Pologne et Pays Neutres (70) Suède (5)

Gustav III Adolf

Gustav III (Stockholm 24 janvier 1746 Stockholm 29 mars 1792) est roi de Suède du 12 février 1771 au 29 mars 1792. Marié à Sophia Magdalena de Danemark en 1766, il aura deux fils, Gustav et Carl-Gustav.

Fils d’Adolphe-Frederic de Hesse et de Louise Ulrika (une sœur de Fredéric II le Grand), il est également le cousin de la Grande Catherine, tsarine de toutes les Russie.

Arrivé au pouvoir en 1771 il mène un coup d’état monarchiste dès août 1772 pour rétablir l’absolutisme disparu avec la mort de Charles XII. C’est la fin de l’Age de la Liberté, période où le pouvoir parlementaire n’à cessé de croitre au détriment du pouvoir monarchiques.

Despote éclairé, apprécié du peuple mais détesté par la noblesse car s’attaquant à ses privilèges, il mène une politique de mécénat pour faire briller de milles feux la Suède et surtout sa personne. Il tente également de renouer avec l’impérialisme suédois mais là les succès sont nettement plus timides.

Admirateur de Voltaire, Gustav III légalise la présence catholique et juive en Suède. Il libéralise la société et l’économie, réduisant par exemple les cas soumis à la torture et à la peine capitale. Il y à même une loi sur la liberté de la presse en 1766 mais cette loi est vidée de sa substance par des amendements en 1774 et 1792.

Opposé à la révolution française, il propose même son aide militaire à Louis XVI. Grièvement blessé dans le dos lors d’un bal masqué, il succombe à ses blessures quelques jours plus tard. Son fils Gustave IV lui succède mais mineur il est soumis à la régence jusqu’en 1796.

En 1809 Gustave IV est à son tour renversé par un coup d’état militaire après avoir tenté de rétablir l’absolutisme. Par la suite la monarchie suédoise ne cessera de perdre du pouvoir au point aujourd’hui de n’avoir que des pouvoirs symboliques.

En 1777 il est le premier état à reconnaître l’indépendance des Etats-Unis après que des soldats suédois aient servit aussi bien aux côtés des insurgents que des français. En 1784 il acquiert l’île de Saint-Barthélemy (que Louis XVI échange contre un droit d’entrepôt à Göteborg), île qui redeviendra française en 1877. Il y eut également un projet de colonie en Australie au sud-ouest de l’île-continent mais le projet du être abandonné à cause de la guerre contre la Russie (1788-1790).

Axel de Fersen

Hans Axel von Fersen (Stockholm 4 septembre 1755 Stockholm 20 juin 1810) est un comte suédois rendu célèbre par son statut de favori auprès de la reine de France Marie-Antoinette.

Il est le fils du feld-maréchal Fredrik Axel de Fersen et de la comtesse Hedwige-Catherine de la Gardie.

En 1774 il achève son Grand Tour d’Europe destiné à parfaire son éducation comme le fond tous les jeunes gens bien nés. Il impressionne la cour de France par son éducation et son physique avantageux.

Le 30 janvier 1774 il rencontre Marie-Antoinette alors dauphine. Il revient à la Cour de France en août 1778 où Marie-Antoinette devenue reine de France lui fait bon accueil ce qui suscite un certain nombre de ragots et de rumeurs.

Axel de Fersen reçoit l’autorisation de rejoindre le corps expéditionnaire français engagé dans la guerre d’indépendance américaine. Il est l’aide de camp de Rochambeau, se liant d’amitié avec le duc de Lauzun et le marquis de Ségur. Il s’illustre à la bataille de Yorktown, ayant obtenu en octobre 1782 la place de colonel en second du régiment Royal-Deux-Ponts.

Il rentre de campagne en juin 1783 et reçoit la propriété du régiment Royal-Suédois. En septembre il quitte Versailles et rejoint le roi de Suède Gustave III qui se rend incognito en Italie. Il multiplie les conquêtes féminines et continue une correspondance soutenue avec la reine de France.

En 1784 il est à Versailles, rentrant en Suède en juillet mais revenant en mars 1785 pour prendre possession de son régiment en garnison à Landrecies près de Valenciennes. Il participe à la guerre russo-suédoise en 1787-1788.

En 1791 il participe à la fuite de Varennes qui comme chacun sait échoue. Il échoue à convaincre Vienne d’agir plus fermement. Fersen quitte alors Vienne pour Bruxelles.

En février 1792 il tente de convaincre le couple royal de fuir vers la Normandie mais Louis XVI refuse tout nouveau projet de fuite. Il inspire le manifeste de Brunswick qui va exacerber les tensions et les passions.

Après l’exécution de Louis XVI il espère encore sauver la reine mais comme nous le savons c’est un échec. Il rentre en Suède mais Gustave III à été assassiné et comme tous ses favoris Fersen est en disgrâce entre 1792 et 1796. Il retrouve son office et sa dignité avec l’avènement de Gustave IV Adolphe.

En 1801 il est nommé riksmarskalk (Grand maréchal du royaume), ministre et chancelier d’Uppsala mais perd la faveur royale car opposé à l’entrée en guerre de la Suède contre la Prusse.

En 1809 Gustave IV est chassé par un coup d’état militaire. Fersen ne prend pas partie. Le 20 juin 1810 il est pris à partie dans une émeute populaire et lynché. Des troupes sont présentes mais n’interviennent pas probablement par ordre du roi Charles XIII qui voyait le moyen de se débarasser d’un chef du parti gustavien.

Charles XIV Jean

Jean Baptiste Bernadotte (1763-1844),Maréchal d’Empire,Prince de Ponte-Corvo, Roi de Suède sous le nom de Charles XIV Jean de 1818 à 1844

Charles XIV Jean (Pau 26 janvier 1763 Stockholm 8 mars 1844) est le premier roi de Suède de la dynastie Bernadotte, dynastie qui règne encore aujourd’hui en Suède. Bernadotte un nom qui fleure bon la France et pour cause puisque Carl XIV Johan s’appelait dans une ancienne vie Jean-Baptiste Bernadotte, un militaire français qui termina maréchal d’Empire.

Karl XIV Johan à été roi de Suède du 5 février 1818 au 8 mars 1844 (couronné le 11 mai 1818 à Stockholm), roi de Norvège (Karl III Johan) du 5 février 1818 au 8 mars 1844 (couronné le 7 septembre 1818 à la cathédrale Nidaros de Trondheim), vice roi de Norvège du 9 au 17 novembre 1814 et du 10 juin au 16 juillet 1816, prince héritier de Suède et de Norvège du 4 novembre 1814 au 5 février 1818, prince héritier de Suède du 5 novembre 1810 au 4 novembre 1814.

Marié à Désirée Clary (un temps convoitée par Napoléon Bonaparte ce qui selon certains historiens explique les relations orageuses entre les deux hommes qui partageaient un lien familial puisque Julie Clary, sœur de Désirée à épouser Joseph Bonaparte, frère ainé de qui vous savez), il eut un fils Oscar qui lui succéda sur le trône de Suède sous le nom d’Oscar 1er.

Cadet d’une famille de la bourgeoisie de robe du Béarn, il était le fils d’Henri et de Jeanne Bernadotte née de Saint-Jean. Il avait un frère ainé Jean et une sœur Marie.

Sans être misérable la famille était souvent gênée par des problèmes financiers, problèmes aggravés par la mort du père alors que Jean-Baptiste n’avait que 17 ans.

Alors que rien ne le destinait à la carrière militaire il s’engage le 3 septembre 1780 dans le régiment Royal-La Marine, étant affecté clin d’oeil du destin en Corse pendant deux ans avant de suivre les pérégrinations de son régiment : Besançon, Grenoble, Vienne, Marseille et en Charente-Maritime.

Il est caporal puis sergent et ne tarde pas être chargé du recrutement et de la formation des nouvelles recrues. Il participe le 7 juin 1788 à la journée des tuiles considérée comme la répétition générale des éléments de 1789. Il est ensuite en 1789 à Avignon et à Marseille. Le 7 février 1790 il devient adjudant sous-officier mais roturier ne peut espérer aller plus haut.

A l’automne 1790 son régiment est envoyé sur l’île d’Oleron puis en avril 1791 sur l’île de Ré. Il est nommé lieutenant en mars 1792, commandant le dépôt du 36ème RI. Il va ensuite participer aux combats de la 1ère coalition, évitant la panique des volontaires enthousiastes mais peu expérimentés par son ardeur et son éloquence.

Il est promu capitaine en juillet 1793 et chef de bataillon le 8 février 1794. Il est chef de brigade le 4 avril 1794, recevant le commandement de la 74ème demi-brigade (NddA le terme demi-brigade remplace un temps celui de régiment suite à la décision de Carnot d’amalgamer soldats de métier et volontaires). Il s’illustre à la bataille de Fleurus le 26 juin 1794. Il est général de division le 22 octobre 1794. Que de chemin parcouru depuis février 1790 !

A la tête de sa division il se montre rigoureux et travailleur, réprimant le pillage pour éviter de s’aliéner les populations locales. Il veille aussi au bon ravitaillement des troupes sous son commandement ainsi qu’à un traitement correct des malades et des blessés.

Il continua à combattre au sein de l’Armée de Sambre-et-Meuse sous le commandement du général Jourdan, armée qui se heurta à une féroce résistance autrichienne. Bernadotte s’illustre par ses talents de tacticien.

En 1797 il rejoint le front italien pour soutenir un certain général Bonaparte engagé sur un front censé être secondaire par rapport au front allemand. Il connait à Milan un premier incident qui scelle une irréductible inimité avec le général Berthier, le chef d’état-major de Bonaparte.

En août 1797 il rentre à Paris pour ramener les drapeaux pris à l’ennemi en compagnie d’Augereau mais le motif exact de ce rappel n’est pas clair. Il reste à l’écart du coup d’état du 18 fructidor qui écarte les directeurs royalistes. En dépit de l’opposition de Bonaparte, Bernadotte rallie l’Italie et subit une humiliation publique de la part du futur empereur. Bien avant de devenir roi de Suède on ne peut pas dire que Bernadotte aurait été prêt à donner sa vie pour le futur empereur.

Après avoir été commandant en chef des troupes françaises en Italie, il fût nommé ambassadeur en Autriche le 11 janvier 1798, un choix qui fit scandale en Autriche. Une émeute éclata le 13 avril 1798 quand il fit hisser le drapeau tricolore. Il quitte Vienne deux jours plus tard. A son retour à Paris il refusa un poste d’ambassadeur en république batave.

Le 17 août 1798 il se marie avec Désirée Clary. En novembre 1798 il refuse le poste de commandant en chef de l’armée d’Italie car il estime les moyens attribués insuffisants. La guerre de la deuxième coalition débute en mars 1799 et les déconvenues se succèdent pour la France.

Rappelé à Paris, il se tient à l’écart du coup d’Etat du 30 prairial (18 juin 1799). Le 4 juillet Désirée donne naissance leur fils unique qui il ne le sait pas encore deviendra un jour roi de Suède.

En juillet 1799 il devient ministre de la Guerre et entama un profond travail de réforme et de refondation de l’armée. Jugé trop proche des jacobins, il est démissionné de son poste le 14 septembre 1799 alors que le Directoire agonisait.

En dépit des liens l’unissant à Bonaparte, Bernadotte fût tenu à l’écart du complot qui allait aboutir au coup d’état du 18 Brumaire. C’était mieux ainsi pour le futur premier consul car quand il fût informé, Bernadotte se montra particulièrement virulent à son égard.

En dépit de cela il retrouva des fonctions officielles, devenant commandant de l’armée de l’Ouest espérant s’y couvrir davantage de gloire qu’en Italie mais ce ne fût pas le cas. Il resta en fonction jusqu’en 1802 mais ses relations avec le premier consul restèrent toujours tendues.

Il fût un temps disgracié car suspecté de vouloir renverser Napoléon Bonaparte. Il fût nommé ambassadeur de France aux Etats-Unis mais ne partit jamais, proposant ses services suite à la reprise de la guerre. En mai 1804 les deux hommes par l’entremise de Désirée se rapprochèrent et sans qu’il y eut un amour fou, Bernadotte promis sa loyauté à Napoléon Bonaparte et accepta de coopérer avec lui.

Le 14 mai il est nommé gouverneur du Hanovre et le 19 mai il est fait maréchal d’Empire en compagnie de dix-sept autres généraux. Le 2 décembre 1804 lors de la cérémonie du sacre, il porte le collier de l’Empereur.

Il participa à la campagne de 1805 et notamment à la bataille d’Austerlitz où il s’illustra même si certaines de ces décisions eurent un impact négatif sur le cour de la bataille. En juin 1806 il reçoit le titre de prince-duc de Pontecorvo.

Il participe en 1806 à la campagne de Prusse mais signe qui ne trompe il ne fit rien pour aider Davout avec lesquels les relations étaient aussi bonnes qu’avec Berthier c’est-à-dire exécrables. On raconte que Napoléon fût à deux doigts de trainer son beau-frère en cour martiale avant de se raviser pour des raisons d’équilibre familial. La situation s’apaisa néanmoins dans les jours suivants.

A cette occasion il fût en contact avec des troupes suédoises. Les prisonniers ayant été bien traités nul doute que cela joua plus tard et fit définitivement basculer le destin du béarnais.

En raison de problèmes dans la transmission des ordres, son 1er Corps d’Armée ne pût participer à la bataille d’Eylau. Blessé dans un affrontement à Spanden, il manquant la bataille de Friedland mais était suffisamment rétablit pour participer à la paix de Tilsit en juillet 1807.

Il fût ensuite nommé gouverneur des villes hanséatiques installant son quartier général à Hambourg pour faire respecter le blocus continent. Dans cette politique il fit preuve de réalisme, de pragmatisme et de souplesse ce qui ne pu qu’accroitre sa popularité dans la région.

En février 1808 il pénètre au Danemark avec une armée composée de soldats français, hollandais, danois et espagnols direction la Scanie, une province suédoise. Il s’agit de soutenir la Russie en guerre contre la Suède de Gustav IV Adolf. En août 1808 des soldats espagnols quittèrent sans ordre l’armée de Bernadotte pour rejoindre l’Espagne et lutter ccontre la France.

Si il ne participa pas à la guerre en Espagne, il fût engagé dans la campagne de 1809 avec sous ses ordres des unités étrangères ce qui ne l’enchantait guère. Il s’y illustra mais ne fût guère mis en valeur ce qui l’ulcéra. Renvoyé en France il repoussa un débarquement britannique à Walcheren et signe qui ne trompe pas il y avait été envoyé avec Fouché ce qui n’était pas forcément non plus une bonne chose tant le ministre de la police de Napoléon pouvait courir plusieurs lièvres à la fois.

Son destin bascula alors quand en mars 1809 le roi de Suède Gustaf IV Adolf (ou Gustave IV Adolphe) fût renversé par un coup d’état militaire suite à une guerre catastrophique contre la Russie. Son oncle Charles lui succéda mais il n’avait pas d’enfant. Il adopta le duc Christian Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg mais sa mort accidentelle relança la question de la succession alors que le pays se montrait davantage francophile.

Bernadotte fût approché mais il fallu du temps pour le convaincre, le maréchal d’Empire ne voulant pas aller contre la volonté de Napoléon.

Le 21 août 1809 le parlement élu Jean-Baptiste Bernadotte comme prétendant à la couronne de Suède. L’empereur des français accepta à contre-coeur l’élection le 23 septembre 1810.

Bernadotte se met en route le 30 septembre, se convertit au luthéranisme le 19 octobre et fit son entrée solennelle à Stockholm le 2 novembre. Le 5 novembre Charles XIII l’adopte officiellement et il devient Charles Jean. Début janvier 1811 Désirée et Oscar arrivent en Suède. Désirée ne resta guère en Suède et ne revint qu’en 1823 !

Affable et ouvert, il ne parla jamais le suédois ce qu’il regretta par la suite. Régent seulement un mois après son arrivée, il ne tarda pas à devoir choisir entre la France et sa nouvelle patrie. L’occupation de la Poméranie suédoise en janvier 1812 fût le prétexte idéal pour rompre définitivement avec Napoléon. Il négocia avec la Russie et en échange d’un renoncement à la Finlande, Alexandre 1er acceptait de soutenir les droits suédois sur la Norvège.

En mars 1813 la Suède et le Royaume-Uni signent un traité d’alliance doublé d’une aide financière de la part de la Grande-Bretagne. Londres promet également le transport des troupes suédoises en Poméranie et une aide navale pour conquérir la Norvège en cas de résistance locale et/ou étrangère.

La Suède entre en guerre contre la France le 17 mars 1813. Désirée Clary tente de négocier un accord entre son mari et l’empereur mais en vain.

Durant les négociations il apporta son expertise sur les forces et les faiblesses de l’armée française. Il joua un rôle moteur dans la planification de la campagne à venir à savoir d’éviter d’affronter Napoléon pour se concentrer sur ses subordonnés. Il participa avec son armée à la Bataille de Leipzig du 16 au 19 octobre 1813. d’octobre 1813 à février 1814 l’armée suédoise ne combat pas Napoléon, se concentrant sur les danois pour les forcer à abandonner la Norvège.

En France Charles Jean fût approché pour devenir le nouveau souverain mais il fût très vite marginalisé. De plus l’ancien maréchal d’Empire répugnait à combattre ses anciens compagnons d’armes sur le territoire national. Il regagne la Suède à la fifn du mois de mai et arriva à Stockholm le 10 juin 1814.

Il doit s’employer à combattre la Norvège peut désireuse de s’associer à la Suède en dépit des propositions de Bernadotte pour une large autonomie. La guerre s’acheva rapidement par une victoire suédoise (26 juillet-14 août 1814). Le 4 novembre 1814, Charles XIII devient également Charles II de Norvège. En revanche le futur Charles XIV Jean était sceptique sur le loyalisme de la population norvégienne. Durant les Cent Jours la Suède resta à l’écart des opérations.

Le 5 février 1818 Charles XIII/II meurt. Le lendemain l’ancien Maréchal d’Empire devient roi sous le nom de Charles XIV Jean (Charles III en Norvège). Il est couronné roi de Suède le 11 mai et roi de Norvège le 7 septembre.

En 1823 le prince héritier Oscar se marie avec Joséphine de Leuchtenberg, fille d’Eugène de Beauharnais, fils adoptif de Napoléon Bonaparte. A cette occasion Désirée regagna enfin la Suède et y reste jusqu’à la fin de sa vie.

Les relations avec le premier monarque de la maison Bernadotte restèrent tendues avec des norvégiens rétifs. Charles XIV Jean veilla à conserver de bonnes relations avec la Russie, l’ancien Maréchal d’Empire ayant des relations amicales avec Alexandre 1er comme avec son successeur Nicolas 1er.

Très populaire en Suède les relations du monarque se tendent dans les années trente en raison d’un certain autoritarisme ce qui fait espérer à certain l’avènement prochain de son fils Oscar réputé plus libéral. Paradoxalement sa popularité augmenta en Norvège alors qu’elle déclinait en Suède !

Le conflit avec l’opposition libérale s’apaisa au cours de la session parlementaire de 1841 et en 1843 au moment de son jubilé d’argent les témoignages d’affection furent unanimes, le roi de Suède ayant retrouvé sa popularité d’avant.

En effet le pays avait développé son économie, la dette publique et extérieure avait diminué, l’agriculture était en croissance tout comme l’industrie, les impôts avaient été réduits.

Début janvier 1844 la santé du roi déclina. Frappé par un accident vasculaire cérébral le 5 mars, il sombra dans le coma avant de succomber le 8 mars 1844 à 15h30. Son fils Oscar lui succède sur le trône de Suède.

Gustav IV Adolf

Gustave IV Adolphe (Stockholm 1er novembre 1778 St Gallen, confédération helvétique 7 février 1837) est roi de Suède du 29 mars 1792 au 29 mars 1809.

Fils de Gustav III Adolf, il perdit lui aussi le pouvoir mais à la différence de son père fût exilé et non assassiné, la perte de la Finlande étant l’élément déclencheur du coup d’état militaire qui allait aboutir à son renversement puis à son exil.

Lui succède sur le trône son oncle Charles XIII qui est sans héritier. Il choisit pour lui succéder un maréchal napoléonien Jean-Baptiste Bernadotte.

Agé de 14 ans à la mort de son père, Gustav IV est d’abord sous la régence de son oncle le futur Charles XIII.

Le 31 octobre 1797 il épouse Friederike Dorothea, petite-fille de Karl Friedrich margrave de Bade. De cette union sont nés cinq enfants (Gustav, Sofia Wilhelmina, Carl-Gustav, Amalia et Cecilia). Après son divorce, il eut plusieurs maitresse, l’une d’elle Maria Schlegel donnant naissance à un fils Adolf Gustafsson.

En raison de difficultés financières chroniques héritées de son père, le couronnement n’est organisé que le 3 avril 1800. En raison de l’opposition persistante au sein de la diète, Gustav IV Adolf ne va plus réunir la moindre diète jusqu’à son renversement.

En 1805 il rejoint la troisième coalition contre la France. La France occupe la Poméranie suédoise.

Le 21 février 1808 la Russie envahit la Finlande alors dirigée par la Suède tandis que le Danemark attaque la Suède pour forcer Stockholm à rejoindre le système continental destiné à ruiner l’Angleterre. Très vite la Finlande est perdue, perte consacrée par le traité de Hamina du 17 septembre 1809.

Entre-temps le roi est renversé par une conspiration militaire. Il abdique volontairement le 29 mars dans l’espoir de préserver les droits de son fils mais le Riksdag des Etats dominé par l’armée refuse de laisser le fils de Gustav IV sur le trône. Le 5 juin Charles est proclamé roi sous le nom de Charles XIII.

L’ex-roi de Suède est transporté en Allemagne. En 1812 il divorce de sa femme avec laquelle il ne s’était jamais entendu. Il vit ensuite en Suisse mais est enterré en Moravie. Sa dépouille est rapatriée en Suède en 1884.

Alfred Nobel

Alfred Bernhard Nobel (Stockholm 21 octobre 1833 San Remo 10 décembre 1896) est un chimiste, industriel et fabricant d’armes suédois.

Durant sa carrière il déposa plus de 350 brevets scientifiques dont celui de la dynamite qui fit sa renomée. Il fonde la société KemaNobel en 1871 qui rachète la société Bofors en 1894. Dans son testament il légue sa fortune pour créer le Prix Nobel.

Après avoir grandit en Russie, le jeune Alfred Nobel part étudier la chimie aux Etats-Unis pendant quatre ans. Rentré ne Suède, il se consacre à partir de 1862 à la mise au point d’explosifs plus stables. Il s’essaye également à la création littéraire avec un succès inversement proportionnel à sa carrière d’inventeur.

Il met au point un détonateur en 1865 et brevète la dynamite en 1867. Il réside à Paris à partir de 1875. Il achète plusieurs châteaux en France, châteaux utilisés pour des travaux de recherche mais fatigué par une campagne de presse hostile et par les lourdeurs administratives françaises il s’installe en Italie en 1891 ce qui n’améliore pas son image en France.

En 1888 la publication d’une nécrologie prématurée (« Le marchand de la mort est mort. Le Dr Alfred Nobel, qui fit fortune en trouvant le moyen de tuer plus de personnes plus rapidement que jamais auparavant, est mort hier . ») le pousse à laisser une meilleure image après sa mort.

Le 27 novembre 1895 un an avant sa mort, Alfred Nobel rédige son testament léguant la quasi-totalité de sa fortune à la création d’un fond destiné à doter des prix pour récompenser les progrès dans le domaine de la paix (ou de la diplomatie), de la littérature, de la chimie, de la physiologie ou de médecine et de la physique.

Célibataire et sans enfants, saint-simonien récompensant le mérite et condamnant l’héritage, Alfred Nobel se comporte en accord avec ses idées. Il à même envisagé lui le grand mélancolique de créer un établissement permettant aux personnes le souhaitant de mettrre fin à leurs jours dans de bonnes conditions.

Il meurt d’un accident vasculaire cérébral le 10 décembre 1896 à San Remo et est enterré au cimetière du Nord à Stockholm.

Mitteleuropa Balkans (209) Slovaquie (3)

La première république tchécoslovaque (1918-1939)

A la fin du 19ème siècle des contacts sont noués entre tchèques et slovaques sur la possibilité de créer un état Tchéco-Slovaque. Tomas Masaryk premier président de la république tchécoslovaque était slovaque et partisan d’une union avec les tchèques.

Tomas Masaryk

Une union tchécoslovaque voit le jour en 1898 pour effectuer un travail de lobbying au sein de l’Autriche-Hongrie mais les tentatives pour créer un troisième pôle slave au sein de l’Autriche-Hongrie est torpillée aussi bien par les allemands que par les hongrois.

Quand le premier conflit mondial éclate les tchèques comme les slovaques présents en Autriche-Hongrie accepte sans trop broncher la mobilisation. Cette attitude qui peut étonner s’explique probablement par l’espoir qu’un tel comportement sera récompensé après guerre surtout en cas de victoire de la part des empires centraux.

Ce n’est qu’avec la dégradation causée par le conflit que les différentes nationalités de la Double-Monarchie vont aggraver les fissures d’un colosse aux pieds d’argile avant de provoquer son effondrement. De nombreux tchèques et slovaques vont déserter et vont former différentes Légions tchécoslovaques qui vont combattre aussi bien à l’ouest que sur le front russe. 1.4 million de soldats tchèques, slovaques et ruthènes furent mobilisés dans l’armée austro-hongroise avec au final 150000 morts.

En 1916 à Paris est créé le Conseil National Tchécoslovaque, un conseil animé par Tomas Masaryk, Edouard Benes et Milan Stefanik.

Le 31 mai 1918 les tchèques et les slovaques ont signé l’Accord de Pittsburgh. Il prévoit la constitution d’un Etat Tchéco-Slovaque avec une Slovaquie disposant de sa propre Assemblée ce qui aurait donné naissance à un état confédéral.

De juin à décembre 1918 le conseil est reconnu par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Japon comme le représentant officiel du prochain Etat tchécoslovaque. Le 14 octobre 1918 le conseil devient un gouvernement provisoire avec Masaryk comme président Benes comme ministre des affaires étrangères et Stefanik ministre de la guerre.

Le 18 octobre 1918 alors qu’il est aux Etats-Unis, Tomas Masaryk proclame l’indépendance de la Tchécoslovaquie. Il réclame l’intégration de tout le Royaume de Bohème ce que refuse les députés allemands de Bohème accompagnés par d’autres députés germanophones qui tentent d’imposer un état germano-autrichien indépendant.

L’indépendance de la Tchécoslovaquie est officiellement proclamée dans le hall Smetana de la mairie de Prague qui après avoir été la capitale du royaume de Bohème devient celle du nouvel état Tchéco-Slovaque qui ne va pas tarder à devenir Tchécoslovaque au grand dam des slovaques. Ces derniers rejoignent officiellement le nouvel état le 30 octobre 1918 lors d’une réunion dans la ville de Martin.

Béla Kun

Ultérieurement des troupes tchécoslovaques vont participer à la guerre civile russe puis interviennent contre la Hongrie des conseils de Béla Kun.

Deux traités de paix vont concerner la Tchécoslovaquie, le Traité de Saint Germain en Laye signé le 10 septembre 1919 et le Traité de Trianon signé le 4 juin 1920.

Le premier voir la Cisleithanie partie autrichienne de l’Autriche-Hongrie est disloquée et remplacée par sept états successeurs. Il est entré officiellement en vigueur le 16 juillet 1920. Les autrichiens étant considérés comme un peuple vaincu n’obtiennent pas le droit de disposer d’eux-mêmes et le texte est écrit en français, anglais, italien et russe mais pas en allemand ce qui est un signe ! Les autrichiens en colère mettent le feu à l’ambassade de France à Vienne le 23 mai 1919.

Ce texte reconnaît l’existence d’un Etat commun aux tchèques et aux slovaques. Les allemands des Sudètes et ceux d’Autriche se voient refuser l’intégration à la République de Weimar et la République allemande d’Autriche devient la République d’Autriche et se voit refuser la possibilité de réaliser l’Anschluss (article 88).

Le second voit la Hongrie être réduite à la portion congrue. Pour Budapest c’est le jour et la nuit puisqu’on passe en 1914 à une situation où 21% des sujets de la Transleithanie être non-magyars à une situation où 3.3 millions de hongrois sont sous souveraineté étrangère.

Le traité est un traumatisme majeur pour la Hongrie, représentant une histoire qui ne passe toujours pas. Même Aristide Briand et Lloyd George reconnaissent un traité injuste appuyé sur des documents mensongers.

La Slovaquie et la Ruthénie Subcarpathique rejoignent la Bohème et la Moravie pour former la Tchécoslovaquie qui comprend des tchèques, des slovaques, des ruthènes, des allemands et des hongrois.

La première république tchécoslovaque va très vite se heurter à sa composition multiethnique sans oublier des litiges frontaliers avec la Pologne mais ces derniers vont être vite réglés entre deux nouveaux états qui n’ont pas intérêt à s’affronter du moins pas dans l’immédiat.

Alors que toute l’Europe centrale et orientale succombe aux sirènes autoritaires, la Tchécoslovaquie reste une démocratie parlementaire.

Le 18 novembre 1918 Tomas Masaryk devient le premier président de la Tchécoslovaquie. La constitution tchécoslovaque est adoptée le 29 février 1920, texte qui s’inspire des lois constitutionnelles de la Troisième République.

Ce texte comprend en préambule une Loi Préliminaire de dix articles (Article I à X) qui s’occupe de la période transitoire. Le texte proprement dit appelé officiellement Charte Constitutionnelle de la République Tchécoslovaque comprend les principaux éléments suivants :

-Le Titre premier concerne les dispositions générales avec cinq articles qui traitent des dispositions générales et des principaux symboles de l’Etat.

-Le Titre 2 (articles 6 à 54) s’occupe du pouvoir législatif. Ce dernier est assuré par l’Assemblée Nationale qui comporte une Chambre des Députés et un Sénat.

La chambre des députés comprend 300 députés élus au suffrage universel à la proportionnelle pour six ans alors que le Sénat est composé de 150 membres élus de la même façon mais pour huit ans.

-Le Titre 3 (Article 55 à 93) concerne le pouvoir exécutif. Le président de la république est élu par l’Assemblée Nationale. Il doit être citoyen tchécoslovaque, éligible à la Chambre des députés et âgé d’au moins 35 ans.

Pour que l’élection soit valide les députés et les sénateurs présents doivent représenter la majorité absolue (soit 226) et l’élection se fait à la majorité des 3/5. Après deux tours si il n’y à pas de vainqueurs, les candidats en tête sont départagés au plus grand nombre de suffrage lors d’un nouveau scrutin. Si l’égalité persiste, on laisse le sort décider.

Le président est élu pour sept ans avec deux mandats consécutifs. Il doit ensuite attendre un délai de sept ans avant un éventuel nouveau mandat.

Il nommé et révoque le président du gouvernement et les ministres. Ces pouvoirs sont plus étendus que ceux de son homologue français.

-Le Titre IV concerne le pouvoir judiciaire (Article 94 à 105)

-Le Titre V (article 106 à 127) concerne les droits, les libertés et les devoirs des citoyens avec l’égalité (art.106), la liberté de la personne et de la propriété (art. 107 à 111), la liberté de domicile (Art. 112), la liberté de la presse, le droit de réunion et d’association (art.113 et 114), le droit de pétition (Art.115), le secret de la correspondance (Art.116), la liberté d’enseignement, de conscience et d’opinion (Art.117 à 125), le mariage et la famille (Art.126) et les devoirs militaires (Art.127).

-Le Titre VI concerne la protection des minorités nationales, religieuses et raciales (Articles 128 à 134).

La République Tchécoslovaque refuse d’accéder à la volonté des hongrois et des allemands de retrouver respectivement la Hongrie et l’Allemagne.

Les débuts du nouvel état sont difficiles avec une République slovaque des conseils soutenus par leurs homologues hongrois mais cette république est éphémère (16 juin au 7 juillet 1919), la république ne résistant à la défaite de la Hongrie de Béla Kun face aux troupes roumaines.

Les premières élections législatives ont lieu le 18 avril 1920. Le choix de la proportionnelle si elle est louable pour permettre à tous les courants politiques d’être représentés fragilise le pouvoir exécutif qui doit faire face à une forte instabilité gouvernementale.

Certaines années pas moins de neuf partis étaient nécessaires pour soutenir le gouvernement. Il faut dire qu’à la division politique et idéologique s’ajoute la division ethnique, chaque nationale ayant pour ainsi dire son parti social-démocrate, son parti agrarien, son parti libéral……. .

En 1921 la République Tchécoslovaque comprend 13 613 172 habitants répartis entre 51% de tchèques, 23.4% d’allemands (Allemands des Sudètes et des Carpathes), 14% de slovaques, 5.5% de hongrois, 3.4% de ruthènes, 1.3% de juifs germanophones et 1.4% de divers (essentiellement des polonais, des roumains et des roms).

Dans un premier temps ce sont les sociaux-démocrates qui dominent avant d’être progressivement évincés par les agrariens.

La présidence de la République est plus stable. Non concerné par la règle des deux mandats consécutifs, Tomas Masaryk élu en 1920 est réelu en 1927 puis en 1934. Il se retire en 1935 à l’âge de 87 ans, remplacé par Edouard Benes.

Sur le plan de la politique extérieure c’est la période de la Petite Entente, une série de traités d’alliance avec la Yougoslavie et la Roumanie pour s’opposer à une Hongrie qui n’à pas digéré le traité de Trianon, probablement le plus dur de tous les traités de paix.

Malgré sa dénomination française Les français n’en sont pas les initiateurs puisque son origine remonte au 14 août 1920 quand la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signent un accord d’assistance pour se prémunir de la menace hongroise, Budapest n’ayant jamais accepté le traité du Trianon.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921).

La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix. Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

On verra que les traités d’assistance c’est comme les promesses cela n’engage que ceux qui y croient.

Mitteleuropa Balkans (208) Slovaquie (2)

HISTOIRE

Tchèques et Slovaques avant la Tchéco-Slovaquie

Avant de former un état ce sont des régions et des territoires plus ou moins autonomes et plus ou moins indépendants.

Bohème

Le Royaume de Bohème (en rouge vif) en 1618

-Le nom Bohème (en tchèque Cechy et en allemand Böhmen) vient d’un peuple vivant jadis dans la région les Celtes Boeins nom auquel fût accolé le terme germanique de Heim (hameau). C’est une région de plateaux fertiles que ces celtes auraient occupé au début du 6ème siècle avant notre ère mais naturellement les sources historiques manquent pour avoir une date précise.

-Les Boeins auraient été chassés à l’époque d’Auguste par les marcomans avant de se fondre chez un autre peuple germanique, les Bavaari (qui à donné le nom de Bavière).

-Les Slaves arrivent dans la région au 6ème siècle et au siècle suivant un royaume slave de Bohème aurait existé. Je dis bien aurait car là encore les sources historiques manquent.

-En 1086 le duc Vratislav II de Bohème de la dynastie des Premysildes devient roi quand la Bohème passe du rang ducal au rang royal suite à un décret prit par l’empereur germanique Henri IV. Ce royaume rentre immédiatement dans l’orbite du Saint Empire Romain Germanique né en 962 quand Othon 1er roi de Germanie relève une couronne impériale sans titulaire et sans existence depuis 888 et la mort de Charles le Gros.

-C’est également à cette époque que commence la colonisation germanique de la Bohème, une colonisation qui concerne d’abord les territoires forestiers de l’ouest peu peuplés puis les villes où allemands, juifs et Roms (qui héritent à cette époque du surnom de Bohémiens) cohabitent avec les tchèques.

Au 15ème et au 16ème siècle la Bohème connait un véritable age d’or avec un développement économique et culturel remarquable.

En 1526 le roi Louis II de Hongrie de la dynastie des Jagellon est tué par les ottomans à la bataille de Mohacs. C’est la fin de l’indépendance hongroise et le début de son morcellement.

Son beau-frère Ferdinand d’Autriche qui était aussi frère de Charles Quint devient roi de Bohème marquant l’intégration de la Bohème dans les territoires patrimoniaux de la maison d’Autriche même si officiellement et jusqu’en 1547 la couronne de Bohème est élective. A partir de cette date jusqu’en 1918 la couronne de Bohème devient héridtaire au sein de la Maison de Habsbourg (Habsbourg-Lorraine en 1780) à l’exception de quelques mois en 1619 et 1629.

A partir du 17ème siècle la situation se dégrade avec les guerres de religion et surtout la terrible guerre de Trente Ans qui ravage les pays allemands et leurs dépendances immédiates, les armées vivant sur le pays les conséquences pour les populations civiles sont absolument terrifiantes.

En 1918 la Bohème va intégrer la Tchécoslovaquie, sa ville principale Prague devenant la capitale du nouvel état. Amputé de plusieurs territoires au moment des Accords de Munich, affaiblie par l’autonomie slovaque, la Tchécoslovaquie cesse d’exister le 14 mars 1939 quand les allemands envahissent le pays sans que les alliés occidentaux ne réagissent. Le lendemain 15 mars la Slovaquie sous la pression des allemands et pour éviter une annexion par la Hongrie proclame son «indépendance» pendant que la Bohême-Moravie devient un protectorat, situation qui allait durer près de quinze ans.

Moravie

Cette région appelée Morava en tchèque et Mähren en allemand est indissolublement associée à la Bohème voisine, l’union définitive datant du premier tiers du 11ème siècle. Ses villes principales sont Brno et Olomouc.

Dans l’antiquité la région est peuplée par les celtes qui sont ensuite remplacés par différentes peuplades germaniques. Au 3ème siècle de notre ère on trouve des traces de peuplement lombard, un peuple venu de Scandinavie et qui allait donner son nom à une région d’Italie.

Au 6ème siècle comme en Bohème les slaves occupent la région mais sont tiraillés entre l’influence franque à l’ouest et l’influence des avars à l’est.

Au 9ème siècle (833) une Grande Moravie voit le jour, regroupant le nord de l’Autriche et de la Hongrie actuelle, l’ouest de l’Ukraine Subcarpathique et un peu plus tard d’une partie de la Bohéme et de l’est de la Silésie.

A partir de 863 deux missionaires, Cyrille et Methode entame l’évangélisation et la christianisation de la région.

Cette Grande Moravie à une existence éphémère et la région se lie à la Bohème à une date inconnue (1019 ou 1029 selon les sources). La Moravie intègre de facto le Saint Empire Romain Germanique et la Maison d’Autriche. En 1182 la Moravie devient un magraviat.

En 1806 la Moravie tout comme la Bohème intègre l’Empire d’Autriche qui succède au St Empire Romain Germanique puis à partir de 1867 à l’Empire d’Autriche-Hongrie, la Moravie dépendant de la partie autrichienne de la Double-Monarchie à savoir la Cisleithanie.

En 1918 elle intègre la Tchécoslovaquie puis au printemps 1939 le Protectorat (Reichsprotektorate) de Bohême-Moravie, situation qui dure jusqu’à la reconstitution d’une Tchécoslovaquie indépendante à la fin du second conflit mondial en Europe.

Slovaquie

La Slovaquie en 1943

Tout comme la Bohème et la Moravie la Slovaquie est peuplée durant la période antique de celtes venus des Alpes du centre de l’Allemagne. Ils s’y installent vers la fin du 2ème siècle avant notre ère.

Ils introduisent la civilisation de la Tène dans la région du Danube, construisant des enceintes fortifiées appelées oppidum et sont les premiers à battre monnaie. Il existe une forme de proto-état avec un oppidum «panceltique» près de l’actuelle Bratislava.

A la fin du 1er siècle les celtes de la région sont chassés à la fois par la poussée romaine et par la poussée de différents peuples germains notamment les marcomans et les quades.

Les Slaves arrivent dans la région vers l’an 500 et cohabitent un temps avec les gépides, les lombards et les turbulents avars avec lesquels les rapports sont immédiatement conflictuels. Les slaves profitent de l’affaiblissement des avars qui doivent affronter les byzantins.

A la fin du 7ème siècle deux principautés voient le jout sur l’actuel territoire slovaque, la Morava centrée sur l’ouest de la Slovaquie et la Moravie et la Nitra centrée sur l’ouest et le centre de la Slovaquie, les Carpathes blanches font office de séparateur.

Au cours de la 1ère moitié du 8ème siècle est amorcé un processus de christianisation et d’évangélisation, processus poursuivie par le Royaume de Francie orientale de Louis le Germanique qui après le traité de Verdun (843) _plus connu pour être le premier texte rédigé dans ce qui s’approche le plus du français et de l’allemand que pour ses clauses politiques_ se concentre sur ses marches orientales, véritables front pionniers et terres de mission à évangéliser et à coloniser.

C’est peu avant cet événement qu’avait vu le jour une Grande Moravie qui reste un état vassal de la Francie orientale, la faute à une instabilité chronique habilement exploitée par les voisins pour éviter de voir naitre un géant en Europe centrale. Une guerre aux résultats incertains opposent les francs alliés aux bulgares et les moraves.

En 862 les frères Cyrille et Methode arrivent en Moravie pour procéder à l’évangélisation de la région. Ce choix de se tourner vers Byzance répond à une volonté des moraves d’équilibrer les influences occidentales et orientales.

A cela s’ajoute vraisemblablement une plus grande souplesse des missionnaires qu’on appelle pas encore orthodoxes que de leurs homologues occidentaux ainsi qu’une volonté de la papauté de ne pas trop renforcer les évêques de Bavière qui lorgnent sur la région.

En dépit de cette évangélisation byzantine la Moravie reste politiquement parlant sous l’influence des francs.

Au 11ème siècle l’actuelle Slovaquie intègre le Royaume de Hongrie. En 1541 la ville de Buda tombe aux mains des ottomans. Par la force des choses la ville de Presbourg future Bratislava devient la capitale et la ville de couronnement des rois de Hongrie.

Au XVIIIème siècle on assiste à un éveil identitaire des slovaques. En 1787 dans le contexte des Lumières une première codification de la langue slovaque est réalisée. Ce réveil culturel se fait également dans le contexte de l’émergence de l’idéologie panslaviste.

En 1847 les catholiques et les luthériens s’entendent sur une langue slovaque commune.

L’année suivante au cours du Printemps des Peuples les slovaques se rangent du côté des autrichiens contre les hongrois ce qui n’empêche pas le nationalisme slovaque de continuer sa croissance et son développement.

En 1867 le compromis qui fait suite à la défaite de Sadowa exclue les slaves. Au projet d’une monarchie confédérale on préfère une monarchie duale avec les autrichiens et les hongrois. La Slovaquie dépend alors de la Transleithanie, la partie magyare de la Double-Monarchie. Le nationalisme slovaque connait un véritable coup de frein.

En 1918 l’Autriche-Hongrie véritable colosse aux pieds d’argile s’effondre. Les slovaques intègre un nouvel état la Tchéco-Slovaquie qui devient très vite la Tchécoslovaquie. Plus riches, plus puissants, les tchèques ne tardent pas à prendre les commandes du pays, cachant mal le mépris que leur inspire des slovaques plus ruraux et plus catholiques alors que les tchèques sont davantage athées voir a minima déchristianisés.

En 1938 la Slovaquie devient autonome suite aux accords de Munich, autonomie qui devient «indépendance» le 15 mars 1939 sous la pression des allemands prêts à rendre la Slovaquie à une Hongrie revancharde qui n’avait pas oublié le traité de Trianon qui avait réduit son territoire historique à la portion congrue.

La Slovaquie devient un état autoritaire, nationaliste, antisémite dirigé par un prêtre, Josef Tiso, l’Etat devenant un satellite de l’Allemagne et le restera jusqu’à la fin du second conflit mondial qui voit la fin de l’indépendance slovaque qui réintègre une Tchécoslovaquie qui ne tarde pas elle à aussi à replonger dans l’autoritarisme, un autoritarisme communiste mais un autoritarisme quand même.

Mitteleuropa Balkans (5) Hongrie (5)

Le Compromis de 1867 ou la naissance de l’empire austro-hongrois

La révolution de 1848

Du 15 mars 1848 au 13 août 1849 à lieu la révolution hongroise de 1848, une rébellion contre l’Empire d’Autriche, une rébellion s’inscrivant dans ce que l’histoire à retenu sous le nom de printemps des peuples.

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Mitteleuropa Balkans (3) Hongrie (3)

Histoire du Royaume de Hongrie (2) : la dynastie angevine (1301-1386)

Comme nous l’avons vu dans la partie précédente, Charles 1er Robert dit Canrobert rétablit l’ordre et l’unité du royaume qui devient à cette époque un producteur majeur d’or et d’argent avec un tiers de la production mondiale et ce jusqu’à la fin du 15ème siècle.

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