Pologne et Pays Neutres (31) Portugal (11)

Une histoire militaire du Portugal (5) : le Portugal dans le premier conflit mondial

Infanterie portugaise début du 20ème siècle.

Quand la première guerre mondiale éclate le Portugal décide de rester neutre. Cela ne va pas durer et outre les combats en Afrique que nous verrons ultérieurement les soldats lusitaniens vont combattre sur le front occidental.

Le 9 mars 1916 après plusieurs mois de tensions et de vexations mutuelles, l’Allemagne déclare la guerre au Portugal. Le 15 juillet 1916 les britanniques demandent une participation militaire effective.

Soldats du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) armés d’une mitrailleuse Lewis

Une semaine plus tard le 22 juillet 1916 est créé le Corpo Expedicionario Portugues (CEP) fort de 55 à 60000 hommes selon les sources, le CEP devant être logiquement placé sous commandement britannique et plus précisément sous celui de la 1ère Armée britannique.

Parallèlement les portugais décident de soutenir la France en créant un corps d’artillerie lourde sur voie ferrée, le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI). Ce corps doit comprendre neuf batteries regroupés en trois groupes.

Initialement les portugais n’avaient prévu qu’une division d’infanterie renforcée mais finalement les divisions seront levées sur le modèle britannique. Le CEP va donc devenir un corps d’armée à deux divisions plus des unités d’appui et de soutien. Cela offre plus de souplesse dans l’organisation et l’utilisation.

Mortier Stokes de 75mm

La 1ère Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-1ère brigade (21ème, 22ème, 28ème et 34ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-2ème brigade (7ème, 23ème, 24ème et 25ème BI plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-3ème brigade (9ème, 12ème, 14ème et 15ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

La 2ème Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-4ème brigade (3ème, 8ème, 20ème et 29ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-5ème brigade (4ème, 10ème, 13ème et 17ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-6ème brigade (1er, 2ème, 5ème et 11ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurrs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI)

Moins connu que le corps expéditionnaire portugais on trouve le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI) destiné à appuyer les unités françaises. Le CAPI comprend un état-major, trois groupes mixtes de la taille d’un bataillon et une batterie dépôt. Chaque groupe comprend trois batteries, une équipée de canons de 320mm et les deux autres de canons de 190 et de 240mm. Si le premier modèle est français, les deux autres sont d’origine britannique.

Canons de 320mm sur voie ferrée

A son apogée le CAPI comprends 70 officiers et 1569 hommes mais au printemps 1918 il est tombé à 38 officiers et 553 hommes en raison de la réorganisation des forces portugaises, les deux derniers groupes devant intégrer le CEP, le premier groupe restant sous commandement français.

Le CAPI à été dissous le 30 novembre 1918 mais les soldats portugais ne sont rentrés qu’en avril 1919 après avoir participé au nettoyage du territoire français ravagé par les combats.

Après un entrainement au Portugal, les soldats lusitaniens rallient Brest par voie maritime. Le 6 novembre le CEP prend le contrôle d’un secteur de 18km organisé en trois lignes successives. Le secteur est divisé en quatre secteurs (niveau brigade), chaque secteur disposant de deux bataillons en ligne, un bataillon en soutien direct et un autre en réserve. Chaque division du CEP contrôle deux secteurs de niveau brigade, la troisième brigade de la division étant placée en réserve.

Soldats portugais en position. Ils portent la tenue standard de l’infanterie britannique.

Les soldats lusitaniens connaissent leur baptême du feu dès le 4 juin 1917 dans le secteur de Neuve-Chapelle. L’attaque allemande est repoussée par le 35ème bataillon d’infanterie arrivé seulement deux jours plus tôt. Dans la nuit du 12 juin, une attaque plus intense est repoussée par les 2ème, 3ème et 7ème bataillons.

Le 14 août 1917 le secteur tenu par les portugais subit une violente préparation d’artillerie. Elle est immédiatement suvit par l’infiltration des Stosstrupen, ces unités d’élite véritables précurseurs des commandos. L’assaut mené contre Neuve-Chapelle et Fauquissart est repoussé, des allemands sont faits prisonniers.

Un membre des Stosstrupen

Le 14 septembre 1917 les portugais lancent une contre-attaque locale qui aboutit à la capture de soldats allemands qui sont de précieuses sources pour les SR alliés. Signe qui ne trompe pas, l’ordre du jour de la 1ère Armée cite les faits d’armes des soldats lusitaniens.

Avant que les portugais ne prennent en charge seuls un secteur celui prévu est réduit de 18 à 12km , un secteur divisé en quatre secteurs (Fauquissart, Chapigny, Neuve-Chapelle et la Ferme du Bois).

A l’hiver 1917-1918, le moral des troupes lusitaniennes chute faute notamment de relève et aussi parce que certains se demandent clairement ce qu’ils font là.

Le 2 mars 1918 les allemands attaquent. Le 4ème bataillon d’infanterie recule puis contre-attaque avec l’aide des 12ème et 17ème bataillons. Cette attaque se termine par 146 pertes côté portugais contre 200 pour les allemands.

Les portugais lancent des attaques locales le 9 mars, le 18 mars et le 3 avril 1918. Le lendemain 4 avril 1918, le 7ème bataillon se mutine ce qui pousse les alliés à relever les unités portugaises pour leur permettre de se régénérer.

Le 6 avril 1918 la 1ère division est relevée par la 55th (West Lancashire) Division qui doit étendre son secteur tout comme la 2ème division portugaise. Cette dernière doit être relevée le 9 avril 1918 par deux divisions britanniques mais le matin même les allemands lancent l’opération Georgette. C’est la Bataille de la Lys (7-29 avril 1918).

Pour cette bataille les alliés alignent 118300 à 119040 hommes accompagnés de 118 canons et 60 avions alors que les allemands alignent 86000 à 109300 hommes.

La 6ème Armée Allemande lance huit divisions (35ème DI, 42ème DI, 1ère division bavaroise de réserve, 8ème division bavaroise de réserve qui constituent la 1ère vague, la 2ème vague se composait des 8ème et 117ème DI, 81ème division de réserve et 10ème division de remplacement) de qui frappent le secteur de la 2ème Division Portugaise qui doit se replier en combattant. Cela entraine le repli des unités à gauche et à droite. L’avancée de 15km de long sur 8km de large est bloquée par des divisions britanniques de réserve.

La 4ème brigade est sur le front au nord, la 6ème au centre et la 5ème brigade au sud. A cela s’ajoute la 3ème brigade (1ère division portugaise) qui est en réserve. Les 80 canons portugais doivent faire face à 1700 pièces allemandes.

La 4ème brigade portugaise (8ème et 20ème bataillons d’infanterie au front, 29ème bataillon en soutien et 3ème en réserve) est attaquée par la 42ème division. Les deux bataillons au front résistent mais vers 8h le flanc gauche est menacé d’être enveloppé en profitant de la brèche provoquée par l’effondrement de la 119ème brigade (40ème DI britannique). Les portugais sont obligés de se replier.

La 6ème brigade portugaise est elle assaillie par la 35ème DI allemande. La 8ème division division bavaroise submerge le 17ème bataillon (5ème brigade) en ligne et le 11ème bataillon (6ème brigade) qui était en soutien.

Le 10ème bataillon d’infanterie (5ème brigade) et le 4ème bataillon d’infanterie en soutien parviennent à bloquer et ralentir la progression de la 1ère division bavaroise de réserve. Elle atteint le QG de la 5ème brigade dont le chef le colonel Manuel Martins est tué en combattant.

A 10.30 les batteries d’artillerie sont à leur tour au contact de l’infanterie ennemie. Elles résistent jusqu’à 11.00 avant d’être mises hors de combat. La 2ème division portugaise cesse d’exister comme unité constituée ce qui n’empêche pas certains de s’illustrer.

Anibal Milhais couvre la retraite de ses camarades avec l’aide d’une mitrailleuse légère Lewis ce qui lui vaut le surnom de Soldado Milhoes (Le soldat plus fort qu’un million de soldats). Des renforts britanniques évitent que le repli ne se transforme en débâcle.

La principale brèche fût bloquée par le déploiement de deux divisons britanniques (la 50th [Northumbrian] Division et la 51st [Highland] Division).

Au final le corps expéditionnaire portugais à eu 400 tués et 6500 prisonniers soit un tiers des effectifs en ligne. Les restes du CEP sont regroupés à l’arrière, étant utilisé pour des missions de sécurité et de pionniers. Si pour la 2ème division la guerre est terminée, la 1ère division est de retour sur le front le 16 juin 1918.

En septembre 1918 le CEP est totalement réorganisé avec pour objectif de former trois brigades à neuf bataillons chacune. Fin octobre quatre bataillons sont opérationnels aux côtés d’unités d’artillerie, du génie et de mitrailleuses lourdes. Ces unités vont participer à l’Offensive des Cents Jours (8 août au 11 novembre 1918).

Le jour de l’entrée en vigueur de l’armistice (11 novembre 1918), la 4ème compagnie du 4ème bataillon (ex-23ème bataillon de la 1ère DI) attaque les allemands sur la rivière Scheldt.

La guerre se termine pour l’armée portugaise en Europe avec 2160 tués, 5224 blessés et 6678 prisonniers soit 14000 pertes sur 60000 hommes engagés.

Les soldats portugais ont ainsi combattu en Afrique. D’octobre 1914 à juillet 1915 les allemands présents dans l’actuelle Namibie occupent le sud de l’Angola portugais.

2000 soldats allemands affrontent 12000 soldats portugais avec un bilan de 16 tués et 30 blessés côté allemand, de 810 tués, 638 blessés et 268 prisonniers et disparus côté lusitanien.

La bataille majeure de cette campagne à lieu à Naulila le 18 décembre 1914 et se termine par une victoire allemande. Les portugais ont 69 tués, 76 blessés et 37 prisonniers (3009 hommes, neuf canons et six mitrailleuses engagées) alors que les allemands qui ont engagé 640 hommes, 6 canons et deux mitrailleuses ont 12 tués et 25 blessés.

Si la colonie portugaise est entièrement libérée en juillet, on note des escarmouches jusqu’en septembre 1915.

En novembre 1917 les allemands attaquent au Mozambique avec le 25 novembre la Bataille de Ngomano qui se termine par une victoire allemande.

L’armée portugaise termine le premier conflit mondial avec 7222 militaires tués ainsi que 13 civils dans les colonies mais pour ce dernier chiffre cela ne concerne que les morts liés directement au combat. 82000 civils portugais sont morts des conséquences du conflit. Cela porte le nombre de tués à 89235 soit 1.5% de la population. A cela s’ajoute 13751 militaires blessés.

Une histoire militaire du Portugal (6) : D’une guerre à l’autre

Le 28 mai 1926 l’armée portugaise renverse la première république. Dès le mois de juillet le nouveau régime se préoccupe de réorganiser l’armée en tirant les leçons du premier conflit mondial.

Le concept inspiré du système de milice suisse est abandonné au profit d’un système mixte pour améliorer la réactivité des forces.

Des unités territoriales doivent mailler le territoire avec des unités issues de l’infanterie, de l’artillerie, de la cavalerie du génie……. .

Ces unités formées essentiellement en temps de paix d’officiers et de sous-officiers de carrière doivent servir à l’entrainement du contingent appelé chaque année et en temps de guerre participer à la mobilisation générale.

Batalhoes de Cacadores

Des unités «d’intervention rapide» doivent permettre au gouvernement d’intervenir rapidement en cas de menace aux frontières. On trouve ainsi dix bataillons renforcés appelés Batalhoes de Cacadores (bataillons de chasseurs) et deux brigades de cavalerie.

Les divisions ne doivent être créées qu’en temps de guerre, les divisions territoriales sont supprimées au profit de quatre régions militaires et du gouvernorat militaire de Lisbonne.

En juillet 1936 la guerre d’Espagne éclate. Le Portugal soutien le camp nationaliste via notamment l’envoi de volontaires les Viriates qui vont combattre au sein des unités franquistes et non sous la forme d’unités constituées comme les allemands ou les italiens.

Parmi ces hommes on trouve un certain nombre d’officiers et de sous-officiers de l’armée portugaise (ndA j’ignore si ils étaient détachés ou en congé).

Une nouvelle réorganisation à lieu en 1937. Elle garde l’essentiel de la réforme précédente. Le nombre de régiments d’infanterie passe de 22 à 16. Des unités blindées avec des chars et des autos blindées sont mises sur pied.

La Légion Portugaise une milice politique est intégrée à l’armée. L’Aéronautique Militaire reçoit un commandement central ce qui la rend très autonome voir quasiment indépendante.

Une histoire m ilitaire du Portugal (7) : le Portugal dans le second conflit mondial

Durant le second conflit mondial le Portugal est officiellement resté neutre, une neutralité flexible et évolutive qui arrangeait tout le monde même si cela engendrait des situations baroques comme le déploiement d’avions de patrouille maritime alliés aux Açores pour traquer sous-marins et forceurs de blocus qui ont longtemps utilisé des ports lusitaniens pour un ravitaillement et un entretien sommaire.

Les forces coloniales indépendantes en temps de paix sont placées dès septembre 1948 sous l’autorité de l’armée. Des renforts sont envoyés en Angola et au Mozambique moins en raison d’une menace extérieure que pour éviter une agitation des populations colonisées.

Les moyens sont également renforcés aux Açores. Pas moins de 35000 hommes doivent assurer la défense d’un archipel qui en cas d’invasion du territoire métropolitain aurait du accueillir le gouvernement portugais.

La mobilisation générale de septembre 1948 permet la levée de nombreuses divisions pour défendre le Portugal et ses territoires d’outre-mer.

Une division est déployée pour défendre Porto et le nord du pays, une autre division est déployée pour défendre l’Algarve, une troisième division pour défendre l’Alentejo. Un corps d’armées de trois divisions est chargée de défendre le Campo entrincheirado de Lisboa (Camp retranché de Lisbonne) soit six divisions.

Renault R-35.

A cela s’ajoute six bataillons de chasseurs, deux brigades de cavalerie, des unités d’artillerie et du génie. On trouve également un groupement blindé mécanisé avec notamment deux bataillons de Renault R-35 alors que les autos blindées sont essentiellement déployées au sein des Divisions d’Infanterie et des brigades de cavalerie, une version portugaise de nos «divisions pétrole-picotin».

Aux Açores les 35000 hommes sont regroupés au sein d’une division et d’unités rattachées. En Angola on trouve 5000 hommes (essentiellement des indigènes), 2500 hommes au Mozambique, 1000 au Cap Vert et 1500 en Guinée portugaise.

Les frontières sont renforcées par des blockhaus de campagne entourées de tranchées avec barbelés et champs de mines pour protéger le pays d’une attaque surprise.

Es-ce à dire qu’aucun soldat portugais n’à combattu durant le second conflit mondial ? Non certains lusitaniens vont connaître l’odeur de la poudre durant la deuxième conflagration mondiale.

Soldat espagnol (ou portugais ?) de la Division Azul

Hors de l’armée portugaise stricto sensu on trouve des soldats parlant la langue de Camoes au sein de la Legion Etrangère (portugais exilés de longue date) et au sein de la Division Azul, ces derniers étant souvent des portugais partis durant la Pax Armada travailler en Allemagne et qui pour des raisons diverses ont rejoint une division de volontaires espagnols pour combattre sur le front de l’est mais cela n’à représenté que fort peu d’hommes.

En ce qui concerne l’armée portugaise, elle connait le feu contre l’Afrique du Sud et contre le Japon ce qui était plutôt inattendu. Passons rapidement sur les combats en Afrique qui ne sont que des incidents de frontière provoqués par les opérations de pacification menées par les troupes coloniales portugaises déployées dans la colonie, incidents qui dégénèrent pas en guerre ouverte tout simplement parce que personne n’y à intérêt.

Les combats sont plus violents contre le Japon. Si la petite garnison de Macau résiste pour la forme et dépose vite les armes (les hommes seront internés jusqu’à la fin de la guerre et rapatriés au Portugal à l’automne 1954 non sans que certains aient succombé à la faim, aux mauvais traitements, aux maladies voir à des bombardements alliés) celle défendait Timor résiste plus longtemps pour comme le dira un soldat «pour l’honneur des armes de notre pays». Ils seront eux aussi internés mais certains s’évaderont pour combattre aux côtés des alliés.

En septembre 1954 l’armée portugaise n’à pas vraiment combattu. Très vite l’armée est démobilisée puis réorganisée avec une armée territoriale maillant le territoire à la fois pour des raisons militaires et des raisons politiques.

Une armée dite d’intervention est mise sur pied pour défendre le pays et plus généralement l’Europe en cas d’invasion de l’Europe par les forces soviétiques. Des divisions d’infanterie, une division blindée et différentes unités légères sont ainsi mises sur pied mais c’est une autre histoire.

Pologne et Pays Neutres (25) Portugal (5)

Les Grands du Portugal

Comme pour la fiche synthétique (sic) précédente sur l’Espagne je vais aborder dans cette partie les grands noms de l’histoire portugaise qu’il s’agisse de rois, d’hommes politiques, de militaires ou d’explorateurs.

Alphonse Ier

Alphonse 1er (en portugais Afonso Henriques «Alphonse fils d’Henri) surnommé le Conquérant, le Fondateur ou encore le Grand est le premier roi de Portugal de 1139 à sa mort.

Né le 25 juillet 1109 (NdA date attribuée par tradition sans certitude aucune) à Guimaraes ou à Viseu, il est le fils d’Henri de Bourgogne et de Thérèse de Leon, étant compte de Portugal de 1112 à 1139 avant de se proclamer roi suite à la bataille d’Ourique. Il est père de sept ans né de son union avec Mathilde de Savoie dont Sanche 1er qui lui succède sur le trône lusitanien.

C’est par les armes qui doit s’imposer à la tête du comté en raison des convoitises de la Castille et du Léon. Le futur Alphonse 1er doit également faire face à une noblesse remuante et à l’hostilité de sa mère dont l’amant était le chef du parti opposé au futur roi de Portugal. Ce n’est qu’en 1143 soit quatre ans après la proclamation sur le champ de bataille que l’indépendance du nouveau royaume est reconnu par Alphonse VII de Castille.

Alphonse 1er de Portugal s’empare de Santarem et de Lisbonne. Il mène une politique de colonisation en faisant occuper les marches frontalières par des ordres de chevaleries comme celui des Hospitaliers et des Templiers. En 1179 par la bulle Manifestis Probatum, le Portugal devient un royaume vassal de l’Eglise en échange du paiement d’un tribu.

Il meurt à Coimbra le 6 décembre 1185 et est enterré au monastère de Sainte-Croix.

Pierre 1er

Vision romantique de Pierre 1er et d’Ines de Castro

Pedro o Justiceiro (Pierre 1er le Justicier) (Coimbra 8 avril 1320 Estremoz 18 janvier 1367) est le huitième roi de Portugal de 1357 à 1367.

Fils d’Alphonse IV de Portugal (1291-1357) et de Beatrice de Castille (1293-1359), il est marié à Constance de Castille mais noue une relation adultère avec Inès de Castro, dame de compagnie de la règne. Cette liaison à laquelle le roi met fin de façon brutale en tuant Ines va provoquer de sérieux remous au Portugal, Pierre se révoltant en 1355.

En 1357 après son couronnement, Pierre révèle un mariage secret avec Ines et sa volonté de la considérer comme la reine du Portugal. Deux assassins d’Ines capturés sont exécutés de façon très brutale. La légende raconte que le corps d’Ines à été exhumé, habillé et installé sur le trône pour permettre à la noblesse de lui rentre hommage.

Pierre 1er se révèle bon administrateur, courageux dans la défense du pays. Il participe à l’invasion de la Castille avec l’Aragon. Sur le plan du caractère il se montre faible et valétudinaire, une conséquence des trop nombreux mariages consanguins entre le Portugal et la Castille ce qui allait aboutir dès 1380 à l’extinction de la dynastie régnante et de l’avénement de la maison d’Aviz.

Il épouse Blanche, fille de l’infant Pierre-Alphonse mais ce mariage est annulé pour infirmité dès 1332 et sans avoir été consommé. Il épouse en août 1340 Constance de Castille dont il aura au moins trois enfants (Louis né et mort en 1340, Marie et Ferdinand). De son union avec Ines sont nés trois enfants (Beatrice, Jean et Denis). Il à également eu un fils appelé Jean de sa liaison avec Therese Lourenço, un fils qui deviendra roi du Portugal.

Ines de Castro

Tableau représentant le Couronnement d’Ines de Castro, un couronnement post-mortem. Cet événement n’aurait en réalité jamais eu lieu

Ines de Castro (Limia, Galice v.1325 Coimbra 7 janvier 1355) est une noble galicienne, entrée dans la légende comme la maitresse de Pierre 1er et qui fût déclarée reine de Portugal après sa mort. C’est un épisode certes secondaire de l’histoire du Portugal mais important par son impact sur la légende, les arts et la littérature.

En 1339 elle arrive au Portugal comme dame de compagnie de Constance de Castille qui doit épouser Pierre, prince hériter de la couronne de Portugal. Le mariage est célébré à la cathédrale de Lisbonne le 24 août 1339.

Pierre tombe rapidement amoureux de la dame de compagnie de son épouse au point de négliger son épouse légitime. Cette histoire est rapidement rendue publique et provoque le scandale. Le roi désapprouve moins à cause de la personnalité d’Ines que parce que cela créé un parti castillan à la cour royale portugaise.

Le roi Alphonse IV prend la décision d’exiler Ines en 1344. En octobre 1345, la princesse Constance meurt en donnant naissance au futur Ferdinand 1er. Pierre en profite pour faire revenir Ines, vivant en concubinage avec la dame de compagnie de feu son épouse. Pour ne rien arranger des enfants naturels sont nés : Alphonse (né en 1346 mais qui meurt peu après sa naissance), Béatrice (1347), Jean (1349), et Denis (1354).

Alphonse IV craint que son petit-fils ne soit écarté de la succession voir assassiné. Si Ferdinand est un garçon chetif, les enfants d’Ines et Pierre sont vigoureux et pleins de santé. A cela s’ajoute des troubles en Castille.

Alphonse IV prend la décision de faire assassiner Ines. Trois nobles Pêro Coelho, Álvaro Gonçalves et Diogo Lopes Pacheco sont envoyés au monastère de Santa Clara à Coimbra pour la tuer ce qui est chose faite le 7 janvier 1355 en profitant du fait que Pierre soit parti à la chasse. Ce dernier se révolte contre son père, le pays connaissant une courte guerre civile.

Pierre devient roi en 1357 et trois ans plus tard il annonce qu’il à épousé secrètement Ines ce qui légitime ses enfants nés de sa liaison avec elle. Selon la légende, il fait déterrer le corps d’Ines, l’habille des vêtements royaux et oblige la noblesse à lui prêter hommage. Deux des assassins sont capturés et mis à mort, le troisième Diogo Fernao Pacheco ayant reçu le pardon du roi sur son lit de mort.

Henri le Navigateur

Henrique o Navegador (Porto 4 mars 1394 Sagres 13 novembre 1460) est un prince du Portugal, considéré comme le symbole des grandes découvertes puisqu’il pilota depuis la terre ferme l’exploration par le royaume lusitanien des côtes de l’Afrique. Il ne s’est jamais marié et n’eut aucune descendance.

C’est le troisième fils survivant de Jean 1er, premier roi de la dynastie d’Aviz et de Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gand et sœur d’Henri IV d’Angleterre.

En 1415 il participe à la prise de Ceuta pour tenter de mettre fin aux raids de la piraterie maure contre le sud du Portugal. A son retour au Portugal il est fait duc de Viseu et seigneur de Covilhã.

En 1416 il commence à repeupler le village de Terçanabal sur la péninsule de Sagres en Algarve. Il y fit construire un arsenal, un observatoire, une école pour l’étude de la géographie et de la navigation. En 1419 il est nommé gouverneur de l’Algarve.

Il participe à la découverte de Madère puis le 25 mai 1420 il devient gouverneur de l’Ordre du Christ, le successeur portugais de l’ordre du Temple dont le siège est à Tomar. Avec le temps il devient de plus en plus dévot. Les différents revenus sont investis dans les découvertes. Les motifs des explorations sont politiques, économiques et religieux.

Un de ses navigateurs découvre les Açores en 1427 et en 1434 Gil Eanes dépasse le cap Bojador. Il aurait mis au point la caravelle très pratique pour les futures explorations. Le cap Blanc est atteint en 1441, le banc d’Arguin en 1443, le fleuve Sénégal et le Cap-Vert en 1444. Henri le Navigateur accède ainsi à l’or et aux esclaves sans passer par l’intermédiaire des marchands arabes. En 1462 la future Sierra Leone est atteinte.

En 1437 Henri organise une attaque sur Tanger qui tourne au désastre. Son frère Ferdinand capturé allait mourir en captivité en 1448. Se découvrant piètre militaire, il préfère se concentrer sur les explorations. Mort en 1460 il à clairement ouvert la voie aux explorations de Bartolomeu Dias, Vasco de Gama et Christophe Colomb.

Bartolomeu Dias

Bartolomeu Dias (v.1450-29 mai 1500) est un explorateur portugais, le premier navigateur européen à avoir dépassé la pointe sud de l’Afrique.

Fils de Dinis Dias il s’initie très jeune à la navigation, recevant également des cours de mathématiques et d’astronomie. En 1486 il est chargé par le roi Jean II de Portugal de poursuivre l’exploration des côtes africaines initiée par Diogo Cao. Officiellement il s’agissait de découvrir une route vers le mythique royaume du Prêtre Jean mais officieusement il s’agissait de trouver une route pour accéder aux épices et aux soieries alors que le passage par Constantinople était impossible depuis la prise de la ville par les turcs trente-trois ans plus tôt.

L’expédition quitte Lisbonne en août 1487, atteignant en décembre la côte de l’actuelle Namibie puis réussit à franchir le Cap des Tempêtes que le roi préféra rebaptiser Cap de Bonne Espérance. Il rentre à Lisbonne en décembre 1488. Il accompagne Vasco de Gama en 1497 puis se rend avec Pedro Alvares Cabral au Brésil que les deux hommes découvrent en 1500. Lors d’un nouveau voyage vers les indes il meurt au large du cap de Bonne Espérance.

Francisco de Almeida

Francisco de Almeida (Lisbonne v.1450 près du Cap 1er mars 1510) est un militaire et explorateur portugais. Vice-roi des Indes portugaises chargé de l’expansion du commerce lusitanien dans l’Océan Indien.

Il se distingue d’abord dans les guerres contre les Maures et participe à la conqûete de Grenade aux côtés des castillans en 1492.

En 1505 il est nommé vice-roi des Indes portugaises par Manuel 1er. Il quitte le Portugal le 25 mars 1505, combat en Afrique australe avant de rallier Cochin.

Il multiplie les raids contre les arabes pour affaiblir leur commerce. Le 3 février 1509 il défait une flotte musulmane composée de navires égyptiens, ottomans et du sultanat de Gujarat à Diu au nord de Calicut. Toujours en 1509 il est le premier portugais à accoster à Bombay.

Quand Afonso de Albuquerque arriva en Inde pour lui succéder, il refusa de reconnaître ses lettres de créance et le fit emprisonner. Au bout de trois mois, il renonça à sa charge lorsqu’arriva du Portugal une flotte importante, en novembre 1509. Par la suite, il embarqua pour le Portugal. Almeida fut tué sur le chemin du retour par des Khoïkhoïs, au cours d’une escale dans la baie du Cap (Afrique du Sud), le 1er mars 1510.

Afonso de Albuquerque

Afonso de Albuquerque (Alhandra 1453 Goa 16 décembre 1515) est un militaire, un navigateur, un explorateur et un nom politique portugais qui joua un rôle clé dans l’expansion portugaise en Orient.

Formé à la cour d’Alphonse V, il combat les turcs en soutien du roi Ferdinand II de Naples, combat la Castille en 1476 lors de la guerre de succession favorable à Isabelle la Catholique avant de terminer sa carrière aux Indes, arrivant courant 1503 à Cochin.

Il s’empare en 1506 des îles Socotra à l’entrée de la mer Rouge puis en 1507 Ormuz, bloquant ainsi les navigateurs arabes.

En 1508 il succède à Francisco de Almeida comme vice-roi des Indes non sans être passé par la case prison, son prédécesseur refusant de lui remettre sa charge !

Il faudra l’arrivée trois mois plus tard d’une flotte venue du Portugal pour qu’il rentre en fonction. Il s’empare de Goa en 1510 puis de Malacca en 1511.

En 1513 il échoue à s’emparer d’Aden mais participe à l’installation de la colonie portugaise de Macao. En 1515 il construit une forteresse à Ormuz.

Fait duc de Goa par Manuel 1er, il est le premier non-membre de la famille royale à recevoir ce titre et le premier duc d’outre-mer. Il meurt peu après.

Jean II

Joao II (Lisbonne 3 mars 1455 Alvor 25 octobre 1495) est le troisième roi de Portugal. Fils d’Alphonse V et d’Isabelle de Portugal, il succéda à son père après l’abdication de ce dernier mais en 1477 Alphonse V reprend le pouvoir jusqu’en 1481.

Marié à Eleonore de Viseu, il eut deux fils légitimes mais tous étaient mort au moment de son décès officiellement d’hydropisie mais la haine de la noblesse lusitanienne était telle qu’on ne peut exclure un empoisonnement.

Pourquoi une telle haine ? Tout simplement parce que celui qu’on surnommé «Le Prince parfait» refusait les intrigues et semblait vouloir se placer au dessus des partis. Le 22 août 1484 il poignarde lui même le duc de Viseu. Son pouvoir est désormais incontestable mais sa popularité vis à vis des grands est toujours aussi mauvaise.

Il poursuit la politique d’exploration initiée notamment par son grand oncle Henri le Navigateur. En 1484 Diogo Cao découvre l’embouchure du Congo et explore la côte de la Namibie. Bartolomeu Dias la même année croise le cap de Bonne-Espérance. En 1493 le Portugal commence la colonisation des îles de Sao Tomé et Principé.

A noter qu’une partie des archives à disparu durant le grand tremblement de terre de 1755 ce qui fait que l’ampleur exact des découvertes portugaises eest incertaine. Certains historiens pensent que les portugais connaissaient l’Amérique avant même Christophe Colomb.

Sans héritier légitime, Jean II choisit Manuel de Viseu, duc de Braga, son cousin germain, beau-frère et fils adoptif comme successeur.

Manuel 1er

Manuel 1er Le Grand (Alcochete 31 mai 1469 Lisbonne 13 décembre 1521) est roi de Portugal de 1495 à 1521.

Fils de Ferdinand de Portugal, duc de Viseu et de Beatrice de Portugal, il est petit-fils du roi Edouard 1er de Portugal et le neveu du roi Alphonse V de Portugal. Il devient héritier du trône en 1484 après la mort de son père et ses deux frères ainés. Il succède à son cousin germain Jean II en 1495.

Sa jeunesse est marquée par l’ambiance lourde qui règne à la cour portugaise entre Jean II et la noblesse lusitanienne.

Il poursuit la politique de Jean II dans le domaine des découvertes et des monopoles commerciaux, c’est d’ailleurs sous son règne que Vasco de Gama découvre la route des Indes (1498), que Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil (1500), que Francisco de Almeida et Afonso de Albuquerque commencent la colonisation des Indes. Il fait construire de somptueux édifices (palais, églises et cathédrales) dans un style dit manuelien. Des relations sont établies avec la Chine et la Perse.

Sur le plan intérieur, Manuel est un roi absolu, ne réunissant les Cortes que trois fois en vingt-six ans. On est loin de la monarchie contractuelle ou de la monarchie parlementaire. Dans les colonies il mène une politique d »évangélisation mais sous la pression des rois catholiques il expulse les juifs en 1496 mais se montre très tolérant vis à vis des convertis qui sont victimes en 1506 de violentes émeutes dans un contexte d’épidémie de peste.

Il se marie à trois reprises avec des infantes espagnoles.

De son mariage avec Isabelle d’Aragon est né Michel de la Paix (1498-1500). La mort d’Isabelle met fin au rêve de Jean II de réunir sur la tête du monarque portugais les couronnes de la péninsule ibérique.

Il se remarie avec Marie d’Aragon, sœur de Jeanne la Folle. De cette union sont nés plusieurs enfants : Jean futur Jean III, Isabelle de Portugal (1503-1539) qui par son mariage avec Charles Quint permettra à son fils Philippe II de devenir Philippe 1er du Portugal, Beatrice de Portugal (1504-1538), Louis de Portugal (1506-1555), Ferdinand de Portugal (1507-1534), Alphonse (1509-1540), Henri 1er cardinal puis roi du Portugal, Edouard de Portugal (1515-1540).

De son mariage avec Eleonore de Habsrbourg sont nés deux enfants, Charles (1520-1521) et Marie (1521-1577).

Manuel 1er meurt de la peste le 13 décembre 1521 et est enterré au Monastère des Hiéronymites à Lisbonne.

Pedro Álvares Cabral

Pedro Alvares Cabral (Belmonte 1467 ou 1468 Santarem 1520 ou 1526) est un navigateur et explorateur portugais qui va jouer un rôle capital dans les grandes découvertes. Il est surtout connu pour avoir découvert le Brésil le 22 avril 1500.

Avant sa «célébrité» on sait peu de chose sur sa vie. Il est néanmoins issue de la noblesse portugais, son arrière-arrière-grand-père ayant été l’un des rares novles à resté loyal à Jean 1er lors de la crise portugaise de 1383 à 1385. C’est néanmoins une famille de la petite noblesse et non un grand du Portugal.

Il est envoyé à la cour d’Alphonse V en 1479 alors qu’il avait une douzaine d’années. Il est possible qu’avant 1500 il ait combattu en Afrique du Nord. Manuel 1er reçoit une rente annuelle et le titre de fidalgo (noble).

La flotte dont il prend le commandement se composait de 13 navires armés par 1500 hommes dont 700 étaient des soldats. Elle appareille le 9 mars 1500, arrivant le 22 au Cap Vert une colonie portugaise pour se ravitailler. La flotte franchit l’Equateur le 9 avril et met cap à l’ouest. Le 22, ils atteignent une terre inconnue bientôt connu sous le nom de Brasil du nom d’un bois exotique très apprécié en Europe.

La flotte reprend la mer le 2 ou le 3 mai, navigue le long de la côte est de l’Amérique du Sud puis vers le 5 mai vira de bord vers l’Afrique. Quatre bateaux sont perdus lors d’une tempête le 23 ou le 24 mai. Parmi les marins tués par cette tempête figure Bartolomeu Dias.

Les autres navires parviennent à rallier l’Afrique pour être réparés. La flotte arrive enfin à Calicut le 13 septembre 1500. En dépit de la volonté des portugais de commercer, des combats ont lieu avec son lot d’exactions et de représailles. La flotte de Cabral rallie ensuite Cochin à la veille de Noël. Elle met cap sur le Portugal le 16 janvier 1501 pour rentrer au Portugal non sans mal à l’été, Cabral rentrant au Portugal en juillet 1501.

Vasco de Gama

Vasco da Gama (Sines 1469 Cochin 24 décembre 1529) est un navigateur et explorateur portugais considéré comme le premier européen à être arrivé aux Indes par voie maritime et ce en contournant le cap de Bonne-Espérance en 1498.

Il est issu de la petite noblesse lusitanienne, sa mère étant d’origine anglaise. Il à eu cinq fils et une fille. Sa jeunesse est peu connu mais il semble qu’il aurait été initié aux mathématiques, à la navigation et à l’astronomie.

Vers 1480 il rejoint l’ordre de Santiago de l’Epée dont le grand maitre est le futur Jean II de Portugal. En 1492 il saisit des navires français en riposte des dommages commis par les français.

En 1497 il prend la tête d’une petite escadre de quatre navires pour rallier les Indes par la voie maritime. Il quitte le Tage le 8 juillet 1497, franchit l’Atlantique direction le Brésil pour se régénérer alors que la flotte est victime de la dysenterie et du scorbut. Il retraverse l’Atlantique par la suite, allant d’un comptoir à l’autre. Il double Cap des Tempêtes (futur Cap de Bonne Espérance) le 22 novembre 1497. Il arrivé à proximité de Calicut le 21 mai 1948 et débarque une semaine plus tard.

Les résultats sont mitigés mais Vasco de Gama est à son retour couvert d’honneurs par Manuel 1er.

Il réalise un deuxième voyage (1502-103) avec vingt navires chargés de marchandises qui intéressent davantage les indiens. Vasco de Gama y est nettement plus violent notamment contre un navire ramenant les pélerins musulmans de la Mecque.

A son retour il est disgracié par le roi et s’installe avec sa famille à Evora.

Il est nommé comte de Vidigueira en 1519 puis vice-roi des Indes en 1524, Jean III devant lutter contre la corruption. Il meurt peu après son arrivée. Il est enterré sur place mais en 1539 ses ossements seront ramenés au pays.

Ferdinand de Magellan

Fernao de Magalhaes (Porto v.1480 Ile de Mactan Philippines 27 avril 1521) est un navigateur et explorateur portugais. Marié à Beatriz Barbosa, deux enfants morts en bas age.

Au service de Charles Quint, il réalise la première circumnavigation (tour du monde) enfin presque puisque sur les 18 survivants sur les 241 participants on ne trouve pas le navigateur lusitanien tué aux Philippines par une flèche empoisonnée.

On dispose de peu d’infos sur sa jeunesse, son lieu de naissance est tout sauf certain, plusieurs villes revendiquant d’être la ville natale du navigateur. Il se rend aux Indes de 1505 à 1511 puis est blessé au combat au Maroc en 1513.

Se jugeant injustement méconnu il passe au service de Charles Quint pour tenter d’atteindre les îles Moluques par l’est, îles tenues par les portugais mais revendiqués par les espagnols suivant une interprétation du traité de Tordesillas.

L’expédition quitte Séville le 10 août 1519 avec cinq navires soit 480 tonneaux et 241 marins espagnols, portugais, italiens, grecs et même français.

En décembre il arrive en baie de Santa Lucia (Brésil), explore le Rio de la Plata en janvier 1520 puis la Patagonie au mois de mars. Le 1er avril 1520 il doit réprimer une mutinerie. Au mois de novembre, un navire déserte et rentre à Seville !

En novembre 1520 il découvre le détroit de Magellan et pénètre dans l’Océan Indien, ralliant les Mariannes au mois de mars et les Philippines au mois d’avril. Le 27 avril 1521 lors d’un combat avec les tribus locales, il est tué par une flèche empoisonnée. Les survivants rallient ensuite les Moluques en novembre 1521, franchissant le cap de Bonne Espérance en mai 1522 avant que La Victoria arrive à Sanlucar de Barrameda le 6 septembre 1522.

Le bilan est mitigé, désastreux sur le plan financier et très médiocre sur le plan scientifique et politique.

Le Camoens

Luiz Vaz de Camoes dit Le Camoens (v.1525 Lisbonne 10 juin 1580) est un poète portugais, un poète de tradition médiévale (redondilhas) et de tradition pastorale. Il s’inspire également de sonnets produits par la Renaissance italienne. Son œuvre majeure est Les Lusiades (1572). Son œuvre peut être comparée à celle de Virgile, de Dante et de Shakespeare.

Il mène une vie de bohème, ayant plusieurs liaisons, la légende lui attribuant une liaison avec l’infante Marie, la fille du roi Manuel 1er ce qui explique sa disgrace.

Il est emprisonné en 1552/53 puis se rend aux Indes, vivant à Goa puis à Macao après qu’il se soit moqué du vice-roi dans une satire. C’est là qu’il aurait composé les Lusiades. Il vit à Goa de 1560 à 1568 date à laquelle il rentre au Portugal. Il publie les lusiades en 1572. Il termine sa vie pensioné par le roi Sébastien 1er. Il est mort dans un grand dénuement.

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