Etats Unis (17) Cuirassés et croiseurs de bataille (3)

Cuirassés classe North Carolina

USS North Carolina 6

Un long chemin vers de nouveaux cuirassés

Sans la signature du traité de Washington le 6 février 1922, les américains auraient disposé d’un impressionnant corps de bataille avec six South Dakota, quatre Colorado soit dix cuirassés armés de canons de 16 pouces auxquels il fallait ajouter six croiseurs de bataille armés de huit canons de 16 pouces plus tous les superdreadnought armés de canons de 14 pouces (deux Tennessee, les trois New-Mexico, les deux Pennsylvania, les deux Nevada et les deux New-York), les dreadnought auraient probablement été désarmés ce qui aurait quand même laissé à l’USN un total de 27 cuirassés !

Lire la suite

Publicités

Etats Unis (7) US Navy (3)

La montée en puissance dans les années trente

Paradoxalement c’est la crise économique consécutive au choc boursier d’octobre 1929 qui va être à l’origine de la modernisation de l’US Navy via notamment le National Industry Recovery Act qui injecte 3.3 milliards de dollars au profit des forces armées US.

Carl Vinson

C’est aussi l’action d’élus particulièrement concernés par la chose navale comme Carl Vinson qui avec son collège du sénat Park Trammell, le Vinson-Trammell Act voté en 1934 est considéré comme le texte décisif qui va permettre à l’US Navy d’entrer en guerre relativement bien préparée.

Dans l’impossibilité de construire des cuirassés, l’US Navy concentre ses efforts sur le dévellopement du porte-avions. Après avoir fait ses gammes en transformant le charbonnier Jupiter en porte-avions sous le nom de Langley, la marine américaine transforme deux croiseurs de bataille en porte-avions, les Lexington et Saratoga plus grands porte-avions du monde jusqu’à l’apparition des United States.

Ces deux porte-avions sont vus comme trop grands mais à l’usage, ce surdimensionnement se révélera bénéfique puisqu’il pourront acceuillir des avions toujours plus gros et toujours plus puissants.

Elle passe ensuite à l’étape de la construction neuve, hésitant entre quelques grosses unités et beaucoup (tout est relatif) de petites.

USS Ranger (CV-4), une demi-réussite

Le premier porte-avions construit dès l’origine comme tel se révélant un semi-échec ou une demi-réussite (le USS Ranger CV-4), les américains réalisent des navires plus gros, les deux premiers Yorktown (Yorktown CV-5 Enterprise CV-6) qui impose l’architecture américaine du porte-avions où le hangar est un supplément au navire et non une part du tout comme pour les anglais.

USS Essex (CV-9)

Ces deux porte-avions sont suivis _respect des traités oblige_ par une version plus petite, le USS Wasp (CV-7) qui se révèle là encore une demi-réussite à la différence du troisième Yorktown baptisé Hornet et frappé de la marque de coque CV-8.

Les Essex qui ne sont pas en service quand éclate la guerre de Pologne sont une évolution des Yorktown mais il serait réducteur d’imaginer les Essex comme des Yorktown plus gros.

Dans le domaine des cuirassés, les américains hésitent et tâtonnent. La course au cuirassé rapide, la course au «35000 tonnes» à été lancée par la réponse italienne aux Dunkerque et Strasbourg sous la forme de la construction des Littorio et des Vittorio Veneto.

Les français qui doivent contrôler la Méditerranée riposte en mettant également en chantier deux 35000 tonnes, les futurs Richelieu et Jean Bart entrainant l’Italie dans la construction de deux nouveaux cuirassés baptisés Impero et Roma.

Les autres pays majeurs ne tardent pas à suivre, la Grande-Bretagne commençant la construction de cinq King George V, l’Allemagne de deux Bismarck et le Japon de deux Yamato qui se révéleront bien plus gros que les autres 35000 tonnes puisqu’à pleine charge ils en déplacent le double avec un armement bien plus puissant à savoir neuf canons de 460mm en trois tourelles triples.

Les américains sont les derniers à partir dans cette course au cuirassé rapide, synthèse entre le cuirassé «classique» lent, bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais peu protégé, concept qui sera encore présent dans l’US Navy sous la forme des Large Cruiser de classe Alaska.

USS North Carolina (BB-55)

L’US Navy va d’abord mettre en œuvre les deux North Carolina et les quatre South Dakota parmi les plus lents des «35000 tonnes». Songeant à combattre les Kongo et surtout à accompagner leurs porte-avions, les américains franchissent un cap avec quatre Iowa qui peuvent filer à 30 nœuds (la rumeur de cuirassés filant à 35 nœuds se révélant infondée).

Aucun de ces cuirassés n’est service en septembre 1939 (d’ailleurs aucun 35000 tonnes n’est en service quand éclate la guerre de Pologne), la Pax Armada voyant un sérieux renouvellement du corps de bataille avec la mise en service des cinq Montana armés de douze canons de 406mm en quatre tourelles triples.

Les quatre premiers Iowa

Deux autres Iowa sont commandés peu avant le début du second conflit mondial mais si leur construction est menée à bien, ils ne seront achevés qu’à la fin de la guerre, manquant les affrontements majeurs.

Un mot sur les Large Cruiser ou croiseurs de bataille de classe Alaska. Ces derniers sont construits pour contrer à la fois les cuirassés de poche allemands et les projets de croiseurs-tueurs japonais qui révéleront bien moins redoutables une fois achevés.

Six navires sont envisagés mais seulement quatre sont construits armés de canons de 356mm britanniques. Ces canons étaient une version produite sous licence du 14 Inch Gun Mk VII conçu pour les King George V pour pouvoir armer le Suleiman, le cuirassé commandé par la Turquie pour remplacer le Yavuz ex-Goeben.

Ces canons qui vont aussi réarmer les cuirassés brésiliens et argentins vont finalement armer les Alaska qui à la place de trois tourelles triples de 305mm vont recevoir trois tourelles doubles de 356mm.

Comme ces navires ne sont pas vraiment des cuirassés mais plus des croiseurs lourds, comme les noms d’Etats sont réservés aux premiers et que les noms de villes le sont pour les seconds, les Alaska vont recevoir des noms de territoires en l’occurence Alaska Guam Hawai Puerto Rico (le nom de Phillipines lui à été d’abord attribué mais comme le pays est devenu indépendant, il à été rebaptisé). Les deux derniers ne seront jamais baptisés ce qui prouve que dès le début leur sort était en suspens.

Dans le domaine des croiseurs, les croiseurs cuirassés sont désarmés au début des années vingt à la fois à cause de l’usure, du déclassement technique et de la nécessité de «faire de la place» pour l’enfant du traité de Washington à savoir le croiseur lourd ironiquement appelé Thinclad Battleship ou cuirassé en papier d’étain.

USS Pensacola (CA-24)

Plus ou moins bien protégés, les classes de croiseurs lourds se succèdent avec les Pensacola, les Northampton, les Portland, les New Orleans et le Wichita en attendant la construction des Baltimore considérés en septembre 1948 comme les meilleurs croiseurs lourds du monde en compagnie des Saint Louis français.

Aux côtés des croiseurs lourds, on trouve les croiseurs légers. Les Omaha construits dans le cadre du programme de guerre de 1916 pour accompagner des cuirassés et des croiseurs de bataille morts nés sont rapidement dépassés et déclassés, étant désarmés au cours des années quarante et rapidement démolis, aucun pays n’ayant montré un intérêt pour leur récupération.

USS Brooklyn

Les premiers croiseurs légers construits sont les Brooklyn, une réponse aux Mogami japonais avec leurs quinze canons de 152mm qui sont suivis par les Saint Louis _étroitement dérivés des Brooklyn_ en attendant les Cleveland qui ne disposent que de douze canons de 152mm sur une coque courte ce qui posera des problèmes de stabilité au cours du conflit à la manière des Crown Colony britanniques. Les classes suivantes reviendront à seulement neuf canons de 152mm sur une coque allongée et élargie avec une DCA plus importante.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

On trouve également dans les croiseurs légers les Atlanta armés de canons de 127mm, des navires destinés à la défense antiaérienne mais également au commandement des flottilles de destroyers.

Dans le domaine des destroyers, l’abondance de biens nuit contrairement à ce que veut la sagesse populaire. Les nombreux flush-decker bloquent études et constructions. Il faut attendre les années trente pour l’US Navy mette en œuvre de nouveaux destroyers avec la classe Farragut.

Ils sont suivis par de nombreuses classes de navires qui apportent des amélioration en terme de puissance de feu, les derniers destroyers construits avant guerre atteignant un tonnage proche des contre-torpilleurs français (2300-2500 tonnes) avec un armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles. Des projets de destroyer-leader à huit canons de 127mm n’aboutissent pas.

Même chose dans le domaine des sous-marins où la flotte évolue avec la mise en service de classes successives qui apportent une amélioration par rapport à la précédente. A noter que la différence d’autres marines,l’US Navy ne renouvèle pas l’expérience du croiseur sous-marin ou du sous-marin croiseur préférant une flotte plus standard, plus de navires plutôt qu’une poignée de très grands submersibles dont la perte pourrait être préjudiciable pour la stratégie d’ensemble.

Dans le domaine des navires légers, la géographie rend les besoins de l’US Navy moindre que dans les autres marines. Ainsi pendant longtemps la marine américaine avait préféré la canonnière aux torpilleurs.

La mise en service des torpilleurs légers type Le Fier côté français, des Hunt côté britannique montrent l’utilité de ce type de navires, plus puissant que les escorteurs type PC/PCE mais soulageant les destroyers de missions de secondaire.

Des navires appelés Destroyer Light puis Destroyer Escort vont ainsi être construits, des navires de 1500 tonnes armés de deux ou trois canons de 127mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles, d’une DCA légère et de grenades ASM.

Ils sont peu nombreux en septembre 1948 mais leur nombre va augmenter suite aux premières pertes dans l’Atlantique sous les coups des sous-marins allemands, les sous-marins japonais préférant (généralement) les navires de guerre aux navires de transport.

Les canonnières, les dragueurs de mines et les vedettes lance-torpilles ne sont pas oubliées, les premiers et les troisièmes étant surtout destinés à l’Asie du Sud-Est et notamment les Philippines, l’utilisation des vedettes lance-torpilles étant envisagée pour la protection de la baie de Manille où se trouve la base stratégique de Cavite.

La logistique n’est pas oubliée, les immenses distances du Pacifique imposant un solide train d’escadre. Comme le dira un amiral américain «Tu peux plus facilement perdre une bataille dans le Pacifique à cause de la logistique et du climat qu’à cause des coups de l’ennemi».

Outre les navires de soutien strictement militaires, l’US Navy peut s’appuyer sur une marine marchande qui à remonté la pente grâce notamment au travail de la Maritime Commission qui réussit à préserver un tonnage suffisant alors que la crise faisait rage et qui surtout à standardisé un certain nombre de composants et de plans pour faciliter la montée en puissance lorsque la guerre éclatera.

Dans le domaine de l’Aéronavale, on assiste à une montée en puissance qualitative et quantitative avec la modernisation logique du parc aérien et son augmentation liée notamment à la mise en service de nouveaux porte-avions, chaque porte-avions disposant de son groupe aérien auxquels il faut ajouter deux groupes aériens de réserve composés à 40% d’actifs et 60% de réservistes. Cette augmentation concerne également les unités d’hydravions et les unités de la PatMar.

Enfin dans le domaine des bases, les changements sont peu nombreux, les bases existantes sont modernisées, celles d’outre-mer mieux outillées mais il n’y à pas la construction de nouvelles bases comme pour la France (Mers-El-Kébir, Cam-Ranh) ou la Grande-Bretagne (Alor Setar, Kuching).

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (2)

A-Cuirassés classe Courbet

Les premiers dreadnoughts français

Quand le HMS Dreadnought est mis en service en décembre 1906, la France est encore en train de construire les République et les Danton. Ces cuirassés qui n’avaient pas à rougir de la concurrence furent d’un seul coup ringardisé par le nouveau fleuron de la Royal Navy.

Le projet d’un cuirassé à artillerie monocalibre émergea en France en 1910, oeuvre du directeur du STCN, l’ingénieur Lyasse qui dessina un navire de 165m (plus grand que le Dreadnought de 5m), déplaçant 23500 tonnes avec un armement de 12 canons de 305mm en six tourelles doubles avec deux tourelles superposées à l’avant, deux tourelles superposées à l’arrière et deux tourelles latérales.

Cette fois la commande ne traine pas, les deux premiers navires sont mis sur cale 1910 et les deux autres en 1911, les deux premiers étant construits par les Arsenaux (Courbet à Lorient Jean Bart à Brest) et les deux suivants par l’industrie (France à Saint Nazaire et le Paris à la Seyne sur Mer).

Le Courbet

Le cuirassé Courbet en 1938

-Le Courbet est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 1er septembre 1910, lancé le 23 septembre 1911 et admis au service actif le 19 novembre 1913 et affecté à l’Armée Navale en Méditerranée.

Il passe les premiers mois du conflit à patrouiller dans le canal d’Otrante en compagnie d’autres cuirassés français, attendant une éventuelle percée de la marin austro-hongroise percue qui n’eut jamais lieue.

La croisière à l’ouvert de l’Adriatique (canal d’Otrante) est supprimée en 1915 et les cuirassés sont désormais maintenus en alerte au mouillage à Malte puis à Bizerte, les rares sorties ne servant qu’à l’entrainement.

Le Courbet reste en Méditerranée orientale plus précisément à Corfou jusqu’en avril 1919, date à laquelle il rentre à Toulon. Il devient ensuite navire-amiral de la nouvelle escadre de la Méditerranée occidentale du 15 mars au 20 octobre 1920 (elle devient escadre de la Méditerranée en 1921).

 Le 1er avril 1921, il devient navire école de canonnage, subissant plusieurs refontes à la Seyne sur Mer et à Toulon (juillet 1923-avril 1924 janvier 1927 à janvier 1931 et avril 1937 à septembre 1938) qui alternent avec des écoles à feu entre Toulon et les salins d’Hyères (1931-1932-1933-1934-1935-1936).

Le 10 juin 1939, le Courbet et le Paris forment une 3ème division de ligne, division qui gagne Brest où il va servir à former les nombreux canonniers nécessaires à l’expansion de la flotte.

Un temps on envisage de l’utiliser pour l’escorte des convois afin de les protéger des raiders allemands mais ce projet tombe  à l’eau et le Courbet va servir de navire-école jusqu’à son désarmement.

Le carénage prévu à l’Arsenal de Brest au printemps 1941 pour le prolonger jusqu’en 1945 est donc annulé et le désarmement du vénérable cuirassé prévu pour le printemps 1942.

Si le Courbet avait été modifié comme escorteur, il aurait perdu des canons de 138mm et reçut une DCA importante. Il est également pas impossible qu’une catapulte et un hydravion aurait embarqué sur le cuirassé.

Le 8 février 1940, la 2ème DT quitte Brest en compagnie du cuirassé Courbet pour un entrainement commun, les quatre navires effectuant tout d’abord une école à feux du 8 au 15 février, le cuirassé continuant à entrainer les futurs canonniers pendant que les torpilleurs se ravitaillent à Lorient le 16 février.

La 2ème DT va alors affronter le Courbet qui simule un raider cherchant à intercepter un convoi reliant Brest au Verdon et ce du 17 au 24 février, faisant escale à Saint Nazaire du 25 au 29 février avant de rentrer à Brest le 1er mars 1940.

Du 21 novembre au 12 décembre 1940, le cuirassé Courbet accompagné de son sister-ship Paris affronte au cours d’un série d’exercices les torpilleurs d’escadre de la 2ème DT (L’Adroit Le Frondeur Le Fougueux)

Le 24 février 1941, le Courbet quitte Brest en compagnie de la 4ème DT pour un entrainement commun du 24 février au 7 mars, les quatre navires faisant escale à Saint Nazaire du 8 au 12 mars avant de rentrer à Brest le lendemain 13 mars 1941.

Après une ultime campagne d’instruction et le tir de toutes ses pièces, le cuirassé rentre à Brest pour être désarmé. Placé en position de complément à son arrivée à Brest le 15 mars 1942, il est amarré en rade-abri où ses munitions sont débarquées et ses soutes vidangées.

Le Courbet est officiellement désarmé le 4 juin 1942 et condamné le 14 septembre sans pour autant recevoir de numéro de condamnation.

Echoué dans le bassin n°4 le lendemain 15 septembre, il est privé de ses canons de 305mm et de 138mm qui sont stockés à terre au Parc d’Artillerie de Guipavas. La coque est ensuite démantelée, les derniers éléments de feu le Courbet étant évacués de la forme le 20 décembre 1942, alimentant l’effort de guerre.

L’équipage lui est dispersé au gré des nouvelles affectations mais hasard ou intention délibérée, la colonne vertébrale de l’équipage du cuirassé Alsace sera composée d’anciens du Courbet.

Le Jean Bart/Océan

Le cuirassé Jean Bart en 1925

-Le Jean Bart est mis sur cale à l’Arsenal de Brest  le 15 novembre 1911, lancé le 22 septembre 1911 et admis au service actif en novembre 1913.

Il est affecté comme tous les cuirassés français à l’Armée Navale en Méditerranée, surveillance la Köningliche und Kaiserliche Kriegsmarine (KuK Kriegsmarine) qui voit le Jean Bart touché par une torpille du U-12 le 21 septembre 1914, l’immobilisant pour réparations jusqu’en avril 1915 quand la croisière à l’ouvert de l’Adriatique est supprimée, les seules sorties depuis Malte et Bizerte étant destinées à l’entrainement.

Déployé en mer Noire en 1919, il est touché par la vague de mutineries qui au délà des considérations politiques témoigne de la crise morale frappant la marine nationale. Il rentre à Toulon le 25 mai 1919.

Incorporé à la 1ère division de la 1ère escadre, il est placé en réserve. De 1920 à 1923, il exerce une activité normale d’escadre sur les côtes de Provence et de Méditerranée occidentale interrompue par une visite à Smyrne en septembre 1922.

Il est refondu entre octobre 1923 et janvier 1925 et d’août 1929 à septembre 1931. Très usé, il est affecté à la Division d’Instruction fin 1934, devenant à partir de juin 1935, bâtiment d’instruction à quai pour l’école d’électriciens et torpilleurs puis à partir du 1er août 1936 ponton pour les écoles de radios.

Le 12 décembre 1936, le deuxième cuirassé de classe Richelieu est mis en chantier à St Nazaire et le 1er janvier 1937, le vieux Jean Bart est rebaptisé Océan pour laisser ce nom prestigieux à son jeune successeur. Il est alors désarmé et transformé en caserne flottante pour les écoles.

Au cours d’une tempête qui frappe le Var les 7 et 8 janvier 1943, le ponton amarré à l’Angle Robert coule suite à une importante voie d’eau. Le navire est relevé, remorqué et échoué sur la plage du Morillon et démantelé sur place, les écoles installées à bord de l’Océan étant installées dans de nouveaux bâtiments à terre.

La France

Le cuirassé France en 1920

La France est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire à St Nazaire le 30 novembre 1911, lancé le 7 novembre 1912 et admis au service actif le 10 octobre 1914.

Le 10 octobre 1914, la France est affecté à la 1ère division de la 2ème escadre en compagnie de son sister-ship Paris. Elle sert durant tout le conflit avec le reste de l’Armée Navale pour contrer une éventuelle sortie de la flotte austro-hongroise, sortie qui n’aura jamais lieu.

En décembre 1918, elle passe avec la 2ème escadre en mer Noire, faisant d’abord escale à Constantinople puis à Odessa et à Sebastopol. Le 19 avril 1919, une mutinerie éclate à son bord pour des raisons tant politiques que sectorielles mais elle s’appaise dès le 22 avril 1919. Le navire est de retour à Toulon le 27 juillet 1919 après une escale à Bizerte.

Les années 1920-21 sont marquées par des sorties et des exercices en Provence, en Afrique du Nord et dans l’Atlantique avant un séjour d’un mois à Constantinople (décembre 1921-juillet 1922). Le 18 juillet 1922, il appareille de Toulon pour une croisière dans l’Atlantique et en Manche avec son sister-ship Paris et le super-dreadnought Bretagne.

Le vendredi 25 août, l’escadre est mouillée en baie de Quiberon. C’est à ce moment que les cuirassés Paris et France la quittent pour un exercice de tir nocturne au large de Belle-Ile. Lorsque l’exercice est terminé, la France reprend le chemin de Quiberon alors que le Paris s’attarde pour relever les buts.

Les conditions de navigation sont excellentes avec une nuit parfaitement claire. A 0h57, la France se trouve au sud du phare de la Teignousse et fait route normalement pour rentrer à Quiberon. Un choc violent se produit, le navire vient de heurter une roche sous marine. Après un bref arrêt, le navire poursuit sa route mais l’eau envahit le navire, la machine et les dynamos s’arrêtent à 1h10. Le navire commence à dériver et doit lancer un SOS.

Fort heureusement la flotte est proche et accourt aussitôt. A 1h47, le Paris arrive sur zone et met ses embarcations à l’eau imité ensuite par le cuirassé Voltaire et les croiseurs Strasbourg et Metz. Le navire chavire à 4h00 provoquant la mort de trois matelots sur les 960 hommes d’équipage.

Le capitaine de vaisseau Guy est jugé au mois de décembre par le conseil de guerre maritime de Lorient. Les débâts concluent que la perte du cuirassé est imputable à une roche inconnue (bientôt baptisée «Basse Nouvelle») et le commandant est acquitté. Il reçoit même les félicitations de l’amiral Schwerer, président du conseil de guerre pour son comportement lors de l’accident.

L’épave du France est relevé en 1942 et échouée sur la presqu’île de Quiberon. On envisagea de l’utiliser comme bâtiment-cible en remplacement du Voltaire mais au final on préféra le priver de tout le matériel récupérable puis de le démanteler entre 1942 et 1944.

Le Paris

Le cuirassé Paris en 1914

-Le Paris est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à la Seyne sur Mer le 10 novembre 1911, lancé le 28 septembre 1912 et admis au service actif le 17 septembre 1914.

Ayant été mis en ligne sans avoir subi les démontages suivant les essais, il doit revenir à Toulon pour réparations de novembre 1915 à janvier 1916, retrouvant ensuite l’Armée Navale pour de rares sorties depuis Malte, Bizerte, Argostoli ou Bizerte.

Affecté à la 2ème division de la 1ère escadre en compagnie du Condorcet, du Courbet du Jean Bart, il multiplie les sorties d’exercice avec cependant une brève interrumption en septembre et octobre 1918 pour des réparations à Toulon.

Il retrouve ensuite l’Adriatique pour une mission de présence à Pola (Pula) jusqu’au 25 mars puis à Corfou jusqu’au 16 avril avant d’occuper son mois de mai à des patrouilles sur les côtes du Levant, aant de couvrir le débarquement des troupes grecques à Smyrne. Après une brève présence à Constantinople, il rentre à Toulon le 30 juin 1919.

Après une modernisation à l’arsenal de Sidi-Abdallah en 1920, le Paris devenu navire amiral de l’escadre de la Méditerranée multiplie les exercices sur les côtes provencales et nord-africaines et ce jusqu’en 1922. De novembre 1922 à novembre 1923, il est renfonte à Brest avant de revenir à Toulon, participant à l’opération franco-espagnole contre Abd-El-Krim. Il subit une nouvelle refonte d’août 1927 à janvier 1929.

Le 1er octobre 1931, il est affecté à la divsion instruction comme bâtiment-école pour les timoniers et les chauffeurs et en 1937, des cannoniers.En 1939, il est réarmé à effectif de guerre et quitte Toulon pour Brest en compagnie du Courbet au sein de la 3ème division de ligne

 Un temps on envisage de l’utiliser pour l’escorte des convois afin de les protéger des raiders allemands mais ce projet tombe  à l’eau et le Paris va servir de navire-école jusqu’à son désarmement.

Du 21 novembre au 12 décembre 1940, le cuirassé Courbet accompagné de son sister-ship Paris affronte au cours d’un série d’exercices les torpilleurs d’escadre de la 2ème DT (L’Adroit Le Frondeur Le Fougueux)

Du 21 septembre au 6 octobre 1941, le cuirassé Paris manoeuvre en compagnie des torpilleurs d’escadre de la 6ème DTE (Cyclone Siroco Mistral), faisant escale à La Rochelle du 7 au 11 octobre avant de rentrer deux jours plus tard à Brest.

Après une ultime grand carénage de novembre 1941 à mars 1942 dans la forme n°1 du port de commerce, le Paris reste le seul navire de sa classe en service après le désarmement du Courbet.

Le Paris est utilisé comme navire-école jusqu’en janvier 1943 quand une avarie majeure de propulsion signe son arrêt de mort.

 Mise en position de complément en rade-abri à Brest, il est désarmé le 14 février 1943. Echoué dans la forme n°1 du port de commerce en mars 1943, il est démantelé entre mars et juin 1943, l’acier récupéré étant refondu pour la construction de nouveaux véhicules, avions ou navires de guerre.

Schéma de la classe Courbet

 Caracteristiques Techniques de classe Courbet

Déplacement :  standard 23500 tonnes pleine charge 26000 tonnes

Dimensions :  longueur (hors tout) 164.90m (entre perpendiculaires) 158.50m largeur : 27.00m tirant d’eau 9.00m

Propulsion :  4 turbines vapeur à engrenages Parson alimentées par 24 chaudières Belleville ou Niclause le tout dévellopant 28000ch et entrainant 4 hélices.

Performances :  vitesse maximale 21.5 noeuds (le Courbet à atteint 22 noeuds)

Distance franchissable : 760 miles nautiques à 20 noeuds 2800 miles nautiques à 10 noeuds avec la charge normale en charbon (900 tonnes), ces chiffres passent à 2300 et 8400 avec la charge maximale de 2700 tonnes.

Protection :  ceinture de 180 à 270mm blockaus 300mm ponts blindés à 48 et 70mm tourelles principales blindées à 280mm (avant) 290 (faces latérales) 250mm (toit) et 100mm (arrière)

Casemates de l’artillerie secondaire 180mm

Armement : 12 canons de 305mm modèle 1910 en six tourelles doubles (deux avant et deux arrières superposées, deux autres latérales); 22 canons de 138.6mm modèle 1910 en casemates à raison de onze sur chaque bord ; 4 canons de 47mm modèle 1910 et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 450mm.

Equipage :  1069 à 1108 officiers et marins