Pologne et Pays Neutres (101) Pologne (13)

Chars et Véhicules blindés

Chars

Chars de l’armée polonaise en septembre 1939

-Chenillettes Carden-Lloyd Mk VI

TK-3. La photo représente le regroupement par les allemands de matériels capturés

-Après avoir acquis des chenillettes Carden-Lloyd, la Pologne décide d’en tirer un modèle national. C’est l’acte de naissance de la famille TK avec deux modèles dominants, la TK-3 produite à 280 exemplaires et la TKS un modèle amélioré sortit à 250 exemplaires sans compter quelques prototypes et modèles expérimentaux produits en petite série.

Utilisées par la cavalerie ces chenillettes étaient adaptées pour la reconnaissance voir l’appui de l’infanterie mais pour le duel contre les chars ennemis on repassera comme la guerre de Pologne le montrera. Les polonais en était parfaitement conscients au point de réarmées vingt-quatre TKS avec un canon de 20mm. Le 18 septembre 1939 un véhicule de ce type détruisit deux Panzer 35(t) et un Panzer IV.

TKS

A l’issue de la guerre de Pologne de nombreuses chenillettes ont été réutilisées par les allemands pour l’entrainement, le maintien de l’ordre, le remorquage de pièces d’artillerie et d’avions.

Certaines étaient encore en service en septembre 1948 mais fort peu ont survécu au second conflit mondial et si c’était le cas c’était pour mieux finir sous les chalumeaux des ferrailleurs.

Un seul pays à acquis ce modèle en l’occurence l’Estonie qui à acquis en 1934 six TKS, chenillettes qui ont été récupérées par l’Armée Rouge en 1940 quand l’ancienne Livonie à été absorbée par la Russie.

Outre les deux modèles cités plus haut on trouve donc des projets, des prototypes ou des petites séries comme la TKF produite à 18 exemplaires avec un moteur et une nouvelle suspension, le tracteur d’artillerie C2P (200 exemplaires tout de même), les prototypes TK-1 et 2, l’automoteur léger TKD avec un canon de 47mm (4 exemplaires), le TKW prototype d’un char de reconnaissance à tourelle, un TK-3 à canon de 20mm et un TKS-D chasseur de char avec un canon de 37mm (deux exemplaires).

La chenillette TK-3 pesait 2.4 tonnes mesurait 2.65m de long pour 1.78m de large et 1.32m de haut, disposait d’un moteur essence Ford model A lui permettait d’atteindre la vitesse maximale de 20km/h en terrain libre et 45 km/h sur route, le carburant emporté lui permettant de franchir 100km en terrain libre et 200km sur route.

Disposant d’un blindage de 4 à 8mm d’épaisseur, elle était armée d’une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 (une Hochkiss modèle 1914 adapté au calibre 7.92mm) alimentée à 1800 cartouches, l’équipage se composant d’un conducteur et d’un commandant-mitrailleur.

La TKS pesait 2.6 tonnes, mesurait 2.65m de long pour 1.78m de large et 1.32m de haut, disposait d’un moteur essence Iski Fiat 122AC ou BC lui permettait d’atteindre la vitesse maximale de 18km/h en terrain libre et 40 km/h sur route, le carburant emporté lui permettant de franchir 110km en terrain libre et 180km sur route.

Disposant d’un blindage de 4 à 8mm d’épaisseur, elle était armée d’une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 (une Hochkiss modèle 1914 adapté au calibre 7.92mm) alimentée à 1920 cartouches, l’équipage se composant d’un conducteur et d’un commandant-mitrailleur.

Les vingt-quatre véhicules réarmés avec un canon de 20mm Wz.38 pesaient 2.8 tonnes, disposaient de 250 obus pour alimenter leur arme principale. A ma connaissance les autres données sont identiques.

-38 Vickers 6-Ton Tank Mark E (seize type A et vingt-deux type B) acquis en 1932

-Le 7TP (siedmiotonowy polski) est une évolution polonaise du précédent. Il à été produit à 149 exemplaires d’abord en version à double-tourelle (chacune armée d’une mitrailleuse de 7.92mm) puis dans une version disposant d’une tourelle unique combinant un canon de 37mm Bofors et une mitrailleuse de 7.92mm.

Par rapport à son «ancètre» anglais, le 7TP disposait d’un moteur diesel plus puissant et plus fiable, d’un armement différent, d’un blindage plus épais (17 au lieu de 13mm), d’une ventilation modifiée, un périscope Gundlacht et une radio.

Engagé en septembre 1939, ce char était disponible à 24 exemplaires en version à double-tourelle et le reste en version à tourelle unique. Ces chars sont supérieurs à la majorité des chars allemands mais ne peuvent changer le cours de la guerre.

A la fin de la campagne, on ne trouvait plus que 24 exemplaires, 20 capturés par les allemands et 4 par les soviétiques. Tous ont disparu dans la fournaise du second conflit mondial ou durant la Pax Armada.

Une version améliorée baptisée 9TP à été mise au point mais il n’existait que 13 exemplaires qui participent à la défense de Varsovie, étant tous détruits.

Le 7TP était un char léger de 9.9 tonnes, mesurant 4.6m de long sur 2.4m de largeur pour 2.27m de haut. Propulsé par un moteur diesel PZInz Z35 (Saurer VBLDd) de 110ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 37km/h et franchir 150km.

Protégé au maximum par 17mm de blindage, il disposait d’un équipage de trois hommes et était armé d’abord de deux mitrailleuses de 7.92mm (6000 cartouches) puis d’un canon de 37mm Bofors wz.37 (80 coups) et d’une mitrailleuse de 7.92mm Ckm wz.30 (3960 coups).

-Trois Hotchkiss H-39

-Cinquante Renault R-35, trente-quatre récupérés par la Roumanie après la capitulation polonaise

Les chars de l’armée polonaise reconstituée

-Hotchkiss H-39

-Renault R-40

-AMX-44

B-1bis

-B-1bis

-M-4 Sherman

-M-10 Tank Destroyer

SU-85

-Les divisions d’infanterie polonaises sous contrôle soviétique ont disposé un temps de T-34/76 au sein d’un bataillon également équipé de chars légers de reconnaissance T-70. A la fin du conflit ces chars ont été remplacés par des autos blindées et surtout des canons d’assaut SU-85.

Autos blindées

Autos blindées de l’armée polonaise en septembre 1939

-Autos blindées Austin

-Autos blindées Peugeot

-La Samochod Pancerny Wz.28 est une auto blindée semi-chenillée utilisant la technologie Citroën-Kergresse. Produite à 90 exemplaires (30 à canon de 37mm et 60 armés d’une mitrailleuse) elle ne donna jamais vraiment satisfaction à ses utilisateurs notamment en terrain libre.

Voilà pourquoi toutes sauf trois ont été transformées en véhicules à roues devenant des Samochod Pancerny Wz.34.

Ces autos blindées étaient utilisées par les brigades de cavalerie, les onze brigades de cavalerie disposant d’une compagnie blindée avec huit autos blindées et treize tankettes.

En version semi-chenillée, cette auto blindée pèse 2.3 tonnes, mesurant 3.50m de long pour 1.40m de largeur et 2.10m de haut, un moteur à essence B-10 lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 20km/h en tout terrain et 30 sur route, une distance franchissable de 200km en terrain libre et de 275km sur route.

Protégé par un blindage de 6 à 8mm, l’équipage de trois hommes servait notamment l’armement composé soit un canon de 37mm disposant de 90 projectiles ou d’une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 disposant de 2000 cartouches.

En version à roues, elle pesait 2.4 tonnes, mesurait 3.62m de long pour 1.91m de large et 2.20m de haut. Propulsé par un moteur de 20ch, il pouvait rouler à 20km/h en terrain libre et 54km/h sur route, franchir 90 à 150km en terrain libre et 180 à 250km sur route, l’armement ne changeant pas.

-La Samochod Panceny Wz.29 est une auto blindée 4×2 composée d’un châssis de camion et d’une caisse blindée adaptée. Mise en service en 1929, elle n’à été produite qu’à dix exemplaires. Il était toujours en service en septembre 1939 tous les véhicules étant détruits durant le conflit.

L’auto blindée modèle 1929 pesait 4.8 tonnes, mesurait 5.15m de long pour 1.85m de large et 2.47m de haut. Propulsée par un moteur à essence, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 25km/h en terrain libre et de 35km/h sur route, la distance franchissable étant de 250 (terrain libre) à 380km (route).

Protégé par un blindage épais de 4 à 10mm, l’équipage composé de quatre hommes (tireur-chef de char, conducteur, conducteur arrière et tireur arrière) mettait en œuvre un canon de 37mm Wz.18 disposant de 98 projectiles depuis la tourelle, une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 à l’arrière de la tourelle et une autre à l’arrière de la caisse, les deux armes disposant au total de 4032 projectiles.

Autos blindées de l’armée polonaise reconstituée

AMD Laffly 80 AM « Laffly-Vincennes »

-Laffly-Vincennes AM-80

Panhard AMD-178

-Panhard AMD-178

-Daimler Dingo

-Daimler Armoured Car

Humber Armoured Car

-Humber Armoured Car

-Marmon-Herrington

BA-64

-Les divisions d’infanterie polonaises sous contrôle soviétique disposaient d’autos blindées BA-20 et BA-64

Autres véhicules

Véhicules de l’armée polonaise en septembre 1939

-Motos CWS M55 et CWS M111 (Sokół 1000)

-Camion wz.29 Ursus

-Semi-chenillés Citroën-Kegresse P.14, French Citroën-Kegresse P.17 et French Citroën-Kegresse P.19

-Semi-chenillé C4P et wz.34

-Camion Polski FIAT 508/518 et PZInż.302 adaptation polonaise du précédent

-Camion Fiat 621L de 2.5 tonnes produit sous licence

-Tracteur d’artillerie C2P, C7P et Pzinz.342

-Ambulance Ursus A

-Bus Ursus AW et 4BLDP

-Camion Ursus A

-Transport de chars Ursus, Ursus A et 4BLDP

-Véhicules légers Fiat 508 et 518 produits sous licence.

Les véhicules de l’armée polonaise reconstituée

-Dans un premier temps l’armée polonaise est entièrement rééquipée par la France, un rééquipement lent lié au contexte incertain de la Pax Armada mais aussi aux besoins de la France qui cherche naturellement à d’abord équiper ses unités avant les unités polonaises et tchèques.

-Quand la Campagne de France s’achève à l’automne 1949 par la glaciation du front sur la Seine, sur le plateau du Morvan, à l’ouest du Dijon, au nord de la Saone et sur le lac Léman, la France à perdu une partie de son industrie, son armée à besoin d’être rééquipée ce qui explique que la Pologne va bénéficier de l’aide militaire américaine en dépit du fait que Washington soit encore officiellement neutre.

C’est ainsi que la Division Blindée polonaise va désormais combattre sur M-4 Sherman appuyés par des chasseurs de chars M-10, des canons automoteurs M-7 Priest, des half-tracks M-2 et M-3. La France à continuer à équiper l’armée polonaise avec des véhicules et des chars légers, un geste politique cela va s’en dire.

-M-7 Priest

-M-2 Half-track

-M-3 Half-track

-Camions Studebaker acquis via une collecte auprès de la diaspora polonaise aux Etats-Unis

-Véhicules légers Laffly

-Les unités polonaises sous contrôle soviétique disposaient de Camions ZIS-5/5V mais aussi de véhicules légers GAZ

Italie (76) Regio Esercito (16)

Les Armes du Regio Esercito Italiano (8) : autos blindées et camion, les autres véhicules de l’armée italienne

Avant-propos

De tout temps le renseignement à été la clé de la guerre. Un adversaire supérieurement informé l’emportera toujours sur un adversaire moins bien informé à condition bien sur de bien exploiter les renseignements recueillis.

Lire la suite

24-Armée de l’air (31)

M-Les équipements associés (2) : les véhicules spécifiques de l’armée de l’air

Préambule

Si les avions sont la partie la plus visible de l’armée de l’air, il ne faut pas oublier tous les véhicules terrestres, tout ce qui permet à ces avions de voler qu’il s’agisse des tracteurs d’avions ou des camions ateliers. Dans le domaine des véhicules, l’armée de l’air dispose à la fois de véhicules identiques à ceux de l’armée de terre mais également de véhicules conçus ou acquis pour ses besoins spécifiques.

A la différence de l’armée de terre, l’armée de l’air est entièrement motorisée, disposant après la mobilisation de 25000 véhicules de tous types mais beaucoup étant issus de la réquisition, ces besoins en matériels neufs sont importants en l’occurence 11800 véhicules et comme l’armée de terre est prioritaire, les besoins de l’armée de l’air ne seront jamais totalement satisfaits et la pénurie subsistera jusqu’à la démobilisation à l’impact relativement modéré pour nos forces aériennes.

Si pour la première catégorie, c’est le ministère de la Guerre qui gère les fournitures, pour la deuxième catégorie, c’est le Ministère de l’Air qui gère les acquisitions.

Dans cette optique, je ne vais pas rappeler les différents modèles de véhicules communs aux deux armées, me contentant de rappeler les grandes catégories concernées. Je serais naturellement plus prolixe en revanche sur les véhicules spécifiques à l’armée de l’air.

Les véhicules communs aux deux armées

-Voitures de liaison

-Camionnettes ordinaires

-Sanitaires légères et lourdes
-Camionnettes de Ravitaillement en Viande

-Camions de 2t, 3.5t, 5t, 7t, 10t et plus

-Autobus

-Motos solos ordinaires et motos side-cars ordinaires

-Remorques ordinaires

-Tracteurs de dépannage

-Bicylettes

-Camions bennes

-Différents véhicules 6×6 généralement semblables à ceux de l’armée de terre mais avec une carosserie et un aménagement intérieur spécifique à l’armée de l’air

Les véhicules spécifiques

Au niveau des groupes de combat, on trouve un échelon roulant comprenant 17 à 34 véhicules en fonction de la taille du groupe. Tous les groupes ayant trois ou quatre escadrilles, la majorité des échelons roulants ont 34 véhicules voir parfois plus.

En mai 1945, décision est prise d’uniformiser la composition des échelons roulants des groupes de combat qui sont désormais composés des véhicules suivants au nombre de 48 :

-Quatre bicyclettes et deux motocyclettes

-Trois voitures de liaison

-Huit camions de 3.5 tonnes remplaçant les 2.5 tonnes précédement utilisés

-Sept camions de 5 tonnes

-Deux camions grues

-Un autobus salle de renseignement

-Un autobus ordinaire

-Un camions d’électriciens

-Six remorques ordinaires

-Une remorque réservoir d’eau

-Deux remorques à carburant

-Deux remorques magasin d’armes

-Une cuisine roulante

-Deux camions d’insufflation d’air chaud

-Deux voitures sanitaire

-Une tour de contrôle mobile (utilisée notamment au cas où le groupe serait seul sur un terrain somairement aménagé)

-Deux camions-pompe anti-incendie

La majorité de ces véhicules sont identiques à ceux de l’armée de terre mais il y à parmi ses quarante-huit véhicules des véhicules propres aux besoins des aviateurs :

-autocar mixte de renseignement Rochet-Schneider qui sert de véhicule de transport pour les non-navigants (la présence d’un deuxième autocar rendant cette utilisation de plus en plus rares) et surtout de salle de briefing pour les navigants. Certains groupes disposent d’autocars semi-remorques.

-Le camion d’électricien chargé comme son nom l’indique de toutes les réparations électriques sur les avions en panne auquel s’ajoute une version agrandie, l’atelier mobile de groupe équipement-électricité ou AAF.

-Le camion insufflateur d’air chaud

-Les echelons roulants des GR et des GAO disposent de deux remorques mobiles aménagées en labo photos pour le dévellopement des clichés pris par les appareils de reconnaissance (nombre inclus dans les remorques ordinaires).

-En ce qui concerne les transmissions, la majorité des moyens sont rattachés aux bases aériennes et dépendent donc des ZAM mais une partie est rattachées aux groupes en l’occurence une section électricité-transmissions.

Chaque section comprend un atelier de réparations et d’entretien, une unité d’éclairage de terrains, une stadio radio de campagne et un élément de transmissions par fil.

Les véhicules de transmission utilisés sont pour la plupart semblables à celles de l’armée de terre à savoir des camionnettes mais les équipements radios et de transmissions sont spécifiques à l’armée de l’air.

Pour l’éclairage des terrains, on utilise des remorques fabriquées notamment par Barnier, Benard et Turenne (BBT).

Le remorquage des avions est assurée par des tracteurs FAR type 22X à trois roues pour les monomoteurs et bimoteurs légers, les avions les plus lourds utilisant des semi-chenillés Citroën-Kergresse puis Unic P-107  pour le remorquage des bimoteurs et des quadrimoteurs.

Unic P-107

Unic P-107

D’autres types de véhicules sont utilisés comme des camions-grues et des camions-pompes pour lutter contre les feux d’aéronefs.

On trouve enfin des véhicules d’aérostation destinés à la mise en oeuvre et au soutien des ballons captifs désormais utilisés comme barrages antiaériens et non comme moyens d’observation.

22-Armée de terre : armement et matériel (47)

N-Autres véhicules

Préambule

Quand éclate la guerre de Pologne, l’armée française est entre deux ages. Elle est encore très tributaire de la force animale _chevaux de selle, chevaux de trait voir même mulets_ mais elle ne néglige pas loin de là la force mécanique.

La Voie Sacrée reliant Bar le Duc à Verdun fût une artère stratégique vitale de la bataille de Verdun

La Voie Sacrée reliant Bar le Duc à Verdun fût une artère stratégique vitale de la bataille de Verdun

Dès le premier conflit mondial et même avant, des camions et des voitures sont mis en œuvre par l’armée de terre. La guerre 14-18 voit de nombreux camions mis en œuvre, la Voie Sacrée avec sa noria de camions symbolisant la mécanisation du conflit et la logistique démentielle rendue nécessaire par la guerre moderne et sa consommation vorace de carburant et de munitions.

Durant plus d’une décennie, l’armée française va vivre sur l’héritage du premier conflit mondial, la faute à une pléthore de véhicules et surtout à des budgets anémiques.

Sous l’impulsion du général Weygand, chef d’état-major de l’armée de 1930 à 1935, l’armée de terre choisit la voit de la motorisation, une motorisation hélas bien limitée la faute à des budgets bien insuffisants et surtout la crainte de manquer de carburant fossile.

En effet, avant la découverte des gisements du Sahara algérien, la France doit importer tout son pétrole qu’il s’agisse du pétrole du Caucase, du Moyen-Orient, du Venezuela, du Mexique et du Texas. On met au point un gazogène à bois ou au charbon mais on ne peut équiper toute la flotte de véhicules de ce système.

Voilà pourquoi comme au sein de l’armée allemande, la traction hippomobile à largement les faveurs de l’état-major car utilisant le «carburant national» à savoir le foin ou l’herbe, une rivière suffisant pour faire boire les chevaux.

En septembre 1939, 72000 véhicules de différents types sont en service ou stockés. Le plan E de mobilisation prévoit 436000 voitures, camions et motos ce qui nécessite un effort immense de l’industrie mais également de l’armée pour trouver ou former le personnel compétent nécessaire à une époque où posséder une automobile était synonyme de luxe et de réussite sociale.

290000 véhicules sont réquisitionnés, réquisitions qui doivent faire la soudure avec la production de guerre, l’industrie automobile étant totalement réorientée vers la satisfaction des besoins de la Défense Nationale.

Ces besoins sont tels qu’il sera nécessaire de faire appel à l’industrie étrangère qu’il s’agisse de l’Angleterre, des Etats- Unis où même de l’Italie qui s’étant réfugiée dans une prudente neutralité, fournira du matériel militaire ou paramilitaire comme des camions et des véhicules légers à la France ce qui suscitera une gène palpable côté allemand.

400000 véhicules sont ainsi sous les drapeaux au printemps 1940, l’armée de terre restant sur le pied de guerre jusqu’au début de l’été quand la démobilisation est mise en œuvre, l’économie française ne pouvant supporter plus longtemps 5 millions d’hommes sous les drapeaux en dépit de l’apport massif des réfugiés espagnols dans l’économie.

La fin prématurée de la guerre de Pologne puis la démobilisation de l’été 1940 perturbe la production des véhicules ainsi que la planification.

L’armée de terre se retrouve avec un stock conséquent de véhicules. Cela lui permet de liquider les dernières antiquités du premier conflit mondial et d’avoir un stock conséquent de véhicules modernes.

Les véhicules civils mobilisés sont rendus à leurs propriétaires et une partie des véhicules de type militaires sont cédés à des entreprises de transport ou de travaux publics sous réserve de pouvoir être mobilisés en cas de guerre.

Sous l’impulsion du général Villeneuve, la motorisation est accentuée, nécessitant un grand nombre de camions, de véhicules légers et de motos pour notamment motoriser complètement et totalement huit divisions d’infanterie qui deviennent totalement autonomes moins l’absence de chars intégrés à la division, l’affectation d’un BCC ne compensant pas l’absence de chars organiques.

Aussi quand l’armée de terre entre en guerre en septembre 1948, elle est nettement mieux préparée qu’en septembre 1939 avec un parc neuf, moderne, efficace et rationnel, l’état-major ayant cherché à réduire le nombre de modèles en service qu’il s’agisse de véhicules conçus pour un usage militaire ou des véhicules civils adaptés pour l’utilisation militaire.

Certes, nous sommes loin de l’armée 100% motorisée rêvée par le «général Tornade» mais la situation de l’armée de terre est nettement plus enviable que celle de l’armée allemande qui affiche derrière une vitrine étincelante les Panzerdivisionen, une armée moins bien lotie.

Les bases d’une armée totalement motorisée sont posées et peu à peu la traction hippomobile va rejoindre les livres d’histoire et les musées…….. .

Motos et motos side-cars

Préambule

En septembre 1939, de nombreuses motos sont en service dans l’armée de terre, des modèles conçus pour l’armée mais également des modèles civils réquisitionnés.

On peut identifier quatre catégories différentes de motos, des motos solos et des motos side-cars :

-des motos solos ordinaires généralement d’un cylindrée de 350 centimètres cubes utilisées par toutes les armes pour les liaisons et par le train pour la circulation.

-des motos sides ordinaires généralement d’un cylindrée de 350 centimètres cubes utilisées par toutes les armes pour les liaisons et par le train pour la circulation.

-des motos solos tout-terrain de 500 puis 350 centimètres cubes destinés à la liaison

-des motos side-car type dragons portés, des véhicules de grosse cylindrée de 750 ou 800 centimètres cubes.
Seules les deux dernières catégories sont spécifiquement conçus pour les besoins des militaires français. La réquisition comblera les besoins mais il s’agit d’un palliatif, d’un pis-aller en attendant la disponibilité de véhicules mieux adapté à cette mission.

On peut également ajouter dans ce domaine, les bicyclettes et des vélomoteurs de 100 centimètres cubes.

Le plan E prévoit 80000 motos pour l’armée mobilisée. Or seulement 6800 sont en service dans l’armée, nécessitant une réquisition massive dans le parc civil. Cela ne se fait pas sans mal car le parc français à connu une baisse importante au début des années trente.

Une fois la réquisition terminée, on constate un déficit de 13000 machines, 3000 motos solos et 10000 motos side ce qui oblige à certains aménagements. Ainsi on trouve dans des unités devant recevoir des motos side, des motos solos faute de mieux…… .

Les différents modèles (1) : motos solos ordinaires

-Peugeot P107 et P117 de 350 centimètres cubes

-Terrot HSA et HSDA de 350 centimètres cubes

-Gnome-Rhône Major et Super Major de 350 centimètres cubes

-Vélomoteur Peugeot P53 de 100 centimètres cubes

Les différents modèles (2) : motos solos tout-terrain

-Moto solo tout-terrain Terrot RATT et RDTT de 500 centimètres cubes

-Moto solo tout-terrain Gnome et Rhône et Motobecane DSA de 500 centimètres cubes

-Moto solo tout-terrain Simca Sevitame B de 350 centimètres cubes

-Moto solo tout-terrain Peugeot TT 112 de 350 centimètres cubes

-Des motos tout-terrain britanniques ont également commandées, des Ariel et Velocette 350 centimètres cubes, des Royal Enfield de 346 centimètres cubes, des Triumph de 493 centimètres cubes et BSA de 500 centimètres cubes.

Les différents modèles (3) : les motos sides ordinaires

-Moto avec side ordinaire Terrot RDA et Side DTP de 500 centimètres cubes

-Moto avec side ordinaire Monet-Goyon L5A1 de 500 centimètres cubes

Les différents modèles (4) : les motos sides type dragons portés

-René Gillet K1 et G1 de 750 centimètres cubes

-Réné Gillet L1 de 1000 centimètres cubes avec side porte-mitrailleuses

-René Gillet G1 de 750 centimètres cubes avec side estafette
-Gnome et Rhone XA de 750 centimètres cubes avec side type dragons portés

-Terrot VATT de 750 centimètres cubes avec side type dragons portés

-Gnome et Rhone AX2 de 800 centimètres (moto tout terrain avec side RM type dragons portés)

Les différents modèles (5) : les modèles commandés à l’étranger

-Moto tout-terrain américaine Indian 340B de 1200 centimètres cubes

-Moto tout-terrain belge avec side RM type dragons portés Gillet-Hertsal de 720 centimètres cubes

Véhicules d’usage général

Préambule

Comme leur nom l’indique, ces véhicules n’ont aucune caractéristique particulière qui les rends remarquables. Voilà pourquoi en septembre 1939, l’immense majorité de ces véhicules (85%) proviennent de la réquisition.

En faire la liste serait un véritable travail de Sisyphe puisque la réquisition fournit à l’armée mobilisée 57209 voitures et 158561 utilitaires de 1200 types différents…… .

Dans cette catégorie nous trouvons des véhicules de liaison, souvent de simples voitures civiles repeintes en kaki ou une couleur plus militaire que dans le civil avec une plaque militaire, des autocars et des autobus, fort peu différents de ceux utilisés par exemple par la STCRP (Société des Transports en Commun de la Région Parisienne).

On trouve également des camionnettes de 1.5, 2.5 ou 3 tonnes de charge utile, chargées du transport de matériel et occasionnellement, de personnel, des banquettes rabattables latérales permettant ce transport.

Les camions de transport de toute nature en revanche sont des véhicules spécifiquement militaires, le déficit à la mobilisation ne peut être comblé que par les productions de guerre.

Au printemps 1940, quand l’armée de terre est à son apogée, quand elle entame avec minutie sa démobilisation, elle aligne le chiffre respectable de 54000 camions et camionnettes dont 22000 à la mobilisation six mois plus tôt. Cette production à servit à la fois à relever les véhicules de réquisition mais également à permettre la mise sur pied de nouvelles unités.

Les voitures de liaison

Si il y à bien un domaine où la réquisition n’à aucun mal à trouver les véhicules nécessaires, c’est bien le domaine des véhicules de liaison (VL), les 57209 exemplaires nécessaires étant puisés dans le parc automobile national pour compléter les 6756 véhicules commandés directement par l’armée.

Les véhicules en question sont des véhicules âgés de moins de deux ans, repeints en kaki pour l’occasion. Ils servent à la fois pour la liaison proprement dite mais employés en section de VL, ils servent avec des motos à la régulation routière.

La pénurie de motos sides verra ainsi de grandes routières être utilisées au sein des escadrons motorisés des GRDI et GRCA, un rôle bien éloigné de celui imaginé à l’origine………. .
Cette catégorie des Voitures de Liaison se subdivise elle même en plusieurs sous-catégories, les voiturettes à deux ou quatre places (Simca Cinq et Huit, Peugeot 202 et Juvaquatre), les voitures de liaison proprement dites, le plus souvent des berlines de 4 à 6 places essentiellement de marque Renault et Citroën et enfin les voitures de grande liaison, des voitures grande luxe de sept ou huit places, de marque Renault, Panhard, Talbot,Hotchkiss ou Delahaye, ces voitures étant utilisés par les généraux et les personnalités militaires.

Voici la liste des principaux modèles :

-Voiturette de 3 ou 4 places Peugeot 202

-Voiturette légère 2 places Simca Cinq

-Voiturette de liaison 4 places Simca Huit

-Voiture de liaison 4, 5 ou 6 places Peugeot 402B et BL

-Voiture de liaison 4/5 places Renault Primaquatre, Celtaquatre et Novaquatre

-Voiture de liaison 4/5 places Citroen Traction

-Voiture de liaison et de grande liaison 6 à 8 places Renault Vivaquatre, Vivastella et Viva Grand Sport

-Voiture de Grande Liaison Panhard Dynamic

Les fourgonnettes

Dans le domaine du transport de matériel, les véhicules de l’armée  sont classés en trois catégories en fonction de leur charge utile à savoir 1.5 tonnes, 3.5 tonnes et 5 tonnes. Il existe néanmoins des véhicules d’une capacité moindre, utilisés au sein de l’armée pour des rôles similaires à ceux occupés dans le civil à tel point que souvent, ils portent encore leur livrée civile d’origine.

Elles vont même prendre une importance plus importante que prévue en raison d’une pénurie de camionnettes de 1.5 tonnes de charge utile.

A défaut donc de camionnettes bâchées initialement prévues, les différentes unités vont se retrouver avec une flotte disparaître de véhicules de réquisition, généralement munies d’une carrosserie tôlée aux capacités de charge variable généralement de 500, 850 ou 1000 kg.

Pas moins de 1200 types différents de véhicules se retrouvent sous les drapeaux, nombre réduit à 800 par la restitution à l’économie de près de 6000 véhicules dont 2600 dès le 20 novembre 1939, les autres suivants à un rythme régulier.

Après la mobilisation, le déficit en camions et camionnettes est encore important avec 25000 véhicules manquant, chiffre réduit à 5500 camions, 500 camionnettes et 4000 remorques à la fin du mois de novembre. Le déficit ne sera pas totalement résorbé quand le processus de démobilisation est enclenché.

De 1936 à 1939, de nombreuses commandes avaient été passées, des commandes passées à tous les constructeurs pour ne pas pénaliser un constructeur mais cela entraine une grande dispersion de modèles.
Il faut attendre réellement la mobilisation ou au moins le réarmement pour qu’une politique de rationalisation soit mise en place.

Les principaux fournisseurs sont Renault et Berliet suivis de près par Citroën et Peugeot. Panhard bien que fort occupé reçoit une commande de véhicules bâchés dont il parviendra finalement à se débarrasser, l’état-major ayant compris finalement que la sortie des automitrailleuses était plus importante.

Delahaye, Rochet-Schneider et Saurer complètent le tissu industriel avec des capacités limitées. On notera aussi l’apport limité d’autres constructeurs comme Matford.

Les besoins sont tels que la production mensuelle totale dépasse les 8000 véhicules. Néanmoins cette production devient rapidement trop importante suite à la fin de la guerre de Pologne.

Bien que réduite, elle permet de compléter les besoins immédiats, de purger les stocks de véhicules obsolètes et de constituer un stock important ce qui facilitera et accéléra la montée en puissance de l’armée lors de la mobilisation d’août/septembre 1948.

De toute façon les commandes prévues n’auraient pu être honorées à temps, les différents constructeurs étant fort occupés avec d’autres productions qu’il s’agisse des chars pour Renault ou de camions de plus gros tonnage pour Berliet.

Les camionnettes de 1.5 tonnes

Ce type de véhicule est le véhicule de transport le plus léger. Il peut embarquer 10 à 14 hommes ou 1 à 2 tonnes de matériel (la capacité standard est 1.5 tonnes mais l’armée demande parfois 1.8 ou 2 tonnes). Quand éclate la guerre de Pologne, le spectre s’enrichit par le bas avec des camionnettes d’une capacité de 1.2 tonnes «seulement».

Ces camionnettes sont destinés donc au transport qu’il s’agisse d’équiper des unités du train ou de servir de camion d’allègement pour les fantassins qui peuvent y déposer leurs paquetages.

On trouve également des véhicules dérivés, utilisés pour un usage spécifique comme les breaks de reconnaissance _camionnettes à toit fixe destinées spécifiquement au transport de personnel_ et les breaks d’instruction _véhicules à double commande pour l’instruction automobile_.

Parmi les camionnettes de cette catégorie, on trouve les modèles suivants :

Peugeot DK 5J

Peugeot DK 5J

-Camionnette bâchée de 1.2 tonnes Peugeot DK 5J

-Camionnette bâchée de 1.5 tonnes et break de reconnaissance Delahaye 140

-Camionnette bâchée de 1.5 tonnes Latil M1BR

-Camionnette bâchée de 1.5 tonnes Unic S27

-Break d’instruction Renault AGC

-Camionnette bâchée de 1.5 tonnes Citroen type 23

Les camionnettes de 2.5 tonnes

La quasi-totalité des véhicules de ce type sont utilisés par l’armée de l’air. Cette dernière remplace uniformément ses camionnettes de 1.5 et de 3.5 tonnes de charge utile par des camionnettes de 2.5 tonnes.

L’armée de terre elle commande des véhicules de cette catégorie pour des besoins bien spécifiques notamment un camion atelier radio installé sur le chassis du Renault AGT utilisé massivement par l’armée de l’air (550 exemplaires).