11-Torpilleurs d’escadre (59)

E-Torpilleurs d’escadre classe Empire

Avant-propos

Plus les années passaient et plus la guerre semblait proche. Le réarmement engagé depuis le printemps 1940 nécessitait de simplifier les constructions pour réduire les coûts et le temps de construction.

Par rapport aux Bourrasque/L’Adroit, les Le Hardi intégraient de nombreuses améliorations notamment le recours à la soudure et aux alliages légers.

Avec la classe Empire, la France va plus loin, simplifiant encore la construction et intégrant un début timide mais un début certes de préfabrication.

Sur le plan strictement technique, il y à peu de changements. Le schéma de coque reste le même moins des modifications de détail.

La propulsion reste classique (turbines à engrenages et chaudières à vapeur) et pour la première fois standardisée sur les douze navires de la flotte avec des turbines Parsons.

Il y à de tout de même la nouveauté d’un rouf continu, permettant de se déplacer d’un bout à l’autre du navire sans sortir ce qui se révélera précieux par très mauvais temps et le positionnement des logements situés à proximité du poste de travail et ce quelque soit la grade. Le mat principal est renforcé pour supporter le poids des radars. L’armement évolue peu.

Quatre navires sont financés à la tranche 1945, quatre navires à la tranche 1946 et quatre navires à la tranche 1948, ces derniers étant construits dans un chantier américain en l’occurence les chantiers Ingalls de Pascagoula dans le Mississippi.

Ces derniers navires entreront cependant en service après le début de la guerre en Europe et qu’un temps, l’US Navy envisagea de les racheter. Seuls un armement non conforme préservera ses navires d’une carrière américaine au lieu d’une carrière française.

Le Berthier

Louis-Alexandre Berthier (Versailes 1753-Bamberg 1815)

Louis-Alexandre Berthier (Versailes 1753-Bamberg 1815)

-Le Berthier est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sis à Nantes le 14 juin 1944 et lancé le 12 décembre 1945 pour un période d’armement  flot.

Le Berthier quitte son chantier constructeur le 20 juin 1946 pour rallier Lorient en fin de son journée. Outre des travaux complémentaires, le torpilleur va subir ses essais officiels et sa mise en condition  opérationnelle.

Le torpilleur d’escadre Berthier est officiellement admis au service actif le 14 janvier 1947.

Avec le Tirailleur, le Berthier va assurer la protection du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine destiné aux FNEO.

Le Berthier quitte Lorient le 15 janvier et rallie Brest le lendemain 16 janvier 1947. Il participe ensuite aux essais du porte-avions du 25 janvier au 3 février puis du 10 février au 5 mars avant l’entrainement du groupe aérien du 22 mars au 4 mai 1947, les deux navires rentrant à Brest le 10 mai 1947.

Du 12 mai au 15 juin, le porte-avions léger est indisponible pour modifications à flot, le Berthier sortant pour une école à feux du 15 au 23 mai puis pour entrainement à la défense aérienne à la mer du 27 mai au 6 juin, rentrant à Brest le lendemain.

Il participe aux essais et à l’entrainement du groupe aérien du porte-avions léger du 24 juillet au 4 septembre en Manche, le torpilleur et le porte-avions faisant escale à Saint-Malo du 31 juillet au 2 août, à Cherbourg du 9 au 13 août, au Havre du 20 au 25 août. Ils rentrent à Brest le 5 septembre 1947.

Après une sortie du 15 au 30 septembre, le Berthier et l’Alienor d’Aquitaine font escale à La Rochelle du 1er au 8 octobre où est accueillie une délégation de sa ville marraine, Poitiers, longtemps capitale du duché d’Aquitaine. Ils rentrent à Brest le lendemain.

Le Berthier participe à la traversée de longue durée du porte-avions en direction de la Méditerranée, les deux navires faisant escale à Vigo du 14 au 15 octobre, à Lisbonne du 18 au 21 octobre, Gibraltar du 23 au 25 octobre, Oran du 26 au 28 octobre puis Ajaccio du 29 au 31 octobre 1947.

Il repartent alors pour Brest, ne faisant escale que quelques heures pour se ravitailler à Casablanca le 1er novembre avant de rejoindre au large de Lorient le porte-avions Painlevé et les cuirassés Normandie et Lorraine pour un important exercice aéronaval réalisé jusqu’au 21 novembre qui permet au groupe aérien du porte-avions léger de se roder notamment face à un groupe aérien expérimenté.

Tout comme le porte-avions léger, le Berthier passe au bassin du 22 au 30 novembre (bassin Tourville) pour inspection et réparations. Il sort pour essais du 1er au 4 décembre, accueillant le 3 décembre au large d’Ouessant le Tirailleur venu de Lorient.

Le 10 décembre 1947, le Berthier quitte Brest en compagnie du Tirailleur et du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine pour rallier l’Indochine et leur base de Cam-Ranh où les trois navires arrivent le 19 janvier 1948.

Le Berthier passe au bassin du 20 au 27 janvier, sortant pour essais les 28 et 29 janvier et pour remise en condition du 31 janvier au 7 février, à chaque fois en compagnie du Tirailleur.

Les deux torpilleurs effectuent une école à feux du 9 au 17 février, participant ensuite aux essais (17 au 22 février) et à la remise en condition du porte-avions léger en compagnie également du croiseur lourd Tourville et du croiseur léger Duguay Trouin (24 février au 6 mars).

Le Berthier et le Tirailleur accompagnent le porte-avions dans une croisière dans les ports amis de la région. Ils quittent Cam-Ranh le 12 mars, font escale à Hong Kong du 16 au 20 mars, à Manille du 22 au 25 mars, Singapour du 28  mars au 4 avril et enfin Batavia du 5 au 10 avril avant de mettre cap sur Cam-Ranh où ils arrivent le 17 avril 1948.

Les torpilleurs d’escadre accompagnent le porte-avions pour un entrainement du 24 avril au 2 mai, du 7 au 17 mai, du 24 mai au 3 juin et du 10 au 18 juin pour des entrainements à l’attaque antisurface et pour des missions de défense aérienne avec des duels contre les avions de l’armée de l’air.

Les trois navires ressortent pour entrainement du 30 juin au 12 juillet, faisant escale à Subic Bay du 13 au 15 juillet avant de manoeuvrer avec l’Asiatic Fleet (US Navy) du 16 au 22 juillet puis de rentrer à sa base le 25 juillet 1948.

L’Alienor d’Aquitaine sort pour entrainement du 29 juillet au 7 août, faisant escale à Saïgon du 8 au 11 août avant une nouvelle phase d’entrainement du 12 au 27 août. Il rentre à Cam-Ranh le 30 août 1948. Il sort à nouveau du 2 au 9 septembre 1948, à chaque fois en compagnie du Berthier et du Tirailleur.

11-Torpilleurs d’escadre (58)

Le Tirailleur

1914 : tirailleurs sénégalais et cuirassiers

1914 : tirailleurs sénégalais et cuirassiers

-Le Tirailleur est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) sis au Havre le 21 novembre 1945 et lancé le 8 avril 1947 pour une période d’armement à flot.

Le 20 août 1947, il quitte son chantier constructeur, fait escale à Cherbourg du 20 au 23 août avant de rallier Lorient le 25 août pour des travaux complémentaires, essais officiels et mise en condition.

Le torpilleur d’escadre Le Tirailleur est admis au service actif le 2 décembre 1947.

Avec le torpilleur d’escadre Berthier (classe Empire), il va assurer la protection du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine qui va devenir le nouveau fleuron des Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO).

Le 10 décembre 1947, le Tirailleur quitte Brest en compagnie du Berthier et du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine pour rallier l’Indochine et leur base de Cam-Ranh. Les trois navires font escale à Fort de France du 17 au 20 décembre, franchissent le canal de Panama le 25 décembre avant une escale à Papeete du 3 au 6 janvier 1948, à Cavite le 12 janvier avant de rallier Cam-Ranh le 19 janvier 1948.

Le Tirailleur passe au bassin du 20 au 27 janvier, sortant pour essais les 28 et 29 janvier et pour remise en condition du 31 janvier au 7 février, à chaque fois en compagnie du Berthier. Les deux torpilleurs effectuent une école à feux du 9 au 17 février, participant ensuite aux essais (17 au 22 février) et à la remise en condition du porte-avions léger en compagnie également du croiseur lourd Tourville et du croiseur léger Duguay Trouin (24 février au 6 mars).

Le Tirailleur et le Berthier accompagnent le porte-avions dans une croisière dans les ports amis de la région. Ils quittent Cam-Ranh le 12 mars, font escale à Hong Kong du 16 au 20 mars, à Manille du 22 au 25 mars, Singapour du 28  mars au 4 avril et enfin Batavia du 5 au 10 avril avant de mettre cap sur Cam-Ranh où il arrive le 17 avril 1948.

Les torpilleurs d’escadre accompagnent le porte-avions pour un entrainement du 24 avril au 2 mai, du 7 au 17 mai, du 24 mai au 3 juin et du 10 au 18 juin pour des entrainements à l’attaque antisurface et pour des missions de défense aérienne avec des duels contre les avions de l’armée de l’air.

Les trois navires ressortent pour entrainement du 30 juin au 12 juillet, faisant escale à Subic Bay du 13 au 15 juillet avant de manoeuvrer avec l’Asiatic Fleet (US Navy) du 16 au 22 juillet puis de rentrer à sa base le 25 juillet 1948.

L’Alienor d’Aquitaine sort pour entrainement du 29 juillet au 7 août, faisant escale à Saïgon du 8 au 11 août avant une nouvelle phase d’entrainement du 12 au 27 août. Il rentre à Cam-Ranh le 30 août 1948. Il sort à nouveau du 2 au 9 septembre 1948, à chaque fois accompagné par le Tirailleur et le Berthier.

Caractéristiques techniques de la classe L’Intrépide

Déplacement : 1778 tW en charge normale (soit 1803 tonnes métriques), 1991 tonnes en surcharge qui peut atteindre au maximum 2580.40 tonnes.

Dimensions :  longueur hors tout : 117.20m longueur entre perpendiculaires 111.59m largeur au fort : 11.10m largeur à la flottaison : 11.06m tirant d’eau avant au déplacement normal : 2.99m tirant d’eau arrière au déplacement normal : 3.82m tirant d’eau arrière au déplacement en charge 4.25m

Propulsion : deux groupes de turbines composées pour chacun d’une turbine à haute pression, d’une turbine à moyenne pression, d’une turbine à basse pression plus une turbine de croisière.

En dépit d’une volonté de standardisation, la marine nationale à du admettre deux modèles de turbines pour ses torpilleurs d’escadre.

Le modèle Rateau à ainsi équipé les torpilleurs L’Opiniâtre, L’Aventurier, l’Eveillé, l’Alerte, le Durandal, le Dague, le Mousquet, le Bombardier et le Tirailleur alors que le modèle Parson à équipé les Inconstant, Lancier, Cimeterre, Rapière Hallebarde Arquebuse Sabre Claymore Hussard Spahi Voltigeur et Goumier.

Elles sont alimentées en vapeur par quatre chaudières Sural-Penhoët à foyer sous pression timbrées à 35kg/cm² avec une température de surchauffe de 385°. La puissance développée peut varier de 58000 à 66000ch. Après réducteur, les turbines entrainent deux hélices tripales de 3.3m de diamètre

Performances : vitesse maximale théorique 37 noeuds vitesse maximale en service courant 34 noeuds distance franchissable 2000 miles nautiques à 25 noeuds, 3100 miles nautiques à 10 noeuds

Électronique : un Asdic, un radar de navigation, un radar de veille combinée et un radar de conduite de tir

Armement :  l’artillerie principale est la même pour les vingt-trois navires avec six canons de 130mm modèle 1932 en trois tourelles doubles modèle 1936 double-usage.

En ce qui concerne la DCA, les torpilleurs l’Opiniâtre, l’Aventurier, l’Intrépide, le Téméraire, l’Éveillé , l’Alerte, l’Inconstant et le Lancier disposent à l’origine de la même DCA que les Le Hardi avec deux canons de 37mm modèle 1925 et quatre mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles.

Leur DCA est modernisée une première fois avec six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts doubles et deux canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts simples puis une seconde fois avec dix canons de 37mm Schneider modèle 1941 en cinq affûts doubles modèle 1943.

Les torpilleurs d’escadre Durandal Dague Mousquet Bombardier Tirailleur Cimeterre Rapière Hallebarde Arquebuse Sabre Claymore Hussard Spahi Voltigeur et Goumier disposaient dès leur admission au service actif de dix canons de 37mm Schneider modèle 1941 en cinq affûts doubles modèle 1943

Sept tubes lance-torpilles de 550mm en une plate-forme axiale triple et deux plate-formes latérales doubles; deux grenadeurs de sillage avec vingt-quatre grenades légères de 130kg

Equipage :  198 officiers et marins