Italie (43) Aéronavale (1)

AERONAVALE

Avant-propos

L’arrivée du vecteur aérien à naturellement changé le cours de la guerre navale même si l’idée d’une guerre au delà de l’horizon sans que les navires ne s’aperçoivent était encore du domaine de la science-fiction pour les amiraux du début du XXème siècle.

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Italie (29) Croiseurs légers (3)

Croiseurs légers antiaériens classe Etna

Avant-propos

En 1938, la marine siamoise (le royaume de Siam devient la Thaïlande en 1939) soucieuse de renforcer ses positions dans la région décide de commander deux croiseurs légers aux chantiers Cantieri Reuniti dell Adriatico (CRDA) de Trieste.

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Italie (16) Regia Marina (6)

La marine italienne dans le second conflit mondial : des coups d’éclat et une longue descente aux enfers

Comme nous venons de le voir, la marine italienne est sur le papier puissante mais comme nous l’avons vu les faiblesses présentes en 1939/40 n’ont pas toutes été gommées soit par manque de moyens ou par «aveuglement».

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Italie (11) Regia Marina (1)

HISTOIRE ET EVOLUTION DE LA REGIA MARINA

Avant-propos

Si la Regia Marina est née le 17 novembre 1860 (soit avant la proclamation du royaume d’Italie le 17 mars 1861!), l’histoire maritime italienne est nettement plus riche et nettement plus ancienne puisque remontant à l’Antiquité.

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23-Armée de terre ligne Maginot (2)

Les Alpes

Si la frontière nord-est est la plus sensible car directement menacée par l’Allemagne (dont on connait très rapidement les sentiments revanchards symbolisé par le Dolchloss _le coup de poignard dans le dos_), la frontière du sud-est face à l’Italie et la Suisse ne doit pas être négligée non seulement parce que les allemands pourraient choisir de passer par la Suisse plutôt que par la Belgique et que rapidement les relations franco-italiennes virent à l’aigre.

La faute à la frustration italienne qui n’à pas obtenu les terres irrédentes promises par le traité de Londres de 1915, une situation économique difficile et l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini qui ne tarda pas à réclamer le retour de la Savoie et de Nice à la «mère patrie italienne».

Des fortifications existent déjà en 1918, des fortifications héritées du passé qu’il s’agisse de l’oeuvre de Vauban ou de Serré de Rivière qui construisirent des ouvrages d’interdiction d’accès aux vallées, d’ouvrages haut-perchés pour pour protéger les ouvrages inférieurs et des ouvrages de surveillance.

En 1920, pour les deux pays, l’organisation de 1914 demeure la norme de leur système fortifié mais en 1930, cette norme aura radicalement changé tant du côté français que du côté italien.

En juin 1920, le ministre de la guerre André Lefèvre demande au Conseil Supérieur de la Guerre (CSG) une étude, un état des lieux sur les fortifications. Le général Nivelle est chargé des Alpes et de la Méditerranée. Son constat est alarmant : fortfications à l’abandon, garnisons désertées mais ce cri d’alarme tombe dans le vide, l’Italie n’est pas la menace principale pour la France.

Tout change avec donc l’arrivée au pouvoir de Mussolini qui comme tout dictateur joue sur la corde nationaliste pour asseoir son pouvoir. La potentialité d’un conflit franco-italien croit chaque jour et la question des fortifications alpines cesse d’être secondaire.

Si l’Italie seule serait bien incapable de mener un conflit contre la France, elle pourrait très bien renouer avec les manes de la Triplice de 1882 et se rapprocher de Berlin. La France fait alors un terrible cauchemar d’une attaque allemande sur la frontière du nord-est associée à une attaque italienne dans le Sud-Est, immobilisant des troupes qui auraient été utiles ailleurs.

Le 25 février 1925, le général Nollet, ministre de la Guerre du gouvernement Herriot demande au général Degoutte, commandant désigné de l’Armée des Alpes de «préciser le tracé d’une ligne de résistance de l’Armée des Alpes», événement qui peut être considéré comme le premier acte de la future «Ligne Maginot alpine».

La nature du milieu et le caractère secondaire de ce théâtre d’opérations dans la stratégie française impose des contraintes différentes par rapport à celle du TONE.

Avec des effectifs réduits, elle doit tenir le terrain. Point positif cependant, les ouvrages anciens encore loin d’être déclassés sont en bien meilleur état que les forts Serré de Rivière de l’Est victimes des bombardements du premier conflit mondial et de la nécessité de disposer d’artillerie lourde.

Le projet imaginé par le général Degoutte est composé essentiellement de petits ouvrages qui vont s’insérer dans le système existant. Plus encore que sur le front nord-est, il s’agit d’établir une véritable défense profondeur pour compenser ainsi l’infériorité numérique des troupes françaises face aux italiens qui pourraient aligner 340000 hommes.

Le programme global (ouvrages fortifiés, amélioration des infrastructures de transport) est estimé à 1.2 milliards (5 milliards pour le dispositif Nord-Est).

Des crédits sont débloqués dès 1927 notamment pour améliorer les défenses de Nice mais alors que le programme Degoutte n’à pas encore atteint sa vitesse de croisière, le CDF estime le 23 août 1927 que les ouvrages sont trop prêts de la frontière pour être efficaces.

Un programme réduit destiné à moderniser les défenses de Nice est cependant adopté, la défense de la métropole azuréenne étant jugée prioritaire face aux menaces italiennes, menaces verbales pour le moment.

Au cours de l’année 1927, on renonce à un front continu, le programme initial qui prévoyait 440km à fortifier est réduit à 155km ce qui nécessite tout de même la construction de 400 ouvrages pour un budget global de 400 à 500 millions plus 150 millions pour les routes et téléphériques. Au niveau des troupes, cela nécessite dix-huit bataillons d’infanterie dont douze de chasseurs alpins.

Le «programme Degoutte» est mis en pièces par le CDF le 11 janvier 1928 et il est décidé de tout reprendre à zéro pour uniformiser la situation de la frontière alpine par rapport à la frontière du nord-est. C’est à partir de cette date que l’on peut véritablement parler de «Ligne Maginot alpine», l’étude concernant la défense du Sud-Est étant publié par le CDF le 12 février 1929.

Le 28 mars 1928, en effet, le CORF avait vu son autorité étendue à toutes les frontières de la France, les Alpes vont être l’objet de soins attentifs du Comité d’Organisation des Régions Fortifiées.

Dès le 12 novembre 1928, le comité rend ses conclusions. On renonce à une protection continue au profit de la protection des points vitaux : Nice et les grandes vallées de pénétration, protection s’appuyant sur les reliefs et plus encore que dans le Nord-Est sur les fortifications existantes ce qui génère de substansielles économies.

Concrètement le CDF propose un programme estimé à 700 millions de francs (dont 328 pour la construction et 105 pour l’armement et les munitions), comprennant 103 ouvrages (75 ouvrages à construire, 28 existants à améliorer) représentant 298 organes de feux. Un programme restreint de 205 millions est lancé immédiatement.

Alors que la conception des ouvrages commence en tirant partie du terrain et des conditions météos plus difficiles que dans le Nord-Est, le calendrier est affiné suite à l’approbation du ministre Painlevé.

Dans un premier temps, un programme restreint de 208 millions destiné à parer au plus pressé à savoir le barrage des grands axes, ce programme restreint englobant le programme réduit de la défense de Nice.

Dans un second temps, les travaux complémentaires qui doivent s’achever en six ans (1935-40), ce programme de deuxième urgence allait comme en Alsace-Lorraine être relégué aux oubliettes. La réalisation est confiée au CORF à l’aide de trois délégations à Grenoble, Briançon et Nice qui vont dessiner respectivement les ouvrages des secteurs de Savoie, de Durance et des Alpes-Maritimes.

Ce premier projet est remis en cause par le général Belhague le 31 mars 1930 qui dénonce des insuffisances de ce projet restreint, des insuffisances notamment budgétaires, le projet estimé à 208 millions étant maintenant estimé à 366 millions (+80%).

Le général Degoutte réapparaît alors et propose à nouveau son projet de petits ouvrages plus économiques alors que l’heure est aux économies mais à nouveau, il n’à pas gain de cause, le choix de son projet ayant pour conséquence de provoquer un retard d’un an au minimum.

Néanmoins, le projet Degoutte de petits ouvrages renaît sous la forme des ouvrages d’avant-postes (AP) qui seront construits par la Main d’Oeuvre Militaire (MOM).

Après d’ultimes discussions, le projet est approuvé, un projet de 362 millions qui à la fin de décembre 1930 atteint sa phase de croisière, le projet étant approuvé par le général Weygand le 26 janvier 1931.

Pour résumé cette genèse douloureuse, la ligne maginot alpine présente le même visage que sa consœur alsaco-lorraine, une ligne fortifiée à base d’ouvrages puissants à base d’artillerie avec le renfort d’ouvrages légers dans les intervalles et dans les avant-postes.

Gros ouvrage de Rimplac, Secteur Fortifié des Alpes Maritimes

Gros ouvrage de Rimplac, Secteur Fortifié des Alpes Maritimes

Devant les menaces italiennes, les travaux vont commencer en même temps qu’au Nord-Est à savoir en septembre 1928 avec  l’ouvrage de Rimplas dans les Alpes Maritimes à 80km de Nice.

Pour le reste de la Ligne Maginot Alpine, le gros des travaux commence au printemps 1931 au plus tard à l’été pour les ouvrages en altitude. Outre le gros oeuvre, on commence également le tracé des routes d’accès aux ouvrages. Ce n’est cependant que le 15 décembre 1931 que les derniers marchés sont passés avec des entreprises locales.

Les travaux sont menés à une allure soutenue mais le climat lié à l’altitude réduit pour nombre d’ouvrages la période de travail effective à trois ou quatre mois. Début 1931, six ouvrages de Savoie sont commencés, six en Haute Durance et dix dans les Alpes Maritimes. Dès l’automne 1931 certains ouvrages méridionaux (où le climat permet de travailler toute l’année) peuvent être considérés comme achevés à défaut d’être pleinement opérationnels.

Comme dans le Nord-Est, on assiste à des dépassements de budget, 110 millions de francs dès la fin 1932 ce qui nécessite pour rester dans les clous des ajournements acceptés par le ministre le 28 janvier 1933 mais cela n’économisant que 17 millions, d’autres ajournements ont lieu au printemps 1933.

Comme de nouveaux ajournements seraient préjudiciables à la solidité des positions, on se résout à demander une rallonge au contribuable. C’est chose faite le 6 juillet 1934 quand le Parlement autorise une nouvelle rallonge de 800 millions, nouvelle et dernière rallonge pour régulariser les dépassements des crédits au Nord-Est et dans les Alpes.
En 1935, Paris et Rome se rapprochent et on s’interroge sur l’opportunité de poursuivre la construction des ouvrages défendant les Alpes contre une possible agression italienne. Cette embellie sera cependant de courte durée. En octobre, l’Italie envahit l’Ethiopie, menace l’Angleterre d’une guerre et le 1er novembre 1936 se rapproche définitivement de l’Allemagne, abandonnant sa menace d’intervention en cas d’Anschluss.

La France doit donc se résigner à reprendre les travaux défensifs. La CORF et ses délégations locales ayant été dissoutes depuis le 1er janvier 1936 par le ministre Fabry, la direction des travaux est décentralisée. Celle de l’organisation défensive du Sud-Est est confiée au général Mittelhauser qui en cas de guerre doit prendre la tête de l’armée des Alpes.

Pour le général Mittelhauser, la priorité c’est de terminer l’oeuvre engagée par la CORF et ensuite simplement de remédier aux lacunes constatées. Les travaux sont loins d’être achevés quand éclate le conflit resté dans l’histoire sous le nom de guerre de Pologne et même quand ce conflit se termine, il reste beaucoup de travail et le programme d’avenir décidé par Mittelhauser et approuvé par son successeur le général Besson est loin d’être achevé, fusionnant dans la pratique avec le CEZF.

Le programme CEZF va lui aussi avoir un impact sur le front alpin, des ouvrages de campagne musclés ou des gros ouvrages simplifiés c’est selon vont être construits, amélioration sensiblement la défense de certains secteurs notamment les plus négligés comme le SD-Rhône.

La Corse

Quand il arrive au pouvoir en 1922, Mussolini va jouer sur la corde nationaliste, profitant de la frustration d’une Italie qui s’estime volée dans ses revendications territoriales. Aux traditionnelles régions irrédentes de Dalmatie, de l’Istrie et du Tyrol, le dictateur italien ajoute d’autres terres ayant autrefois appartenu à l’Italie : le duché de Savoie, le comté de Nice et la Corse.

L’Ile de Beauté n’étant situé qu’à 12km de la Sardaigne, celle-ci clairement menacée par les armées italiennes. Aussi dès 1926, le général Debeney s’inquiète des fortifications protégeant la Corse et s’en ouvre au chef d’état-major de la marine, le vice-amiral Salaun.

Le constat fait par ce dernier n’est guère rassurant. Si Ajaccio bénéficie d’une défense de côte assez solide, ce n’est pas le cas de Bastia et de la région Bonifaccio-Porto-Vecchio. Un débarquement amphibie italien n’aurait aucun mal à investir le sud de l’île en profitant également de la médiocrité des infrastructures routières et ferroviaires de l’île.

Cette préoccupation est également partagée par les parlementaires à partir de mars 1927 quand le sénateur Tissier de la commission de la Marine au Sénat attire l’attention de ses collègues. Les premiers projets ébauchés prévoit un renforcement des défenses des approches de Bonifaccio et d’Ajaccio et néglige la défense de Bastia.

Contrairement aux défenses du Nord Est ou aux défenses alpines, les premiers travaux sont menés au coup par coup avec par exemple la construction d’une batterie de 4 canons de 138mm à Boca di Valle qui est achevée en 1930. un projet nettement plus ambitieux avec deux tourelles de 340mm et quelques batteries annexes est repoussée à plus tard en raison de son coût démesuré (200 millions).

Cependant les défenses réalisées au coup par coup jusqu’au début des années trente sont très vulnérables à une attaque par l’arrière au cas ou l’ennemi débarquerait dans les baies situées à l’est et à l’ouest de Bonifaccio. C’est là que la CORF va intervenir pour parer à cette menace.

Le 13 avril 1928, le ministre de la guerre demande au général Fournier, commandant supérieur de la défense de la Corse de lui proposer un programme de défense de l’île. Son projet très complet (défenses des côtes, infrastructures de transport, terrains d’aviation) pour un coût global de 6 milliards de francs.

On ne lui accorde que 42 millions et pas un centime dans la loi-programme du 14 janvier 1930 alors qu’un exercice combiné armée-marine exécuté en mars 1929 avait montré la position stratégique de Bonifaccio et la nécessité de protéger l’arrière.

En octobre 1930, le général Fournier revient à la charge en proposant pour dix millions, la constructions de 25 petits blocs de campagne pour défendre les plages du sud de l’île et barrer les routes menant à Bonifaccio.

Ce projet reçoit un accueil favorable du parlement qui estime néanmoins nécessaire de consulter la CORF. Après une reconnaissance sur le terrain réalisé en février 1931, un rapport est publié en avril 1931.

Le 25 juin 1931, ce rapport est examiné par le sénateur Charles Dumont _rapporteur général du budget au Sénat_, le général Gamelin et l’amiral Levavasseur _inspecteur général des forces maritimes du Midi_. Le projet est approuvé par le ministre de la Marine le 7 juillet et par le ministre de la Guerre le 14 août 1931.

Parallèlement le 15 juin 1931, le projet 344/F du colonel André qui reprend en partie le plan du général Fournier, détaille le programme qui bénéficie d’un budget de 25 millions pour construire des routes, développer un réseau de transmission et construire de petits casemates destinés à protéger les approches terrestres de Bonifacio.

En octobre 1933, les travaux sont désormais évalués à 27 millions (casemates, routes et rocades, nouvelle caserne de Bonifacio) auxquels il convient d’ajouter un montant de deux millions pour l’armement et les munitions.

La réalisation effective commence en 1932, les derniers travaux sont approuvés par le ministre le 1er octobre. L’ensemble réalisé par la CORF représente trois casemates d’artillerie et douze casemates d’infanterie auxquelles s’ajoutent cinq abris réalisés par la Main d’Oeuvre Miliaire.

Les travaux réalisés au début des années trente sont complétés en 1939/40 au cours de la guerre de Pologne et immédiatement après celle-ci par des travaux complémentaires, complétant les défenses de Bonifacio et améliorant nettement celles des approches de Bastia.

Comme ailleurs le CEZF va réaliser des travaux en Corse notamment dans la région de Porto Vecchio et de Solenzara où une importante base aérienne est construite avec comme but évident d’attaquer l’Italie et de rendre invivable la mer Tyrrhénienne ce qui devrait considérablement gêner la marine italienne qui dispose là de deux bases importantes : La Spezia près de Gênes et Gaète près de Naples.

17-Aviation navale (51)

Lioré et Olivier H-43

Lioré et Olivier H-43 sur une catapulte du Commandant Teste

Lioré et Olivier H-43 sur une catapulte du Commandant Teste

A une époque où l’industrie aéronautique française est encore largement artisanale, il est difficile pour la marine (comme pour l’armée de l’air) de confier la construction d’un appareil à un seul constructeur. D’où l’habitude de commander un appareil qui n’avait pourtant pas triomphé au concours pour lequel il avait postulé.

Comme ce fût le cas avec le Loire 70 _qui avait perdu face au Bréguet Bizerte_, le Loire 130 vit également son concurrent, le Lioré et Olivier H43 être produit en série et comme le Loire 70, cet appareil ne connu pas le succès escompté par son constructeur.

Le Lioré et Olivier H-43 effectua son premier vol le 4 décembre 1934 mais la mise au point fût tellement longue et les modifications tellement nombreuses que ce n’est qu’en juillet 1939 que l’appareil pu entrer en service. 20 exemplaires étant commandés par la marine, exemplaires qui équipèrent deux unités.

-Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, l’escadrille E-7 est équipée de six hydravions d’exploration Loire 70.

Cet appareil qui connait d’importants problèmes techniques est interdit de vol le 12 février 1940 après deux accidents. L’escadrille est faute de mieux rééquipée avec huit Lioré et Olivier H43 à l’origine prévue pour l’escadrille 3S5.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille E-7 intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés à Karouba (hors ceux rattachés aux croiseurs de la 6ème EL) et un mois plus tard en octobre 1940, l’escadrille E-7 devient escadrille 8E.

En juin 1941, l’escadrille 8E est transformée sur Bréguet Br790, recevant douze hydravions pour remplacer six Lioré et Olivier H43, appareils qui sont aussitôt feraillés qui ne seront pas regrettés par leurs équipages.

-En septembre 1939, l’escadrille 3S1 est basée à Hyères-Le Palyvestre avec pour équipement des Gourdou-Lesseure (deux GL.810, trois GL.811, neuf GL.812 et deux GL.813) qui n’étaient plus de première jeunesse. Elle ne tarde pas à se redéployer à Saint Mandrier pour assurer la protection des approches maritimes de Toulon.
A l’issue de la guerre de Pologne, l’escadrille est transformée sur Lioré et Olivier H43, un hydravion monoplan bi-flotteur à l’esthétique et à l’aérodynamisme douteux mais il n’y à pas de meilleur appareil disponible pour le moment.

A partir du 15 septembre 1940, l’escadrille 3S1 intègre la 2ème flottille d’hydravions qui regroupe les hydravions basés dans la région de Toulon, la 3S1 retrouvant à cette occasion son ancienne base de Hyères-Le Palyvestre. Un mois plus tard, en octobre 1940, l’escadrille 3S1 devient l’escadrille 2R.

Le 12 juin 1941, le personnel de l’escadrille 2R rallie Les Mureaux où ils prennent en charge douze Consolidated PBY-2 Catalina qui vont avantageusement remplacer les H43 qui sont retirés du service et feraillés.

Caractéristiques Techniques du Lioré et Olivier H-43

Type : hydravion triplace de surveillance

Poids : à vide 1760kg en charge 3375kg

Dimensions : Envergure 16.00m Longueur 11.00m Hauteur 3.85m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 9Vb de 650ch

Performances : vitesse maximale 222 km/h distance franchissable 850km plafond opérationnel 6200m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm

Bréguet Br790

Bréguet Br790

Bréguet Br790

En 1937, la marine nationale lança un programme pour un hydravion de patrouille côtière. La firme Bréguet proposa le Br790 Nautilus, un hydravion à coque à hélice propulsive, une configuration identique à celle du Loire 130 que le nouvel appareil doit remplacer pour les unités à terre.

Deux prototypes sont commandés en 1938 et le premier d’entre-eux effectue son premier vol à l’été 1939 à Biscarosse, le second modifié avec un fuselage allongé 30cm participant aux essais officiels en février 1940.

Une première commande est passée par la marine en août 1940 pour 54 appareils qui sont livrés entre octobre 1940 et mars 1941.

Une deuxième commande est passée en juin 1942, les vingt-sept appareils livrés entre septembre et décembre 1942 servant à constituer un volant de fonctionnement tout comme une troisième commande en juin 1945 avec vingt-sept appareils qui sont livrés entre septembre et décembre de la même année.

Une dernière commande est passée en septembre 1946 pour vingt-quatre appareils, douze devant être mis en ligne et douze alimentant le parc de réserve, les  appareils en question étant livrés entre octobre 1946 et avril 1947.

Quand la guerre éclate en septembre 1948, Bréguet venait de recevoir une nouvelle commande de 45 appareils pour anticiper sur les futures pertes.
-L’Escadrille 8R basée à Karouba au sein de la 8ème FH est la première unité à recevoir le nouvel hydravion de surveillance. Elle reçoit ses six premiers appareils le 13 décembre 1940 suivis des six autres le 15 janvier 1941.

L’escadrille 8R rejoint Karouba début février 1941 avec son plein équipement soit douze hydravions qui multiplie les patrouilles dans le détroit de Sicile et dans le bassin oriental de la Méditerranée. Elle participe également à de nombreux exercices avec la 6ème escadre légère.

Ces douze appareils sont encore en service le 31 août 1948 même si sur les douze appareils, trois sont des appareils de remplacement. A partir du 1er septembre 1948, ils mettent en place une série de patrouilles de surveillance et de lutte anti-sous-marine au large des côtes tunisiennes.

-L’Escadrille 8E reçoit le Bréguet Br790 en juin 1941, les douze hydravions remplaçant six Lioré et Olivier H43.

Ces appareils vont opérer principalement au profit de la 6ème Escadre Légère, étant les yeux des croiseurs Emile Bertin La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise sans oublier au profit des autres unités. Ils menaient des missions de surveillance ainsi que de nombreux exercices en solitaire ou avec les unités de la 6ème EL.

L’escadrille 8E est toujours équipée de cet appareil le 31 août 1948, trois appareils de l’unité étant des appareils de remplacement venus de métropole. Ils vont participer à des missions de surveillance au large de la Tunisie.

-L’Escadrille 3R basée à Lanvéoc-Poulmic remplace ses Loire 130 par huit Bréguet Br790 en juillet 1941.

Les Bréguet Br790 sont toujours en service en août 1948, l’unité ayant perdu deux appareils par accident, appareils remplacés, l’escadrille 3R disposant de huit appareils le 31 août 1948, nombre porté à partir du 5 septembre à douze appareils par apport d’appareils neufs et de réservistes.

L’escadrille 3R va mener des patrouilles permanentes dans le Golfe de Gascogne pour couvrir les convois Dakar-Casablanca-Brest.

-L’Escadrille 6R  basée sur l’Etang de Berre et équipée de douze Loire 130 est transformée en août 1943 sur douze Bréguet Br790

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948, trois des douze étant des appareils de remplacement. A partir du 1er septembre 1948, l’escadrille 6R met en place une patrouille permanente au large de Toulon, couvrant la navigation dans la région puis à partir du 5 septembre 1948 reçoit pour mission de couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

-L’Escadrille 1R basée à Cherbourg-Querqueville avec pour équipement huit Loire 130. Quand elle est transformée sur dix Bréguet Br790 en septembre 1943, elle ne disposait plus que de six Loire 130.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si trois des dix appareils de l’unité ont remplacé des appareils accidentés et trop endommagés pour être réparés à un coup raisonnable.

Le 1er septembre 1948, l’unité reçoit l’ordre de maintenir des patrouilles permanentes au large de Cherbourg et de l’estuaire de la Seine. Ce dispositif est maintenu en raison du conflit en mer du Nord qui pourrait déborder en Manche.
-L’Escadrille 23E est créée en septembre 1947 sur la base d’Aspretto au sein de la nouvelle 12ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les appareils de ce type basés sur l’île de Beauté. Cette nouvelle escadrille est équipée de douze Bréguet Br790.

Quand les tensions deviennent palpables en Europe, Marine Corse décide de disperser ses forces pour réduite leur vulnérabilité. C’est ainsi qu’une partie de l’escadrille 23E reçoit l’ordre de rallier Porto-Vecchio sur la côte orientale de l’île pour mieux surveiller la mer Tyrrhénienne et désengorger Aspretto.

Six hydravions arrivent le 3 septembre mais les installations sont encore loin d’être opérationnelles bien que l’équipage du ravitailleur Sans Reproches plus des unités du génie de l’armée de terre y mettaient tout leur coeur.

Cela n’empêche pas les Bréguet Br790 de mener des patrouilles intensives avec la menace potentielle de la chasse italienne à partir du 5 septembre 1948.

Au 5 septembre 1948, la marine nationale à reçu 132 appareils et 45 sont encore en commande. Un total de 66 appareils ont été mis en ligne et 14 perdus lors d’exercices. Cela laisse un stock de 52 appareils.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br790 Nautilus

Type : hydravion triplace de surveillance côtière

Poids : à vide 2700kg en charge 3600kg

Dimensions : Envergure 17.00m Longueur 13.00m Hauteur 4.00m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Xirs 12 cylindres de 720ch entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 310 km/h à 2100m distance franchissable 900km plafond opérationnel 6000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm Darne dans les ailes avec 800 cartouches chacune, une mitrailleuse Darne de 7.5mm en poste arrière avec 950 cartouches. Deux bombes de 75kg sous les ailes.

17-Aviation navale (24)

Escadrille 20E

Le 21 octobre 1942 est activée sur l’Etang de Berre, l’escadrille d’exploration 20E équipée de six Latécoère Laté 612, un appareil issu de l’unique Laté 611. Cette escadrille intègre la 4ème flottille d’hydravions chargé de la surveillance principalement entre les Baléares, la Corse et le continent.

En juillet 1946, ces six hydravions remplacés par six Latécoère Laté 615, des appareils dérivés des -612 ce qui facilitait maintenance et la formation des équipages et des rampants. Ces hydravions sont toujours en service au 31 août 1948.

Escadrille 21E

Le 17 mars 1946, l’escadrille 21E est activée à Diego-Suarez avec six Latécoère Laté 615 de patrouille maritime à long rayon d’action, complétant notamment l’action de l’escadrille 17E. Ces huit puissants hydravions sont toujours en service en septembre 1948, traquant dès le 1er septembre 1948 de possibles croiseurs auxiliaires et autres raiders allemands.

Escadrille 22E

Quand elle est créée, la 4ème escadre est plutôt famélique avec comme plus gros navires des divisions de torpilleurs d’escadre.

Point donc de cuirassés ou de croiseurs et encore moins de porte-avions. Cette situation est naturellement provisoire comme celle de l’aviation chargée de l’appuyer. Les hydravions sont d’abord omniprésents mais ils sont bientôt rejoints par des avions terrestres.

Le 10 juin 1944, sur le complexe aérien d’Alger-Maison Blanche (qui comprend une base aérienne, une base aéronavale et un terminal civil) à lieu une double cérémonie : l’inauguration des locaux de la BAN et l’activation officielle de la 8ème flottille d’aviation navale qui regroupe les avions terrestres chargés d’appuyer la 4ème escadre de Mers-El-Kébir.

Aux côtés de la 16T (douze Lioré et Olivier Léo 456) et de la 14C (douze Dewoitine D-520), on trouve l’escadrille 22E équipée de douze CAO-700M de patrouille maritime et secondairement de bombardement lourd.

Cette escadrille est chargée de renseigner la 4ème Escadre sur les mouvements de la flotte italienne notamment les unités venant de Sardaigne et de Sicile qui pourraient vouloir s’en prendre au trafic commercial entre les ports d’Afrique du Nord et ceux de métropole.

En septembre 1948, les douze appareils d’origine sont encore en service soit un taux d’attrition nul et dès le 1er septembre, la 22E va maintenir une présence permanente au dessus des flots, n’hésitant pas à aller jusqu’en Sardaigne, les CAO-700M se ravitaillant en Corse ou sur le continent en fonction de la durée de la patrouille avant de retourner à leur base d’Alger.

Escadrille 23E

En septembre  1947, est activée sur la base d’Aspretto près d’Ajaccio la 12ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions de la marine basés sur l’île de Beauté.

Cette activation suit celle de l’escadrille 23E qui dispose à son activation en mars 1947 de douze Bréguet Br790 utilisés pour la surveillance maritime et la lutte ASM (des essais informels de lancement de torpilles sont effectués mais semble-t-il non concluants).

Quand les tensions deviennent palpables en Europe, Marine Corse décide de disperser ses forces pour réduire leur vulnérabilité.

C’est ainsi qu’une partie de l’escadrille 23E reçoit l’ordre de rallier Porto-Vecchio sur la côte orientale de l’île pour mieux surveiller la mer Tyrrhénienne et désengorger Aspretto.

Six hydravions arrivent le 3 septembre mais les installations sont encore loin d’être opérationnelles bien que l’équipage du ravitailleur Sans Reproches plus des unités du génie de l’armée de terre y mettaient tout leur coeur.

Cela n’empêche pas les Bréguet Br790 de mener des patrouilles intensives avec la menace potentielle de la chasse italienne à partir du 5 septembre 1948.

Escadrille 24E

Pour renforcer les capacités d’intervention et d’interdiction du FNFP en mer de Corail, décision est prise de créer une flottille mixte d’attaque en Nouvelle Calédonie.

Baptisée escadrille 24E, elle reçoit comme flotte huit CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456 soit seize appareils, un chiffre peu courant pour une escadrille.

Basée à Nouméa-Tantouta, cette escadrille activée le 15 juin 1947 à pour mission la surveillance de la mer de Corail en coopération avec la marine et l’armée de l’air australienne et si nécessaire l’interdiction à l’ennemi _sous entendu japonais_ de ces eaux, le Léo 456 n’étant pas le plus mauvais des bombardiers-torpilleurs.

Quand éclate la guerre en Europe le 5 septembre 1948, les CAO-700M redoublent d’activité tout comme les Léo 456 qui multiplie les entrainements au lancement de torpilles et au bombardement à moyenne et basse altitude.