Pologne et Pays Neutres (72) Suède (7)

FORCES ARMEES SUEDOISES

Une histoire militaire de la Suède, une histoire de l’armée de terre suédoise

Aux temps jadis

L’histoire militaire de la Suède est ancienne avec des combats documentés depuis la Préhistoire et durant la période Viking où des roitelets suédois s’affrontaient pour le contrôle du pays.

Les armées étaient composées de levées d’hommes libres ou Ledung réalisées à la belle saison soit les deux ou trois mois d’été pour d’abord réaliser des raids en direction des îles britanniques et de l’Europe occidentale pour pour combattre sur terre.

Cette institution référencée depuis le 11ème siècle voyaient des hommes libres venir armés avec quelques jours d’approvisionnement. Ces hommes n’étaient donc pas parmi les plus pauvres des sociétés scandinaves.

Passionnés reconstituant la garde varègue

Approximativement à la même époque aux confins de l’Europe et de l’Asie, une unité militaire de recrutement scandinave entre au service des empereurs byzantins, la célèbre garde varègue.

La Tagma ta Varangon était composée de soldats venus d’abord du monde scandinave puis de plus du monde anglo-saxon.

En 874 les Rus (des vikings qui donnèrent naissance à la Russie) rentrent au service de l’Empire byzantin. La garde varègue est officiellement fondée en 988 par Basile II Bulgaroctone.

Ce dernier (NdA mon empereur byzantin favori) devait faire face aux rébellions de Bardas Phocas et de Bardas Skléros et n’avait pas confiance dans sa garde byzantine. Un traité signé avec la Russie kiévienne de Vladimir 1er permet l’envoi d’un contingent de 6000 hommes.

Jusqu’au 11ème siècle, les gardes varègues sont essentiellement scandinaves (Suède, Danemark, Norvège, Islande) mais après la conquête normande de l’Angleterre (1066) nombre d’anglo-saxons s’enfuient et s’engagent dans cette garde.

Outre la protection de l’empereur, cette garde à été engagée en Italie au 11ème siècle contre les normands et les lombards. La garde défend la ville de Constantinople en 1204, les croisés évitant les remparts défendus par les guerriers scandinaves et anglo-saxons.

Disparaissant suite à cet événement dont l’empire byzantin ne se révélera jamais vraiment, la garde varègue renait à Nicée sous la forme d’un régiment de porteurs de hache (Keltai Pelekophroi), l’un des cinq régiments de la garde. Ce régiment veille également sur le trésor impérial.

Les gardes varègues affichent une grande loyauté à l’empereur en fonction ce qui étonne les grecs habitués aux complots et au «machiavélisme». Je dis bien en fonction et non à l’homme car dès qu’un empereur était détrôné et/ou assassiné, les gardes prêtaient serment à son successeur surtout après avoir pu se servir dans le trésor impérial.

Les sources se font plus discrètes à partir du début du 15ème siècle, la garde varègue passant alors de l’histoire à la légende.

Aux temps modernes

Avant de devenir une pacifique et pacifiste social-démocratie, la Suède à connu de nombreux conflits notamment contre la Russie pour le contrôle des régions baltes et de la Finlande.

La première véritable guerre entre deux états constitués remonte au conflit russo-suédois de 1495-1497. Les russes alliés aux danois défont les suédois, Jean de Danemark récupérant le trône de Suède à cette occasion. Une paix est signée en 1508 entre la Suède et la Russie allait durer près de soixante ans.

C’est en 1521 dans le cadre de la guerre suédoise de libération que l’Armen, l’armée de terre suédoise voit officiellement le jour au travers d’un événement symbolique. Cet événement c’est le choix de seize jeunes nobles pour protéger Gustave Vasa, l’homme qui secoua la tutelle danoise pour permettre la renaissance de la Suède. Cette unité reçoit logiquement le nom de Svea Livgardet (Svea Life Guard), unité qui existe encore aujourd’hui pour protéger le roi de Suède et la famille royale suédoise.

Un nouveau conflit russo-suédois ou suédo-russe à lieu de 1554-1557 suivit de la Guerre de Livonie de 1558 à 1582, la Suède récupérant à cette occasion l’Estonie pendant que le condominium polono-lituanien récupère la Livonie, la Courlande et Semigallia, le royaume de Danemark-Norvège récupérant l’île d’Ösel.

La Russie prend sa revanche lors d’une nouvelle guerre entre 1590 et 1595 mais d’avril 1609 à juin 1611 les russes et les suédois sont pour une fois alliés mais sont battus par les forces du condominium polono-lituanien.

Durant ce conflit la Suède aligne 5000 hommes essentiellement…..finlandais alliés à des troupes russes plus nombreuses (entre 5 et 30000 hommes). Les pertes sont selon les chroniqueurs de l’époque très élevées (chiffres exacts inconnus).

En 1598/99, Sigismond III Vasa est déposé ce qui met fin à l’union entre la Pologne et la Suède (1592-1599). Une première guerre à lieu de 1600 à 1611 pour le contrôle de la Livonie et de l’Estonie, contrôle auquel il faut ajouter une lutte entre Charles IX et Sigsmond III pour le contrôle du trône de Suède. Ce conflit se termine par une trève.

La Guerre de Kalmar (1611-1613) oppose la Suède et le Danemark et se termine si on peut dire par un match nul.

De 1610 à 1617 à lieu la Guerre d’Ingrie et les choses rentrent dans l’ordre puisque suédois et russes s’affrontent.

La Russie est à nouveau vaincue devant céder à la Suède l’Ingrie, le Keexholm et la forteresse de Noteborg. A cela s’ajoute une indemnité de 20000 roubles. En échange Gustave II Adolphe rend Novgorod et reconnaît Michel III comme tsar de Russie. Pour près d’un siècle la Russie perd tout accès à la mer redevenant une pure puissance continentale.

Après deux conflits de faible importance en 1617/1618 et de 1621 à 1625, un nouveau conflit majeur à lieu entre la Suède et la Pologne de 1626 à 1629. Si les suédois engagent 47800 hommes, les polonais en engagent 49480 mais là encore les résultats sont maigres.

Un nouveau conflit polono-suédois à lieu de 1655 à 1660 dans le cadre plus générale de la 2ème guerre du Nord, la Suède récupérant la Scanie, le Halland, la Blekinge, le Bokuslan et l’île de Vens. A cela s’ajoute la reconnaissance de la souveraineté suédoise sur la Livonie mais la Nye Sverige est absorbée par la Nouvelle Néderlande.

Une nouvelle guerre russo-suédoise à lieu de 1656 à 1658 dans le cadre encore de la 2ème guerre du Nord, la Suède mobilisant des effectifs conséquents puisqu’ils sont rapidement multipliés par dix passant de 2230 à 25000 hommes. En face les russe sont 42 à 45000 hommes. Les pertes sont lourdes pour des gains particulièrement limités.

Quelques années après la mort de Gustave II Adolphe la Suède est toujours au sommet de sa puissance sous les règnes de deux derniers rois impérialistes à savoir Charles XI et surtout Charles XII.

C’est l’armée des karoliner (de carolus/karol/Charles), une armée de taille réduite en raison d’un réservoir démographique très limité. C’est probablement les pertes abominables de la Grande Guerre du Nord qui expliquent en partie le fait que les successeurs de Charles XII ont choisit d’abandonner l’impérialisme.

Les soldats sont fournis par un système d’alotements, un groupe de fermiers doit équiper un soldat ou un cavalier en échange d’exemptions fiscales. Cela donne une armée permanente de 7000 fantassins, de 3000 cavaliers et de 600 marins, l’armée est organisée en régiments permanents. A cela s’ajoute un corps de garde du corps héritier des Svea Livgardet appelé Livdrabanterna. C’est à cette époque qu’apparait le fameux uniforme bleu et jaune.

Chaque compagnie d’infanterie dispose d’un tiers de piquiers et de douze grenadiers. En 1704 tous les soldats disposent de baïonnettes. Les cavaliers disposent d’un mousquet, de deux pistolets et d’une épée.

Chaque régiment d’infanterie disposait de 1200 hommes répartis en deux bataillons de 600 hommes eux mêmes divisés en quatre compagnies de 150 hommes. Sur le champ de bataille les régiments étaient déployés en quatre ou six rangs.

Dans la première configuration les piquiers étaient au milieu flanqués par des mousquetaires, les grenadiers sur les ailes alors qu’en configuration six rangs, les piquiers étaient déployés sur les troisième et quatrième rangs.

Les régiments de cavalerie disposaient de 800 hommes et de 1000 chevaux. Le régiment était divisé en quatre compagnies de 200 hommes divisés en deux escadrons de 100 hommes.

On trouve également des unités irrégulières appelées Vlachs utilisées pour la reconnaissance et la poursuite.

La Grande Guerre du Nord (1700-1721) est probablement le conflit entre la Russie et la Suède ayant eu le plus grand impact puisque c’est non seulement la fin de la Suède comme puissance impérialiste mais surtout l’émergence de la Russie comme puissance européenne incontournable, la Russie de Pierre le Grand retrouvant un accès à la mer.

La Suède qui à mobilisé des effectifs particulièrement importants (77 puis 110000 hommes) à été saignée à blanc ce qui explique peut être pourquoi les successeurs de Charles XII ont tourné le dos à toute épopée impérialiste. Sur le plan territorial la Suède perd Brême-et-Verden, la Poméranie occidentale, le Schleswig-Holstein, la Carélie, l’Ingrie, l’Estonie et la Livonie.

Une nouvelle guerre russo-suédoise à lieu du 8 août 1741 au 18 août 1743. A l’époque la vie politique suédoise est divisée entre le parti des Chapeaux et le parti des Bonnets, les premiers rêvant de prendre leur revanche sur la Russie et de restaurer la grandeur suédoise.

Ce parti que l’on pourrait qualifier de nationaliste est en parti manipulé par la diplomatie française afin d’empêcher la Russie d’aider son allié autrichien. Une guerre éclair doit permettre de récupérer avec seulement 8000 hommes engagés les territoires perdus et favoriser un nouveau coup d’état. Malheureusement la nouvelle tsarine Elisabeth refuse de rendre à la Suède les provinces baltes. Très vite débordée la Suède perd de nouveaux territoires.

Les gardes du corps dans leur uniforme modèle 1765

La guerre russo-suédoise de 1788-1790 (juin 1788-août 1790) mobilise 38000 soldats côté suédois mais les combats sont peu nombreux. C’est le retour au statu quo ante bellum et cela entrainera l’assassinat de Gustave III Adolphe .

Le dernier conflit entre les deux pays à lieu du 21 février 1808 au 17 septembre 1809. 36000 suédois vont combattre 55000 russes avec de lourdes pertes (7000 tués d’un côté 10000 de l’autre).

Non seulement la Suède perd définitivement la Finlande mais la défaire entraine la déposition de Gustave IV Adolphe qui connait un sort plus enviable que celui de son père en étant exilé en Suisse.

La Suède dans la guerre de Trente Ans : efficacité maximale !

Reconstitution moderne d’un soldat suédois à l’époque de Gustave II Adolphe

La grande guerre de la Suède c’est naturellement la Guerre de Trente Ans (1618-1648), conflit dans lequel la Suède s’engage à partir de juin 1630, devenant le champion du camp protestant avec le soutien financier de la France qui cherche moins à aider les protestants qu’à lutter contre les espagnols. Voilà pourquoi j’ai décidé de l’aborder dans une partie à part.

La Suède à la chance d’avoir à sa tête un chef militaire de premier plan en la personne de Gustave II Adolphe qui ne tarde pas à hérité d’un surnom adapté à savoir Le Lion du Nord. Outre de réelles qualités de chef, il est le théoricien le plus en vue aux côtés d’un Maurice de Nassau.

Une véritable révolution militaire à lieu au cours de ce terrifiant conflit. L’armée suédoise dispose d’une artillerie plus légère et plus mobile, d’une infanterie où les mousquetaires (c’est-à-dire des fantassins armés de mousquets) sont plus nombreux que les piquiers et d’une cavalerie qui combine le choc et le feu en remplaçant la caracole par la charge. Pas étonnant que l’armée suédoise d’abord composée essentiellement de suédois avant de devoir avoir recours au mercenariat remporte une série de victoires.

Pour connaître le nombre de soldats disponibles le Lion du Nord confie à l’Eglise le recensement. Il s’agit d’obtenir le maximum d’hommes de 16 à 60 ans et veiller à leur éducation morale et religieuse, le roi de Suède espérant obtenir des hommes plus fidèles et plus motivés que les mercenaires qui sont souvent très efficaces mais dont la loyauté est toujours incertaine.

Chaque province du royaume de Suède doit maintenir un régiment de 3264 hommes divisé en douze compagnies de 272 hommes. Quatre régiments permanents sont ainsi sur pied en Suède ce qui représente 13056 hommes auxquels il faut ajouter deux régiments en Finlande ce qui nous donne une armée permanente de 19584 hommes.

A cela s’ajoute treize compagnies de cavalerie (six suédoises, quatre finlandaises et trois nobles) de 250 hommes chacun soit 3150 cavaliers.

En campagne les régiments du temps de paix sont divisés en régiments de campagne de 1176 hommes divisés en huit compagnies de 147 hommes avec toujours la prédominance du feu sur l’arme blanche avec 21 officiers, 54 piquiers et 72 mousquetaires.

Ce qui fait la supériorité des suédois durant ce conflit c’est aussi une indéniable supériorité tactique puisque le Lion du Nord va admirablement associer les différentes armes pour obtenir la supériorité sur le champ de bataille.

Néanmoins en dépit de la volonté de Gustave II Adolphe d’aligner une armée nationale les pertes et les besoins en hommes vont imposer le recours au mercenariat venant d’Angleterre (un réservoir qui se ferme avec le début de la guerre civile anglaise), d’Ecosse et d’Allemagne.

Son efficacité resta cependant bonne car les mercenaires et leurs chefs se mirent au diapason des tactiques et techniques scandinaves. De plus certains chefs mercenaires parvinrent à occuper de hauts postes au sein de l’armée suédoise ce qui est naturellement une source de motivation supplémentaire.

Les grands régiments suédois sont donc des régiments territoriaux avec le Norrlands Storegemente appelé également Landsregemtet i Noorland, un régiment existant entre 1615 et 1624, il est alors divisé en tre trois régiments, les régiments de Vasterbotten, Hälsinge et un régiment transféré à la marine suédoise.

Le Upplands Storegemente (Landsregemtet i Uppland) est un régiment existant en 1617 et de 1623 à 1626. C’est une grosse unité avec trois régiments de campagne à huit compagnies et un régiment de cavalerie ce qui en fait pour ainsi dire une brigade. Il est alors divisé en quatre régiments, les régiments de Uppland, de Vastmanland, de Dolarma et un régiment de cavalerie des Upplands.

Le Södermanlands storegemente (Landsregemtet i Södermanland) est opérationnel en 1614 et en 1622 à 1624. Il comprend lui aussi trois régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie ce qui le rend plus souple d’utilisation en campagne.

De 1624 à 1627 il est démantelé et divisé en trois régiments, les régiments de Sodermanlands, de Narks et de Varmlands.

Le Östergötlands storegemente (Landsregemtet i Östergötlands) est opérationnel de 1618 à 1623 avec trois régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie. Il est divisé en 1623 en trois régiments, deux régiments d’infanterie (Östergötlands Jönköping) et un de cavalerie (régiment de cavalerie d’Östergötlands).

Le Västergötlands storegemente (Landsregemtet i Vastergötlands) est opérationnel en 1613 et de 1621 à 1624. Il se compose de trois régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie. Cette grosse unité est divisée en quatre régiments, trois d’infanterie (Skaraborg Alvsborg Västergötland-Dasland) et un régiment de cavalerie (régiment de cavalerie de Västergötland).

Le Smalands Storegemente (Landsregemtet i Smalands) est un régiment opérationnel de 1616 à 1624, régiment ou plutôt brigade car composé de trois régiments de campagne et un régiment de cavalerie. Cette unité est divisée en trois entre deux régiments d’infanterie (Kronoberg Kalmar) et un régiment de cavalerie (régiment de cavalerie du Smaland)

On trouve également d’autres régiments sur lesquels j’ignore tout : Finland Storegemente, Karelska storegemente, Västra Finlands storegemente, Mellersta Finlands storegemente et östra Finlands storegemente..

La constitution suédoise de 1634 remplace ses storegemente par des Mannergsregementen au nombre de 21 régiments d’infanterie et de 8 régiments de cavalerie.

La première victoire à lieu le 13 avril 1631 à Francfort sur l’Oder, 13000 suédois défaisant 6400 impériaux pour des pertes relativement modestes (800 contre 3000 dans l’autre camp). Bis repetita le 1er août 1631 à Werbern où 16000 suédois défont 23000 impériaux.

Le 7 septembre 1631 à lieu la Bataille de Breitenfeld, une victoire majeure des suédois et des saxons (respectivement 24 et 18000) contre 35000 impériaux. La répartition des effectifs suédo-saxons est révélatrice de la révolution militaire de l’époque avec 11319 mousquetaires, 4812 piquiers, 8700 cavaliers et 3928 officiers. Si les suédo-saxons ont 5500 pertes, les impériaux perdent 27000 hommes.

Le 9 mars 1632 à lieu la Bataille de Bomberg, une défaite suédoise les 12000 scandinaves ne faisant pas le poids face à 22000 impériaux.

Le 15 avril 1632 c’est la Bataille de Rain, les 37000 suédois remportant la bataille face à 21000 soldats impériaux. Elle est suivit le 16 août 1632 par la Bataille de Wiesloch (effectifs respectifs inconnus mais victoire suédoise), la Bataille d’Alte Veste (3-4 septembre 1632) (victoire impériale, l’Empire alignant à cette occasion 40000 hommes face à 46000 suédois.

Le 16 novembre 1632 à lieu la Bataille de Lutzen, une victoire suédoise mais une victoire à la Pyrrhus car le roi de Suède est tué à la tête de ses hommes, les effectifs étant cette fois identiques avec 19000 hommes de chaque côté.

Si le 8 juillet 1633 13000 suédois remportent la Bataille d’Oldendorf face à 4700 soldats impériaux, le 6 septembre 1634 à Nördlingen, les 25700 suédois (16000 fantassins et 9700 cavaliers 68 canons sont défaits par 34000 soldats impériaux et espagnols (20000 fantassins 13000 cavaliers 1000 artilleurs et 50 canons).

Pologne et Pays Neutres (45) Irlande (6)

FORCES ARMEES IRLANDAISES

Armée de Terre

Une histoire militaire de l’Irlande (1) : aux temps jadis

Comme vous le savez tous parfaitement chers lecteurs l’Irlande n’à pas été colonisée par les romains. Les historiens ont longtemps pensé qu’il n’y avait eu aucun projet de conquête et de simples relations commerciales.

La découverte près de Dublin des ruines d’un comptoir/fort/camp _rayez la mention inutile_ à remis en cause ce présuposé sans que la question soit définitivement tranchée.

En l’absence d’un pouvoir central fort l’île est soumise à des raids de pillage et de piraterie menés d’abord par les scots venus de l’île de Bretagne puis par les vikings.

Ces derniers s’installent dans la région de Dublin vers 840 et commencent un processus de colonisation. En 1014 les vikings et leurs alliés irlandais sont battus par Brian Boru à la bataille de Clontarf ce qui marque le début de la fin de la menace viking en Irlande.

En 1099 Magnus Barefoot roi de Norvège mène une campagne avec ses alliés irlandais contre des bandes armées de la verte erin. C’est une victoire à la Pyrrhus car sur le chemin du retour il tombe au nord de l’Irlande dans une embuscade qui lui est fatale.

Une siècle après leur arrivée en Angleterre les normands se tournent vers l’Irlande. Ils débarquent autour de Dublin initialement pour soutenir le roi du Leinster Dernot MacMurough contre ses rivaux.

Les normands s’assimilent peu à peu à la culture irlandaise au point qu’on parle d’Hiberno-Normands ou d’Irlando-Normands comme on parlait d’Anglo-Normands. Les Normands apportent le système féodal, les relations entre barons normands et lords irlandais sont changeantes avec des escarmouches régulières.

En 1542 tout change pour les irlandais. Un Royaume d’Irlande est mis en place, les Tudors tentant de passer du contrôle nominal de l’île à un contrôle plein et effectif. D’où la mise en place d’une Armée Royale Irlandaise qui va durer jusqu’en 1801 quand elle est supprimée suite à la mise en place de l’Acte d’Union en 1800.

Prendre le contrôle de la verte Erin est plus facile à dire qu’à faire. Ce n’est qu’au tout début du 17ème siècle (1607) que les anglais peuvent estimer contrôler effectivement l’île non sans devoir s’employer à réprimer quelques révoltes ici et là.

En 1640 Charles 1er en conflit avec le parlement souhaite mettre sur pied une nouvelle armée irlandaise pour lutter contre les révoltés écossais. Cette armée est majoritairement composée de catholiques et ne va pas tarder à se soulever contre l’Angleterre. Nombre de ses soldats vont rejoindre la Confédération Catholique Irlandaise.

En 1642 des renforts venus d’Angleterre arrivent sous le nom d’Armée Anglaise pour l’Irlande. Elle doit soutenir les royalistes irlandais. Dans le camp d’en face les écossais envoient une armée covenantaire. Pour simplifier encore la situation les protestants d’Ulster lèvent leur propre armée l’Armée de Laggan.

Cette armée commandée par Wellion Stuart se compose de 1000 fantassins et d’un détachement monté. Elle protège les possessions protestantes, escorte des convois, défend les protestants contre les catholiques et monte des raids de représaille. Elle remporte plusieurs batailles comme à Glennaquin le 16 juin 1942, à Clones le 13 juin 1643 mais perd à Benburb le 5 juin 1646 en dépit d’une légère supériorité numérique. Elle échoue également lors du Siège de Derry en 1649.

Elle bascule ensuite du côté parlementaire mais de manière désorganisée ce qui fait qu’elle cesse virtuellement d’exister fin 1649.

les irlandais ne se contentent pas de combatte sur le sol, ils cherchent également à porter la guerre sur le territoire ennemi. C’est ainsi que les 7 et 8 juillet 1644 2000 irlandais débarquent en Ecosse pour soutenir les royalistes contre les covenantaires.

Ce corps expéditionnaire remporte six batailles majeures : Tippermuir le 1er septembre 1644, Aberdeen le 13 septembre 1644 (la ville est mise à sac, une centaine de civils massacrée en bonus), Inverlochy (1645), Auldearn (9 mai 1645), Alford (2 juillet 1645) et Kilsyth (15 août 1645).

New Model Army

De 1649 à 1653 Cromwell et sa New Model Army mène une sanglante reconquête de l’Irlande contre laquelle les irlandais qu’ils soient issus de la confédération ou de l’ancienne armée royale irlandaise sont impuissants. Les restes de la Royal Irish Army vont ainsi suivre Charles II en exil pendant que les parlementaires maintiennent des troupes importantes sur l’île.

Une histoire militaire de l’Irlande (2) : aux temps modernes

Quand Charles II est restauré en 1660 il dissous rapidement la New Model Army en Angleterre mais conserve les unités anciennement du Commonwealth sur l’île d’Irlande avec 5000 fantassins et 2500 cavaliers. Très vite cette armée est progressivement épurée de cadres cromwelliens jugés peu surs.

En 1662 une nouvelle unité est créée par lord Ormonde. C’est la naissance du Royal Irish Regiment of Foot Guards que l’on pourrait traduire en «Régiment royal irlandais de gardes à pied» (NdA c’est tout de suite moins sexy).

Cette unité est active de 1662 à 1698 au sein de l’armée anglaise et de 1698 à 1791 au sein de l’armée française puisqu’ayant suivit Jacques II dans son exil après la Glorieuse Révolution. En 1697 après l’échec de plusieurs tentatives pour débarquer à nouveau en Irlande, l’armée jacobite est dissoute mais le régiment est immédiatement reconstitué sous le nom de Regiment de Dorrington au sein de l’armée du royaume de France qui comprend de nombreuses unités étrangères.

A sa création le régiment comprend douze compagnies et 1200 hommes mais en 1690 on compte 26 compagnies et 2080 hommes. Ce régiment participe à la guerre de Neuf Ans (conflit plus connu en France sous le nom de guerre de la Ligue d’Augsbourg 1688-1697), à la guerre de Succession d’Autriche, au soulèvement jacobite de 1745 et à la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Le régiment irlandais qui dépend d’une Brigade irlandaise (voir ci-après) devient ensuite le Régiment Roth puis le Régiment Walsh avant d’être dissous comme tous les régiments étrangers en 1791.

La Briogaid Eireannach pardon la Brigade Irlandaise voir le jour en mai 1690. Elle se compose de cinq régiments jacobites (Régiment de Lord, de Mountcashel, de Butler, de Feilding, d‘O’Brien et de Dillon) détachés au sein de l’armée royale en échange de l’envoi d’un corps expéditionnaire français de 5000 hommes (commandé par le marquis de Lauzun) en Irlande dans l’espoir de faire de l’île un bastion jacobite et ainsi distraire des moyens ennemis ailleurs que sur le continent.

La brigade irlandaise va participer à la guerre de la ligue d’Augsbourg, aux guerres de succession d’Espagne et d’Autriche, à la révolte jacobite de 1745.

Ultérieurement la brigade est réduite à quatre régiments (Mountcashel, O’Brien, Dorrington et Dillon). Après le traité de Limerick de 1691, 12000 jacobites intègrent l’armée française créant une armée en exil à Jacques II, armée distincte du régiment irlandais et de la brigade irlandaise (NdA vous avez dit compliqué ?).

La brigade irlandaise est dissoute le 21 juillet 1791. Trois régiments deviennent le 87ème RI (Dillon), le 88ème RI (Berwick ex-O’Brien) et 92ème RI (Dillon). Certains rallient l’armée des émigrés.

De 1794 à 1798 non sans une certaine ironie les britanniques mettent sur pied une Catholic Irish Brigade. Elle est levée à partir d’anciens membres de la brigade irlandaise opposée à la Révolution, mise sur pied favorisée par la politique de détente menée vis à vis des catholiques par William Pitt le Jeune. Elle combat outre-mer à Haïti et St Domingue puis tient garnison en Nouvelle-Ecosse. Au maximum elle à compté 4500 hommes.

Régiments étrangers de la Grande Armée. Au milieu en vert, un officier et un homme du rang de la Légion irlandaise

De l’autre côté du Channel Napoléon met sur pied une Légion Irlandaise. Créée le 31 août 1803 c’est à l’origine un bataillon d’infanterie légère destiné à une invasion de l’Irlande. L’unité devient par la suite un régiment à quatre bataillons. En août 1811 elle est officiellement devenue le 3ème régiment étranger (irlandais) mais en pratique on continuait de parler de Légion Irlandaise.

Après l’abandon du projet d’invasion des îles britanniques suite à la défaite de Trafalgar (21 octobre 1805), l’unité irlandaise participe à l’expédition de Walcheren en 1809, à la guerre péninsulaire en Ibérie (1807-1814) mais aussi à la campagne d’Allemagne en 1813. L’unité qui fût la seule unité étrangère à recevoir un aigle est dissoute le 28 septembre 1815 au moment de la Restauration.

Revenons un peu en arrière. En 1672 l’armée royale irlandaise est réorganisée en six nouveaux régiments d’infanterie du moins en théorie car en réalité et à part le régiment royal irlandais de garde à pied les autres régiments ne sont que des unités cadres existant seulement sur le papier.

C’est une armée essentiellement protestante, les catholiques servant à l’étranger. Les cadres expérimentés ont quitté le service actif et l’argent est souvent détourné.

En 1685 Jacques II frère catholique de Charles II accède au trône ignorant qu’il n’allait régner effectivement que trois ans. A cette époque la Royal Irish Army comprend les unités suivantes :

-Le Royal Irish Regiment of Foot Guards

-Le Earl of Granard Regiment

-Le Viscount of Mountjoy’s Regiment

-Le Sir Thomas Newcomen’s Régiment

-Le Thomas Fairfax’s Regiment

-Le Justin McCarthy’s régiment

-Le Théodore Russel’s Régiment

-A ces sept régiments d’infanterie vont s’ajouter trois régiments de cavalerie (Ormonde’s, tyrconnell et Ossory’s).

Cette armée à une vocation de défense territoriale. Néanmoins deux compagnies de garde à pied participent à la 3ème guerre anglo-hollandaise de 1672 à 1674.

Sous Jacques II les catholiques sont à nouveau autorisé à intégrer l’armée d’Irlande. Des officiers protestants sont remplacés par des catholiques. En 1686 deux tiers des hommes du rang et 40% des officiers sont catholiques.

Au moment de la Glorieuse Révolution des unités catholiques irlandaises sont envoyées en Angleterre mais elles sont désarmées quand Guillaume III débarque pour prendre le pouvoir au nom de son épouse Marie II Stuart.

Sur les régiments cités plus haut seul le régiment de Grannard est préservé car protestant mais il prend le nom de 18ème régiment à pied (18th Foot Regiment)

En Irlande les protestants ont créé l’Armée du Nord mais elle est vite battue par les forces loyales à Jacques II qui connaissent une brusque augmentation de leurs effectifs avec 45 régiments à pied à douze compagnies de ligne et une compagnie de grenadiers, huit régiments de dragons, sept régiments de cavalerie et un régiment de garde du corps montés (Cavalry Life Guard).

Jacques II débarque en Irlande le 12 mars 1689, Schomberg le commandant de l’armée de Guillaume III le 13 août. Cette dernière qui regroupe près de 20000 hommes est rapidement handicapée par des problèmes logistiques et sanitaires. En juillet 1690 Guillaume III remporte une bataille décisive à La Boyne, met le siège devant le Limerick en septembre, la guerre s’achevant en octobre par le traité signé à Limerick.

Sous Guillaume III sans surprise le recritement des catholiques est en théorie interdit mais en pratique c’est plus compliqué.

En 1699 le Disbanding Act est voté limitant les effectifs déployés en Irlande à 12000 hommes. Les étrangers sont libérés, le recrutement en Irlande est très encadré et très limité.

Au XVIIIème siècle l’armée irlandaise est davantage une armée de papier qu’autre chose. En 1767 les effectifs autorisés par le parlement britannique passe à 15235 hommes auxquels s’ajoute en 1769 3235 hommes supplémentaires autorisés par le parlement irlandais.

Des unités irlandaises participent côté britannique à la Guerre de Sept Ans notamment les 44th et 48th Foot Regiment, combattant sur le continent américain et à Cuba. Ils rentrent ensuite à Cuba en 1763.

Des unités irlandaises participent également à la guerre d’indépendance américaine contre les insurgents. Selon certains historiens 16% des hommes de rang et 31% des officiers étaient irlandais.

Le manque de troupes pour défendre l’île contre une possible/probable/potentielle invasion française entraine la mise en place d’une milice, les Volontaires Irlandaises qui ne tarde pas à devenir un mouvement politique.

Comme nous l’avons vu plus haut l’armée royale irlandaise disparaît en 1801 suite à l’Acte d’Union mais des régiments irlandais sont créés au sein de l’armée britannique. Des régiments s’illustrent durant les guerres napoléoniennes qu’il s’agisse du 88th Foot (Connaugh Rangers) ou du 27th Foot (Inniskilling).

Italie (3) Histoire (2)

L’Italie de l’Antiquité tardive au Haut Moyen-Age

Les barbares sont là !

Comme je l’ai précisé juste au dessous, la date de 476 est totalement arbitraire tout comme celle de 1492 pour marquer la fin du Moyen-Age (encore que pour cette dernière la découverte d’un nouveau continent bouleverse bien des certitudes).

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