de quatre yatos, deux de chasse, un de bombardement et un de reconnaissance. Ces orlyaks sont destinés en théorie à opérer au profit des quatre armées dont la mise sur pied est prévue en cas de guerre.

Cela représente un total de 256 appareils de combat (128 chasseurs, 64 bombardiers et 64 avions de reconnaissance) destinés à l’appui-direct au corps de bataille comme on dirait aujourd’hui.

A cela s’ajoute une Réserve Stratégique composée de six yatos de chasse (soixante-douze appareils), quatre yatos de bombardement (quarante-huit appareils), deux yatos de reconnaissance (trente-deux appareils) et un yato de transport (seize appareils) soit un total de 168 appareils.

La formation et l’écolage bénéficie d’un orlyak particulier tout comme la surveillance maritime qui dispose de deux yatos de douze appareils qui doivent en théorie coopérer avec les huit Arado Ar196 de la marine même si les relations ne seront jamais bonnes, les marins aviateurs craignant d’être absorbés par les Troupes Aériennes Royales Bulgares.

Au final à la fin de la mobilisation l’aviation militaire bulgare comprend 448 appareils de combat plus des appareils d’entrainement et de liaison. Le nombre est en recul par rapport au début des années quarante mais comme les appareils sont plus modernes ce recul est considéré comme négligeable.

Aux avions s’ajoutent également des moyens au sol sous la forme d’une DCA destinée à protéger le territoire national. Elle dispose de canons de 76.5cm et de 88mm chargés de défendre les sites stratégiques en Bulgarie. Des canons légers de 20 et de 37mm sont également disponibles.

Si aucun radar n’est disponible un réseau de guêt aérien est mis sur pied pour gagner du temps et favoriser l’interception la plus précoce possible.

Durant la Pax Armada la Bulgarie expérimente le parachutisme militaire, mettant sur pied une compagnie expérimentale qui fait preuve de son efficacité au cours des différents manœuvres exercées chaque été sur le territoire national.

Malheureusement cette expérimentation n’aboutit pas à la pérennisation de l’unité qui est dissoute en septembre 1947 au grand dam des premiers intéressés. Certains écœurés démissionneront de l’armée.

Quelques parachutistes bulgares se retrouveront par hasard dans la Légion Etrangère et quand ce corps d’élite mettra sur pied au cours du second conflit mondial ses BEP (Bataillons Etrangers Parachutistes) ils y seront transférés et participeront à plusieurs sauts opérationnels notamment lors de l’opération PHENIX en attendant la 1ère guerre du Vietnam mais ceci est une autre histoire qui nous éloigne de notre sujet.

Les Troupes Aériennes Bulgares au combat

Comme nous le savons dans un premier temps la Bulgarie décide de rester neutre dans ce conflit qui s’annonce long et sanglant. Neutralité ne veut pas dire faiblesse et la chasse bulgare se charge de faire respecter l’intégrité de l’espace aérien national.

Dans un premier temps les appareils violant l’espace aérien sont poliment raccompagnés par les Me-109 et les derniers PZL et Avia encore en service (mais pour peu de temps tant les appareils sont usés et manquent de pièces détachées) mais très vite les incidents aériens se multiplient avec des avions roumains, soviétiques, yougoslaves, grecs et même turcs.

Selon les archives bulgares on compte 14 incidents en septembre, 27 en octobre, 32 en novembre et 56 en décembre 1948 !

Le 7 novembre 1948 un appareil yougoslave est abattu dans le sud de la Bulgarie. Le 15 novembre 1948 c’est un appareil turc qui subit le même sort.

On craint qu’un conflit armé ne s’engage mais les différents pays de la région parviennent à calmer la situation s’informant par exemple des vols d’entrainement dans les zones frontalières ce qui n’empêche pas que des vols de reconnaissance soient menés par les yougoslaves en Bulgarie et par les bulgares en Yougoslavie et en Grèce.

On peut trouver cela hypocrite mais ce qui est certain c’est que le nombre d’incidents diminue considérablement jusqu’à l’entrée en guerre de la Bulgarie contre la Yougoslavie.

Si l’armée bulgare ne participe pas directement à l’opération MARITSA, son aviation elle doit s’employer, des bombardiers yougoslaves larguant les premières bombes sur Sofia dont la gare de triage est d’une importance vitale pour l’Axe. A chaque bombardement plus ou moins dévastateur, la situation logistique de l’Axe en Grèce devenait très délicate ce qui est explicite quant à son importance.

Quelques combats aériens ont lieu avec des pertes des deux côtés mais aussi les premières victoires aériennes bulgares, le lieutenant Anatoli Petkov devenant dès le mois de juin 1949 le premier as bulgare après avoir abattu deux bombardiers yougoslaves, un bombardier grec, un chasseur français et un chasseur grec.

Une fois la Yougoslavie défaite, la Bulgarie occupe la Macédoine et le nord de la Grèce. Si les unités terrestres de l’armée de terre ne brillent guère au combat face aux alliés se montrant assez timides en revanche les aviateurs bulgares s’attirent vite le respect de leurs homologues grecs, français et britanniques, se montrant agressifs et particulièrement imaginatifs.

Le front balkanique n’était donc pas la sinécure qu’imaginaient certains pilotes opérant sur le front français. Loin de là même. C’était assez violent mais hélas pour les bulgares cela ne dura pas.

En effet les bulgares pouvaient difficilement renouveler leur parc aérien, dépendant de l’Allemagne pour cela. En face les alliés même si le front balkanique n’à jamais été prioritaire les appareils ne manquaient pas, appareils qui étaient de plus en plus modernes au point que les appareils bulgares ont été vite surclassés.

La reprise de l’offensive par les alliés ne va faire qu’aggraver la situation. Jusqu’ici les combats aériens concernaient moins le front que l’arrière, les alliés tout en étant sur la défensive au sol menaient une campagne de frappes stratégiques au dessus de la Bulgarie avec notamment le bombardement de la gare de triage de Sofia, le minage du Danube et différents raids sur les aérodromes bulgares qui abritaient des unités allemandes opérant au dessus des Balkans ou étant en transit en direction de l’URSS.

Cette fois les chasseurs bulgares doivent à la fois combattre les bombardiers lourds frappant l’arrière et les bombardiers médians attaquant le front et assurant l’appui-feu rapproché des troupes au sol même si cette dichotomie n’était pas toujours respectée, les alliés utilisant parfois la tactique controversée du carpet bombing (tapis de bombes) avec leurs bombardiers lourds.

Pour ne rien arranger les chasseurs alliés sont présents, les bombardiers (au grand dam de leurs équipages) servant d’appats pour la chasse alliée qui loin d’assurer une garde statique n’hésitaient pas à traquer les chasseurs bulgares un peu comme si un chien de berger quittait le troupe pour poursuivre un loup ayant attaqué le troupeau qu’il protégeait.

Si les alliés ne mènent pas aussi de la Bulgarie des raids de terreur contre les villes la précision des bombardements n’est pas aussi importante qu’espérée et les dommages collatéraux sont importants.

Outre les alliés occidentaux les aviateurs bulgares doivent affronter les bombardiers soviétiques qui commencent à viser le pays dès l’automne 1953 même si il n’y aura jamais de campagne planifiée ni même de concertation avec les alliés. Nul doute que les pilotes bulgares auraient été mis en grande difficulté si une telle stratégie avait été adoptée.

A la fin du conflit le Corps d’Aviation de l’Armée Bulgare (nouveau nom suite au changement de camp, la monarchie si elle n’est pas abolie de jure l’est clairement de facto) n’est plus que l’ombre de lui même avec une poignée d’appareils et très peu de pilotes.

A la fin du conflit le Corps d’Aviation de l’Armée Bulgare est dissous par l’occupant soviétique qui va trainer des pieds pour créer une armée de l’air bulgare qui ne renaitra officiellement que le 14 septembre 1959 avec la mise en place d’unités d’entrainement en attendant la création début 1960 d’unités de combat mais ceci est une autre histoire.

Organisation

-Un état-major

-1. Orlyak

Messerschmitt Me-109G

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109E et un autre équipé de Messerschmitt Me-109G

Junkers Ju-88 en vol

-Un yato de bombardement équipé de Junkers Ju-88

-Un yato de reconnaissance équipé de Focke-Wulf Fw-189

-2. Orlyak

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109E et un équipé de Messerschmitt Me-109G

-Un yato de bombardement équipé de Dornier Do-17

-Un yato de reconnaissance équipé de Reggiane Re-2003A

-3. Orlyak

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109E et un équipé de Messerschmitt Me-109G

Caproni Ca-313

-Un yato de bombardement équipé de Caproni Ca-313

-Un yato de reconnaissance équipé de Focke-Wulf Fw-189

-4. Orlyak

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109G et un équipé de Messerschmitt Me-109E

Tupolev SB. L’Avia B-71 était la variante produite sous licence par la Tchécoslovaquie

-Un yato de bombardement équipé d’Avia B-71

PZL P.43

-Un yato de reconnaissance équipé d’anciens bombardiers PZL P.43

Réserve Stratégique (стратегически резерв strategicheski rezerv)

Avia B-534

-Six yatos de chasse : deux équipés d’Avia B-534, deux équipés de PZL P-24, un équipé de Messerschmitt Me-109G et un équipé de Messerschmitt Me-110

-Quatre yatos de bombardement : un équipé d’Avia B-71, deux équipés de Junkers Ju-88 et un équipé de douze Bloch MB-200 produits en Tchécoslovaquie (doivent être remplacés par des appareils plus modernes en l’occurrence des Ju-88)

-Deux yatos de reconnaissance : un équipé de Focke-Wulf Fw-189 et un équipé de Fieseler Fi-156 Storch

-Un yato de transport équipé de Junkers Ju-52/3m

Orlyak de surveillance maritime : Deux yatos de reconnaissance maritime, un volant sur Fiat RS-16 et un sur des Dornier Do-11D

Orlyak d’instruction : différents appareils d’entrainement

Mitteleuropa Balkans (65) Bulgarie (29)

ARMEE DE L’AIR

Histoire

Jeunes années

L’armée de l’air bulgare est aujourd’hui une force indépendante de l’armée de terre et de la marine mais cela n’à naturellement pas toujours été le cas.

Le premier contact de l’aérien pour l’armée bulgare remonte à la foire internationale de Plovdiv en 1892. Bien entendu à l’époque il n’est aucunement question d’avion mais plutôt de ballons. Deux lieutenants de l’armée bulgare effectuent un vol à bord du ballon La France menée par Eugène Godard.

Les deux lieutenants (NdA si quelqu’un retrouve les noms) sont très enthousiastes et parviennent à convaincre leur hiérarchie de l’utilité pour l’armée bulgare de posséder une force de ballons pour l’observation.

Seulement voilà tous les pays refusent d’ouvrir leurs portes à des militaires bulgares et ce jusqu’à ce que l’école d’aviation impériale de Saint Pétersbourg accepte le lieutenant Vasil Zlatarov dans son enceinte.

Le 20 avril 1906 une escadrille aérienne (Vazduhoplavatelno Otdelenie) voit le jour pour utiliser des ballons d’observation. Intégré au bataillon de chemins de fer, le lieutenant Zlatatrov en est le premier commandant. Cette date est considérée comme la date de naissance de la Voennovazdushni sili, l’armée de l’air bulgare.

L’unité met d’abord en œuvre des ballons de taille réduite mais en 1911 un ballon Godard plus gros est commandé et surtout en 1912 le premier ballon de conception et de fabrication bulgare baptisé Sofia-1 est produit (tout de même avec des composants venus de Russie).

Le plus léger que l’air cela peut être intéressant mais son utilisation est particulièrement soumise aux aléas météos notamment le vent.

Farman III au décollage

C’est ainsi qu’en 1910 un ingénieur russe Boris Maslennikov est invité en Bulgarie pour présenter un avion de sa fabrication en l’occurrence une modification du Farman III, un avion français. Cette démonstration est un succès et le gouvernement bulgare décide de commander des avions.

Début 1912, treize officiers de l’armée de terre sont envoyés à l’étranger pour être entrainer au pilotage. Parallèlement cinq avions sont commandés en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Les bulgares envoyés en France sont les premiers à revenir (juillet 1912) et à la même date le premier avion est livré, un Bleriot XXI avec lequel Simeon Petrov devient le premier bulgare à piloter un avion au dessus du territoire national (13 août 1912).

C’est alors qu’éclate la première guerre Balkanique. La petite aviation bulgare reçoit en hâte quelques appareils et pour les utiliser des volontaires étrangers rallient le royaume de Ferdinand 1er pour combattre sous les couleurs rouge vertes et blanches.

Les missions sont essentiellement des missions de reconnaissance mais le 16 octobre 1912 deux aviateurs bulgares effectuant un vol de reconnaissance au dessus d’Edirne à bord d’un Albatros F.2 larguent également deux bombes.

A la fin du mois d’octobre, le corps aérien bulgare passe de un à trois pelotons d’aviation. Bien aidés par les russes, les bulgares perdent tout de même trois appareils. L’impact militaire était limité mais l’impact psychologique et moral était tout simplement dévastateur sur les troupes ottomanes.

Durant ce conflit l’armée bulgare va effectuer 70 sorties dont 11 pour des missions de bombardement. En revanche durant la deuxième guerre Balkanique, seulement six sorties sont réalisées. De nombreux appareils sont livrés à la Bulgarie par différents constructeurs essentiellement français.

L’aviation bulgare dans le premier conflit mondial

La Bulgarie entre en guerre le 4 octobre 1915 aux côtés des Empires Centraux. A l’époque «l’aviation bulgare» est en mauvais état avec des appareils dépassés faute de pays acceptant de vendre à Sofia. La section aéronautique de l’armée de terre bulgare est remise sur pied avec l’aide de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

Les avions vont opérer d’abord depuis Sofia (d’où ils réalisent le chiffre remarquable de onze sorties de combat, le site en question étant aujourd’hui la gare centrale de la capitale bulgare) puis depuis Kumanovo (actuellement en Macédoine du Nord) enfin opérer c’est vite dit car le mauvais temps rend les opérations particulièrement compliquées.

Le front avançant, les avions bulgares sont redéployés à Belitsa et Xanthi soit depuis le nord de la Grèce actuelle. Par la suite de nouveaux aérodromes sont aménagés à Udovo et Levunovo, villes situées actuellement dans le sud-est de la Macédoine du Nord et dans le sud-ouest de la Bulgarie.

Les premières opérations sont essentiellement des missions de reconnaissance mais très vite il faut penser à des opérations de chasse et de bombardement ne serait-ce que pour contrer les missions de reconnaissance et de bombardement menées par les alliés qui ont décidé de solidement s’installer en Grèce.

Durant le conflit l’aviation bulgare va faire ce qu’elle peut avec ce qu’elle à. Malgré tous ses efforts, les moyens aériens bulgares resteront toujours inférieurs à ceux déployés par les alliés.

La 1ère section d’aéroplanes est rattachée à la 2ème Armée et va réaliser 255 sorties contre 397 pour les quatre squadrons de l’Entente qui lui font face.

Cette section va disposer de plusieurs types d’appareils comme le LVG B.II (douze exemplaires), un appareil de reconnaissance biplace utilisé également pour la chasse, le premier groupe de six appareils arrivant dès novembre 1915.

On trouve également treize bombardiers Otto C.I (premier appareil livré en mai 1916), dix-huit Albatros C.III utilisés pour la reconnaissance et pour l’entrainement (premières livraisons en août 1916), douze avions de reconnaissance DFW C.V dont les premiers arrivent en août 1917.

Fokker D.VII

L’aviation bulgare reçoit également des chasseurs à savoir six Roland D.II (livrés en juillet 1917), six Roland D.III (livrés fin 1917), trois Fokker E.III (premières livraisons au printemps 1916) mais aussi huit Fokker D.VII livrés en septembre 1918 mais qui ne connurent aucune mission de combat, sept étant envoyés à la casse par le Traité de Neuilly-sur-Seine, le huitième étant transformé en biplace d’entrainement et donc préservé.

Les deux Albatros C.I ont été acquis de manière indirecte. Ces appareils se sont posés en Bulgarie début 1915 à une époque où le royaume de Ferdinand 1er était encore neutre. Les appareils sont donc saisis et remis en service dans l’aviation militaire bulgare.

On trouve également huit hydravions de bombardement Friedrichshafen FF.33 livrés en 1916 et deux hydravions de chasse Rumper 6B1 également livrés en 1916.

Albatros D.III

A noter que certains pilotes bulgares ont volé au sein d’unités allemandes et ont pu voler sur d’autres appareils comme l’Albatros D.III ou encore l’Halberstadt. Cela explique pourquoi certains textes disent que ces appareils ont volé sous les couleurs bulgares alors que ce n’était pas le cas.

Des appareils alliés furent également capturés et réutilisés comme un bombardier Farman F.40 ou encore un Armstrong Whitworth F.K.3 mais aussi un Nieuport 24bis et un Nieuport 27.

L’aviation bulgare va également opérer au dessus de la mer. Dès 1912 des bulgares sont envoyés en Allemagne pour se former aux subtilités du pilotage et de l’utilisation d’appareils au dessus des flots. L’entrainement se termine juste au moment où éclate le premier conflit mondial et en novembre 1915 une hydrobase sous contrôle allemand est installée à Varna.

Elle utilise d’abord quatre Friedrichshafen FF.33 et un Rumpler 6B1, les premiers étant comme nous l’avons vu des bombardiers, le second un chasseur. Ultérieurement une autre hydrobase est installé sur le lac de Varna cette fois sous contrôle bulgare, base utilisant les mêmes appareils.

Pour améliorer la permanence au dessus de la côte méridionale de la Bulgare une base de ravitaillement en carburant et munitions est installée près de Sozopol. Fin 1917 l’hydrobase allemande de Varna est transférée à la marine bulgare et au moment de l’armistice, l’aéronavale bulgare comprend deux hydrobases, une base de ravitaillement, trois hangars, trois ateliers, des dépôts de munitions et dix hydravions. Une fois les combats terminés les hydravions sont utilisés pour repérer les champs de mines avant d’être démolis sous contrôle allié sur l’aérodrome de Bozhurishte.

Des ballons statiques d’observation sont également utilisés par les bulgares qui accueillent sur leur territoire des dirigeables allemands. Ces derniers vont opérer au dessus de la mer Noire et de la Roumanie mais certains vont tenter des missions d’une audace folle comme le ravitaillement de l’Afrique orientale allemande ou le bombardement de Naples et de Port Said !

Le 4 octobre 1918 le tsar Boris III signe l’acte royal de démobilisation qui marque le retour de l’armée bulgare à un format du temps de paix. Le groupe d’aéroplanes basé à Bozhurishte doit comprendre les unités suivantes :

-deux compagnies d’aéroplanes

-Une école de formation

-Un atelier

-Un dépôt.

Seulement voilà le 27 novembre 1919 le Traité de Neuilly-sur-Seine est signé. Ce traité interdit à l’armée bulgare de mettre en œuvre des avions et ce pendant pendant vingt ans soit jusqu’en 1939. Tous les appareils, ballons, équipements, munitions et infrastructures doivent être détruites sous contrôle allié. Aucun appareil civil ne peut être acquis également et même l’espace aérien allié doit être sous contrôle allié.

Durant l’année 1920 70 avions, 110 moteurs, 3 ballons, 76 mitrailleuses, des caméras photos et différentes équipements sont détruits. Quelques appareils échappent à la destruction en étant cachés aux yeux des inspecteurs alliés comme sept DFW C.V, des Albatros C.III et un Fokker D.VII survivent à cette destruction tout comme dix moteurs.

Dès le début le gouvernement bulgare tente de contourner cette interdiction mais les alliés veillent et interdisent par exemple la création d’une section aéronautique de la Gendarmerie. Néanmoins en 1920 des aviateurs bulgares assemblent deux appareils à partir d’éléments récupérés ici et là, appareils qui vont réaliser plus de 1000h de vol. Le Fokker D.VII comme nous l’avons vu est transformé en biplace d’entrainement et peut reprendre du service.

La Renaissance

Au milieu des années vingt on assiste à un certain assouplissement des alliés qui autorisent en 1923 la Bulgarie à renouer avec l’aviation. Des cadets entrent ainsi dans une école de formation installée à Vrazhdebna et en 1924 des appareils neufs sont acquis (Potez VIII, Caudron C.59, Henriot XD.14 et Bristol 29 Tourer mais aussi des hydravions Avro 522. Un hydravion de conception nationale voit même le jour mais n’aboutira pas à une production en série.

Toujours en 1924 la section d’aéroplanes devient le directorat des vols aériens mais reste sous le contrôle du ministère des chemins de fer, des services postaux et télégraphiques. Autant dire un domaine fort éloigné des opérations militaires.

En 1925 de nouveaux appareils sont livrés, un modèle français (Potez XVII), un modèle britannique (Bristol Lucifer) et un modèle italien l’hydravion Macchi 2000/18.

Le gouvernement bulgare prépare également l’avenir et en 1925 invite un groupe d’ingénieurs allemands en Bulgarie pour aider à la mise sur pied d’un constructeur aéronautique national. C’est l’acte de naissance de l’Atelier de Construction Aéronautique d’Etat ou en version originale Darzhavna Aeroplanna Rabotilnitsa (DAR). D’autres tentatives seront menées par des industriels tchécoslovaques et italiens avec des résultats contrastés.

Le DAR commence par produire des copies d’avions allemands du premier conflit mondial (le Uzounov [DAR] U-1 copie du DFW C.V et le DAR-2 copie de l’Albatros C.III) tout en étudiant son premier modèle original baptisé DAR-1 qui allait entrer en service en 1926.

En 1926 l’Ecole de Formation est déplacée à Kazanlak pour échapper à l’oeil inquisiteur de la commission de contrôle allié qui restait vigilante à ce que les libertés accordées aux bulgares ne soient pas exploitées.

En 1927 le directorat dispose d’un yato (escadron/squadron) de chasse volant sur DAR-1, un yato de bombardement volant sur DAR U-1 et DAR-2, un yato de reconnaissance volant sur Potez XVII et un yato d’hydravions volant sur Avro 522 et Macchi 2000/18. l’Ecole de formation dispose de Caudron C.59, de Hanriot HD.14 et de Somlnik S.18.

En 1928 le ministère de la Guerre entame un ambitieux programme de dix ans pour développement son aviation militaire (pourtant toujours officiellement interdite par le traité de Neuilly-sur-Seine).

Ce plan prévoit quatre orlyaks (groupe aérien) de chasse composés de deux yatos soit un total de 96 chasseurs, quatre orlyaks de reconnaissance eux aussi composés de deux yatos chacun soit 96 avions de reconnaissance, dix-huit yatos de reconnaissance divisionnaire disposant chacun de douze appareils soit 216 appareils mais aussi une brigade de frappe avec un orlyak de 48 chasseurs, un orlyak de bombardement de 36 bombardiers et un orlyak de reconnaissance avec deux appareils et pour finir un orlyak d’aviation navale composée de deux yatos d’hydravions de chasse (vingt-quatre appareils) et deux yatos d’hydravions de bombardement (dix-huit appareils).

En 1933 le Conseil des Ministres l’organisation en temps de guerre de l’aviation militaire bulgare qui doit comprendre un orlyak mixte composée d’un yato de chasse, d’un yato de bombardement, d’un yato de reconnaissance et d’un yato de liaison. On trouve également un yato naval, un orlyak d’entrainement ainsi que l’Ecole de Formation installée à Kazanlak. A noter que la compagnie de ballons ne sera jamais créée car le ballon est considéré à juste titre comme inadapté à la guerre moderne.

En 1934 l’aviation bulgare qui était devenu un régiment d’aviation (date du changement inconnu) change à nouveau de nom en devenant les Troupes Aériennes Royales (ou de Sa Majesté) avec un état-major, deux orlyaks (basés à Bozhurishte et Plovdiv), un orlyak d’entrainement (Plovdiv), un yato maritime (NAS Chaika, Varna) et différentes unités de soutien.

L’armée de l’air bulgare : dévellopement et expansion

A la fin des années trente la Bulgarie peut enfin réarmer ouvertement et acquérir le matériel moderne dont elle à besoin.

Arado Ar65

Dès 1937 elle va recevoir douze chasseurs Arado Ar65, douze chasseurs Heinkel He-51, douze bombardiers Dornier Do-11 et douze avions de reconnaissance Heinkel He-45B. Ces quarante-huit appareils sont un don personnel d’Hermann Göring à Boris III.

Dornier Do-11

Lors d’un défilé militaire pour la Saint George (23 avril) l’aviation militaire bulgare participe au défilé et les nouveaux drapeaux sont distribués peu après en présence de Boris III.

PZL P.24

Toujours en 1937 de nouveaux avions sont commandés, des avions polonais avec quatorze chasseurs PZL P.24B et douze bombardiers PZL.43A. En 1938 une nouvelle commande est passée pour quarante-deux bombardiers légers PZL.43B et douze chasseurs PZL.24F, des évolutions des appareils commandés auparavant. Suite à la chute de la Pologne une partie seulement de la commande sera honorée.

PZL P.43

Toujours en 1938 la Bulgarie profite du démantèlement de l’armée de l’air tchécoslovaque pour récupérer à vile des prix des appareils relativement modernes.

C’est ainsi que Sofia va récupérer 78 chasseurs biplans Avia B-534, 32 bombardiers Avia B.71 (qui est la version produite sous licence du Tupolev SB), douze bombardiers Bloch MB-200, soixante-deux avions de reconnaissance Letov S-328 et vingt-huit avions d’entrainement Avia Bs.122.

Bloch MB-200

Quand la guerre de Pologne éclate, la Bulgarie dispose de 374 appareils de combat plus d’autres appareils en commande en l’occurrence dix chasseurs Messerschmitt Me-109E-4, dix bombardiers Dornier Do-17M/P, six avions de liaison Messerschmitt Bf-108, vingt-quatre avions d’entrainement Arado Ar-96B et quatorze avions d’entrainement Bücker-Bestmann Bü-131.

Sur le plan des structures les troupes aériennes royales comprennent quatre orlyaks numérotés 1 à 4, chaque orlyak devant être rattaché à l’armée dont il porte le numéro. Chaque orlyak dispose d’un yato de chasse, d’un yato de bombardement et de deux yatos de reconnaissance. On trouve également deux orlyaks indépendants numérotés 5 et 6 ainsi que des unités d’entrainement sur différents aérodromes du pays. Fin 1940 alors que la guerre de Pologne à prit fin depuis un an les bulgares disposent de 595 appareils et de 10287 hommes.

Durant la Pax Armada l’armée de l’air bulgare va être réorganisée et renforcée en profitant des investissements militaires effectués par le gouvernement.

Globalement en septembre 1948 les troupes aériennes royales sont bien entrainées et bien équipées à l’échelle bulgare cela va s’en dire. La plupart des chasseurs sont relativement modernes et vont donner du fil à retordre à tout ennemi voulant le combattre.